- il y a 3 mois
Ce mardi 30 juin, Frédéric Simottel a reçu Gérôme Billois, associé en cybersécurité et confiance numérique au sein du cabinet Wavestone, Éric Haddad, président exécutif de Numspot, Vincent Champain, président de l’Observatoire du Long Terme, patron du digital chez Framatome, Emmanuel Vignon, vice-président engineering head of AI chez Generix, et Érik Campanini, associé chez Alixio Group, dans l'émission Tech&Co Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission le samedi et réécoutez la en podcast.
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00:06BFM Business présente Tech & Co Business, le magazine de l'accélération digitale, Frédéric Simotel.
00:13Alors on va parler de toute l'actualité hier avec nos débriefeurs, je vous les présente tout de suite.
00:17Vincent Champin, président de l'Observatoire du long terme, patron du digital chez Framatome, membre du COMEX.
00:21Bonjour.
00:22Bonjour.
00:22Vincent, merci d'être avec nous.
00:23Eric Campagnini, associé chez Alixio Group.
00:26Bonjour.
00:26Bonjour.
00:26Eric et Emmanuel Vignon, vice-président d'Engineering, Head of AI chez Generis Group.
00:31Bonjour, Emmanuel.
00:32Bonjour, Frédéric.
00:32Merci d'être à tous les trois.
00:33On démarre par le sujet, un peu qui fait la une de la semaine.
00:39La bataille des super-IA est lancée après Anthropik, son modèle mytho.
00:42C'était au tour d'Open AI de lancer une nouvelle version de ChatGPT, baptisée Sol.
00:47Et encore là, il y a un contrôle limité par la Maison Blanche.
00:51On écoute juste ce qu'en dit Anthony Morel et on revient juste après.
00:55C'est toujours le même schéma maintenant, c'est-à-dire qu'on a connu exactement ça au lancement de
01:00Mythos.
01:01GPT 5.6 Sol, c'est le nom complet de cette nouvelle intelligence artificielle conçue par Open AI,
01:08sera dans un premier temps au moins réservée à une poignée d'organisations, dont on n'a pas la liste
01:14complète d'ailleurs,
01:15triées et validées par l'administration Trump.
01:18Alors pour exactement les mêmes raisons, des raisons de sécurité nationale, parce que ce nouveau modèle,
01:22il est aussi puissant, en tout cas sur certains indicateurs clés, que Mythos.
01:28Sol revendique notamment un niveau équivalent ou supérieur sur un certain nombre de benchmarks
01:33qui concernent le développement informatique et la cybersécurité.
01:36Alors ça, c'était vraiment le point clé, le point le plus sensible.
01:39Parce qu'en tropique, vous vous souvenez que Mythos avait été interdit,
01:42parce qu'il permettait de découvrir des vulnérabilités, des failles critiques
01:46qui pourraient être exploitées si elles étaient mises entre de mauvaises mains.
01:49Eh bien Sol, c'est exactement la même chose.
01:51Alors évidemment, Open AI a un peu pris les devants,
01:53parce que comme ils ont vu toutes les polémiques autour de Mythos,
01:55donc ils ont dit non, non, mais nous, on a mis en place des garde-fous
01:58qui sont très très difficiles à contourner.
02:00C'est-à-dire que déjà, l'IA refusera de répondre
02:03quand on lui pose des questions un petit peu tendancieuses.
02:05Par exemple, fabrique-moi un virus informatique, ce genre de choses.
02:08Mais en plus de ça, elle sera beaucoup plus puissante
02:11sur le fait de limiter les détournements.
02:14C'est-à-dire qu'on essaie, on peut essayer de filouter un peu,
02:16de passer outre les garde-fous.
02:18Eh bien là, il y a 700 000 heures qui ont été consacrées à tester ces protections.
02:22Et puis il y a une surveillance des usages aussi.
02:23C'est-à-dire que si vous posez un peu trop de questions suspectes,
02:26eh bien votre compte pourra être suspendu, voire supprimé.
02:29Voilà, alors on sait que, hasard du calendrier,
02:32c'est la pression qui a été un peu relâchée sur Mythos.
02:34Aussi, ils vont ouvrir un peu plus Mythos.
02:37Mais enfin, ça reste un tout petit accès.
02:40Qu'est-ce qu'il faut penser de tout ça, de ce chat GPT 5.6,
02:44donc baptisé Sol ?
02:47Est-ce que, enfin voilà, qu'est-ce qu'il faut ?
02:49On est une entreprise, on est un peu perdu quand même.
02:51Il y a trois modèles, Sol, Terra et Luna.
02:53C'est trois types de modèles.
02:54En fait, on pouvait se poser la question sur Mythos.
02:57On pouvait se dire, c'est un coup de sang, il y a une mécompréhension.
03:00Bon là, on voit qu'on est rentré dans...
03:01Ou voir un coup de communication un peu.
03:03Ouais, de deux côtés.
03:04On dit, on est rentré dans autre chose.
03:06Et en fait, si on regarde l'histoire, toutes les technologies puissantes,
03:10à un moment, ont été régulées.
03:11L'aéronautique, à un moment, ont été régulées.
03:13La cryptographie, on s'en souvient, avait été régulée.
03:16Il y a même eu une pub d'Apple sur le Power Mac.
03:20Je ne me souviens plus lequel.
03:22Parce qu'en fait, il dépassait la puissance de calcul maximale
03:26qui imposait une restriction à l'export.
03:28Parce qu'il y avait une vieille réglementation qui n'avait pas évolué.
03:30Donc, on rentre là-dedans et les enseignements, il y en a deux.
03:34C'est-à-dire que le fait de ne pas avoir leadership technologique, il y a deux coûts.
03:38Le premier coût, c'est qu'on paye.
03:39Donc ça, tout le monde l'avait en tête.
03:40Le deuxième coût, c'est qu'on attend.
03:41Et quelquefois, on attendra longtemps.
03:43Et c'est peut-être le deuxième qui va être le plus gênant.
03:45Parce que 90% de la valeur d'une technologie, c'est dans ses usages.
03:48Donc, si on ne peut même pas payer pour l'avoir, là, on a un sujet de souveraineté.
03:52Je suis une entreprise lambda.
03:55Le risque, c'est que ça devienne beaucoup trop cher.
03:58Le deuxième, c'est que je pourrais l'utiliser.
04:00Et pendant ce temps, les autres sont en train de tourner.
04:02Après, on voit qu'avec le temps, toutes ces réglementations-là,
04:06la cryptographie ou la taille des machines, elles ont sautées parce que ça devenait intenable.
04:09Donc là, on est dans une phase un peu d'incertitude
04:12où on voit des choses qui arrivent, pas forcément soutenables.
04:15Après, c'est ce qu'on dit toujours.
04:16Pour une entreprise, il faut vivre avec.
04:17Oui, et puis après, c'est ce qu'on dit toujours avec ces technologies,
04:19ça va tellement vite.
04:20Parce que la cryptographie, ça vient un peu dans les manuels.
04:22Oui, en fait, Jean Monnet disait,
04:24les êtres humains voient le changement que dans la nécessité
04:27et on ne voit la nécessité que dans la crise.
04:29Bon, ben, quelque part, ce qui se passe, c'est...
04:32C'est ce qu'on a vu avec la canicule, en tout cas.
04:33C'est une forme de crise aussi, pas la même.
04:37Mais là, effectivement, on est face à une force de crise.
04:40Et donc, il y a une prise de conscience dans les COMEX
04:42que ça devient un risque opérationnel
04:44et qu'elle est traitée comme un risque opérationnel.
04:46Après, moi, voilà, il y a plein de choses qu'on pourrait dire.
04:51Développer une souveraineté, essayer...
04:53Déjà, on n'est pas obligé de...
04:55On n'a pas forcément besoin, on le disait la semaine dernière,
04:58on n'a pas forcément besoin du dernier modèle frontière
05:00pour déployer peut-être 80% des cas d'usage de l'entreprise.
05:03Donc, moi, je continue à le penser.
05:07Et après, voilà, c'est une vulnérabilité de l'Europe,
05:14comme tu le dis, Vincent, contre laquelle il faut lutter.
05:18Est-ce que, Eric, est-ce qu'on en parlait l'autre jour
05:21quand Mito, ça a été...
05:23Ça fait qu'un jour, trois semaines,
05:24que Mito, ça a été bloqué au nom d'Américains,
05:27et Vivatec est arrivé dans la foulée,
05:29et tout le monde, du coup, Vivatec parlait de souveraineté,
05:31dit que ça peut donner un élan à notre souveraineté.
05:34Il faut y croire ?
05:36En fait, pour faire un peu de provocation,
05:39et je ne pensais pas dire ça un jour,
05:40mais merci, Trump.
05:41Parce que c'est un électrochoc,
05:43ça amène à prendre conscience,
05:44effectivement, comme disiez tous les deux,
05:46qu'il y a un vrai risque.
05:47Je te rejoins jusque-là, on disait,
05:49tiens, ça pourrait coûter plus cher,
05:50là, ça peut être coupé complètement.
05:51Et les États-Unis sont en train d'appliquer exactement
05:54la doctrine sur les technologies stratégiques,
05:56ce qu'ils ont fait jusque-là.
05:58Donc, ce n'est pas nouveau en soi.
06:00Par contre, c'est un peu comme si on se réveillait là,
06:02en disant, oh là, mince !
06:04Mais c'est vrai, pour ça, je faisais
06:05le lien avec la calicule.
06:07On nous dit que la planète va se réchauffer
06:08depuis tellement d'années,
06:09et que quand ça arrive, on se dit,
06:10ah mince, oui, en effet, on est...
06:12Et c'est vrai, ce que tu disais,
06:13je reviens sur Vincent,
06:14je suis en train d'en penser à plein de sujets
06:15qui datent d'il y a longtemps,
06:16même sur les processeurs,
06:17tu disais sur la cryptographie.
06:19Les Américains nous ont déjà habitués à ça.
06:21Sur le nucléaire, sur les semi-conducteurs,
06:22sur le GPS aussi.
06:24Et on va probablement voir émerger des modèles,
06:26finalement, modèles grands publics,
06:27modèles entreprises,
06:28modèles gouvernementaux,
06:29et modèles de défense.
06:30Donc ça, c'est pas très, très grave en soi.
06:32Par contre, ça nous invite collectivement
06:35à se dire, comment est-ce qu'on fait,
06:36peut-être, pour être moins dépendant ?
06:37Sans doute pas uniquement sur des frontières modèles,
06:40mais des modèles peut-être un peu moins avancés,
06:42mais plus applicables au domaine de l'entreprise.
06:44Et ça repose la question de l'open source,
06:46de se dire, c'est quel modèle d'IA
06:48on veut déployer, effectivement, de l'entreprise.
06:50Mais en fait, il y a un côté un peu utopique là-dedans,
06:52parce que ce qui fait tourner notre économie,
06:54c'est les data centers, en fait.
06:55C'est ce qui se passe sur les data centers.
06:57On déploie des logiciels,
06:59que ce soit en SaaS ou on-prem,
07:01mais quand tu regardes un data center,
07:03en fait, le LLM, c'est une toute petite partie
07:06de ce qui se passe dans un data center.
07:07T'as des firewalls, t'as des équipements réseau,
07:09t'as des bêtes de stockage.
07:10Tout ça, c'est des technos américaines, en fait.
07:12Donc, en fait, nous, là, effectivement,
07:14on met un coup de projecteur
07:16sur la souveraineté liée au LLM.
07:19La différence, c'est qu'il y a des technos
07:21qui font l'objet de restrictions et d'autres pas.
07:23La cryptographie, c'est un tout petit point
07:26sur la carte de l'informatique, mais particulier.
07:28Et là, on découvre que l'IA est à cet endroit-là.
07:30Qu'est-ce qui empêche Trump, demain,
07:32de dire que la dernière mise à jour
07:34du firmware de Firewall Palo Alto
07:37est une technologie militaire
07:39qu'il faut être régulée ?
07:39Ça, c'est vrai.
07:41Firewall, on en a depuis des années.
07:42C'est pas arrivé à ce stade.
07:44Non.
07:44Il y a eu d'autres choses,
07:45mais il n'y a pas eu ça.
07:46Certes.
07:47Mais ce que je veux dire par là,
07:48c'est que la souveraineté,
07:49elle n'est pas uniquement regardée,
07:50elle ne doit pas être uniquement prise
07:51sous l'angle du
07:52« je voudrais installer le dernier LLM on-premise ».
07:55Mais c'est pour ça que le modèle chinois
07:57est intéressant à regarder,
07:58parce que qu'est-ce qu'ils font ?
07:59Ils développent leur modèle propriétaire,
08:00première chose.
08:01Deuxième chose, ils vont sur l'open source.
08:03Troisième chose, ils regardent,
08:04regardez Huawei, par rapport à Nvidia,
08:06ils développent leur propre puce.
08:07Et ils sont sur des modèles
08:09qui sont moins consommateurs de GPU.
08:10Donc, il y a une stratégie, effectivement,
08:12sur quatre dimensions,
08:13et pas seulement sur la partie LLM,
08:15qui n'est pas inintéressante.
08:18Visiblement, ils sont biaisés.
08:19Alors, on a vu,
08:20c'est au ministère de l'Intérieur, je crois,
08:21où le ministère de l'Intérieur
08:23avait ouvert un accès à un LLM chinois.
08:27Le trésor.
08:28C'est le trésor.
08:29Le trésor, exactement.
08:30C'est le trésor.
08:31Voilà, et au bout de quelques jours,
08:32ils ont dit,
08:32non, en fait,
08:33ils ne répondent pas exactement
08:33comme on voudrait,
08:34donc on va plutôt se replier
08:36sur une solution de type Mistral.
08:37Mistral, exactement.
08:39Tiens, justement,
08:39on va parler de Mistral.
08:40Est-ce que c'est un coup dur ou pas ?
08:42C'est l'Union européenne
08:44qui veut travailler
08:46sur une IA open source.
08:48Alors, on va être 4 langues,
08:50400 milliards de paramètres.
08:51Et là, elle choisit qui ?
08:52Elle choisit un Italien.
08:54Là, oui, évidemment,
08:55dans le français, on est déçus.
08:56On aimerait comprendre pourquoi.
08:58Je comprends que Mistral avait candidaté.
09:00Pourquoi ils n'ont pas été acceptés ?
09:02Alors, si c'est un problème de structuration,
09:04peut-être qu'il faudrait qu'à un moment,
09:05Mistral sépare la partie open source
09:07qu'il met dans une fondation,
09:08puis la partie plus business.
09:10Mais c'est dommage
09:11d'avoir le seul modèle européen
09:13qui est sur la carte des modèles mondiaux
09:15qui n'ait pas été retenu.
09:16Bon, après,
09:18le prix qui a été offert,
09:19c'est 2,5% de la capacité d'euro-HPC.
09:22C'est à peu près 100 millions.
09:23Donc, c'est pas mal.
09:25Mais c'est très en dessous
09:28de, par exemple,
09:29c'est un dixième.
09:30Mais est-ce que ça peut être
09:32un vrai coup dur pour Mistral ?
09:33Je pense qu'il faudrait leur demander.
09:36Moi, je pense que j'aurais plutôt envie
09:37de les aider,
09:38mais de comprendre.
09:38est-ce que ça doit
09:42induire pour eux
09:42un changement de structure
09:43pour permettre
09:44d'être un peu le réceptacle
09:46de cette ambition
09:46open source européen ?
09:48Je veux dire,
09:49c'est bien avoir raison tout seul,
09:50c'est la stratégie du Minitel,
09:51ça ne le faut pas.
09:52Donc, est-ce qu'ils ont été
09:55indûment évincés ?
09:55Là, ce n'est pas normal.
09:56Et dans ce cas-là,
09:56la France doit se mobiliser.
09:58Est-ce qu'il y a une mécompréhension ?
09:59Il y a peut-être une structuration
10:00qui peut le permettre.
10:01Mais c'est dommage
10:02que l'Europe ne prenne pas
10:03son seul modèle européen
10:04pour le renforcer.
10:05Et puis après,
10:05on imagine aussi,
10:06parce qu'on sait
10:07que c'est les spécialistes
10:08de ça à la Commission européenne,
10:10c'est de saupoudrer.
10:11De dire, tiens,
10:11Mistral, on les voit,
10:13ils sont en train
10:13de signer des gros contrats
10:14droite à gauche.
10:14Peut-être qu'on peut donner
10:15sa chance à une autre IA
10:17pour avoir un autre.
10:18Oui, mais la logique
10:19de l'open source,
10:20justement,
10:20c'est d'éviter de prendre ça.
10:21Donc, que ça arrive
10:23sur l'open source,
10:23moi, franchement,
10:24j'ai l'impression...
10:25Alors, ils ont,
10:26le consortium de mines,
10:28ils ont déjà créé des modèles.
10:29Sauf qu'on n'en parle pas beaucoup.
10:30On ne les voit pas trop
10:31sur les benchmarks.
10:32Il n'y a que des benchmarks
10:33un peu...
10:33C'est vrai qu'on parlait
10:34des allemands à l'F-Alpha
10:35et puis après,
10:35ils ont dit,
10:36c'était bien sourdine.
10:38C'est pour ça qu'on n'en parle pas trop.
10:39Non, moi,
10:39la seule analyse que je peux avoir,
10:41c'est que, un,
10:42Domine arrivait
10:42avec un cluster Blackwell opérationnel,
10:44ce qu'on n'avait pas Mistral.
10:45Donc, il y avait déjà CPU,
10:46il y avait déjà ça.
10:47Donc, ça, plus Euro-HPC,
10:49ça permet...
10:50L'Europe peut se dire,
10:51je réduis les risques
10:52en confiant directement
10:54à un acteur
10:54qui a déjà ce cluster Blackwell.
10:56Le deuxième,
10:57c'est que, en fait,
10:58la stratégie,
10:59la vision de Mistral
11:00sur la souveraineté,
11:01elle n'est pas forcément
11:03super claire.
11:03Ils n'ont pas dit,
11:04je fais all-in sur l'open source
11:05ou je fais all-in sur
11:07un modèle SaaS.
11:08Ça a toujours été un peu fluctuant
11:09au début,
11:10beaucoup de modèles open source.
11:11Et en fait,
11:12quand on parle avec eux,
11:13c'est OK, super,
11:14le modèle open source,
11:14mais c'est bien
11:14si vous utilisez aussi
11:15le modèle payant
11:16parce que c'est comme ça
11:16qu'on va gagner de l'argent.
11:17Alors que Domine a plutôt
11:18une stratégie full open source
11:20depuis le début.
11:21Donc, il y a probablement
11:21quelque chose
11:22qui est un petit peu
11:22plus aligné par rapport à ça.
11:24Et le troisième,
11:25c'est l'équilibre politique.
11:26Mistral est très franco-français.
11:29Alors que le consortium,
11:30là, il est italien, allemand,
11:31il est peut-être
11:32un petit peu plus ouvert
11:33et peut-être que la Commission européenne
11:34a valorisé un petit peu plus
11:35ces aspects-là.
11:36Bon, ça, c'est mon analyse.
11:38Je ne sais pas...
11:38Non, mais on est à pour ça, Eric.
11:41C'est une volonté de l'Europe
11:42de faire l'Airbus de l'IA,
11:43probablement.
11:44Je te rejoins effectivement
11:45sur une vision transfrontalière.
11:47On est effectivement déçus
11:48que Mistral ne soit pas dedans.
11:50Maintenant, peut-être
11:50qu'une des explications
11:52est encore plus simple que ça.
11:53C'est que le cahier des charges
11:54qui était demandé,
11:55c'était effectivement
11:56de l'open source,
11:57ce qui n'est pas complètement
11:58le cas de Mistral,
11:59et une logique à la fois
12:01business et recherche.
12:02Et le mariage entre
12:04Domine et Fraunhofer Gesellschaft,
12:06qui est quand même
12:06un des plus grands centres européens
12:08de recherche appliquée,
12:09donc on peut être très, très fiers
12:10au niveau européen,
12:11la combinaison des deux,
12:13c'est probablement ça
12:13qui a fait gagner.
12:14C'est quand même 32 000 chercheurs,
12:15c'est 3 milliards d'euros
12:16d'investissement,
12:17c'est déjà une logique
12:18ouverte sur l'entreprise.
12:19Il ne faut pas tous de l'IA.
12:21Ce n'est pas que de l'IA,
12:22je suis d'accord,
12:22mais ce n'est pas inintéressant
12:24de voir émerger d'autres acteurs
12:26dont on avait relativement
12:27peu entendu parler.
12:28Domine, ils ont changé de nom
12:29il y a 4-5 ans,
12:30ça existe depuis 2016,
12:31c'est un acteur.
12:33Voilà, maintenant,
12:33c'est vrai qu'on est un peu
12:34circonspect sur le sujet,
12:35et moi aussi,
12:36j'aurais voulu qu'on pousse
12:37un peu plus Mistral.
12:39Moi, le point d'attention
12:40que j'aurais aussi,
12:41c'est qu'effectivement,
12:42c'est un consortium
12:42qui est très académique.
12:44Tu dis Fraunhofer,
12:45Gotts et Schaff, tout ça,
12:45et objectivement,
12:47l'Europe a toujours été
12:49assez fort pour faire
12:51des grandes annonces
12:51et tout ça,
12:52mais derrière,
12:52dans l'opérationnalisation,
12:53ça peut pêcher un peu.
12:55Là, l'objectif,
12:56c'est quand même
12:56de sortir un modèle
12:57de 400 milliards de paramètres
12:58dans moins d'un an.
12:59Ce n'est pas juste
13:00un petit truc.
13:02La marche est élevée
13:03parce que je crois
13:03que Domine fait 260
13:06versus 400,
13:07donc la marche est haute.
13:09Maintenant,
13:10ce qui n'est pas inintéressant,
13:11c'est ce qu'a dit
13:11le fondateur d'OVH,
13:13Octave Claba,
13:13qui dit qu'on est peut-être
13:15au moment où on va avoir
13:16une deuxième vague
13:18de modèles
13:19parce que ça coûte moins cher,
13:21parce que la barrière technologique
13:22est un peu plus basse
13:23et de la même manière
13:24qu'on l'avait vu
13:24avec les navigateurs Internet,
13:26on va voir émerger
13:27de nouveaux acteurs
13:28et ça,
13:28ça va être assez intéressant.
13:29C'est l'approche chinoise,
13:30100 millions de calculs,
13:32c'est QN 3.7
13:33qui est très correct,
13:35c'est à peu près
13:35ce qu'ils ont en poche.
13:37De ce côté-là,
13:38c'est bien
13:38et par rapport
13:38à ce qu'on s'était dit
13:39tout à l'heure,
13:39avoir des modèles
13:41qui n'aient pas
13:42les billets psychologiques
13:44puisque le problème
13:46d'utilisation du modèle
13:47par le trésor,
13:48c'était pour faire des notes.
13:49Donc, il y avait des billets
13:51dans le texte.
13:52Donc, c'est bien
13:52qu'il y ait effectivement
13:53des modèles européens.
13:54C'est probablement pas mal
13:55qu'il y ait un peu de concurrence,
13:56mais on aimerait quand même savoir
13:57pourquoi notre champion
13:57n'a pas gagné
13:58et puis tout faire en sorte
13:59pour l'aider.
14:00Est-ce que...
14:02Enfin, peut-être que l'Europe...
14:04Mais je crois que,
14:05de toute façon,
14:05Mistral,
14:05il pariait beaucoup là-dessus.
14:07À la fois souveraineté,
14:07à la fois frugalité.
14:09Oui.
14:10Parce que là,
14:10je ne sais pas
14:10qu'est-ce qu'ils ont pu mettre
14:11en avant ces Italiens
14:14avec leurs solutions.
14:15Je te dis, là,
14:16le cluster Blackwell
14:18opérationnel,
14:19ça, c'est une réalité.
14:21Non, tu n'y crois pas trop, Vincent ?
14:22Je pense que Mistral en a,
14:24puis avec des montants significatifs.
14:26Ils ont des promesses
14:27d'en avoir.
14:28Là, dans le data center,
14:31je ne sais pas.
14:32Non, puis...
14:33Elle est sonne, là.
14:34Moi, c'est aussi
14:34l'effet de temporalité.
14:36Ce qu'on dit, c'est bien,
14:37on va investir,
14:37même nous,
14:38ce que va mettre
14:39sauf banque
14:3940 millions d'une première tranche,
14:41tout ça,
14:41mais on parle à 2030.
14:45Là, on est en train
14:46de parler aujourd'hui.
14:48Bon, ben, on va...
14:49Je ne te sens pas loin.
14:51Non, je ne te sens pas
14:52compréhensible.
14:52Je trouve que même
14:53en termes de transparence
14:54de l'information,
14:54c'est une décision publique.
14:56On serait attendu
14:57à ce qu'il y ait
14:58un peu plus d'informations
14:59sur le pourquoi.
15:00On est à l'attente
15:01d'une vraie stratégie européenne
15:02en termes d'IA.
15:02C'est ça.
15:03Je pense que,
15:04moi, je vois ça
15:05au sein de la Commission européenne,
15:06c'est plein de petits distances.
15:08Toi, Vincent,
15:08tu as beaucoup côtoyé
15:09et tu continues
15:10certainement à le faire,
15:11cet univers.
15:12Je pense que, voilà,
15:12il y a des petits tiraillements,
15:14ce côté saupoudrage,
15:15ce côté...
15:16Oui, en fait,
15:17il y a une dynamique...
15:18Enfin, c'est une copropriété
15:19de 27 copropriétaires.
15:22Chez moi,
15:22on est cinq,
15:23on veut faire changer
15:24un tapis de sol.
15:25Il faut avoir trois séances
15:26et des discussions
15:26et n'en plus finir.
15:27Maintenant,
15:28tu as 27 pays
15:29qui doivent parler de l'IA
15:30sur des sujets très techniques.
15:31On peut tout multiplier
15:32par un million.
15:33Donc, c'est structurellement compliqué.
15:35Puis, c'est une mécanique,
15:36effectivement,
15:36qui fonctionne par le consensus.
15:38Et le consensus,
15:39il génère du saupoudrage.
15:41Alors, on va être plus positif.
15:43Tiens, pour un acteur français,
15:43il s'appelle Chaps Vision.
15:45Vous connaissez peut-être son...
15:47Enfin, certainement,
15:48son fondateur,
15:49Olivier Dellenbach,
15:50qui avait monté
15:51une première entreprise.
15:52Alors, c'était
15:52du logiciel d'investissement.
15:54Il avait revendu ça
15:55à BlackRock 1,3 milliards.
15:56On est dans les années
15:562018-2019.
15:58De là, il monte Chaps Vision,
16:00qui l'a, donc,
16:01dans la data,
16:02puisqu'ils sont amenés
16:03à remplacer à terme
16:04Palantir à la DGSI.
16:05Mais on les a déjà vus
16:06dans l'analyse de données
16:07au service secret allemand aussi.
16:09Ils ont commencé
16:10à investir tout ça.
16:11Et puis, Chaps Vision,
16:12c'est depuis pas mal d'années.
16:13C'est pas mal leur achat.
16:14Je me souviens
16:14qu'ils ont acheté
16:15un moteur de recherche
16:16qui s'appelait Cinequa,
16:17qui était le concurrent
16:17d'Exalide,
16:18qui lui-même a été racheté
16:20par Dassault Systèmes
16:21à l'époque.
16:21Et puis, voilà,
16:22ils ont un ensemble
16:23de rachats.
16:23Enfin, c'est une entreprise
16:25qui monte pas mal,
16:27Vincent.
16:27C'est des produits
16:28qu'on utilise.
16:28Alors, ce qui est marrant,
16:29c'est les chiffres.
16:31Combien de personnes
16:32chez Chaps Vision ?
16:331 000.
16:33On se dirait assez petit.
16:34Combien de personnes
16:34chez Palantir ?
16:355 000.
16:36La boîte,
16:37elle valait 600 milliards
16:39fin 2025.
16:39Elle en vaut 300 aujourd'hui.
16:41Donc, c'est effectivement
16:42très bien que Chaps Vision
16:43puisse s'y implanter.
16:45Je pense qu'effectivement,
16:46vu la souveraineté du domaine,
16:47c'était quand même étonnant
16:48que ça n'ait pas lieu encore.
16:49Oui, surtout qu'ils avaient
16:50re-signé en 2025
16:51pour 3 ans.
16:52Tout le monde était un peu surpris
16:53parce qu'on commençait
16:54à parler sérieusement
16:55de souveraineté opérationnelle.
17:01Enfin, dans l'exécution opérationnelle
17:02de souveraineté logicielle.
17:04Donc, on n'avait pas trop compris.
17:06Et là, plutôt une bonne nouvelle.
17:07Plutôt une bonne nouvelle
17:08entre une entreprise
17:11de 1 000 personnes
17:12qui déloge une autre de 5 000.
17:14Alors, à la DGSI.
17:15À la DGSI.
17:16Parce que dans d'autres industries,
17:17ils sont encore bien présents.
17:18Chez Airbus, notamment.
17:19Et pour la petite histoire,
17:20c'est Fabrice Roger
17:21qui était le patron d'Airbus
17:24à l'époque
17:24qui, lorsqu'il a quitté Airbus,
17:26était le patron de Palantir France
17:28et donc a poursuivi un peu
17:30le fait de développer
17:32Palantir dans ses industries.
17:33Emmanuel.
17:34Non, c'est un geste fort.
17:35C'est un geste fort, souverain.
17:36C'est un geste que j'aimerais
17:38bien voir se reproduire
17:40auprès aussi des DSI,
17:43des entreprises publiques.
17:45Parce que là,
17:45c'est l'appareil étatique
17:47qui prend cette décision-là.
17:49C'est bien.
17:50Moi, voilà.
17:52Je pense qu'il faut
17:52qu'on en ait vraiment
17:53beaucoup plus de décisions
17:55de ce type-là.
17:56C'est une décision
17:56qui est courageuse,
17:57en fait.
17:57Parce qu'on sait qu'en fait,
17:58Palantir,
17:58le truc, c'est que...
17:59Oui, si on choisit Palantir,
18:00c'est comme si on choisit
18:01Microsoft.
18:02On ne va pas se tromper.
18:03En fait, ce que je veux dire,
18:04c'est que quand je discute
18:05avec des gens qui ont Palantir,
18:06alors au début,
18:07ils sont très positifs.
18:10Tu vois,
18:11ouais, c'est cool,
18:11j'ai mis Palantir, machin.
18:12Et puis après,
18:13je lui dis,
18:13oui, mais Palantir,
18:14c'est Peter Thiel,
18:15proche de Trump, etc.
18:16Qu'est-ce que tu en penses ?
18:16Et là, ça crispe,
18:18ça crispe,
18:18ça crispe.
18:19Et à la fin,
18:19il me regarde et me dit,
18:20ouais, mais ça marche
18:21quand même super bien.
18:22Voilà.
18:23Et du coup,
18:24on tombe un peu
18:24sur ce truc-là.
18:25Et oui,
18:26il faut peut-être accepter
18:28de...
18:28Parce que,
18:28alors,
18:28Chaps Vision,
18:29je ne connais pas
18:29et je ne dirai pas
18:30sur ce plateau
18:31que ça marche moins bien
18:31que Palantir.
18:32Je ne sais pas.
18:34En revanche,
18:34je pense que c'est
18:35une décision courageuse
18:36quand il y a quelque chose
18:36qui fonctionne bien
18:37dans une entreprise,
18:38de décider,
18:39pour des raisons
18:39qui sont souveraines,
18:41voilà,
18:41de décider de dire,
18:42allez,
18:43je sors de Palantir
18:44pour aller chercher
18:45sa position,
18:45d'autant que ça coûte.
18:47On sait très bien
18:47que les programmes
18:49de migration,
18:50ce n'est pas des trucs
18:50que tu fais du jour
18:51au lendemain.
18:52Donc,
18:52ils vont rentrer
18:52dans un programme
18:53de migration
18:53qui va durer
18:54plusieurs mois,
18:55peut-être plusieurs années,
18:56voilà,
18:57qui va coûter de l'argent.
18:59Est-ce que Palantir
19:00va jouer le jeu ?
19:01Vous avez déjà signé
19:01il y a un an et demi
19:03avec la DGSI,
19:05enfin,
19:05avec la DGSI,
19:06je crois bien aussi,
19:07mais c'était
19:08pour un premier volet
19:08très...
19:10très petit,
19:11bon là,
19:11ça y est,
19:11il passe à l'été supérieure.
19:13Voilà,
19:13et les Allemands
19:13l'ont fait aussi
19:14il y a quelques années,
19:15peut-être qu'il y a
19:15des apprentissages
19:16à récupérer
19:16auprès des Allemands
19:17et là aussi,
19:18je nourris l'espoir
19:19que quelque part
19:20les Français et les Allemands
19:20puissent se parler là-dessus
19:21en disant,
19:21tiens,
19:22comment tu t'y es pris
19:22pour sortir de...
19:23Enfin,
19:23c'est quoi ta trajectoire
19:24de sortie de Palantir ?
19:25Eric ?
19:25Oui,
19:26tu disais,
19:27c'est étonnant
19:27que ça n'a pas été fait plus tôt
19:28mais heureusement,
19:29on passe maintenant
19:30du slogan de cette souveraineté
19:31à une mise en œuvre opérationnelle.
19:33Il faut quand même rappeler
19:34que Palantir,
19:34la plateforme de Palantir
19:35qui s'appelle Gotham,
19:36elle sert à quoi ?
19:37Elle sert à chercher
19:38des liens
19:39entre la vidéosurveillance,
19:41les écoutes judiciaires,
19:42les plaques d'immatriculation,
19:43etc.
19:44C'est absolument critique
19:45et c'était juste après
19:46les attentats de 2015
19:47où le patron de la DGSI
19:48avait dit
19:49mais je n'ai pas les moyens
19:50de réunir toutes ces informations,
19:51etc.
19:51Donc,
19:52il y avait un enjeu stratégique
19:53d'aller vite
19:54et la solution à l'époque,
19:55c'était Palantir.
19:56Là,
19:56maintenant,
19:57tu dis effectivement,
20:00Palantir a 10 ans
20:01d'expérience derrière eux
20:03sur justement
20:03les différentes API,
20:05sur les usages
20:05qui ont été faits jusque-là.
20:08Donc,
20:08oui,
20:09c'est une bonne nouvelle.
20:10Maintenant,
20:11c'est plus facile politiquement
20:12de dire
20:12on passe,
20:13on change
20:14que de le faire
20:14d'un point de vue technique
20:15et c'est ça sur quoi
20:17il va falloir s'atteler maintenant.
20:18Emmanuel,
20:19tu peux vous en dire ?
20:19Non,
20:20je suis d'accord,
20:21j'ai rien de plus à dire.
20:24En tout cas,
20:24on les suivra chaque vision
20:26parce que c'est vraiment
20:27une des belles pépites françaises
20:29avec Olivier Dellenbach
20:30qui mène tout ça
20:32et il disait en matinale de BFM,
20:36oui,
20:36il y a plus de 500 personnes
20:37qui ont travaillé vraiment
20:38sur ce sujet-là
20:39en espérant que cet investissement
20:41rejaillisse,
20:43ça puisse irriguer,
20:44aller pousser vers d'autres contrats
20:48avec la force publique.
20:51sujet aussi sur le constat
20:53de déskilling,
20:54je te laisse vous expliquer tout ça,
20:56Eric,
20:57et on va revenir dessus,
20:59c'est vraiment tout autour
21:00des compétences IA.
21:01Oui,
21:01c'est-à-dire qu'on a beaucoup parlé
21:02de souveraineté technologique,
21:04la question de la souveraineté,
21:05de la dépendance,
21:06elle est aussi cognitive
21:08et on commence à parler,
21:09il y a des premières études
21:10qui sortent sur le sujet
21:11et on commence à parler
21:11en surprise
21:12de déskilling
21:13ou d'atrophie des compétences
21:15qui en fait,
21:16plus j'utilise l'IA,
21:17et en fait la question,
21:18c'est pas tellement
21:18dans l'utilisation de l'IA,
21:20mais c'est chaque fois
21:20que je délègue de façon répétée
21:22des tâches cognitives
21:23à l'intelligence artificielle,
21:24le constat,
21:25on l'a vu chez les DSI
21:26avec les développeurs,
21:27on le voit dans le domaine
21:28de la santé,
21:29je vais y revenir,
21:29c'est qu'en fait,
21:30je perds une partie
21:31de cette compétence.
21:33Pour les développeurs,
21:34c'est effectivement une capacité
21:35à challenger le code,
21:36certes,
21:36ils vont plus vite,
21:37mais comment est-ce que
21:38je challenge le code derrière
21:38de façon un peu plus profonde ?
21:40Il y a une étude
21:40qui a été menée,
21:41qui a été rappelée
21:42par le magazine Nature
21:44auprès de gastro-entérologues
21:47où pendant plusieurs mois,
21:48on leur a mis à disposition
21:49une IA
21:50pour identifier les polypes.
21:52Et en fait,
21:52on s'est rendu compte
21:53que lorsque je ne suis pas aidé
21:55de l'intelligence artificielle,
21:57ma performance
21:57en tant que gastro-entérologue
21:58diminue.
21:59Donc ça,
22:00on l'avait vu
22:00avec d'autres technologies
22:01jusque-là,
22:02donc je ne suis pas du tout
22:02en train de dire
22:03qu'il faut arrêter
22:03l'usage de l'IA.
22:04Par contre,
22:05ça pose une vraie question
22:06sur quelles sont
22:07les compétences critiques
22:08que je veux préserver
22:09dans l'entreprise
22:10et comment,
22:11vu l'avancée spectaculaire,
22:13extrêmement rapide
22:14de cette technologie-là,
22:15je fais en sorte
22:16de sortir d'un modèle
22:17purement organisationnel
22:18avec des fonctions,
22:19etc.,
22:19un modèle beaucoup plus
22:20centré sur les compétences.
22:21D'ailleurs,
22:22ça rappelle un peu,
22:23alors bien que
22:25Renaud n'a pas dit
22:26que c'était forcément
22:27un IA-LIA,
22:28mais il y a quelques jours,
22:29Renaud a annoncé
22:31la mise en départ
22:33de près de 800 ingénieurs,
22:37alors peut-être
22:37sur d'anciennes technologies,
22:38enfin ce que j'appelle
22:39les anciennes technologies,
22:40davantage sur le thermique
22:41et tout ça,
22:42le moteur thermique,
22:43mais derrière,
22:43ils disent qu'ils vont
22:44remboucher 150 à 200.
22:47C'est un vieux sujet,
22:49je veux dire,
22:50aller au zoo,
22:50regarder les gorilles,
22:51ils sont tous musclés
22:52comme des bodybuilders.
22:53Nous, on ne l'est pas,
22:54enfin,
22:56on ne l'est pas,
22:57sauf toi.
22:59Pourquoi ?
22:59Parce que ces muscles,
23:00on n'a pas besoin au quotidien
23:01et donc ils se sont atrophiés.
23:02Je fais un petit calcul,
23:04je ne sais pas si vous vous rendez compte,
23:05mais il y a eu un gain
23:05de productivité
23:06de x5 000
23:07sur les développeurs.
23:08x10 pour l'utilisation...
23:10En combien de temps ?
23:10Depuis 70 ans,
23:13x10 pour utiliser un compiler,
23:14c'est-à-dire qu'au lieu de faire,
23:15d'écrire en langage machine,
23:17on a un système qui vous transforme
23:19un langage un peu plus élaboré
23:21en code.
23:22L'utilisation de mécanismes
23:23de protection de type
23:25et de variable,
23:25x5.
23:26L'utilisation de librairies
23:28qui sont dans l'OS
23:28pour accéder à un fichier,
23:30etc.,
23:31x5.
23:31L'utilisation de librairies
23:33en Python,
23:33dès que vous avez un sujet,
23:34vous avez une librairie
23:35qui fait le job,
23:35x5.
23:36Au total,
23:37c'est x5 000.
23:38Donc du deskilling,
23:39on en a eu.
23:40Aujourd'hui,
23:40on dit qu'en brut,
23:42avec l'IA,
23:42on va faire du x3
23:43en net plus 30%.
23:45Donc c'est tout petit
23:46et c'est même l'histoire
23:47de l'humanité
23:48qu'on se spécialise
23:50et que du coup,
23:50on devient plus productif
23:51dans un domaine
23:52mais on a besoin des autres
23:54pour le reste.
23:55Alors il y a deux choses.
23:56Un, effectivement,
23:57il faut avoir une vision claire
23:57des contrôles
23:58et des compétences à garder
23:59et donc je pense
24:00qu'on va aller,
24:01et Arthur Mensch le disait,
24:02il disait que les développeurs
24:03deviennent des managers de robots
24:04et un manager
24:05d'une activité technique
24:06qui doit comprendre
24:07chaque tâche
24:08pour la déléguer
24:09et la contrôler
24:10et puis mettre à jour
24:11sa carte des compétences.
24:13Je pense que d'ailleurs
24:13le modèle du prompt ingénieur
24:15qui était la personne
24:15qui ne connaît rien
24:16et qui sait faire un prompt,
24:17pour moi il est mort.
24:18Le modèle, en revanche,
24:20c'est le manager full stack,
24:21c'est-à-dire qu'il comprend
24:22chaque chose,
24:22par contre qui ne va pas
24:23forcément tout faire lui-même
24:24mais qu'il comprend suffisamment
24:26la technique
24:26pour pouvoir la corriger
24:27et changer les choses.
24:28Évidemment,
24:29ça dépendra des domaines.
24:30Dans du code hyper critique,
24:32on continuera à faire
24:33trois développements
24:34qui font la même fonction
24:35dans des langages
24:36avec des implémentations
24:37et des personnes différentes
24:38pour être sûr
24:39que derrière
24:39on puisse identifier
24:40les problèmes des résultats.
24:42Quand il s'agit
24:42de faire des applications jetables
24:44pour des opérations
24:44de communication,
24:45on fera ça en vibe coding.
24:46Et quelque part,
24:47on est en train de revenir
24:47aux fonctions de base
24:49du métier d'ingénieur
24:51et on redonne un peu
24:53de l'épaisseur
24:55au métier d'ingénieur,
24:56notamment dans l'informatique
24:57où souvent,
24:58on voyait des gens
24:58qui avaient des cursus
25:00très longs
25:01et puis finalement,
25:01qui passaient leur temps
25:02à la réimaginer des choses
25:03mais qui codaient beaucoup,
25:04qui perdaient beaucoup de temps
25:04à aller chercher des modules.
25:06Là, je trouve que...
25:07Parce que je sors
25:08un côté positif.
25:09Oui, et c'est un côté positif
25:11qui doit s'accompagner
25:12et qui doit s'accompagner
25:13sur deux dimensions.
25:14Une première partie
25:15qui est de se dire
25:16je repense mon organisation
25:17centrée sur les compétences.
25:18C'est pas juste un outil pour enjouder.
25:19C'est la partie
25:20skills-based organization
25:21et les études qu'on mène
25:22à l'observatoire d'Aixio
25:23montrent que 4% seulement
25:25des entreprises
25:26sont véritablement orientées
25:27dans ce domaine-là.
25:28Donc là,
25:29c'est la première chose à faire
25:29et la deuxième chose à faire,
25:31c'est qu'au niveau des leaders,
25:33si j'ai été reconnu
25:34ou promu leader
25:35sur ma compétence
25:36alors qu'IA le fait le mieux,
25:38s'IA décide plus vite,
25:40quelle est ma responsabilité
25:41en tant que leader
25:41et quelle est ma raison
25:42d'être dans l'organisation ?
25:43Donc je ne dis pas
25:44que c'est nouveau,
25:45je dis que l'accélération
25:46est très forte
25:46et que ça s'accompagne,
25:48skills-based organization
25:49d'un côté
25:49et accompagnement
25:50des leaders de l'autre.
25:51Oui, en fait,
25:53l'article que tu mentionnais
25:55tout à l'heure,
25:55je voulais revenir
25:56juste sur un point.
25:58Oui, sur le revenu nature.
25:59Parce qu'en fait,
25:59ce qui est intéressant,
26:00c'est qu'il y a une érosion
26:02des connaissances.
26:03C'est-à-dire que même
26:03si tu prends quelqu'un
26:04qui connaissait bien
26:05son domaine d'expertise,
26:06à force d'utiliser l'IA
26:08régulièrement,
26:09si au bout de quelques semaines,
26:11quelques mois,
26:12tu lui enlèves l'IA,
26:13tu te rends compte
26:13qu'il est beaucoup moins fort
26:16que tu vas voir.
26:18C'est le sujet des codeurs.
26:19Mais je reviens sur...
26:20Les codeurs,
26:21en plus,
26:21c'est mon quotidien
26:22chez Générix,
26:24mais on a besoin,
26:25on se dit,
26:25il faut que les codeurs
26:26sachent écrire,
26:28faire un Hello World,
26:29qui est le programme informatique
26:31le plus basique.
26:32Il faut qu'ils sachent
26:32le faire manuellement
26:33parce que tu passes par là
26:35quand tu veux construire
26:36ta carrière de codeur,
26:37etc.
26:38Et puis au fur et à mesure,
26:39tu enrichis tes connaissances.
26:40Mais en fait,
26:40il y a tout un tas
26:41de ces connaissances-là
26:42qui ne sont pas forcément
26:42très utiles.
26:43Et on revient sur...
26:45Aujourd'hui,
26:46quand tu achètes une voiture...
26:47Mais c'est toi
26:47qui citais cet exemple-là,
26:49Vincent,
26:49la semaine dernière,
26:50je crois.
26:51Dans les années 1920,
26:52quand tu achetais une voiture,
26:53il fallait que tu sois mécanicien
26:54parce que tu avais toujours
26:54un problème.
26:55Tu étais là
26:56avec ta clé de 12.
26:57La 2 chevaux,
26:57c'est la voiture
26:58qui justement pouvait
26:59se démonter
27:00avec juste une clé
27:01et donc on était
27:02assez débrouillard.
27:04Aujourd'hui,
27:04moi, excuse-moi,
27:05je sais éventuellement
27:06changer les essuie-glaces
27:07et faire le niveau
27:09sur le lave-glace,
27:09mais c'est à peu près tout.
27:10Et puis après,
27:11je la dépose.
27:12Donc,
27:17il faut qu'on revienne
27:22sur la raison
27:23et l'intention fondamentale
27:24qui fait qu'on a besoin
27:24de maîtriser ces connaissances.
27:25Je prends juste un autre exemple.
27:26Très rapidement,
27:27c'est l'agriculture.
27:28L'agriculture,
27:29de 1945 à aujourd'hui,
27:30on a industrialisé l'agriculture
27:31et je pense qu'on a perdu
27:32de la connaissance
27:33sur l'agriculture.
27:34Aujourd'hui,
27:34on voit des gens
27:35sur les marchés
27:36qui achètent des fraises
27:36en décembre
27:37et qui achètent des poires
27:38au mois de juillet.
27:40Je suis désolé,
27:40mais en France,
27:41ça ne pousse pas
27:42dans ces machins.
27:43Donc,
27:44il faut peut-être
27:44qu'on réapprenne.
27:45Mais en fait,
27:45on le réapprend
27:46pourquoi ?
27:46On le réapprend
27:47et je boucle
27:48parce qu'il y a la canicule,
27:50parce qu'il y a
27:50un dérèglement climatique
27:51et parce que quelque part,
27:52on se dit que ça devient important
27:53de redévelopper ses compétences.
27:54Et je pense que sur l'IA,
27:55on va avoir un cycle
27:56un peu transitoire
27:57ou quelque chose comme ça
27:58qui va faire qu'au début,
27:59on va perdre
27:59puis ensuite,
27:59on va remonter,
28:00etc.
28:00Et c'est,
28:01j'ai envie de dire,
28:01c'est un peu le sens
28:02du progrès technologique
28:04depuis...
28:04Donc là,
28:04tu penses qu'on est en plein
28:05dans ce chaos un peu...
28:06Oui,
28:07solution transitoire,
28:08situation transitoire.
28:09Je pense qu'il y aura
28:09quand même la différence
28:10entre les utilisateurs
28:11comme pour la voiture
28:12qui n'ont pas besoin
28:13de comprendre
28:14et l'ingénieur
28:15d'une écurie de Formule 1
28:16ou l'industriel
28:17qui fait des voitures
28:18à l'échelle
28:18et lui qui aura besoin
28:19de continuer à comprendre.
28:20Donc moi,
28:21je suis plutôt du côté
28:21des industriels.
28:22Je pense que
28:23ce management
28:24du manager full stack
28:26qui comprend vraiment
28:27toute sa chaîne technologique,
28:28c'est un métier d'avenir.
28:30Messieurs,
28:30merci d'avoir partagé
28:32avec nous tous ces sujets,
28:33notamment celui sur les compétences.
28:34Vincent Champin,
28:36président de l'Observatoire
28:36du long terme,
28:37patron digital
28:37chez Farmato,
28:38membre du Comex.
28:39Éric Campagnini,
28:40associé chez Addiction Group
28:41et Emmanuel Vignon,
28:42vice-président d'engineering
28:43head of AI
28:44chez Generis Group.
28:44Merci messieurs
28:45de votre passage
28:46et de tous vos regards
28:48sur cet actuel
28:49qu'on essaie de comprendre
28:51un peu plus chaque semaine.
28:53Allez,
28:53notre émission se termine.
28:54On se retrouve ici
28:55la semaine prochaine,
28:55même heureux, même endroit.
28:56D'ici là,
28:57excellente semaine
28:57sur BFM Business.
29:11BFM Business présente
29:12Tech & Co Business,
29:14le magazine de l'accélération digitale.
29:17Frédéric Simotel.
29:19On va parler de toute l'actualité
29:20et avec nos débriefeurs,
29:21je vous les présente tout de suite.
29:22Vincent Champin,
29:23président de l'Observatoire
29:24du long terme,
29:24patron du digital
29:25chez Farmato,
29:26membre du Comex.
29:26Bonjour.
29:27Bonjour.
29:27Vincent,
29:28merci d'être avec nous.
29:29Éric Campagnini,
29:29associé chez Alixio Group.
29:31Bonjour.
29:31Bonjour.
29:32Éric et Emmanuel Vignon,
29:33vice-président d'engineering
29:34head of AI
29:35chez Generis Group.
29:36Bonjour.
29:36Bonjour Frédéric.
29:37Merci d'être à tous les trois.
29:38On démarre par le sujet
29:40un peu qui fait
29:41la une de la semaine.
29:44La bataille des super-IA
29:45est lancée
29:46après Anthropik,
29:47son modèle Mythos.
29:47C'était au tour d'Open AI
29:49de lancer une nouvelle version
29:50de chat de GPT
29:51baptisée Sol.
29:52Et encore là,
29:54il y a un contrôle limité
29:55par la Maison Blanche.
29:56On écoute juste ce qu'en dit
29:57Anthony Morel
29:58et on revient juste après.
30:00C'est toujours le même schéma
30:01maintenant,
30:02c'est-à-dire qu'on a connu
30:03exactement ça
30:04au lancement de Mythos.
30:06GPT 5.6 Sol,
30:08c'est le nom complet
30:09de cette nouvelle
30:10intelligence artificielle
30:12conçue par Open AI,
30:13sera dans un premier temps
30:15au moins
30:16réservée
30:17à une poignée
30:17d'organisations
30:18dont on n'a pas
30:19la liste complète d'ailleurs,
30:20triées et validées
30:22par l'administration Trump.
30:23Alors pour exactement
30:24les mêmes raisons,
30:24des raisons de sécurité nationale,
30:26parce que ce nouveau modèle,
30:27il est aussi puissant,
30:29en tout cas
30:30sur certains indicateurs clés,
30:32que Mythos.
30:33Sol revendique
30:34notamment
30:34un niveau
30:35équivalent
30:36ou supérieur
30:37sur un certain nombre
30:37de benchmarks
30:38qui concernent
30:39le développement informatique
30:40et la cybersécurité.
30:42alors ça c'était vraiment
30:42le point clé,
30:43le point le plus sensible,
30:44parce qu'en tropique,
30:45vous vous souvenez
30:45que Mythos
30:46avait été interdit
30:47parce qu'il permettait
30:48de découvrir
30:49des vulnérabilités,
30:50des failles critiques
30:51qui pourraient être exploitées
30:52si elles étaient mises
30:53entre de mauvaises mains.
30:54Eh bien Sol,
30:54c'est exactement
30:55la même chose.
30:56Alors évidemment,
30:57Open AI a un peu
30:58pris les devants
30:58parce que comme ils ont vu
30:59toutes les polémiques
30:59autour de Mythos,
31:00donc ils ont dit
31:01non, non, mais nous
31:01on a mis en place
31:02des garde-fous
31:03qui sont très très difficiles
31:04à contourner,
31:05c'est-à-dire que déjà
31:06l'IA refusera
31:08de répondre
31:08quand on lui pose
31:09des questions
31:10un petit peu tendancieuses,
31:11par exemple,
31:11fabrique-moi un virus informatique,
31:13ce genre de choses,
31:14mais en plus de ça,
31:15elle sera beaucoup plus puissante
31:17sur le fait
31:17de limiter
31:18les détournements,
31:19c'est-à-dire qu'on essaye,
31:20on peut essayer
31:21de filouter un peu,
31:21de passer outre
31:22les garde-fous,
31:23eh bien là,
31:24il y a 700 000 heures
31:25qui ont été consacrées
31:26à tester ces protections
31:27et puis il y a une surveillance
31:28des usages aussi,
31:29c'est-à-dire que si vous posez
31:29un peu trop de questions suspectes,
31:31eh bien votre compte
31:31pourra être suspendu,
31:33voire supprimé.
31:36Hasard du calendrier,
31:37c'est la pression
31:37qui a été un peu relâchée
31:38sur Mythos aussi,
31:39où ils vont ouvrir
31:41un peu plus Mythos,
31:43mais enfin ça reste
31:43un tout petit accès.
31:45Qu'est-ce qu'il faut penser
31:46de tout ça,
31:47de ce chat GPT 5.6,
31:50donc baptisé Sol ?
31:52Est-ce que,
31:53enfin voilà,
31:53qu'est-ce qu'il faut ?
31:54On est une entreprise,
31:55on est un peu perdu quand même.
31:56Il y a trois modèles,
31:57Sol, Terra et Luna,
31:58c'est trois types de modèles.
32:00En fait,
32:01on pouvait se poser
32:02la question sur Mythos,
32:03on pouvait se dire
32:03c'est un coup de sang,
32:04il y a une mécompréhension,
32:05où là on voit qu'on est rentré dans...
32:06Voir un coup de communication,
32:07un peu aussi.
32:08Oui, de côté,
32:09on dit,
32:10on est rentré dans autre chose.
32:11Et en fait,
32:11si on regarde l'histoire,
32:13toutes les technologies puissantes,
32:16à un moment ont été régulées,
32:17l'aéronautique,
32:17à un moment ont été régulées,
32:19la cryptographie,
32:20on s'en souvient,
32:20avait été régulée.
32:21Il y avait même eu
32:22une pub d'Apple
32:24sur le Power Mac,
32:26je ne me souviens plus
32:26lequel,
32:27parce qu'en fait,
32:28il dépassait
32:29la puissance de calcul maximale
32:31qui imposait
32:32une restriction à l'export.
32:33C'est une vieille réglementation
32:34qui n'avait pas évolué.
32:35Donc,
32:36on rentre là-dedans
32:37et les enseignements,
32:38il y en a deux.
32:39C'est-à-dire que
32:40le fait de ne pas avoir
32:41leadership technologique,
32:42il y a deux coûts.
32:43Le premier coût,
32:43c'est qu'on paye,
32:44ça tout le monde l'avait en tête.
32:45Le deuxième coût,
32:46c'est qu'on attend
32:46et quelquefois,
32:47on attendra longtemps.
32:48Et c'est peut-être le deuxième
32:49qui va être le plus gênant
32:50parce que 90% de la valeur
32:52d'une technologie,
32:52c'est dans ses usages.
32:54Donc,
32:54si on ne peut même pas payer
32:55pour l'avoir,
32:56là,
32:56on a un sujet
32:57de souveraineté.
32:57Je suis une entreprise
33:00lambda,
33:00le risque,
33:01c'est que ça devienne
33:02beaucoup trop cher.
33:03Le deuxième,
33:04c'est que je pourrais l'utiliser
33:05et pendant ce temps,
33:06les autres sont en train
33:07de tourner.
33:07Après,
33:08on voit qu'avec le temps,
33:09toutes ces réglementations-là,
33:11la cryptographie
33:12ou la taille des machines,
33:13elles ont sautées
33:14parce que ça devenait
33:14intenable.
33:15Donc là,
33:15on est dans une phase
33:16un peu d'incertitude
33:18où on voit des choses
33:18qui arrivent,
33:19pas forcément soutenables.
33:20Après,
33:20c'est ce qu'on dit toujours
33:21avec ces technologies,
33:24ça va tellement vite
33:25parce que la cryptographie,
33:26ça a mis un peu
33:26temps à l'Emmanuel.
33:27En fait,
33:28Jean Monnet disait,
33:29les êtres humains
33:30voient le changement
33:31que dans la nécessité
33:32et on ne voit la nécessité
33:33que dans la crise.
33:34Quelque part,
33:35ce qui se passe,
33:36c'est une...
33:37C'est ce qu'on a vu
33:38avec la canicule,
33:38en tout cas,
33:39on peut en mettre ça aussi.
33:40C'est une forme de crise
33:41aussi,
33:41pas la même.
33:43Mais là,
33:43effectivement,
33:43on est face
33:44à une force de crise
33:46et donc,
33:46il y a une prise de conscience
33:47dans les COMEX
33:48que ça devient
33:48un risque opérationnel
33:50et qu'elle est traité
33:50comme un risque opérationnel.
33:52Après,
33:53il y a plein de choses
33:54qu'on pourrait dire,
33:56développer une souveraineté,
33:58essayer...
33:59Déjà,
33:59on n'est pas obligé de...
34:01On n'a pas forcément besoin,
34:02on le disait la semaine dernière,
34:03on n'a pas forcément besoin
34:04du dernier modèle frontière
34:05pour déployer
34:06peut-être 80%
34:07des cas d'usage
34:08de l'entreprise.
34:08Donc,
34:09moi,
34:09je continue à le penser.
34:12Et après,
34:14voilà,
34:14c'est une vulnérabilité
34:18de l'Europe,
34:19comme tu dis,
34:21comme tu dis,
34:22contre laquelle
34:23il faut lutter.
34:24Est-ce qu'on en parlait
34:26l'autre jour
34:27quand Mythos a été...
34:28Ça fait 15 jours,
34:29trois semaines,
34:29quand Mythos a été bloqué
34:31au nom d'Américains
34:32et Vivatech est arrivé
34:33dans la foulée
34:34et tout le monde,
34:34du coup,
34:35Vivatech par les souverainetés
34:36dit ça peut donner
34:38un élan à notre souveraineté.
34:40Il faut y croire ?
34:41En fait,
34:42pour faire un peu
34:43de provocation
34:43et je ne pensais pas
34:45dire ça un jour,
34:45mais merci Trump
34:46parce que c'est un électrochoc,
34:48ça amène à prendre conscience
34:50effectivement,
34:50comme disaient tous les deux,
34:51qu'il y a un vrai risque.
34:52Je te rejoins jusque-là
34:54on disait tiens,
34:54ça pourrait coûter plus cher,
34:55là ça peut être coupé complètement
34:56et les Etats-Unis
34:57sont en train d'appliquer
34:58exactement la doctrine
35:00sur les technologies stratégiques,
35:02ce qu'ils ont fait jusque-là.
35:03Donc,
35:04ce n'est pas nouveau en soi,
35:05par contre,
35:05c'est un peu comme si
35:06on se réveillait là
35:07en disant
35:08oh là mince !
35:09Potentiellement,
35:09je serais dépendant.
35:10Pour ça,
35:10je faisais le lien
35:11avec la calicule,
35:12on nous dit que la planète
35:13va se réchauffer
35:13depuis tellement d'années
35:14et que quand ça arrive,
35:15on se dit
35:15ah mince,
35:16oui en effet.
35:17et c'est vrai
35:18ce que tu disais,
35:18je reviens sur Vincent,
35:19je suis en train d'en penser
35:19à plein de sujets
35:21qui datent d'il y a longtemps,
35:22même sur les processeurs,
35:23tu disais sur la cryptographie,
35:24les Américains nous ont déjà
35:25habitués à ça.
35:26Sur le nucléaire,
35:27sur les semi-conducteurs,
35:28sur le GPS aussi
35:29et on va probablement
35:30voir émerger des modèles,
35:31finalement,
35:32modèles grands publics,
35:32modèles entreprises,
35:33modèles gouvernementaux
35:34et modèles de défense.
35:36Donc ça,
35:36c'est pas très très grave,
35:37on le voit,
35:38par contre,
35:38ça nous invite collectivement
35:40à se dire
35:40comment est-ce qu'on fait
35:41peut-être pour être
35:42moins dépendant,
35:43sans doute pas uniquement
35:44sur des frontières modèles
35:45mais des modèles peut-être
35:46un peu moins avancés
35:47mais plus applicables
35:48au domaine de l'entreprise
35:49et ça repose la question
35:50de l'open source
35:51et de se dire
35:52c'est quel modèle d'IA
35:53on veut déployer
35:54effectivement de l'entreprise.
35:55Mais en fait,
35:56il y a un côté
35:57un peu utopique là-dedans
35:57parce que ce qui fait tourner
35:59notre économie,
36:00c'est les data centers,
36:00en fait,
36:01c'est ce qui se passe
36:01sur les data centers
36:02où on déploie des logiciels
36:04que ce soit en SaaS
36:05ou on-prem,
36:06mais quand tu regardes
36:07un data center,
36:08en fait,
36:08le LLM,
36:09c'est une toute petite partie
36:11de ce qui se passe
36:12dans un data center.
36:12Tu as des firewalls,
36:13tu as des équipements réseaux,
36:14tu as des bêtes stockage,
36:15tout ça,
36:16c'est des technos américaines
36:17en fait.
36:18Donc en fait,
36:18nous, là,
36:19effectivement,
36:19on met un coup de projecteur
36:21sur la souveraineté
36:23liée au LLM.
36:24Mais la différence,
36:25c'est qu'il y a des technos
36:26qui font l'objet
36:27de restrictions
36:27et d'autres pas.
36:28La cryptographie,
36:29c'est un tout petit point
36:31sur la carte de l'informatique
36:32mais particulier
36:33et là,
36:34on découvre que l'IA
36:35est à cet endroit-là.
36:36C'est ce qui empêche Trump
36:36demain de dire
36:37que la dernière mise à jour
36:40du firmware de Palo Alto
36:42est une technologie militaire
36:44qu'il faut être régulée.
36:45Ça, c'est vrai.
36:46Firewall,
36:46on en a depuis des années,
36:48c'est pas arrivé à ce stade.
36:49Non.
36:50Il y a eu d'autres choses
36:50mais il n'y a pas eu ça.
36:52Certes.
36:52Mais ce que je veux dire par là,
36:53c'est que la souveraineté,
36:54elle n'est pas uniquement regardée,
36:56elle ne doit pas être uniquement prise
36:57sous l'angle du
36:57je voudrais installer
36:58le dernier LLM
37:00on-premise.
37:01Mais c'est pour ça
37:02que le modèle chinois
37:02est intéressant à regarder
37:03parce que qu'est-ce qu'ils font ?
37:04Ils développent leur modèle propriétaire,
37:05première chose.
37:06Deuxième chose,
37:07ils vont sur l'open source.
37:08Troisième chose,
37:09ils regardent,
37:09regardez Huawei
37:10par rapport à Nvidia,
37:11ils développent leur propre puce
37:12et ils sont sur des modèles
37:14qui sont moins consommateurs
37:15de GPU.
37:15Donc, il y a une stratégie
37:16effectivement sur quatre dimensions
37:18et pas seulement sur la partie LLM
37:20qui n'est pas inintéressante
37:21et dont on pourrait peut-être
37:22c'est ça.
37:23Mais visiblement,
37:23ils sont biaisés.
37:25Alors, on a vu,
37:25c'est au ministère de l'Intérieur,
37:26je crois,
37:27où le ministère de l'Intérieur
37:28avait ouvert un accès
37:31à un LLM chinois.
37:33Le trésor.
37:34C'est le trésor.
37:35Le trésor.
37:35Exactement, c'est le trésor.
37:36Voilà.
37:36Et au bout de quelques jours,
37:37ils ont dit,
37:37non, en fait,
37:38ils ne répondent pas exactement
37:38comme on voudrait.
37:39Donc, on va plutôt se replier
37:41sur une solution de type Mistral.
37:42Mistral, exactement.
37:44Tiens, justement,
37:44on va parler de Mistral.
37:45Est-ce que c'est un coup dur ou pas ?
37:48C'est l'Union européenne
37:49qui veut travailler
37:51sur une IA open source.
37:54Alors, on va être 4 langues,
37:55400 milliards de paramètres.
37:56Et là, elle choisit qui ?
37:57Elle choisit un Italien.
37:59Là, oui.
38:01En français, on est déçus.
38:02On aimerait comprendre pourquoi.
38:03Je comprends que Mistral
38:04avait candidaté.
38:06Pourquoi ils n'ont pas été acceptés ?
38:08Alors, si c'est un problème
38:08de structuration,
38:10peut-être qu'il faudrait
38:10qu'à un moment,
38:11Mistral sépare la partie
38:12open source,
38:13qu'il met dans une fondation,
38:13puis la partie plus business.
38:15Mais c'est dommage
38:16d'avoir le seul modèle européen
38:18qui est sur la carte
38:19des modèles mondiaux
38:20qui n'ait pas été retenu.
38:21Bon, après,
38:23le prix qui était offert,
38:24c'est 2,5%
38:25de la capacité d'euro-HPC.
38:27C'est à peu près 100 millions.
38:28Donc, c'est pas mal.
38:30Mais c'est très en dessous
38:33de, par exemple,
38:34c'est un dixième.
38:36Est-ce que ça peut être
38:37un vrai coup dur
38:38pour Mistral ?
38:39Je pense qu'il faudrait
38:40leur demander.
38:41Moi, je pense que j'aurais
38:42plutôt envie de les aider,
38:43mais de comprendre.
38:44Est-ce que ça doit
38:47induire pour eux
38:47un changement de structure
38:48pour permettre
38:49d'être un peu le réceptacle
38:51de cette ambition
38:52open source européen ?
38:53Je veux dire,
38:54c'est bien avoir raison tout seul,
38:55c'est la stratégie du Minitel,
38:57ça, il ne faut pas.
38:57Donc, est-ce qu'ils ont été
39:00indûment évincés ?
39:00Et là, c'est pas normal.
39:01Et dans ce cas-là,
39:02la France soit mobilisée.
39:03Est-ce qu'il y a
39:03une mécompréhension ?
39:04Il y a peut-être une structuration
39:06qui peut le permettre,
39:06mais c'est dommage
39:07que l'Europe ne prenne pas
39:08son seul modèle européen
39:10pour le renforcer.
39:10Et puis après,
39:11on imagine aussi,
39:12parce qu'on sait que
39:12c'est les spécialistes de ça
39:14à la Commission européenne,
39:15c'est de saupoudrer.
39:16De dire, tiens, Mistral,
39:17on les voit,
39:18ils sont en train de signer
39:18des gros contrats
39:19droite à gauche,
39:20peut-être qu'on peut donner
39:20sa chance à une autre IA
39:22pour avoir un autre...
39:23Oui, mais la logique
39:24de l'open source,
39:25justement,
39:25c'est d'éviter de prendre ça.
39:27Donc, que ça arrive
39:28sur l'open source,
39:29moi, franchement,
39:32le consortium Domine,
39:33ils ont déjà créé des modèles,
39:34sauf qu'on n'en parle pas beaucoup,
39:36on ne les voit pas trop
39:36sur les benchmarks,
39:37il n'y a que des benchmarks
39:38un peu...
39:38C'est vrai qu'on parlait
39:39des Allemands à l'F-Alpha
39:40et puis après,
39:41ils aient l'appareil
39:41de la société bien sourdine.
39:43C'est pour ça qu'on n'en parle
39:43pas trop, quoi.
39:44Non, moi,
39:45la seule analyse que je peux avoir,
39:46c'est que, un,
39:47Domine arrivait avec un cluster
39:48Blackwell opérationnel,
39:49ce qu'on n'avait pas Mistral.
39:50Donc, il y avait déjà
39:51C-plus et tout ça.
39:52Donc, ça, plus Euro-HPC,
39:55l'Europe peut se dire
39:56je réduis les risques
39:57en confiant directement
39:59à un acteur
40:00qui a déjà ce cluster Blackwell.
40:02Le deuxième,
40:02c'est que, en fait,
40:03la stratégie,
40:04la vision de Mistral
40:05sur la souveraineté,
40:06elle n'est pas forcément
40:08super claire.
40:09Ils n'ont pas dit
40:09je fais all-in
40:10sur l'open source
40:11ou je fais all-in
40:11sur un modèle SaaS.
40:13Ça a toujours été
40:14un peu fluctuant au début
40:15beaucoup de modèles open source
40:16et en fait,
40:17quand on parle avec eux,
40:18c'est OK, super,
40:19le modèle open source,
40:19mais c'est bien
40:20si vous utilisez aussi
40:20le modèle payant
40:21parce que c'est comme ça
40:21qu'on va gagner de l'argent.
40:22Alors que Domine a plutôt
40:23une stratégie
40:25full open source
40:25depuis le début.
40:26Donc, il y a probablement
40:27quelque chose
40:27qui est un petit peu
40:27plus aligné par rapport à ça.
40:29Et le troisième,
40:30c'est l'équilibre politique.
40:31Mistral est très franco-français
40:34alors que le consortium,
40:35là, il est italien, allemand,
40:37il est peut-être
40:37un petit peu plus ouvert
40:38et peut-être que la Commission européenne
40:39a valorisé un petit peu plus
40:40ces aspects-là.
40:41Bon, ça, c'est mon analyse.
40:43Je ne sais pas si...
40:43Non, mais on est à pour ça, Eric.
40:45Je pense que c'est une volonté
40:47de l'Europe
40:47de faire l'Airbus de l'IA,
40:48probablement.
40:49Je te rejoins effectivement
40:50sur une vision transfrontalière.
40:52On est effectivement déçus
40:54que Mistral ne soit pas dedans.
40:55Maintenant, peut-être
40:56qu'une des explications,
40:57elle est encore plus simple que ça,
40:58c'est que le cahier des charges
40:59qui était demandé,
41:00c'était effectivement
41:01de l'open source,
41:02ce qui n'est pas complètement
41:03le cas de Mistral,
41:04et une logique
41:05à la fois business
41:06et recherche.
41:08Et le mariage
41:09entre Domine
41:09et Fraunhofer-Gesellschaft,
41:11qui est quand même
41:11un des plus grands centres européens
41:13de recherche appliquée,
41:14donc on peut être
41:15très, très fiers
41:16au niveau européen,
41:16la combinaison des deux,
41:18c'est probablement ça
41:18qui a fait gagner.
41:19C'est quand même
41:2032 000 chercheurs,
41:21c'est 3 milliards d'euros
41:21d'investissement,
41:22c'est déjà une logique
41:23ouverte sur l'entreprise.
41:24Il ne faut pas tous
41:25de l'IA.
41:26Ce n'est pas que de l'IA,
41:27je suis d'accord,
41:28mais ce n'est pas inintéressant
41:29de voir émerger
41:30d'autres acteurs
41:31dont on avait relativement
41:32peu entendu parler.
41:33Domine, ils ont changé de nom
41:34il y a 4-5 ans,
41:35ça existe depuis 2016,
41:36c'est un acteur.
41:38Maintenant, c'est vrai
41:39qu'on est un peu circonspect
41:40sur le sujet,
41:41et moi aussi,
41:41j'aurais voulu qu'on pousse
41:42un peu plus Mistral.
41:44Moi, le point d'attention
41:45que j'aurais aussi,
41:46c'est qu'effectivement,
41:47c'est un consortium
41:47qui est très académique.
41:49Tu dis,
41:49il ferait 9 heures,
41:50il faut que tu es le chaff,
41:50tout ça,
41:52et objectivement,
41:52l'Europe a toujours été
41:54assez forte pour faire
41:56des grandes annonces
41:57et tout ça,
41:57mais derrière,
41:57dans l'opérationnalisation,
41:59ça peut pêcher un peu.
42:00Là, l'objectif,
42:01c'est quand même
42:01de sortir un modèle
42:02de 400 milliards de paramètres
42:03dans moins d'un an.
42:04Ce n'est pas juste
42:05un petit truc.
42:07La marche est élevée
42:08parce que je crois
42:08que Domine fait 260
42:11versus 400,
42:12donc la marche est haute.
42:14Maintenant,
42:15ce qui n'est pas inintéressant,
42:16c'est ce qu'a dit
42:16le fondateur d'OVH,
42:18Octave Claba,
42:19qui dit qu'on est peut-être
42:20au moment où on va voir
42:21arriver une deuxième vague
42:23de modèles
42:24parce que ça coûte moins cher,
42:26parce que la barrière technologique
42:27est un peu plus basse,
42:28et de la même manière
42:29qu'on l'avait vu
42:30avec les navigateurs Internet,
42:31on va voir émerger
42:32de nouveaux acteurs
42:33et ça,
42:33ça va être assez intéressant.
42:34C'est l'approche chinoise,
42:35100 millions,
42:36de calcul,
42:37c'est Coen 3.7
42:39qui est très correct,
42:40c'est à peu près
42:41ce qu'ils ont en poche.
42:42De ce côté-là,
42:43c'est bien,
42:43et par rapport
42:43à ce qu'on s'était dit
42:44tout à l'heure,
42:44avoir des modèles
42:46qui n'aient pas
42:47les billets psychologiques,
42:50puisque le problème
42:51d'utilisation du modèle
42:52par le trésor,
42:53c'était pour faire des notes,
42:55donc il y avait des billets
42:56dans le texte,
42:57donc c'est bien
42:57qu'il y ait effectivement
42:58des modèles européens,
42:59c'est probablement pas mal
43:00qu'il y ait un peu de concurrence,
43:01mais on aimerait quand même savoir
43:02pourquoi notre champion
43:03n'a pas gagné
43:03et puis tout faire en sorte
43:04pour l'aider.
43:06Est-ce que,
43:07enfin,
43:08peut-être que l'Europe,
43:09mais je crois que,
43:10de toute façon,
43:10Mistral,
43:11il pariait beaucoup là-dessus,
43:12la fois souveraineté,
43:13la fois frugalité,
43:15parce que là,
43:15je ne sais pas,
43:16qu'est-ce qu'ils ont pu
43:16mettre en avant
43:18ces Italiens
43:19avec leurs solutions ?
43:20Je te dis,
43:21là,
43:22le cluster Blackwell
43:24opérationnel,
43:24ça,
43:25c'est une réalité.
43:27Non,
43:27tu n'y crois pas trop,
43:27Vincent ?
43:28Je pense que Mistral en a,
43:29puis avec des montants
43:31significatifs.
43:31Ils ont des promesses
43:33d'en avoir,
43:33là,
43:34dans le data center,
43:36je ne sais pas.
43:37Non,
43:38puis,
43:39moi,
43:39c'est aussi
43:40l'effet de temporalité.
43:41Ce qu'on dit,
43:41c'est bien,
43:42on va investir,
43:42même nous,
43:43ce que va mettre
43:44SoftBank,
43:4540 millions
43:45dans une première tranche,
43:46tout ça,
43:46mais on parle à 2030,
43:49quoi.
43:50Là,
43:51on est en train
43:51de parler aujourd'hui.
43:53Bon,
43:54on va...
43:54Je te sens pas loin.
43:56Non,
43:56c'est pas compréhensible.
43:58Je trouve que,
43:58même en termes de transparence
43:59de l'information,
44:00c'est une décision publique,
44:01on serait attendu
44:02à ce que...
44:03Oui,
44:03un peu plus d'informations
44:04sur le pourquoi.
44:05On est à l'attente
44:06d'une vraie stratégie européenne
44:07en termes d'IA.
44:08C'est ça.
44:08Je pense que,
44:10moi,
44:10je vois ça au sein
44:11de la Commission européenne,
44:11c'est plein de petits distances.
44:13Toi,
44:13Vincent,
44:13tu as beaucoup côtoyé,
44:15enfin,
44:15tu continues certainement
44:16à le faire,
44:16cet univers.
44:17Je pense que,
44:17voilà,
44:17il y a des petits tiraillements,
44:19ce côté saupoudrage,
44:21ce côté...
44:21Oui,
44:22en fait,
44:22c'est une copropriété
44:25de 27 copropriétaires.
44:27Chez moi,
44:28on est cinq,
44:28quand on veut faire changer
44:29un tapis de sol,
44:30il faut avoir trois séances
44:31et des discussions
44:32à n'en plus finir.
44:33Maintenant,
44:33tu as 27 pays
44:34qui doivent parler
44:34de l'IA
44:35sur des sujets
44:36très techniques,
44:36tu peux tout multiplier
44:37par un million,
44:38donc c'est structurellement compliqué,
44:40puis c'est une mécanique,
44:41effectivement,
44:41qui fonctionne
44:42par le consensus
44:43et le consensus,
44:44il génère du saupoudrage.
44:46Alors,
44:46on va être plus positif,
44:48tiens,
44:48pour un acteur français,
44:49il s'appelle Chaps Vision,
44:50vous connaissez peut-être son...
44:52Enfin,
44:52certainement son fondateur,
44:54Olivier Dellenbach,
44:55qui avait monté
44:56une première entreprise,
44:57alors c'était
44:57du logiciel d'investissement
44:59et il avait revendu ça
45:00à BlackRock 1,3 milliards,
45:01on est dans les années
45:022018-2019,
45:03de là,
45:03il monte Chaps Vision
45:05qui l'a donc
45:06dans la data,
45:07puisqu'ils sont amenés
45:08à remplacer à terme
45:09Palantir à la DGSI,
45:10mais on les a déjà vus
45:11dans l'analyse de données
45:12au service secret allemand aussi,
45:14ils ont commencé
45:15à investir tout ça
45:16et puis Chaps Vision,
45:17c'est depuis pas mal d'années,
45:18c'est pas mal leur achat,
45:19je me souviens
45:20qu'ils ont acheté
45:20un moteur de recherche
45:21qui s'appelait Cinequa,
45:22qui était le concurrent
45:23d'Exalide
45:23qui lui-même a été racheté
45:25par Dassault Systèmes
45:26à l'époque
45:26et puis voilà,
45:27ils ont un ensemble
45:28de rachats,
45:29enfin c'est une entreprise
45:30qui monte pas mal,
45:32Vincent.
45:32C'est des produits
45:33qu'on utilise,
45:34alors ce qui est marrant
45:34c'est les chiffres,
45:36combien de personnes
45:37ont sa vision ?
45:381 000,
45:38on se dirait assez petit,
45:39combien de personnes
45:39chez Palantir ?
45:405 000.
45:44Elle en vaut 300 aujourd'hui,
45:46donc c'est effectivement
45:47très bien
45:48que Chaps Vision
45:48puisse s'y implanter.
45:50Je pense qu'effectivement
45:51vu la souveraineté du domaine,
45:52c'était quand même étonnant
45:53que ça n'ait pas lieu encore.
45:54Oui, surtout qu'ils avaient
45:55re-signé en 2025
45:56pour 3 ans,
45:57plus tout le monde
45:58était un peu surpris
45:58parce qu'on commençait
45:59à parler sérieusement
46:01de souveraineté,
46:01alors là,
46:02de souveraineté opérationnelle,
46:06dans l'exécution opérationnelle
46:08de souveraineté logicielle,
46:10donc on n'avait pas trop compris
46:10et là,
46:12donc plutôt une bonne nouvelle.
46:13Plutôt une bonne nouvelle
46:13entre une entreprise
46:16de 1 000 personnes
46:17qui déloge
46:18une autre de 5 000.
46:19Alors,
46:20à la DGSI,
46:21parce que dans d'autres industries,
46:23ils sont encore bien présents,
46:23chez Airbus notamment
46:24et pour la petite histoire,
46:26c'est Fabrice Roger
46:26qui était le patron
46:28d'Airbus à l'époque,
46:29qui, lorsqu'il a quitté Airbus,
46:31était le patron
46:32de Palantir France
46:33et donc a poursuivi
46:35un peu le fait
46:36de développer Palantir
46:38dans ces industries.
46:39Emmanuel ?
46:39Non, c'est un geste fort,
46:40c'est un geste fort,
46:41souverain,
46:41c'est un geste
46:43que j'aimerais bien
46:44voir se reproduire
46:46auprès aussi
46:46des DSI,
46:48des entreprises publiques
46:50parce que là,
46:50c'est l'appareil étatique
46:52qui prend cette décision-là.
46:54C'est bien,
46:55moi,
46:55voilà,
46:56je pense qu'il faut
46:58qu'on en ait vraiment
46:58beaucoup plus
47:00de décisions de ce type-là.
47:01C'est une décision
47:01qui est courageuse,
47:02en fait,
47:02parce qu'on sait que,
47:03en fait,
47:03Palantir,
47:04le truc,
47:04c'est que...
47:05Si on choisit Palantir,
47:06c'est comme si on choisit
47:06Microsoft,
47:07on ne va pas se tromper.
47:08En fait,
47:08ce que je veux dire,
47:09c'est que,
47:09moi,
47:09quand je discute avec des gens
47:10qui ont Palantir,
47:11alors,
47:12au début,
47:12ils sont très positifs,
47:15tu vois,
47:16ouais,
47:16c'est cool,
47:17j'ai mis Palantir,
47:17machin,
47:17et puis après,
47:18je lui dis,
47:18oui,
47:18mais Palantir,
47:19c'est Peter Thiel,
47:20proche de Trump,
47:21etc.,
47:21qu'est-ce que t'en penses ?
47:22Et là,
47:22ça crispe,
47:23ça crispe,
47:23ça crispe,
47:24et à la fin,
47:25il me regarde et me dit,
47:25ouais,
47:26mais ça marche quand même
47:26super bien.
47:28Voilà,
47:28et du coup,
47:29on tombe un peu
47:30sur ce truc-là.
47:30Et oui,
47:31il faut peut-être accepter
47:32de,
47:33parce que,
47:33alors,
47:33Chaps Vision,
47:34je ne connais pas
47:34et je ne dirai pas
47:35sur ce plateau
47:36que ça marche moins bien
47:37que Palantir,
47:37je ne sais pas.
47:39En revanche,
47:39je pense que c'est
47:40une décision courageuse
47:41quand il y a quelque chose
47:42qui fonctionne bien
47:42dans une entreprise,
47:43de décider,
47:44pour des raisons
47:45qui sont souveraines,
47:47voilà,
47:47de décider de dire,
47:47allez,
47:48je sors de Palantir
47:49pour aller sur Chaps Vision,
47:50d'autant que ça coûte.
47:52On sait très bien
47:53que les programmes
47:54de migration,
47:55ce n'est pas des trucs
47:56que tu fais du jour au lendemain.
47:57Donc,
47:57ils vont rentrer
47:58dans un programme de migration
47:58qui va durer plusieurs mois,
48:00peut-être plusieurs années,
48:02voilà,
48:02qui va coûter de l'argent.
48:04Ah,
48:04il ne s'est pas Palantir
48:05à jouer le jeu.
48:06Ils avaient déjà signé
48:07il y a un an et demi
48:08avec la DGSI,
48:10enfin,
48:11avec la DGSI,
48:12je crois bien aussi,
48:12mais c'était pour un premier volet
48:14très petit.
48:16Bon,
48:16là,
48:16ça y est,
48:16ils passent à l'été supérieure.
48:18Voilà,
48:18et les Allemands
48:19l'ont fait aussi
48:19il y a quelques années,
48:20peut-être qu'il y a des apprentissages
48:21à récupérer auprès des Allemands
48:23et là aussi,
48:24je nourris l'espoir
48:24que quelque part,
48:25les Français et les Allemands
48:25puissent se parler là-dessus
48:26en disant,
48:27tiens,
48:27comment tu t'y es pris
48:28pour sortir de,
48:28enfin,
48:28c'est quoi ta trajectoire
48:29de sortir de Palantir ?
48:30Eric ?
48:31Oui,
48:31tu disais,
48:32c'est étonnant
48:33que ça n'a pas été fait plus tôt
48:34mais heureusement,
48:34on passe maintenant du slogan
48:35de cette souveraineté
48:36à une mise en œuvre opérationnelle.
48:38Il faut quand même rappeler
48:39que Palantir,
48:40la plateforme de Palantir
48:40qui s'appelle Gotham,
48:41elle sert à quoi ?
48:50Et c'était juste après
48:51les attentats de 2015
48:52où le patron de la DGSI
48:54avait dit,
48:54mais je n'ai pas les moyens
48:55de réunir toutes ces informations,
48:56etc.
48:57Donc,
48:57il y avait un enjeu stratégique
48:58d'aller vite
48:59et la solution à l'époque,
49:00c'était Palantir.
49:01Là,
49:01maintenant,
49:02tu dis effectivement,
49:02ça va prendre plusieurs mois,
49:03je pense que ça va même
49:04prendre plusieurs années
49:04parce que Palantir a 10 ans
49:06d'expérience derrière eux
49:08sur justement
49:09les différentes API,
49:10sur les usages
49:11qui ont été faits jusque-là.
49:13Donc,
49:14oui,
49:14c'est une bonne nouvelle.
49:15Maintenant,
49:16c'est plus facile politiquement
49:17de dire,
49:18on passe,
49:18on change
49:19que de le faire
49:20d'un point de vue technique
49:20et c'est ça
49:21sur quoi il va falloir
49:22s'atteler maintenant.
49:23Manuel,
49:24tu peux vous en dire ?
49:25Non,
49:26je suis d'accord,
49:26enfin,
49:26je n'ai rien de plus à dire.
49:29En tout cas,
49:30on les suivra,
49:31chaque vision
49:32parce que c'est vraiment
49:32une des belles pépites françaises
49:34avec Olivier Dellenbach
49:35qui mène tout ça
49:37et il disait
49:40en matinale de BFM,
49:41oui,
49:41il y a plus de 500 personnes
49:42qui ont travaillé vraiment
49:43sur ce sujet-là
49:45en espérant que
49:45cet investissement
49:47rejaillisse,
49:48ça puisse irriguer
49:49à les pousser vers
49:50d'autres contrats
49:53avec la force publique.
49:56Sujet aussi
49:57sur le constat
49:58de déskilling.
49:59Je te laisse
50:00nous expliquer tout ça,
50:02Eric,
50:02et on va revenir dessus.
50:04C'est vraiment
50:04tout autour
50:05des compétences IA.
50:06Oui,
50:06c'est-à-dire qu'on a beaucoup
50:07parlé de souveraineté technologique.
50:09La question de la souveraineté,
50:10de la dépendance,
50:11elle est aussi cognitive
50:13et on commence à parler,
50:15il y a des premières études
50:15qui sortent sur le sujet
50:16et on commence à parler
50:17en entreprise,
50:18de déskilling
50:18ou d'atrophie des compétences
50:20qui, en fait,
50:21plus j'utilise l'IA,
50:22et en fait,
50:22la question,
50:23ce n'est pas tellement
50:23dans l'utilisation de l'IA,
50:25mais c'est chaque fois
50:26que je délègue de façon répétée
50:27des tâches cognitives
50:28à l'intelligence artificielle,
50:30le constat,
50:31on l'a vu chez les DSI
50:32avec les développeurs,
50:33on le voit dans le domaine
50:33de la santé,
50:34je vais y revenir,
50:35c'est qu'en fait,
50:35je perds une partie
50:36de cette compétence.
50:38Pour les développeurs,
50:39c'est effectivement
50:39une capacité
50:40à challenger le code.
50:41Certes,
50:42ils vont plus vite,
50:42mais comment est-ce
50:43que je challenge le code
50:43derrière de façon
50:44un peu plus profonde ?
50:45Il y a une étude
50:46qui a été menée,
50:47qui a été rappelée
50:48par le magazine Nature
50:49auprès de gastro-entérologues
50:52où, pendant plusieurs mois,
50:53on leur a mis à disposition
50:54une IA
50:55pour identifier les polypes.
50:57Et en fait,
50:57on s'est rendu compte
50:58que lorsque je ne suis pas aidé
51:00de l'intelligence artificielle,
51:02ma performance
51:03en tant que gastro-entérologue
51:04diminue.
51:04Donc ça,
51:05on l'avait vu
51:05avec d'autres technologies
51:06jusque-là,
51:07donc je ne suis pas du tout
51:07en train de dire
51:08qu'il faut arrêter
51:08l'usage de l'IA.
51:09Par contre,
51:10ça pose une vraie question
51:11sur quelles sont
51:13les compétences critiques
51:14que je veux préserver
51:14dans l'entreprise
51:15et comment,
51:16vu l'avancée spectaculaire,
51:19extrêmement rapide
51:19de ces technologies-là,
51:21je fais en sorte
51:21de sortir d'un modèle
51:22purement organisationnel
51:23avec des fonctions,
51:24etc.,
51:24un modèle beaucoup plus
51:25centré sur les compétences.
51:27D'ailleurs,
51:27ça rappelle un peu,
51:28alors bien que
51:29c'est Renaud,
51:31il n'a pas dit
51:32que c'était forcément
51:32un IA-LIA,
51:33mais il y a quelques jours,
51:35Renaud a annoncé
51:36la mise en départ
51:38de près de 800 ingénieurs,
51:42alors peut-être
51:42sur d'anciennes technologies,
51:43enfin ce que j'appelle
51:45les anciennes technologies,
51:45davantage sur le thermique
51:46et tout ça,
51:48mais derrière,
51:49ils disent qu'ils vont
51:49remboucher 150 à 200.
51:52C'est un vieux sujet,
51:54je veux dire,
51:55aller au zoo,
51:56regarder les gorilles,
51:56ils sont tous musclés
51:57comme des bodybuilders.
51:59Nous,
51:59on ne l'est pas pour...
52:01On ne l'est pas,
52:02sauf toi.
52:04Pourquoi ?
52:04Parce que ces muscles,
52:05on n'a pas besoin au quotidien
52:06et donc ils se sont atrophiés.
52:08J'ai fait un petit calcul,
52:09je ne sais pas si vous vous rendez compte,
52:10mais il y a eu un gain de productivité
52:11de fois 5 000
52:12sur les développeurs.
52:14En combien de temps ?
52:17Depuis 70 ans,
52:18fois 10 pour utiliser
52:19un compiler,
52:19c'est-à-dire qu'au lieu
52:20de faire,
52:21d'écrire en langage machine,
52:22on a un système
52:23qui vous transforme
52:24un langage
52:25un peu plus élaboré
52:26en code.
52:27L'utilisation de mécanismes
52:29de protection de type
52:30et de variable,
52:31fois 5.
52:32L'utilisation de librairies
52:33qui sont dans l'OS
52:34pour accéder à un fichier,
52:36etc.,
52:36fois 5.
52:37L'utilisation de librairies
52:38en Python,
52:39dès que vous avez un sujet,
52:39vous avez une librairie
52:40qui fait le job,
52:41fois 5.
52:41Au total,
52:42c'est fois 5 000.
52:43Donc du deskilling,
52:44on en a eu.
52:45Aujourd'hui,
52:46on dit qu'en brut,
52:47avec l'IA,
52:48on va faire du fois 3
52:48en net plus 30%.
52:50Donc c'est tout petit
52:51et c'est même l'histoire
52:52de l'humanité
52:53qu'on se spécialise
52:55et que du coup,
52:55on devient plus productif
52:56dans un domaine
52:57mais on a besoin des autres
52:59pour le reste.
53:00Alors il y a deux choses.
53:01Un, effectivement,
53:02il faut avoir une vision claire
53:03des contrôles
53:03et des compétences à garder
53:04et donc je pense
53:05qu'on va aller,
53:06et Arthur Mensch le disait,
53:07il disait que les développeurs
53:08deviennent des managers de robots
53:09et un manager
53:11d'une activité technique
53:12doit comprendre chaque tâche
53:13pour la déléguer
53:14et la contrôler
53:15et puis mettre à jour
53:16sa carte des compétences.
53:18Je pense que d'ailleurs
53:19le modèle du prompt ingénieur
53:20qui était la personne
53:21qui ne connaît rien
53:22et qui sait faire un prompt,
53:22pour moi il est mort.
53:24Le modèle, en revanche,
53:25c'est le manager full stack,
53:26c'est-à-dire qu'il comprend
53:27chaque chose,
53:28par contre qui ne va pas
53:28forcément tout faire lui-même
53:29mais qu'il comprend suffisamment
53:31la technique
53:31pour pouvoir la corriger
53:33et changer les choses.
53:33Évidemment, ça dépendra
53:34des domaines.
53:35Dans du code hyper critique,
53:37on continuera à faire
53:38trois développements
53:39qui font la même fonction
53:40dans des langages
53:41avec des implémentations
53:42des personnes différentes
53:43pour être sûr
53:44que derrière
53:44on puisse identifier
53:45les problèmes des résultats.
53:47Quand il s'agit
53:47de faire des applications jetables
53:49pour des opérations
53:49de communication,
53:50on fera ça en vibe coding.
53:51Quelque part,
53:52on est en train de revenir
53:53aux fonctions de base
53:54du métier d'ingénieur
53:57on redonne un peu
53:59de l'épaisseur
54:00au métier d'ingénieur
54:01notamment dans l'informatique
54:02où souvent
54:03on voyait des gens
54:04qui avaient des cursus
54:05très longs
54:06puis finalement
54:06qui passaient leur temps
54:07à imaginer les choses
54:08mais qui codaient beaucoup,
54:09qui perdaient beaucoup de temps
54:10à aller chercher des modules.
54:11Là, je trouve que
54:13si je sors un côté positif
54:14de ça.
54:15Oui, et c'est un côté positif
54:16qui doit s'accompagner
54:17et qui doit s'accompagner
54:19sur deux dimensions.
54:20Une première partie
54:20qui est de se dire
54:21je repense mon organisation
54:23centrée sur les compétences.
54:24C'est ce qu'on appelle
54:25la partie Skills Based Organization
54:26et les études qu'on mène
54:27à l'Observatoire d'Aixio
54:29montrent que
54:294% seulement des entreprises
54:31sont véritablement
54:32orientées dans ce domaine-là.
54:33Donc là, c'est la première chose
54:34à faire
54:35et la deuxième chose à faire
54:36c'est qu'au niveau
54:37des leaders
54:38si j'ai été reconnu
54:39ou promu leader
54:40sur ma compétence
54:41alors que l'IA
54:42le fait le mieux
54:43si l'IA décide plus vite
54:45quelle est ma responsabilité
54:46en tant que leader
54:47et quelle est ma raison
54:48d'être dans l'organisation.
54:49Donc je ne dis pas
54:49que c'est nouveau
54:50je dis que l'accélération
54:51est très forte
54:52et que ça s'accompagne
54:53Skills Based Organization
54:54d'un côté
54:54et accompagnement
54:55des leaders de l'autre.
54:56Oui, en fait
54:57l'article
54:59que tu mentionnais
55:00tout à l'heure
55:00je voulais revenir
55:01juste sur un point
55:02sur le revenu nature
55:04parce qu'en fait
55:04ce qui est intéressant
55:05c'est qu'il y a une érosion
55:07des connaissances
55:08c'est-à-dire que même
55:08si tu prends quelqu'un
55:09qui connaissait bien
55:10son domaine d'expertise
55:11à force d'utiliser l'IA
55:13régulièrement
55:14si au bout de
55:15quelques semaines
55:16quelques mois
55:17tu lui enlèves l'IA
55:18tu te rends compte
55:19qu'il est beaucoup moins fort
55:20que ce qu'il était avant.
55:20Fais-le au codeur
55:21aujourd'hui
55:22tu vas voir.
55:23C'est le sujet des codeurs
55:24mais je reviens sur
55:25les codeurs
55:26en plus c'est mon quotidien
55:27chez Générix
55:28mais on a besoin
55:30on se dit
55:31il faut que les codeurs
55:32sachent écrire
55:32faire un Hello World
55:34qui est le programme
55:36informatique le plus basique
55:37il faut qu'ils sachent
55:37le faire manuellement
55:38parce que
55:39tu passes par là
55:40quand tu veux
55:41construire ta carrière
55:42de codeur
55:42et au fur et à mesure
55:43tu enrichis tes connaissances
55:45mais en fait
55:46il y a tout un tas
55:46de ces connaissances-là
55:47qui ne sont pas forcément
55:48très utiles
55:48et on revient sur
55:51aujourd'hui
55:51quand tu achètes une voiture
55:52mais c'est toi
55:52qui citais cet exemple-là
55:54Vincent
55:54la semaine dernière
55:55je crois
55:56dans les années 1920
55:57quand tu achetais une voiture
55:58il fallait que tu sois mécanicien
55:59parce que tu avais toujours
56:00un problème
56:00tu étais là
56:01avec ta clé de 12
56:02la 2 chevaux
56:03c'est la voiture
56:03qui justement
56:04pouvait se démonter
56:05avec juste une clé
56:06et donc
56:07on était assez débrouillard
56:09aujourd'hui
56:09moi
56:09excuse-moi
56:10je sais éventuellement
56:11changer les essuie-glaces
56:12et faire le niveau
56:14sur le lave-glace
56:15mais c'est à peu près tout
56:15et puis après
56:16je la dépose
56:17donc c'est pas forcément grave
56:20en soi
56:20qu'il y ait une perte de connaissances
56:21d'accord
56:22en revanche
56:22parce qu'à un moment donné
56:24il faut qu'on revienne
56:27sur la raison
56:28et l'intention fondamentale
56:29qui fait qu'on a besoin
56:30de maîtriser ces connaissances
56:30je prends juste un autre exemple
56:31très rapidement
56:32c'est l'agriculture
56:33l'agriculture
56:34de 1945 à aujourd'hui
56:35on a industrialisé l'agriculture
56:37et je pense qu'on a perdu
56:38de la connaissance
56:38sur l'agriculture
56:39aujourd'hui
56:39on voit des gens
56:40sur les marchés
56:41qui achètent des fraises en décembre
56:42et qui achètent des poires
56:43au mois de juillet
56:45je suis désolé
56:45mais en France
56:46ça pousse pas
56:47dans ces machins
56:48donc il faut peut-être
56:49qu'on réapprenne
56:50mais en fait
56:51on le réapprend
56:51pourquoi ?
56:52on le réapprend
56:52et je boucle
56:53parce qu'il y a la canicule
56:55parce qu'il y a
56:56un dérèglement climatique
56:56et parce que quelque part
56:57on se dit que ça devient important
56:58de redévelopper ses compétences
56:59et je pense que sur l'IA
57:01on va avoir un cycle
57:02un peu transitoire
57:02ou quelque chose comme ça
57:03qui va faire qu'au début
57:04on va perdre
57:04puis ensuite on va remonter
57:05etc
57:05et c'est
57:06j'ai envie de dire
57:06c'est un peu le sens
57:07du progrès technologique
57:09depuis
57:09donc là tu penses
57:10qu'on est en plein
57:10dans ce chaos
57:11un peu
57:11oui
57:12solution transitoire
57:13situation transitoire
57:14je pense qu'il y aura
57:15quand même la différence
57:15entre les utilisateurs
57:16comme pour la voiture
57:17qui n'ont pas besoin de comprendre
57:19et l'ingénieur
57:20d'une écurie de Formule 1
57:21ou l'industriel
57:22qui fait des voitures à l'échelle
57:24et lui qui aura besoin
57:24de continuer à comprendre
57:25donc moi je suis plutôt
57:26du côté des industriels
57:27je pense que
57:28ce management
57:29du manager full stack
57:31qui comprend vraiment
57:32toute sa chaîne technologique
57:33c'est un métier d'avenir
57:35messieurs
57:35merci d'avoir
57:37partagé avec nous
57:38tous ces sujets
57:38notamment celui sur les compétences
57:40Vincent Champin
57:41président de l'Observatoire
57:42du long terme
57:42patron digital
57:43chez Farmato
57:43membre du Comex
57:44Eric Campagnini
57:45associé chez Addiction Group
57:46et Emmanuel Vignon
57:47vice-président d'engineering
57:48Head of AI
57:49chez Généris Group
57:50merci messieurs
57:51de votre passage
57:52et de tous vos regards
57:54sur cet actuel
57:54qu'on essaie de comprendre
57:56un peu plus
57:57chaque semaine
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