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Retrouvez le débrief de l'actu du mardi 17 mars dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Christian Paris nous a rejoint économiste et conseiller auprès d'Aurel BGC.
00:04On sera en ligne dans quelques instants avec Christine Cabot de CMACGM
00:07pour parler de ces 14 navires qui sont bloqués autour du Détroit d'Ormous.
00:10Justement Christian, 14 pour CMACGM mais 80% du trafic est bloqué dans le Détroit.
00:17Clairement aujourd'hui ça ne passe toujours pas.
00:19Oui clairement, alors aujourd'hui on est tous en train de faire nos petites calculs
00:22pour savoir quel est véritablement l'impact en termes de barils qui sont aujourd'hui.
00:26C'est compliqué, c'est pour ça que le pétrole reste volatil.
00:29Parce que d'un côté on le voit, il y a quand même une demande.
00:32Une demande qui a affecté quand même.
00:33On a eu un ajustement des cours du pétrole qui a été particulièrement violent.
00:36On le voit qu'en Asie on commence aussi à réduire la consommation.
00:40Donc il y a la demande qui baisse.
00:41Donc on n'est plus autour des 100 millions de barils consommation de 100 millions de barils du jour.
00:46Mais de l'autre, on essaye d'éviter de contourner un peu ce Détroit en continuant des exportations.
00:52Et là on voit qu'on arrive quand même à compenser entre 5-6 millions de barils par jour.
00:58Bon, il nous reste quoi ? Il nous reste au moins un déficit entre 9 et 10 millions de barils.
01:02Et ça, ce déficit y persiste.
01:03Alors pour l'instant, il est largement comblé par les stocks stratégiques qu'on a débloqués.
01:08Mais c'est une réponse de court terme.
01:09Et toute la question auxquelles on ne sait toujours pas répondre,
01:13c'est finalement ce déficit, combien de temps il va durer ?
01:16Est-ce que c'est durable ou pas ? Pourquoi ?
01:18Parce qu'on voit que les cours du pétrole rebondissent dès qu'on a des destructions.
01:21Parce que là, les destructions, ça veut dire que ça ne va pas repartir tout de suite.
01:26Donc ces stocks stratégiques débloqués, ils servent de tampons momentanément.
01:29Il n'y a pas de pénurie de pétrole, ça c'est important.
01:31Pour l'instant, on n'est pas dans une situation où l'économie ralentit parce qu'on manque de pétrole.
01:35Ce n'est pas du tout le cas.
01:36On n'est pas dans une situation de pénurie.
01:38Mais on voit qu'il y a des destructions, ce qui fait que ça va repartir tout doucement,
01:40même si on débloquait du jour au lendemain ce Détroit d'Hormouz.
01:43Et puis le déblocage du Détroit d'Hormouz, ce n'est pas fait.
01:45Pour l'instant, on n'a rien de concret.
01:47Pour descendre sous les 100 dollars, le baril, ça va être compliqué quand même.
01:52C'est compliqué pour descendre en dessous.
01:53Je pense qu'on va rester, si je devais faire une fourchette, entre 100 et 120 dollars,
01:58à peu près sur le Brent, pour donner une idée, de fluctuation avec un pétrole très volatile.
02:05Si après on devait détruire ces 10 millions de barils, en termes de demande,
02:09je dis entre guillemets détruire, c'est-à-dire qu'il faut vraiment peser sur la demande,
02:13il faudrait qu'on aille quasiment au-dessus de ces 120 dollars.
02:15Et là, si on est dans l'image que c'est une perturbation avec des destructions de capacités
02:22et avec un conflit qui s'éternise, là on va aller au-dessus des 120.
02:26Mais là, je pense qu'on va rentrer dans une période de fluctuation très importante des cours du pétrole.
02:32Et puis on voit que derrière, ça se déroule sur l'ensemble des marchés.
02:35C'est-à-dire que quand le pétrole monte...
02:36C'est le driver numéro un.
02:38Il n'y a que ça, en ce moment il n'y a que ça.
02:40Quand le pétrole monte, la bourse baisse, les taux d'intérêt montent,
02:43parce que ça relance l'idée qu'on est sur un ralentissement avec risque inflationniste.
02:50Ça relève les anticipations de hausse de taux au niveau de la BCE.
02:53Donc on voit qu'il y a une corrélation quasiment parfaite.
02:55Et le dollar monte.
02:56Et inversement.
02:57Donc on est dans des marchés maintenant qui fluctuent de manière assez technique au cours du pétrole.
03:01Christian Parizeau, on le voit, on recrée un commerce maritime avec d'autres routes et tout.
03:06Mais ça reste quand même, on disait, le FMI disait, c'est un choc comme on n'a jamais vu
03:13auparavant quand même, cette guerre.
03:14Oui, alors c'est vrai qu'on peut voir froidement, on se dit, c'est que 5% du commerce
03:18mondial, cette zone.
03:195% ce n'est pas énorme.
03:20Sauf que ces 5%, on le sait, important au niveau de l'énergie.
03:24Et puis on voit que quand on bloque une zone maintenant dans le commerce mondial,
03:27on l'avait vu avec les droits de douane, ça perturbe l'ensemble.
03:30Parce qu'on a toujours une spécialisation géographique qui est très importante.
03:33Alors, on pense au pétrole, ça c'est ce que tout le monde a en tête.
03:36Mais on a parlé avec les engrais, on le voit avec certains produits chimiques.
03:40On le voit aussi sur les composants électroniques.
03:43C'est-à-dire que les composants électroniques pour en fabriquer,
03:45il vous faut certains produits chimiques produits au Moyen-Orient.
03:49Mais en plus, il y a des unités de production de composants électroniques
03:52qui sont essentielles, qui rentrent dans la chaîne de valeur.
03:54Donc on ne peut pas dire aujourd'hui que quand on coupe une zone,
03:58c'est totalement sans conséquences économiques.
04:01Et souvent, on oublie toutes ces conséquences.
04:04Je vous prends un autre exemple aussi, c'est qu'on perd aussi des clients.
04:07C'est important parce que cette zone-là, c'est aussi une zone qui importe énormément.
04:11Elle exporte, c'est une zone de passage, mais c'est aussi une zone qui importe énormément.
04:14C'est pour ça, par exemple, que vous avez vu les prix du blé qui ont plutôt baissé sur cette
04:18annonce
04:18parce que c'est une zone qui importe du blé.
04:20Mais ça ne rentre pas.
04:21Donc voilà, c'est aussi des conséquences importantes pour le commerce.
04:25Donc 5% du commerce, mais on voit que ça déstabilise complètement les chaînes de valeur dans pas mal de
04:29pays.
04:308h49, on continue de débriefer l'actualité avec Christian Parizeau.
04:33Christian, il y a évidemment les questions de pétrole qui drive les marchés.
04:36Mais il y a cette espèce de signal faible autour du crédit privé qui commence à inquiéter.
04:39Est-ce qu'il faut regarder ça un peu à la loupe comme une pré-crise subprime comme c'était
04:44auparavant ?
04:44Ou ça n'a rien à voir ?
04:46Alors, ce n'est pas du tout le subprime.
04:49Déjà, il faut quand même relativiser.
04:50Ce n'est pas de la spéculation, on n'a pas fait des financements à risque.
04:55Alors, il y a deux choses.
04:56Première chose, on n'aime pas ça parce que c'est une boîte noire.
04:59Ça fait des années qu'à chaque fois, mes clients me demandent
05:02quelles sont les expositions, quels sont les risques.
05:04Et en général, comme c'est des fonds privés, on n'a pas de détails.
05:08Ce ne sont pas des choses qui sont régulées comme maintenant c'est régulé au niveau bancaire, par exemple.
05:11Au niveau bancaire, on fait des tests de résistance.
05:13On voit s'il y avait un choc économique.
05:16Quel est l'impact sur les crédits des banques ?
05:18On le sait maintenant.
05:19Et on sait qu'elles ont les fonds propres ou pas pour tenir.
05:21Donc, il y a une surveillance.
05:22Là, on est sur des fonds dans lesquels on n'a pas de surveillance,
05:24ce qui crée pas mal d'inquiétudes sur les marchés.
05:27Deuxième chose, il y a deux chocs qui sont en train de se produire en ce moment
05:29sur tout ce qui est crédit privé.
05:31C'est d'une part un risque économique, tout bêtement.
05:33Mais on a eu beaucoup de prêts qui ont été faits avec ces fonds,
05:38qui ont été sélectionnés.
05:39On ne peut pas dire que ça a été des prêts complètement spéculatifs ou quoi que ce soit.
05:44Ils ont prêté à des entreprises qui étaient viables, mais ces entreprises subissent actuellement un choc énergétique.
05:50Donc, c'est vrai qu'une entreprise qui a les coûts qui explosent, ça peut créer un risque avec un
05:55risque autoréalisateur.
05:57C'est-à-dire qu'une entreprise qui emprunte à 4-5 ans, au moment où elle ne va pas
06:00rembourser forcément son prêt,
06:01elle va vouloir refinancer son prêt.
06:02Si elle le refinance à des taux beaucoup plus élevés, elle est peut-être plus viable.
06:06Ou pire, on refuse de la refinancer, à ce moment-là elle fait faillite.
06:09Donc, il y a un vrai risque, c'est qu'on aille, un, une dégradation de la conjoncture.
06:14Deux, qu'au moment de refinancer, j'aille des conditions qui me mettent en difficulté financière ou qui accroient mon
06:19risque.
06:19Et à ce moment-là, c'est autoréalisateur.
06:21Donc ça, c'est un point important.
06:22C'est-à-dire qu'il y a eu énormément d'argent qui ont été dans ces fonds de private
06:25equity,
06:25qui ont même fait de la concurrence aux bancaires,
06:27puisqu'à un moment donné, les banques prêtaient moins parce qu'on avait ces fonds qui prêtaient.
06:32Excès de prêts sur quelques secteurs.
06:34On pense notamment, on parle beaucoup des éditeurs de logiciels,
06:37et ça a l'air de se retourner un petit peu en côte aussi à cause de ces risques d
06:42'évolution technologique
06:44qui font qu'il y a peut-être des business models qui vont être affectés.
06:47Mais je pense que ce que le marché est en train de se dire,
06:49c'est qu'il y a quand même une boîte noire qui va être affectée par la conjoncture,
06:53et on ne sait pas trop ce que ça va donner en termes de pertes.
06:55Et comme toujours avec ces fonds, comme c'est illiquide...
06:58Bah oui, si vous demandez de sortir, ça s'implique.
07:00Voilà, vous ne pouvez pas sortir, ça rend tout le monde nerveux,
07:03et ça crée des problèmes aussi de valorisation.
07:06On sait qu'en général, on valorise ça au montant historique,
07:10comme il n'y a pas de cotation,
07:11et donc ça veut dire qu'à un moment donné,
07:13on pourrait avoir des acteurs de la finance qui annoncent des dépréciations.
07:15Oui, avec des valeurs qui n'ont plus rien à voir.
07:16Voilà, des ajustements de valorisation qui peuvent être très forts.
07:19Donc ça peut créer des désordres.
07:20Je ne dis pas que c'est complètement nul, c'est un risque.
07:23Et puis c'est surtout autoréalisateur, encore une fois,
07:24parce que vous comprenez bien que si au moment où on a un mur de refinancement,
07:28au moment où on va, si plus personne ne veut prêter,
07:32là on a quelque chose qui augmente forcément les taux de défaut.
07:34Donc ce qui est certain, c'est que les taux de défauts avaient tendance à remonter,
07:37ils étaient partis de très bas, ils y remontaient,
07:38et l'année dernière on a quand même pas mal eu de hausses de taux de défaut.
07:41Mais les restructurations permettaient quand même, en général,
07:46d'avoir des pertes assez limitées.
07:47On estime les pertes quand une entreprise ne pouvait pas rembourser,
07:51entre 85, enfin on avait un retour sur l'investissement entre 85 et 90%.
07:56Donc on avait une perte entre 10 et 15%,
07:58ce qui est très limité face à une situation d'une entreprise en difficulté.
08:02Donc il y avait un taux de recoverie qui n'était pas si mauvais que ça.
08:04On est très loin des subprimes.
08:05Les subprimes, rappelez-vous, c'est qu'on avait financé 100% à crédit
08:08des achats de biens immobiliers,
08:10et puis les ménages disaient, je ne peux pas rembourser,
08:11je vous donne les clés de ma maison, la maison ne valait rien.
08:13Donc là, on était quand même dans de la spéculation.
08:15Là, on est quand même sur des outils industriels, des entreprises,
08:18un savoir-faire.
08:19Bon, maintenant, voilà, il y aura des pertes,
08:21et surtout, ce qui fait peur, c'est que c'est une grosse boîte noire.
08:24C'est-à-dire que si je pouvais demain vous dire
08:26quel est l'encours, quel est le risque,
08:28on ne sait pas, on n'est pas capable de dire le volume des prêts qu'on était...
08:31Alors, il y a la Banque Centrale d'Angleterre
08:33qui va mettre en place des tests de résistance
08:35sur ses crédits privés,
08:36mais on aura les réponses l'année prochaine.
08:39Donc, ça ne nous aide pas,
08:40mais c'est vrai que c'est ce qui nous manque aujourd'hui.
08:41C'est des tests de résistance,
08:42c'est-à-dire que si l'économie anglaise,
08:45si l'économie européenne venait à rentrer en récession,
08:48quel est le coût pour ces fonds,
08:50quelles sont les pertes.
08:50C'est un stress classique de manque.
08:51Voilà, et ça, ça nous manque,
08:53mais on paye finalement le fait que c'est un peu opaque,
08:56et donc ça crée d'autant plus un risque
08:58au moment où la liquidité s'en va des marchés
09:00où on a moins d'appétit pour le risque,
09:02et bien ça peut être autoréalisateur.
09:03Donc, c'est pour ça que ça rend tout le monde un peu nerveux actuellement,
09:06mais encore une fois, c'est beaucoup plus limité
09:08en termes de taille que S-Up Prime,
09:10il ne faut quand même pas comparer les choses,
09:11et il n'y a pas eu, je pense, peut-être un peu d'excès,
09:14mais pas de spéculation aussi forte
09:15que ce qu'on avait eu aux Etats-Unis.
09:18Merci beaucoup Christian,
09:19vous êtes venu ce matin dans la matinale de l'économie.
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