00:00Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Patrick Roger.
00:04Il est 7h41, Sud Radio vous explique.
00:07Une aile de Chambord menace de s'effondrer.
00:10Il y a besoin d'argent.
00:12Le Puy du Fou propose une aide.
00:16Et visiblement, l'État refuse cette aide.
00:21On va voir ça avec Nicolas Devilliers,
00:23qui est le patron du Puy du Fou, qui est avec nous.
00:26Bonjour Nicolas Devilliers.
00:27Bonjour.
00:28Bon, alors allons sur cette affaire.
00:31Il faudrait 37 millions d'euros, c'est ça, pour rénover l'aile de Chambord.
00:35Vous, vous avez proposé votre aide.
00:39Visiblement, ça coince.
00:40Racontez-nous alors.
00:42Écoutez, c'est très simple.
00:43Effectivement, dans un article de presse début avril,
00:45je vois que le directeur de Chambord, qui est très méritant,
00:49Pierre Dubreuil, lance un appel au secours,
00:52parce que l'État l'abandonne, ne lui donne que quelques millions,
00:54alors qu'il en faut en fait 27 plus 10, en effet, pour sauver le château de Chambord,
01:0027 pour la ruine, et puis 10 pour un projet qu'il porte.
01:03Et là, je l'appelle et je lui dis, écoutez, moi, je vous propose de créer à Chambord
01:08un modèle artistique et culturel à l'image du Puy du Fou.
01:12Pourquoi ? Parce que nous, dans un château au moins trois fois plus petit que Chambord,
01:16une sorte de château de la Loire égaré dans les collines vendéennes, le Puy du Fou,
01:19eh bien, nous avons réussi à accueillir chaque année 3 millions de visiteurs
01:24quand Chambord n'en accueille qu'un seul million.
01:26Et donc, je veux démontrer par là que si le Puy du Fou installait son modèle à Chambord,
01:31nous pourrions probablement démultiplier, évidemment, la fréquentation de Chambord.
01:35Et par le fait même, grâce à un modèle entrepreneurial privé, vous le comprenez,
01:39eh bien, les touristes financeraient, en fait, ces fameux travaux
01:43et l'État n'aurait plus à payer avec de l'argent public pour rénover le château.
01:48Donc, en l'occurrence, l'État n'avait pas l'argent.
01:51Lorsque Pierre Dubreuil me dit, ça ne dépend malheureusement pas de moi,
01:53mais du ministère de la Culture, je demande au ministère de la Culture
01:55qu'il me dise, écoutez, on va regarder, puis finalement, il me rappelle
01:59et il me dise, bon, en fait, on va débloquer les crédits qu'on ne voulait pas débloquer
02:03parce qu'on ne peut rien faire avec vous dans la mesure où la présidentielle est dans un an.
02:09Alors, c'est une réponse un peu confuse, d'ailleurs, et tout est bloqué pendant un an.
02:13Alors, je dis, ben, alors, ce n'est plus un quinquennat.
02:15Parce que, finalement, si pendant un an, la politique culturelle est bloquée,
02:18probablement que d'autres champs politiques sont aussi gelés par l'État.
02:24Et vous voyez un peu ma stupéfaction.
02:26Donc, finalement, on m'a expliqué, non, ne vous inquiétez pas, on a libéré les crédits.
02:29Et donc, sur un simple coup de téléphone de ma part,
02:31eh bien, le ministère de la Culture a trouvé 27 millions.
02:34C'est plutôt une bonne nouvelle, mais c'est une très mauvaise nouvelle pour le contribuable.
02:37C'est une mauvaise nouvelle pour l'argent public.
02:38Mais vous avez fait bouger les choses, Nicolas Devilliers, tout de même.
02:42Mais qu'est-ce que vous vouliez faire, précisément, alors ?
02:44Parce qu'on peut, en même temps, peut-être comprendre les craintes ou réserves de certains,
02:50en se disant, attendez, on ne va pas nous transformer le Chambord, le château et le parc
02:56en parc d'attractions aussi, Nicolas Devilliers, non ?
02:59Alors, non, alors, attendez, bien sûr que Chambord est un joyau français qu'il faut le préserver.
03:03D'abord, moi, mon projet, c'était simplement que Chambord reste la propriété de l'État, bien entendu,
03:08et que nous montions avec Chambord, avec l'État, un partenariat public-privé,
03:13qui mette en valeur Chambord par une présence vivante, par du spectacle vivant,
03:18à la façon de ce que nous savons faire au Puy-du-Fou,
03:20à la façon de ce que nous avons développé autour d'un château XVIe siècle,
03:23qui est lui aussi un monument historique, le Puy-du-Fou.
03:25Vous voyez, donc, nous savons tout à fait respecter l'historicité du lieu,
03:29l'esthétique du lieu, et proposer quelque chose qui peut attirer demain des millions de visiteurs.
03:34Bon, voilà, moi, c'est simplement une main tendue à un État désargenté,
03:37et je constate simplement que l'État, miraculeusement, a prétendu, par un coup de baguette magique,
03:43trouver les 27 millions manquants.
03:45Je m'en réjouis si c'est le cas, mais je me désole que ce soit encore une fois de
03:48l'argent public,
03:48quand une autre voie était possible.
03:50Oui, oui, c'est ça, vous déplorez ça, alors que dans le même temps,
03:53vous développez des projets avec le Puy-du-Fou, ailleurs, je crois qu'en Chine,
03:59dans beaucoup d'autres pays, en Espagne, vous avez travaillé aussi au développement d'activités
04:08telles que celles du Puy-du-Fou, Nicolas Devilliers.
04:11Absolument, c'est-à-dire que nous avons en effet un Puy-du-Fou en France,
04:14mais aussi un Puy-du-Fou en Espagne que nous avons créé, dont nous sommes propriétaires,
04:17nous avons aussi un spectacle aux Pays-Bas, nous sommes en train de préparer la naissance d'un Puy-du
04:21-Fou en Angleterre,
04:23et puis nous travaillons dans d'autres pays d'Europe actuellement pour d'autres projets,
04:26et nous sommes également présents en Chine, nous avons créé là-bas deux spectacles.
04:30Donc vous voyez, le Puy-du-Fou est un fleuron français qui fait rayonner la France à l'étranger,
04:34et moi comme amoureux du patrimoine français, je me suis dit, je ne peux pas d'un côté développer le
04:39Puy-du-Fou à l'étranger,
04:39et ne rien faire pour Chambord, qui est l'un des trois plus beaux châteaux avec Chenonceau et Versailles.
04:44Donc il fallait qu'on réagisse, c'est vraiment un réflexe assez patriote, c'est un réflexe instinctif,
04:50il faut sauver Chambord, si personne ne le fait, faisons-le.
04:53Oui, bon, voilà, mais il y a un blocage politique, on le comprend, Nicolas Devilliers, c'est très clair.
05:01Alors écoutez, moi ce que je vous donne, c'est les faits, après en effet, on peut se poser la
05:06question de savoir si c'est un blocage
05:08qui est d'un autre ordre que simplement l'histoire de calendrier par rapport à la présidentielle,
05:12ça on ne le saura jamais, moi ce que c'est certain, c'est que j'ai reçu dans un
05:16premier temps,
05:16et de Pierre Dubreuil, le directeur de Chambord, et du directeur de cabinet de la ministre de la Culture,
05:21un accueil enthousiaste, ils m'ont dit votre idée est très bonne.
05:24Et ensuite on m'a dit, on va en référer au président de la République,
05:26alors je ne savais pas que le président de la République s'occupait des planchers de Chambord, mais...
05:29Ah bah si, si, si, attendez, il aime l'histoire, il est d'ailleurs allé, souvenez-vous, Nicolas Devilliers,
05:38au Puy-du-Fou, c'était l'une de ses premières visites, avant qu'il ne soit président, peut-être,
05:43au moment où, avant la campagne je crois, non ?
05:45Absolument, avant la campagne.
05:46Et du reste, il est venu en effet au Puy-du-Fou, et puis il est déjà aussi allé à
05:50Chambord,
05:51il connaît bien Chambord, il connaît bien Puy-du-Fou.
05:53Réveillant, Réveillant Chambord.
05:54Ce qui fait de très belles qualités, mais pour autant, je pense que, eh bien,
05:59on aurait pu trouver des solutions sans aller jusqu'à l'Elysée, encore une fois,
06:03en montant un modèle économique pérenne, voyez-moi, c'est ça que je proposais,
06:06ce n'était pas simplement une obole de passage, mais véritablement un modèle
06:09qui permettait à Chambord de vivre longtemps.
06:12Un mot, quand même, aussi, de la saison, qui est lancée déjà depuis quelques semaines,
06:16Nicolas Devilliers, parce qu'on parle beaucoup, là, il y a eu le mois de mai,
06:20avec beaucoup de ponts, c'est bien parti, parce que les Français se déplacent
06:25peut-être un peu moins, en raison, évidemment, des prix de l'essence.
06:29Vous, ça a eu une conséquence, là, sur l'affluence, ou pas ?
06:33Écoutez, pour l'instant, non.
06:35Honnêtement, nous sommes plutôt très bien partis, et plutôt optimistes.
06:39En tout cas, la saison a très bien démarré.
06:42Maintenant, il est beaucoup trop tôt pour tirer des leçons.
06:44En effet, nous allons voir comment la crise va évoluer.
06:49Et je dirais, nous avons aussi un public étranger qui arrive l'été,
06:52et qui sera peut-être un peu moins nombreux en France.
06:54Donc, est-ce que nous en pâtirons ? Je ne sais pas encore.
06:57Je ne peux pas vous le dire.
06:57Ce qui est certain, c'est que, pour l'instant,
07:00le Puy du Fou est sur une trajectoire qui est celle que nous espérions.
07:03Donc, c'est une très bonne nouvelle.
07:05Oui.
07:05Et puis, en même temps, il y a des gens qui vont moins partir à l'étranger et très loin,
07:10et qui iront davantage autour de chez eux,
07:14ou dans un périmètre de quelques centaines de kilomètres.
07:17Merci, Nicolas Devilliers, président du Puy du Fou,
07:19d'avoir été avec nous ce matin, en direct, sur Sud Radio.
07:23Sous-titrage Société Radio-Canada
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