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  • il y a 2 jours
Ce jeudi 19 mars, le risque d'inflation, compte tenu des difficultés rencontrées par les industriels en raison des tensions géopolitiques et de la pénurie de certains composants, a été abordé par Jean-Marc Daniel et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Des industriels qui commencent à répercuter les prix à cause des tensions, à cause de la pénurie de certains composants.
00:07On a BASF qui annonce plus de 30% en Europe sur les émulsifiants, sur les filtruvés, sur les polymères.
00:11La question ce matin, inflation, est-ce que la vague arrive ?
00:15Qu'est-ce qui commence ? C'est vous Jean-Marc, je sais déjà ce que vous allez me dire.
00:19Et non, et non, et non.
00:20Et non, écoutez, franchement, alors je suis d'autant plus conforté dans ma position que je rappelle,
00:25je vous l'avais déjà fait il n'y a pas très longtemps sur ce plateau, qu'en 2022, sous
00:29le tombereau de sarcasme, le pauvre...
00:32Vous avez été seul, vous avez été très seul.
00:34Pas tout à fait, je n'étais pas seul.
00:36Et je rappelle encore une fois que la vraie bilan de tout ça, ça avait été Krugman qui l'avait
00:41tiré en disant
00:41mais qui a eu l'idée de parler d'inflation ? Comment est-ce que des gens sérieux ont pu
00:45parler d'inflation ?
00:46Alors je renouvelle cette assertion.
00:48Je rappelle encore une fois que l'inflation c'est une hausse...
00:51Généralisée.
00:52Générale.
00:53Alors durable, on n'est pas du tout dans cette situation.
00:55D'ailleurs, si vous regardez les prévisions d'inflation qui avaient été faites en janvier,
00:58au moment où on partait sur un bilan d'une inflation sur un an qui était autour de 1%
01:03en France,
01:04et une prévision qui était entre 1 et 1,5% suivant les différents instituts de conjoncture
01:09et les prévisionnistes qui à l'époque donnaient leur avis.
01:13Si vous regardez sur longue période, malgré les années 2020,
01:19malgré ce qui s'est passé au moment de la récession de 2008-2009,
01:23malgré toute cette histoire un peu heurtée que nous avons connue depuis 20 ans,
01:27en 20 ans, la hausse moyenne des prix a été de 1,6%.
01:31Ce n'est pas le taux...
01:32On n'appelle pas ça de l'inflation.
01:34Ce n'est pas de l'inflation, puisque l'objectif c'est 2%.
01:36Et donc effectivement, la moyenne des taux, c'est le taux moyen,
01:39et le taux moyen a été de 1,6%.
01:42Alors, pour ce qui se passe en ce moment, juste le commentaire le plus pertinent,
01:46pour moi c'est celui qu'a fait récemment notre gouverneur de Banque Centrale,
01:49François Villeroy de Gallo, il a dit,
01:51tout dépendant de la durée du conflit.
01:53Est-ce qu'on a un phénomène temporaire ou un phénomène durable d'appréciation du prix ?
01:57Là, la réponse, je ne l'ai pas.
02:00Il faudrait des experts militaires,
02:01ainsi que des experts de la politique intérieure américaine,
02:04ce qui n'est pas mon cas.
02:05Bon, mais c'est clair, je suis dans la même position...
02:07Enfin là, ça fait trois semaines, on tape les infrastructures gazières,
02:10ça va durer, Jean-Marc.
02:11Non, ça ne va pas durer, en tout cas sur les prix, ça ne va pas durer,
02:14parce qu'il y a effectivement, pour revenir à l'inflation,
02:17les économistes disent qu'il y a des effets cantillants et de l'inflation.
02:19Les effets cantillants, c'est quand certains prix augmentent,
02:22mais que ça n'a pas de conséquences durables, encore une fois,
02:25et que, pour des raisons de maintien d'une certaine forme de concurrence,
02:28pour des raisons qui sont liées à la structure de l'économie,
02:30cette hausse, même si le prix lui-même ne rebaisse plus après,
02:34mais cette hausse, elle répartit différemment les pouvoirs d'achat,
02:37elle répartit différemment les structures de prix,
02:39mais elle ne débouche pas sur cet enchaînement.
02:42Et pour qu'il y ait un enchaînement,
02:43il faudrait qu'il y ait une boucle prix-salaire qui s'enclenche.
02:45Et on n'a pas vu ça.
02:46Et on n'a pas vu ça en 2022,
02:48et je ne pense pas qu'on verra ça dans les années qui viennent.
02:50Emmanuel ?
02:51Moi, si j'étais décisionnaire, vous voyez, si j'étais ministre, etc.,
02:55j'aurais comme conseiller économique Jean-Marc Daniel,
02:57je dirais, écoutez, Jean-Marc, vous êtes fort sympathique,
02:59mais vous ne me servez à rien.
03:00Enfin, je veux dire, vous êtes complètement inutile.
03:02C'est-à-dire, si c'est pour me répondre que vous ne savez pas,
03:04si c'est pour me répondre que la théorie économique
03:07nous dit que ça n'est pas vraiment de l'inflation généralisée...
03:10Vous voulez des bonimenteurs et des vendeurs de rêves.
03:11C'est pas ça.
03:12Non, c'est pas Jean-Marc.
03:13Voilà, exactement.
03:14Vous avez analysé la situation.
03:16C'est pas ça.
03:16Moi, je veux des gens qui tiennent compte des contextes particuliers,
03:20et là, il faut tenir compte du contexte qui est particulier.
03:25Jean-Marc ne peut pas nier...
03:27Alors, c'est triper sur les termes,
03:29mais on ne peut pas nier que comme en 2022.
03:31Il n'y aura pas d'inflation généralisée,
03:33mais il va y avoir une bouffée d'inflation.
03:35Il va y avoir une bouffée de hausse des prix.
03:37Il va y avoir une attaque massive sur le pouvoir d'achat des ménages
03:42et sur les marges des entreprises au cours des prochaines semaines
03:46et des prochains mois qui viennent.
03:47La question, c'est qu'aujourd'hui,
03:50un, il y a des raisons politiques pour lesquelles cette petite hausse,
03:54même si elle n'entre pas dans la grande catégorie de l'inflation,
03:58est très dommageable sur le plan politique.
04:00Et là, regardons quand même ce qui se passe aux États-Unis
04:05avec quand même cette situation financière des ménages.
04:08Il y a une fatigue de la hausse des prix chez la classe moyenne américaine
04:10qu'il ne faut absolument pas sous-estimer,
04:15sachant que l'inflation qui doit venir des droits de douane,
04:17on ne l'a pas encore.
04:18Et puis, l'autre élément dont il faut tenir compte,
04:21et ça, ça vaut chez nous aussi,
04:23c'est qu'il y a une intolérance aujourd'hui vis-à-vis de l'inflation
04:27qui est bien plus grande que ce qu'elle était dans les années 70,
04:31pour tout un tas de raisons.
04:33Une des raisons, par exemple,
04:34pour lesquelles les ménages sont beaucoup plus intolérants à l'inflation,
04:37c'est que vous avez une part beaucoup plus importante
04:40des dépenses contraintes aujourd'hui dans le budget des ménages
04:42qui a 30 ans.
04:43Quand vous avez 35 à 40% de votre budget qui est contraint,
04:47que votre marge arbitrable est très faible,
04:49vous êtes vulnérable au moindre choc sur les prix,
04:52ce qui n'était pas le cas il y a 25 ans.
04:53Quand vous voyez quand même toutes les mesures qui sont prises autour de nous,
04:57il y a quand même tout un tas de pays qui, aujourd'hui,
04:59ont pris des mesures radicales.
05:00Prenez l'Allemagne, prenez l'Italie, prenez le Japon, etc.
05:05Nous, on n'a rien fait parce qu'effectivement,
05:06on n'a pas les moyens de prendre ces mesures.
05:09Mais en gros, la réalité, c'est qu'aujourd'hui, dans tous les grands pays du monde,
05:12tout le monde a peur d'un phénomène gilet jaune, en fait, en quelque sorte.
05:16Donc, moi, je veux bien que, sur le fond, je peux être d'accord avec Jean-Marc
05:20sur le fait qu'on n'est pas à l'aube d'une vague d'inflation généralisée.
05:23Mais nous allons subir des hausses de prix
05:25qui vont avoir des effets politiques et économiques considérables
05:29et qui vont avoir un impact aussi sur la croissance.
05:32Mais Jean-Marc, ce n'est pas un miroir magique.
05:34Non, mais Jean-Marc, il n'a pas de sens politique.
05:37Bah oui, c'est pour ça qu'il est là. C'est pour ça qu'on l'aime.
05:39Évidemment.
05:40C'est bien d'avoir un manuel d'économie vivant.
05:42Bah, c'est pratique.
05:44Mais aujourd'hui, en termes d'aide à la décision, ça n'est pas très utile.
05:48Je voudrais juste rappeler un chiffre.
05:50C'est-à-dire, en 2008, le prix du pétrole, en pouvoir d'achat actuel,
05:55était le Brent à 110 euros.
05:57Aujourd'hui, il est à 100 euros.
05:58Et donc, on n'a pas parlé, en 2008, de poussée d'inflation.
06:02On a constaté, effectivement, qu'il y a eu un effet cantillon qu'il y a à la pompe.
06:05Le prix avait augmenté.
06:07Et puis ensuite, tout ça, c'est assez, puisque le 1,6% de hausse des prix en moyenne.
06:13Jean-Marc, vous oubliez deux choses.
06:14C'est qu'on a eu des pointes, mais le prix du pétrole est resté très cher, très peu de
06:19temps.
06:20Ça a été vraiment un pic, etc.
06:22Et la raison pour laquelle on n'a pas eu d'inflation derrière,
06:24c'est que je vous rappelle qu'on s'est quand même...
06:25a fait une magnifique crise financière qui a effectivement éliminé tout risque d'inflation
06:31et a fait rechuter les prix du brut.
06:34Donc, encore une fois, tenons compte des contextes politiques, des contextes sociaux
06:40pour mesurer l'impact de ce genre de phénomène.
06:43Mais ne poussez pas Jean-Marc Daniel à changer.
06:44Vous savez, on l'aime tel qu'il est.
06:47On ne veut pas qu'il change.
06:48Comme dirait Crutman, finalement, j'aurais raison.
06:51À la fin.
06:51À la fin.
06:52Quand on sera tous morts.
06:53Non.
06:54Non.
06:54Ils ont dans ce poids.
06:55Ils ont dans ce poids.
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