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  • il y a 3 heures
Ce mercredi 20 mai, Michael Israël, associé fondateur d'IVO Capital Partners, s'est penché sur la performance des fonds de dette émergente, les exemples d'entreprises apportant un beau rendement, et le pays qui se détache dans l'univers émergent, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00Michael Israël est avec nous. Bonjour Michael, bienvenue.
00:02Bonjour.
00:03Associé fondateur d'Ivo Capital.
00:04Vous nous accompagnez ici régulièrement.
00:06Depuis que la dernière fois que vous êtes venu, depuis deux mois en gros,
00:09il y a un petit changement quand même.
00:10C'est que ce segment obligataire s'est globalement tendu à l'échelle mondiale.
00:13Qu'est-ce que ça change ça pour ce pan du marché dans lequel vous investissez,
00:17à savoir les obligations d'entreprises émergentes ?
00:19Alors écoutez, pour les entreprises émergentes,
00:23ça peut paraître un petit peu surprenant d'ailleurs,
00:26mais on est plus que dans la résilience,
00:28on a plutôt des performances même assez bonnes depuis le début de l'année.
00:32Pour vous donner quelques chiffres,
00:35nous on est à peu près, l'indice est à peu près à 2% de hausse
00:38depuis le début de l'année en euros.
00:41Nous sur nos fonds on est environ à 2,4%.
00:43Et si on compare avec les pays développés,
00:45sur le high yield européen on est à 0,7%,
00:49le high yield américain on est à 0,2%.
00:51Donc on a assisté même à de la baisse des spreads sur l'univers émergent,
00:55alors qu'il y a eu une augmentation des spreads sur les pays développés.
00:58Donc on a plutôt un univers émergent qui continue à donner de la confiance,
01:03il y a pas mal de flux, les marchés restent très ouverts.
01:07Il y a ce sentiment, je dirais que ça s'explique cette performance,
01:11il y a une double raison.
01:12Il y a un sentiment un peu généralisé de confiance dans les émergents,
01:17un peu par opposition à la défiance dans les développés,
01:20qui est quelque chose qui s'est un peu développé ces dernières années,
01:23avec toutes les problématiques de dette.
01:25Et les investisseurs, on le voit même dans nos rendez-vous,
01:27au lieu de nous questionner sur est-ce que vous êtes inquiet sur tel ou tel thème dans les émergents,
01:32on sent une inquiétude sur le dollar, sur la courbe des taux américaines,
01:36l'inquiétude elle est portée sur les développés,
01:39avec par opposition un peu plus de confiance finalement sur la situation,
01:44qu'elle soit budgétaire, que ce soit sur les devises, les actions et les obligations.
01:48Même s'il a quand même un effet pervers pour les émergences,
01:50les taux notamment en Occident et au Japon aussi montent,
01:54mais le dollar du coup monte aussi,
01:55ça c'est pas forcément très bon pour les entreprises émergentes ?
01:57Alors ça dépend comme toujours,
02:00puisqu'il y a des entreprises pour qui je dirais ça peut être neutre,
02:03comme notamment celles qui émettent sur les marchés de capitaux internationaux,
02:07émettent en dollars,
02:08et souvent elles ont des revenus en dollars aussi en face,
02:11donc on n'a pas forcément l'impact qu'on peut imaginer immédiatement négatif.
02:17Ensuite quand même, je dirais le renforcement du dollar auquel on assiste,
02:21il n'est quand même pas si fort que ça non plus,
02:23il aurait pu être d'ailleurs beaucoup plus fort,
02:25donc aujourd'hui ce n'est pas un critère qui a déstabilisé les marchés.
02:29Antoine ?
02:30Est-ce qu'on peut avoir deux ou trois exemples de grosses sociétés
02:35avec de beaux rendements dans ce domaine-là ?
02:37Oui, oui, alors je dirais, pour parler de sociétés,
02:41je vais parler de deux secteurs d'ailleurs,
02:42c'est marrant parce que ce sont deux secteurs qui sont corrélés,
02:46alors qu'ils sont aux opposés,
02:47donc si je vous dis le secteur de l'énergie,
02:50on peut le décomposer entre les énergies fossiles et les énergies renouvelables,
02:53et on a sur les énergies fossiles évidemment des grands, grands gagnants
02:58au niveau des entreprises,
03:00je dirais qu'aujourd'hui on peut décomposer en deux aspects,
03:04il y a les gagnants immédiats,
03:05c'est ceux qui ont la capacité à produire du pétrole,
03:09le vendre, voire à augmenter leur volume
03:11sans faire des investissements très importants,
03:13donc là on va évidemment retrouver l'Amérique latine,
03:16où aujourd'hui il y a des grands bénéficiaires,
03:19eux ils ont un pétrole qu'ils peuvent produire,
03:21qu'ils peuvent vendre,
03:22qui est très compétitif en plus,
03:24mais il y a des zones en Afrique notamment
03:25qui sont en train de regagner en compétitivité énormément,
03:28et puis il y a en Argentine aussi,
03:30avec tous les développements qu'il y a de pétrole de shale,
03:34un peu comme aux Etats-Unis,
03:36c'est un pétrole qui est très très flexible,
03:38et c'est un pétrole qui se vend très très bien
03:40et qui bénéficie énormément de la situation actuelle,
03:43d'ailleurs au passage l'Argentine va bientôt atteindre
03:45le million de barils par jour,
03:47donc dès 2026,
03:48donc il y a des grands gagnants immédiats.
03:49Après il y a des gagnants stratégiques,
03:51ce qui est très intéressant dans ce qu'on vit aujourd'hui avec l'Iran,
03:55c'est que pour beaucoup de majors,
03:57des Totals, des Shells, Chevron, etc.,
04:00on se rend compte aujourd'hui qu'il y a un prix,
04:02une valeur à donner à la localisation géographique,
04:04donc si vous voulez sécuriser vos approvisionnements,
04:07si je prends l'exemple de la liquéfaction du gaz naturel,
04:11aujourd'hui, on regarde tous les projets dans le monde,
04:14vous avez à peu près deux tiers des projets
04:15qui sont aux Etats-Unis, Russie, Qatar.
04:18Bon, on a compris qu'aujourd'hui,
04:20il y a de la valeur à avoir des projets ailleurs,
04:22donc à nouveau on va retrouver beaucoup de valeurs
04:25sur des projets en Afrique,
04:26sur des projets en Argentine,
04:28parce qu'ils permettent tout simplement géographiquement
04:30de diversifier les sources de production,
04:33et ça, ça redonne de l'investissement,
04:35ça redonne de la dynamique.
04:36Côté énergie renouvelable,
04:38on a des entreprises, si je prends l'exemple en Inde,
04:41d'abord l'indice a beaucoup changé,
04:42c'est intéressant, parce qu'à chaque période,
04:44il y a des secteurs qui prennent de l'ampleur,
04:47évidemment, l'électrification est dans les émergents,
04:50on passe directement à l'électrification renouvelable,
04:52on n'a pas à changer,
04:53on est dans le thème de l'électrification,
04:55et on est déjà dans le renouvelable.
04:57Donc, si on prend des pays comme l'Inde,
04:59alors d'abord dans les émergents,
05:00il faut savoir que par exemple le Brésil,
05:0188% du mix énergétique est déjà fait
05:04à base d'énergie renouvelable.
05:0588% où ils ont de l'eau, ils ont beaucoup d'eau.
05:06Mais il y a des pays où on est déjà à 100%,
05:08l'Éthiopie, le Costa Rica,
05:12c'est quelque chose qui est déjà...
05:13Parce qu'on n'est pas dans une étape,
05:14on a déjà un réseau électrique
05:17et on doit le remplacer,
05:18on est en train de le créer.
05:19Il démarre tout de suite par le meilleur en fait.
05:22Exactement.
05:22Comme les métros, toutes ces villes où il n'y a jamais eu de métro,
05:24quand elles construisent aujourd'hui un métro,
05:25tout de suite il est très en avance sur le nôtre.
05:27Exactement, on n'a pas l'impression d'être...
05:29Bon, on est dans cette situation-là,
05:31et pour en revenir aux renouvelables,
05:33on a aujourd'hui des opportunités très intéressantes.
05:36Par exemple, en Inde, il y a des émissions obligataires,
05:39on appelle ça des project bonds.
05:40Pourquoi c'est intéressant ?
05:41Il y a des besoins de financement énormes,
05:43donc il faut bien trouver du capital.
05:44Ce capital, il faut aller le chercher
05:46sur les marchés de capitaux internationaux.
05:47Il faut donner beaucoup de sécurité
05:48aux investisseurs internationaux.
05:50Donc d'abord, on est sur des financements en dollars,
05:52totalement dollarisés,
05:53il n'y a pas de risque avec les monnaies locales.
05:55On est sur du droit international au niveau des contrats.
05:58Et en plus de ça,
05:59on est sur des project bonds.
06:01Ça veut dire qu'on va avoir une obligation
06:03qui est collecte et arrêtée directement au niveau du projet.
06:05Et tous les cash flows du projet
06:07vont venir, pas en priorité,
06:10vont rembourser la dette.
06:11Ce n'est pas comme une entreprise,
06:12vous faites une obligation d'entreprise,
06:15où vous avez l'entreprise qui va faire son business,
06:17puis si elle fait des bêtises avec l'argent,
06:19entre guillemets,
06:20elle peut faire des mauvais investissements,
06:21il n'en reste pas pour vous en rembourser,
06:23elle peut faire une distribution de dividendes.
06:25Là, tout ce que va générer ce projet
06:28va obligatoirement aller au remboursement de la dette.
06:31Et en plus, ce sont des obligations amortissables.
06:32Donc, on se dérisque très, très vite.
06:35On a des rendements de l'ordre de 7-8%
06:38sur des obligations qui ont quand même
06:39des risques de crédit très intéressants.
06:42Et des sponsors qui sont ni plus ni moins
06:44que le Fonds souverain norvégien,
06:47le DFC,
06:48des sponsors internationaux de grande qualité.
06:50C'est une entreprise indienne qui fait ça ?
06:52Oui, tout à fait.
06:53Le pays qui se détache en ce moment
06:54dans l'univers émergent, c'est lequel ?
06:55Alors, il y en a beaucoup.
06:57Franchement, il y a pas mal de pays
06:58où ça se passe...
06:59Il y en a où ça ne se passe pas bien.
07:02Mais je crois qu'aujourd'hui,
07:03on ne peut pas ne pas parler de l'Argentine.
07:06D'abord, évidemment,
07:07parce que ce qui est en train de réaliser Milley,
07:10c'est même...
07:10Il faut se rendre compte que c'est même au-delà
07:12de ce que les marchés attendaient.
07:17Sur beaucoup d'aspects,
07:19c'est une réussite totale.
07:21Alors, évidemment, ça reste l'Argentine.
07:22Évidemment, on a peur
07:23parce qu'il y a des élections qui vont arriver
07:25et que tout peut changer à la moindre élection.
07:28Mais en plus de ce qu'il a obtenu
07:30au niveau vraiment du budget,
07:33enfin, on va dire au niveau du souverain,
07:35il y a beaucoup d'opportunités
07:36dans le secteur privé et les entreprises
07:37puisqu'il y a beaucoup de privatisation.
07:40Si on reprend encore le secteur
07:41de la production d'électricité, par exemple,
07:43où il y avait beaucoup d'aides d'État,
07:45eh bien, il faut que ça s'arrête
07:46puisqu'il est à la tronçonneuse.
07:47Donc, si vous arrêtez les aides d'État,
07:49ça veut dire qu'il faut trouver
07:50un relais de financement.
07:51Qui est le relais de financement ?
07:52Le secteur privé.
07:53Et là, il y a donc des opportunités
07:54puisqu'il y a des investissements
07:56qui vont être faits
07:56et donc du besoin de financement
07:58qui apparaît.
08:00Michael Israël,
08:01associé fondateur d'IVO Capital.
08:03Merci beaucoup, Michael.
08:04Nous avons accompagné.
08:05Merci à vous.
08:06Très intéressant.
08:06On n'en parle pas assez
08:07de ces obligations émerdantes,
08:09mais on est sur cet autre monde,
08:10cet autre monde qui se bâtit,
08:12en tout cas, cette autre souveraineté
08:13qui, parallèlement à la nôtre,
08:14parallèlement à notre puissance historique,
08:16est en train, elle, aussi,
08:17de prendre sa part.
08:18C'est que je vais faire à l'ети.
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