00:00Michael Israël est avec nous. Bonjour Michael, bienvenue.
00:02Bonjour.
00:03Associé fondateur d'Ivo Capital.
00:04Vous nous accompagnez ici régulièrement.
00:06Depuis que la dernière fois que vous êtes venu, depuis deux mois en gros,
00:09il y a un petit changement quand même.
00:10C'est que ce segment obligataire s'est globalement tendu à l'échelle mondiale.
00:13Qu'est-ce que ça change ça pour ce pan du marché dans lequel vous investissez,
00:17à savoir les obligations d'entreprises émergentes ?
00:19Alors écoutez, pour les entreprises émergentes,
00:23ça peut paraître un petit peu surprenant d'ailleurs,
00:26mais on est plus que dans la résilience,
00:28on a plutôt des performances même assez bonnes depuis le début de l'année.
00:32Pour vous donner quelques chiffres,
00:35nous on est à peu près, l'indice est à peu près à 2% de hausse
00:38depuis le début de l'année en euros.
00:41Nous sur nos fonds on est environ à 2,4%.
00:43Et si on compare avec les pays développés,
00:45sur le high yield européen on est à 0,7%,
00:49le high yield américain on est à 0,2%.
00:51Donc on a assisté même à de la baisse des spreads sur l'univers émergent,
00:55alors qu'il y a eu une augmentation des spreads sur les pays développés.
00:58Donc on a plutôt un univers émergent qui continue à donner de la confiance,
01:03il y a pas mal de flux, les marchés restent très ouverts.
01:07Il y a ce sentiment, je dirais que ça s'explique cette performance,
01:11il y a une double raison.
01:12Il y a un sentiment un peu généralisé de confiance dans les émergents,
01:17un peu par opposition à la défiance dans les développés,
01:20qui est quelque chose qui s'est un peu développé ces dernières années,
01:23avec toutes les problématiques de dette.
01:25Et les investisseurs, on le voit même dans nos rendez-vous,
01:27au lieu de nous questionner sur est-ce que vous êtes inquiet sur tel ou tel thème dans les émergents,
01:32on sent une inquiétude sur le dollar, sur la courbe des taux américaines,
01:36l'inquiétude elle est portée sur les développés,
01:39avec par opposition un peu plus de confiance finalement sur la situation,
01:44qu'elle soit budgétaire, que ce soit sur les devises, les actions et les obligations.
01:48Même s'il a quand même un effet pervers pour les émergences,
01:50les taux notamment en Occident et au Japon aussi montent,
01:54mais le dollar du coup monte aussi,
01:55ça c'est pas forcément très bon pour les entreprises émergentes ?
01:57Alors ça dépend comme toujours,
02:00puisqu'il y a des entreprises pour qui je dirais ça peut être neutre,
02:03comme notamment celles qui émettent sur les marchés de capitaux internationaux,
02:07émettent en dollars,
02:08et souvent elles ont des revenus en dollars aussi en face,
02:11donc on n'a pas forcément l'impact qu'on peut imaginer immédiatement négatif.
02:17Ensuite quand même, je dirais le renforcement du dollar auquel on assiste,
02:21il n'est quand même pas si fort que ça non plus,
02:23il aurait pu être d'ailleurs beaucoup plus fort,
02:25donc aujourd'hui ce n'est pas un critère qui a déstabilisé les marchés.
02:29Antoine ?
02:30Est-ce qu'on peut avoir deux ou trois exemples de grosses sociétés
02:35avec de beaux rendements dans ce domaine-là ?
02:37Oui, oui, alors je dirais, pour parler de sociétés,
02:41je vais parler de deux secteurs d'ailleurs,
02:42c'est marrant parce que ce sont deux secteurs qui sont corrélés,
02:46alors qu'ils sont aux opposés,
02:47donc si je vous dis le secteur de l'énergie,
02:50on peut le décomposer entre les énergies fossiles et les énergies renouvelables,
02:53et on a sur les énergies fossiles évidemment des grands, grands gagnants
02:58au niveau des entreprises,
03:00je dirais qu'aujourd'hui on peut décomposer en deux aspects,
03:04il y a les gagnants immédiats,
03:05c'est ceux qui ont la capacité à produire du pétrole,
03:09le vendre, voire à augmenter leur volume
03:11sans faire des investissements très importants,
03:13donc là on va évidemment retrouver l'Amérique latine,
03:16où aujourd'hui il y a des grands bénéficiaires,
03:19eux ils ont un pétrole qu'ils peuvent produire,
03:21qu'ils peuvent vendre,
03:22qui est très compétitif en plus,
03:24mais il y a des zones en Afrique notamment
03:25qui sont en train de regagner en compétitivité énormément,
03:28et puis il y a en Argentine aussi,
03:30avec tous les développements qu'il y a de pétrole de shale,
03:34un peu comme aux Etats-Unis,
03:36c'est un pétrole qui est très très flexible,
03:38et c'est un pétrole qui se vend très très bien
03:40et qui bénéficie énormément de la situation actuelle,
03:43d'ailleurs au passage l'Argentine va bientôt atteindre
03:45le million de barils par jour,
03:47donc dès 2026,
03:48donc il y a des grands gagnants immédiats.
03:49Après il y a des gagnants stratégiques,
03:51ce qui est très intéressant dans ce qu'on vit aujourd'hui avec l'Iran,
03:55c'est que pour beaucoup de majors,
03:57des Totals, des Shells, Chevron, etc.,
04:00on se rend compte aujourd'hui qu'il y a un prix,
04:02une valeur à donner à la localisation géographique,
04:04donc si vous voulez sécuriser vos approvisionnements,
04:07si je prends l'exemple de la liquéfaction du gaz naturel,
04:11aujourd'hui, on regarde tous les projets dans le monde,
04:14vous avez à peu près deux tiers des projets
04:15qui sont aux Etats-Unis, Russie, Qatar.
04:18Bon, on a compris qu'aujourd'hui,
04:20il y a de la valeur à avoir des projets ailleurs,
04:22donc à nouveau on va retrouver beaucoup de valeurs
04:25sur des projets en Afrique,
04:26sur des projets en Argentine,
04:28parce qu'ils permettent tout simplement géographiquement
04:30de diversifier les sources de production,
04:33et ça, ça redonne de l'investissement,
04:35ça redonne de la dynamique.
04:36Côté énergie renouvelable,
04:38on a des entreprises, si je prends l'exemple en Inde,
04:41d'abord l'indice a beaucoup changé,
04:42c'est intéressant, parce qu'à chaque période,
04:44il y a des secteurs qui prennent de l'ampleur,
04:47évidemment, l'électrification est dans les émergents,
04:50on passe directement à l'électrification renouvelable,
04:52on n'a pas à changer,
04:53on est dans le thème de l'électrification,
04:55et on est déjà dans le renouvelable.
04:57Donc, si on prend des pays comme l'Inde,
04:59alors d'abord dans les émergents,
05:00il faut savoir que par exemple le Brésil,
05:0188% du mix énergétique est déjà fait
05:04à base d'énergie renouvelable.
05:0588% où ils ont de l'eau, ils ont beaucoup d'eau.
05:06Mais il y a des pays où on est déjà à 100%,
05:08l'Éthiopie, le Costa Rica,
05:12c'est quelque chose qui est déjà...
05:13Parce qu'on n'est pas dans une étape,
05:14on a déjà un réseau électrique
05:17et on doit le remplacer,
05:18on est en train de le créer.
05:19Il démarre tout de suite par le meilleur en fait.
05:22Exactement.
05:22Comme les métros, toutes ces villes où il n'y a jamais eu de métro,
05:24quand elles construisent aujourd'hui un métro,
05:25tout de suite il est très en avance sur le nôtre.
05:27Exactement, on n'a pas l'impression d'être...
05:29Bon, on est dans cette situation-là,
05:31et pour en revenir aux renouvelables,
05:33on a aujourd'hui des opportunités très intéressantes.
05:36Par exemple, en Inde, il y a des émissions obligataires,
05:39on appelle ça des project bonds.
05:40Pourquoi c'est intéressant ?
05:41Il y a des besoins de financement énormes,
05:43donc il faut bien trouver du capital.
05:44Ce capital, il faut aller le chercher
05:46sur les marchés de capitaux internationaux.
05:47Il faut donner beaucoup de sécurité
05:48aux investisseurs internationaux.
05:50Donc d'abord, on est sur des financements en dollars,
05:52totalement dollarisés,
05:53il n'y a pas de risque avec les monnaies locales.
05:55On est sur du droit international au niveau des contrats.
05:58Et en plus de ça,
05:59on est sur des project bonds.
06:01Ça veut dire qu'on va avoir une obligation
06:03qui est collecte et arrêtée directement au niveau du projet.
06:05Et tous les cash flows du projet
06:07vont venir, pas en priorité,
06:10vont rembourser la dette.
06:11Ce n'est pas comme une entreprise,
06:12vous faites une obligation d'entreprise,
06:15où vous avez l'entreprise qui va faire son business,
06:17puis si elle fait des bêtises avec l'argent,
06:19entre guillemets,
06:20elle peut faire des mauvais investissements,
06:21il n'en reste pas pour vous en rembourser,
06:23elle peut faire une distribution de dividendes.
06:25Là, tout ce que va générer ce projet
06:28va obligatoirement aller au remboursement de la dette.
06:31Et en plus, ce sont des obligations amortissables.
06:32Donc, on se dérisque très, très vite.
06:35On a des rendements de l'ordre de 7-8%
06:38sur des obligations qui ont quand même
06:39des risques de crédit très intéressants.
06:42Et des sponsors qui sont ni plus ni moins
06:44que le Fonds souverain norvégien,
06:47le DFC,
06:48des sponsors internationaux de grande qualité.
06:50C'est une entreprise indienne qui fait ça ?
06:52Oui, tout à fait.
06:53Le pays qui se détache en ce moment
06:54dans l'univers émergent, c'est lequel ?
06:55Alors, il y en a beaucoup.
06:57Franchement, il y a pas mal de pays
06:58où ça se passe...
06:59Il y en a où ça ne se passe pas bien.
07:02Mais je crois qu'aujourd'hui,
07:03on ne peut pas ne pas parler de l'Argentine.
07:06D'abord, évidemment,
07:07parce que ce qui est en train de réaliser Milley,
07:10c'est même...
07:10Il faut se rendre compte que c'est même au-delà
07:12de ce que les marchés attendaient.
07:17Sur beaucoup d'aspects,
07:19c'est une réussite totale.
07:21Alors, évidemment, ça reste l'Argentine.
07:22Évidemment, on a peur
07:23parce qu'il y a des élections qui vont arriver
07:25et que tout peut changer à la moindre élection.
07:28Mais en plus de ce qu'il a obtenu
07:30au niveau vraiment du budget,
07:33enfin, on va dire au niveau du souverain,
07:35il y a beaucoup d'opportunités
07:36dans le secteur privé et les entreprises
07:37puisqu'il y a beaucoup de privatisation.
07:40Si on reprend encore le secteur
07:41de la production d'électricité, par exemple,
07:43où il y avait beaucoup d'aides d'État,
07:45eh bien, il faut que ça s'arrête
07:46puisqu'il est à la tronçonneuse.
07:47Donc, si vous arrêtez les aides d'État,
07:49ça veut dire qu'il faut trouver
07:50un relais de financement.
07:51Qui est le relais de financement ?
07:52Le secteur privé.
07:53Et là, il y a donc des opportunités
07:54puisqu'il y a des investissements
07:56qui vont être faits
07:56et donc du besoin de financement
07:58qui apparaît.
08:00Michael Israël,
08:01associé fondateur d'IVO Capital.
08:03Merci beaucoup, Michael.
08:04Nous avons accompagné.
08:05Merci à vous.
08:06Très intéressant.
08:06On n'en parle pas assez
08:07de ces obligations émerdantes,
08:09mais on est sur cet autre monde,
08:10cet autre monde qui se bâtit,
08:12en tout cas, cette autre souveraineté
08:13qui, parallèlement à la nôtre,
08:14parallèlement à notre puissance historique,
08:16est en train, elle, aussi,
08:17de prendre sa part.
08:18C'est que je vais faire à l'ети.
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