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  • il y a 13 heures
Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie, était l'invité de Laure Closier dans Good Morning Business, ce vendredi 22 mai. Ils sont revenus sur le record de chute de l’activité sur l’indice PMI Flash depuis fin 2020, ainsi que sur les stratégies proposées pour contrer la hausse des coûts des intrants industriels, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Notre invité ce matin, c'est Sébastien Martin. Bonjour, merci d'être avec nous. Vous êtes ministre délégué chargé de
00:05l'Industrie.
00:06On a bien compris le message de Sébastien Lecornu hier. Le Premier ministre a martelé que la crise allait durer,
00:11qu'il n'y avait pas d'argent magique.
00:12Il a aussi expliqué que l'économie française, finalement, elle résiste assez bien. Il s'est insurgé contre les prophètes
00:19de malheur sur les pas de plateau.
00:21Mais quand on regarde certains indicateurs économiques, c'est le cas du PMI Flash qui a été publié hier,
00:26où on voit que l'activité enregistre son plus fort recul depuis 5 ans et demi, ça, ça fait quand
00:31même un peu peur.
00:32Que voulez-vous que je vous dise ? Vous l'avez dit, vous avez tous les jours sur certains plateaux
00:36certains qui vous prédisent le pire.
00:38Bon, au bout d'un moment, comme chaque année ils vous prédisent le pire, peut-être qu'un jour ça
00:42finira par arriver.
00:43C'est un peu les cavaliers de l'apocalypse. Donc ça pèse sur le moral des chefs d'entreprise, forcément.
00:48Quand vous avez le climat que vous connaissez en ce moment, est-ce que vous avez envie d'investir ?
00:53Sans doute un peu moins. Est-ce que vous avez envie de vous projeter ? Sans doute un peu moins.
00:58Est-ce que vous vous dites que demain ça ira mieux ? Sans doute également un peu moins.
01:03Mais moi ce qui m'intéresse, c'est le réel.
01:05Ça se traduit dans la demande pour les entreprises.
01:07Dans le réel, aujourd'hui, on a quand même des secteurs économiques qui tiennent.
01:11Moi, je vais tous les jours sur le terrain.
01:14J'étais dans l'un en début de semaine chez Renault Trucks,
01:17qui continuait à investir sur l'électrification de ses camions.
01:20Le Premier ministre a beaucoup parlé de l'électrification.
01:23On était avec Safran, qui a posé la première pierre de son usine.
01:27Il y a bien évidemment un moment qui est compliqué, qui est difficile,
01:30qui pèse sur le moral.
01:32Et le rôle du gouvernement, c'est, comme l'a fait le Premier ministre,
01:35de dire les choses telles qu'elles sont
01:37et d'essayer d'y apporter des réponses les plus précises possibles
01:39pour peut-être rassurer, mais en tout cas donner ce qu'est la réalité de la situation
01:45et voir comment on y réagit.
01:46Un sujet majeur, notamment pour l'industrie, qui est votre sujet à vous,
01:51ce sont un certain nombre de hausses de prix de matières premières,
01:55notamment dans la chimie, là où on voit des dérivés pétroliers
01:58qui ont énormément augmenté.
02:00C'est quoi le niveau d'aide ?
02:01Qu'est-ce que vous allez proposer exactement ?
02:03Je vais réunir la filière de la chimie la semaine prochaine,
02:06parce qu'on a un sujet depuis maintenant un certain nombre de mois
02:10qui s'appelle la compensation carbone,
02:12c'est-à-dire la possibilité d'accompagner sur l'énergie un certain nombre de secteurs,
02:16dont la chimie.
02:19Donc on va travailler sur ce sujet-là,
02:22parce que vous l'avez dit, en réalité aujourd'hui c'est une hausse des prix,
02:26c'est une hausse des coûts des intrants.
02:28La question est de voir si elle se répercute à l'aval ou pas, parfois oui.
02:32Donc si elle se répercute à l'aval, parfois oui,
02:34ça veut dire qu'il n'y a pas forcément besoin d'un soutien particulier.
02:37Mais il y a des fois, c'est absolument pas possible.
02:38Donc c'est là-dessus qu'on va travailler.
02:40C'est un besoin, parce qu'en plus ce sont des mesures qui existent dans d'autres pays,
02:43qui ne sont pas propres à cette crise,
02:45et qui jouent sur la compétitivité de notre industrie chimique.
02:48Mais ça veut dire quoi, vous allez jouer sur la compensation carbone ? Expliquez-nous.
02:50La compensation carbone, c'est un mécanisme qui est ouvert par l'Union Européenne,
02:54parce que vous le savez, nous avons fait en Europe le choix de décarboner au maximum nos industries,
03:00de décarboner au maximum nos économies.
03:03Et il y a certaines industries, la chimie en fait partie,
03:06utilisent toujours du carbone,
03:07parce que de toute façon, quand vous faites de la chimie, vous avez besoin de gaz,
03:10vous avez besoin d'utiliser du CO2.
03:12Et donc on peut peut-être aider ces secteurs-là,
03:15notamment en agissant avec eux sur leur consommation énergétique et le prix de leur énergie.
03:19Et c'est ce sur quoi on va travailler.
03:20Le Roland Lescure l'a indiqué hier,
03:22il m'a donné mandat pour le faire,
03:24et donc nous allons le faire.
03:25Donc pour l'instant on réfléchit ?
03:26C'est pas qu'on réfléchit, non.
03:27C'est un peu plus que réfléchir,
03:29mais le sujet doit être évoqué avec les filières la semaine prochaine.
03:33On va avancer,
03:34et j'espère pouvoir obtenir un arbitrage favorable dans les tout prochains jours.
03:38Sur la question des engrais,
03:39là on est assez dépendant de l'extérieur,
03:42c'était le cas de la Russie,
03:43et puis des pays du Golfe.
03:45On a besoin de structurer quasiment une filière en France.
03:48Parfois il y a des acteurs qui veulent se développer,
03:50ils ont des difficultés sur le plan réglementaire,
03:52et on n'arrive pas à faire des choses.
03:54Et puis il y a la méthanisation aussi,
03:55sur laquelle on peut accélérer.
03:57Là, est-ce qu'il y a une volonté de faire quelque chose ?
03:59D'abord, un, vous l'avez vu,
04:00Annie Gennevar s'est battue au niveau européen,
04:02donc il y a un plan européen sur les engrais,
04:04avec des soutiens financiers qui arrivent sur les engrais.
04:06Moi, mon sujet de ministre de l'Industrie,
04:07c'est celui de continuer à produire des engrais
04:09sur le territoire national.
04:11Il y a plusieurs projets qui existent au niveau national,
04:15qui consistent à pouvoir produire des engrais,
04:17et le faire aussi de manière décarbonée,
04:19là encore, pour moins dépendre des importations
04:21qui arrivent de pays extérieurs.
04:25Le seul problème, c'est qu'effectivement,
04:27produire des engrais décarbonés,
04:29ça coûte un peu plus cher
04:30que de produire des engrais décarbonés
04:32qu'on fait venir de l'autre bout du monde.
04:35Donc on va travailler pour voir,
04:36notamment avec France 2030,
04:38comment on peut soutenir ces projets
04:39de décarbonation de nos engrais,
04:41qui là encore nous inscriront
04:42dans une filière beaucoup plus pérenne.
04:44Sur les questions de développement industriel,
04:45il y a deux sujets dont je voudrais qu'on parle.
04:47C'est l'IA d'un côté,
04:48avec les annonces d'Emmanuel Macron,
04:49mais je voudrais d'abord qu'on parle de carbone.
04:51Ce dossier qu'on suit nous sur BFM Business,
04:53avec des espoirs de créer une filière
04:55dans le photovoltaïque,
04:56dans le sud de la France,
04:57à fausse-sur-mer,
04:58l'entreprise s'est terminée,
05:00liquidation,
05:01ils mettent en avant le fait
05:02de n'avoir eu aucun soutien
05:03sur le plan européen.
05:06Ils parlent de l'Europe.
05:07Non, je ne vous parle pas de soutien financier,
05:08ils ont été largement financés d'ailleurs.
05:11Qu'est-ce que vous dites de ce dossier-là ?
05:13D'abord, il y a un autre projet
05:14qui lui continue,
05:15dans le Grand Est,
05:16qui est le projet Holosolis,
05:17qui continue.
05:19Sur les panneaux photovoltaïques,
05:21on voit bien qu'effectivement,
05:22il y a un sujet,
05:22c'est que finalement,
05:24on repart un peu de zéro
05:25dans notre pays
05:26sur la production de panneaux photovoltaïques.
05:27Et en face de nous,
05:28il y a un leader mondial
05:29qui s'appelle la Chine
05:31et qui avait pris une avance considérable.
05:33Et face à ça,
05:34on pense que quand il y a des projets
05:35comme ça en croissance,
05:36il faut essayer un peu les protéger.
05:38Et donc,
05:39ce qu'a voulu dire l'entreprise,
05:40c'est sans doute qu'au niveau européen,
05:42on n'a pas suffisamment mis en place
05:44de mesures de protection
05:45pour que des projets comme ceux-là
05:47puissent prendre leur envol.
05:48Après,
05:49on fera l'analyse globale
05:51des raisons qui ont amené à l'échec
05:52de ce dossier,
05:53mais ça peut en être une.
05:55C'est sans doute un échec,
05:58il faut le reconnaître,
05:59puisque le projet ne va pas au bout.
06:03Mais il y a d'autres projets
06:04qui, eux, se poursuivent,
06:05notamment l'utilisation de l'hydrogène
06:06pour l'industrie,
06:07qui vont permettre
06:08de décarboner notre industrie.
06:09Emmanuel Macron va annoncer
06:10cet après-midi
06:111,5 milliard d'euros
06:13de financement
06:14pour les semi-conducteurs
06:15et pour l'intelligence artificielle.
06:18On a, de l'autre côté,
06:19SpaceX,
06:20Anthropik,
06:21OpenAI,
06:22qui vont faire des levées
06:23de fonds en bourse
06:24qui sont spectaculaires.
06:26Il se passe des choses en Europe,
06:27mais on voit bien
06:27les écarts d'échelle.
06:29Est-ce qu'on va réussir
06:30vraiment à rester dans la course ?
06:31Vous l'avez dit,
06:32il se passe des choses en Europe,
06:33d'abord parce qu'on a des gens
06:34de qualité qui sont capables
06:35de développer ça.
06:36On est plutôt,
06:37d'ailleurs,
06:37rien qu'à l'échelle française,
06:39on est plutôt en avance
06:40sur les questions
06:40d'ordinateurs quantiques,
06:42qui sera un sujet aussi
06:43de cette rencontre
06:44et des annonces
06:45du président de la République.
06:46On a des champions
06:47comme Mistralahi
06:48sur l'intelligence artificielle.
06:50Donc,
06:51nous ne sommes pas,
06:53comment dirais-je,
06:54absents de tous ces sujets-là.
06:56Moi,
06:56j'entends trop souvent
06:57tous ceux qui vous disent
06:58mais finalement,
06:59la France n'est pas dans la course.
07:01La France est présente
07:02sur ces sujets-là.
07:03Maintenant,
07:03il faut passer à l'échelle européenne
07:05parce qu'en face de nous,
07:06ce sont des continents.
07:07Les États-Unis,
07:08la Chine,
07:08ce sont des continents.
07:09L'Europe,
07:09c'est un continent
07:10qui est capable de financer
07:11de manière beaucoup plus massive
07:13ces projets-là
07:14et il faut qu'elle le fasse.
07:16Il va y avoir des annonces
07:17qui vont être faites
07:18par la Commission européenne
07:19sur le fonds de modernisation,
07:21par exemple.
07:22Je pense que c'est un des sujets.
07:24Merci beaucoup,
07:24Sébastien Martin,
07:25d'être venu ce matin
07:25dans la médecine de l'économie.
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