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  • il y a 4 mois
Ane Aanesland, PDG et cofondatrice de ThrustMe, était l'invitée de Frédéric Simottel dans Tech & Co, la quotidienne, ce mardi 30 juin. Elle s'est penchée sur la fabrication des moteurs pour satellite de ThrustMe, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez-la en podcast.

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Transcription
00:01Tech & Co, la quotidienne, l'invité.
00:05Et notre invitée Anne Esland, je le pense bien ?
00:08Oui, très bien.
00:10PDG et cofondatrice de Trust Me.
00:12Trust avec un H au milieu, pour ceux qui nous suivent en radio et qui voudraient vous retrouver.
00:16Vous fabriquez, on va revenir dessus, fondée en 2017, issue des CNRS de l'école polytechnique.
00:21Vous fabriquez à Verrière-le-Busson, c'est dans l'Essonne, le sud de Paris,
00:27des systèmes de propulsion électrique pour satellites.
00:28Alors, d'habitude, pour les connaisseurs, on emploie ce qu'on appelle les gaz nobles, le Xeon, le Krypton.
00:36Et puis vous, vous utilisez un autre gaz, l'iode solide.
00:39Alors, expliquez-nous, d'où vous est venue cette idée ?
00:44Cette idée est venue parce que, dans le début de 2010, quand SpaceX a commencé,
00:52et New Space a commencé, on voulait miniaturiser les satellites.
00:55Et pour miniaturiser les satellites, il faut aussi miniaturiser tous les sous-systèmes.
01:00Et le sous-système le plus complexe, c'est le propulseur, ou le moteur, entre guillemets,
01:07sur les satellites pour déplacer quand ils sont déjà en orbite.
01:10Oui, parce qu'expliquez-nous, un satellite, ce n'est pas quelque chose d'inerte.
01:14Alors déjà, quand il est selon la taille, il peut déployer des panneaux, etc.
01:17Mais il a aussi ses petits moteurs pour faire des corrections de trajectoire, c'est ça ?
01:20Exactement, il faut les déplacer, il faut changer l'orbite, il faut se déplacer un peu.
01:25Ils ne sont pas une brique neutre dans l'espace.
01:28Et pour ça, on a besoin de propulsion.
01:31D'accord.
01:31Et pour les propulsions électriques, c'est très, très efficace.
01:35Et c'est pour ça qu'on utilisait avant les gaz nobles.
01:38Mais ces gaz nobles...
01:39Qui ont la particularité de pouvoir, justement, fonctionner dans l'espace, voilà, de ne pas...
01:43Oui, il est inerte, il est très efficace pour générer ces faisceaux d'ion qu'on utilise.
01:52Mais le stockage est sur haute pression, donc c'est un risque d'explosion.
01:58Et aussi, ce n'est pas très efficace quand on va le stocker.
02:01Et ce n'est pas que de la production.
02:03J'imagine qu'il faut déjà en produire, donc il faut déjà trouver tous les producteurs, la chaîne logistique, tout
02:08ça.
02:08Mais une fois qu'ils sont dans l'espace, là aussi, on a un souci de pression, de conservation.
02:13Il y a une haute pression, il faut des vannes, il faut plein de sous-systèmes qui sont très complexes.
02:18Et donc, vous avez eu l'idée d'utiliser de l'iode ?
02:21Oui, et l'iode, c'est comme les cristaux de sel.
02:23En fait, l'iode, on mange tous les jours dans le sel.
02:26C'est ça qui nous rend très très smart.
02:29Et en fait, l'iode, c'est particulier parce que quand on l'échauffe, il peut sublimer directement le gaz.
02:36Donc, ça veut dire qu'il ne passe pas à l'état liquide.
02:39Donc, dans l'espace, on l'utilise comme le gaz noble, la même technologie que le gaz noble.
02:44Donc, c'est-à-dire qu'on a cet iode solide qui est intégré dans le satellite.
02:49Le satellite part avec son lanceur.
02:51Son carburant.
02:53Et une fois qu'il est positionné, qu'est-ce qui se passe chimiquement dans le satellite ?
02:58Donc là, on a cet solide qu'on chauffe et il va directement au gaz.
03:04D'accord.
03:04Et là, ça produit ce carburant.
03:06Et après, on le chauffe même plus.
03:07Et là, on voit derrière nous, on a des faisceaux de lumière.
03:11Et ça, c'est des faisceaux de plasma.
03:13C'est très magique.
03:14En fait, on le chauffe plus et on a un état quatrième état qui n'est pas le gaz, mais
03:19qui est le plasma.
03:21Et on utilise ce plasma pour accélérer les particules.
03:24Et c'est extrêmement efficace pour les satellites.
03:26Et tout ça, ça vient, je l'ai dit, de travaux de recherche CNRS et école polytechnique.
03:30Aujourd'hui, vous avez réussi à convaincre des industriels.
03:33Je crois que vous allez équiper des satellites japonais, c'est ça ?
03:36Oui, on a des japonais.
03:37On est en fait sur le marché mondial.
03:40On a sur les petits satellites de moins de 200 kilos.
03:44On est leader mondiaux.
03:45On a autour de 40% de marché sur les lanceurs de SpaceX récents qui font les lancements de centaines
03:54de satellites en orbite tant qu'où.
03:57Sur des Starlink, il y a aujourd'hui de lieu de solide ?
03:58Non, sur les Starlink, ils sont beaucoup plus gros.
04:01D'accord.
04:01Mais les SpaceX, ils utilisent les Falcon 9 pour les lancer.
04:05Et ils lancent les centaines de satellites en le même temps.
04:08Et pour les derniers lancements, on a 40% de systèmes de propulsion électrique embarqués dedans.
04:16Et pour les fabricants de satellites, ça ne nécessite pas de...
04:18Enfin voilà, c'est un nouveau système quand même qu'il faut intégrer.
04:21Mais ça ne nécessite pas de revoir complètement leur chaîne de production pour remplacer ce krypton,
04:27enfin le moteur qui s'est servi de krypton et de Xenion et de l'iode de solide.
04:34Oui, la deuxième innovation qu'on a faite, c'est pas que de remplacer l'ergol, mais aussi d'intégrer
04:43tout le système de propulsion dans une unité et un sous-système.
04:47Avant, on utilisait une vingtaine de fournisseurs de différentes technologies pour intégrer les performances de manœuvres dans l'espace.
04:57Donc c'était extrêmement complexe.
05:00Aujourd'hui, parce que cette iode, il vient de quelque part, alors j'ai lu qu'il vient surtout du
05:04Chili.
05:05Du Chili et du Japon.
05:06Du Chili et du Japon.
05:08Vous dites, vous occupez 40% du marché.
05:12Est-ce que tout le monde, puisqu'aujourd'hui on voit qu'il y a de plus en plus de
05:15petits satellites qui sont envoyés,
05:17on voit que ce marché du New Space est en train de naître,
05:23vous voyez d'autres concurrents qui apparaissent avec cette technologie ?
05:29Avec cette technologie, il y a certaines qui arrivent, mais qui ont essayé pendant des années, des années, mais qui
05:35n'ont pas encore réussi.
05:36Donc on espère que ça continue comme ça.
05:38Que vous ayez cette avance ?
05:40Mais en fait, le New Space est vraiment en train de changer les paradigmes.
05:44On a vu ça avec le Rocket Lab et l'achat des radium aujourd'hui.
05:48Oui, on en a parlé tout à l'heure.
05:49Oui, j'ai vu.
05:50En fait, ça, ça change vraiment les donnes, parce qu'aujourd'hui, ces acteurs de New Space qui étaient Rocket
05:57Lab aussi,
05:58sont en train d'aussi bouleverser les Legacy Space.
06:01Et maintenant, il n'y a plus de...
06:04Comme SpaceX l'a fait avec le monde...
06:05Exactement. Donc là, il n'y a plus le même écosystème qu'avant, et on va dans l'ère spatiale
06:14industrielle.
06:15Et là, on commence à vraiment faire l'industrie du spatial avec une nouvelle infrastructure similaire
06:21que quand on a développé l'électricité ou quand on a développé l'Internet.
06:27En fait, l'infrastructure spéciale va être le même changement pour l'humain que ces deux infrastructures dans le passé.
06:36Aujourd'hui, trust me, en termes de business model, j'ai dit que vous avez signé pour équiper une quarantaine,
06:44c'est ça, de satélites japonais.
06:46C'est quoi votre business ? Est-ce que vous avez levé de l'argent ? Vous racontez-nous.
06:51Pas beaucoup. On a fait 4,5 millions d'euros de levée d'argent de business angels.
06:59Pas plus de capital que ça.
07:02On a eu beaucoup de soutien de l'État français et d'Europe pour tout qui était R&D.
07:08D'accord.
07:08Et on est rentré très vite dans le marché. Maintenant, on vit sous nos propres moyens parce qu'on est
07:15vraiment, on livre, on a vendu plus de 1 000 systèmes qu'on va livrer là, l'année prochaine.
07:21Oui, c'est ça. Et on dit bien, ces systèmes sont fabriqués à Vérée-Lobusson dans le 91, dans un
07:28des départements sud au sud de Paris.
07:30Et donc là, ces systèmes, et ensuite, vous les livrez aux fabricants de satellites qui vont l'intégrer dans leur
07:35système de propulsion.
07:36Donc, on livre les fabricants ou les opérateurs de satellites et on fournit. Maintenant, on a autour de 80 satellites
07:45qui ont un soutien avec nos clients.
07:49Et l'année prochaine, ça va être plus de 350 satellites qui vont être fournis avec nos systèmes de propulsion.
07:56Et je regardais que, enfin, une très, très grosse partie de votre chiffre d'affaires est plutôt à l'international,
08:02alors États-Unis, États-Unis, Japon.
08:03Ça fait 5% en France.
08:045% en France. Comment faire pour accélérer, justement, en France ?
08:08Alors, j'espère que notre émission portera un peu la voix de Trostomy auprès d'acteurs du New Space.
08:13Comment faire, justement, pour que les Français s'intéressent davantage à vous ?
08:16Je pense que les Français, il faut qu'on osse un peu plus.
08:18Oui, c'est ça.
08:19Qu'on revient un peu plus positifs.
08:21Je trouve que les Français sont un tout petit peu pessimistes aujourd'hui.
08:25et il faut donner un...
08:27On prend moins de risques.
08:28On avait Eva Bernanke qui était ici, sur ce plateau même, avec François Sorel.
08:34Vous pouvez le retrouver en replay, bien entendu, il y a quelques jours.
08:36Elle disait, oui, nous, une fusée explose, c'est un drame.
08:39Quand on voit ce qu'a fait SpaceX, alors avec l'argent de la NASA, tout ce qu'on veut,
08:43mais ça a explosé.
08:43Au contraire, on apprenait et on se disait, on a franchi une étape.
08:47Alors que nous, on est un peu timorés.
08:49On a trop peur de rater, on a trop peur de prendre l'avant.
08:54Quand j'ai commencé à être l'osmé, par exemple, il y a 10 ans,
08:57les gens ne comprenaient pas ce que je faisais.
08:59J'étais une belle carrière de recherche.
09:01Pourquoi changer ?
09:03Et je voulais changer parce qu'il faut se bouger.
09:08Votre feuille de route, ce sera 400 à 500 systèmes par an, dans un premier temps ?
09:13Cette année, 400.
09:14On a doublé les productions chaque année et on va doubler l'année prochaine aussi.
09:19Et probablement l'année après.
09:21Et pour l'innovation technologique, ça va être quoi ?
09:24Ça va être davantage de miniaturisation, c'est ça ?
09:26Ce vers quoi vous allez tendre vos recherches aujourd'hui ?
09:29Là, en fait, le New Space, c'était beaucoup sur la miniaturisation.
09:34Maintenant, on voit un changement.
09:35C'est comme les iPhones ou les téléphones.
09:37On voit les petits, petits, petits.
09:39Tout d'un coup, il était trop petit, on ne peut plus l'utiliser.
09:42Et il grandit.
09:44Et dans le spatial, c'est la même chose.
09:46On a miniaturisé à mort.
09:48Pardon.
09:49Et après, on grandit.
09:51Et maintenant, le type, taille de satellite est autour de 200 kg.
09:56Et dans le passé, c'était plutôt prédit à 40 kg.
10:00Donc, on a changé le paradigme un peu.
10:02Et c'est parce que le prix de lancement est beaucoup diminué.
10:08Oui, a diminué.
10:09Donc, on change aussi nos paradigmes d'utilisation.
10:13Et un dernier moment, on parlait des Japonais, Amérique.
10:16On voit les Chinois qui sont en train de se lancer.
10:18On voit les Indiens.
10:19Là aussi, c'est des débouchés pour vous, pour Trust Me ?
10:22Beaucoup, beaucoup.
10:23On est beaucoup sur l'ASI en ce moment.
10:26Je viens d'un mission à Corée.
10:29Donc, le Corée du Sud est aussi quelque chose qui grandit.
10:33En septembre, on va en Inde.
10:36On aime bien cette côté des planètes.
10:41Aussi, dans les États-Unis, aujourd'hui, on est en train de préparer avec nos clients
10:47en États-Unis, une start-up qui s'appelle Starfish, qui va faire le premier docking
10:52avec deux satellites de petite taille, avec nos systèmes de propulsion.
10:58Donc, ça, c'est assez excitant.
11:00Et on fait le content pour cette aventure.
11:05Et donc, vous avez réussi à associer cette innovation dans le domaine du spatial.
11:11Merci, Anne Esland.
11:12Vous êtes PDG, co-fondatrice de Trust Me.
11:15Voilà, pour ces nouveaux systèmes de propulsion, pour les satellites, pour les petits satellites.
11:21Enfin, petits, voilà, c'est quand même de beaux engins.
11:24Merci d'être venue nous en parler sur le plateau de Tech & Tooth.

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