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  • il y a 1 heure
Samedi 23 mai 2026, retrouvez Xavier Guichard (Président, Groupe Manutan) dans GÉNÉRATION IMPACT, une émission présentée par Julien Lescs.

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Transcription
00:08Bonjour et bienvenue sur Génération Impact,
00:10l'émission qui met en lumière les familles entrepreneuriales
00:13pour décrypter avec elles leur organisation au filtre de trois cercles.
00:17Le cercle de l'entreprise bien sûr, mais également le cercle des actionnaires
00:21et celui de la famille.
00:23Elles nous partagent leurs enjeux de transition et de transmission,
00:26mais également en quoi l'urgence environnementale est une formidable opportunité
00:29de continuer l'aventure en famille avec la nouvelle génération à bord.
00:34Je reçois aujourd'hui Xavier Guichard du groupe Manutant.
00:39Bonjour Xavier.
00:39Bonjour Julien.
00:40Xavier, je suis vraiment ravi de te recevoir aujourd'hui.
00:44Est-ce qu'on a une tradition ? Est-ce que tu peux nous présenter ta famille en une minute
00:48?
00:49La famille Guichard est la famille qui a fondé le groupe Manutant il y a 60 ans.
00:55Pour être précis, mon grand-père et mon père.
00:57C'est une famille très resserrée.
00:59Mon père était fils unique.
01:01Moi, j'ai un frère et j'ai une fille unique.
01:03Donc, une famille assez courte.
01:06Génial.
01:06Alors, on va en parler.
01:07On va rentrer dans la première partie de cette émission qui s'appelle une histoire de famille.
01:10On a envie que tu nous expliques.
01:12Est-ce que finalement, vous êtes une deuxième, une troisième génération ?
01:15Je pense que ça va faire partie de votre récit de cette entreprise créée par ton grand-père et ton
01:20père.
01:21C'est ça.
01:22Oui, alors selon comment on compte, je suis la deuxième ou la troisième génération.
01:28Parce que là, comme je le disais, ils ont commencé ensemble il y a 60 ans.
01:32En fait, il y a 60 ans cette année de l'entreprise.
01:36Voilà, donc c'est une génération, c'est deux générations.
01:39Et j'arrive ensuite, encore une fois, selon comment, où on démarre le comptage.
01:45Alors, ça ressemble en gouvernance familiale.
01:48On dirait probablement que c'est une troisième génération de famille,
01:52mais une deuxième génération pour l'entreprise dans le spectre familial.
01:59Alors, raconte-nous donc 60 ans, joyeux anniversaire, création dans les années 60.
02:04Comment on crée cette entreprise ?
02:05Comment ils décident de la créer ?
02:07Et pourquoi ils l'appellent Manuton, d'ailleurs ?
02:08Groupe Manuton, parce qu'aujourd'hui, c'est comme ça qu'on a fait.
02:11Oui, alors, ça commence en avril 66, donc on est à un mois de l'anniversaire.
02:19En fait, à cette époque, mon grand-père dirige un fabricant de chariots-élévateurs
02:25qui a disparu depuis.
02:27Et sur un salon de la manutention en Allemagne,
02:32il rencontre un monsieur, un Allemand, qui a un stand sur le salon.
02:38Et qui a un catalogue de vente par correspondance, vente par catalogue,
02:43qui vend du petit équipement de manutention.
02:47Voilà, il a toujours eu cette vérité d'entreprendre.
02:50Il se dit, tiens, c'est pas mal ça, c'est assez moderne, en fait, comme concept, comme format.
02:56Il regarde en France et là, il voit qu'il n'y a pas d'équivalent.
02:59Donc, il se dit, bah, Banco, allons-y, on tente l'aventure.
03:05Donc, il embarque mon père, qui a son bac et puis son service militaire en poche.
03:14Et donc, ensemble, il commence cette aventure avec ma mère aussi.
03:18Voilà, donc ça démarre comme ça.
03:20Donc, lui quitte son emploi ?
03:22Alors, mon grand-père, non, continue à diriger cette entreprise de chers élévateurs
03:27parce qu'il fallait, un, nourrir la famille, financer les débuts de Manutan.
03:33Il hypothèque aussi, d'ailleurs, l'appartement familial pour financer le démarrage.
03:41Donc, voilà, quand même...
03:43Il a quel âge, là, ton grand-père ?
03:45Mon grand-père a 45 ans, je crois, à peu près.
03:48Ouais, donc c'est le moment de...
03:49Donc, ouais, je pense que c'est un bon âge pour entreprendre, ouais.
03:51Et ton père, il est dans l'aventure par concours de circonstances ou...
03:56Bah, il n'a pas commencé d'études, il n'a pas fait d'études supérieures.
04:03Voilà, je pense qu'il a un esprit comme mon grand-père, très libre, très indépendant.
04:09Donc, il dit, Banco, ça me plaît, j'ai envie d'entreprendre.
04:13Et je pense que, voilà, je pense qu'il y a cette symbiose familiale qui se fait rapidement.
04:19Ils embarquent, ma mère aussi, dans l'aventure, qui est au début étudiante et finalement arrête ses études.
04:25Et opérationnellement, tous les deux, mon père et ma mère, commencent dans une petite chambre de bonne rue du Faubourg
04:31-Saint-Denis.
04:32Quartier pas top à l'époque.
04:35Et voilà, donc ça démarre doucement comme ça.
04:38Alors, la genèse, vous vendez quoi ? Ça fonctionne comment ?
04:41Donc, la genèse, alors, pour répondre à ta question tout à l'heure, ça vend du petit matériel de manutention.
04:47Donc, du diable, du transpalette, du petit chariot.
04:51D'où le nom, manutant, manutention.
04:55Et le concept, au-delà de ça, c'est que ça vend donc par correspondance, par catalogue, ce petit matériel
05:01de manutention, du stockage aussi, du levage.
05:06Et l'idée un peu disruptive à l'époque, ce mot, je pense qu'on ne l'utilisait pas de
05:11la même façon qu'aujourd'hui, mais c'est principalement qu'au-delà de faire de la rente par correspondance,
05:17on affiche les prix nets dans le catalogue.
05:20Et ça, c'est quelque chose qui, à l'époque, dans le commerce, dans le B2B, ne se faisait pas
05:24du tout.
05:25Tu peux clarifier ce que ça veut dire, prix nets ?
05:27C'est-à-dire, c'est le prix auquel vous allez vraiment acheter le produit.
05:30À l'époque, il y avait potentiellement des catalogues.
05:33Net de toutes les remises, en fait.
05:34C'est ça.
05:36Mais les commerciaux allaient voir les entreprises et disaient, tiens, tu veux tel transpalette, je te le vends, mais je
05:42te fais 50% de remise.
05:44Et puis, le client d'à côté, il n'avait que 40%.
05:47Et pourquoi ? On ne savait pas trop.
05:48Donc, transparence sur les prix, finalement.
05:50Donc, ils apportent.
05:51C'est sûr d'avoir le meilleur prix si tu passes par manutention.
05:53Ils apportent cette transparence sur les prix, qui, quelque part, dans le landerneau de la distribution B2B, vient secouer des
06:00habitudes.
06:01Et donc, parce que, du coup, on met à jour un vrai prix.
06:07Voilà, ce qui perturbe un peu le marché.
06:10Et puis, pas de commerciaux.
06:11Pas de commerciaux.
06:12Les débuts, c'est faire un catalogue.
06:14Et puis, mon père et ma mère, dans leur petite chambre de bonne, rue Faux-Bourg-Saint-Denis, qui prennent
06:21les passes jaunes.
06:22Et puis, qui topent un peu au hasard des entreprises en se disant, tiens, lui, on va lui envoyer un
06:27catalogue, lui.
06:28Et puis, après, ils mettent ça à la poste.
06:30Et puis, ils attendent que le téléphone sonne.
06:32Génial.
06:33Donc, là, ils sont deux, en fait.
06:34Ils sont deux.
06:35Et alors, comment ça prend ?
06:38Là, on est fin des années 60.
06:40Où on est, ouais, c'est ça.
06:41Tout début, premier catalogue, fin 66.
06:45Tu n'es pas né.
06:45Moi, je ne suis pas né.
06:46Je n'ai en 73.
06:49Je pense que le modèle, finalement, au début, perturbe un peu.
06:54Mais quelques fournisseurs acceptent de jouer le jeu et de mettre leur catalogue avec ses prix nets.
06:59Et puis, progressivement, il y a des clients qui se disent, c'est intéressant.
07:03Je n'ai plus besoin, potentiellement, de me déplacer pour aller chercher le produit.
07:07Je sais à quel prix j'achète.
07:09Et je sais que j'achète au bon prix.
07:11Et le modèle, finalement, assez rapidement, trouve sa clientèle.
07:19C'est une clientèle tout de suite France ?
07:22Ou c'est quand même localisé ?
07:24Je pense qu'assez rapidement toute France, ouais.
07:28Parce que, justement, grâce à ce modèle, finalement, la zone de Chalandise est beaucoup plus facilement hors d'une petite
07:38périphérie géographique.
07:41Donc, assez rapidement, je pense que ça se joue sur toute la France, en effet.
07:46Et avec une stratégie assez basique, c'est progressivement d'envoyer un maximum de catalogues partout, quoi.
07:52C'est ça.
07:53Pour se faire connaître.
07:54Plus tu envoies de catalogues, plus tu développes ta pénétration.
07:57Et puis, bon, à l'époque, il n'y avait pas de grandes stratégies de segmentation comme on peut avoir
08:02aujourd'hui.
08:02Donc, c'est un peu le...
08:03Mais le modèle, c'est vous achetez, vous stockez, vous revendez ?
08:07Ou en fait, c'est vos fournisseurs qui envoient directement ?
08:09Alors, c'est une bonne question.
08:10En fait, au début, sous la contrainte, comme souvent, on est créatif.
08:15Donc, il n'y avait pas d'argent pour avoir un entrepôt et du stock.
08:19Donc, au début, c'est ce qu'on appelle du dropshipment.
08:22Donc, c'est les fournisseurs qui envoient directement aux clients.
08:25Vous avez créé Amazon, quoi.
08:26C'est ça.
08:28Et finalement, début, milieu des années 70, quand l'argent commence à rentrer, là, se crée un premier entrepôt avec
08:39du stock.
08:40Et le modèle devient hybride, stock et drop.
08:42Avec du tampon, quoi.
08:43Oui.
08:44OK.
08:45Bon, là, donc, on est au début.
08:49Comment ça se développe ensuite entre la fin des années 70 et la fin du siècle ?
08:55En fait, il y a un premier mouvement qui, avec le recul, est assez étonnant, je dirais.
09:02C'est que dès le début des années 70, finalement, ils créaient des filiales hors de France, à l'étranger.
09:08Les années 70, l'Europe n'existait pas, en tout cas pas sous la forme de l'Union européenne.
09:14Il y avait encore des douanes, etc.
09:16Et donc, finalement, en 73, ils créaient une filiale en Angleterre, en 74, en Belgique, etc.
09:21Il parle anglais ? En fait, c'est une question que je me souviens.
09:23Alors, mon grand-père, oui, ils parlaient anglais, tous les deux.
09:26Mon grand-père et mon père, parce que ma grand-mère était d'origine anglaise.
09:29Donc, c'est vrai que dans la famille, ce qui n'est pas forcément aussi évident à cette époque,
09:32mais dans la famille, tout le monde parlait.
09:33Il y avait quand même cette culture un peu internationale.
09:34Exactement, oui.
09:35Donc, ils ouvrent en Angleterre tout de suite, ça prend ?
09:37Oui, ça prend assez bien en Angleterre, ça prend bien en Belgique.
09:41Et donc, progressivement, finalement, le groupe se développe par croissance géographique,
09:49soit en commençant from scratch, comme on dit,
09:54soit petit à petit, on apprend aussi à faire des acquisitions.
09:57Et donc, des petites acquisitions, ici ou là, en Scandinavie, dans les années 80,
10:03dans les pays de l'Est, dans les années 90, en Italie, etc.
10:09Donc, ça, c'est un axe, le développement géographique.
10:13Toi, quand tu as...
10:14Donc, dans les années 90,
10:16donc là, on est en duplication, on appelle ça la duplication.
10:19C'est souvent ce qui se passe entre une première et une deuxième génération.
10:22On a un modèle qui a été créé par une première,
10:24il fonctionne, et la deuxième, en fait, elle vient le développer et elle le duplique.
10:28Et elle le duplique sur des lignes de produits, sur des régions, sur des pays.
10:31Donc, vous êtes en duplication.
10:33Dans les années 90, tu as une dizaine d'années,
10:35enfin, avant, même, dans les années...
10:37Fin des années 80, tu as une dizaine d'années.
10:40Toi, à la maison, à cette époque-là,
10:42donc, tu n'as pas grandi, il faut pour Saint-Denis.
10:46Comment tu vois cette entreprise qui est dirigée par ton père et ton grand-père ?
10:51Oui, je dirais que je la vois agrandir...
10:56C'était présent sans être très présent.
10:59C'est-à-dire que je pense qu'il y avait à la fois un...
11:04On en parlait finalement, par exemple, le soir, on en parlait finalement assez peu.
11:08Parfois, un peu, dans les repas de famille, j'entendais,
11:11mais on ne m'adressait pas directement, on ne me donnait pas de dire...
11:15Mais par contre, j'entendais tout ce qui se passait entre mon père et mon grand-père.
11:18Et ta mère qui était d'autre ?
11:20Et ma mère qui est restée dedans jusqu'au début des années 80,
11:23qui ensuite a quitté.
11:26Et après, c'est aussi plein de petites touches,
11:30c'est-à-dire que c'est le week-end, je suis gamin,
11:34et puis on va le week-end dans l'entreprise,
11:36et puis on fait avec mon frère des courses de Transpalette dans les entrepôts,
11:39des choses comme ça, mais qui nous donnent un peu le goût, l'envie de connaître...
11:48L'affection sociétatiste.
11:49Exactement, oui.
11:50Génial.
11:50Et donc, vous continuez avec vos enfants les concours de Transpalette dans les entrepôts ?
11:54Non, on a arrêté, parce que maintenant, la santé et la sécurité au travail,
11:58ce n'est pas important.
12:00Il faut changer de chaussure.
12:01C'est ça, oui.
12:02Bon, génial.
12:03Donc, tu me disais aussi, quand on a préparé cette émission,
12:07qu'il y a une acquisition qui change un peu la donne dans les années 90.
12:11Oui, il y a au milieu des années 90, en 95, une acquisition aux Pays-Bas
12:17d'un concurrent à l'époque, mais sur un marché sur lequel on était peu présent,
12:24qui fait quasiment doublée de taille le groupe Manuton à l'époque,
12:29et qui fait que l'international, l'Europe en l'occurrence,
12:34mais hors de France, devient aussi gros, voire un peu plus gros que la France.
12:38Donc, ça, clairement, ça fait passer un cap à l'entreprise.
12:42C'était assez osé, encore une fois.
12:45Ça, c'est le choix. Il y a toujours ton grand-père ?
12:48Oui, mon grand-père quitte juste après cette acquisition,
12:50par la retraite juste après cette acquisition, en 96.
12:54Donc, c'est un choix conjoint entre mon père et mon grand-père.
13:00Après, ça a amené d'autres choses dans l'entreprise,
13:02une forme de complexité, etc., qui a amené quelques crises de croissance,
13:06de gouvernance, d'organisation.
13:08Mais en tout cas, ça nous a vraiment fait passer un cap.
13:11Ça, c'est une pierre angulaire.
13:13La dynamique entre ton père et ton grand-père,
13:15comment ils se répartissaient les rôles à ce moment-là ?
13:18Ça fonctionnait comment ?
13:18Mon grand-père était président, mon père était directeur général.
13:22Pendant très longtemps, ça a été l'organisation.
13:26Ensuite, je crois que mon père était vice-président,
13:28avant de prendre vraiment la présidence.
13:32Voilà, je pense que mon grand-père très stratège.
13:36Et mon père très dans l'animation, le management des équipes,
13:40et puis aussi dans la stratégie.
13:42Mais voilà, je pense que…
13:43Très complémentaire.
13:44Très complémentaire, oui.
13:45OK.
13:45Et c'est quelque chose qui est resté dans l'entreprise.
13:47On a toujours fonctionné, finalement, par binôme, voire par trinôme.
13:52Donc, quand vous faites cette acquisition,
13:53tu dis que ça double de taille,
13:54mais ça fait quel chiffre d'affaires, à peu près ?
13:57Une bonne question, je dirais…
14:03100…
14:03Peut-être même pas 150 millions d'euros de chiffre d'affaires, peut-être.
14:06Mais c'est quand même déjà ça.
14:08Oui, c'est déjà…
14:09C'est déjà une belle ETI.
14:09Oui, c'est déjà une belle ETI.
14:11Parce que juste pour rappeler,
14:11votre groupe, aujourd'hui, c'est un milliard de chiffres d'affaires.
14:13C'est un peu plus d'un milliard de chiffres d'affaires.
14:15Un peu plus d'un milliard de chiffres d'affaires.
14:16OK.
14:19Donc, les années 2000, c'est le web pour notre génération.
14:23Oui.
14:25Ça se passe comment pour vous ?
14:26Les catalogues papiers disparaissent ?
14:29Ou ça continue ?
14:30Alors, ça a été assez, voire très progressif.
14:33On commence le web assez tôt.
14:35Dès 2000, finalement, on ouvre les premiers sites marchands.
14:41C'est d'ailleurs le premier véritable projet groupe qu'on ait,
14:45parce que Manutan s'est développé de façon totalement décentralisée.
14:50Et en 2000, on créait le premier projet à groupe de créer une plateforme e-commerce
14:54qui devient commune à tous les pays et toutes les finales.
14:58Avec tous les fournisseurs ?
14:59Parce que pour le coup, les fournisseurs ne sont pas les mêmes dans tous les pays, j'imagine ?
15:02Chaque fourni, chaque pays a sa propre fournisseur, sa propre offre-produit.
15:07Ce qui met beaucoup de complexité.
15:09Donc, il demande beaucoup de structuration, effectivement,
15:11de la donnée sur la donnée, etc. déjà à l'époque.
15:15Mais voilà, ça, ça a été un deuxième virage très important.
15:19En parallèle, un autre virage qui a été pris,
15:22c'est aussi de commencer à avoir des forces de vente sur le terrain.
15:27Et ce qui a rendu le groupe progressivement beaucoup plus omni-canal.
15:32Et après, le catalogue papier, là-dedans, en fait,
15:34se baisse progressivement avec le temps.
15:38Il est encore présent aujourd'hui sur certains segments de clients,
15:41sur certains pays.
15:43Sur certains pays, il a totalement disparu depuis quelques années déjà.
15:46C'est très lié à la culture encore et aux habitudes d'achat.
15:50Ok, je comprends.
15:53Ce virage amène à un autre virage.
15:56Et notamment, tu disais jusqu'à présent, les gens viennent à vous.
15:59Et puis, vous décidez finalement de développer une force commerciale,
16:05ce que vous n'aviez jamais eu.
16:06Alors, raconte-nous ce passage-là.
16:09Qu'est-ce qui vous donne cette idée-là,
16:11finalement, de faire l'inverse de ce que vous avez fait au départ ?
16:13Ouais.
16:14En fait, je pense que le modèle du catalogue,
16:18il y avait un certain nombre de limites,
16:20à la fois dans la fidélisation client,
16:26et puis certains segments de clientèle,
16:28et notamment les plus grosses entreprises,
16:30qu'on avait du mal à vraiment fidéliser
16:34et à déployer vraiment à l'échelle.
16:36Et donc, ces forces de vente,
16:38alors qu'elles ne sont pas des forces de vente
16:40à la base purement qui vont prendre des commandes,
16:44mais qui vont plutôt développer une relation.
16:46Plus des comptes clés.
16:47De grands comptes, exactement.
16:48Et qu'après, on va déployer des accords
16:54chez les différents sites,
16:55dans les différents sites de nos clients.
16:57Et dans les différents pays, du coup ?
16:58Et dans les différents pays.
16:59Aujourd'hui, c'est un vrai axe de développement,
17:01c'est-à-dire qu'on est capable d'accompagner un grand groupe
17:04dans 5, 10, 15 pays en Europe.
17:07Génial.
17:10Toi, tu es en train de finir tes études ?
17:13On est où là ?
17:14On est dans les années 2000, le virage du web ?
17:17Ouais, moi je finis mes études un peu avant,
17:19quand même, en 97.
17:21Qu'est-ce que tu as fait comme par contre ?
17:23J'ai fait un science éco et école de commerce.
17:26Ok.
17:28Voilà, je sors d'école de commerce,
17:30et bon là, moi je dis,
17:32non, moi l'entreprise familiale,
17:34peut-être un jour, mais à ce jour,
17:36j'ai 23 ans, 24 ans.
17:39Non, je n'ai pas envie de m'engager,
17:40parce que si je m'engage, c'est pour la vie,
17:41et qu'on a 23 ans,
17:42on n'est pas forcément prêt à s'engager pour la vie.
17:45Donc moi je dis, non, pour l'instant,
17:47je vais vivre ma vie, puis on verra un jour.
17:49Ton frère, lui, est plus âgé, c'est ça ?
17:52Et mon frère a trois ans de plus,
17:53lui y rentre directement après ses études.
17:57Voilà, c'est un choix qui fait,
17:59peut-être un petit peu poussé par la famille,
18:03je ne sais pas,
18:05mais c'est mon ressenti.
18:06Mais en tout cas, lui y rentre tout de suite après les études.
18:10Ok.
18:11Il y a plusieurs,
18:13il y a des académiques qui font des recherches pour savoir,
18:16est-ce qu'ils réussissent quand ils y vont,
18:18pourquoi ils y vont,
18:19et dans le pourquoi on y va,
18:20il y a toujours trois énergies qui sont identifiées.
18:25La première, c'est le devoir envers la famille.
18:28Et on a reçu dans une autre émission,
18:32une personne qui nous disait,
18:33moi j'y suis allé pour donner un coup de main à mon père deux semaines,
18:38puis finalement, ça fait 20 ans qu'il y est, tu vois.
18:40Donc il y a ce devoir qui pousse des fois,
18:43il y a des circonstances qui font que tu veux y aller.
18:46Ça s'incarne souvent dans un premier,
18:48parce qu'en fait, le premier, c'est souvent un peu le bon élève,
18:50c'est le premier enfant,
18:51il est accompagné,
18:52et donc il est souvent dans la ligne droite de l'éducation familiale.
18:59Puis après, tu as le désir de leadership.
19:01Et ça, c'est assez marrant.
19:02Ce sont des énergies de familiaux
19:05qui ne se posent pas du tout la question
19:08d'être le fils ou la fille d'eux.
19:11Ce qui peut arriver aussi,
19:13c'est parfois assez difficile.
19:14En fait, ils ont tellement envie de diriger, d'avancer,
19:17que ça va très vite.
19:18Puis il y a une troisième énergie,
19:20c'est un facteur identitaire
19:21et qui est souvent lié à ton contexte générationnel.
19:25Et de ce que tu peux faire avec cette entreprise,
19:28mais qui t'attire dans le monde d'aujourd'hui.
19:31Donc, par exemple, en ce moment,
19:33les enjeux RSE, sociétaux, environnementaux
19:37sont très forts pour la nouvelle génération.
19:39Et s'ils peuvent venir exercer ce sentiment très fort
19:42dans l'entreprise,
19:43eh bien l'entreprise devient un moyen d'eux.
19:45Donc, ça les...
19:47Ok, donc toi, tu vas faire quoi, du coup ?
19:50Et donc, moi, je rejoins une première entreprise
19:56aux Pays-Bas.
19:57À l'époque, un fabricant de PC
20:00qui s'appelait Packard Bell,
20:02qui a disparu depuis.
20:03Oui, je me souviens.
20:06Donc, je fais...
20:07Je travaille cinq ans pour cette boîte,
20:09donc trois ans aux Pays-Bas,
20:10deux ans à Paris,
20:11en contrôle de gestion
20:12et en planning stratégique.
20:15Après, je rejoins une deuxième entreprise à Londres
20:19qui s'appelait Conso Data,
20:21qui est, je crois, disparu depuis aussi,
20:23qui faisait des mégabases de données comportementales,
20:26un peu pionnier dans la data.
20:28J'ai été client.
20:29D'accord.
20:32Et après,
20:34donc, c'est un an de cette dernière aventure hors Manutan.
20:39Et après, mon père,
20:41qui m'invitait régulièrement
20:42aux soirées de fin d'année de Manutan,
20:44je me retrouve dans une soirée de fin d'année de Manutan.
20:46Et à l'époque, il y avait un DG externe.
20:49Mon père était président,
20:50il y avait un DG externe.
20:51Et je rencontre ce DG,
20:53enfin, on discute pendant cette soirée,
20:55autour d'un verre, je dois dire.
20:58Et j'avais quasiment 30 ans à l'époque, je crois.
21:01Et il me dit, bon, t'es con, t'as presque 30 ans.
21:03Tu crois pas que c'est le moment pour toi ?
21:06Et je lui dis, écoute, parlons-en.
21:11Mais parlons-en tous les deux,
21:12parce que si je prends une décision,
21:13c'est ma décision, je veux pas que la famille s'emmène.
21:17Et donc, on se revoit deux, trois fois après,
21:20lui, la directrice financière à l'époque.
21:23Et je saute le pas, sans en informer mon père, en fait.
21:27Donc, tu rejoins l'entreprise, sans lui dire ?
21:29Non, je rejoins l'entreprise, enfin, je signe mon contrat.
21:34Et entre-temps, il avait été mis au courant par le DG.
21:37Mais je signe mon contrat sans lui en avoir parlé.
21:41Et je me souviens débarquer chez lui un jour,
21:44en lui montrant mon contrat,
21:46et en lui disant, je rejoins l'aventure.
21:49Non, il y a pas mal d'histoires de ce genre.
21:51On a quelqu'un qui a changé le nom sur son CV
21:55et qui a suivi le process de recrutement
21:58du nouveau DG familial
22:00et qui a tout passé
22:02pour se retrouver ensuite
22:04sur les derniers entretiens face à sa famille.
22:08C'était assez intéressant comme démarche, justement.
22:12Il y a le côté de la responsabilité,
22:14parce que c'est l'entreprise de la famille,
22:16mais il y a aussi la liberté
22:17qui pousse certains acteurs à ne pas y aller, parfois.
22:21Parce que ça prend parfois un peu trop de place
22:23dans cette entreprise.
22:25Bon, donc vous, ça s'accélère.
22:28Toi, tu rejoins en quelle année ?
22:30Je rejoins en 2002.
22:32En 2002.
22:33Et puis 2009,
22:34il y a un autre moment important
22:37sur une acquisition
22:38qui va toucher les collectivités
22:40et qui n'est pas si simple.
22:41Oui, en effet.
22:42Après, en 2009,
22:43on fait un pas de côté
22:46avec une acquisition
22:47de ce qui était à l'époque
22:48Camif Collectivité,
22:50qui était la branche B2B de la Camif,
22:53qui vendait de l'équipement
22:54pour les écoles,
22:56donc qui était un segment
22:57qu'on n'adressait pas,
22:58type clientèle qu'on n'adressait pas.
23:02Et donc, mon père fait cette acquisition
23:04à la barre du tribunal de New York.
23:08Et puis, finalement,
23:09peu de temps après,
23:10il part à la retraite
23:10et c'était une entreprise
23:11qui était en difficulté.
23:13Donc, il a fallu retourner.
23:17Et donc, sur le moment,
23:19c'est vrai qu'on s'est dit
23:19est-ce que c'était une bonne décision ?
23:21Est-ce qu'il fallait faire ça ?
23:22Et finalement,
23:23ce pied dans les collectivités,
23:25dans le monde de l'éducation,
23:27on a tiré le fil.
23:28Et puis, aujourd'hui,
23:29c'est notre deuxième division du groupe
23:31qui représente 30% de notre chiffre d'affaires
23:34qu'on a apporté à l'international.
23:36Et donc, ça a été aussi un virage stratégique.
23:38C'est la commande publique,
23:40territoriale que vous adressez.
23:41Exactement.
23:42Et puis, il y a une diversification
23:43très forte des produits.
23:45J'ai l'impression,
23:46quand on va sur votre site aujourd'hui,
23:47on est loin des chariots lévateurs
23:49ou des diables.
23:50On peut le dire.
23:51Alors, ça reste un point d'ancrage,
23:54mais c'est vrai que l'offre,
23:56sur ces 60 dernières années,
23:58elle s'est diversifiée de façon incroyable.
24:00Ça a toujours été dans la stratégie
24:02de Manutent d'élargir l'offre,
24:04mais avec quand même une vraie
24:06grosse accélération,
24:07il y a 7-8 ans,
24:10parce qu'on s'est retrouvé contraints
24:12par le catalogue papier,
24:13parce qu'on avait un catalogue
24:15qui faisait 2700 pages,
24:17mais dans lequel il n'y avait
24:18que 40 000 produits.
24:20Et là, on s'est dit,
24:21« Mais oui, mais avec le web,
24:2240 000 produits,
24:23c'est rien, quoi. »
24:25Et donc, on a changé de braquet,
24:26changé nos processus,
24:28nos outils.
24:29Et aujourd'hui,
24:29le groupe Manutent,
24:30c'est plus de 800 000 produits.
24:32Donc, ça va en effet,
24:34toujours du transpalette,
24:36mais ça peut être
24:37une chaussure de sécurité
24:38et puis des crayons
24:39pour les enfants à l'école.
24:41Le matériel éducatif,
24:42etc.
24:45Toi, tu te retrouves,
24:47ton parcours au départ
24:48dans l'entreprise,
24:49tu fais quel job
24:50et puis comment tu deviens DG ?
24:53Tu remplaces la personne
24:54qui t'a recruté ?
24:54Comment ça se passe ?
24:56En fait,
24:56je rejoins Manutent
24:59sur mes premiers amours,
25:01on va dire,
25:01comme contrôleur de gestion groupe.
25:04Mais en fait,
25:05rapidement,
25:05je me retrouve assez frustré
25:06dans cette fonction
25:07parce que j'ai un peu
25:09l'impression de compter les points.
25:11Et je veux plus influencer
25:13sur les opérations,
25:14la stratégie, etc.
25:16Donc, je me manifeste
25:18et puis là,
25:18s'ouvre une opportunité,
25:20le départ à la retraite
25:21d'un dirigeant
25:22d'une des filiales,
25:23en l'occurrence,
25:24la filiale de Manutent
25:25en Scandinavie.
25:26Et donc,
25:27je pars en 2005
25:30en Suède
25:31avec ma femme
25:33et ma fille.
25:36Et donc,
25:37on part s'installer là-bas.
25:39Je prends la direction
25:41des filiales là-bas
25:43qui couvrent
25:43les quatre pays
25:44scandinaves,
25:45Suède, Norvège,
25:46Danemark et Finlande.
25:48Donc,
25:49c'est 5%
25:50les chiffres d'affaires
25:51Manutent,
25:51mais voilà,
25:52c'est 30 millions d'euros,
25:54je crois,
25:54quelque chose comme ça
25:54à l'époque,
25:55sur quatre pays.
25:56Donc,
25:56une vraie belle première
25:57expérience de direction.
25:59Génial.
26:00Donc,
26:00ça,
26:00ça se passe bien.
26:01Donc,
26:01ça se passe bien.
26:02Tu parles maintenant
26:02couramment suédois ?
26:04Plutôt anglais.
26:07Et ensuite,
26:08tu restes combien de temps ?
26:09Je reste trois ans,
26:11un tout petit peu
26:11plus de trois ans.
26:13Et donc,
26:13je rentre en France
26:15en 2008,
26:18fin mi-2008.
26:20Et mon père dit,
26:20bon,
26:22à l'époque,
26:23mon frère
26:23était toujours dans l'entreprise
26:24et en gros,
26:24mon père nous dit,
26:25bon,
26:25il va falloir vous préparer
26:26parce que moi,
26:27je partirais bien à la retraite.
26:29Il a à l'époque,
26:30je pense,
26:31il a 62,
26:3263 ans.
26:33Il faut préparer
26:34la retraite.
26:34Donc,
26:35lui,
26:35il commence à lâcher
26:36du lest.
26:37Moi,
26:38je suis directeur
26:39des opérations
26:40du groupe.
26:42Mon frère
26:43est DG
26:43de la filiale France
26:44et on a deux autres
26:46DG
26:47adjoints
26:48dans l'entreprise.
26:48La directrice financière
26:49qui est une historique
26:50et puis,
26:52Pierre-Olivier
26:52Brial
26:53qui ensuite deviendra
26:54directeur général
26:55qui est encore aujourd'hui.
26:58Voilà,
26:59donc je suis pendant
26:59à peu près deux ans,
27:01deux ans et demi,
27:02tous les quatre,
27:03on commence à diriger
27:04l'entreprise
27:05avec mon père
27:06qui prend de plus en plus
27:07de recul
27:08jusqu'en 2011
27:09où il part à la retraite.
27:10Ok.
27:11On va rentrer
27:12dans la deuxième partie
27:13de cette émission
27:14qu'on appelle
27:15les trois cercles
27:15parce qu'une entreprise familiale
27:17ce n'est pas qu'une entreprise,
27:18c'est un cercle actionnaire
27:20et un cercle familial.
27:22Est-ce que tu peux nous
27:23décrire un peu
27:24ta famille
27:26et puis l'actionnariat familial,
27:28comment vous l'avez organisé ?
27:30Alors,
27:31comme je le disais
27:32au début,
27:33donc la famille,
27:34c'est assez simple,
27:34donc mon grand-père
27:36est décédé
27:36il y a quelques années,
27:40donc mes parents,
27:42mon père,
27:42ma mère
27:43sont toujours là,
27:44toujours en forme.
27:45Mon frère a quitté
27:46l'entreprise
27:47en 2013,
27:48je crois,
27:50donc finalement
27:50assez rapidement
27:51après qu'on reprenne
27:52la direction,
27:53on devait faire
27:53une direction générale
27:54tournante
27:55et finalement,
27:56deux ans après,
27:58lui décide de quitter
27:58l'entreprise.
28:02Et moi,
28:03j'ai une fille,
28:03donc voilà,
28:04ce qui rend les choses
28:05assez simples.
28:08L'actionnariat,
28:09aujourd'hui,
28:09est 100% familial,
28:11100% au moins
28:12de la famille
28:12guichard,
28:13et du côté,
28:14de mon côté,
28:15on va dire,
28:16puisqu'on y reviendra,
28:17on a préparé
28:19la transmission
28:21capitalistique
28:21récemment.
28:24C'est un changement
28:25par rapport
28:26à il y a quelques années,
28:27puisqu'en fait,
28:27on n'en a pas parlé,
28:28mais en 85,
28:30on a été coté en bourse,
28:32à partir de 85,
28:3325% du capital
28:35était coté.
28:39Et on a décidé
28:40d'en sortir
28:41en 2022,
28:42ou 2023,
28:43j'ai un doute,
28:46parce que finalement,
28:47cette cotation,
28:48même si elle a pu apporter
28:49au début,
28:50en termes de visibilité,
28:52de forcer une gouvernance
28:53très pro,
28:54pas seulement familiale,
28:56de se forcer
28:57à la transparence,
28:59etc.
29:00Finalement,
29:00elle ne nous apportait rien,
29:02on n'a jamais fait appel
29:02au marché
29:03pour se financer,
29:04on était structurellement
29:06sous-coté,
29:06parce qu'il y a un peu
29:09une désaffection
29:09depuis 15 ans
29:10des small caps.
29:13Donc,
29:13on décide d'en sortir,
29:14parce que c'est aussi
29:15comme ça
29:15qu'on dirige l'entreprise
29:18sur du long terme,
29:19et pas par rapport
29:20à un cours de bourse
29:21ou autre.
29:22Donc,
29:22voilà,
29:23tout ça pour dire
29:23qu'on est revenu
29:24sur un capital
29:25100% familial.
29:27Comment tu sors
29:27de la cote ?
29:28Souvent,
29:28les entreprises familiales
29:30cotées,
29:30elles n'arrivent plus
29:31à sortir,
29:32c'est trop cher.
29:34Donc,
29:34j'imagine que ça n'a pas
29:35été si simple,
29:36mais comment vous décidez
29:38de faire ce switch
29:39et vous vous faites
29:41accompagner ?
29:42Oui,
29:42on se fait accompagner
29:43par une banque d'affaires,
29:46on va dire,
29:47transaction et compagnie,
29:49et puis des avocats,
29:52et donc,
29:52ça a été un énorme projet.
29:54Je dois dire,
29:55certes coûteux,
29:56mais aussi très énergivore
29:58et stressant,
30:00parce que,
30:00bon,
30:01on sait quand on démarre,
30:02on n'est pas sûr
30:03d'arriver au bout.
30:05Voilà,
30:06pour autant,
30:06sans aucun regret,
30:08parce qu'encore une fois,
30:09aujourd'hui,
30:09c'est 100% cohérent
30:11avec la façon
30:12dont on gère l'entreprise,
30:14et on a toujours considéré
30:16que Manuton
30:16était une entreprise familiale.
30:18D'ailleurs,
30:18quand on l'a annoncé
30:19aux collaborateurs
30:20qu'on sortait de bourse,
30:22ils nous ont dit,
30:22mais nous,
30:23on n'a jamais compris
30:24pourquoi on était en bourse.
30:26Ça n'avait pas de sens
30:27par rapport
30:28à ce que vous défendez,
30:29la façon dont vous gérez
30:30l'entreprise.
30:31Mais c'est un gros projet.
30:34Je me doute.
30:35C'est lourd.
30:36Donc,
30:36tu nous l'as décrit
30:37rapidement tout à l'heure,
30:38mais en fait,
30:38vous êtes une petite famille,
30:40ton père était fils unique,
30:42vous,
30:42vous êtes deux frères,
30:43toi,
30:43tu as fille,
30:45tu as qu'un seul enfant aussi.
30:46Oui,
30:46j'ai qu'une fille.
30:47Donc,
30:47vous êtes une troisième génération,
30:49finalement,
30:50assez resserrée.
30:52Ou quatrième génération.
30:54Quatrième avec la fille,
30:57Comment vous organisez
30:59ce cercle actionnaire
31:00et ce cercle famille ?
31:03Vous avez des outils
31:04comme un familier office,
31:05une charte familiale,
31:07un conseil de famille.
31:08Comment vous avez organisé
31:09cette partie-là ?
31:11Alors,
31:11on a un familier office,
31:12oui,
31:12depuis qu'on a lancé
31:14ces opérations,
31:15justement,
31:16de sortie de bourse.
31:16Ça a été aussi l'occasion
31:17de,
31:20comme je disais,
31:21de procéder
31:22à la transmission capitalistique.
31:24On avait fait
31:24la transmission managériale
31:25en 2011
31:26et là,
31:28on a anticipé
31:29vraiment la transmission
31:30capitalistique.
31:32Ce qui fait qu'aujourd'hui,
31:33les actionnaires,
31:34c'est mon père,
31:36moi et ma fille
31:38en eue propriété.
31:42Ce qui rend les choses
31:43assez simples.
31:44Pour autant,
31:44on a un familier office
31:47depuis 2022
31:48qui nous a accompagnés
31:49dans toutes ces opérations
31:51et qui,
31:52aujourd'hui,
31:54structure toutes les opérations
31:56à la fois financières,
31:58patrimoniales,
31:59successorales.
32:00Et je dois dire
32:01qu'on n'en serait pas là
32:04aujourd'hui
32:05s'ils n'avaient pas été là
32:07à nos côtés
32:07pour nous accompagner.
32:08Est-ce que tu peux partager ?
32:10C'est un point important
32:11parce qu'en France,
32:13on a un sous-équipement
32:14des familles entrepreneuriales
32:16sur des outils
32:17comme le familier office
32:18par rapport
32:19à nos amis anglo-saxons.
32:20Souvent,
32:21ce que je dis,
32:21c'est que les anglo-saxons
32:22te disent
32:23que la question,
32:24ce n'est pas de savoir
32:24s'il faut un familier office,
32:25c'est quand.
32:27Et en France,
32:28quand on regarde
32:29toutes les études
32:29qui sont faites,
32:30la dernière par la BPI,
32:32il y a très peu
32:33de conseils de surveillance
32:34ou de conseils d'administration
32:35avec des administrateurs
32:36indépendants.
32:37Il y a un taux de transmission
32:38très faible,
32:39plutôt de 20%,
32:40là où c'est le double
32:41ou le triple
32:42chez nos amis allemands,
32:45italiens ou espagnols.
32:46Et alors,
32:47le taux de structuration
32:48du famille aussi,
32:49je ne t'en parle même pas,
32:50notamment dans les entreprises
32:51familiales
32:52où souvent,
32:52il n'y a pas tant de cash
32:53que ça sur la partie
32:54personnelle
32:55ou patrimoniale,
32:57il y en a plus
32:57dans l'entreprise,
32:58donc les gens
32:59n'ont pas le réflexe
33:00famille office
33:00où ils pensent tout de suite
33:01à placement financier,
33:02etc.
33:03Comment vous,
33:03vous décidez ?
33:04Ce qui m'intéresse,
33:04c'est la démarche que vous avez.
33:06Le famille office vient à vous,
33:08il vous démarche
33:09ou c'est vous qui vous dites
33:10là, on a besoin
33:11de se faire accompagner ?
33:12Comment vous avez cette démarche
33:13pour essayer d'inspirer
33:14nos auditeurs ?
33:16En fait,
33:17la toute première démarche,
33:20moi, je vais voir
33:22une personne que je connais
33:25qui est le patron
33:26de transaction de compagnie
33:28qui est un groupe
33:29de corporate finance
33:30mais qui intègre aussi
33:31un family office
33:33en lui disant
33:33écoute,
33:34j'aurais besoin
33:35que tu nous aides
33:36à ce que je me relue
33:38au capital
33:39et qu'on commence
33:40à travailler
33:42la transmission
33:44capitalistique
33:45et voilà,
33:46parce qu'on le doit
33:48à l'entreprise
33:49et ce qui est important
33:50c'est l'entreprise
33:51et que l'entreprise
33:53si on n'anticipe pas
33:54ces sujets-là,
33:55c'est l'entreprise
33:55qui va en souffrir.
33:57Donc, je fais
33:57cette démarche initiale
34:00après qu'on construit
34:02avec mon père
34:03et puis donc
34:05ces conseils-là.
34:08Voilà, je pense que
34:08en tout cas pour moi
34:10le déclencheur
34:11c'était vraiment ça,
34:12c'était de dire
34:12il faut que l'entreprise
34:15soit préparée
34:17à la prochaine
34:20saut de génération,
34:21que ça ne va pas
34:22se faire tout seul
34:22et que si ce n'est pas préparé
34:24c'est là que les problèmes
34:26arrivent
34:27et que certes
34:28la famille en souffre
34:30mais l'entreprise aussi
34:32et là on a une trop grosse
34:33responsabilité
34:33pour ne pas préparer ça.
34:37Et donc
34:38toute l'ingénierie,
34:40toute la technicité
34:41qu'ils nous ont apporté
34:42on aurait été
34:42incapables de le faire
34:44évidemment par nous-mêmes
34:45mais je dirais
34:46qu'on aurait été
34:47incapables de le faire
34:48sans un
34:49effectivement un familial
34:50qui a toutes ses compétences
34:53parce que si vous prenez
34:56un juriste,
34:57un fiscaliste,
34:58un notaire
34:59indépendant
34:59les uns des autres
35:00je pense que vous n'êtes pas
35:02cette vue à 360
35:03et là c'est la vue à 360
35:05à la fois familiale
35:06et de l'entreprise
35:07qui a permis vraiment
35:09de préparer tout ça
35:10de façon
35:11franchement
35:12la plus sereine possible.
35:13je pense que c'est bien résumé
35:14c'est avant tout ça
35:16la définition
35:17d'un familial office
35:18c'est finalement
35:20d'être
35:22des généralistes
35:23experts
35:24dans le cas
35:24des généralistes
35:25professionnels du patrimoine
35:27et qui sont capables
35:28de coordonner
35:28les experts
35:29qui
35:30généralement
35:31sont très bons
35:31dans leur couloir de nage
35:32mais ceux
35:32ne les communiquent pas
35:33forcément ensemble
35:34et donc du coup
35:36généralement
35:36quand on arrive
35:37j'aime bien comparer ça
35:39au premier directeur informatique
35:40qu'on recrute dans une entreprise
35:42et le gars arrive
35:42et il regarde
35:43et il dit
35:43mais qui a fait ça ?
35:44En fait
35:45c'est que des bonnes décisions
35:46mais accumulées
35:48sur plusieurs décennies
35:50qui font qu'à un moment
35:51ton pacte
35:51n'est pas au bon endroit
35:53tes statuts
35:53ne sont pas alignés
35:54entre les différentes structures
35:56que tu n'as pas anticipé
35:57les enjeux
35:58des conjoints
35:59des dispositions civiles
36:00qui viennent protéger le groupe
36:01c'est vrai que ça peut mettre
36:02en danger le groupe
36:03et donc c'est nécessaire
36:06et donc votre organisation
36:07c'est quoi ?
36:07vous les voyez régulièrement
36:08c'est eux qui donnent le tempo
36:09il y a un agent
36:11je les vois
36:14quasiment une fois par mois
36:15je pense
36:17ils me suivent
36:18à la fois moi
36:19à titre perso
36:20ils suivent aussi
36:21mon père
36:21à titre perso
36:22et mon frère
36:23ok
36:24et
36:26donc on les voit
36:27individuellement
36:27et puis quand il y a
36:28des sujets en commun
36:29ils nous rassemblent aussi
36:30s'il y a besoin
36:31du coup vous avez un conseil
36:32de famille
36:32ou ça vous l'avez
36:33non
36:33non on a aujourd'hui
36:35on n'a pas de conseil
36:36de famille
36:36on n'a pas de charte
36:37de famille
36:37mais je commence
36:39à y réfléchir
36:40ça sera certainement
36:41la prochaine étape
36:43mais aujourd'hui
36:44non
36:44par contre vous avez
36:45un conseil d'administration
36:46et pour l'entreprise
36:47on a un conseil d'administration
36:48en effet
36:50donc mon père
36:51est président d'honneur
36:53moi je suis président
36:54du conseil d'administration
36:54et on a trois
36:58administrateurs
36:58trois administrateurs
36:59indépendants
37:00en effet
37:00qui sont trois entrepreneurs
37:01à profit différents
37:02et complémentaires
37:04on se voit
37:05une fois
37:05par trimestre
37:07à minima
37:08et c'est un vrai
37:10plus
37:11pour nous
37:12pour l'entreprise
37:13à la fois
37:14ça nous challenge
37:14ça nous fait prendre du recul
37:17ça nous valide
37:19voilà
37:20c'est un vrai plus
37:22et puis
37:23il y a le directeur général
37:24qui a
37:24un externe
37:25un historique
37:26qui est de même temps
37:27ça fait 25 ans qu'il est là
37:28mais qui est aussi un externe
37:29et donc
37:30je pense
37:31cette complémentarité
37:32famille externe
37:33qui est aussi
37:34très riche
37:35dans la gouvernance
37:36comment du coup
37:37tu projettes
37:39là pour le coup
37:39la famille
37:41souvent on dit
37:42dans les 20 ans qui viennent
37:44comment tu vas projeter les choses
37:45ce que je comprends
37:45c'est que ton DG
37:47non familial
37:48il est de ta génération
37:49donc il va faire son phasing out
37:50en même temps que toi
37:52probablement
37:52en tout cas
37:52ça va être une double transition
37:55comment tu la projettes
37:56comment tu la réfléchis
37:57est-ce que c'est déjà
37:58sur l'agenda
38:00en tout cas
38:00c'est quelque chose
38:02auquel on réfléchit
38:03en toute transparence
38:05d'ailleurs
38:05avec le DG
38:07avec le conseil d'administration
38:08aussi
38:09parce que c'est vrai
38:09que c'est un sujet
38:11c'est à dire
38:12qu'on a beau se dire
38:14qu'on n'est pas indispensable
38:15et personne est indispensable
38:17forcément
38:19on est quand même
38:19des pièces importantes
38:20dans le système
38:23donc il faut le préparer
38:24j'avoue que c'est un sujet
38:26très compliqué
38:28de se dire
38:29comment est-ce qu'on s'efface
38:30progressivement
38:31comment on fait monter
38:32une nouvelle génération
38:34donc on travaille aussi
38:35beaucoup avec les ressources humaines
38:36en interne
38:37pour trouver des
38:37voilà
38:38des super talents
38:39un peu les pépites de demain
38:42j'espère aussi progressivement
38:44ma fille
38:44qui va rentrer
38:45dans le paysage
38:47elle se projette un peu
38:48ou ?
38:49elle se projette
38:50alors moi j'essaye de pas lui mettre
38:51la pression
38:52parce qu'encore une fois
38:52je pense qu'il faut que ce soit
38:54un choix intime et personnel
38:57mais oui
38:58je sais qu'elle se projette
38:59et je pense qu'elle en a envie
39:02parce que ce qu'on voit
39:03quand on est face à des entreprises
39:04comme la tienne
39:05c'est que bien entendu
39:06c'est pas tout à fait la même chose
39:07d'arriver dans une entreprise familiale
39:08qui fait 100 millions
39:09et dans une entreprise familiale
39:10qui fait 1 milliard
39:13et donc préparer la nouvelle génération
39:15passe par
39:17une vraie structuration
39:18d'un parcours
39:21et au delà de ce parcours
39:23entre guillemets
39:23technique ou expérientiel
39:26il y a aussi
39:27une dynamique émotionnelle
39:28à prendre en compte
39:30et donc
39:31comme on le disait tout à l'heure
39:32est-ce qu'elle va venir par devoir ?
39:33est-ce qu'elle va venir par désir de leadership ?
39:35ou parce qu'elle a des enjeux personnels
39:37qu'elle veut délivrer ?
39:39elle est dans des études de commerce aussi
39:42comme toi ?
39:43oui elle fait une école de commerce
39:44elle a terminé ?
39:45non il lui reste un an
39:46l'année prochaine
39:47et après elle aura terminé
39:48et donc là dans la projection
39:49c'est venir dans le groupe tout de suite
39:50ou aller faire sa carrière ?
39:52non je pense qu'elle a envie
39:53de vivre sa propre expérience
39:55dans un premier temps
39:56peut-être une expérience
39:57même entrepreneuriale
40:00voilà
40:01c'est sûr que le sujet du timing
40:04il est presque
40:05moi j'aurais à la fois
40:06j'ai envie qu'elle se fasse
40:07sa propre expérience
40:08et j'aurais presque envie
40:09qu'elle vienne vite
40:10pour vite apprendre
40:11donc c'est gérer ce rythme
40:15il n'est pas facile
40:16tu as ça
40:17et puis après tu as la pression
40:19que ça peut mettre
40:19parce que finalement elle est seule
40:22donc on anticipe aussi souvent
40:24les risques pour la famille
40:27l'accident de la vie
40:29tu vois on l'a traité dans une famille récemment
40:31où la dirigeante familiale
40:33est la seule compétente de la famille
40:36et donc en fait
40:36on a un niveau de risque assez important
40:38pour la famille
40:39s'il lui arrive quelque chose
40:40on est venu structurer
40:41le conseil de surveillance
40:43avec
40:44déjà en fait
40:45on a pré-acté
40:46de nouveaux pouvoirs
40:47au conseil de surveillance
40:48s'il lui arrivait quelque chose
40:49pour aider la famille
40:50à s'assurer
40:52que l'entreprise
40:53est toujours
40:54bien dirigée
40:55parce que la famille
40:55n'est pas en capacité
40:57de recruter quelqu'un
41:00puis il y a une autre bonne pratique
41:03on le fait de plus en plus
41:04c'est des coachs de jeunes
41:05pour la nouvelle génération
41:06pour s'assurer
41:07que c'est bien leur projet
41:07et pas le projet
41:08uniquement des parents
41:09ou de la pression familiale
41:11et qui permet
41:12de créer cet espace
41:14de liberté aussi
41:15et de structurer
41:16et de structurer sa carrière
41:18je peux dire
41:19que le family office
41:20aide aussi
41:21parce qu'ils la forment
41:23voilà
41:24qu'est-ce que petit à petit
41:26qu'est-ce que veut dire
41:26d'être un actionnaire
41:27qu'est-ce que c'est un conseil d'administration
41:28etc
41:29etc
41:31et puis
41:33voilà
41:33et puis moi j'essaye de lui faire
41:35par des petites touches
41:35des expériences à droite à gauche
41:37pour qu'elle
41:38je l'ai emmené en Chine
41:39l'année dernière
41:40elle est déjà au conseil d'administration ?
41:42non pas encore
41:43ok
41:43sur un poste de censeur
41:44c'est aussi une bonne pratique
41:45ouais c'est
41:46voilà typiquement
41:47c'est les décisions
41:48des discussions
41:49qu'on a eues récemment
41:50avec le family office
41:52qui m'a dit
41:53voilà
41:53c'est les choses
41:53qu'on voit dans d'autres entreprises
41:55réfléchissent
41:56etc
41:57est-ce que sur le cercle actionnaire
41:59vous développez
41:59d'autres activités
42:00plus patrimoniales
42:02ou plus d'investissement
42:02comme font certaines familles
42:05alors mon père a eu
42:06en fait
42:07quand il est parti à la retraite
42:09pendant un an ou deux
42:10il a beaucoup joué au golf
42:11et puis il se disait
42:12bon quand même
42:13il me manque quelque chose
42:15et un peu par cours
42:16de circonstances
42:17il a commencé
42:18à investir
42:19dans une première start-up
42:21et puis une deuxième
42:21et puis finalement
42:23une quinzaine
42:25et là il vient de prendre
42:26la décision
42:27d'arrêter
42:27parce qu'il
42:28voilà
42:29il se sentait plus
42:30plus motivé
42:31et puis voilà
42:32plus
42:32moins l'énergie
42:34on va dire
42:34de suivre ça
42:35mais ça l'a bien occupé
42:37pendant une quinzaine d'années
42:38avec quelques beaux succès
42:39aussi
42:41génial
42:41ok
42:42on arrive dans la dernière partie
42:44de cette émission
42:45qui s'appelle
42:46Génération Impact
42:47qui est le nom de l'émission
42:48donc c'est une partie
42:50importante
42:50pour nous
42:52et qui vient
42:53adresser
42:54et regarder avec toi
42:57tous les enjeux
42:59sociétaux
43:00sociaux
43:01environnementaux
43:02la RSE
43:03la philanthropie
43:04vos engagements
43:05parce que généralement
43:06les entreprises familiales
43:09sont nées quelque part
43:10et elles ont souvent
43:10des racines très fortes
43:12alors est-ce que tu peux nous parler
43:12de ces racines aujourd'hui
43:13pour vous
43:14dans vos ancrages
43:15et puis même s'ils sont internationaux
43:17comment ça se décrit
43:19et comment vous adresser
43:21tous ces sujets
43:21de la RSE
43:22en particulier
43:25donc
43:27comme je disais au début
43:28Manutan
43:28ça a été
43:30à la base
43:31créé à Paris
43:32aujourd'hui
43:33on est installé
43:33dans le Val d'Oise
43:34à Gonesse
43:35ok
43:36donc le siège
43:37est là-bas
43:38on n'a plus du tout
43:39bureau à Paris
43:41et
43:43et donc cet ancrage
43:44je pense qu'il est assez important
43:46pour nous
43:48et ce sur quoi on a beaucoup travaillé
43:51je dirais ces dix dernières années
43:52chez Manutan
43:53c'est vraiment
43:54l'expérience collaborateurs
43:56l'engagement des collaborateurs
43:59et même la satisfaction
44:01des collaborateurs
44:03on est assez reconnu
44:05on va dire
44:05pour ça
44:06on a
44:07globalement
44:08si je prends notre site
44:10notre siège
44:10à Gonesse
44:11on a un siège
44:12qui est déjà
44:13même si on est à Gonesse
44:15en face d'aéroport du Bourget
44:16très dans la nature
44:18beaucoup d'espaces verts
44:20on a des salles de sport
44:22un gymnase incroyable
44:24une cantine
44:25avec
44:26un restaurant d'entreprise
44:28même
44:28avec nos propres équipes
44:30qui ne cuisinent que des produits
44:31de saison
44:32bio
44:33etc
44:35voilà
44:35donc une expérience collaborateurs
44:36on va venir déjeuner
44:38avec plaisir
44:39et c'est vrai qu'on a beaucoup de gens
44:41qui viennent
44:41et qui ont du mal à repartir
44:46donc on a beaucoup travaillé ça
44:47alors sur des aspects comme ça
44:49mais aussi sur des aspects
44:50au quotidien
44:51c'est une entreprise Manutant
44:52je pense qui est très horizontale
44:54dans l'hierarchie
44:54une très forte accessibilité
44:56de la direction
44:58des dirigeants
45:00on forme beaucoup les gens
45:02parce qu'on veut vraiment
45:03que les gens soient
45:03le plus employables
45:04et s'adaptent
45:06voilà
45:07donc ça
45:07ça a été un gros focus
45:09et historiquement Manutant
45:11et c'est l'ADN de la boîte
45:12qu'ont voulu
45:13mon grand-père et mon père
45:15de vraiment
45:17avoir une vraie proximité
45:19et un vrai engagement
45:20des collaborateurs
45:21et que l'entreprise
45:22soit un lieu
45:24où les gens s'épanouissent
45:25voilà
45:25donc on a tiré ce fil là
45:27encore une fois
45:28moi j'aime bien cette image
45:29de dire qu'on tire un fil
45:30et on va le plus loin possible
45:33en le professionnalisant
45:34évidemment
45:34au fur et à mesure
45:35qu'on grandissait
45:37ce qui fait qu'aujourd'hui
45:38on a un taux d'engagement
45:39et de satisfaction
45:40des collaborateurs
45:41qu'on mesure
45:42et qu'on factualise
45:42depuis 10 ans maintenant
45:44qui est au plus haut
45:45cette année
45:46et qui est montée
45:47constamment depuis 10 ans
45:48on a 80% des gens
45:49qui sont extrêmement satisfaits
45:51de travailler chez Manutant
45:52voilà
45:52et pour nous
45:53ça c'est une vraie preuve
45:55en partant de là
45:56on s'est dit
45:56ok mais maintenant
45:57il faut aussi progressivement
45:58travailler à l'externe
46:01certainement un peu plus
46:02qu'on le fait
46:03j'imagine la sélection
46:05de vos fournisseurs
46:06aujourd'hui doit être un sujet
46:07aussi probablement
46:07pour certains de vos clients
46:09surtout les sujets
46:10d'impact environnemental
46:12ouais alors
46:13premièrement
46:14en effet
46:15sur le business model
46:16qu'on essaye de rendre
46:18beaucoup plus vertueux
46:20donc la sélection fournisseur
46:21la sélection produit
46:23donc aujourd'hui
46:24on a plus de
46:25quasiment 20%
46:26de nos ventes
46:27qui sont faits
46:27sur des produits
46:28dits éco-responsables
46:29donc selon un certain
46:30nombre de critères
46:31assez exigeants
46:33on introduit
46:34dans notre modèle
46:35dans notre business model
46:36la circularité
46:38voilà
46:38donc aujourd'hui
46:39sur un certain nombre de gammes
46:40on est capable
46:41de reprendre
46:41les produits
46:42de les reconditionner
46:44de les revendre d'occasion
46:47donc c'est quelque chose
46:48qui a démarré il y a 3 ans
46:49qui n'est pas encore
46:49c'est pas encore
46:50une proportion énorme
46:51de notre chiffre d'affaires
46:52mais qui progresse
46:53beaucoup
46:55l'idée étant
46:55de diminuer
46:56notre empreinte carbone
46:57grâce à ce modèle
46:59beaucoup plus circulaire
47:00voilà
47:01donc on a des initiatives
47:02comme ça
47:02très très business
47:04on a validé
47:05nos objectifs
47:07SBTI
47:08l'année dernière
47:10on est ECOVADIS
47:11silver
47:12et on sera gold
47:13d'ici la fin de l'année
47:14voilà
47:14donc on travaille
47:15beaucoup beaucoup
47:16sur ces aspects là
47:17pour rendre vraiment
47:18le business model
47:18beaucoup plus durable
47:20et responsable
47:22ta fille
47:22elle te challenge
47:24sur ces sujets là
47:26c'est quoi son regard
47:28en tant que
47:29je pense que
47:31comme
47:31toute cette génération
47:33je pense qu'elle est
47:34en effet
47:34très sensible à ça
47:37je pense qu'elle serait
47:38aussi très sensible
47:39à
47:41à la façon
47:41dont on commercialise
47:43quelque part
47:45à notre modèle
47:47multicanal
47:47c'est à dire que
47:48je pense que
47:49cette génération
47:50et elle
47:51voilà
47:51les réseaux sociaux
47:52l'intelligence artificielle
47:55je vais pas dire
47:56je suis dépassé
47:56mais j'espère
47:57que je le serai bientôt
47:58et c'est vrai
47:59que c'est de plus en plus
48:00difficile à suivre
48:01et que si on n'a pas
48:02voilà
48:03des jeunes
48:03de sa génération
48:04qui viennent pousser
48:05le modèle
48:06et réinventer
48:06le modèle de demain
48:08je pense que
48:09pour moi c'est crucial
48:10et clairement
48:11elle cherche
48:13enfin je pense
48:14qu'elle cherchera
48:15à impacter là-dessus
48:16c'est quoi le futur
48:18si on projette
48:19le groupe
48:20Manutan
48:22d'ici 2050
48:24qu'est-ce qui est devant vous
48:25c'est l'hypercroissance
48:26le 1 milliard
48:27va devenir 2 ou 3
48:29comment tu projettes
48:30les choses
48:31alors l'hypercroissance
48:32je ne sais pas
48:32je pense que
48:33ce qu'on fait bien
48:35chez Manutan
48:35c'est une croissance
48:38raisonnée
48:39et rentable
48:40et voilà
48:42on est plus sur un marathon
48:44chez Manutan
48:45que sur des sprints
48:50donc encore une fois
48:51je crois qu'il y a
48:52deux chantiers
48:53cruciaux
48:54qu'on a ouverts
48:57et qui sont déjà ouverts
48:58et sur lesquels
49:00on veut vraiment
49:01transformer l'entreprise
49:02le premier
49:03c'est la RSE
49:04donc
49:05c'est comme ça
49:06qu'on l'exprime
49:07mettre la RSE
49:07au cœur
49:08de notre business model
49:10donc d'ici 2050
49:11on veut être neutre
49:13en carbone
49:14etc
49:15et on veut surtout
49:16accompagner nos clients
49:17pour les aider eux-mêmes
49:19à faire cette transition
49:21et le deuxième élément
49:22sur lequel on veut
49:23se transformer
49:23c'est
49:24de créer un modèle
49:27ce qu'on appelle
49:28un modèle d'alliance
49:29c'est-à-dire qu'il met
49:30la technologie au cœur
49:32de son modèle
49:32mais combiné
49:34avec de l'humain
49:35parce qu'on croit
49:36fondamentalement
49:37à la relation
49:38chez Manutan
49:39et que de part
49:40notre métier
49:41on met en relation
49:42des fournisseurs
49:42et des clients
49:43finalement
49:43et donc
49:44voilà
49:45ça c'est deux axes
49:46de transformation
49:47dans lesquels
49:48on s'est engagé
49:49et qui je pense
49:51vont nous pousser
49:52à réinventer
49:53Manutan
49:54est-ce qu'il y a
49:55des enjeux
49:55de philanthropie
49:57vous avez une démarche
49:58de fondation
49:59qui existe
50:00chez vous ou pas
50:01alors pas encore
50:02comme je disais tout à l'heure
50:03comment c'est beaucoup
50:03focalisé sur l'interne
50:05à tort ou à raison
50:06mais
50:08on n'a pas encore
50:09une démarche
50:09de philanthropie
50:10très structurée
50:11l'année dernière
50:12j'ai créé
50:13ce qu'on a appelé
50:14alors qu'il n'y a pas
50:15de structure juridique
50:16sous-jacente
50:17pour le moment
50:19on a créé
50:19le Manutan Social Fund
50:21voilà
50:22qui finance
50:23des activités philanthropiques
50:26qui nous a permis
50:26de rassembler
50:27en fait
50:27des choses
50:28qu'on faisait déjà
50:29on est partenaire
50:29avec Sport dans la ville
50:30avec qui on a créé
50:32trois terrains de sport
50:33à Gonesse
50:36pour faciliter
50:36l'insertion des jeunes
50:38dans des quartiers
50:39pas toujours faciles
50:41par exemple
50:42on est partenaire
50:43de l'UNICEF
50:44voilà
50:44on avait un certain
50:45nombre d'initiatives
50:46qu'on a regroupées
50:47là-dessous
50:47et puis maintenant
50:48on fait des appels
50:49à projets
50:50autour de thématiques
50:52qui nous sont chers
50:52qui sont l'insertion
50:53dans le monde du travail
50:56puisque Manutan
50:57c'est les entreprises
50:58et le deuxième thème
51:00c'est l'insertion
51:01des enfants
51:02et l'accès des enfants
51:03à l'éducation
51:03puisque notre deuxième division
51:05c'est l'éducation
51:06donc on fait des appels
51:08à projets
51:08sur ces thèmes-là
51:10et donc en réflexion
51:12peut-être
51:12de le structurer ?
51:14voilà
51:14et en réflexion
51:15on s'est dit
51:15première étape
51:16c'est celle-là
51:17sans contrainte juridique
51:19et puis en effet
51:20en réflexion
51:21de le structurer
51:23peut-être
51:24sous la forme
51:25d'un fonds de dotation
51:26d'une fondation
51:27à l'avenir
51:27mais on voulait
51:28y aller progressivement
51:29on aime bien
51:30la progressivité
51:30c'est l'initant
51:32ok génial
51:33on arrive déjà
51:35Xavier
51:36à la fin de
51:36à la fin de cette émission
51:37c'est passé très vite
51:39on a une
51:41on a une tradition
51:42et on aime bien poser
51:44cette question
51:45à tous nos invités
51:47et donc je vais te la poser
51:48si
51:50si cette entreprise
51:51familiale
51:52était un membre
51:53de ta famille
51:54et un membre fictif
51:57quel serait-il
51:58ou quelle serait-elle ?
52:00c'est une bonne question
52:02en fait
52:03moi j'ai souvent
52:04considéré
52:05Manutan
52:05j'ai souvent vu
52:06Manutan
52:07comme un peu
52:08le troisième enfant
52:09de la famille
52:13donc je dirais
52:14un petit frère
52:15ou une petite sœur
52:19dont il faut
52:20prendre soin
52:22qui est à la fois
52:23forte
52:24mais
52:24dont il faut
52:26toujours prendre soin
52:26parce que
52:27elle est toujours
52:28en train de grandir
52:29de se développer
52:30et donc la mettre
52:32sur les bons rails
52:32sur les bons
52:35voilà
52:35donc
52:36peut-être plus
52:37même la petite sœur
52:38que le petit frère
52:39dont il faut prendre soin
52:40à la fois forte
52:41et en même temps fragile
52:42à la fois
52:43parce que
52:43une entreprise
52:44c'est un organisme
52:45vivant
52:46et même une entreprise
52:48qui est robuste
52:49et je pense que
52:49Manutan
52:50est une entreprise
52:50robuste
52:51il faut
52:54il faut la cajoler
52:55pour la faire grandir
52:57et la faire grandir
52:59de façon durable
53:00et pérenne
53:01est-ce que ta fille
53:03aurait la même réponse
53:04comment elle verrait
53:06cette entreprise
53:06je ne sais pas
53:06si c'est une bonne question
53:07je ne sais pas
53:08si je poserai question
53:11c'est marrant
53:11parce que
53:14il y a des études
53:15qui sont allées explorer
53:17en posant cette question
53:18en fait
53:19ce qu'on appelle
53:20l'animus
53:21et l'anima
53:21des organisations
53:22l'animus
53:23c'est plutôt
53:23la part masculine
53:24l'anima
53:24la part féminine
53:26la part masculine
53:27c'est la structure
53:28les chiffres
53:30le leadership
53:31le résultat
53:32les objectifs
53:34la part féminine
53:35c'est l'orientation
53:36entrepreneuriale
53:37l'innovation
53:37la communication
53:38l'humain
53:40et ce qu'on sait
53:41c'est que
53:42malheureusement
53:42il n'y a qu'un tiers
53:43des entreprises familiales
53:44dans le monde
53:44qui passent à la génération
53:46d'après
53:47mais celles qui y arrivent
53:48font un truc
53:49et ça ça a été étudié
53:50dans toutes les cultures
53:51elles font un truc
53:51que ne font pas les autres
53:52elles développent
53:53une orientation
53:54entrepreneuriale
53:55distinctive
53:56et le mot important
53:57c'est distinctif
53:57à chaque génération
53:58ça veut dire que
53:59chaque génération
54:00est capable
54:00de s'emparer
54:01de ce projet
54:02et en fait
54:03c'est une énergie
54:04féminine
54:04à chaque fois
54:05que je pose cette question
54:06c'est une fille
54:08c'est souvent
54:08la réponse
54:08c'est souvent une fille
54:09d'ailleurs
54:10ça vient
54:11ça vient toucher
54:12en fait
54:13ce que tu as décrit
54:14finalement
54:14tout au long
54:15de cette émission
54:16l'orientation
54:17entrepreneuriale
54:17que vous avez eu
54:18parfois avec des échecs
54:19parfois des échecs
54:20sont devenus
54:21des vraies opportunités
54:24mais c'est là
54:25que ça peut être intéressant
54:26de se dire
54:27quelle va être
54:28cette orientation
54:29entrepreneuriale
54:29que va porter ta fille
54:30pour éviter
54:31de simplement dupliquer
54:33le modèle précédent
54:34qui t'amène
54:35dans ce qu'on appelle
54:36la digue
54:37disruptive
54:38c'est le mot
54:38que tu utilisais tout à l'heure
54:39innovation gap
54:41tu développes ton chiffre
54:42d'affaires
54:43mais ton orientation
54:44entrepreneuriale
54:45baisse
54:45et en fait
54:46le gap
54:47il est là
54:47et à un moment
54:48on a perdu
54:49cette orientation
54:50entrepreneuriale
54:51on n'a plus la fibre
54:51de ton père
54:52et de ton grand-père
54:54et que tu as eu aussi
54:56et c'est ça
54:56qui est de plus en plus
54:57dur à faire
54:58quand on devient
54:59une grande entreprise
55:00quasiment une taille corporate
55:01après
55:02qu'il faut continuer à animer
55:05intéressant
55:05merci d'être venu à nous
55:08avec grand plaisir
55:09merci Julien
55:10on vous souhaite
55:11beaucoup de bonheur
55:12dans cette aventure
55:14entrepreneuriale
55:15et c'est le moment
55:16de clôturer l'émission
55:18donc j'en profite
55:19pour remercier
55:20l'ensemble
55:20des équipes techniques
55:21pour avoir goupillé
55:22avec succès
55:24comme à chaque fois
55:25cette émission
55:26et on vous dit
55:26à très bientôt
55:27pour un futur épisode
55:29de Génération Impact
55:31au revoir
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