- il y a 6 semaines
Ce jeudi 18 décembre, Didier Borowski, responsable de la recherche sur les politiques macroéconomiques chez Amundi, et Matthieu de Clermont, directeur des investissements Assurance & Stratégies Réglementaires chez Allianz GI, se sont penché sur l'inflation aux États-Unis, les taux directeurs de la BCE et l'économie japonaise dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.
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00:00BFM Bourse, le club de la bourse.
00:03Nos invités ce soir, Didier Borowski, responsable de la recherche sur les politiques macroéconomiques,
00:08notamment d'Amonie Institute, bonjour, bonsoir, on peut dire bonsoir, en décembre il fait déjà nuit, Didier.
00:13Bonsoir.
00:14Welcome.
00:15Mathieu Le Clermont aussi nous accompagne, bonsoir Mathieu.
00:17Bonsoir.
00:18Ravi aussi de vous accueillir, directeur des investissements sur assurance, stratégie réglementaire de Alliance Global Investors.
00:23On est ravi de vous accueillir l'un et l'autre, vous êtes les invités qu'il fallait absolument interroger ce soir
00:28parce que tout, tout nous mène aux politiques monétaires.
00:31On a la Banque Centrale Européenne qui a délivré, on aura la nuit prochaine la Banque du Japon,
00:35avec un risque sur la Banque du Japon, peut-être une hausse de taux, on en parlera,
00:38ça aurait peut-être des impacts sur les différents marchés mondiaux.
00:41Et d'abord la BCE et l'inflation américaine aussi qui poussent le marché à croire de plus en plus
00:45à des baisses de taux de la Fed l'an prochain.
00:47Deux, trois baisses de taux, cette inflation américaine, elle nous a surpris tout à l'heure.
00:50Elle a été publiée à 14h30 et elle est largement inférieure aux attentes aux Etats-Unis,
00:55les prix à la consommation, on les attendait à plus 3,1%,
00:57ils ressortent à plus 2,7% en novembre, Didier.
00:59Comment vous regardez, comment vous accueillez ce ralentissement sur le chiffre de novembre de l'inflation US ?
01:04Attention au bruit sur un mois, puis il faut rappeler que l'inflation sous-jacente reste stable,
01:08encore à 2,9%, donc attention à ne pas surinterpréter une dynamique mensuelle.
01:14Le fait est qu'il y a toujours cette thématique des tarifs douaniers
01:16qui peut finir par impacter les prix.
01:18Un deuxième élément qui est aussi important à avoir à l'esprit,
01:20c'est que pour bon nombre de ménages américains,
01:23l'inflation est beaucoup trop élevée, bien plus élevée que les salaires.
01:25Il y a une forme de modèle ONCA qui s'est construit,
01:27c'est ce qu'on dit depuis un bout de temps du côté de l'économie américaine.
01:29Vous avez en gros des ménages qui bénéficient d'effets patrimoniaux extrêmement marqués
01:34et qui arrivent à soutenir, qui soutiennent leur pouvoir d'achat,
01:36de facto, indépendamment de la dynamique des salaires.
01:38Et soit dit en passant, c'est souvent des travailleurs qualifiés
01:40qui ont des salaires réels en hausse,
01:41et puis de l'autre côté, il y a des ménages qui n'ont quasiment pas de patrimoine,
01:43qui ont des salaires réels en baisse,
01:45et ce n'est pas un ralentissement de l'inflation qui va changer la donne rapidement.
01:48Donc je crois qu'il y a des surinterprétations à court terme de ce type de nouvelles.
01:52Je ne crois pas qu'on soit rentré dans un cycle désinflationniste aux Etats-Unis.
01:55En tout cas, c'est bientôt pour le dire.
01:57La croissance, elle reste forte, probablement encore au-dessus du potentiel au second semestre.
02:00Il y a un momentum qui est là,
02:01même si ça s'accompagne d'une montée des inégalités au sein des Etats-Unis.
02:07Et il est difficile de construire un scénario puissamment désinflationniste aux Etats-Unis.
02:12Il y a un peu trop d'attentes peut-être du côté de la réserve fédérale américaine.
02:14Alors ceci dit, il faut faire très attention à la dynamique de la croissance
02:18qui va venir aux Etats-Unis, parce que les moteurs sont extrêmement fragiles.
02:21Au moindre ralentissement significatif de l'activité domestique aux Etats-Unis,
02:25la réserve fédérale se tiendrait prête à tirer beaucoup plus vite,
02:28même si l'inflation est encore trop élevée à ses yeux.
02:31Donc ce n'est pas uniquement l'inflation qu'il faut regarder,
02:33c'est le marché du travail qui lui se dégrade.
02:36Et c'est la dynamique de la demande interne
02:37qui est pour le moment portée par le boom de l'intelligence artificielle
02:40et par les effets richesses.
02:42Ça peut durer, c'est quelque chose qui est fragile
02:44et qui peut très vite s'inverser.
02:46Donc il va falloir être très vigilant sur ces points-là,
02:48bien au-delà de l'inflation en glissement annuel.
02:50– Donald Trump a prononcé hier soir un discours à la nation américaine
02:54dans lequel il a multiplié les signes d'autosatisfaction quand même
02:57en expliquant, c'est ce qu'il dit, je le cite,
02:59« Il y a un an, les Etats-Unis étaient morts,
03:00on est en train de leur redonner vie »,
03:02voilà ce qu'a dit Donald Trump la nuit dernière.
03:04Pour l'instant, c'est vrai qu'il n'y a pas de surinflation non plus.
03:06Vous dites qu'il n'y a pas de désinflation,
03:07mais il n'y a pas non plus d'immense explosion de l'inflation,
03:08malgré les droits de douane.
03:09Vous lui donnez quelle note la surdice à Donald Trump,
03:11pour l'instant, sur sa politique ?
03:13– En pur terme de politique économique,
03:15j'ai envie de dire que ce n'est pas une bonne gouvernance,
03:17parce qu'on a une économie qui était déjà au-dessus du potentiel,
03:20qui est stimulée par la politique budgétaire
03:23et par la politique monétaire.
03:25On était dans une économie qui était encore,
03:27il y a quelques mois, au plein emploi,
03:28et qui voit un déficit naviguer entre 7 et 8%.
03:31Donc, d'un point de vue de politique économique,
03:33on se demande, c'est quoi la suite,
03:35le jour où l'économie américaine rentrera en récession ?
03:37Où ira le déficit ?
03:38Quelle sera la trajectoire de la dette ?
03:39Il y a une forme d'insoutenabilité de la dynamique de la dette aux Etats-Unis,
03:42pas pour 2026-2027,
03:44ce n'est pas un sujet à court terme,
03:46c'est un vrai sujet de préoccupation en matière de politique économique,
03:48si on se projette à moyen terme.
03:49Il y a quelque chose de malsain dans la politique économique américaine.
03:52À cela s'ajoutent les pressions sur la banque centrale américaine,
03:56ce que je ne crois pas qu'il y aurait ces anticipations
03:58de baisse des taux d'intérêt aux Etats-Unis,
04:00si les investisseurs et les marchés
04:02n'avaient pas intégré d'une certaine façon
04:04la succession de J. Powell,
04:05le fait qu'on va avoir un membre,
04:08un chairman de la Réserve fédérale
04:10qui d'une façon ou d'une autre sera un peu plus doviche,
04:12et donc ils internalisent d'une certaine façon
04:15la pression politique,
04:16parce que quand on regarde le couple croissance-inflation,
04:18aujourd'hui il n'appelle pas à lui seul
04:20un assouplissement monétaire supplémentaire,
04:23et d'autant plus que cet assouplissement monétaire,
04:25et vous l'avez mentionné au début,
04:27à chaque fois qu'on a des anticipations d'assouplissement monétaire,
04:29ça redonne de l'appétit pour les actifs risqués.
04:34Et donc là on est dans une forme de cercle de rétroaction
04:38qui trouvera tôt ou tard ses limites.
04:40C'est un peu une logique de boomer,
04:42c'est-à-dire que ça peut pousser encore à nouveau
04:43la croissance et les marchés plus hauts,
04:45mais la question qu'on doit vraiment se poser,
04:47c'est qu'est-ce qui vient après, à 12-18 mois ?
04:50On sait que beaucoup des effets des politiques
04:52qui sont menées sont par nature temporaires.
04:54Et alors pour la note, il faudrait aussi intégrer
04:56ce que Donald Trump est susceptible de faire au premier semestre,
04:59très inquiet qu'il est de cet eau d'approbation,
05:02de cet eau de popularité pour les mid-terms élections,
05:04des élections de mi-mandat,
05:05il est peu probable, comme il pré-annonce,
05:08qu'il va à nouveau prendre des mesures budgétaires,
05:11des chèques aux ménages, que sais-je encore,
05:13de façon à stimuler l'activité économique.
05:15Il est peu probable, à peu près.
05:15Non, il est assez probable.
05:16Très probable, oui, oui.
05:17Il est assez probable qu'il prenne de nouvelles mesures
05:20non standards,
05:21qui mécaniquement pourraient être positifs pour la croissance
05:23et donc satisfaire les investisseurs court-termistes,
05:26mais qui poseraient des réelles questions
05:28sur la durabilité de ce cycle
05:30et sur les risques pris pour après les élections de mi-mandat,
05:33c'est-à-dire, on sait que c'est des effets soufflés,
05:35ce type de mesures d'injection,
05:37j'ai envie de dire, monétaire,
05:38qui provoquent de la demande à court terme.
05:40C'est de la gonflette, là, en fait.
05:41Il y a un côté gonflette dans l'économie américaine.
05:43C'est comme ça.
05:43On peut résumer ainsi les choses, Mathieu.
05:45Non, non, vous inquiétez pas pour le micro,
05:46on s'en occupe, il n'y a pas de problème.
05:47On peut résumer les choses ainsi,
05:49c'est de la gonflette,
05:49et tous les bons chiffres qu'on a
05:50sont des chiffres hyper court terme.
05:52Là, aujourd'hui, c'est l'inflation qui nous surprend.
05:53On est largement inférieure aux attentes au mois de novembre.
05:55Vous prenez ça avec beaucoup de distanciers aussi ?
05:56Sur votre point sur le discours d'hier soir,
05:59je pense que c'est d'abord un discours de président en campagne.
06:01Comme vous l'avez dit,
06:02il y a un tiers d'avis favorables
06:03et deux tiers d'avis défavorables sur la présidence aujourd'hui.
06:06Et on parlait de l'emploi.
06:06Si on regarde l'emploi,
06:07c'est un des gros éléments de déception
06:09et on voit les effets aujourd'hui
06:10potentiellement sur la consommation.
06:12Donc oui, c'est quelque chose qui déçoit les ménages.
06:15L'inflation était au-delà de ce qu'ils attendaient.
06:18Donc ça fait partie des choses qui déçoivent.
06:19Et donc les chèques font partie de l'argument
06:21qu'il aurait pour soutenir sa deuxième
06:23ou sa première partie d'année.
06:25Et si on revient par contre sur votre premier point
06:27qui était sur la Fed,
06:28le chiffre d'inflation,
06:29même s'il faut le prendre comme il est,
06:31c'est-à-dire un seul chiffre,
06:32il vient quand même aider les marchés
06:34à continuer à anticiper ces baisses de taux
06:37au-delà de ce qui vient d'être dit
06:38sur les changements de membres
06:40de la Fed.
06:42Donc est-ce que c'est de la gonflette ?
06:43Oui, potentiellement.
06:45C'est vrai que l'effet richesse aux Etats-Unis,
06:46c'est quelque chose qui est très important
06:47et qu'ils n'ont plus d'épargne disponible.
06:50Donc c'est vrai que l'effet richesse
06:51qui est dans les marchés aujourd'hui,
06:52ça soutient grandement la confiance
06:54qu'on peut avoir.
06:54On parlera de la BCE dans un instant,
06:56bien sûr, parce qu'elle a délivré,
06:57elle aussi, ou non délivrée,
06:59quatrième statu quo d'affilée.
06:59Mais là, quand vous regardez
07:01le niveau des taux américains,
07:02vous êtes un spécialiste de ces marchés-là
07:04en l'occurrence, Mathieu,
07:0410 ans américains, aujourd'hui 4,1%.
07:07Bon, oui, il va beaucoup monter,
07:09ce taux américain,
07:10comment vous le voyez en 2026 ?
07:13Est-ce que c'est un peu l'encre
07:14que suivent les marchés ?
07:15L'encre, alors si on doit parler d'une encre,
07:17l'encre, c'est la Banque Centrale Américaine
07:19qui tient les taux bas,
07:20enfin qui devrait tenir les taux courts
07:21assez bas pour assez longtemps
07:23si, notamment, on a un nouveau membre
07:25de la Fed qui est très dovish,
07:28qui soutient les baisses de taux,
07:29et ça, c'est un ancrage important.
07:31Par contre, les taux longs,
07:32donc peut-être au-delà du 10 ans,
07:33pourraient, du coup,
07:34comme on l'a connu l'année dernière,
07:36remonter.
07:36Et donc, les banques centrales
07:37sont capables de tenir
07:38une première partie de la courbe,
07:40mais pas toute la courbe des taux.
07:41Et on est très conscients,
07:42et comme ça vient d'être évoqué,
07:44de ce risque de la spirale de la dette
07:46et qu'est-ce que la soutenabilité
07:48de la dette dans le futur.
07:49Ce n'est pas pour demain,
07:50mais c'est pour après-demain.
07:52Et le marché est très capable
07:53d'anticiper ça.
07:54Et donc, oui,
07:55le 10 ans autour de 4%,
07:56ça paraît des rendements intéressants
07:58quand on regarde l'Europe,
07:59quoique,
08:00mais surtout, il y a la Banque Centrale
08:01qui est là pour soutenir les taux courts.
08:03Donc, il y a des gens
08:03qui jouent ce mouvement-là.
08:05Mais j'adhère complètement.
08:06Ce qu'il faut dire,
08:06c'est que le taux 10 ans,
08:07ce n'est pas un vrai taux 10 ans.
08:08Il se comporte souvent en ligne
08:10avec la politique monétaire.
08:12Il ne devrait pas.
08:13En revanche,
08:13le taux à 30 ans, lui,
08:15est très déconnecté
08:16des décisions de politique monétaire.
08:17Et on l'a bien vu cette année,
08:17avec une pontification
08:19de la courbe des taux
08:19et des pressions haussières
08:20sur les taux longs,
08:20même quand on a des pressions baissières
08:22sur les taux courts.
08:23Et donc, ça montre
08:23qu'il y a une préoccupation
08:25des investisseurs.
08:25Le but n'est pas
08:26d'être catastrophiste,
08:27mais à moyen long terme,
08:28tout ça nous emmène
08:29sur un risque type 2008.
08:31Mais alors,
08:31on était dans la titrisation bancaire
08:33et l'immobilier.
08:34Là, on serait dans la dette publique,
08:35encore pire que 2008.
08:36Comment vous regardez
08:37l'ampleur du risque potentiel ?
08:39De notre point de vue,
08:41la défiance,
08:41elle s'est déjà vue cette année.
08:43Et si on prend les États-Unis
08:44ou l'Europe,
08:45on a vu que, par exemple,
08:46les dettes d'entreprises
08:47ont eu des performances
08:48relatives supérieures
08:50à certaines dettes souveraines,
08:51ce qui était considéré
08:52comme des taux sans risque.
08:53Et donc, il y a ce risque
08:54qui est toujours présent,
08:55enfin, qui est présent.
08:57On l'a vu,
08:58la France,
08:58si on reparle de la France
08:59un peu plus tard,
08:59ça a été une des illustrations
09:01avec des dettes d'entreprises
09:02qui ont été,
09:03avec des niveaux de taux absolus
09:04plus bas que ceux
09:05de l'emprunt souverain.
09:07Donc oui,
09:07c'est un des risques
09:08qui ne peut se matérialiser
09:10que dans quelques temps.
09:12Il y a toujours eu des flux
09:13qui ont soutenu les investissements
09:15parce que les taux d'intérêt
09:16en tant que tel,
09:17ils sont élevés.
09:183,5 pour le taux
09:20de 10 ans français,
09:21autour,
09:22ça reste des taux
09:23qui intéressent les gens,
09:23les taux d'emprunt
09:25d'entreprises aussi.
09:26Et donc,
09:27il y a toujours ce flux-là.
09:28Et cette année,
09:28on a eu un élément
09:29de rapatriation aussi
09:30des flux américains
09:31vers l'Europe,
09:32notamment parce qu'il y a eu
09:33des effets de change
09:34qui ont été pénalisés
09:35dès le début d'année.
09:35Et donc ça,
09:36ça a aussi soutenu
09:36la dynamique de flux.
09:37Donc le taux,
09:38en tant que tel,
09:39intéresse toujours les gens.
09:40Par contre,
09:41la pontification
09:41de la courbe des taux,
09:43c'est quelque chose
09:43qui est, d'après moi,
09:44dur à prévoir aujourd'hui.
09:46Si l'inflation baisse,
09:47en fait,
09:47ça fait moins de pression
09:50pour une courbe
09:52qui se pontifie,
09:52donc les taux longs
09:53qui se dégradent plus
09:53que les taux courts.
09:55Donc,
09:55pontification encore accrue.
09:57Oui,
09:57alors elle pourrait s'accroître
09:58du coup plus
09:59pour des problématiques
09:59de dette publique
10:00et d'incapacité
10:01à se financer.
10:02Et on l'a vu,
10:03l'Allemagne va se financer
10:05plus l'année prochaine,
10:06la France aussi.
10:07Donc on voit
10:07cette pression qui arrive.
10:08Et donc l'investisseur
10:09que je suis
10:10demande une prime
10:10de risque,
10:12donc une prime
10:12de rémunération
10:13qui est supérieure
10:14à celle qu'on demandait
10:15potentiellement
10:16il y a quelques temps.
10:17Et ça,
10:17ça joue sur les taux longs
10:18principalement.
10:18Et à la fin,
10:19ce sera moins d'investissements,
10:20moins de...
10:20Enfin,
10:21l'inverse de ce qu'on est
10:21en train de vivre aujourd'hui,
10:22c'est ça ?
10:22C'est un risque d'avoir
10:23un ajustement,
10:24notamment du côté
10:25des investissements
10:25en intelligence artificielle
10:26qui vont finir par buter
10:27sur la contrainte
10:28d'accès à l'énergie.
10:29Je crois qu'on ne le dit pas assez,
10:30mais il y a des contraintes
10:31quand même énergétiques,
10:31physiques,
10:32qui peuvent limiter quand même
10:33le potentiel de hausse
10:42il faut dire les choses
10:43très clairement.
10:43Ce que vient de faire
10:44la Réserve fédérale,
10:45même si c'était attendu
10:46d'une façon ou d'une autre,
10:47parce que c'est des opérations
10:48visant à stabiliser la liquidité,
10:49il n'y a pas eu de grandes surprises.
10:5040 milliards de dollars
10:51de rachat d'obligations.
10:52De rachat de T-Bills.
10:53C'est un petit QE ça quand même.
10:55Non, techniquement,
10:56ce n'est pas du QE,
10:57c'était pré-annoncé
10:58pour gérer la liquidité,
10:59donc on peut toujours
10:59l'habiller techniquement
11:00comme étant une mesure,
11:02mais en même temps,
11:03il faut quand même avoir à l'esprit
11:04que l'État américain
11:05se finance de plus en plus
11:12en matière de répression financière.
11:14Donc les opérations,
11:15je crois qu'il faut commencer
11:16à réfléchir à des politiques économiques
11:18aux États-Unis
11:19qui sortiraient complètement du cadre
11:20et qui pourraient inquiéter
11:22bien davantage les investisseurs.
11:23Et là, je crois que c'est le dollar
11:24qui peut très vite sanctionner les choses
11:25en baissant davantage.
11:27Ou alors, ce peut être
11:28les anticipations d'inflation
11:29qui finissent par dérailler
11:30si la croissance est toujours au rendez-vous.
11:33Donc attention à ces deux vecteurs-là
11:34qui peuvent à un moment donné
11:36ou à un autre
11:36finir par se réveiller
11:37en lien avec une gouvernance
11:40quand même en question
11:41sur les mois qui viennent
11:43pour gérer la situation.
11:44Ça fait du bien là.
11:45On est en train d'allonger la vue
11:46au-delà de l'écume des jours,
11:47au-delà de la séance du jour
11:48sur les États-Unis
11:49puis on va le faire aussi
11:50sur l'Europe.
11:51On est en hausse partout.
11:52Alors l'inflation américaine
11:53qui surprend positivement en novembre
11:55mais il faut la prendre
11:55avec des pincettes
11:56parce que le chiffre
11:56n'est pas complètement complet.
11:58Toujours les effets du shutdown.
11:59Le S&P gagne 1,3%.
12:00Le Nasdaq quasiment 2%.
12:01Et en Europe, la BCE
12:03a annoncé un nouveau statu quo monétaire,
12:04quatrième statu quo d'affilée.
12:06Elle a expliqué Christine Lagarde
12:07que ce statu quo avait été choisi,
12:09voté à l'unanimité des membres
12:11et pour la suite, dit-elle,
12:13toutes les options sont sur la table.
12:15Toutes les options dont on comprend,
12:17y compris une hausse de taux.
12:18Isabelle Schnabel, il y a deux semaines,
12:19avait parlé d'une possible hausse de taux.
12:20Elle avait expliqué
12:21quand la BCE sortira du statu quo,
12:22ce sera pour relever les taux,
12:23pas pour les baisser.
12:24Est-ce que d'une certaine façon,
12:25Christine Lagarde, en disant
12:26que toutes les options étaient sur la table,
12:28donne quittus à Isabelle Schnabel
12:30sur une possible hausse de taux
12:31sans l'exprimer clairement ?
12:33Mathieu ?
12:33Je ne sais pas si elle donne quittus
12:35parce que je n'étais pas là au comité
12:38de la Banque Centrale.
12:39Je pense par contre qu'elle vient confirmer
12:41un scénario qui était en train
12:42de se dépeindre quelque peu,
12:44qui est que la baisse de taux,
12:46ou les baisses de taux,
12:47si on avait deux,
12:47qui étaient anticipées
12:48pour les marchés l'année prochaine,
12:49sont en train de disparaître.
12:51Et pour des raisons qui sont,
12:53ce qu'on vient de voir aussi
12:54dans les prévisions
12:55de la Banque Centrale Européenne,
12:55une révision à la hausse
12:57des anticipations de croissance
12:58et un ancrage des anticipations
13:00d'inflation.
13:01Donc ils ont un peu modifié
13:02à la hausse aussi.
13:03Et ça fait suite à des données
13:06du troisième trimestre
13:07qui étaient plutôt encourageantes
13:08d'un point de vue croissance,
13:10avec quelques éléments techniques dedans.
13:12Et là, quand même,
13:13un quatrième trimestre
13:14qui est assez bien engagé.
13:15On a eu cette semaine
13:16les indicateurs,
13:16les PMI,
13:17donc les indicateurs avancés
13:19de l'économie,
13:21qui sont un peu revenus,
13:23mais qui pour autant
13:24restent assez bons.
13:25Il y a deux choses
13:25qu'il faut regarder.
13:26C'est que d'un côté,
13:27il y a l'industrie
13:27qui reste quand même
13:28le secteur très faible
13:29et les services
13:31qui restent le secteur favorable
13:32est lié au scénario de la BCE,
13:34c'est-à-dire qu'avec des prix
13:34qui restent plus forts
13:36qu'attendus
13:36et c'est ce qui a confirmé
13:38la hausse.
13:38C'est ça,
13:38c'est-à-dire que la BCE
13:39pour 2025 relève
13:40sa prévision de croissance,
13:41pour 2026 relève
13:42sa prévision de croissance,
13:43pour 2027 relève
13:44sa prévision de croissance.
13:45Elle est plus optimiste
13:46pour l'activité,
13:46mais elle relève aussi
13:47sa prévision de l'inflation
13:48et elle explique
13:49que toutes les cartes
13:50sont sur la table
13:50pour l'évolution
13:51des taux monétaires.
13:52Est-ce que vous comprenez,
13:53même si ce n'est pas dit clairement,
13:55qu'une hausse des taux
13:55ne devient pas impossible,
13:57Didier ?
13:58Parce que la prévision
13:59de l'inflation
13:59est revue à la hausse.
14:00Pas plus qu'une baisse
14:01des taux d'intérêt.
14:01Je pense qu'en fait,
14:03c'est plus inquiétu,
14:04j'ai envie de dire,
14:04à l'approche française
14:05type gouverneur
14:06de la Banque de France,
14:07consiste à dire
14:07qu'on a une approche stratégique
14:08avec une cible symétrique.
14:10Donc si on a une inflation
14:11qui surprend à la hausse,
14:12sont communiqués
14:13et compatibles
14:13avec une hausse de taux.
14:14Si l'inflation surprend
14:15à la baisse,
14:15il est tout aussi compatible
14:23c'est quand même
14:25quelque chose
14:25de très volontariste.
14:26Pour l'instant,
14:26on a une demande interne
14:27qui est quand même en berne.
14:28Ça a été dit,
14:28la production industrielle
14:29quand même est en grande difficulté.
14:30Alors c'est vrai
14:31que les économies
14:32comme l'économie française
14:32bénéficient encore
14:33de leur force relative
14:35du côté des services
14:36d'une certaine façon.
14:39C'est une surprise la France
14:39quand même
14:40dans le contexte politique.
14:40Oui, enfin il faut quand même
14:41avoir en tête
14:42que le taux d'épargne et ménage
14:43il est à 19%.
14:44Ce qui, si on fait exception
14:45de la période Covid,
14:46c'est le plus haut niveau
14:47depuis les années 70.
14:49Donc on est dans une phase
14:50d'incertitude fiscale
14:51qui a, selon la BCE
14:52et l'INSEE,
14:53selon la Banque de France
14:53et l'INSEE,
14:54coûté à peu près
14:54un demi-point de croissance
14:55depuis la mi-2024.
14:57Bon, la question,
14:57nul ne sait encore
14:58exactement quel sera
14:59le résultat des cours
15:00sur le plan budgétaire.
15:01Mais enfin, on voit bien
15:01que la période d'incertitude
15:02est le plus réduire davantage
15:03et il ne faut pas tabler
15:04sur une baisse rapide
15:05du taux d'épargne et ménage.
15:06À un autre sens,
15:08c'est prématuré,
15:09en tout cas au premier sommet
15:09de l'année prochaine.
15:10Il y a encore
15:11beaucoup de facteurs
15:11d'incertitude,
15:12de la molesse
15:13du côté de la demande interne,
15:14du côté de l'économie allemande,
15:15rien n'est joué.
15:16Je crois qu'il y a
15:16un peu trop d'optimisme
15:17sur les effets multiplicateurs
15:20liés à la politique budgétaire.
15:22Si bien que si la croissance
15:23déçoit et que l'inflation
15:24est davantage en deçà
15:27de la cible
15:27de la Banque Centrale Européenne,
15:28je pense que cette communication
15:29est tout à fait compatible
15:30avec notre scénario
15:32qui est celui
15:32qu'on pourrait avoir
15:33la porte ouverte
15:34à des baisses de taux
15:35au premier sommet.
15:35Vous restez sur cette position
15:37peut-être des baisses de taux
15:38encore l'an prochain ?
15:39Pour le moment,
15:40je pense qu'il est prématuré
15:41de s'engager sur un scénario
15:43de croissance solide
15:44dès le premier semestre
15:45l'an prochain.
15:45En tout cas,
15:46dans le couple franco-allemand,
15:47il y a des éléments
15:47idiosyncratiques particuliers
15:49à la France et à l'Allemagne
15:50qui nous font penser
15:51qu'on peut rester
15:52dans une phase
15:53où la demande interne déçoit.
15:54Et attention aux indicateurs
15:55avancés type PMI, etc.
15:56Il n'y a pas des déconnexions
15:58avec le cycle.
15:59Donc il faut être quand même
15:59extrêmement prudent sur le cycle.
16:01Il y a un volontarisme affiché
16:02sur les prévisions économiques
16:03de la Banque Centrale Européenne.
16:04Tant mieux s'il y a la raison.
16:06En effet, s'il y a la raison,
16:06ça fermera la porte
16:07aux baisses de taux d'intérêt.
16:08Il nous semble qu'il faut faire attention
16:10quand même à cette problématique
16:11de la demande interne à court.
16:12Mathieu, vous partagez l'idée
16:13qu'elle est trop optimiste
16:14sur la croissance à venir ?
16:15Alors, si on regarde
16:16les prévisions officielles chez nous
16:17et effectivement les prévisions
16:19de la baissée aujourd'hui
16:20qui est au-dessus des nôtres.
16:22Et nous, on reste toujours ouvert
16:23à une baisse de taux
16:23de 25 points de base
16:24assez rapidement dans l'année prochaine
16:26si notamment la croissance
16:28ne délivre pas.
16:29Mais c'est ouvert en fait.
16:30Maintenant, il faut attendre
16:31les données macroéconomiques
16:32pour voir s'il y a des effets
16:34aussi techniques sur l'inflation
16:35qui va baisser en début d'année.
16:36Donc, il va y avoir un peu
16:37une trajectoire qui n'est pas
16:38aussi linéaire que ça
16:39par rapport à ce qui nous a été
16:40annoncé aujourd'hui.
16:41Et puis, je crois qu'il faut
16:42rajouter à ça les éléments externes
16:44qui sont mentionnés d'ailleurs
16:45par Christine Lagarde.
16:46D'abord, on a les importations chinoises
16:48qui arrivent plus massivement
16:49de Chine.
16:50C'est déflationniste.
16:51En fait, compense la baisse
16:53de ses exportations vers les Etats-Unis
16:54en exportant vers d'autres pays asiatiques
16:56mais aussi vers la zone euro.
16:57De sorte que ça, c'est d'une certaine façon
16:59une forme de désinflation importée
17:01du côté de l'Europe.
17:02On a l'appréciation de l'euro
17:04qui a quand même été assez significative
17:05cette année et qui, de notre point de vue,
17:06peut se poursuivre.
17:07Non pas parce que la zone euro
17:09surprend la hausse,
17:09mais tout simplement parce que le dollar
17:10peut connaître une phase baissière,
17:12notamment pour toutes les raisons
17:13structurelles que j'ai évoquées.
17:14Donc, ce sont des facteurs
17:15quand même qui peuvent être
17:17désinflationnistes l'année prochaine.
17:19Donc, c'est la combinaison, en effet,
17:20inflation-croissance
17:21qu'il va falloir regarder.
17:22Sur les salaires, pour nous,
17:23c'est plutôt une thématique
17:24du ralentissement des salaires.
17:26On ne voit pas d'inflation salariale
17:28de ce côté-là.
17:29Donc, le marché du travail
17:30ne nous semble pas être quelque chose.
17:32Ce que vous êtes en train de décrire,
17:33messieurs, c'est les fondations de la maison.
17:35Tous les jours, pour tous ceux
17:36qui nous suivent à la radio et à la télé,
17:37on apporte des idées d'investissement,
17:38des pistes, des scénarios de marché,
17:40bien sûr, mais sous la maison,
17:42sous ce décorum, sous ce paysage
17:44qui nous attendra en 2026,
17:45il y a les fondations.
17:46Et c'est ce que vous êtes en train
17:46de décrire l'un et l'autre
17:47à travers les politiques monétaires,
17:48les trajectoires d'inflation,
17:51de croissance,
17:52les annonces des différentes banques centrales.
17:53On parlera de la Banque du Japon aussi
17:54dans un instant,
17:55parce que c'est peut-être la Banque centrale
17:56qui, en ce mois de décembre,
17:58impactera le plus les marchés.
17:59Plus encore que la Fed la semaine dernière
18:00et plus encore que la BCE,
18:01la Banque du Japon a suivi
18:02de très près la nuit prochaine.
18:03On va vous expliquer pourquoi
18:04dans un instant.
18:05D'abord, on est à 13 minutes de la clôture.
18:08On accélère.
18:09Dernière ligne droite de la séance.
18:10Et le CAC 40 aussi accélère.
18:12À là-haut, ça, c'est la bonne nouvelle.
18:13On gagne désormais près d'un pourcent
18:14à Paris, 8163 points.
18:16Le CAC 40, plus fort au Serofins scientifique,
18:18gagne 4%.
18:19Et si le Ruxotica aussi qui progresse ce soir
18:21grâce à la prolongation d'un accord de licence
18:24avec Burberry,
18:25et si le Ruxotica gagne 1,4%.
18:27Notez Alstom, ce beau contrat en Australie
18:29pour vendre 13 rames de métro
18:31à la ville de Melbourne.
18:32Alstom gagne 3,3%.
18:33Les replis, encore le secteur automobile.
18:36Malgré la volte-phase de Bruxelles
18:37sur le tout électrique,
18:38l'automobile européenne a bien du mal à redémarrer.
18:41Renault aujourd'hui perd à nouveau 1,7%.
18:43À suivre aussi Accor qui recule d'1,2%.
18:45Puis surtout Aéroport de Paris,
18:46le retour du risque réglementaire
18:49autour d'Aéroports de Paris,
18:50moins 11% aujourd'hui pour cette valeur.
18:52On y reviendra en détail
18:53après la clôture à 17h35.
18:54On parle de tous ces sujets
18:55et vraiment les fondations de la maison
18:58sur laquelle vous allez bâtir
18:59votre stratégie d'investissement en 2026,
19:01vous tous qui nous suivez.
19:01Avec nos deux experts,
19:02Didier Borowski et Mathieu de Clermont.
19:04Pourquoi la Banque du Japon,
19:05la nuit prochaine,
19:06sera-t-elle un rendez-vous peut-être marquant,
19:08mais le plus marquant de décembre
19:09d'un point de vue monétaire,
19:10plus encore que la Fed
19:11ou la Banque Centrale Européenne ?
19:12Didier ?
19:12Parce que la Banque Centrale Japonaise,
19:13elle est en opposition de phase
19:14avec la Banque Centrale Américaine.
19:18Elle monte ses taux d'intérêt,
19:19tout simplement,
19:20ce qui est un peu plus de signes d'inflation.
19:21On voit d'ailleurs que les taux obligataires
19:22ont fortement réagi à la hausse.
19:24On est sur des niveaux inobservés,
19:25parfois depuis plus de 20 ans,
19:26sur les taux à long terme.
19:27Donc il y a un changement de donne
19:28qui vient de l'alternance politique.
19:31Ce qui a vraiment changé la donne
19:32au cours des derniers mois,
19:34c'est bien sûr l'arrivée de Takahishi au pouvoir.
19:36Et la Banque du Japon, la nuit prochaine,
19:38pourrait relever ses taux ?
19:39Bien sûr, elle le peut.
19:40Je pense qu'elle le peut.
19:42En tout cas, il faut se projeter au-delà
19:43de la nuit prochaine.
19:44Il faut se projeter dans l'année qui vient.
19:45Le biais, il est que la Banque Centrale Japonaise
19:47puisse délivrer davantage de hausse de taux,
19:49un petit peu plus que ce qui est aujourd'hui attendu,
19:52parce qu'elle est inquiète aussi
19:53du fait que le Yen est un peu faible.
19:54C'est affaibli depuis l'arrivée de Takahishi.
19:56C'était déjà l'une des devises les plus faibles.
19:58Donc ça, ça préoccupe,
19:59d'un point de vue fondamental,
20:00les autorités japonaises.
20:02Et ça pourrait les conduire, en effet,
20:04à donner quelques signaux
20:05de normalisation monétaire.
20:07Et pourquoi ce serait embêtant,
20:08même pour nous, Européens ?
20:09Alors, la préoccupation du côté des Européens,
20:13c'est la problématique du rapatriement
20:16des obligations détenues par les Japonais
20:19à l'étranger.
20:20Donc, on sait que les Japonais,
20:22dans toute la période de déflation,
20:23ont massivement investi
20:24dans les titres obligataires étrangers en Europe,
20:26dans les émergents aux États-Unis,
20:28tout simplement pour bénéficier du portage.
20:30Donc ça a été la stratégie
20:31des épargnants japonais.
20:33Les Japonais refinancent une bonne partie de nos dettes.
20:36Alors maintenant, la question,
20:37c'est de savoir si vraiment
20:38les taux d'intérêt sont à des niveaux
20:40qui sont satisfaisants au Japon.
20:41Est-ce qu'on ne va pas avoir des Japonais
20:42qui vont vouloir investir davantage
20:44sur leur marché local
20:45et moins investir du côté des autres pays ?
20:48Auquel cas, vous auriez de façon endogène
20:49une pression haussière
20:50sur les taux d'intérêt à long terme,
20:52à commencer par les taux d'intérêt européens.
20:53Et ceci peut rétroagir d'ailleurs
20:54sur les politiques monétaires,
20:55parce qu'on n'a pas dit assez,
20:56mais les taux d'intérêt réels
20:57sont probablement trop élevés aujourd'hui
20:58pour certains pays européens.
21:00Donc, il va falloir faire très attention
21:01à cette thématique.
21:02Je ne crois pas que ce soit immédiat,
21:04mais je pense qu'à moyen terme,
21:05la thématique des rapatriements
21:06de capitaux des Japonais
21:07peut rétroagir sur les placements.
21:09Juste sur les taux japonais,
21:11si elles relèvent ces taux,
21:12on aura moins de japonais
21:14pour venir racheter nos dettes
21:15et donc moins de demandes sur nos dettes
21:16et des taux d'intérêt français,
21:17allemand, américain
21:18amenés à progresser
21:19si la Bosch sort du bois
21:20là cette nuit et en 2026 ?
21:22Alors, ce n'est peut-être pas
21:23jusque-là aujourd'hui.
21:23En tout cas, le cycle prix-salaire
21:25est quelque chose qui inquiète
21:26la Banque centrale au Japon.
21:28sur la logique des flux.
21:31Déjà, on a cette logique des flux.
21:32On l'a assez en retard
21:33par le ministère des Finances japonais
21:35et on l'a vu l'année dernière.
21:36Typiquement, quand la dette française
21:38s'est écartée,
21:39on a observé que les Japonais
21:40avaient acheté de la dette américaine
21:41qui était en taux de rendement
21:42aussi bien supérieur
21:43à ce qu'on pouvait trouver en Europe.
21:45Ça peut poser des questions
21:46parce qu'à 3% ou un peu plus
21:47sur le 30 ans japonais,
21:48oui, ce qui vient d'être dit est valable.
21:50Pourquoi aller se placer
21:51sur des taux européens
21:53alors que localement,
21:54sans faire de change
21:55et de portage supplémentaire,
21:56on viendrait sur la zone euro
21:59ou aux Etats-Unis.
21:59Donc oui, ça pose une question.
22:00Ça doit poser une question
22:01au Trésor français
22:02qui fait partie de ceux
22:03qui a largement baissé
22:04avec la France
22:05et d'autres pays
22:05qui ont une dette très liquide
22:06de ces flux d'investissement.
22:08Donc oui, c'est une question
22:09mais on aura encore une fois
22:10cette information
22:10avec un peu de retard.
22:12Antoine ?
22:13Nouveau record absolu
22:14pour l'once d'or fin
22:15au-delà des 4 400 dollars.
22:18On était à 4 403 en ce moment.
22:21L'argent s'était fait
22:21depuis longtemps.
22:22On est au-delà des 66 dollars
22:24maintenant 66,24.
22:25C'est en direct là ?
22:2617h26, nouveau record
22:27à l'instant de l'once d'or.
22:28Je ne vous donne pas
22:28les infos de la veille.
22:29J'essaye.
22:30On aurait pu se lancer
22:31une belle alerte marché.
22:324 403 dollars
22:33sur l'once d'or,
22:34mes amis.
22:35Ah oui, tiens,
22:35il va falloir continuer
22:36de miser là-dessus.
22:37Qu'est-ce que ça nous dit
22:37les records de l'once d'or ?
22:38Moi, je crois que ce n'est pas surprenant
22:40compte tenu du niveau de risque
22:41qu'on voit à tous les niveaux
22:42que ce soit sur le plan géopolitique
22:43ou sur le plan économique.
22:44Vous avez des investisseurs
22:45qui sont toujours enclins
22:46à s'exposer aux risques
22:47mais qui sont de plus en plus inquiets
22:49de ce qui se produit aux Etats-Unis.
22:50On a commencé à le voir en 2025
22:52une baisse du dollar.
22:53De notre point de vue,
22:54c'est le statut de dollar
22:54en tant que valeur refuge
22:56qui a été remis en question cette année.
22:57Et cette préoccupation,
22:58elle va monter en puissance.
23:00Et vous avez beaucoup d'investisseurs
23:01de toute nature
23:02qui considèrent des zones armées
23:04l'or comme un actif décorrélant
23:05qu'il faut détenir en portefeuille
23:07avec des proportions
23:08plus ou moins variables,
23:08on va dire aux alentours
23:09de 5 à 10 % en portefeuille.
23:11Tout simplement
23:11parce que s'il y a un choc externe,
23:13l'or est vu comme un actif
23:15qui est décorrélé
23:15du reste de portefeuille.
23:16Donc c'est une forme de couverture.
23:18Vous vous rendez compte
23:18que si tous les acteurs de marché
23:20font ce mouvement
23:21de diversification
23:23en essayant de protéger
23:24leur portefeuille
23:24des risques externes
23:26non maîtrisables,
23:27vous avez potentiellement
23:28une demande
23:29pas à rapport à une offre
23:30assez inélastique,
23:31vous avez une demande
23:32qui peut être assez élevée.
23:34Donc mécaniquement,
23:35ça peut pousser bien davantage
23:36encore à la hausse
23:36les cours de l'or.
23:37Effectivement.
23:38Passionnant de regarder
23:38tous ces actifs l'or,
23:40le marché obligataire,
23:41le marché actions,
23:42les politiques monétaires,
23:43on est au cœur de tout cela.
23:44C'est une fin de semaine
23:46très monétaire
23:47sur les marchés.
23:47Vous en êtes
23:47deux des meilleurs spécialistes,
23:49messieurs.
23:49Et voilà Chris,
23:50notre réalisateur 17h27
23:51qui surgit.
23:53Chris, messieurs,
23:53vous interroge.
23:54Salut Chris.
23:55Salut Guillaume.
23:56Bonsoir les experts du club.
23:58En tant qu'investisseur individuel,
23:59j'ai une question
24:00un peu plus personnelle
24:01à vous poser.
24:01Êtes-vous prêt ?
24:03Oui.
24:04Alors en 2026,
24:05selon vous,
24:06quelle classe d'actifs
24:07aura le plus de chances
24:07de faire la différence ?
24:09Les obligations d'entreprise
24:10ou les actions ?
24:11Les actions.
24:16Pourquoi les actions
24:17plutôt que les obligations
24:18d'entreprise ?
24:18Il y a du rendement
24:19quand même,
24:19bon rendement sur les obligations
24:20d'entreprise.
24:20Il y a du rendement
24:21sur les obligations d'entreprise,
24:22mais dans un portefeuille
24:23diversifié,
24:24je pense qu'il y a encore
24:26des gisements d'opportunités
24:28du côté des marchés d'action.
24:30Il va falloir être simplement
24:31diversifié sur le plan sectoriel
24:33et sur le plan géographique.
24:35Et à l'intérieur du plan sectoriel,
24:36on peut se diversifier
24:37du risque technologique américain
24:38en regardant les valeurs technologiques,
24:40par exemple,
24:40dans des marchés émergents.
24:41Du côté des marchés obligataires,
24:42c'est bon dans un portefeuille
24:43obligataire,
24:44c'est-à-dire que ça vient
24:45apporter du rendement
24:46quand on recherche du portage.
24:47Mais les spreads de crédit
24:48sont assez serrés,
24:49donc je pense que dans une optique
24:50risque-rendement en 2026,
24:52il existe encore des gisements
24:54de valorisation du côté
24:55des marchés d'action,
24:56à condition qu'on ait raison
24:57sur l'économie mondiale,
24:58c'est-à-dire qu'elle reste,
24:59comme on le pense,
25:00plutôt résiliente
25:00avec une inflation sous contrôle.
25:02Alors, quitte à investir
25:03plutôt en actions,
25:04quel secteur ?
25:05On ouvre le grand livre
25:06de l'investissement en actions
25:07pour 2026.
25:08Quel secteur ?
25:09Simplement,
25:10il faut se diversifier
25:11de la tech américaine.
25:13Je crois que ça,
25:13c'est un des grands éléments
25:14qu'il faut avoir à l'esprit.
25:16Le deuxième élément
25:17qu'il faut avoir à l'esprit,
25:19c'est aller chercher,
25:20comme je disais,
25:21probablement des opportunités
25:23du côté de la tech
25:24de certains pays énergents,
25:25l'Inde, la Chine
25:27et d'autres encore.
25:28Et puis, il faut regarder aussi,
25:29je pense,
25:30les petites et moyennes
25:31capitalisations en Europe
25:32parce que c'est toujours
25:34un segment de marché
25:35qui peut bénéficier
25:36de la nouvelle donne
25:36industrielle en Europe
25:37où on a une politique
25:38qui se ressente
25:40sur des thématiques
25:41d'autonomie stratégique,
25:42de sécurité,
25:43de transition énergétique,
25:45etc.
25:45Et ce ne sont pas uniquement
25:46les grands groupes
25:47qui vont en bénéficier.
25:50Donc, je pense qu'il y a
25:50toute une volonté
25:51de créer aussi
25:51des chaînes de valeurs
25:53pan-européennes,
25:53un renforcement
25:54de l'intégration européenne
25:55et dans ces chaînes de valeurs,
25:56les petites et moyennes
25:57de capitalisation
25:57peuvent sortir du guet
25:59et offrir
25:59de bons couples romantiques.
26:01C'est plutôt l'Europe
26:02ou Wall Street ?
26:02S'il y a un cessez-le-feu
26:03en Ukraine,
26:04sait-on jamais ?
26:04On n'a le droit
26:05de ne pas y croire
26:05quand on voit Moscou
26:06qui reste très belliqueux.
26:07Mais voilà.
26:08Si cessez-le-feu,
26:09il y a,
26:09ce sera un énorme
26:10game changer pour nos marchés
26:11et les cours du pétrole
26:11peut-être amenés à baisser.
26:13Bon pour la croissance européenne,
26:14Didier ?
26:15Ce sera les deux,
26:16mon général.
26:16C'est-à-dire que ce sera
26:18porteur probablement
26:19pour le S&P 500,
26:20mais nous on se positionnerait
26:22davantage sur un S&P 500
26:23équipondéré pour faire abstraction
26:25ou pour se désensibiliser
26:27du risque de concentration.
26:28Et puis du côté de l'Europe,
26:29en effet,
26:29je pense que ça peut être
26:30quelque chose de très porteur.
26:31Il va falloir suivre de près
26:32évidemment cette dynamique.
26:33Il n'y a pas que des risques baissiers,
26:34il peut y avoir des risques haussiers.
26:35On est pour le moment
26:36assez prudent
26:37sur les perspectives de cessez-le-feu
26:38du côté de l'Ukraine.
26:39Il n'y a pas de...
26:40Oui, prudent sur les perspectives.
26:41Il faut être extraordinairement vigilant
26:43sur le plan géopolitique,
26:44mais aussi être agile
26:45et prêt à pouvoir se bénéficier
26:48de ce genre de...
26:49D'ailleurs, la défense,
26:50les acteurs de la défense
26:50continuent de bien marcher,
26:51même si depuis quelques semaines
26:52ça ralentit
26:53la hausse des acteurs
26:54de la défense en bourse.
26:55Rheinmetall va vendre,
26:56figurez-vous,
26:57acteur de la défense,
26:57va vendre le reliquat
26:58de ses activités civiles.
26:59En fait, Rheinmetall était encore présent
27:01dans les composants
27:01pour le secteur automobile.
27:02Eh bien, ils vont vendre
27:03cette activité pour se concentrer
27:04uniquement sur le militaire,
27:07cessez-le-feu ou pas en Ukraine.
27:08Rheinmetall est en hausse
27:09en ce moment à Francfort
27:10d'un peu plus de 0,6%.
27:11Et puis, une introduction en bourse
27:12en vue à Paris et à Francfort
27:13l'an prochain,
27:14le fabricant des fameux
27:15canons César,
27:15ces canons dont les Ukrainiens
27:17louent les vertus sur le terrain,
27:19les canons César,
27:20très très utiles.
27:21Vous entendez souvent
27:21que ce sont des canons français ?
27:22Non, ce sont des canons
27:23franco-allemands en l'occurrence.
27:25La société qui les fabrique,
27:26KNDS,
27:26est un groupe franco-allemand
27:27et KNDS sera introduit en bourse
27:29l'an prochain à Paris et à Francfort.
27:31Voilà.
27:32Ça va nécessiter beaucoup d'investissements,
27:33beaucoup de défenses d'investissements.
27:35Dans la défense,
27:36les Allemands ont annoncé le montant.
27:38L'an prochain,
27:38le chiffre a été officialisé aujourd'hui,
27:40l'an prochain,
27:40l'Allemagne émettra sur le marché
27:42512 milliards d'euros,
27:44dont un peu plus de 300
27:45sur le marché des capitaux
27:46et un peu plus de 100 milliards
27:46sur le marché monétaire.
27:48Ça va faire beaucoup,
27:49beaucoup de concurrence
27:50pour nous, Français,
27:50sur le marché obligataire.
27:51Il y aura beaucoup,
27:52beaucoup d'offres
27:52en face de ce que nous aussi,
27:54Français,
27:55on aura besoin de refinancer.
27:56Ça va être compliqué
27:56pour le 10 ans français
27:57de ne pas progresser l'an prochain.
27:59Mathieu ?
28:00De ne pas progresser l'an prochain,
28:02il y a une dimension directionnelle
28:04qui est compliquée à identifier.
28:05En tout cas,
28:06en termes relatifs,
28:07ça peut dire qu'aussi,
28:08la qualité de l'Allemagne,
28:10si le plan qui est annoncé
28:11ne se déroule pas
28:13comme il est prévu,
28:14ça veut dire quand même
28:15que le ratio de crédit,
28:17les niveaux de crédit
28:18de l'Allemagne
28:19vont se dégrader un petit peu.
28:20Donc on pourrait voir
28:21tous ces taux remonter,
28:22mais pour des mauvaises raisons.
28:23C'est-à-dire que la qualité
28:24de crédit global se dégrade.
28:26Cela dit,
28:26moi je pense que ce sera
28:27très bien absorbé.
28:28La dette allemande
28:29était l'une des dettes
28:29qui était très liquide
28:30mais pas suffisamment
28:31pour certains intervenants.
28:33Ça reste des meilleurs ratings,
28:35donc la meilleure notation
28:36de la zone euro,
28:37triple A.
28:38Aujourd'hui,
28:39la France est loin
28:39d'être à ce niveau-là.
28:42Ils vont être très agiles aussi.
28:43On a vu aujourd'hui
28:44qu'ils introduisaient
28:45un nouveau 20 ans
28:46dans la manière
28:46de se financer.
28:48Donc on sent que,
28:50avec ce qu'on a dit tout à l'heure,
28:51les courbes de taux
28:51qui se pontifient,
28:52donc les taux longs
28:53qui coûtent plus cher
28:54pour se financer,
28:55on sent que les émetteurs
28:56vont être beaucoup plus agiles
28:57pour choisir les points
28:58sur lesquels ils peuvent
28:59se positionner
29:00et répondre exactement
29:02à la demande des investisseurs.
29:03Des groupes d'assurance
29:04aujourd'hui n'ont plus besoin
29:05forcément d'aller acheter
29:06du 30 ans.
29:06Elles peuvent descendre
29:07sur des maturités plus courtes.
29:09Alors,
29:10je n'ai pas répondu
29:11à la question action
29:11ou obligation,
29:12mais on voit bien que...
29:13Mais juste du coup,
29:14compte tenu...
29:14Mais du coup,
29:15il y a quand même
29:15cette demande de rendement
29:16qui est présente,
29:17qui reste un des piliers
29:18des portefeuilles diversifiés.
29:20Ça fait du revenu
29:21et une des bonnes nouvelles,
29:23c'est que les taux
29:23sont plus hauts globalement.
29:24Et donc ça,
29:25ça génère des revenus permanents.
29:26Après,
29:26il faut être agile.
29:27On a vu dans la crise cette année
29:29qu'il y a des gens
29:29qui viennent acheter
29:30de la dette corporate
29:31parce que les spread,
29:32les rendements s'écartent.
29:33Et ça,
29:34c'est intéressant.
29:34À suivre l'an prochain,
29:35donc 512 milliards
29:36seront émis par l'Allemagne,
29:37dont un peu plus de 300 milliards
29:39sur les marchés de capitaux.
29:41Alors,
29:41ça va faire beaucoup de concurrence
29:42pour l'offre française.
29:43Bien sûr,
29:43actuellement,
29:44le 10 ans français
29:44est à 3,5.
29:45Le 10 ans allemand
29:45à 2,85.
29:47Ça nous fait du 70 points
29:48d'écart de taux
29:48entre la France et l'Allemagne.
29:49C'est à peu près stable.
29:50Il n'y a pas d'écartement du spread.
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