Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 3 heures
Ce mercredi 4 mars, David Kruk, head of Trading Desk chez La Financière de l’Échiquier, s'est penché sur l'éventualité d'un risque ou d'une opportunité pour les marchés qui sont dans le rouge avec la situation au Moyen-Orient, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00David Crucq est avec nous pour la financière de l'échiquier. Bonjour David.
00:03Bonjour Guillaume, bonjour Oudan.
00:04Face à ce petit rebond aujourd'hui des marchés, surtout en Europe, vous allez rendre votre verdict,
00:10ce moment qu'on va vivre, cette instance, ce verdict que vous allez rendre, est-ce que vous l'assumez
00:13?
00:13Je l'assume.
00:14On vous écoute.
00:15Il va falloir attraper le couteau qui tombe, Guillaume.
00:19Ah, vous êtes gourmand.
00:21Il va bien falloir attraper le couteau qui tombe.
00:23C'est-à-dire revenir sur le marché. Après la baisse des derniers jours, vous estimez qu'un point d
00:27'entrée, ça y est, s'ouvre aux investisseurs aujourd'hui.
00:28C'est ça, exactement. Alors bien sûr qu'il y a beaucoup d'incertitudes, que la temporalité du conflit sera
00:34vraiment clé.
00:35On est vraiment là-dessus, c'est le temps que ça va durer.
00:37La clarification des objectifs américains, où en sont les infrastructures militaires iraniennes, bien sûr que c'est important.
00:44Vous avez parlé beaucoup du détroit d'Hormuz, c'est évidemment très important.
00:47On va continuer de phosphorer sur la stagflation, la récession, les non-baisses des taux, peut-être, probablement.
00:54Mais ce que je veux dire par là, c'est que c'est très complexe d'essayer d'analyser la
00:57géopolitique.
00:58Et on le sait depuis des années, arriver à anticiper ça, c'est compliqué.
01:02La seule chose que je tiens à dire, c'est que finalement, peu de gens ont intérêt avec ce conflit
01:07dur, Guillaume.
01:08Les militaires américaines arrivent dans six mois, c'est début novembre.
01:11Et je pense qu'un choc énergétique, un choc vraiment inflationniste, serait vraiment pas très bon du tout pour Trump.
01:18Je pense que, j'aime à le rappeler, mais le consommateur est un investisseur.
01:22L'investisseur est un électeur.
01:24Donc si le pétrole montait à 100 dollars, si l'inflation repartait, et en même temps que le marché financier
01:29perdait 20%, tout le monde serait perdant.
01:32Chaque salarié américain met 7% de son salaire dans le S&P, j'ai souvent tendance à le dire.
01:37Et je pense que Trump a vraiment envie ou de gagner ses élections, ses mi-termes, ou en tout cas
01:41de les perdre de la moindre façon possible.
01:44Donc clairement, pour lui, c'est un enjeu, c'est un enjeu inflationniste et il faut qu'il fasse attention
01:48à ça.
01:48La Chine également, c'est le plus gros importateur.
01:51La Chine, pareil, intéresse que ça dure le moins longtemps possible.
01:53Exactement, c'est un grand importateur de pétrole, notamment pétrole iranien, donc il faut qu'il fasse attention.
02:01Et même l'Arabie Saoudite n'a pas envie de voir ses infrastructures pétrolières démolies ou bombardées.
02:05Donc je pense qu'il y a un intérêt commun et convergent pour que ce conflit s'arrête.
02:10Et puis, on le sait, Guillaume, la géopolitique, c'est un point d'entrée systématique.
02:15On se rappelle de l'Ukraine, on avait perdu rapidement une dizaine de pourcents, voire plus, et on avait rattrapé
02:2115%.
02:21Donc on le sait dans ce monde financier que la géopolitique reste un point d'entrée.
02:26Mais pourtant, les grands sages de Wall Street, David Solomon, on en parlait avec John Plassard,
02:30mais Jamie Dimon dit la même chose pour JP Morgan, nous disent quand même qu'ils ne comprennent pas forcément
02:35la réaction des marchés
02:37qui ne baissent pas beaucoup face à ce risque géopolitique, qui a des pressions inflationnistes.
02:42Et Jamie Dimon, il parle de marchés euphoriques qui ne matchent pas avec une économie correcte,
02:47c'est-à-dire qu'il va quand même en pâtir un peu.
02:49Donc ce n'était pas le moment d'y aller.
02:50J'aime beaucoup Jamie Dimon, moi je ne suis qu'à ma place, donc je vais rester très humble.
02:54Mais Jamie Dimon, il dit beaucoup, beaucoup de choses.
02:56Il vous écoute, il vous l'a dit, il vous écoute souvent David.
02:59Non, non, mais je ne compare pas du tout à Jamie Dimon, mais franchement, il a dit tellement de choses
03:04qui ont été un peu aberrants, où il a cherché systématiquement l'excès dans ses phrases et dans ses commentaires,
03:09que je ne suis pas totalement sûr en lisant ses commentaires ce matin qu'il aille dans le bon sens.
03:14Et quant à ceux d'un certain nombre de stratégistes, vous savez, chez les globaux américains,
03:18il y a des stratégistes bull et des stratégistes bears, donc il faut vraiment faire la part des choses.
03:22Donc c'est assez facile de jeter de l'huile sur le feu et de dire que tout peut arriver.
03:26Je me rappelle Jamie Dimon qui annonçait que les taux allaient monter à 6% ou 7%,
03:30vous en rappelez certainement autres.
03:32Donc moi, je pense qu'il faut faire attention à ça.
03:34C'est comme le bitcoin, il a dit que c'était une bêtise, et puis maintenant, il idolâtre le bitcoin.
03:40Voilà, ça change.
03:42Vous êtes venu ici aujourd'hui pour dire aux investisseurs, c'est peut-être le moment de se réintéresser au
03:45marché,
03:46il y a une fenêtre d'opportunité, le moment de rattraper le couteau qui tombe.
03:50Vous voyez un point d'entrée dans les marchés.
03:51Est-ce que quand vous regardez les flux, vous vous dites que les investisseurs, ils sont prêts,
03:55ils sont prêts à revenir là et à réacheter en force ?
03:57Moi, je crois d'abord, je parle beaucoup des particuliers américains qui me fascinent,
04:02les investisseurs particuliers américains.
04:04Je rappelle aussi qu'il y a 400 milliards de dollars de remboursement d'impôts qui ont lieu.
04:0875% de ces remboursements d'impôts vont arriver maintenant, Guillaume.
04:11Donc ça veut dire qu'il y a une manne d'argent, de confiance pour eux,
04:14qu'ils vont pouvoir réinvestir en bourse de façon massive.
04:17Il y a aussi les rachats d'actions qui sont très nets.
04:20On est en autorisation à hauteur de plus de 14% par rapport à l'année dernière qui était déjà
04:24une année record.
04:26Et d'ailleurs, il n'y a pas eu de panique aussi chez les institutionnels que je représente aujourd'hui.
04:30Alors certes, ils n'ont pas vendu, ils regardent les marchés, ils patientent.
04:33C'est pour ça d'ailleurs que le rebond du marché aujourd'hui est faible,
04:36parce qu'ils n'ont pas vendu auparavant, ils sont juste protégés, ils ont mis des protections.
04:40Mais il n'y a pas de panique, et il y a des acheteurs qui reviennent dans le marché,
04:43que ce soit les particuliers américains qui achètent tous les jours de cette baisse,
04:47et des rachats d'actions qui sont aussi très prédominants et qui vont nous amener à un confort.
04:52Et je suis assez étonné de voir d'ailleurs que l'indice de volatilité n'est qu'à 23,5.
04:56Dans ce genre de stress de marché, si vraiment on était en stress,
05:00on devrait être plutôt à 35, 40, voire plus.
05:02Oui, on n'est pas sur les indices de volatilité, sur des niveaux de crise, pas du tout, du tout.
05:05Même si effectivement, les indices ont un peu réagi depuis 2-3 jours à cette guerre.
05:09Au Moyen-Orient.
05:10Après, il y a toujours cette question quand même d'un retour d'inflation.
05:12Les cours du pétrole ont beaucoup progressé, les cours du gaz, le fret maritime qui voit ses prix renchérir aussi.
05:17Est-ce qu'on ne va pas vers plus d'inflation et donc moins de baisse de taux ?
05:20Est-ce que de ce point de vue, le marché ne risque pas de pleurer ?
05:22Parce que les banquiers centraux ne pourront plus baisser les taux avec ces hausses de cours.
05:25Du pétrole notamment.
05:25C'est une vraie bonne question.
05:26Après, tout ce que j'entends, c'est vraiment que c'est 100 dollars la limite, 100 dollars, 120 dollars.
05:31Au-delà de cette limite, effectivement, je crois que c'est le chiffre qu'il faut garder en tête pour
05:34nos auditeurs.
05:39récessions, mais clairement, effectivement, la narrative des banques centrales peut un peu bouger.
05:45On a eu des probabilités de hausse des taux de la BCE maintenant qui étaient passées à 60%.
05:49On est revenu à 30%.
05:51Mais c'est une des raisons aussi pour laquelle il y a eu beaucoup de rotation en faveur du marché
05:56américain
05:57et en défaveur de l'Europe, Guillaume, puisque finalement, entre l'énergie qui est un point névralgique pour l'Europe
06:03et qui est un point positif pour les Américains, puisque eux sont producteurs de pétrole,
06:07et la deuxième chose, c'est les changements de narrative, puisqu'effectivement, en Europe,
06:10on parle beaucoup de taux qui pourraient remonter, tandis qu'aux US, les taux, on continue de pricer 1,8,
06:17baisse des taux cette année.
06:18Donc, c'est aussi tout ça qui a fait qu'il y a eu une progression énorme du marché américain,
06:24enfin, une non-progression, pardon, une différence.
06:26On a perdu pratiquement tous les quarts de performance qu'on avait en faveur de l'Europe en deux jours,
06:32tout ce qu'on avait gagné en deux mois.
06:33Mais je pense que les narratifs, c'est encore trop tôt pour vraiment les changer.
06:37Un baril au-dessus de 100 dollars, oui, on pourra éventuellement bouger les orientations des taux au niveau des banques
06:43centrales.
06:44Pour l'instant, c'est beaucoup trop tôt pour en parler.
06:46Et justement, est-ce que les propos qui là parviennent de banquiers centraux européens vous rassurent ou pas ?
06:51Là, ce qui se dit, c'est qu'on ne parlerait pas de choc transitoire ou temporaire,
06:55parce qu'ils se sont déjà cassés les dents il y a trois ans, quatre ans maintenant, en 2022.
07:00Ce n'est pas un mot qui leur a réussi, donc ils vont être assez prudents pour peut-être évaluer
07:05l'inflation et le risque d'inflation,
07:09pour peut-être ne pas relever les taux de manière trop brutale.
07:13Vous le savez, la BCE, de toute façon, ils sont tous data-dépendants, donc ils vont attendre de voir avant
07:17d'agir.
07:17Ça, ça ne changera pas.
07:18Voilà, ça vous le connaissez par cœur.
07:20Donc, la réponse est quasi dans votre question.
07:23C'est que je pense qu'il n'y a pas d'inflation réelle en Europe.
07:26Pour l'instant, ce n'est pas un sujet.
07:27Ça pourrait le devenir, bien sûr, mais en attendant que ça le devienne...
07:30Il faut qu'on ne l'emporte pas quand même.
07:31Non, je ne pense pas.
07:32Il faudra qu'il y ait vraiment des signes tangibles.
07:34Pour l'instant, ce n'est pas le cas.
07:35Il faut revenir sur les marchés.
07:36Il faut revenir sur les marchés, Guillaume.
07:38C'est une évidence.
07:39L'Espagne, elle a cartonné l'an dernier.
07:41Elle cartonnait depuis le 1er janvier aussi.
07:42Sauf qu'hier, Donald Trump a dit que les États-Unis allaient cesser tout commerce avec l'Espagne.
07:46Et Scott Bessen, qui s'est exprimé là-dessus, il a été interrogé tout à l'heure par des journalistes.
07:49Est-ce qu'il est possible d'arrêter tout commerce avec l'Espagne ?
07:51Il répond à Scott Bessen que l'Espagne, en interdisant l'accès des Américains à ses bases militaires,
07:57parce que l'Espagne s'oppose à ce qui est en train de se passer au Moyen-Orient,
07:59l'Espagne est en train de mettre en jeu la vie des soldats américains.
08:03Donc, oui, l'Espagne sera sanctionnée.
08:04Est-ce qu'il faut, quand on est investisseur, du coup, éviter d'investir en Espagne désormais ?
08:08Non, je ne crois pas. D'ailleurs, le rebond du marché de l'Ibex est assez fort aujourd'hui.
08:12Pourquoi ? Parce que l'embargo, c'est un peu flou, ce qu'il a annoncé.
08:15La mise en place au sein de l'Union européenne, c'est quand même un petit peu difficile.
08:18C'est un marché unique, Guillaume. On l'a vu vis-à-vis des Français.
08:20Il y avait la section 301, je ne sais plus de mémoire, je vais essayer de relire.
08:24Mais enfin, clairement, ça paraît quand même très complexe.
08:27Et il y a peu d'échanges entre l'Espagne et les États-Unis.
08:30Donc, c'est en tout cas un pari qui paraît très risqué.
08:33Donc, je pense que le marché espagnol va continuer sa progression
08:36et qu'il n'y aura pas de changement d'optique des investisseurs vis-à-vis de ce pays.
08:40C'est vrai que la Bourse de Madrid n'est absolument pas affectée par les menaces de Donald Trump
08:44et de Washington. Madrid gagne 2% aujourd'hui.
08:46Merci beaucoup de nous avoir accompagné.
08:48David Crucq, régulièrement à nos côtés, la financière de l'échiquier.
Commentaires

Recommandations