- il y a 21 heures
Les députés auditionnent l'économiste Thomas Piketty, notamment reconnu pour ses travaux sur les inégalités économiques et son constat d'une fiscalité progressive jusqu'aux classes moyennes et franchement régressive pour les 5 % les plus riches en France. Il est auditionné dans le cadre de la commission d'enquête relative à l'imposition des plus hauts patrimoines et des revenus les plus élevés et à leur contribution au financement des services publics. Cette commission d'enquête a été créée en février dernier à l'initiative du groupe "LIOT" et a pour rapporteur Charles de Courson (LIOT) et pour président Jean-Paul Mattei (MoDem).
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00:00:02Générique
00:00:07Bonjour à tous et bienvenue dans la séance Est Ouverte.
00:00:11Dans ce numéro, revenons sur l'audition de l'économiste Thomas Piketty
00:00:15par la commission d'enquête sur l'imposition des hauts patrimoines.
00:00:19Regardez.
00:00:20C'est un sujet excessivement technique.
00:00:23Et le temps limité de cette audition
00:00:28appelleront certainement des compléments pas écrits
00:00:30aux questions qu'on a pu vous poser.
00:00:33Et si vous pouviez nous apporter certaines réponses écrites
00:00:36aux questionnaires qui vous a été adressés,
00:00:39ça serait précieux pour notre commission,
00:00:40notamment pour nourrir la réflexion de notre rapporteur
00:00:44dans la rédaction de son rapport.
00:00:47Nous sommes dans le cadre d'une commission d'enquête.
00:00:49Et l'article 6 de l'ordonnance du 17 novembre 1958
00:00:53relative au fonctionnement des assemblées parlementaires
00:00:56impose aux personnes auditionnées
00:00:58par une commission d'enquête
00:01:00de prêter serment, de dire la vérité,
00:01:03toute la vérité, rien que la vérité.
00:01:05Je vais donc vous inviter à lever la main droite
00:01:07et à dire je le jure.
00:01:10Je vous remercie.
00:01:11Je passe immédiatement la parole
00:01:13à notre rapporteur qui va commencer
00:01:16à vous poser les questions.
00:01:19Monsieur le professeur, dans votre ouvrage
00:01:22intitulé Les hauts revenus en France au XXe siècle,
00:01:25le XXe siècle s'arrêtant, je crois,
00:01:27dans vos travaux en 1998,
00:01:38vous mettez en évidence une forte progression
00:01:40des revenus des ménages les plus aisés
00:01:42sur la période étudiée,
00:01:43en particulier pour le dernier centile de la distribution.
00:01:47Cette dynamique s'explique-t-elle, d'après vous,
00:01:51également par la croissance des revenus du patrimoine,
00:01:54comme le suggère notamment Camille Languet
00:01:56pour la période 98-2006,
00:01:59dans son ouvrage
00:02:01Les hauts revenus en France, 1998-2006,
00:02:05une explosion des inégalités,
00:02:07publiée en juin 2007.
00:02:10Deuxième sous-question,
00:02:11une évolution comparable est-elle observable
00:02:14dans les autres pays de l'OCDE ?
00:02:16Et cette évolution,
00:02:20est-ce qu'elle repose sur des déterminants
00:02:22similaires à ceux identifiés en France ?
00:02:26Troisième question,
00:02:27comment cette dynamique a-t-elle évolué
00:02:29sur une période plus récente,
00:02:31c'est-à-dire sur un quart de siècle,
00:02:34un peu plus les 28 ans suivants ?
00:02:39Dans ce même ouvrage,
00:02:41vous indiquez qu'une fiscalité accrue
00:02:43sur les plus grandes fortunes patrimoniales,
00:02:45notamment celles vivant principalement de leur rente,
00:02:50pourrait soutenir la croissance économique
00:02:51en réduisant leur proportion à épargner.
00:02:54Or, il est souvent avancé
00:02:56que l'épargne des ménages les plus aisés
00:02:57constitue un levier essentiel
00:02:59de financement de l'investissement.
00:03:01Donc pourriez-vous expliciter
00:03:02votre raisonnement sur ce point ?
00:03:04Voilà la première question.
00:03:12J'imagine que je dois appuyer là.
00:03:15Alors, pour répondre à cette question,
00:03:17si vous me permettez,
00:03:18je vais aussi reprendre ce que disait le président
00:03:21dans mon ouvrage qui s'intitule
00:03:23Une brève histoire de l'égalité,
00:03:25qui a été publié plus récemment
00:03:27que les revenus en France au XXe siècle,
00:03:29donc publié en 2001,
00:03:30et toujours intéressant,
00:03:31mais forcément, avec 25 ans de retard
00:03:33sur l'évolution des choses.
00:03:37Dans ma brève histoire de l'égalité,
00:03:39vous notiez que j'insistais
00:03:40sur l'hyperconcentration des patrimoines,
00:03:43qui se renvoie aussi à votre question.
00:03:45Mais, attention, dans un contexte
00:03:47d'un mouvement historique de long terme
00:03:49vers l'égalité,
00:03:50c'est-à-dire l'ouvrage s'intitule
00:03:52Une brève histoire de l'égalité,
00:03:53pas une histoire de l'inégalité.
00:03:54Et si cet ouvrage s'intitule
00:03:56Une brève histoire de l'égalité,
00:03:57c'est parce que la tendance à long terme
00:03:58est vers davantage d'égalité,
00:04:00vers une déconcentration des patrimoines.
00:04:02C'est-à-dire que, oui, la concentration
00:04:03des patrimoines est forte aujourd'hui.
00:04:04Elle était encore plus forte
00:04:05il y a un siècle.
00:04:06Alors, on partait d'un niveau tel
00:04:07que, heureusement, d'une certaine façon,
00:04:09ça s'est déconcentré.
00:04:09Mais je pense que c'est important
00:04:10dans cette discussion.
00:04:12Moi, je ne suis pas du tout sur une ligne.
00:04:14Les choses vont toujours de mal en pire,
00:04:16sont toujours plus inégales.
00:04:18Ce n'est absolument pas ma ligne.
00:04:19Et surtout, ce n'est pas du tout
00:04:20la réalité historique.
00:04:21Donc, la réalité historique que moi,
00:04:22j'analyse, parce que je suis d'abord
00:04:24chercheur en histoire économique,
00:04:26c'est qu'on a, notamment en France,
00:04:28depuis la Révolution française,
00:04:29mais plus généralement dans l'ensemble
00:04:32des pays riches,
00:04:33un mouvement vers davantage d'égalité
00:04:35dans la répartition des revenus,
00:04:36dans la répartition des patrimoines
00:04:38sur le long terme,
00:04:38qui a été obtenu, notamment grâce
00:04:41à des transformations fiscales
00:04:43de grande ampleur,
00:04:44qu'on peut considérer aujourd'hui insuffisantes,
00:04:45que je considère aujourd'hui insuffisantes,
00:04:47mais qui, néanmoins, ont été
00:04:49un immense succès,
00:04:51sans remonter jusqu'à l'abolition
00:04:54des privilèges.
00:04:54Mais en même temps, c'est à ça
00:04:55qu'il faut remonter.
00:04:56C'est-à-dire que dans cette histoire longue,
00:04:57il y a un mouvement vers, finalement,
00:04:59un système fiscal social plus progressif,
00:05:02un État social plus développé,
00:05:04qui a non seulement permis
00:05:06de réduire les inégalités,
00:05:07mais dans le même temps,
00:05:09conduit à un niveau de prospérité
00:05:10sans précédent.
00:05:11Et j'en viens tout de suite
00:05:12à votre question sur l'épargne,
00:05:13c'est-à-dire que ce mouvement
00:05:15vers l'égalité ne s'est pas du tout
00:05:17traduit par une diminution
00:05:18de l'épargne et de l'investissement,
00:05:20ce qui aurait été difficilement compatible
00:05:21avec une prospérité accrue.
00:05:22Ce qu'on constate au cours du XXe siècle,
00:05:26enfin, sur le long terme,
00:05:27c'est que la concentration des patrimoines
00:05:28a fortement baissé,
00:05:29juste pour fixer quelques chiffres.
00:05:31Les 10% des Français les plus élevés,
00:05:34aujourd'hui, l'INSEE va nous dire
00:05:36qu'ils possèdent entre 50 et 60%
00:05:38du patrimoine total.
00:05:39C'est plutôt 60% si on inclut
00:05:41les plus hauts patrimoines,
00:05:42les milliardaires,
00:05:43c'est 50% si on les oublie
00:05:44et qu'on se concentre
00:05:45sur les enquêtes déclaratives
00:05:46auprès des ménages.
00:05:47Mais, alors, c'est beaucoup
00:05:48dans tous les cas,
00:05:49pour 10% de la population,
00:05:51mais, à la veille de la Première Guerre mondiale,
00:05:53c'était 90%.
00:05:55Donc, c'est juste pour fixer les choses.
00:05:57C'est-à-dire qu'on est dans un monde
00:05:58qui est à la fois très concentré,
00:06:00notamment du point de vue des patrimoines,
00:06:02puisque les 50% les plus pauvres,
00:06:04en gros, ne possèdent rien,
00:06:05possèdent 5% du patrimoine total,
00:06:07les 10% les plus riches,
00:06:0850-60% du total.
00:06:09Donc, c'est un monde
00:06:11de très forte concentration des patrimoines.
00:06:13Mais, il y a un siècle,
00:06:14c'était bien plus concentré encore,
00:06:16puisque les 10% les plus riches
00:06:17possédaient 90% du patrimoine total,
00:06:19ce qui veut dire qu'en fait,
00:06:20les 40% du milieu,
00:06:21qui ne sont ni les 10% les plus riches,
00:06:23ni les 50% les plus pauvres,
00:06:24que j'appelle la classe moyenne patrimoniale
00:06:26dans mes travaux historiques,
00:06:28en fait, il y a un siècle,
00:06:29n'existait pas.
00:06:30C'est-à-dire qu'en fait,
00:06:31elles possédaient,
00:06:32comme les 50% les plus pauvres,
00:06:33presque rien.
00:06:34Bon, un petit peu plus,
00:06:35toujours, par définition,
00:06:36mais presque rien.
00:06:37Donc, sur le long terme,
00:06:38il y a eu la constitution
00:06:39de cette classe moyenne patrimoniale,
00:06:42avec, au passage,
00:06:43une très forte baisse
00:06:43des plus hauts patrimoines.
00:06:45Les plus hauts patrimoines en question,
00:06:47si on leur avait annoncé ça
00:06:48il y a un siècle,
00:06:49auraient dit,
00:06:51voilà, le monde va s'effondrer,
00:06:52l'économie va s'effondrer,
00:06:53notre épargne va s'effondrer,
00:06:55comment allez-vous faire
00:06:56sans notre épargne
00:06:57et nos investissements ?
00:06:58Et la vérité,
00:06:59c'est que la France
00:07:00et tous les pays riches avec elle
00:07:01ne sont pas si mal sortis.
00:07:02Pourquoi ?
00:07:03Parce que les classes moyennes,
00:07:04les classes moyennes supérieures
00:07:05ont produit finalement
00:07:06encore plus d'épargne
00:07:07que ce que les plus riches
00:07:08produisaient avant,
00:07:09et il y a eu de l'investissement public,
00:07:11on ne va pas faire
00:07:12toute l'histoire économique
00:07:12du XXe siècle,
00:07:13mais tout ça pour dire
00:07:14que sur le long terme,
00:07:17la déconcentration des patrimoines
00:07:19est non seulement
00:07:20parfaitement possible,
00:07:21mais c'est ce qui s'est déjà réalisé
00:07:23et c'est ce qui a permis,
00:07:27finalement,
00:07:27ce qui a accompagné
00:07:28le mouvement de modernisation
00:07:29et de plus grande prospérité
00:07:31de la France dans son ensemble
00:07:32et des pays riches dans leur ensemble.
00:07:34Ça, c'est avant
00:07:34le premier point de vue très général.
00:07:36Après, pour rentrer un peu plus
00:07:39dans votre question,
00:07:40et je pense dans le contexte
00:07:42qui nous intéresse ici,
00:07:44je voudrais vraiment insister
00:07:46sur le fait que
00:07:46ce qui caractérise,
00:07:47je pense,
00:07:48notre période,
00:07:49c'est qu'on a retrouvé
00:07:51un niveau d'endettement public
00:07:52qu'on n'avait pas vu
00:07:53depuis, en gros, 1945.
00:07:55Et pour remettre
00:07:56les choses en perspective,
00:07:58la France a connu
00:07:59un peu trois grands épisodes
00:08:01de très hauts niveaux
00:08:01de dette publique,
00:08:02l'un qui mène
00:08:03à la Révolution française,
00:08:04qu'on connaît bien,
00:08:05l'un qui se reproduit
00:08:06à l'issue de chacune
00:08:06des deux guerres mondiales.
00:08:08Et aujourd'hui,
00:08:08avec autour de 100%,
00:08:10120% du PIB
00:08:11de dette publique,
00:08:13on retrouve des niveaux.
00:08:15C'est un niveau
00:08:16qui, grosso modo,
00:08:17est le même
00:08:17qu'à la veille
00:08:18de la Révolution française,
00:08:18autant qu'on puisse estimer
00:08:19le revenu national à l'époque.
00:08:21On arrive à des estimations
00:08:22à la dette publique
00:08:23en 1789
00:08:23de l'ordre d'une année
00:08:24de revenu national.
00:08:25Sauf qu'à l'époque,
00:08:27les impôts représentent
00:08:281 ou 2% du revenu national.
00:08:29Donc, c'est une dette, finalement,
00:08:30qui est beaucoup plus importante
00:08:31par rapport à la capacité
00:08:32de l'État
00:08:33à faire face
00:08:35à une dette pareille.
00:08:35Donc, c'est à la fois
00:08:36le même niveau,
00:08:37mais dans un contexte
00:08:38où la capacité
00:08:39à générer de la recette publique
00:08:40n'est pas du tout la même.
00:08:41Une économie
00:08:42qui est faiblement monétisée.
00:08:43Donc, de toute façon,
00:08:44la idée est même.
00:08:44Bon, d'une certaine façon,
00:08:46c'était beaucoup plus élevé
00:08:47à l'époque, pour résumer,
00:08:48même si formellement,
00:08:49ça se compare.
00:08:50Après chacune
00:08:51des deux guerres mondiales,
00:08:51on est à 200% du PIB
00:08:53en 1920 comme en 1945.
00:08:55Donc, ce qu'on pourrait tirer
00:08:56comme conclusion de ça,
00:08:57on s'en est toujours sorti,
00:08:58rien de très nouveau,
00:08:59si on prend une perspective
00:09:00un peu froide
00:09:01d'histoire économique.
00:09:02Oui et non,
00:09:03parce que ce qu'on constate,
00:09:04c'est qu'à chaque fois,
00:09:06pour faire face
00:09:07à ces situations
00:09:08d'endettement public
00:09:08extrêmement élevées,
00:09:10les pouvoirs publics,
00:09:12l'État,
00:09:12les forces sociales
00:09:13en présence
00:09:14ont été entraînés
00:09:15dans des bouleversements
00:09:16politiques
00:09:17de très grande ampleur.
00:09:18La Révolution française,
00:09:20l'abolition des privilèges
00:09:22de la noblesse,
00:09:23mais aussi et surtout
00:09:24la nationalisation
00:09:27sans contrepartie
00:09:28des biens de l'Église,
00:09:29qui représentait
00:09:3050-60%
00:09:31du régime national
00:09:32de l'époque
00:09:32qui vont être mis en vente
00:09:34pour renflouer
00:09:35les caisses publiques.
00:09:36Donc, ça,
00:09:36c'est de le rendre
00:09:38la super taxe du Khmann.
00:09:39C'est-à-dire,
00:09:39ce n'est pas 2%,
00:09:40c'est plutôt 50-60%
00:09:41sur les biens de l'Église,
00:09:42si on peut résumer.
00:09:43Et après chacune
00:09:44des deux guerres mondiales,
00:09:45c'est la même chose.
00:09:46C'est-à-dire que,
00:09:47je veux juste rappeler
00:09:48à votre commission,
00:09:50quels que soient
00:09:50les bords politiques,
00:09:51en 1920,
00:09:53c'est l'Assemblée,
00:09:55donc la majorité
00:09:56du Bloc national,
00:09:57l'une des plus à droite,
00:09:59qui votent l'impôt
00:10:00sur le revenu
00:10:00à 72%,
00:10:01le taux le plus à droite.
00:10:02Des députés
00:10:03qui, en 1914,
00:10:04étaient contre
00:10:04l'impôt sur le revenu
00:10:05à 2%.
00:10:06Les mêmes,
00:10:07enfin, pas exactement les mêmes,
00:10:08mais les familles politiques
00:10:09comparables,
00:10:09et qui se retrouvent
00:10:10en 1920 à voter ça.
00:10:11Pourquoi ?
00:10:11Parce que la situation
00:10:12d'endettement public du pays,
00:10:13l'inflation,
00:10:14le pouvoir d'achat,
00:10:15les salaires,
00:10:16qui n'a toujours pas retrouvé
00:10:16le niveau de 1914,
00:10:18ça paraît évident à tout le monde
00:10:19que les plus aisés
00:10:21doivent être mis à contribution.
00:10:23Et surtout,
00:10:23en 1945,
00:10:25et je voudrais m'arrêter là-dessus,
00:10:26parce que je pense vraiment
00:10:27que tout ce débat
00:10:28sur la taxe Zucmane,
00:10:28enfin, moi,
00:10:29je suis très content
00:10:30qu'il y ait mes étudiants préférés,
00:10:33et tout ça,
00:10:33donc je suis très, très content
00:10:34qu'on parle de la taxe Zucmane,
00:10:35mais en même temps,
00:10:35je veux quand même rappeler
00:10:36à votre Assemblée
00:10:37qu'avant de donner
00:10:39des patronymes
00:10:39de chercheurs aux taxes,
00:10:40il faut avoir aussi
00:10:41la mémoire
00:10:42de ce que l'Assemblée nationale
00:10:43elle-même a adopté.
00:10:44Et je voudrais juste dire un mot
00:10:45en concluant
00:10:46de cette première intervention
00:10:47d'un impôt vénérable
00:10:49qui est l'impôt
00:10:50de solidarité nationale
00:10:51adopté par l'Assemblée nationale
00:10:53en 1945,
00:10:54adopté et appliqué
00:10:55avec succès,
00:10:56avec des recettes considérables.
00:10:58Donc je rappelle
00:10:58le fonctionnement
00:10:59de l'impôt de solidarité nationale,
00:11:00c'est un prélèvement exceptionnel
00:11:03avec un barème
00:11:04en fonction de la fortune
00:11:05sans aucune exemption.
00:11:07Personne à l'époque
00:11:08n'aurait eu l'idée
00:11:09de créer une exemption
00:11:10pour les plus hauts patrimoines,
00:11:11quel que soit le terme
00:11:12qu'on utilise pour les désigner,
00:11:14avec un taux montant
00:11:15jusqu'à 20%.
00:11:16Alors l'impôt sur le revenu,
00:11:18ça va aboutir
00:11:18quand même à 2,5 millions
00:11:19de déclarations,
00:11:20donc c'est 15%
00:11:21des prix fiscaux de l'époque
00:11:22qui vont déposer une déclaration.
00:11:24qui vont déclarer en tout
00:11:25un total de patrimoine
00:11:26de l'ordre de 3 000 milliards
00:11:28de francs de l'époque,
00:11:29c'est de l'ordre de 2 années
00:11:33de PIB de l'époque,
00:11:34enfin c'est vraiment
00:11:34une immense,
00:11:3580% du patrimoine national
00:11:36à l'époque
00:11:36est déclaré
00:11:37dans des déclarations.
00:11:38Le taux d'imposition
00:11:39monte jusqu'à 20%
00:11:41sur les plus hauts patrimoines
00:11:44et avec en plus
00:11:45un taux supplémentaire
00:11:47sur l'enrichissement
00:11:49entre 1938 et 1945.
00:11:51Ce n'est pas un info
00:11:52sur les collaborateurs,
00:11:53il y a des mesures
00:11:54par ailleurs sur les collaborateurs,
00:11:55ça, ça s'applique aux résistants
00:11:56aussi bien que aux collaborateurs,
00:11:57c'est une mesure générale.
00:11:59Les enrichissements
00:11:59entre 1938 et 1945,
00:12:01les enrichissements nominaux,
00:12:02sachant que comme il y a
00:12:03pas mal d'inflation
00:12:03entre 1938 et 1945,
00:12:05il y a beaucoup de personnes
00:12:06qui ont simplement maintenu
00:12:07leur patrimoine
00:12:08en termes réels,
00:12:09mais qui ont augmenté
00:12:09en termes nominales,
00:12:10et là,
00:12:10le taux d'imposition
00:12:11monte jusqu'à 100%.
00:12:13Tout ça nous semble
00:12:14un peu une autre époque,
00:12:16mais ce que je veux dire,
00:12:17c'est que ça correspondait
00:12:18aussi à une situation
00:12:18d'endettement public
00:12:20telle qu'il fallait faire face
00:12:21à cette situation.
00:12:22Et tous les pays,
00:12:23à l'époque,
00:12:23ont eu des impôts
00:12:25exceptionnels sur le patrimoine
00:12:26à des niveaux
00:12:27souvent encore plus élevés.
00:12:29Donc l'Allemagne,
00:12:29en particulier,
00:12:30c'est l'exemple
00:12:30le plus souvent cité
00:12:31et qui est largement
00:12:32considéré historiquement.
00:12:33Là, je parle vraiment
00:12:34des recherches
00:12:34en histoire économique.
00:12:35Aujourd'hui,
00:12:36tout le monde considère
00:12:37que l'Aston-Hausgleich,
00:12:38qui est la loi
00:12:39sur le système
00:12:40de partage du fardeau
00:12:41qui est adopté
00:12:42par le Bundestag
00:12:43en 1952,
00:12:45était un grand succès
00:12:46historique.
00:12:46Donc c'est un impôt
00:12:47exceptionnel sur le patrimoine
00:12:48avec un taux qui monte
00:12:49jusqu'à 50%
00:12:50sur les plus hauts patrimoines,
00:12:51sur le stock de patrimoine,
00:12:53qui vise à compenser
00:12:55les plus bas patrimoines
00:12:56qui ont tout perdu
00:12:58et la réforme monétaire
00:13:00qui a permis,
00:13:01sans aucune inflation,
00:13:02de se débarrasser
00:13:02de la dette publique,
00:13:03mais avec beaucoup
00:13:03de petits détenteurs
00:13:04de titres de la dette publique
00:13:05qui ont tout perdu
00:13:06si on ne fait rien.
00:13:07Et donc cette mise
00:13:07à contribution
00:13:08des plus hauts patrimoines
00:13:09a un taux montant
00:13:09jusqu'à 50%
00:13:10permet de compenser
00:13:12ces plus bas patrimoines.
00:13:13Les recettes,
00:13:15les ordres de grandeur
00:13:16sont importantes.
00:13:16C'est-à-dire les recettes
00:13:17du Last of the Black,
00:13:17c'est très bien documenté,
00:13:18il y a des travaux
00:13:19d'histoire économique,
00:13:20il y a un très beau livre
00:13:20de Michael Hughes,
00:13:21historien états-unien,
00:13:22qui explique le contexte
00:13:24de l'époque,
00:13:25le besoin de reconstruire
00:13:26le pays sur une base
00:13:26de justice sociale.
00:13:28Les recettes,
00:13:29en 1952,
00:13:30quand l'impôt est adopté,
00:13:31c'est de l'ordre
00:13:32de 60% du PIB
00:13:34allemand de l'époque,
00:13:34parce qu'évidemment,
00:13:35c'est un impôt sur le patrimoine,
00:13:36donc c'est sur le stock,
00:13:37donc ça monte vite.
00:13:38Le patrimoine,
00:13:39ça peut être
00:13:39300, 400, 500% du PIB,
00:13:41donc si vous avez des taux
00:13:42qui montent à 50%
00:13:43sur les plus hauts patrimoines,
00:13:44forcément,
00:13:45c'est sur des recettes
00:13:45très sérieuses
00:13:46qui vont être payées
00:13:47sur plusieurs années,
00:13:48qui vont être payées
00:13:49en titre.
00:13:50C'est un autre point,
00:13:51c'est tous les débats
00:13:52qu'on a eus sur
00:13:53« ah mais j'ai pas de revenus
00:13:54pour payer ».
00:13:55Oui, évidemment,
00:13:56c'est un impôt sur le patrimoine,
00:13:57c'est payé en titre,
00:13:58historiquement,
00:13:58un impôt sur le patrimoine.
00:13:59C'est comme quand vous avez
00:14:00une réforme agraire
00:14:01qui va prendre
00:14:02une grande partie des terres
00:14:04au-delà de 200 hectares.
00:14:06Si le propriétaire dit
00:14:07« j'ai pas de cash
00:14:07pour payer ça »,
00:14:08évidemment,
00:14:09c'est pas le cash,
00:14:09c'est avec les terres
00:14:10qu'il faut payer l'impôt.
00:14:11C'est le but
00:14:11de redistribuer les terres.
00:14:13Et tous ces impôts
00:14:14d'après 1945
00:14:15ont été payés en titre.
00:14:17En particulier en France,
00:14:18l'impôt de solidarité
00:14:19internationale,
00:14:20adopté par l'Assemblée,
00:14:21de façon parfaitement légale,
00:14:23à ma connaissance,
00:14:24aucun changement
00:14:25de la Constitution
00:14:26depuis 1945
00:14:27n'a interdit
00:14:28ce type d'impôt.
00:14:28En tout cas,
00:14:28je ne connais pas
00:14:29de changement
00:14:29de la Constitution
00:14:30depuis 1945
00:14:32cette question
00:14:33de l'impôt progressif
00:14:33sur le patrimoine.
00:14:37Cet impôt progressif
00:14:38sur le patrimoine
00:14:40en France
00:14:40va rapporter...
00:14:42Les recettes en 1945,
00:14:43c'est 10% du PIB.
00:14:44C'est moins élevé
00:14:45que l'impôt allemand.
00:14:46Et puis, en plus,
00:14:46ça va être payé
00:14:48sur plusieurs années
00:14:49dans un contexte
00:14:50où, contrairement à l'Allemagne,
00:14:51il y a une très forte inflation
00:14:52en 50% par an.
00:14:53Donc, en fait,
00:14:54ce qui va être payé
00:14:55effectivement en valeur réelle
00:14:56par les uns et les autres
00:14:56est plutôt de 3 ou 4% du PIB.
00:14:58Bon, c'est toujours ça.
00:15:00Mais le cas allemand
00:15:01est plus réussi.
00:15:02Le Japon a adopté
00:15:03un impôt similaire
00:15:04sur les plus hauts patronnes
00:15:04avec un taux
00:15:05montant jusqu'à 90%
00:15:06en 1945.
00:15:07Enfin, bon,
00:15:08ce que je veux dire,
00:15:08tous les pays d'Europe,
00:15:09les pays développés,
00:15:10après,
00:15:11face aux crises
00:15:11de la dette publique
00:15:12des deux suites
00:15:13de la guerre mondiale,
00:15:14font appel à ce type
00:15:15d'outils.
00:15:15Et je pense qu'aujourd'hui,
00:15:17on parle de ces questions
00:15:18à nouveau,
00:15:19c'est dans ce contexte-là.
00:15:22Et je pense qu'il faut,
00:15:24enfin, à mon sens,
00:15:25se replacer dans ce contexte-là,
00:15:26pas pour reprendre
00:15:27exactement les mêmes solutions,
00:15:28parce qu'il y a eu plein de ratés
00:15:29dans ces systèmes
00:15:30qui ont été loin d'être parfaits,
00:15:31mais pour regarder
00:15:33qu'est-ce qui a marché,
00:15:35pas marché,
00:15:35comment on peut faire mieux
00:15:39à l'avenir.
00:15:40Alors, désolé pour cette première réponse
00:15:42un peu générale,
00:15:43mais moi,
00:15:44je suis d'abord chercheur
00:15:45en histoire économique,
00:15:46donc j'essaie de remettre
00:15:47les choses
00:15:48dans cette perspective longue.
00:15:53Oui,
00:15:54c'est un peu contraignant,
00:15:56mais enfin...
00:15:56Oui,
00:15:57petite observation
00:15:59sur vos remarques
00:16:00sur les impôts d'après-guerre,
00:16:01première guerre
00:16:02et deuxième guerre,
00:16:03c'est des impôts exceptionnels.
00:16:05Donc, on n'est pas du tout...
00:16:07Mais on verra ça
00:16:08dans la troisième partie
00:16:09des questions.
00:16:10là,
00:16:11ma première question...
00:16:14Oui,
00:16:16mais c'est exceptionnel,
00:16:17voilà,
00:16:17c'est des impôts exceptionnels.
00:16:19Donc,
00:16:20on va y revenir tout à l'heure
00:16:21et suite à deux guerres.
00:16:23Mais,
00:16:24pour revenir
00:16:24à ma première question,
00:16:25puisque vous n'avez pas trop répondu
00:16:26à ma première question,
00:16:28qui était
00:16:28est-ce que
00:16:29ce que vous avez constaté
00:16:31en France,
00:16:32est-ce que c'est la même évolution
00:16:34au XXe siècle ?
00:16:35On est sur le XXe siècle,
00:16:36on n'est pas encore
00:16:36sur le XXIe.
00:16:38Est-ce que
00:16:38c'est les mêmes tendances
00:16:42ou non ?
00:16:43S'il y a des grandes spécificités nationales ?
00:16:50Je réappuie.
00:16:51La tendance française
00:16:52ressemble beaucoup
00:16:53aux autres pays européens.
00:16:55En France,
00:16:56comme dans tous les pays européens,
00:16:57on observe
00:16:58une remontée
00:16:59des inégalités de revenus,
00:17:01en particulier
00:17:01des très hauts revenus,
00:17:02mais encore plus fortement
00:17:04des très hauts patrimoines
00:17:05depuis 20-30 ans.
00:17:06Mais cette remontée
00:17:07ne nous a pas fait revenir
00:17:09au niveau d'il y a un siècle,
00:17:10comme je le disais au départ.
00:17:11Sur le très long terme,
00:17:12on a une déconcentration
00:17:14des patrimoines
00:17:15et je pense
00:17:15qu'elle a été
00:17:17un grand succès.
00:17:18On a une remontée
00:17:19depuis les années 80-90
00:17:20qui s'explique
00:17:21par un certain nombre
00:17:22de facteurs,
00:17:22dont je pense
00:17:23que les atteintes
00:17:25à la progressivité fiscale
00:17:26sont l'un des facteurs,
00:17:27mais il y a évidemment
00:17:28d'autres mesures,
00:17:30notamment
00:17:32des régulations
00:17:33des marchés financiers,
00:17:34d'un ensemble
00:17:36de mesures économiques,
00:17:38financières,
00:17:38fiscales,
00:17:38qui avantagent plutôt
00:17:40les plus hauts revenus
00:17:40et notamment
00:17:41les plus hauts revenus financiers.
00:17:42La tendance française
00:17:43de ce point de vue-là
00:17:43est proche
00:17:44des tendances européennes
00:17:45de façon générale
00:17:46et s'écarte
00:17:49assez nettement
00:17:50de la tendance
00:17:50des États-Unis
00:17:51qui historiquement
00:17:52n'étaient pas
00:17:53plus inégalitaires
00:17:54que les pays européens
00:17:55mais qui depuis
00:17:56les années 80-90
00:17:57le sont devenus
00:17:59assez nettement
00:17:59avec un basculement
00:18:00politique dans les années
00:18:0180-90
00:18:02beaucoup plus fort
00:18:03qu'à favoriser
00:18:03beaucoup plus fortement
00:18:04les plus hauts patrimoines
00:18:06et les plus hauts revenus
00:18:06qu'en France.
00:18:07Je ne sais pas
00:18:08si ça ne répond plus
00:18:09directement
00:18:10à votre question.
00:18:12Vous n'avez pas
00:18:13tout à fait répondu
00:18:15à la dernière sous-question
00:18:17qui était,
00:18:17je vous rappelle,
00:18:19dans votre ouvrage,
00:18:19vous indiquez
00:18:20qu'une fiscalité accrue
00:18:21sur les plus grandes fortunes
00:18:22patrimoniales,
00:18:23notamment celles vivant
00:18:24principalement de la rente,
00:18:25pourrait soutenir
00:18:26la croissance économique
00:18:26en réduisant
00:18:28leur proportion
00:18:29à épargner.
00:18:30C'est la vieille thèse
00:18:31de l'euthanasie des rentiers
00:18:32chère à Keynes
00:18:34et quelques autres.
00:18:37Or, il est souvent avancé
00:18:39que l'épargne des ménages
00:18:40les plus aisés
00:18:40constitue un élevé essentiel
00:18:42du financement.
00:18:42En d'autres termes,
00:18:43ce qu'on constate,
00:18:45c'est que l'épargne
00:18:47est de plus en plus
00:18:49concentrée
00:18:51sur les hauts revenus
00:18:52et les hauts patrimoines
00:18:55par un phénomène
00:18:56d'ailleurs de vieillissement
00:18:56aussi de la population
00:18:57qui est l'un des facteurs
00:19:00parmi d'autres
00:19:01d'explication
00:19:02de cette situation.
00:19:04Et donc,
00:19:05est-ce que
00:19:08vous contestez
00:19:09les autres économistes
00:19:11qui disent
00:19:11mais attention,
00:19:12l'épargne,
00:19:13elle est concentrée
00:19:14sur les hauts revenus
00:19:16et les hauts patrimoines ?
00:19:18Je pensais vraiment
00:19:19avoir répondu
00:19:19sur ce point précédent
00:19:20à la première phrase
00:19:21tout à l'heure
00:19:21mais je vais reprendre
00:19:22qui est que cette baisse
00:19:23de l'épargne
00:19:24sur les plus hauts revenus
00:19:25et patrimoines,
00:19:26historiquement,
00:19:26elle a été compensée
00:19:28par la hausse de l'épargne
00:19:29chez les classes moyennes.
00:19:30Donc,
00:19:30je reprends la démonstration
00:19:32historique.
00:19:34Sur l'ensemble
00:19:34du XXe siècle,
00:19:36vous avez eu
00:19:36une très forte baisse
00:19:37des plus hauts patrimoines.
00:19:39J'ai rappelé
00:19:39les ordres de grandeur.
00:19:40On est passé
00:19:41d'une situation
00:19:41où ils détenaient
00:19:4290% du patrimoine national
00:19:43à une situation
00:19:44où ils n'en détiennent
00:19:45que 50%.
00:19:46Mais c'est quand même
00:19:46une sacrée baisse
00:19:47vu des personnes en question.
00:19:48Donc, forcément,
00:19:49leur capacité
00:19:49de financement
00:19:51d'épargne
00:19:51a chuté.
00:19:53Est-ce que
00:19:54la capacité
00:19:54de financement
00:19:56d'épargne
00:19:56du pays
00:19:57dans son ensemble
00:19:58a chuté ?
00:19:59Je vous laisse la réponse.
00:20:01On sait bien que non.
00:20:02Pourquoi ?
00:20:02Parce que la capacité
00:20:03d'épargne
00:20:04des classes moyennes
00:20:05et aussi
00:20:06l'investissement public
00:20:07ont fait plus
00:20:08que compensé.
00:20:09Et au total,
00:20:09si on regarde
00:20:10vraiment les choses
00:20:11de très loin,
00:20:12le taux d'investissement
00:20:13de l'économie française
00:20:14au XXe siècle
00:20:15dans la presse
00:20:16de la guerre mondiale
00:20:16est plus élevé
00:20:17qu'au XIXe siècle,
00:20:18alors que les inégalités
00:20:19sont fortement compressées.
00:20:21Donc cette idée
00:20:22qu'on a besoin
00:20:23d'une inégalité extrême
00:20:24pour dégager
00:20:25de l'épargne
00:20:25et de l'investissement,
00:20:27je suis désolé de vous dire,
00:20:28elle est d'un point de vue théorique,
00:20:30elle pourrait être intéressante,
00:20:31mais d'un point de vue
00:20:31juste pratique.
00:20:32Si on compare
00:20:32juste le XIXe siècle,
00:20:34la période jusqu'à
00:20:35la Première Guerre mondiale
00:20:36et la période
00:20:37depuis la Seconde Guerre mondiale,
00:20:39elle ne tient
00:20:40tout simplement pas.
00:20:41Puisque depuis
00:20:41la Seconde Guerre mondiale,
00:20:42on a à la fois
00:20:43moins d'inégalités,
00:20:44beaucoup moins de concentration
00:20:45des patrons
00:20:46au sommet
00:20:46et plus d'investissement
00:20:47et d'épargne au total.
00:20:48Donc je croyais avoir répondu
00:20:50sur ce point-là.
00:20:51Oui, mais
00:20:53vous dites que c'est
00:20:54les mêmes chances
00:20:55que les autres pays.
00:20:58Mais souvent,
00:20:59on souligne
00:20:59la spécificité française
00:21:01sur les taux d'épargne,
00:21:02c'est-à-dire
00:21:02un taux d'épargne élevé,
00:21:04ce qui était d'ailleurs
00:21:05le cas
00:21:05au XIXe
00:21:06et au XXe siècle.
00:21:08Les taux d'épargne français
00:21:10et l'épargne française
00:21:11d'ailleurs
00:21:11étaient de plus en plus exportées.
00:21:13on était à entre 20 et 30%
00:21:16de mémoire,
00:21:17l'épargne française
00:21:18investissait à l'étranger.
00:21:20On parle des emprunts russes,
00:21:21bien sûr,
00:21:22mais il y en a beaucoup d'autres.
00:21:24Ça,
00:21:25ça a évolué comment ?
00:21:28Et comment ça se répartit ?
00:21:44Mauvaises affaires
00:21:45ou des très très mauvais investissements ?
00:21:47Le taux d'épargne des ménages ?
00:21:48Oui.
00:21:49Non, mais le taux d'épargne des ménages
00:21:50c'est la principale composante
00:21:51du taux d'épargne national.
00:21:52Et de toute façon,
00:21:53les bénéfices réinvestis
00:21:54des entreprises,
00:21:55ça correspond à des choix
00:21:57des personnes
00:21:58qui détiennent ces entreprises.
00:21:59Donc il faut le mettre
00:22:00dans le raisonnement d'ensemble
00:22:01sur le taux d'épargne
00:22:02du secteur privé,
00:22:04des ménages,
00:22:05propriétaires d'entreprises
00:22:06ou non,
00:22:06en général.
00:22:07Et puis par ailleurs,
00:22:07il y a la composante publique
00:22:08à laquelle j'ai fait référence,
00:22:09évidemment.
00:22:10Et la somme des deux,
00:22:11c'est l'épargne nationale.
00:22:12L'épargne nationale,
00:22:14dont la principale composante
00:22:15est l'épargne privée
00:22:16et en particulier
00:22:16l'épargne des ménages,
00:22:17en France,
00:22:18sur longue période,
00:22:19en pourcentage du PIB
00:22:20au niveau national,
00:22:20n'est pas plus élevé
00:22:21que dans les autres pays.
00:22:22Sinon, on aurait accumulé
00:22:23des stocks de vétérance
00:22:23beaucoup plus élevés
00:22:24que dans les autres pays.
00:22:25C'est malgré ça.
00:22:25C'est-à-dire qu'actuellement,
00:22:26le patrimoine des ménages,
00:22:28on va être à 500% du PIB,
00:22:30des niveaux qui sont historiquement hauts.
00:22:32On était à 300% du PIB
00:22:34en 1970,
00:22:34qui sont comparables
00:22:36à très longue durée.
00:22:37Avant 1914,
00:22:38on était plutôt
00:22:38à 500-600% du PIB.
00:22:40Ces ordres de grandeur
00:22:41sont assez proches
00:22:42au Royaume-Uni,
00:22:43en Allemagne,
00:22:45aux États-Unis,
00:22:46c'est un peu plus bas
00:22:47pour différentes raisons,
00:22:49mais il y a des valorisations
00:22:50d'actifs
00:22:51qui peuvent être plus faibles
00:22:53sur l'immobilier notamment.
00:22:54Il y a différents facteurs,
00:22:55mais en tout cas,
00:22:56sur la longue durée,
00:22:58il n'y a pas forcément
00:23:00une spécificité française.
00:23:03En tout cas,
00:23:04comme vous l'avez rappelé,
00:23:05l'épargne française aujourd'hui
00:23:06est plutôt très élevée.
00:23:12L'idée qu'on ait un problème
00:23:14pour remplacer éventuellement
00:23:16l'épargne des plus fortunés
00:23:18ne me semble pas forcément
00:23:20très fondée,
00:23:21ni dans la situation de court terme
00:23:24vu la masse de l'épargne
00:23:25disponible en France,
00:23:28ni quand on fait
00:23:29des comparaisons de très long terme.
00:23:32Je passe à la deuxième question.
00:23:36Dans vos ouvrages,
00:23:37notamment pour une révolution fiscale
00:23:39que vous avez publiée en 2011
00:23:41et dans « Brève histoire de l'égalité »
00:23:42publiée en 2021,
00:23:45vous montrez une forte régressivité
00:23:48de l'impôt dans le haut
00:23:50de la distribution des revenus.
00:23:51Mais cette régressivité
00:23:52tient-elle principalement
00:23:55à la nature des revenus perçus,
00:23:58en particulier à prépondérance
00:24:00des revenus du capital
00:24:02ou à l'architecture même
00:24:03du système fiscal ?
00:24:04Et est-ce que vous tenez compte
00:24:06dans vos travaux relatifs
00:24:08aux inégalités de revenus
00:24:09et de patrimoine
00:24:10des droits à pension,
00:24:13des loyers fictifs
00:24:14et de la fiscalité indirecte ?
00:24:17Et dans l'hypothèse
00:24:20aux réponses de Rayet,
00:24:22pourquoi vous les avez exclus,
00:24:23ces autres éléments ?
00:24:26Je rappelle parce que
00:24:28le but de notre commission d'enquête,
00:24:32c'est la contribution
00:24:33des hauts revenus
00:24:33et des hauts patrimoines
00:24:35au financement des services publics.
00:24:37C'est-à-dire de regarder
00:24:39l'aspect recette
00:24:41et l'aspect dépense
00:24:42et de voir comment évolue le solde,
00:24:45si je puis dire.
00:24:57Vous voulez que je vous réponde
00:24:58aussi sur les dépenses ?
00:24:59Non.
00:25:07La question a été
00:25:07sur la régressivité fiscale.
00:25:09Alors la question,
00:25:09est-ce que vous prenez en compte
00:25:10les impôts indirects ?
00:25:11Oui, tous les impôts
00:25:12sont pris en compte.
00:25:12Donc ça,
00:25:13dans la révolution fiscale,
00:25:15j'invite tout le monde
00:25:15à retourner sur le site
00:25:16vieux de 15 ans,
00:25:17mais révolutionfiscale.fr,
00:25:19vous aurez des courbes
00:25:20où il y a les impôts indirects,
00:25:21les cotisations sociales,
00:25:22la taxe foncière,
00:25:23l'impôt sur le revenu,
00:25:24l'ISF,
00:25:24et c'est l'ensemble
00:25:25de la courbe
00:25:25qui est régressive.
00:25:28c'est tout.
00:25:29Enfin, ça prend en compte,
00:25:30ça essaie de tout prendre en compte.
00:25:32Et c'est effectivement
00:25:32assez proche
00:25:33des conclusions
00:25:35obtenues 15 ans plus tard
00:25:36par l'IPP
00:25:37avec des méthodes
00:25:38beaucoup plus sophistiquées
00:25:39puisque l'IPP,
00:25:41dans son étude
00:25:41sur la régressivité
00:25:42des prélèvements
00:25:43au sommet
00:25:44de la répartition
00:25:45des patrimoines,
00:25:46arrive à accès
00:25:47à des données
00:25:48beaucoup plus fines
00:25:49qu'on avait il y a 15 ans,
00:25:50c'est-à-dire arrive
00:25:51à regarder
00:25:52au niveau individuel
00:25:53les détentions
00:25:55d'actions
00:25:55dans les entreprises,
00:25:56donc avoir le taux
00:25:57d'imposition individuelle,
00:25:59de le ramener
00:26:00par rapport
00:26:00aux revenus économiques
00:26:01individuels
00:26:01compte tenu
00:26:02des détentions individuelles.
00:26:03Nous, ce qu'on faisait
00:26:04en 2011,
00:26:04c'était quelque chose
00:26:05de beaucoup plus grossier,
00:26:06c'est-à-dire qu'on observait
00:26:07dans les fichiers fiscaux
00:26:08combien les uns
00:26:09et les autres percevaient
00:26:10de dividendes taxables
00:26:11au sens d'impôt sur le revenu.
00:26:12On voyait que dans
00:26:12les comptes nationaux,
00:26:14les dividendes attribués
00:26:16aux ménages
00:26:16étaient plus importants,
00:26:18souvent parce qu'ils pouvaient
00:26:19être versés typiquement
00:26:20dans des holdings familiales
00:26:21ou dans des structures
00:26:22gérant les actions.
00:26:23On n'avait pas
00:26:24les données individuelles,
00:26:25contrairement à l'IPP,
00:26:26pour attribuer individuellement
00:26:27ces dividendes
00:26:28au contraire en question.
00:26:29Donc on faisait
00:26:29une règle 2-3
00:26:30très très basique
00:26:31qui est de dire
00:26:31si les dividendes fiscaux
00:26:33sont la moitié
00:26:33des dividendes distribués
00:26:34par les ménages,
00:26:36quand les distribués
00:26:38aux ménages
00:26:38d'après les comptes nationaux,
00:26:39on va supposer
00:26:40qu'en moyenne,
00:26:41les vrais dividendes économiques
00:26:42dont disposent les uns
00:26:43et les autres
00:26:43sont deux fois plus élevés
00:26:44que des dividendes fiscaux.
00:26:45Ce qui sans doute
00:26:46sous-estimait
00:26:47la régressivité fiscale
00:26:48puisque les plus fortunés
00:26:51ont plus de chances
00:26:51d'avoir des dispositifs
00:26:53d'optimisation fiscale
00:26:54avec des holdings familiales
00:26:55que le petit portefeuille
00:26:58du coin.
00:26:59Donc on faisait
00:27:00des hypothèses
00:27:00qui étaient assez minimales
00:27:01pour juste essayer
00:27:02de mettre en correspondance
00:27:03ce qu'on connaissait
00:27:04des comptes nationaux
00:27:05et la faiblesse
00:27:06des bases d'imposition
00:27:07observées dans l'impôt
00:27:08sur les dividendes
00:27:10et en faisant
00:27:11un exercice
00:27:11beaucoup plus compliqué
00:27:12l'IPP 15 ans plus tard
00:27:13a confirmé
00:27:14et a plutôt
00:27:15une régressivité fiscale
00:27:17au sommet
00:27:18encore plus forte
00:27:18pour les raisons
00:27:19que j'indiquais là.
00:27:21Donc ça je pense...
00:27:22Alors sur la question
00:27:23des pensions de retraite
00:27:24là, est-ce que vous comptez
00:27:25les droits à pension
00:27:26sur le patrimoine ?
00:27:27Là je crois qu'on bascule
00:27:27vraiment sur une question
00:27:28très très différente
00:27:29de la question
00:27:29de la régressivité fiscale
00:27:30au sommet me semble-t-il
00:27:31mais je veux bien répondre
00:27:33mais...
00:27:35Enfin on pourrait
00:27:36inclure
00:27:37les droits à pension
00:27:39dans la répartition
00:27:39des patrimoines
00:27:40et dans ce cas-là
00:27:41la part des patrimoines
00:27:42des 50% les plus pauvres
00:27:44serait moins ridiculement basse
00:27:45qu'elle ne l'est
00:27:46dans les patrimoines
00:27:47donc ça il n'y a aucun doute.
00:27:50Après, ça pose la question
00:27:52de façon générale
00:27:52de tous les droits
00:27:53à dépenses publiques
00:27:54c'est-à-dire que
00:27:55vous pourriez aussi mettre
00:27:56le droit à ce que
00:27:57votre enfant aille à l'université
00:27:59sans que ça vous coûte
00:28:0050 000 dollars par an
00:28:02ça vous fait aussi
00:28:02des économies considérables
00:28:04donc est-ce que ce droit
00:28:05il faut le capitaliser
00:28:06dans le patrimoine privé
00:28:08des ménages ?
00:28:09Bon voilà, plutôt que de tout
00:28:11capitaliser dans le patrimoine
00:28:12de tout capitaliser
00:28:13l'ensemble des droits
00:28:14à dépenses publiques
00:28:15dans le patrimoine
00:28:17nous on préfère
00:28:18utiliser le terme patrimoine
00:28:19pour les éléments d'actifs
00:28:21qui sont cessibles
00:28:22dont on peut se défaire
00:28:24et dont on peut vendre
00:28:25pour acheter autre chose
00:28:26ce qui n'est typiquement
00:28:27pas le cas d'un droit à pension
00:28:29je ne peux pas vendre
00:28:30la valeur totale
00:28:30de mes pensions
00:28:31sur les 30 années qui viennent
00:28:32pour m'acheter une maison
00:28:33aujourd'hui
00:28:33enfin je pourrais emprunter
00:28:34mais après on pourrait le faire
00:28:37c'est pas du tout
00:28:38mais je pense vraiment
00:28:39que c'est un peu orthogonal
00:28:40à la question de la régressivité fiscale
00:28:41c'est-à-dire que ça augmenterait
00:28:43le poids des 50%
00:28:44les plus pauvres
00:28:45dans le patrimoine total
00:28:45c'est certain
00:28:46dès lors qu'on introduit
00:28:48la sphère publique
00:28:49les dépenses publiques
00:28:49ça ferait ça
00:28:50et tant mieux
00:28:51parce que ça qui participe
00:28:52c'est une façon
00:28:53de mettre en évidence
00:28:53le mouvement
00:28:55de montée de l'état social
00:28:57et de l'égalité
00:28:58dont je parlais avant
00:28:58donc moi je suis ravi
00:29:00si on veut le mesurer
00:29:01de cette façon-là
00:29:03c'est pas forcément très utile
00:29:04non plus de tout capitaliser
00:29:05dans le patrimoine
00:29:06et par ailleurs
00:29:07par rapport à cette question
00:29:08de la régressivité fiscale
00:29:09au sommet
00:29:09ça me paraît
00:29:10orthomale
00:29:11oui
00:29:13les études
00:29:14l'INSEE a essayé
00:29:15de faire cela
00:29:18avec du scroquantime
00:29:20après ça ne peut pas faire
00:29:22oui
00:29:22là il faudrait
00:29:24il faudrait
00:29:24il faudrait
00:29:25qu'il fasse un effort
00:29:26c'est intéressant
00:29:27puisque c'est le but
00:29:29de notre projet
00:29:31oui mais là
00:29:31les chercheurs le font
00:29:32depuis longtemps
00:29:33il faut
00:29:33il faut
00:29:34il faut
00:29:35il faut
00:29:35il faut
00:29:37il faut
00:29:38il faut
00:29:40il faut
00:29:40il faut
00:29:40il faut
00:29:41voilà
00:29:42oui
00:29:43oui
00:29:44en fait
00:29:44l'étude
00:29:46de l'institut des politiques publiques
00:29:48était beaucoup plus restreint
00:29:51puisqu'il ne prenait en compte
00:29:53que les impôts directs
00:29:58non
00:29:59non mais
00:29:59non mais
00:30:00on ne lève pas des impôts
00:30:01pour le plaisir de lever des impôts
00:30:03on lève des impôts
00:30:04et des cotisations sociales
00:30:06etc. pour financer
00:30:07des dépenses
00:30:08c'est l'objet
00:30:08de notre
00:30:10de nos travaux
00:30:11si vous voulez
00:30:11et donc
00:30:12à ma connaissance
00:30:14le seul document
00:30:15qu'on ait trouvé
00:30:16c'est des études
00:30:18de l'INSEE
00:30:19qui ont essayé
00:30:19d'intégrer recettes dépenses
00:30:20mais n'anticipons pas
00:30:27le laboratoire
00:30:28sur les inégalités mondiales
00:30:29publie des répartitions
00:30:30après impôts et dépenses
00:30:33centile par centile
00:30:34et alors pas
00:30:34en s'arrêtant
00:30:35au 5%
00:30:35au 20% du haut
00:30:36en allant jusqu'au 0,01%
00:30:38depuis
00:30:38depuis 10 ans
00:30:39pour tous les pays
00:30:40dont la France
00:30:41donc là
00:30:41je vous arrête
00:30:42c'est
00:30:43toutes ces choses là
00:30:44existent
00:30:45une des constatations
00:30:46que nous faisons
00:30:47à ce jour
00:30:49c'est qu'on manque
00:30:50de données
00:30:51au delà
00:30:51quand on a déjà
00:30:53jusqu'à 5%
00:30:54voire 1%
00:30:55au delà
00:30:56les informations
00:30:58les études
00:30:59que fait l'INSEE
00:30:59tous les 3 ans
00:31:00par exemple
00:31:01ils nous disent
00:31:02vous savez
00:31:03sur le dernier
00:31:05alors sent-il
00:31:06qui est l'objet
00:31:07de nos travaux
00:31:09c'est de s'intéresser
00:31:10disons
00:31:11au dernier 1%
00:31:13voire au dernier millième
00:31:14voilà
00:31:15et bien
00:31:16aujourd'hui
00:31:17pour des tas de raisons
00:31:18qu'on expliquera
00:31:18dans notre rapport
00:31:20on n'a pas
00:31:20les données fines
00:31:22voilà
00:31:23non mais c'est un constat
00:31:24voilà
00:31:24c'est
00:31:26ça si vous voulez bien
00:31:27je vous ai décrit
00:31:28deux méthodes
00:31:28nous avons auditionné
00:31:30par exemple
00:31:31le CDE
00:31:32il faut couper
00:31:33je suis désolé
00:31:34mais
00:31:35ce constat
00:31:36le CDE
00:31:37le fait lui-même
00:31:39les études
00:31:40de l'OCDE
00:31:41bon
00:31:41alors
00:31:42maintenant
00:31:43on passe
00:31:44aux questions
00:31:45je veux dire
00:31:47les chercheurs
00:31:48dont les travaux
00:31:49sont vaguement reconnus
00:31:51à l'échelle internationale
00:31:52ont été au-delà
00:31:53du top 5%
00:31:54depuis plusieurs dizaines
00:31:56d'années
00:31:56donc après on peut dire
00:31:57ça ne nous intéresse pas
00:31:58tout ça
00:31:59mais je veux dire
00:31:59que c'est comme ça
00:32:00donc moi
00:32:01vous avez fait référence
00:32:02vous-même
00:32:02à la courbe
00:32:03de la révolution fiscale
00:32:04donc publiée en 2011
00:32:05c'est toujours en ligne
00:32:07tous les programmes
00:32:08sont en ligne
00:32:09jamais personne
00:32:10ni à l'INSEE
00:32:10ni ailleurs
00:32:11n'a suggéré
00:32:13un erreur
00:32:14ou un point amélioré
00:32:15dans ces programmes
00:32:16et la courbe
00:32:17sur le taux effectif
00:32:18de prélèvement
00:32:19prenant en compte
00:32:20l'ensemble des prélèvements
00:32:21et pas seulement
00:32:22les prélèvements directs
00:32:22chute sur le sommet
00:32:24de la distribution
00:32:24je vous invite
00:32:25à vous connecter
00:32:25sur le site
00:32:26tout est en ligne
00:32:28et l'étude de l'IPP
00:32:29effectivement
00:32:30zoome sur les impôts directs
00:32:31avec une méthode
00:32:32plus sophistiquée
00:32:33donc je vous ai rapidement
00:32:33rappelé
00:32:34les deux méthodes utilisées
00:32:35qui sont
00:32:36chacune imparfaites
00:32:38mais vous voyez bien
00:32:38que la méthode
00:32:39qu'on tient en 2011
00:32:40qui est en gros
00:32:40de dire
00:32:41bon bah
00:32:41si tout le monde
00:32:42utilise des holdings
00:32:43autant
00:32:44était forcément
00:32:45une méthode
00:32:45qui allait sous-estimer
00:32:46la régressivité
00:32:47parce qu'à priori
00:32:48les plus riches
00:32:48utilisent davantage
00:32:49des holdings
00:32:49que les places moyennes
00:32:52bref
00:32:53tout ce qui permet
00:32:54d'avoir des dividendes
00:32:55qui ne sont pas
00:32:56qui ne se retrouvent pas
00:32:56dans le revenu fiscal
00:32:57pour résumer
00:32:59toutes les méthodes
00:32:59sont à priori
00:33:00plus utilisées au sommet
00:33:01nous on faisait
00:33:01l'hypothèse à l'époque
00:33:02un peu l'hypothèse de base
00:33:03de dire
00:33:04on va supposer
00:33:04que tout le monde
00:33:04l'utilise autant
00:33:05comme on n'observe pas
00:33:06les données individuelles
00:33:06l'IPP
00:33:07observe les données individuelles
00:33:08et trouve une courbe
00:33:09qui est encore plus déclinante
00:33:11donc le fait que l'INSEE
00:33:12ne le fasse pas
00:33:13ne veut pas dire
00:33:14que ça n'a pas été fait
00:33:15par doutes
00:33:17donc je pense
00:33:17quand même
00:33:18c'est important
00:33:19problème d'accès aux données
00:33:21les données
00:33:22elles sont massivement fiscales
00:33:23puisque c'est l'objet
00:33:24de notre rapport
00:33:25voilà
00:33:27non mais
00:33:28je vous dis
00:33:29ce qu'ils nous donnent
00:33:30ceux qui sont en responsabilité
00:33:32des données fiscales
00:33:33c'est pas moi qui le dis
00:33:33je dirais
00:33:34on a des réponses écrites
00:33:35en disant
00:33:36ils ne sont pas capables
00:33:37de nous répondre
00:33:37à certaines questions
00:33:38en disant
00:33:39on ne les a pas
00:33:40voilà
00:33:46que les personnes de l'INSEE
00:33:47c'est juste qu'ils ont le temps
00:33:48c'est leur travail
00:33:49de faire ce travail là
00:33:50c'est tout
00:33:50mais bon
00:33:51après vous regardez
00:33:52vous ne regardez pas
00:33:53moi je
00:33:54bien
00:33:55merci
00:33:56merci beaucoup
00:33:56donc sur cette première partie
00:33:59répartition
00:33:59et composition
00:34:00des revenus
00:34:01des ménages
00:34:02les plus aisés
00:34:03peut-être Estelle Mercier
00:34:05d'abord
00:34:06merci monsieur le président
00:34:07moi je voudrais
00:34:07revenir un peu
00:34:08aux éléments de contexte
00:34:10et aux grandes évolutions
00:34:12dans Capital et Haute Logie
00:34:13vous allez un peu au-delà
00:34:14de la simple question
00:34:15du rendement budgétaire
00:34:16de la fiscalité
00:34:18des patrimoines
00:34:19vous défendez l'idée
00:34:20que la propriété
00:34:21c'est pas seulement
00:34:22un droit individuel
00:34:22mais c'est aussi
00:34:23une institution politique
00:34:25qui distribue du pouvoir
00:34:26et donc qui a un pouvoir
00:34:27économique
00:34:27et parfois démocratique
00:34:30donc comme notre
00:34:31l'objet de notre commission
00:34:32c'est
00:34:33la contribution
00:34:34des hauts patrimoines
00:34:35et l'imposition
00:34:35des hauts patrimoines
00:34:36dans le financement
00:34:37des services publics
00:34:38est-ce que vous pourriez
00:34:39nous expliquer
00:34:40quelles sont vos observations
00:34:42qui vont bien au-delà
00:34:43du financement
00:34:43des services publics
00:34:44et qui peuvent aller
00:34:45sur la question démocratique
00:34:47et ou de concentration
00:34:49économique
00:34:49du capital
00:34:51et du patrimoine
00:34:55Merci pour cette question
00:34:57qui replace effectivement
00:34:58la question de la propriété
00:35:00de la répartition
00:35:00de la propriété
00:35:01dans un cadre plus large
00:35:02ce qui je pense
00:35:03se justifie
00:35:04parce que historiquement
00:35:05en fait la notion même
00:35:06de droit de propriété
00:35:08c'est complètement transformé
00:35:10c'est-à-dire qu'aujourd'hui
00:35:11être propriétaire
00:35:13d'un logement
00:35:14les droits dont vous disposez
00:35:15face aux droits du locataire
00:35:17par exemple
00:35:17ne sont pas du tout
00:35:18les mêmes
00:35:18qu'il y a un siècle
00:35:19et tant mieux
00:35:20sans doute
00:35:20enfin après
00:35:21on peut en discuter
00:35:22mais la notion même
00:35:23de dans quelle mesure
00:35:24vous pouvez mettre dehors
00:35:25le locataire
00:35:26le lendemain matin
00:35:26multiplié par trois
00:35:27son loyer
00:35:28si ça vous chante
00:35:28c'est pas du tout
00:35:29la même chose aujourd'hui
00:35:30et le droit d'aujourd'hui
00:35:31vu d'il y a un siècle
00:35:33aurait paru
00:35:34complètement attentatoire
00:35:35à la notion
00:35:36de propriété privée
00:35:37qu'on se faisait
00:35:38qu'on se faisait à l'époque
00:35:39même chose
00:35:39sur le salarié
00:35:40c'est-à-dire que
00:35:41la personne qui possède
00:35:43l'outil de travail
00:35:44le bien professionnel
00:35:45il y a un siècle
00:35:45avait une capacité
00:35:47à démettre son salarié
00:35:48à changer son salaire
00:35:49ses conditions de travail
00:35:50qui n'est évidemment
00:35:51pas la même qu'aujourd'hui
00:35:52donc on voit
00:35:52sur ces deux grands exemples
00:35:53que le patrimoine immobilier
00:35:54d'un côté
00:35:55le patrimoine professionnel
00:35:56des entreprises
00:35:57que la notion même
00:35:58de propriété
00:35:59n'est pas intangible
00:36:00elle est construite
00:36:01socialement
00:36:02historiquement
00:36:03et ça va continuer
00:36:05donc voilà
00:36:05le premier point de vue général
00:36:07c'est que ne nous arrêtons pas
00:36:08sur des visions
00:36:11essentialisées
00:36:11sacralisées
00:36:12de la propriété
00:36:13qui ne correspondent pas
00:36:14à la réalité historique
00:36:15pour prendre un autre exemple
00:36:17dont je parle beaucoup
00:36:18dans Capital et l'idéologie
00:36:21il existe plusieurs pays
00:36:22voisins
00:36:23l'Allemagne
00:36:25la Suède
00:36:26un peu plus au nord
00:36:26où les salariés
00:36:30disposent
00:36:31dans les entreprises
00:36:32de 50%
00:36:33des droits de vote
00:36:34dans les plus grandes entreprises
00:36:35dans les conseils d'administration
00:36:36simplement
00:36:37en tant que salarié
00:36:38sans aucune participation
00:36:39en Capital
00:36:39ce qui veut dire
00:36:41que
00:36:41s'ils possèdent
00:36:43en plus
00:36:4310% du capital
00:36:44ou si
00:36:45un état régional
00:36:46l'état de Basse-Saxe
00:36:48dans Volkswagen
00:36:48mettons
00:36:49possède 20% du capital
00:36:50vous mettez en minorité
00:36:52un actionnaire privé
00:36:53avec un 80% du capital
00:36:54du point de vue
00:36:55d'un actionnaire privé
00:36:57c'est
00:36:57totalement attentatoire
00:36:59à la notion même
00:37:01de propriété privée
00:37:03et
00:37:03beaucoup de personnes
00:37:04en France
00:37:05réagiraient
00:37:05en disant
00:37:06c'est une négation
00:37:07de la propriété privée
00:37:08il se trouve
00:37:09que c'est dans la loi
00:37:10de mort
00:37:10depuis la loi
00:37:10de 1952
00:37:11et que le pays
00:37:13n'a pas l'air
00:37:13de tomber en ruine
00:37:14depuis cette date
00:37:15donc
00:37:16on a
00:37:17et donc
00:37:17dans Capital U2J
00:37:18je propose
00:37:19un certain nombre
00:37:19de comparaisons historiques
00:37:21moi je ne dis pas
00:37:22que je connais
00:37:22la recette parfaite
00:37:24je fais des observations
00:37:25sur cet exemple-là
00:37:27du partage du pouvoir
00:37:29au sein des entreprises
00:37:30je fais l'observation
00:37:31que le modèle allemand
00:37:32le modèle suédois
00:37:33implique davantage
00:37:35les salariés
00:37:36dans la construction
00:37:36de stratégies
00:37:37y compris stratégies
00:37:38d'investissement
00:37:39dans le long terme
00:37:40qui finalement
00:37:40par rapport à la productivité
00:37:42d'ensemble
00:37:43de l'économie
00:37:44des entreprises en question
00:37:44me semble donner
00:37:46d'assez bons résultats
00:37:47donc c'est vrai que moi
00:37:48je plaide plutôt
00:37:48pour une extension
00:37:49de ces dispositifs
00:37:49on pourrait même
00:37:50aller plus loin
00:37:50je fais des éléments
00:37:52de proposition
00:37:54selon lesquels
00:37:55au sein des 50%
00:37:56des droits de vote
00:37:56allant pour les actionnaires
00:37:57on pourrait plafonner
00:37:58à 10% les droits de vote
00:38:00d'un actionnaire individuel
00:38:01pour limiter les pouvoirs
00:38:03bon on peut être contre
00:38:04on peut être pour
00:38:05je veux dire moi
00:38:05je n'ai pas
00:38:06personne n'a la formule magique
00:38:07personne ne sait
00:38:08comment ces choses-là
00:38:09vont évoluer à l'avenir
00:38:09mais effectivement
00:38:11il me semble indispensable
00:38:12dans ce débat
00:38:13de ne pas s'arrêter
00:38:13à une conception figée
00:38:15de la propriété
00:38:15qui ne correspond pas
00:38:16tout simplement
00:38:18à la réalité historique
00:38:19non seulement en France
00:38:20mais chez tous nos voisins
00:38:21et dans tous les pays
00:38:23qui sont devenus
00:38:24les plus prospères du monde
00:38:26justement en partageant
00:38:28le pouvoir économique
00:38:29c'est ça un peu
00:38:30le point le plus général
00:38:32c'est-à-dire que
00:38:32ce mouvement
00:38:33qui va vers plus d'égalité
00:38:36dans le partage
00:38:37du pouvoir économique
00:38:39et dans une certaine façon
00:38:40dans la répartition
00:38:42des patrimoines
00:38:42dans le très long terme
00:38:43malgré les très hauts niveaux
00:38:44d'inégalités
00:38:45qui subsistent aujourd'hui
00:38:46ce mouvement général
00:38:47a été un immense succès
00:38:49parce qu'il a permis
00:38:50d'impliquer
00:38:51une plus grande partie
00:38:51de la population
00:38:52dans le processus
00:38:53de production
00:38:54d'investissement
00:38:56et ça a été partie prenante
00:38:58d'un processus
00:38:58d'augmentation générale
00:38:59de la productivité
00:39:00et de la proximité
00:39:01et donc je pense
00:39:02que ce mouvement
00:39:03doit continuer
00:39:04alors après
00:39:05sur la situation
00:39:06spécifique française
00:39:07actuellement
00:39:08la contribution
00:39:09des hauts patrimoines
00:39:09aux services publics
00:39:11moi je veux juste
00:39:12vraiment faire
00:39:12deux observations
00:39:13la première
00:39:14c'était cette mise
00:39:15en perspective
00:39:15par rapport au niveau
00:39:16d'endettement public
00:39:17de 1945
00:39:18et de la révolution française
00:39:19parce que je pense
00:39:20que vu le niveau
00:39:21d'endettement public
00:39:22actuellement
00:39:22on ne peut pas
00:39:24refuser ce type
00:39:25de comparaison
00:39:25refuser de voir
00:39:26les solutions
00:39:26qui ont été trouvées
00:39:27à l'époque
00:39:28l'impôt de la autorité
00:39:29nationale en 1945
00:39:31refuser de les examiner
00:39:32sereinement
00:39:33en parlant de spoliation
00:39:35avec un impôt à 2%
00:39:36quand à l'époque
00:39:37il y avait un impôt
00:39:38à 20%
00:39:40et un impôt
00:39:40jusqu'à 100%
00:39:41sur les enrichissements
00:39:42je pense que ça n'aide pas
00:39:43la clarté du débat public
00:39:44donc c'est le premier point
00:39:45remise en perspective
00:39:46par rapport à une situation
00:39:47d'endettement public
00:39:48qu'il faut mettre en relation
00:39:49en même temps
00:39:49avec les besoins d'investissement
00:39:50dans la santé
00:39:51dans l'éducation
00:39:52et donc pour arriver
00:39:53à réconcilier tout ça
00:39:54je pense qu'effectivement
00:39:55une mise à contribution
00:39:57plus forte
00:39:57des plus hauts patrimoines
00:39:58est indispensable
00:40:00et on en arrivera
00:40:01forcément là
00:40:01à un moment
00:40:02ou à un autre
00:40:04et le deuxième point
00:40:05dernier point
00:40:06sur lequel je
00:40:07assistais dans ma réponse
00:40:08c'est qu'on a constaté
00:40:10en France
00:40:11au cours des 15 dernières années
00:40:13une rapidité
00:40:14dans la progression
00:40:15des plus hauts patrimoines
00:40:17mais là on parle
00:40:18vraiment
00:40:18on n'est plus dans les 10%
00:40:19les 5%
00:40:20des patrimoines les plus élevés
00:40:21mais vraiment plus
00:40:21dans les 500 patrimoines
00:40:23les plus élevés
00:40:24au-delà de 100 millions
00:40:25ou 200 millions
00:40:26d'euros de patrimoine
00:40:27on a des progressions
00:40:28qui sont absolument vertigineuses
00:40:31et qui pour le coup
00:40:31n'ont jamais été vues auparavant
00:40:32parce qu'on ne pourrait pas avoir
00:40:34enfin là les chiffres
00:40:36maintenant sont assez bien connus
00:40:37bon les 500 fortunes
00:40:38de challenge
00:40:38sont passées
00:40:39de 200 millions
00:40:40de 200 milliards
00:40:41à 1000 milliards
00:40:43enfin on est sur des progressions
00:40:44des fois 5
00:40:45des fois 6
00:40:46sur 15 ans
00:40:47qui n'ont évidemment rien à voir
00:40:48avec la progression du PIB
00:40:50et qui par définition
00:40:51n'auraient pas pu se produire
00:40:52au cours des 15 années précédentes
00:40:54qu'au cours des 15 années précédentes
00:40:55parce que là
00:40:55à ce rythme là
00:40:56vous avez vraiment
00:40:58une augmentation vertigineuse
00:40:59de la part
00:41:00dans le patrimoine national
00:41:01qui n'est pas tenable
00:41:02et je ne dis pas
00:41:03que ça va se poursuivre
00:41:03au même rythme
00:41:04d'ailleurs forcément
00:41:05mais quand même
00:41:06ça interpelle
00:41:07c'est à dire que
00:41:08dans un tel contexte
00:41:11une mise à contribution
00:41:12significative
00:41:13de ces patrimoines
00:41:14et pour moi
00:41:15significative
00:41:15c'est
00:41:16s'il faut plus penser
00:41:17à des niveaux proches
00:41:19oui
00:41:19des niveaux exceptionnels
00:41:21des impôts exceptionnels
00:41:22de l'après-guerre
00:41:22parce que je pense
00:41:23qu'on est dans des circonstances
00:41:24exceptionnelles
00:41:25en termes de niveau
00:41:25d'endettement public
00:41:26et en même temps
00:41:27de besoin d'investissement
00:41:29pour faire face
00:41:29aux défis climatiques
00:41:30aux défis sociaux
00:41:31on est face à des défis
00:41:33qui ne sont pas les mêmes
00:41:34de l'après-guerre
00:41:34que ceux de l'après-guerre
00:41:35mais qui sont
00:41:36du même ordre
00:41:37en termes d'ampleur
00:41:38de défis
00:41:39et d'ampleur
00:41:39d'endettement public
00:41:42donc compte tenu
00:41:42de cet enrichissement
00:41:43exceptionnel
00:41:44je veux dire
00:41:45qu'en 1945
00:41:46pour le coup
00:41:47les patronnes privés
00:41:48étaient exsangues
00:41:49se portaient très très mal
00:41:50c'est à dire
00:41:50qu'ils avaient déjà été
00:41:52totalement ratiboisés
00:41:53par tout ce qui s'était passé
00:41:54au cours des 30 années précédentes
00:41:57et malgré tout
00:41:57ils ont été mis à contribution
00:41:58d'une certaine façon
00:41:59aujourd'hui
00:41:59c'est plus facile
00:42:00alors ça implique aussi
00:42:02peut-être des capacités
00:42:03de défense politique
00:42:04et médiatique
00:42:05plus importantes
00:42:06si on veut être cynique
00:42:08mais en tout cas
00:42:09la base fiscale
00:42:11est autrement plus prospère
00:42:13que ce qu'elle était
00:42:15sur les hauts patrimoines
00:42:16en 1945
00:42:16et donc d'un point de vue
00:42:18strictement économique
00:42:19ça se justifie
00:42:21encore plus
00:42:22qu'en 1945
00:42:23cette mise à contribution
00:42:28exceptionnelle
00:42:28et après on peut réfléchir
00:42:30aussi à l'articulation
00:42:31avec l'impôt permanent
00:42:31mais je pense qu'on est obligé
00:42:33de regarder les deux
00:42:35en même temps
00:42:36merci
00:42:39Eric Cochrane
00:42:39j'ai plusieurs questions
00:42:45que je voudrais avoir
00:42:47et notamment
00:42:47ça a un lien un peu
00:42:48avec ce que vous dites
00:42:49au début
00:42:49c'est-à-dire
00:42:50vous dites
00:42:50j'ai fait une histoire
00:42:51sur la question
00:42:54de l'égalité
00:42:55pas l'inégalité
00:42:56autrement dit
00:42:56la tendance longue
00:42:58c'est pas un accroissement
00:42:59des inégalités
00:43:00ce que je comprends
00:43:01et à la fois
00:43:02vous venez de décrire
00:43:03une situation
00:43:03qui là par contre
00:43:05remonte à quelques années
00:43:06pour la France
00:43:07voire quelques décennies ailleurs
00:43:08qui laissent penser
00:43:09qu'il y a une telle accélération
00:43:10qu'on peut se demander
00:43:11si on est toujours
00:43:12dans cette période
00:43:13justement
00:43:13de tendance lourde
00:43:14de réduction des inégalités
00:43:16donc mes questions
00:43:16c'est par rapport à ça
00:43:17donc la première
00:43:18c'est
00:43:19vous avez dit
00:43:20vous y avez répondu en partie
00:43:22mais j'aimerais
00:43:22que vous reveniez là-dessus
00:43:23vous dites
00:43:24dans le journal Le Monde
00:43:26en avril 2026
00:43:27les patribles privés
00:43:28sont florissants
00:43:29alors qu'ils étaient
00:43:30exsangues en 1945
00:43:33et hier à votre place
00:43:34Gabriel Zuckmann
00:43:35estimait qu'ils étaient
00:43:36en gros 200%
00:43:38du PIB
00:43:38dans les années 70
00:43:39aujourd'hui 500%
00:43:40donc j'aimerais
00:43:41que vous reveniez
00:43:42sur cette évolution
00:43:44à quel moment
00:43:45ça se situe
00:43:45c'est-à-dire
00:43:46bon
00:43:46les années 80
00:43:4790
00:43:48l'éolibéralisme
00:43:49etc
00:43:49mais
00:43:50est-ce que
00:43:51on est bien
00:43:52en relation
00:43:53avec des politiques suivies
00:43:56je repense notamment
00:43:57par exemple
00:43:57à Kessler
00:43:58qui disait
00:43:59il s'agit de défaire
00:44:00méthodiquement
00:44:01le programme du CNR
00:44:01autrement dit
00:44:02est-ce que cette période
00:44:03et cette augmentation
00:44:04du patrimoine privé
00:44:06est liée
00:44:07avec les politiques
00:44:08néolibérales
00:44:08qui sont appliquées
00:44:10et à l'intérieur
00:44:11de ça
00:44:11j'aimerais bien
00:44:12avoir
00:44:14l'évolution
00:44:15de la part
00:44:16des revenus
00:44:16du capital
00:44:18et si vous pouvez
00:44:19aussi revenir
00:44:20sur la question
00:44:20de la répartition
00:44:22capital-travail
00:44:22dans la part
00:44:23du valeur ajoutée
00:44:24parce qu'on a eu
00:44:24des réponses
00:44:25un peu fluctuantes
00:44:26ici
00:44:28selon la borne
00:44:29que l'on prend
00:44:30et comment vous voyez
00:44:31cette évolution
00:44:31on va dire
00:44:32sur les 40 dernières années
00:44:33parce que là-dessus
00:44:34je voudrais bien
00:44:35avoir un peu
00:44:37un retour là-dessus
00:44:37la deuxième chose
00:44:39c'est plus précisément
00:44:40par rapport
00:44:40à la France
00:44:42moi mon intuition
00:44:43c'est que
00:44:44pendant très longtemps
00:44:45la France a été
00:44:46a eu un matelas
00:44:47à l'état social
00:44:48qui lui a permis
00:44:49justement
00:44:51quelque part
00:44:51de limiter
00:44:52l'explosion
00:44:53des inégalités
00:44:54qu'on voyait ailleurs
00:44:55et là si on regarde
00:44:56tous les chiffres
00:44:56depuis 2017
00:44:58j'ai l'impression
00:44:58que la France
00:44:59entre guillemets
00:45:00est en train
00:45:00de reprendre
00:45:02récupérer son retard
00:45:03dans le sens
00:45:04négatif du terme
00:45:05si je ne me trompe pas
00:45:06si on regarde
00:45:07le patrimoine
00:45:07des 1%
00:45:08le revenu
00:45:08des 1%
00:45:09l'indice de génie
00:45:10l'écart
00:45:11entre les 10%
00:45:11les plus origines
00:45:12et les 50%
00:45:13du bas de l'échelle
00:45:14comprennent
00:45:15les données Eurostat
00:45:16ou les données
00:45:17de rapport
00:45:17sur les égalités
00:45:18on s'aperçoit
00:45:19que c'est la France
00:45:21qui a
00:45:22de ce point de vue là
00:45:23la plus grande accélération
00:45:24en matière d'inégalités
00:45:25depuis 2017
00:45:27et à rebours
00:45:28si on prend
00:45:29en regardant
00:45:30les chiffres Eurostat
00:45:30tout ce qui
00:45:33est lié
00:45:33à la pauvreté
00:45:34que ce soit
00:45:37l'augmentation
00:45:38de la pauvreté
00:45:38depuis 2017
00:45:40le pays
00:45:41l'état
00:45:42où par exemple
00:45:44on a le nombre
00:45:45de personnes
00:45:45visant une passoire
00:45:46thermique
00:45:46depuis 2017
00:45:48il y a plein de critères
00:45:49comme ça
00:45:50qui sont pris
00:45:50par Eurostat
00:45:51on s'aperçoit
00:45:52que de l'autre côté
00:45:53de l'échelle
00:45:54c'est la France
00:45:54où il y a
00:45:54la plus grande
00:45:55aggravation
00:45:55depuis 2017
00:45:56en termes
00:45:57de conséquences
00:45:58de l'inégalité
00:45:59donc j'aimerais
00:46:00que vous
00:46:00vous interrogez
00:46:01un peu
00:46:01sur cette césure
00:46:02depuis 2017
00:46:04qu'est-ce que
00:46:04vous voyez vous
00:46:05est-ce que vraiment
00:46:06là on est
00:46:06on est en train
00:46:07de vivre en France
00:46:08un saut
00:46:10qualitatif
00:46:11quantitatif
00:46:11qui pourrait
00:46:12renverser
00:46:13la tendance
00:46:13dont vous parliez
00:46:14au début
00:46:16quand vous parliez
00:46:17de tendance lourde
00:46:18sur la question
00:46:19de l'égalité
00:46:19et la troisième
00:46:20question
00:46:21qui est liée
00:46:21à ça
00:46:22je reprends
00:46:24ce que dit
00:46:25le challenge
00:46:26c'est-à-dire
00:46:27la part
00:46:28des 500 plus riches
00:46:29dans le PIB
00:46:30qui passe
00:46:31de 20 à 40%
00:46:33depuis 2017
00:46:35et pendant ce temps-là
00:46:36le PIB
00:46:36lui ne double pas
00:46:37qu'est-ce que ça dit
00:46:39ça
00:46:39j'aimerais
00:46:40votre avis
00:46:47alors déjà
00:46:48s'ils sont passés
00:46:49de 20 à 40%
00:46:50du PIB
00:46:50même si le PIB
00:46:51a doublé
00:46:52ça veut dire
00:46:52qu'il aurait quadruplé
00:46:53enfin dans tous les cas
00:46:54comme c'est en pourcentage
00:46:55du PIB
00:46:56le fait est que
00:46:57le PIB n'a pas doublé
00:46:58évidemment
00:46:58mais de toute façon
00:46:59leur part dans le PIB
00:47:00augmente effectivement
00:47:01de façon très très significative
00:47:03et là
00:47:03l'augmentation
00:47:04dont vous parlez
00:47:04de 20 à 40%
00:47:05depuis 2017
00:47:06c'est déjà spectaculaire
00:47:07si on revient
00:47:07un peu en arrière
00:47:08on est même passé
00:47:09plutôt de 10 à 40%
00:47:11donc on est
00:47:11on est sur des masses
00:47:14très importantes
00:47:17je ne sais pas
00:47:18je vais prendre les choses
00:47:19je ne sais pas
00:47:19si je dois prendre les choses
00:47:20dans l'ordre
00:47:20ou pas
00:47:20peut-être
00:47:21quand même
00:47:21sur le point
00:47:21je précise ma question
00:47:28c'est que
00:47:28dans la logique
00:47:29de ce qu'on nous dit
00:47:29sur l'enrichissement
00:47:30des plus riches
00:47:31il y a la théorie
00:47:32du ruissellement
00:47:32c'est-à-dire en gros
00:47:34ils s'enrichissent
00:47:35mais ils enrichissent
00:47:36tout le monde
00:47:36or j'ai l'impression
00:47:37que les chiffres
00:47:38que je viens de vous donner
00:47:39sur le PIB
00:47:40montrent que ce n'est pas
00:47:41tu as fait le cas
00:47:41donc c'est là-dessus
00:47:42que je vous agis
00:47:44oui alors
00:47:45pour commencer
00:47:45sur ce dernier point
00:47:46c'est clair
00:47:47que
00:47:48la théorie du ruissellement
00:47:49au moins
00:47:50sur cet exemple
00:47:51spécifique
00:47:51de l'enrichissement
00:47:52des milliardaires français
00:47:53depuis 15 ans
00:47:55ne fonctionne pas
00:47:56dans le sens
00:47:56où l'ampleur
00:47:57de l'enrichissement
00:47:59par rapport
00:48:00à l'augmentation
00:48:01du PIB
00:48:02et voilà
00:48:02je veux bien
00:48:03qu'on accepte
00:48:04que toutes les personnes
00:48:04travaillent dur
00:48:05etc
00:48:05mais le reste du pays
00:48:06travaille aussi
00:48:07et on a un enrichissement
00:48:09qui est sans commune mesure
00:48:10avec la croissance du PIB
00:48:12sur la période
00:48:13donc là
00:48:13on est sur quelque chose
00:48:14qui est très très difficile
00:48:16à justifier
00:48:18voilà
00:48:18et donc
00:48:19s'opposer
00:48:20à une mise à contribution
00:48:21minimale
00:48:21de cet enrichissement
00:48:23là
00:48:23ne serait-ce qu'à titre
00:48:25exceptionnel
00:48:27c'est quelque chose
00:48:28je pense
00:48:28qui est quand même
00:48:28très difficilement entendable
00:48:30par le commun des mortels
00:48:32qui doit éventuellement
00:48:33geler sa pension
00:48:34c'est très très difficile
00:48:35objectivement
00:48:36même si j'étais
00:48:37je me demandais
00:48:38on me convainquait
00:48:39qu'il fallait convaincre
00:48:39j'aurais beaucoup
00:48:40les faits
00:48:42les faits sont quand même
00:48:42difficiles
00:48:43les faits
00:48:44on est sur des augmentations
00:48:45patrimoniales
00:48:46qui sont considérables
00:48:48et de même
00:48:49que l'idée
00:48:50d'un rattrapage
00:48:51inégalitaire français
00:48:53post-2017
00:48:55est assez
00:48:56est assez justifiée
00:48:57je pense
00:48:57c'est-à-dire que moi
00:48:58dans les éléments
00:48:59dont je dispose
00:49:00il y a une accélération
00:49:01de la remontée
00:49:02des très hauts patrimoines
00:49:03qui avaient commencé avant
00:49:04mais qui clairement
00:49:05depuis 2017
00:49:06s'accélère
00:49:07sur les très hauts revenus
00:49:08c'est peut-être
00:49:09encore plus spectaculaire
00:49:10alors c'est compliqué
00:49:11parce qu'il y a aussi
00:49:12des mesures
00:49:13d'allègement d'impôts
00:49:14sur les dividendes
00:49:15qui peuvent conduire
00:49:15des personnes
00:49:16à se verser
00:49:17plus de dividendes
00:49:18normalement
00:49:18on essaye de corriger
00:49:19pour ça
00:49:20les méthodes utilisées
00:49:22mais bon
00:49:25on manque peut-être
00:49:26encore un peu de recul
00:49:26mais d'après
00:49:27ce qu'on peut voir
00:49:28actuellement
00:49:28les augmentations
00:49:29sur les très hauts revenus
00:49:31ont été
00:49:31depuis 2017
00:49:32quand même
00:49:32considérables
00:49:33effectivement
00:49:33la France
00:49:34qui était historiquement
00:49:35en gros
00:49:36la part des 1%
00:49:37des revenus
00:49:38en France
00:49:38était plutôt
00:49:40inférieure à 10%
00:49:41était plutôt à 8-10%
00:49:42alors que les Etats-Unis
00:49:43étaient montés à 20%
00:49:44si je veux donner
00:49:45des ordres de grandeur
00:49:46là la France
00:49:47dans les dernières années
00:49:47s'approche sérieusement
00:49:48de 15%
00:49:50et n'est pas encore à 20%
00:49:50mais a fait une sacrée marche
00:49:52voilà
00:49:52si je veux donner
00:49:53des ordres de grandeur
00:49:53très grossiers
00:49:54parce qu'on n'est pas capable
00:49:54de donner forcément
00:49:55à la virgule près
00:49:56alors on a des chiffres
00:49:56à la virgule près
00:49:57sur notre site
00:49:58du laboratoire
00:49:59sur les inégalités mondiales
00:50:00mais il y a des données
00:50:01qui sont imparfaites
00:50:02on n'a pas accès
00:50:03à toutes les données
00:50:04qu'on voudrait
00:50:04mais les ordres de grandeur
00:50:06sont quand même
00:50:06assez bien documentés
00:50:07et on a effectivement
00:50:08une remontée
00:50:09des très hauts revenus
00:50:11en France
00:50:11depuis 2017
00:50:12qui est assez spectaculaire
00:50:13et qui mise
00:50:13avec l'opposition
00:50:14de la pauvreté
00:50:18crée un sentiment
00:50:19quand même
00:50:19de malaise
00:50:20assez fort
00:50:22néanmoins
00:50:23je voudrais
00:50:24compléter cette réponse
00:50:25en reprenant
00:50:27quand même
00:50:27des éléments
00:50:28d'optimisme
00:50:28dans le très long terme
00:50:29parce que moi
00:50:30je ne suis pas là
00:50:31pour
00:50:31je ne vois pas
00:50:32ma fonction
00:50:33comme une fonction
00:50:34consistant à dire
00:50:35tout va toujours
00:50:37mal en pire
00:50:37sur les inégalités
00:50:38c'est horrible
00:50:39parce que
00:50:40ce n'est pas ma fonction
00:50:41et ce n'est pas
00:50:41la réalité historique
00:50:42de long terme
00:50:42c'est-à-dire
00:50:43qu'il y a néanmoins
00:50:43un mouvement
00:50:44dans le long terme
00:50:45qui va
00:50:46vers davantage d'égalité
00:50:48et on est quand même
00:50:48très loin aujourd'hui
00:50:49d'être revenu
00:50:50au niveau
00:50:50de concentration
00:50:51des richesses
00:50:52de 1914
00:50:53et heureusement
00:50:54et en partie
00:50:55il y a un point
00:50:56que vous avez cité
00:50:57sur lequel
00:50:58je veux vraiment
00:50:58apporter une précision
00:50:59vous disiez
00:51:00les patrimonymes privés
00:51:01sont passés
00:51:02de 200% du PIB
00:51:03à 500% du PIB
00:51:04et c'est vrai
00:51:05grosso modo
00:51:06c'est-à-dire qu'actuellement
00:51:07le patrimonyme privé
00:51:08des français
00:51:08atteint
00:51:09même s'approche
00:51:09de 600% du PIB
00:51:11alors qu'il était
00:51:12en 1970
00:51:13mais dans les années
00:51:1450-60
00:51:15en général
00:51:16de l'ordre
00:51:16de 200-300% du PIB
00:51:18mais
00:51:20cette progression
00:51:20de la valeur
00:51:21des patrimonymes
00:51:21dans le pourcentage
00:51:22du PIB
00:51:22en soi
00:51:23n'est pas forcément
00:51:23une mauvaise chose
00:51:24c'est-à-dire si on avait
00:51:25une répartition
00:51:25relativement égalitaire
00:51:26du patrimoine
00:51:27où chacun possède
00:51:28sa maison
00:51:29une part dans son entreprise
00:51:31c'est pas forcément
00:51:33une mauvaise chose
00:51:34en soi
00:51:34c'est-à-dire
00:51:34on peut l'analyser
00:51:35comme un processus
00:51:36de reconstruction
00:51:36à long terme
00:51:37de l'épargne
00:51:38de l'investissement
00:51:38et donc
00:51:39en soi
00:51:40moi je suis toujours
00:51:41très prudent
00:51:41sur ce type
00:51:42d'indicateur agrégé
00:51:43macroéconomique
00:51:44sur la valeur
00:51:44des patrimonymes
00:51:45en soi
00:51:45c'est pas
00:51:46un problème
00:51:47après
00:51:47c'est pas forcément
00:51:48un problème
00:51:49bon après
00:51:49il peut y avoir
00:51:50des valorisations
00:51:51patrimoniales excessives
00:51:52qui traduisent aussi
00:51:54une fragilisation
00:51:55bon c'est pas non plus
00:51:56des prix des patrimonymes
00:51:58qui montent au ciel
00:51:59même si c'était
00:52:00parfaitement
00:52:01équitablement réparti
00:52:03tout serait pas parfait
00:52:04mais
00:52:04voilà il faut séparer
00:52:05la question
00:52:06de la valeur totale
00:52:07des patrimonymes
00:52:07de leur répartition
00:52:08et sur la répartition
00:52:10je veux quand même dire
00:52:11que
00:52:12c'est super milliardaire
00:52:14mettons qu'ils sont passés
00:52:15mettons que la valeur
00:52:16de leur fortune
00:52:17soit passée
00:52:17de 10% du PIB
00:52:18à 40% du PIB
00:52:20c'est beaucoup
00:52:21mais par rapport
00:52:22au total
00:52:22qui est de 500%
00:52:24du PIB
00:52:25ou même actuellement
00:52:25on est plutôt
00:52:25à 550% du PIB
00:52:27ça reste
00:52:30ça reste
00:52:31qu'une fraction
00:52:31et c'est pour ça
00:52:32que
00:52:33si on regarde au total
00:52:34la part des 10%
00:52:36les plus riches
00:52:36dans le patrimonyme total
00:52:38s'est remonté
00:52:39de mettons
00:52:40de 50 à 60%
00:52:41ce qui correspond
00:52:42à peu près
00:52:42à ce que je viens de dire
00:52:43c'est-à-dire que
00:52:4310% de 500%
00:52:45ça fait 50%
00:52:46donc oui
00:52:47ils ont augmenté
00:52:48les 50% du PIB
00:52:49mais leur part
00:52:49dans le patrimonyme total
00:52:50n'est jamais passée
00:52:51que de 50 à 60%
00:52:52ce qui est déjà énorme
00:52:52mais par rapport
00:52:53aux 90%
00:52:54du début du siècle
00:52:55c'est quand même
00:52:56beaucoup plus faible
00:52:56et pour revenir
00:52:58au début du siècle
00:52:58ça voudrait dire
00:52:59que la classe moyenne
00:53:01disparaît
00:53:01c'est-à-dire que
00:53:01il faut se rendre compte
00:53:03quand même
00:53:03ce que c'est
00:53:03à long terme
00:53:04l'émergence
00:53:05d'une classe moyenne
00:53:05patrimoniale
00:53:06ça veut dire
00:53:06des millions
00:53:07de français
00:53:07qui possèdent
00:53:08leur logement
00:53:08qui possèdent
00:53:09une petite entreprise
00:53:10ou qui possèdent
00:53:11revenir là-dessus
00:53:14bon c'est au-delà
00:53:15d'une explosion sociale
00:53:16enfin on est
00:53:17c'est complètement
00:53:18ça me paraît
00:53:19complètement inenvisageable
00:53:20politiquement
00:53:20et en même temps
00:53:22c'est vrai que
00:53:22les solutions
00:53:23qui sont évoquées
00:53:24actuellement
00:53:24pour faire face
00:53:26à l'endettement public
00:53:28peuvent conduire
00:53:29petit à petit
00:53:29à cet affaiblissement
00:53:31de la classe moyenne
00:53:32patrimoniale
00:53:32à l'appauvrissement
00:53:34des plus pauvres
00:53:34qui eux pour le coup
00:53:35n'ont jamais accédé
00:53:36au patrimoine
00:53:36et vont certainement
00:53:37pas y accéder
00:53:38avec les tendances
00:53:39actuelles
00:53:40et donc
00:53:41moi je partage
00:53:42votre crainte
00:53:43c'est-à-dire je pense
00:53:43qu'il y a un risque
00:53:44d'effritement
00:53:45du modèle social
00:53:46français
00:53:46enfin c'est pas
00:53:47un truc spectaculaire
00:53:48qui dans 10 ans
00:53:49nous amène
00:53:50au niveau de conservation
00:53:50des patrimoniales
00:53:51de 1914
00:53:51mais qui petit à petit
00:53:55oui conduit
00:53:56à un effritement
00:53:57de ça
00:53:57et moi la crainte
00:54:00encore plus importante
00:54:00que je suis amené
00:54:02à formuler
00:54:03à la suite
00:54:03de ces constatations
00:54:04c'est que
00:54:05cet effritement
00:54:05du modèle social
00:54:06à mon avis
00:54:07risque d'aller de pair
00:54:08avec le fait
00:54:09que la colère sociale
00:54:10va se déporter
00:54:12et a déjà commencé
00:54:13à se déporter
00:54:13de plus en plus
00:54:14sur des questions
00:54:15identitaires
00:54:16et sur des questions
00:54:16de ressentiment
00:54:19face à la différence
00:54:20qui évidemment
00:54:22ne régleront rien
00:54:23au problème
00:54:23d'accès au logement
00:54:24et aux problèmes sociaux
00:54:25mais qui peuvent faire
00:54:28énormément de dégâts
00:54:29et donc pour moi
00:54:30ce refus aussi
00:54:31de s'attaquer
00:54:31de front
00:54:32à cette question
00:54:33de la justice sociale
00:54:35et fiscale
00:54:35et la question
00:54:36des patrimoines
00:54:36nourrit
00:54:39une déportation
00:54:40de la colère sociale
00:54:42sur des questions
00:54:43identitaires
00:54:43qui me semble
00:54:44extrêmement dangereuse
00:54:46sur le partage
00:54:50de la valeur ajoutée
00:54:51les choses
00:54:54sont plus compliquées
00:54:56que ce qu'on dit
00:54:57parfois
00:54:57c'est-à-dire que
00:54:57ce qui est très bien
00:54:59connu
00:55:00c'est qu'il y a
00:55:01une très forte baisse
00:55:05de la part
00:55:07des salaires
00:55:08dans la valeur ajoutée
00:55:09entre 82, 83
00:55:11et 90
00:55:12et depuis
00:55:13c'est plutôt
00:55:16assez stable
00:55:17alors il y a des variations
00:55:18mais par rapport
00:55:19à ce mouvement
00:55:19de baisse
00:55:21de la part du travail
00:55:22qui est entre 83
00:55:22et 90
00:55:23et cette montée
00:55:24de la part du capital
00:55:24qui est à ce moment-là
00:55:26ce qui s'est passé
00:55:27depuis
00:55:27est moins massif
00:55:30donc si vous comparez
00:55:32à 83
00:55:33c'est clair
00:55:34que la part
00:55:35des salaires
00:55:35a baissé
00:55:37maintenant ce que d'autres
00:55:38vont vous dire
00:55:38c'est dire oui
00:55:39mais si vous comparez
00:55:39à 1968
00:55:40il y avait une forte baisse
00:55:42de la part des salaires
00:55:42entre 68 et 83
00:55:44si vous comparez à 68
00:55:45c'est moins clair
00:55:47et les deux sont vrais
00:55:49c'est-à-dire que
00:55:49c'est vrai que le point
00:55:50de départ
00:55:50si vous prenez
00:55:5168 et 83
00:55:52vous avez une conclusion différente
00:55:52mais sur les 30 dernières années
00:55:54on n'observe pas
00:55:56en France
00:55:57une augmentation
00:55:58de la part du capital
00:55:59dans la valeur ajoutée
00:56:00aussi forte
00:56:01que ce qu'on a
00:56:02ce qu'on peut observer
00:56:04aux Etats-Unis
00:56:05ou ce qu'on peut
00:56:06observer
00:56:07dans un certain nombre
00:56:08de pays du monde
00:56:11là aussi
00:56:12la France
00:56:12est peut-être plus proche
00:56:13d'une tendance européenne
00:56:14que d'une tendance
00:56:15états-unienne
00:56:16ou mondiale
00:56:16peut-être parce que
00:56:17les forces de résistance
00:56:19sur la négociation
00:56:21des salaires
00:56:22sont un peu moins
00:56:22amoindries
00:56:24qu'ailleurs
00:56:26bon après
00:56:27on pourrait aussi dire
00:56:28que dans une phase
00:56:29où le capital humain
00:56:30de façon générale
00:56:31c'est-à-dire la formation
00:56:32l'éducation
00:56:33a une place importante
00:56:34à très long terme
00:56:35la part du travail
00:56:36en toute logique
00:56:38dans la valeur ajoutée
00:56:38devrait plutôt augmenter
00:56:39à très long terme
00:56:40et dans une vision
00:56:41un peu économique
00:56:42un peu classique
00:56:43avec des facteurs
00:56:44de production
00:56:44le capital physique
00:56:46le capital humain
00:56:48si le capital humain
00:56:49augmente à très long terme
00:56:50la part du travail
00:56:51devrait plutôt augmenter
00:56:52et donc le fait
00:56:53qu'elle n'ait pas
00:56:54augmenté depuis 30 ans
00:56:55malgré cet énorme
00:56:57investissement
00:56:58en formation
00:56:59cette augmentation
00:56:59du capital humain
00:57:01est en soi
00:57:03est en soi
00:57:03un peu
00:57:05un peu
00:57:05un peu
00:57:06un peu étrange
00:57:07et pas
00:57:07et pas forcément
00:57:08conforme
00:57:09à ce qu'on devrait
00:57:10à ce qu'on devrait avoir
00:57:13d'autres questions
00:57:16je vais rebondir
00:57:17sur
00:57:20cette question
00:57:21du partage
00:57:22de la richesse
00:57:23au moins
00:57:24de repartition primaire
00:57:26effectivement
00:57:26sur le moyen terme
00:57:28en France
00:57:31électroencéphalogramme
00:57:31pas
00:57:32il y a des petites variations
00:57:34à la hausse
00:57:34à la baisse
00:57:35à la hausse
00:57:35à la baisse
00:57:36mais on est à peu près
00:57:37j'ai sorti les chiffres
00:57:39de l'INSEE
00:57:39c'est à peu près
00:57:41stable
00:57:41d'où la question
00:57:43mais si
00:57:45la part des salaires
00:57:46et des revenus
00:57:47du patrimoine
00:57:48enfin on ne devrait pas dire
00:57:49des revenus du patrimoine
00:57:50parce que là dedans
00:57:50il y a les amortissements
00:57:51etc
00:57:52disons
00:57:53la part qui est
00:57:54entreprise
00:57:55on devrait plutôt dire
00:57:56est stable
00:57:58en France
00:57:58alors que
00:57:59la valeur du patrimoine
00:58:01a fortement augmenté
00:58:04on citait les chiffres
00:58:06de l'ordre de 300%
00:58:07du PIB
00:58:08il y a un tiers de siècle
00:58:10et maintenant
00:58:11on est plutôt
00:58:12à 5 fois
00:58:13le PIB
00:58:15comment s'explique
00:58:17la très forte augmentation
00:58:18des valeurs
00:58:20des biens
00:58:21comment ça s'explique
00:58:23alors je vous pose
00:58:24cette question
00:58:25parce qu'il y a
00:58:26beaucoup de théories
00:58:26là dessus
00:58:27il y a ceux
00:58:28qui disent
00:58:29c'est l'accumulation
00:58:30du capital
00:58:31tout simplement
00:58:32d'autres disent
00:58:34il y a ce phénomène là
00:58:36mais il y a aussi
00:58:37que la valeur
00:58:38des biens
00:58:38a beaucoup augmenté
00:58:39on prend
00:58:40l'immobilier
00:58:42par exemple
00:58:43a beaucoup augmenté
00:58:44et il y a 58%
00:58:46de propriétaires
00:58:47en France
00:58:47et 75%
00:58:49à l'âge
00:58:49de départ
00:58:50à la retraite
00:58:50donc il y a
00:58:52un phénomène
00:58:54d'enrichissement
00:58:55de tous les propriétaires
00:58:56et qui sont
00:58:57assez répartis
00:58:58il y a le problème
00:59:00des valeurs
00:59:02des actions
00:59:02qui ont beaucoup
00:59:04augmenté
00:59:06et donc
00:59:07comment vous analysez
00:59:08les facteurs
00:59:09certains disent
00:59:09c'est une politique
00:59:10monétaire
00:59:11surtout dans
00:59:12les dernières décennies
00:59:13avec des taux
00:59:14très faibles
00:59:15qui ont boosté
00:59:15la valeur
00:59:16de ces biens
00:59:18mais ça va
00:59:19redescendre
00:59:20donc comment
00:59:21vous analysez
00:59:22les facteurs
00:59:24qui expliquent
00:59:25cette très forte
00:59:27augmentation
00:59:27du patrimoine
00:59:28français
00:59:29par rapport
00:59:30au PIB
00:59:30et après
00:59:31sa répartition
00:59:34alors j'ai essayé
00:59:35de résumer
00:59:36ce que je crois
00:59:36avoir appris là dessus
00:59:37mais je ne sais pas
00:59:38tout
00:59:38et j'ai beaucoup écrit
00:59:40enfin il y a des chapitres
00:59:41entiers dans mes livres
00:59:42qui essayent de faire ça
00:59:43et on a avec
00:59:43Gabriel Zuckman
00:59:44un très long article
00:59:45qui est publié
00:59:46dans le Quarterly
00:59:47du journal
00:59:48Love Economics
00:59:482014
00:59:49qui essaye de regarder
00:59:50l'évolution longue
00:59:51dans tous les pays
00:59:52les plus industrialisés
00:59:53du monde
00:59:54France,
00:59:55Etats-Unis,
00:59:55Japon,
00:59:56Allemagne,
00:59:56etc.
00:59:56sur deux siècles
00:59:57et en particulier
00:59:58sur les dernières décennies
00:59:59pour essayer de faire
00:59:59exactement cette décomposition
01:00:01de l'augmentation
01:00:02du ratio
01:00:04wealth
01:00:04sur GDP
01:00:05en fonction des effets
01:00:06de volume
01:00:07des effets de prix
01:00:08des effets de régulation
01:00:09donc voilà
01:00:10on a une étude
01:00:10très très détaillée
01:00:11qui est disponible en ligne
01:00:12on essaye de répondre
01:00:13à toutes ces questions
01:00:14après les réponses
01:00:16vous avez listé
01:00:17une série d'explications
01:00:18qui ont tous
01:00:19effectivement leur part
01:00:20d'importance
01:00:20donc la réponse
01:00:22elle n'est pas
01:00:22il n'y a pas une réponse
01:00:23c'est à dire que
01:00:24oui il y a
01:00:24une accumulation d'épargne
01:00:26qui augmente
01:00:27le stock de patrimoine
01:00:28mais il y a un effet prix
01:00:30parce qu'à un moment
01:00:32simplement
01:00:33les actifs
01:00:34à accumuler
01:00:34on peut interpréter ça
01:00:36comme un espèce
01:00:37d'excès d'épargne
01:00:38d'une certaine façon
01:00:38en tout cas une épargne
01:00:39qui n'arrive plus
01:00:40à se placer
01:00:41à s'investir
01:00:41dans des rendements élevés
01:00:42et donc
01:00:43on est sur le long terme
01:00:45vous l'avez très bien dit
01:00:46si on passe
01:00:47de 200 à 500% du PIB
01:00:48sur les patrimoines
01:00:49mais que la part du capital
01:00:51n'est pas multiplie par deux
01:00:52le rendement moyen
01:00:53du patrimoine
01:00:54évidemment a baissé
01:00:55donc ça
01:00:55l'autre courbe
01:00:56qui va avec tout ça
01:00:56c'est que le rendement
01:00:57moyen du patrimoine
01:00:58sur le long terme
01:00:58baisse
01:00:58le cas le plus extrême
01:01:00c'est évidemment
01:01:00le rendement
01:01:01de la dette publique
01:01:02qui a chuté
01:01:03c'est-à-dire on est
01:01:03à des niveaux
01:01:04de taux d'intérêt réel
01:01:05sur la dette publique
01:01:07qui sont historiquement
01:01:09jamais vus
01:01:09on est sur à peine
01:01:111% de rendement réel
01:01:13de taux d'intérêt réel
01:01:13sur deux siècles
01:01:15on n'a jamais vu
01:01:16on n'a jamais vu ça
01:01:17donc il faut bien
01:01:18se rendre compte
01:01:18à faire totalement
01:01:20anormal historiquement
01:01:21de cette situation
01:01:22comment s'explique-t-elle ?
01:01:24parce qu'il faut
01:01:25remettre ça en perspective
01:01:26la politique monétaire
01:01:27en tant que telle
01:01:28ne suffit pas
01:01:28à ramener
01:01:29un taux d'intérêt réel
01:01:30à long terme
01:01:31de 3 à 4%
01:01:32à 1%
01:01:33donc il y a forcément
01:01:34des forces plus importantes
01:01:35que ça
01:01:35il y a sans doute
01:01:37un espèce d'excès
01:01:38d'épargne
01:01:38en tout cas
01:01:39qui peut aller aussi
01:01:39avec la montée
01:01:40des inégalités
01:01:41c'est-à-dire pour résumer
01:01:41beaucoup de personnes
01:01:42au sommet de l'échelle
01:01:43qui ont beaucoup d'argent
01:01:44dont ils ne savent pas
01:01:44très bien quoi faire
01:01:45et qui le mettent
01:01:46et qu'il n'y a pas
01:01:47d'investissement
01:01:48en tout cas le secteur privé
01:01:49n'arrive pas à générer
01:01:51les investissements
01:01:52correspondant à des rendements
01:01:53corrects
01:01:54sur cette épargne
01:01:54je pense que
01:01:56l'autre élément
01:01:57d'explication
01:01:57qui est encore plus important
01:01:58c'est un élément
01:01:59international
01:02:00c'est-à-dire qu'il y a
01:02:01toute une épargne mondiale
01:02:04qui vient se placer
01:02:06dans les pays riches
01:02:07y compris
01:02:09avec un taux d'intérêt
01:02:11faible
01:02:12un rendement faible
01:02:13pour des raisons
01:02:14de sécurité
01:02:15à long terme
01:02:16de sécurité politique
01:02:17de sécurité juridique
01:02:18et c'est quand même ça
01:02:19l'élément premier
01:02:20qui permet aux pays riches
01:02:21d'emprunter à 1%
01:02:22alors que les pays pauvres
01:02:23reprindent à 5 ou 10%
01:02:24etc
01:02:25donc le miracle
01:02:26des taux d'intérêt bas
01:02:28c'est un miracle
01:02:29qui a pour contrepartie
01:02:30le fait que les contribuables
01:02:31du Sud
01:02:31payent des taux d'intérêt
01:02:32élevés pour résumer
01:02:33donc c'est un miracle
01:02:34qui est un peu coûteux
01:02:35disons pour la planète
01:02:36dans son ensemble
01:02:37à long terme
01:02:37et on est du bon côté
01:02:39du manche
01:02:39mais c'est pas forcément
01:02:41bon signe
01:02:41sur les équilibres
01:02:43financiers globaux
01:02:43et je pense
01:02:44que ça pose
01:02:45de très sérieux problèmes
01:02:46de crise de la dette
01:02:47dans les pays du Sud
01:02:48et ça va pas forcément
01:02:50non plus durer éternellement
01:02:51et c'est évident
01:02:51que par rapport
01:02:52à tous nos débats
01:02:52sur la crise de la dette
01:02:53et comment on met
01:02:54à contribution
01:02:55les hauts patrimonymes
01:02:55si le taux d'intérêt réel
01:02:56passe de 1 à 2
01:02:58ou 3 ou 4
01:02:58on est dans une crise immédiate
01:03:02qui peut faire baisser
01:03:03des niveaux
01:03:04de l'actif immobilier
01:03:05mais qui du point de vue
01:03:06du remboursement
01:03:07de la dette publique
01:03:07enfin excusez-moi
01:03:08je suis revenu quand même
01:03:08sur cette question là
01:03:09parce que là
01:03:10vous avez vraiment
01:03:12une crise
01:03:12des finances publiques
01:03:13considérable
01:03:13et là pour le coup
01:03:14la mise à contribution
01:03:15exceptionnelle
01:03:15les plus hauts patrimonymes privés
01:03:16je pense qu'elle est
01:03:19complètement inévitable
01:03:20je pense pour tous
01:03:21les bords politiques
01:03:21enfin il n'y a plus
01:03:22il n'y a juste plus
01:03:22de discussion
01:03:25c'est mon impression
01:03:27mais ce que je veux
01:03:29quand même dire
01:03:29c'est que par rapport
01:03:30à ces raisonnements
01:03:31sur les agrégats
01:03:31qui sont très importants
01:03:33sur cette augmentation
01:03:34de la valeur
01:03:34des patrimoines privés
01:03:35la baisse du rendement
01:03:36les prix de l'immobilier
01:03:37trop élevés
01:03:38il y a quand même
01:03:39une déformation
01:03:40de la distribution
01:03:41de ce patrimoine total
01:03:43au sommet
01:03:44une augmentation
01:03:45de la part
01:03:46de ce patrimoine total
01:03:47qui va au très haut
01:03:48une déformation
01:03:49au cours des dernières années
01:03:50qui a quelque chose
01:03:51de vraiment
01:03:52de vraiment
01:03:53vraiment massif
01:03:54et auquel
01:03:55voilà
01:03:56c'est pas ça
01:03:57qui ça n'enlève pas
01:03:58l'importance
01:03:59de la question
01:03:59plus macroéconomique
01:04:01sur le passage
01:04:01des 200%
01:04:02du PIB
01:04:03mais on est obligé
01:04:04de la traiter
01:04:05dans un contexte politique
01:04:08social
01:04:08et historique
01:04:09où du point de vue
01:04:10de l'appréciation
01:04:11de la capacité
01:04:12contributive
01:04:12des contribuables
01:04:14la détention
01:04:15du patrimoine
01:04:16a toujours été
01:04:17au moins aussi importante
01:04:18que le fait
01:04:19de disposer
01:04:19d'un revenu important
01:04:20et je pense
01:04:22je ne sais pas
01:04:23si on s'arrête là
01:04:24ou si on va revenir
01:04:24sur ces questions
01:04:25mais je pense que
01:04:27voilà
01:04:27ce serait vraiment
01:04:29une erreur
01:04:30de ne pas
01:04:32considérer
01:04:32que cette détention
01:04:33d'un patrimoine
01:04:34et de cet enrichissement
01:04:35très fort
01:04:36des patrimoines
01:04:36ne constitue pas
01:04:37un indicateur
01:04:39pertinent
01:04:39d'appréciation
01:04:40de la capacité
01:04:41contributive
01:04:42j'avais une réflexion
01:04:45en fait
01:04:45la concentration
01:04:47du patrimoine
01:04:48dans
01:04:49tout le haut
01:04:49essentiellement
01:04:50un patrimoine
01:04:52professionnel
01:04:53du moins
01:04:53économique
01:04:54à travers
01:04:55des types
01:04:56de sociétés
01:04:56et autres
01:04:58moi je suis toujours
01:04:59un peu troublé
01:05:00de la confusion
01:05:02qu'on peut avoir
01:05:02entre
01:05:05la valeur
01:05:06de l'entreprise
01:05:07et les actionnaires
01:05:09l'entreprise
01:05:10étant
01:05:11une personne morale
01:05:12en tant que telle
01:05:13avec une valorisation
01:05:15et vous parliez
01:05:17tout à l'heure
01:05:17de spoliation
01:05:18et autres
01:05:18de toute façon
01:05:19la conclusion
01:05:20d'une taxe
01:05:21qui pourrait y avoir
01:05:22aura pour effet
01:05:23d'aller chercher
01:05:24la trésorerie
01:05:25pour payer l'impôt
01:05:26sur l'entreprise
01:05:27je vois pas comment
01:05:28on va avoir
01:05:31les liquidités suffisantes
01:05:32transférer les titres
01:05:33comment
01:05:33vous transférez les titres
01:05:35non mais
01:05:36aujourd'hui
01:05:37c'est un peu
01:05:38comme les opérations
01:05:39de LMBO
01:05:39quand on a des rachats
01:05:41avec des multiples
01:05:41débitda
01:05:42on va bien chercher
01:05:43souvent
01:05:44la trésorerie
01:05:44donc on affaiblit
01:05:46la compétitivité
01:05:47des entreprises
01:05:47en allant chercher
01:05:49la trésorerie
01:05:49dans ces entreprises
01:05:50puisque
01:05:52et moi ça m'a toujours
01:05:53choqué
01:05:53notamment l'analyse
01:05:54de l'IPP
01:05:55sur le revenu économique
01:05:57un bénéfice
01:05:58tant qu'il est dans
01:05:59l'entreprise
01:05:59il n'appartient pas
01:06:01aux actionnaires
01:06:01il appartiendra
01:06:02aux actionnaires
01:06:03que si vous avez
01:06:03une opération
01:06:04de distribution
01:06:04il y a quand même
01:06:06aujourd'hui
01:06:07dans notre droit
01:06:08un bénéfice
01:06:09ne peut pas être
01:06:10appréhendé
01:06:10par les actionnaires
01:06:11sans l'opération
01:06:12de distribution
01:06:13donc quelque part
01:06:15comment vous allez
01:06:15aller chercher
01:06:16les moyens
01:06:17et on l'a vu
01:06:19au moment où
01:06:19on a eu l'évolution
01:06:21de 2017
01:06:22avec la flag tax
01:06:23et la suppression
01:06:24de l'ISF
01:06:24avec une distribution
01:06:25une baisse
01:06:27des capitaux propres
01:06:27de certaines entreprises
01:06:29parce qu'on avait
01:06:29beaucoup distribué
01:06:30moi c'est simplement
01:06:31cet effet
01:06:32de basculement
01:06:33que ça soit Pierre
01:06:35ou encore une fois
01:06:36c'est tout ce qu'on
01:06:37peut dire
01:06:39que ça soit
01:06:39une famille X ou Y
01:06:40qui soit propriétaire
01:06:42à la limite
01:06:43si elle est française
01:06:44et autre
01:06:44je suis presque plus rassuré
01:06:46que si c'est un fonds
01:06:47de pension
01:06:47qui a racheté
01:06:49les titres
01:06:49ou autre
01:06:50par rapport à ça
01:06:51alors il y a le débat
01:06:51sur les nations
01:06:52et autres
01:06:53mais c'est ce mélange
01:06:55entre
01:06:56ce qu'est une personne morale
01:06:58et c'est vrai que
01:06:59c'est peut-être
01:07:00notre vision
01:07:01de droit continental
01:07:02mais une personne morale
01:07:03ça a quand même
01:07:04une signification
01:07:05le droit des sociétés
01:07:06existe
01:07:06et encore une fois
01:07:07cet argent
01:07:09qui est dans l'entreprise
01:07:09n'appartient pas
01:07:11aux actionnaires
01:07:11elle n'appartiendra
01:07:12aux actionnaires
01:07:13que si
01:07:13il y a l'opération
01:07:14de distribution
01:07:16alors
01:07:16je
01:07:18j'ai l'impression
01:07:19que vous excluez
01:07:20par principe
01:07:21le fait
01:07:22qu'un actionnaire
01:07:23qui détient
01:07:25des milliards
01:07:26ou des dizaines
01:07:27de milliards
01:07:28en portefeuille
01:07:29puisse payer
01:07:30un impôt de 2%
01:07:31en transférant
01:07:322% de ses titres
01:07:33dans ce cas là
01:07:35il ne touche pas
01:07:35à la trésorerie
01:07:36c'est simplement
01:07:37la propriété
01:07:37des titres
01:07:38qui est transférée
01:07:39j'ai l'impression
01:07:39que vous excluez
01:07:40d'emblée
01:07:40cette possibilité
01:07:41et j'essaye de comprendre
01:07:42pourquoi
01:07:42d'abord c'est son libre choix
01:07:43de payer
01:07:44c'est un impôt personnel
01:07:45donc il est libre
01:07:46de le payer
01:07:47comme il veut
01:07:48on ne va quand même
01:07:49pas leur imposer
01:07:49la méthode
01:07:50de payer l'impôt
01:07:52il n'y a que deux possibilités
01:07:54soit la trésorerie
01:07:55est nécessaire
01:07:56pour faire des investissements
01:07:58avec un très fort rendement
01:07:59qui rapporte encore plus
01:08:01dans ce cas là
01:08:01il faut les faire
01:08:03si cette trésorerie
01:08:04l'actionnaire considère
01:08:05qu'elle est inutile
01:08:06il peut payer
01:08:07effectivement avec la trésorerie
01:08:08mais en tout cas
01:08:09on peut parfaitement
01:08:10pour éviter
01:08:10d'avoir à utiliser
01:08:11la trésorerie
01:08:12la réponse
01:08:13elle est juste
01:08:14de payer en titre
01:08:14mais je vous rassure
01:08:15c'est comme ça
01:08:16que ça s'est toujours fait
01:08:17dans des impôts
01:08:17sur les patrimoines
01:08:20vous devriez vraiment
01:08:22reprendre la loi
01:08:25la loi sur l'impôt
01:08:27de solidarité nationale
01:08:28adoptée par cette assemblée
01:08:29je pense que c'est quand même
01:08:30le moment de se repencher dessus
01:08:31parce que là
01:08:32c'est le patrimoine
01:08:33de cette maison
01:08:34le patrimoine de la France
01:08:36cette loi
01:08:37que prévoit-elle ?
01:08:38elle prévoit évidemment
01:08:39le paiement en titre
01:08:41c'est dans une époque
01:08:42où par ailleurs
01:08:42on nationalise etc
01:08:43donc ça paraît très naturel
01:08:44pour tout le monde
01:08:45le paiement en titre
01:08:45mais dans tous les pays
01:08:47où on fait des impôts
01:08:48sur le patrimoine
01:08:49à ce moment-là
01:08:49le paiement en titre
01:08:51est la forme privilégiée
01:08:51et d'ailleurs au même moment
01:08:52la même loi
01:08:53crée les sociétés nationales
01:08:55d'investissement
01:08:55une espèce de fonds souverains
01:08:56de l'époque
01:08:57dans lequel sont versés
01:08:58ces titres
01:08:59donc le but
01:09:00c'est pas du tout
01:09:01de faire du mal
01:09:02à l'investissement
01:09:02au contraire
01:09:03c'est plutôt dans une stratégie
01:09:05de reconstruction
01:09:06d'investissement
01:09:07dans le pays
01:09:07et j'en reviens à nouveau
01:09:08à la question de monsieur
01:09:09le rapporteur tout à l'heure
01:09:10c'est-à-dire que moi
01:09:10je suis pas du tout
01:09:11dans un état d'esprit
01:09:12super on va diminuer
01:09:13l'épargne et l'investissement
01:09:14mais absolument pas
01:09:15il s'agit d'investir
01:09:17de produire
01:09:18mais peut-être
01:09:19dans certains cas
01:09:19d'investir un peu autrement
01:09:20c'est-à-dire qu'en fait
01:09:21d'avoir un fonds souverain
01:09:23qui détient une partie
01:09:24des titres
01:09:24ou d'impliquer davantage
01:09:26les salariés
01:09:26qui dans certains cas
01:09:27pourraient racheter
01:09:29une partie de ces titres
01:09:30éventuellement
01:09:30avec un soutien de l'état
01:09:31moi si l'état
01:09:32perdait une partie
01:09:33des recettes
01:09:34en aidant les salariés
01:09:37à emprunter
01:09:38pour racheter
01:09:38une partie de ces titres
01:09:39je serais pas forcément
01:09:40choqué
01:09:41et ça pourrait aller
01:09:41avec une politique
01:09:42où il y a aussi
01:09:43plus de droits
01:09:43pour les salariés
01:09:44dans l'entreprise
01:09:44donc moi je partage
01:09:46entièrement votre souci
01:09:47sur l'investissement
01:09:48dans ce pays
01:09:48évidemment
01:09:50je dis juste
01:09:50comme je le dis
01:09:51à monsieur le rapporteur
01:09:52d'entrée de jeu
01:09:53qu'il y a différentes façons
01:09:54d'organiser l'investissement
01:09:56et que l'idée
01:09:57que seuls
01:09:58les détenteurs actuels
01:09:59du patrimoine
01:10:00dont quand même
01:10:01le patrimoine
01:10:01a été multiplié par 5
01:10:02en pourcentage du PIB
01:10:03sur 10 ans
01:10:04sont les seuls à même
01:10:05d'organiser l'investissement
01:10:07dans ce pays
01:10:08oui mais dans ce cas là
01:10:09le raisonnement
01:10:10il s'arrête où
01:10:11si on continue
01:10:11de multiplier par 5
01:10:12que leur part
01:10:13dans le patrimoine total
01:10:13on dira la même chose
01:10:14dans 10 ans
01:10:15il y a forcément
01:10:15un moment où le raisonnement
01:10:16ça va
01:10:16moi je veux bien
01:10:17que la Dation
01:10:18ou le fait
01:10:19de céder à des fonds
01:10:20ça ne fait pas
01:10:21rentrer de trésorerie
01:10:22dans les caisses
01:10:23de l'Etat
01:10:24il faudra quand même
01:10:24faire rentrer la trésorerie
01:10:25dans les caisses de l'Etat
01:10:26non
01:10:26il ne faudrait pas forcément
01:10:27rentrer
01:10:28d'avoir un fonds souverain
01:10:29vous savez
01:10:30la Norvège
01:10:31c'est le problème
01:10:32de la liquidité
01:10:32de la ressource
01:10:33et vous ne l'avez pas là
01:10:35oui mais ça augmente
01:10:36le patrimoine de l'Etat
01:10:37ce qui peut permettre
01:10:37de réorienter
01:10:38l'investissement
01:10:39dans certains cas
01:10:40ça c'est théorique
01:10:40ah non c'est pas théorique
01:10:42non mais attendez
01:10:45on vit dans un monde
01:10:45où la Norvège
01:10:46par exemple
01:10:47a un fonds souverain
01:10:47qui fait 500% du PIB
01:10:49500% du PIB
01:10:50c'est plus que les patrimoines privés
01:10:5170% du patrimoine national
01:10:53de la Norvège
01:10:54est dans le fonds souverain
01:10:54et autant que je sache
01:10:56c'est pas la catastrophe
01:10:57économique forcément
01:10:58donc il ne faut pas avoir peur
01:10:59du fait qu'on ait
01:11:01c'est un usage
01:11:03du produit
01:11:04d'un impôt comme ça
01:11:04qui pour moi
01:11:06est aussi important
01:11:07que financer
01:11:08les dépenses comptes
01:11:10je laisse continuer
01:11:11le rapport
01:11:13allez-y
01:11:18et on peut le faire autrement
01:11:20ah oui
01:11:21merci
01:11:21bien on passe
01:11:22à la deuxième partie
01:11:23sur la fiscalité
01:11:25des ménages
01:11:26les plus aisés
01:11:26alors dans un article
01:11:27publié en 1998
01:11:31qui était intitulé
01:11:32les hauts revenus
01:11:33face aux modifications
01:11:33des taux marginaux
01:11:34supérieurs de l'impôt
01:11:35sur le revenu en France
01:11:36vous essayez de démontrer
01:11:38que le niveau de revenu
01:11:40des ménages
01:11:40les plus aisés
01:11:41est peu élastique
01:11:42aux variations
01:11:43des taux marginaux
01:11:44supérieurs
01:11:44de l'impôt
01:11:45sur le revenu
01:11:46autrement dit
01:11:47l'effet de l'affaire
01:11:48n'existerait pas
01:11:50cela signifie-t-il
01:11:51qu'une tactation accrue
01:11:53des hauts revenus
01:11:53pourrait être envisagée
01:11:55sans effet négatif
01:11:56significatif
01:11:57tant sur l'activité économique
01:12:00sur la délocalisation
01:12:01éventuelle
01:12:02désintéressée
01:12:03et sur les recettes
01:12:04fiscales de l'État
01:12:05par voie de conséquence
01:12:10oui alors
01:12:11depuis cette
01:12:12à nous
01:12:12cet article
01:12:13qui date
01:12:13d'un quart de siècle
01:12:14qui reste pertinent
01:12:15mais on a fait
01:12:17beaucoup d'autres recherches
01:12:18mais qui confirment
01:12:20plutôt
01:12:20cette conclusion générale
01:12:22mais peut-être
01:12:22moi les recherches
01:12:24qui vont dans ce sens
01:12:24qui m'ont le plus marqué
01:12:26c'est des recherches
01:12:26qu'on a menées
01:12:27avec Emmanuel Saez
01:12:28sur l'expérience
01:12:30états-unienne
01:12:31qui est un peu
01:12:31l'expérience
01:12:32la plus prolongée
01:12:33de taux d'imposition
01:12:34sur le revenu
01:12:35extrêmement élevé
01:12:36donc tout le monde
01:12:37connaît bien
01:12:38en moyenne
01:12:39entre 1930 et 1980
01:12:40on est à un taux
01:12:41supérieur de l'impôt fédéral
01:12:43qui est de 81%
01:12:44en moyenne
01:12:44qui monte jusqu'à 91%
01:12:46pendant 20 ans
01:12:47qui est de 81%
01:12:49pendant un demi-siècle
01:12:51auquel s'ajoutent
01:12:52les impôts des États
01:12:52les États ont des impôts
01:12:54qui vont de 5 à 10 à 15%
01:12:55donc on est très près
01:12:56de 90 à 95%
01:12:58et ça s'applique
01:12:58pendant un demi-siècle
01:12:59dans la plus grande
01:13:00économie du monde
01:13:03donc c'est quand même
01:13:04un exemple
01:13:04historiquement intéressant
01:13:06et avec Emmanuel Saez
01:13:08on a essayé
01:13:08de reprendre
01:13:09vraiment toutes les données
01:13:10dont on dispose
01:13:10sur cette expérience
01:13:11de façon très détaillée
01:13:13secteur par secteur
01:13:14État
01:13:15Etats-Unis
01:13:16par Etat
01:13:18et effectivement
01:13:19notre conclusion
01:13:20c'est que ces taux
01:13:22extraordinairement élevés
01:13:23bon
01:13:24n'ont pas détruit
01:13:25le capitalisme états-unien
01:13:26ça je crois
01:13:26qu'on s'en est tous rendu compte
01:13:27mais même
01:13:28on n'a pas du tout
01:13:29diminué la productivité
01:13:31dans les entreprises
01:13:31en question
01:13:32alors on conduit
01:13:33à une forte baisse
01:13:34des rémunérations
01:13:35en question
01:13:35avant impôts
01:13:36mais c'est pas parce que
01:13:37les personnes ont moins
01:13:39travaillé
01:13:39et donc ont généré
01:13:40moins de revenus
01:13:41qui aurait été un peu
01:13:41l'effet classique
01:13:42dans les modèles économiques
01:13:43classiques
01:13:44c'est de dire
01:13:44voilà les gens vont travailler
01:13:45moins d'heures de travail
01:13:46parce qu'on les taxe trop
01:13:47et bon mais là
01:13:48les patrons en question
01:13:50qui gagnaient 10 millions
01:13:51qui sont bien gagnés 1 million
01:13:52ils sont toujours
01:13:53à priori à plein temps
01:13:54enfin ils n'ont pas changé
01:13:55leur horaire de travail
01:13:56c'est plus que leur pouvoir
01:13:57de négociation
01:13:58pour fixer leurs rémunérations
01:14:00a chuté
01:14:01dans un contexte
01:14:02où ces très forts
01:14:03taux d'imposition
01:14:04ne sont qu'une des réformes
01:14:07qui est faite
01:14:07c'est à dire que
01:14:08ça rejoint aussi
01:14:08les questions de gouvernance
01:14:09d'entreprise
01:14:10de négociation collective
01:14:11d'intervention des salariés
01:14:12dans la fixation
01:14:14des rémunérations
01:14:14de quatre dirigeants
01:14:16enfin en tout cas
01:14:16pour résumer
01:14:17cette expérience historique
01:14:18quand même vraiment
01:14:19grandeur nature
01:14:20pour le coup
01:14:20vraiment très grande échelle
01:14:23pour nous
01:14:24valide de façon
01:14:25assez claire
01:14:26l'idée qu'il peut y avoir
01:14:27une très forte progressivité fiscale
01:14:29en l'occurrence
01:14:30là sur des très hauts revenus
01:14:31c'est à dire là
01:14:31on n'est pas sur des revenus
01:14:32qui sont à 5 fois
01:14:33le revenu moyen
01:14:33on est plutôt à 30 fois
01:14:3550 fois
01:14:36100 fois
01:14:36on est sur des très très hautes
01:14:37rémunérations
01:14:38mais pour le coup
01:14:39de ce niveau de progressivité fiscale
01:14:41à ces niveaux
01:14:42de très hautes rémunérations
01:14:44oui je crois
01:14:45qu'on peut
01:14:46on peut
01:14:46on peut
01:14:46on peut affirmer
01:14:47que c'est pas assez
01:14:47en soi
01:14:48ça n'a pas d'effet négatif
01:14:50sur les incitations
01:14:51les incitations économiques
01:14:54la productivité
01:14:55aux Etats-Unis
01:14:55à l'époque
01:14:56et la croissance
01:14:56de la productivité
01:14:57étaient plus élevées
01:14:58que ce qu'elle a été
01:14:59depuis les années 80
01:15:01je pense parce que
01:15:02le vrai facteur
01:15:03de prospérité
01:15:03à long terme
01:15:04il est plus dans
01:15:05l'accès à la formation
01:15:06les Etats-Unis
01:15:07dans les années 50-60
01:15:08avaient une avance éducative
01:15:09sur l'Europe considérable
01:15:10enfin étaient à 90%
01:15:12d'accès
01:15:13en lycée
01:15:14dans les années 50
01:15:15là où on était
01:15:16à 20%
01:15:17ou 10%
01:15:17en France
01:15:18ou en Allemagne
01:15:18donc c'est plus ce facteur
01:15:20d'expansion éducative
01:15:21et d'une expansion éducative
01:15:22par définition
01:15:23qui concerne
01:15:24beaucoup de gens
01:15:25enfin pas seulement
01:15:25les élites
01:15:26qui permettait
01:15:27un niveau de productivité
01:15:28et qu'à côté de ça
01:15:29le fait d'avoir
01:15:29une échelle des revenus
01:15:30de 1 à 100
01:15:31ou de 1 à 200
01:15:33le jour où vous la comprimez
01:15:34de 1 à 10
01:15:35ou de 1 à 20
01:15:36en fait
01:15:38le ciel ne s'effondre pas
01:15:39et quand vous la remontez
01:15:40de 1 à 100
01:15:41ou de 1 à 200
01:15:42est-ce que la croissance
01:15:43de la productivité
01:15:44est multipliée par 2 ?
01:15:45Non absolument pas
01:15:46en fait
01:15:47elle a plutôt baissé
01:15:48donc voilà
01:15:49ces éléments historiques
01:15:50nous c'est ce qu'on a
01:15:51ils ne sont pas parfaits
01:15:52je ne prétends pas
01:15:53mais les éléments historiques
01:15:54dont on dispose
01:15:56sont ceux-là
01:16:00mais vous pensez
01:16:02que l'expérience américaine
01:16:05disons 1930
01:16:061960
01:16:071970
01:16:0980
01:16:10début des années 80
01:16:11est transposable
01:16:13en France
01:16:14et en Europe
01:16:16pourquoi le serait-il bas ?
01:16:19parce que
01:16:20quand on interview
01:16:21si vous voulez
01:16:24des avocats fiscalistes
01:16:25qui gèrent ces affaires
01:16:26ils nous disent
01:16:27vous ne faites aucune illusion
01:16:28ils sont payés pour ça
01:16:30oui
01:16:31d'accord
01:16:31mais ils nous disent
01:16:33ne vous faites pas d'illusions
01:16:34non mais moi
01:16:34j'essaie d'écouter tout le monde
01:16:35et de ne pas
01:16:36de projeter mes convictions
01:16:40oui
01:16:40ils vous disent l'inverse
01:16:41ils vous disent
01:16:42il suffit de changer
01:16:44de la résidence fiscale
01:16:44c'est très facile
01:16:45de changer de résidence fiscale
01:16:47vous voyez
01:16:47et même avec
01:16:48une forme d'exit taxe
01:16:50ils vous disent
01:16:51c'est pas ça
01:16:51qui freinera durablement
01:16:52ce genre
01:16:53non mais je vous dis
01:16:54qu'il y a d'autres gens
01:16:55qui ne pensent pas
01:16:55la même chose
01:17:00en présence
01:17:03essayons d'analyser
01:17:04ces arguments
01:17:04premier point
01:17:05premier élément de réponse
01:17:06je pense que
01:17:07si vous aviez demandé
01:17:07à un avocat fiscaliste
01:17:09de Wall Street
01:17:09en 1930
01:17:10est-ce que vous approuvez
01:17:12la politique
01:17:13qui va être appliquée
01:17:14dans les 50 ans
01:17:14qui viennent aux Etats-Unis
01:17:16non mais
01:17:17si
01:17:18et si vous leur aviez demandé
01:17:19est-ce que c'est faisable
01:17:20est-ce que ça va marcher
01:17:23je pense qu'ils vous auraient
01:17:24dit que non
01:17:25a priori
01:17:25je pense qu'ils auraient
01:17:27trouvé un peu
01:17:27les mêmes arguments
01:17:28qu'aujourd'hui
01:17:28de dire ça va être contourné
01:17:30bon donc
01:17:31c'est vrai qu'on est quand même
01:17:32obligé de faire très attention
01:17:33parce qu'on a des personnes
01:17:34dont le gagne-pain
01:17:36dépendent directement de ça
01:17:37donc on est quand même
01:17:38il faut faire très attention
01:17:39et puis par ailleurs
01:17:41on peut sincèrement
01:17:42se tromper
01:17:42et je pense que
01:17:43beaucoup de gens
01:17:43en 1930
01:17:45n'auraient pas su
01:17:46à l'époque
01:17:46on aurait pu dire
01:17:47après tout
01:17:48on l'a jamais fait
01:17:50peut-être que ça va être
01:17:50une catastrophe
01:17:51bon c'est juste que là
01:17:52maintenant on a cette expérience
01:17:54historique derrière nous
01:17:54alors après on peut dire
01:17:55cette expérience historique
01:17:56on s'en fout
01:17:57enfin je suis sûr
01:17:57que si je donnais cet argument
01:17:58historique à Donald Trump
01:17:59il me dirait
01:18:00j'en ai rien à foutre
01:18:01bon ok
01:18:01mais on n'est pas obligé
01:18:02de se mettre au niveau
01:18:02de Donald Trump
01:18:03c'est-à-dire qu'on est
01:18:04voilà on a des éléments
01:18:05historiques
01:18:06prenons-les pour ce qu'ils sont
01:18:07ils sont imparfaits
01:18:08après vous soulevez
01:18:10une autre question
01:18:10qui est le fait
01:18:11d'échapper à la mesure
01:18:12parce que
01:18:12mais je pense que oui
01:18:13il faut quand même
01:18:13distinguer la question
01:18:14économique
01:18:15c'est-à-dire supposons
01:18:16qu'on arrive à appliquer
01:18:17la mesure réellement
01:18:18à comprimer réellement
01:18:19l'échelle des salaires
01:18:21qui était de 1 à 100
01:18:21à 1 à 10
01:18:22pour simplifier
01:18:23est-ce que l'effet
01:18:24est positif ou négatif
01:18:25moi je dis
01:18:26l'effet il est plutôt positif
01:18:27ça va plutôt bien fonctionner
01:18:28donc ça
01:18:29c'est le débat
01:18:30disons économique
01:18:31sur qu'est-ce qui fonctionne
01:18:32en termes d'échelle de revenu
01:18:33après il y a un débat
01:18:34qui est plus un débat
01:18:35de technique fiscale
01:18:36entre guillemets
01:18:37qui est-ce qu'on peut
01:18:38y échapper
01:18:38et je pense que mélanger
01:18:39les deux débats
01:18:40c'est un peu embêtant
01:18:41parce qu'en fait
01:18:41on ne sait jamais
01:18:43sur quel plan
01:18:43l'argument se situe
01:18:45donc maintenant
01:18:45moi je veux bien
01:18:46passer à la deuxième question
01:18:47est-ce qu'on peut y échapper
01:18:48et ma réponse évidemment
01:18:49c'est que tout est une question
01:18:50de volonté politique
01:18:51et d'organisation
01:18:51donc en particulier
01:18:52sur le fait
01:18:54de changer
01:18:56bon c'est évident
01:18:57que c'est plus facile
01:18:57pour un pays de grande taille
01:18:58comme les Etats-Unis
01:18:59que pour des toutes petites
01:19:00juridictions de faire ça
01:19:02ça va de soi
01:19:03après
01:19:05les personnes qui partent
01:19:06alors c'est vrai
01:19:07que ça se pose plus
01:19:08peut-être sur le patrimoine
01:19:09que sur les très hautes
01:19:10rémunérations
01:19:12mais je pense que
01:19:13sur le patrimoine
01:19:14en particulier
01:19:14il y a forcément
01:19:15une remise en cause
01:19:16des réglementations
01:19:19en vigueur
01:19:19sur ce qu'on appelle
01:19:21la libre circulation
01:19:22des capitaux
01:19:23mais qui en pratique
01:19:24peut correspondre
01:19:24à une situation
01:19:25où on bénéficie
01:19:26de toutes les infrastructures
01:19:28d'un pays
01:19:29pour s'enrichir
01:19:29et ensuite
01:19:30on appuie sur un bouton
01:19:31et on se déplace
01:19:32à l'étranger
01:19:32et on dit
01:19:33maintenant je ne vous dois
01:19:33plus rien
01:19:34qui est un régime
01:19:35qui pour moi
01:19:36n'est pas tenable
01:19:36collectivement
01:19:37dans le contrat social
01:19:38d'ensemble
01:19:39et donc ça évidemment
01:19:40ça doit être remis en cause
01:19:42les Etats-Unis
01:19:43le font avec la nationalité
01:19:45c'est-à-dire
01:19:45tant que vous gardez
01:19:46la nationalité étatsunienne
01:19:47vous payez
01:19:47moi je préfère de beaucoup
01:19:49un système
01:19:50qui serait basé
01:19:50sur le nombre
01:19:51d'années de résidence
01:19:51en gros
01:19:52c'est-à-dire
01:19:52si vous avez fait
01:19:53votre fortune en France
01:19:55jusqu'à l'âge
01:19:56de 50 ans
01:19:57que vous partez en Suisse
01:19:59à 51 ans
01:20:01vous continuez
01:20:02vous devez
01:20:0450-51ème
01:20:05de l'impôt
01:20:06que vous auriez dû payer
01:20:08si vous étiez resté
01:20:09en France
01:20:09alors au bout
01:20:10de 30 ans
01:20:11votre impôt
01:20:11commence à baisser
01:20:12sérieusement
01:20:12mais dans l'immédiat
01:20:13il ne baisse pas beaucoup
01:20:15parce que vous avez
01:20:16bénéficié
01:20:17des infrastructures
01:20:18du pays
01:20:19et donc
01:20:19bon
01:20:20on peut trouver
01:20:21d'autres formules
01:20:22mais je pense
01:20:22que ça me paraîtrait
01:20:24quelque chose
01:20:24de compréhensible
01:20:26pour tout un chacun
01:20:27et qui permet
01:20:28de faire face
01:20:29à beaucoup
01:20:29de ces difficultés
01:20:31je pense que
01:20:33Eva Sasse
01:20:33voulait poser une question
01:20:34je crois
01:20:35oui merci
01:20:36monsieur le président
01:20:37monsieur Piketty
01:20:38merci pour
01:20:39cette intervention
01:20:41vous aviez proposé
01:20:43si je ne me trompe pas
01:20:44une fusion
01:20:45de l'impôt sur le revenu
01:20:46avec la CSG
01:20:47et une meilleure progressivité
01:20:49est-ce que vous pouvez
01:20:49détailler
01:20:50cette proposition
01:20:52est-ce que vous pensez
01:20:54qu'elle est encore
01:20:55pertinente
01:20:55quand on voit
01:20:56que les plus hauts revenus
01:20:58les plus hauts patrimoines
01:21:00minimisent leurs revenus
01:21:01et que donc
01:21:02l'impôt sur le revenu
01:21:03finalement ne les touche pas
01:21:05puisque
01:21:05ils sont
01:21:08les revenus
01:21:09sont capitalisés
01:21:11dans des holdings
01:21:11pour l'essentiel
01:21:12on va dire
01:21:14et puis
01:21:15plus précisément
01:21:16à nouveau
01:21:17sur l'impôt sur le revenu
01:21:19est-ce que
01:21:20vous
01:21:22préconisez
01:21:24des réformes
01:21:25sur certaines niches fiscales
01:21:27et si oui
01:21:27lesquelles sont
01:21:28les plus importantes
01:21:29à vos yeux
01:21:30et qu'est-ce que vous pensez
01:21:31de la déconjugalisation
01:21:33non
01:21:33pas
01:21:34les quotients
01:21:35familiales
01:21:36mais
01:21:36de la déconjugalisation
01:21:39donc
01:21:39la déconjugalisation
01:21:40de l'impôt sur le revenu
01:21:46de façon générale
01:21:48je pense que
01:21:50la question
01:21:51de l'imposition
01:21:52sur les hauts patrimoines
01:21:53est aujourd'hui
01:21:54plus importante
01:21:55et plus prioritaire
01:21:57que la question
01:21:57de l'imposition
01:21:58des hauts revues
01:21:58parce que
01:21:59on l'a déjà
01:22:00beaucoup dit
01:22:00il y a eu
01:22:01une augmentation
01:22:02du niveau
01:22:03des hauts patrimoines
01:22:04qui est vraiment
01:22:06inédite
01:22:06et aussi
01:22:08je l'ai dit
01:22:09plusieurs fois
01:22:09face à une crise
01:22:10qui est une crise
01:22:11de la dette publique
01:22:12d'un niveau de dette publique
01:22:13considérable
01:22:13c'est en fait
01:22:14sur les patrimoines
01:22:15qu'on est sur des stocks
01:22:16et c'est plutôt
01:22:17à ce niveau-là
01:22:18qu'on a des ordres
01:22:19de grandeur
01:22:20et des mesures
01:22:21qui sont adaptées
01:22:22donc pour moi
01:22:23ça va être la priorité
01:22:24alors après
01:22:24sur l'imposition
01:22:25des revenus
01:22:26et le livre
01:22:27de 2011
01:22:28la révolution fiscale
01:22:33moi je suis toujours
01:22:34plutôt pour l'idée
01:22:35d'une fusion
01:22:35impôts sur le revenu
01:22:36CHG
01:22:36après j'en fais pas
01:22:37ni à l'époque
01:22:38ni aujourd'hui
01:22:39j'en fais une religion
01:22:39c'est à l'époque
01:22:40moi déjà
01:22:40ce qui me paraissait
01:22:41très important
01:22:41c'était le passage
01:22:42de l'impôt sur le revenu
01:22:43à la source
01:22:43et je suis content
01:22:44que ça a été fait
01:22:45à la fin du mandat
01:22:482012-2017
01:22:49parce que je pense
01:22:50que de même
01:22:51que les cotisations sociales
01:22:52c'est très important
01:22:53qu'elles aient été
01:22:53prélevées à la source
01:22:54en 1945
01:22:55enfin si on avait voulu
01:22:55faire la sécurité sociale
01:22:56sans cotisation
01:22:57prélevée à la source
01:22:58où chacun fait ses chèques
01:22:59de cotisation maladie
01:23:00retraite
01:23:01à la fin du mois
01:23:01à la fin de l'année
01:23:02ça aurait été quand même compliqué
01:23:03c'est à dire
01:23:03je pense qu'il faut
01:23:04quand même avoir
01:23:05un système qui soit simple
01:23:06qui soit automatique
01:23:06pour les contrôles
01:23:07qui corresponde
01:23:08à une socialisation
01:23:09des richesses
01:23:09où on met ensemble
01:23:10les ressources
01:23:10et donc laisser de côté
01:23:12l'impôt sur le revenu
01:23:13de ce mouvement
01:23:14d'organisation collective
01:23:16du prélèvement
01:23:16ce qui me semble
01:23:17c'était une machinerie
01:23:19à rendre aussi
01:23:19l'impôt sur le revenu
01:23:20plus impopulaire
01:23:20que les autres
01:23:21qui expliquait
01:23:21la faiblesse
01:23:22de l'impôt sur le revenu
01:23:22donc je suis content
01:23:23qu'on soit revenu là-dessus
01:23:26après la fusion
01:23:27qu'on avait en tête
01:23:28nous était toujours
01:23:28une fusion
01:23:29qui n'était pas forcément
01:23:31qui ne voulait pas dire
01:23:32que les recettes
01:23:32étaient forcément fusionnées
01:23:33c'est à dire
01:23:34on pouvait continuer
01:23:34d'avoir une affectation
01:23:35d'une partie des recettes
01:23:37vous voyez
01:23:37vous pouvez avoir
01:23:40à la sécurité sociale
01:23:41donc beaucoup
01:23:42de syndicats
01:23:43s'étaient inquiétés
01:23:43à l'époque
01:23:44en disant
01:23:44voilà on va perdre
01:23:45les recettes affectées
01:23:46nous on n'était pas du tout
01:23:47dans une philosophie
01:23:48où on arrête
01:23:48l'affectation
01:23:49d'une partie des recettes
01:23:50c'était plus
01:23:51la fusion
01:23:51c'est plus au niveau
01:23:52du mode de prélèvement
01:23:53à la source
01:23:54et au niveau de l'assiette
01:23:55et là
01:23:56ce qui reste pertinent
01:23:57à mon avis
01:23:58c'est quand même
01:23:58d'avoir
01:23:59l'assiette de la CSG
01:24:00en termes de revenu
01:24:01de patrimoine
01:24:01est quand même plus large
01:24:02reste aujourd'hui
01:24:03plus large
01:24:03que l'assiette
01:24:04de l'impôt sur le revenu
01:24:04surtout qu'entre temps
01:24:05sur l'impôt sur le revenu
01:24:06on a sorti
01:24:10il y a eu
01:24:10toutes les choses
01:24:11sur la flat tax
01:24:11on a sorti
01:24:12une partie des revenus
01:24:13du patrimoine
01:24:13de l'impôt progressif
01:24:14qui est historiquement
01:24:15ce mouvement
01:24:17où on fait sortir
01:24:18une partie des revenus
01:24:19du patrimoine
01:24:19de l'impôt progressif
01:24:20c'est quand même
01:24:21sur la longue durée
01:24:22c'est quand même
01:24:22un mouvement
01:24:24très très étonnant
01:24:25je rappelle juste
01:24:26que quand l'impôt sur le revenu
01:24:27a été créé
01:24:28en France en 1914
01:24:29mais dans tous les pays
01:24:30les Etats-Unis en 1913
01:24:32enfin tous les pays
01:24:32où on a créé l'impôt sur le revenu
01:24:33au début du XXe siècle
01:24:34c'était évidemment le contraire
01:24:35c'est à dire qu'on avait
01:24:35des taux d'imposition
01:24:36plus élevés
01:24:37sur les revenus du patrimoine
01:24:38que sur les revenus du travail
01:24:39et c'était une évidence
01:24:40pour tout le monde
01:24:41c'est à dire que tout le monde
01:24:41avait bien en tête
01:24:42que les plus hauts revenus
01:24:43étaient plutôt des revenus patrimoniaux
01:24:45donc si on avait dit à l'époque
01:24:46tiens on va faire un barème
01:24:47plus faible sur les revenus du patrimoine
01:24:49les gens seraient
01:24:49mais vous nous dites
01:24:51que vous créez un impôt progressif
01:24:52sur le revenu
01:24:52vous faites un barème plus faible
01:24:53sur les revenus du patrimoine
01:24:53ça aurait été inaudible
01:24:54enfin incompréhensible
01:24:55donc ce qui se passait
01:24:57c'est que l'impôt cédulaire
01:24:58sur les salaires
01:24:59donc il y avait un système
01:25:00d'impôt général sur le revenu
01:25:01et d'impôt cédulaire
01:25:01sur les différentes catégories de revenus
01:25:02l'impôt cédulaire sur le salaire
01:25:03était structurellement
01:25:04à des taux plus faibles
01:25:05et des abattements plus forts
01:25:06que l'impôt cédulaire
01:25:07sur les revenus du patrimoine
01:25:08ou les bénéfices des professions
01:25:09non salariés
01:25:09et c'était une évidence
01:25:10pour tout le monde
01:25:10aux Etats-Unis
01:25:11vous avez ce système
01:25:14de ce qu'on appelait
01:25:15de différencier
01:25:16ils avaient un barème séparé
01:25:18pendant très longtemps
01:25:19sur les revenus du travail
01:25:20et les revenus du capital
01:25:21ce qu'ils appelaient
01:25:22dans la langue fiscale américaine
01:25:23le earned income
01:25:24versus une earned income
01:25:26et donc le une earned income
01:25:27le revenu gagné
01:25:28c'était le revenu du travail
01:25:30et le une earned income
01:25:31c'était le revenu du capital
01:25:33donc évidemment
01:25:33quand vous désignez
01:25:34les choses comme ça
01:25:35c'est pas pour faire
01:25:36un taux plus faible
01:25:37pour les une earned income
01:25:38et donc vous aviez un barème
01:25:39jusqu'à Reagan
01:25:39jusque dans les années 70
01:25:40où les taux d'imposition
01:25:42les plus élevés
01:25:42sur le revenu du capital
01:25:43étaient plus élevés
01:25:43il y a eu un basculement
01:25:44à partir des années 80-90
01:25:46qui est évidemment
01:25:47la conséquence du fait
01:25:48qu'on a mis en place
01:25:50un système
01:25:51des accords internationaux
01:25:53sur la circulation
01:25:53des capitaux
01:25:54sans aucune mention
01:25:55de la fiscalité
01:25:56c'est-à-dire
01:25:56on crée un droit
01:25:58on fait comme si
01:25:59tout ça était naturel
01:26:00mais c'est absolument pas naturel
01:26:01on crée un droit
01:26:02et un système légal
01:26:03extrêmement sophistiqué
01:26:04permettant d'appuyer
01:26:04sur un bouton
01:26:05de déplacer ses actifs
01:26:06sans aucun système
01:26:07de traçabilité
01:26:08sans aucun système
01:26:09pour faire payer
01:26:10l'impôt qui est dû
01:26:11dans le pays
01:26:11dans le pays qu'on a quitté
01:26:12et après on dit
01:26:14mince à l'heure
01:26:15on sait pas quoi faire
01:26:16ils sont partis
01:26:16on peut plus les faire payer
01:26:18on va être obligé
01:26:18de mettre des taux d'imposition
01:26:19plus faibles
01:26:20sur l'avenue du patrimoine
01:26:21mais tout ça a été organisé
01:26:23et tout ça a été organisé
01:26:24dans des mesures
01:26:27qui sont
01:26:28complètement anachroniques
01:26:29et qui ne peuvent pas
01:26:30du tout permettre
01:26:31de venir à bout
01:26:33des problèmes
01:26:35qu'on a au XXIe siècle
01:26:35donc après
01:26:36l'alignement
01:26:37de l'impôt sur le revenu
01:26:37sur l'assiette
01:26:38de la CSG
01:26:38peut régler une partie
01:26:40de ces problèmes
01:26:40mais c'est une petite partie
01:26:42par rapport
01:26:43à un contournement
01:26:45de l'impôt sur le revenu
01:26:46par les revenus du patrimoine
01:26:47qui demandera
01:26:49des mesures
01:26:49beaucoup plus importantes
01:26:50et notamment
01:26:51sur l'imposition
01:26:51des patrimoines
01:26:52eux-mêmes
01:26:53voilà pour ce numéro
01:26:55de la séance est ouverte
01:26:56à très bientôt
01:26:57sur LCP
01:26:58l'impôt sur le revenu
01:27:02de l'impôt sur le revenu
01:27:04de l'impôt sur le revenu
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