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  • il y a 8 mois
Ce mercredi 7 janvier, Bruno Vanier, président de Gemway Assets, s'est penché sur le moment d'investir en Amérique du Sud et la place des Émergents en bourse en 2026, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00BFM Bourse, vos placements, nos conseils sur BFM Business.
00:30Gagne combien là depuis l'opération, depuis la capture de Maduro ?
00:32Sans doute 10% en monnaie locale, mais ça ne veut pas dire grand chose, de toute façon on ne peut pas l'acheter.
00:36Donc ces chiffres restent très théoriques pour les investisseurs français, européens ou internationaux.
00:43Une bourse qu'on peut regarder, c'est effectivement la Colombie qui a très bien fonctionné l'année dernière
00:47et qui dans une situation politique peut être un peu délicate,
00:50vu qu'on aura des élections sur le congrès et présidentielles entre mars et mai prochain.
00:56– Et la bourse colombienne a gagné 6% depuis lundi.
01:02– Voilà, après ces marchés-là sont extrêmement étroits, y compris la Colombie,
01:08il y a un effet aussi de devise, les devises sud-américaines ont bien fonctionné l'année dernière,
01:12notamment le réel brésilien, le peso colombien mais aussi le peso mexicain
01:17qui est une des meilleures devises sur l'année en 2025.
01:21Donc il y a une partie du gain en dollars qui est quand même très liée à la devise.
01:25Perspective de baisse des taux aussi, on fait beaucoup monter ces marchés,
01:29à l'exception du Brésil qui est un cas un peu particulier, on va y revenir.
01:34Mais je dirais sur les marchés type Mexique, Colombie,
01:37je pense que le potentiel cette année est sans doute un petit peu limité,
01:40compte tenu des belles hausses qu'on a pu voir.
01:42La hausse du cuivre également a beaucoup aidé le Chili, qui a également bien performé.
01:51Le cuivre est au plus haut historique aujourd'hui.
01:54Effectivement, à ces niveaux-là, on ne sait pas trop où ça peut s'arrêter,
01:56mais quand même on est sur des niveaux très très surachetés sur ces sujets.
02:00Donc un peu de prudence, j'ai envie de dire, sur ces marchés sud-américains.
02:04Encore une fois, à l'exception du Brésil qui est un cas tout à fait particulier cette année,
02:08parce que, d'une part, l'année dernière, on avait des taux d'intérêt qui sont encore aujourd'hui au plus haut historique.
02:14On a un CELIC qui est à 15%, donc il y a eu une hausse des taux,
02:18ce qui est un rare pays où on a eu une hausse des taux l'année dernière,
02:21hausse de la devise, quelques valeurs qui ont quand même très très bien fonctionné, pas toutes.
02:26Donc la bourse au final a plutôt bien fonctionné l'année dernière.
02:29Cette année, on est quand même dans un contexte très incertain,
02:32où on va avoir beaucoup d'incertitudes politiques,
02:35parce qu'on a la grande élection latino-américaine.
02:38C'est les présidentielles au Brésil, effectivement.
02:39C'est les présidentielles au Brésil en novembre prochain, quoi.
02:42Et là, franchement, le jeu est très ouvert entre Lula,
02:46qui, s'il n'est pas malade, a toutes les chances de se représenter,
02:50a toutes les chances de remporter cette élection.
02:53À côté conservateur, c'est un peu plus flou.
02:55On ne sait pas exactement si le fils de Bolsonaro sera le candidat naturel du parti conservateur,
03:02ou si c'est Tarsicio, qui est le gouverneur de l'État de Sampaolo,
03:08qui, lui, a une très bonne cote.
03:11Et là, ce serait très bien pris par les marchés si c'était lui qui était désigné.
03:15Donc les deux étapes sur le Brésil, c'est en mars,
03:20à ce moment-là, fin mars, on va désigner les candidats, de part et d'autre,
03:23et ensuite les élections, quoi.
03:26Donc si Tarsicio est désigné contre ou avec le fils de Bolsonaro en tant que vice-président,
03:33ce sera un scénario plutôt positif.
03:35Si ce n'est pas le cas, ça va être un peu plus volatile, on va dire, quoi.
03:39Donc il faudra quand même faire un petit peu attention à ces marchés sud-américains cette année, quoi.
03:43Plus généralement, au-delà de l'Amérique du Sud, concernant les marchés émergents,
03:47on voit que la dynamique reste quand même baissière du côté du dollar.
03:51Est-ce que ce n'est pas justement un argument de plus pour les garder à l'œil ?
03:53Non, si, c'est vrai qu'historiquement, c'est vrai qu'on a une bonne corrélation négative
03:57entre la baisse du dollar et la hausse des marchés émergents.
04:00Elle est particulièrement vraie sur les marchés d'Amérique latine, comme on a pu le voir.
04:05Alors, c'est vrai qu'en Asie, quand on regarde l'année dernière,
04:07les devises ont été un peu plus mitigées.
04:09On n'a pas eu de forte hausse des devises contre dollars.
04:11Certaines ont monté un petit peu, comme le yuan chinois n'a monté que de 4-5%.
04:16Et donc, contre euros, on a baissé, entre guillemets, quoi.
04:19Même la roupie indienne a baissé contre dollars, elle a baissé de 15% contre euros, quoi.
04:23Donc, c'est quand même des chiffres pas aussi reluisants qu'on pourrait avoir sur l'Amérique latine.
04:31Mais néanmoins, baisse du dollar, on pourrait quand même avoir un rattrapage de ces devises.
04:36Et notamment le yuan, qui paraît extrêmement sous-évalué.
04:39Alors, c'est que le yuan est une devise qui n'est pas convertible, 100% convertible en tout cas.
04:43Donc, elle est managée par la Banque centrale chinoise.
04:46Si tant est qu'on pouvait avoir un peu de relâchement de la part de la Banque centrale
04:50pour laisser ces devises s'apprécier légèrement, quoi,
04:53ce serait un signal extrêmement positif pour la zone Asie, notamment.
04:58Vous citez le yuan, justement, la Chine, l'épine dans le pied de la Chine, c'est cette déflation, quoi.
05:03Vous pensez que cette année permettra à la Chine de sortir de la déflation ?
05:06Ah ben, si je le savais, je serais riche, oui.
05:10C'est la grande question chinoise, clairement.
05:12Alors, n'oublions pas que la Chine était en déflation depuis quasiment 4 ans, maintenant.
05:17Et on voit bien, on l'est fait sur les exportations chinoises.
05:21Les exportations chinoises explosent à la hausse.
05:23100 milliards de dollars d'excédent commercial par mois, au mois de novembre.
05:27Sans doute la même chose au mois de décembre.
05:29On voit que les prix chinois sont restés quasiment stables depuis,
05:34ou même ont légèrement baissé depuis 4 ans,
05:36alors que les prix, je dirais, ex-chinois, américains notamment,
05:40on a un différentiel de 30% qui devrait se retrouver dans la devise,
05:44d'où cette sous-évaluation assez marquante.
05:47Mais néanmoins, on a du mal de sortir de cette déflation, quoi.
05:53Et l'indicateur qu'il faut bien regarder, ce sont les taux à 10 ans chinois.
05:57On est à 1,88%, bien en deçà des taux américains ou des taux allemands
06:05que vous parliez, que vous avez évoqués tout à l'heure.
06:08Tant qu'on n'a pas une remontée de ces taux chinois,
06:11taux à 10 ans ou taux même à 30 ans,
06:14qui serait le signal vraiment d'une sortie de déflation,
06:18il faut rester un petit peu prudent sur cette thématique inflation-déflation.
06:22Toutes choses étant égales par ailleurs,
06:25on peut dire que si on avait une amélioration des prix en Chine,
06:30ce sera là aussi un signal supplémentaire très positif
06:34pour les valeurs domestiques chinoises.
06:37Oui, Chine qui restera portée par l'IA, on imagine par la tech,
06:40ça restera évidemment, un montée en puissance chinoise,
06:432026 devrait la confirmer là-dessus,
06:45il y a peut-être moins de questions que sur
06:47sortira ou ne sortira pas de la déflation ?
06:49Non, c'est vrai, c'est vrai que le marché chinoise est tellement profond,
06:52il y a de quoi se contenter dans toutes les différentes thématiques.
06:58Donc la thématique domestique consommation reste encore un sujet,
07:01en revanche tout ce qui est IA, tout ce qui est robotisation,
07:05tout ce qui est technologie en général,
07:08là on a un dynamisme extrêmement fort,
07:12et même des introductions en bourse qui sont quasiment quotidiennes,
07:17sur le marché de Hong Kong.
07:18Et à chaque fois des succès monumentaux.
07:19Et des succès monumentaux.
07:20Alors c'est tellement sursouscrit que finalement,
07:24ceux qui en demandent n'ont pas beaucoup de titres,
07:27mais quand même les hauts sont spectaculaires,
07:29ce qui bien sûr pousse beaucoup d'entreprises à vouloir se coter en bourse,
07:33et donc alimente ce dynamisme,
07:36on lève beaucoup de capitaux pour financer
07:38ces investissements dans l'intelligence artificielle,
07:43dont la Chine sera évidemment le grand acteur,
07:47sans doute pas le premier acteur,
07:48parce que les Américains le seront,
07:50mais au moins, sans aucun doute,
07:52le second acteur international.
07:54Après vous surveillez de près, j'imagine quand même,
07:55les tensions entre la Chine et le Japon.
07:58Là ce matin, Pékin a annoncé un contrôle des exportations
08:00sur tous les biens à double usage,
08:02susceptibles d'avoir des applications militaires au Japon.
08:04C'est-à-dire que selon Nomura,
08:05ça représente environ 68 milliards de dollars de marchandises.
08:0742% des imports totales de marchandises du Japon
08:10en provenance de Chine en 2024.
08:11C'est vrai que les Japonais sont aussi...
08:15Les exportations chinoises ont baissé en direction des Etats-Unis,
08:19mais partout ailleurs, elles ont explosé à la hausse.
08:22On ne parle même pas de la Russie,
08:24où c'est vertical,
08:25l'Amérique latine, l'Europe, le Japon.
08:28Chacun de ces pays va trouver des raisons
08:30pour calmer le jeu.
08:32Je pense qu'on aura ce sujet en Europe,
08:34on aura un sujet de tension politique
08:35entre l'Europe et la Chine,
08:38comme on a aujourd'hui entre le Japon et la Chine,
08:41parce que ces exportations paraissent trop importantes.
08:46Bruno Vannier, il est le président de Gemway Asset.
08:48Merci beaucoup Bruno, d'être passé nous voir.
08:50Bon retour.
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