- il y a 10 heures
Ce mardi 19 mai, Vincent Champain, président de l'Observatoire du Long Terme, responsable du digital chez Framatome ; Alain Goudey, directeur général adjoint de Neoma Business School, se sont penchés sur l'avertissement d’Arthur Mensch, Anthropic et OpenAI, qui lance des joint-ventures et la méfiance croissante autour de l'IA, dans l'émission Tech&Co Business présentée par Frédéric Simottel. Tech&Co Business est à voir ou écouter le mardi sur BFM Business.
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00:01Tech & Co-Business, le décryptage IA.
00:07Souveraineté, productivité, service, l'IA en ordre de marche pour séduire les entreprises.
00:10On va parler de tout ça dans ce débrief avec nos deux débriefeurs de choc.
00:13Vincent Champin, bonjour Vincent.
00:14Bonjour.
00:15Merci d'être avec nous, président de l'Observatoire du long terme
00:17et patron du digital chez Framatome, membre du Comex chez Framatome.
00:22Observatoire du long terme, je vous conseille en replay d'ailleurs,
00:24on s'est vu il y a quelques jours avec Gilles Babinet
00:26pour un rapport sur la productivité très intéressant.
00:30Je vous conseille encore, allez voir le replay, on en dit quelques mots.
00:32Mais voilà, c'est mieux quand même quand on a le rapport.
00:34En tout cas, merci d'être venu la dernière fois pour ce sujet-là.
00:38Et puis Alain Goudet, bonjour Alain.
00:39Bonjour Frédéric.
00:40Merci d'être avec nous, directeur général adjoint de Neoma Business School.
00:44Et pareil, de toute façon, il faut aller sur vos comptes aussi à tous les deux sur X.
00:48Alain, à chaque fois, il y a l'actualité de tout ce qui sort sur X
00:51et c'est vraiment passionnant.
00:53Tiens, on va dire un mot sur Arthur Mensch qui était invité,
00:58enfin qui était convoqué par une commission parlementaire.
01:02Alors moi, la première chose, ça va vous frapper.
01:04Regardez-nous en télé, ils sont six, je crois.
01:07Alors je trouve qu'à l'heure actuelle, évidemment en dehors de tous les éléments géopolitiques,
01:12mais à l'heure actuelle, avoir un Arthur Mensch sous la main pendant une heure et demie
01:16pour lui poser tout un tas de questions,
01:17mais on aurait dû avoir une flopée de députés.
01:19Non, ils sont à peine six.
01:21Et encore, il doit y en avoir deux qui vont juste le relever de tout ça.
01:24On va écouter ce qu'il nous dit d'abord sur la réglementation
01:28et puis ensuite, on va rebondir dessus.
01:31Sur la réglementation comme défense et comme manière de contrer les Américains,
01:37je pense que souvent l'intention est bonne,
01:39c'est-à-dire de se dire on va faire en sorte que ça favorise nos startups européennes.
01:43Je pense que si on regarde dans tout l'historique de ce qu'on a pu faire,
01:47ça n'a jamais été le cas.
01:48Et une raison très simple, c'est que la réglementation,
01:51fondamentalement, ça vous met un overhead que pour surmonter,
01:54il faut être suffisamment gros.
01:55Donc si vous n'avez pas des entreprises suffisamment grosses
01:57avec une charge réglementaire aussi grosse,
01:58vous vous retrouvez à importer des acteurs américains.
02:02Mais réglementer pour défendre, en général, ça ne marche pas.
02:07Réglementer pour défendre, ça ne marche pas.
02:09C'est ce qu'on dit un peu souvent ici,
02:10mais le fait que ce soit Arthur Mensch qui le dise.
02:14Première réaction, Vincent ?
02:16Je pense qu'il a lu le grand décrochage,
02:17parce que ce qu'il dit sur l'innovation...
02:21On rappelait que les normes, à l'époque du GMCEN,
02:23ça a rendu l'Europe plus forte,
02:25parce que c'était des normes performantes,
02:27alors que maintenant, on a l'impression que c'est plutôt des normes
02:29qui sont là pour empêcher.
02:31Et donc, comme le dit Arthur,
02:32ce n'est pas ce qui est le plus efficace.
02:34Donc ça, je pense que c'est le premier point.
02:35Deuxième point,
02:36alors effectivement, il n'y a pas grand monde dans la salle,
02:38il y a énormément de gens qui l'ont lu.
02:39Donc je pense que ça a un énorme impact.
02:41Je pense que ça fait plaisir aussi d'entendre un patron
02:43qui a un tech guy.
02:44Ce n'est pas un general manager qui lisait des éléments de langage.
02:47Il a fait du code, il sait ce dont il parle.
02:50Et puis, on va en reparler dans un instant sur l'emploi,
02:52il rentre dedans, et même sur l'énergie.
02:55Moi, je vous conseille de l'écouter vraiment sur les chiffres.
02:58Il dit, voilà, une carte mémoire, c'est...
03:01C'est ça, un kilowatt par salarié.
03:02Un kilowatt par salarié, du coup, ça coûte 10 000.
03:05Il a tout un ensemble de chiffres,
03:07et ça nous permet un peu de voir comment on peut calculer tout ça.
03:09C'est hyper intéressant.
03:10Donc ça, je pense que c'était très bien, cette partie-là, formidable.
03:13Finalement, qu'il y ait peu de monde dans la salle,
03:15beaucoup de gens l'ont entendu, ça montre probablement
03:17que cet exercice de l'audition devrait être réinventé.
03:19Je pense que le Parlement devrait ouvrir aux questions des internautes.
03:23Et finalement, qu'il n'y ait que 5 personnes dedans,
03:24s'il y a 100 000 personnes qui regardent, c'est plus mal.
03:27La petite réserve, je pense que c'est quand...
03:28Mais c'est la même chose aussi,
03:30peut-être avec Dario Amadeu et Dario Amadeu,
03:33sur Anthropique,
03:34quand on arrive dans des domaines qui sont moins son domaine,
03:36c'est-à-dire la macroéconomie de l'emploi.
03:38Enfin, Arthur, c'est quelqu'un qui a fait de la recherche.
03:39Ensuite, il a bossé dans une boîte en hypercroissance.
03:44La macroéconomie de l'emploi, elle ne se joue pas là.
03:46Elle se joue en province, elle se joue dans les petits...
03:48Donc, je pense que ce qu'il dit dans ce domaine-là,
03:50ça représente bien ce qu'il voit lui.
03:51Ce n'est pas forcément extrapolable.
03:53Et dans ce qu'il dit lui, il y a des choses intéressantes.
03:55Il dit, par exemple, que la productivité est hyper forte
03:57sur le codage individuel.
03:59Et il dit, en revanche, qu'on est sur le codage collectif,
04:01c'est un peu plus compliqué.
04:03On n'a pas encore complètement inventé
04:05les méthodes qui permettent ça.
04:06Et ça renvoie aussi à une chose qu'on racontait
04:08dans le grand écrochage, c'est-à-dire que les grandes
04:10ruptures technologiques,
04:12nécessitent d'efforts co-investissements.
04:14C'est-à-dire que ce n'est pas seulement la technologie,
04:15c'est reverser le processus, refaire un certain nombre d'outils,
04:19réinventer une façon de travailler.
04:20Et tant qu'on ne l'a pas fait, on n'a qu'une partie
04:22de la productivité.
04:22Il dit, il s'inquiète d'une Europe cantonnée
04:24à la fourniture d'énergie dans la course à l'IA.
04:27On l'entend souvent dire ça.
04:30Allez-y, parce que je vous conseille encore une fois,
04:32puis il dit des chiffres qui sont hyper...
04:33Enfin, je trouve qu'il faudrait les noter
04:35pour avoir toujours un peu une grille d'évaluation.
04:37Non, ben, alors, oui.
04:39Et là, il parle de quelque chose qu'il connaît.
04:41Donc, il raconte son expérience.
04:43Il explique que c'est compliqué
04:44de faire une entreprise pan-européenne
04:45parce que pour les stock options,
04:48toute la réglementation,
04:50la transparence des données,
04:51il y a une réglementation par pays.
04:53Donc ça, je pense que ça mérite d'être écouté.
04:54Il faut même ouvrir un compte en banque par pays.
04:56Et au-delà d'écouter, il faut en tirer les leçons.
04:57Parce que le rapport Draghi évoquait un peu ce sujet-là.
05:00Mais Draghi, c'est plutôt des banquiers,
05:02des gens qui sont sur un type d'économie différente.
05:04L'économie de l'hypercroissance,
05:05elle ne s'était pas encore exprimée là-dessus.
05:07Et c'est bien qu'Arthur Mensch l'ait fait.
05:09Alain ?
05:10Alors, oui, c'est clairement une audition à aller écouter.
05:14En fait, moi, je l'ai réécouté plusieurs fois.
05:16J'en ai fait un article sur mon blog.
05:18Parce que je trouve que, notamment,
05:19quand on est membre de COMEX ou décideur,
05:22c'est justement vraiment à analyser dans le détail.
05:25Il y a plein de choses hyper intéressantes.
05:26Et puis, tu es d'accord ?
05:27Moi, je trouve que ces chiffres-là,
05:28parce qu'à chaque fois, on nous dit
05:29qu'on va créer un datacenter de 6 gigawatts et tout ça.
05:31Là, il explique clairement.
05:33Un demi-gigawatt, ça fait ça,
05:34c'est autant de cartes de crédit.
05:37Et puis, il donne des métriques.
05:38Sur la base de l'expérience Amistral,
05:41il a aujourd'hui 10% de sa masse salariale
05:43qui passe en computia.
05:44Enfin, je veux dire, à un moment donné,
05:45il sait de quoi il parle.
05:47Il l'a mesuré.
05:47Il s'est annoncé très clair.
05:48Si on commence à extrapoler
05:50les uns et les autres dans nos organisations,
05:52ça a quand même une signification assez nette
05:55sur le PNL, sur la structure de bilan.
05:58Et il explique aussi
06:00qu'il y a beaucoup d'enjeux.
06:01En fait, justement,
06:02de partage de la valeur.
06:04Puisqu'il y a tout un passage sur,
06:06finalement,
06:07tout ça devient très capitalistique.
06:10Et il amène très nettement le débat
06:12de, ok, mais du coup,
06:14une fois qu'on en est là,
06:15comment on gère cette répartition de valeur ?
06:16D'ailleurs, il le dit très clairement
06:18qu'il a des investisseurs américains.
06:20Il dit parce qu'il y a un moment,
06:20quand on est allé chercher,
06:22c'est les seuls qui ont répondu.
06:23Je vous propose d'écouter un autre extrait.
06:25Justement, on va reparler
06:26de productivité, de chômage.
06:28Alors, effectivement,
06:29c'est peut-être vu avec le regard
06:30et le périmètre.
06:32Il y a le périmètre d'Arthur Metch,
06:34mais quand même,
06:35il dit quand même pas mal de choses.
06:36On l'écoute.
06:37On est dans une situation
06:39où vous avez quand même
06:40certains métiers
06:43qui disparaissent presque.
06:45Et donc,
06:45les gens s'adaptent.
06:46Ils s'adaptent assez vite.
06:48Je pense que ça devrait passer.
06:51On ne s'est pas exclu
06:51qu'il y ait quand même
06:52une augmentation
06:53dans certains domaines,
06:55du chômage
06:56et, d'une certaine manière,
06:58un déplacement de la valeur
06:59du travail vers le capital
07:01et le capital
07:02qui est pour le moment
07:03largement pas du capital européen.
07:06Et donc,
07:06vous avez cette situation
07:07qui, je pense,
07:08est assez explosive
07:08entre,
07:10d'une part,
07:11vous avez
07:15peut-être des destructions d'emplois
07:16ou en tout cas
07:17des modifications très,
07:17très rapides
07:18de la structure de l'emploi
07:19en Europe.
07:20Vous avez une situation
07:22où tout le monde
07:22veut de l'électricité
07:24et il n'y a pas assez
07:25d'électricité.
07:25Donc,
07:26vous avez des conflits d'usage.
07:27Conflit d'usage,
07:27ça veut dire inflation.
07:29Donc,
07:29vous avez de l'inflation
07:31potentiellement due
07:31à l'intelligence artificielle.
07:33Et puis,
07:33troisième élément,
07:34j'en ai parlé tout à l'heure,
07:35vous avez un déficit commercial
07:38qui explose.
07:38C'est-à-dire que,
07:39sur le plan des services,
07:40il est multiplié par 5
07:40dans les 5 prochaines années.
07:43Une situation comme ça,
07:44c'est quand même relativement,
07:45enfin,
07:46c'est révolutionnaire.
07:47Donc,
07:48il faut le prendre en compte,
07:49je pense.
07:50Il faut en parler plus.
07:51Il faut avoir un point de vue
07:52plus long terme
07:54sur ce que ça veut dire
07:55pour l'économie,
07:56ce que ça veut dire
07:57pour la société,
07:58ce que ça veut dire
07:58pour les équilibres géopolitiques.
08:00Et si on ne le fait pas
08:01suffisamment rapidement
08:02pour revenir à votre question,
08:03on va se retrouver
08:03dans une situation
08:04où on n'aura aucun choix.
08:06Et ça,
08:07c'est une situation
08:08qu'on ne voudrait pas voir
08:08advenir.
08:09Caractère d'urgence,
08:10quand même,
08:11Vincent.
08:11Bon,
08:11après,
08:12ce qu'il décrit,
08:13oui,
08:15l'IA va faire des changements,
08:17mais souvenons-nous
08:18de l'Internet
08:19et de l'Uberisation.
08:20Le bilan de l'Uberisation,
08:21par exemple,
08:22dans le domaine de l'Uber,
08:23c'est que finalement,
08:24il n'y a pas eu de chômage
08:25de masse des taxis.
08:26En revanche,
08:26ils ont perdu la valeur
08:27de leur plaque à baisser.
08:28En gros,
08:28leur retraite à baisser.
08:31Après,
08:32ce qu'il y a aussi qui change,
08:33c'est que ça va très vite.
08:34Oui,
08:35Uber,
08:35ça se fait assez vite.
08:36C'est vrai.
08:37Et il y a eu 40 000 emplois en plus,
08:38alors qu'il y a des gens
08:39qui, effectivement,
08:39passaient du chômage.
08:40Avec un service rendu ?
08:41Avec les services rendus.
08:42Là,
08:43l'économie française,
08:44elle détruit,
08:46elle recrée 15 %
08:47de ses emplois chaque année.
08:48Quand on fait le bilan
08:49de tout Internet,
08:51donc 25 ans après,
08:52c'est 20 points de PIB.
08:5320 points de PIB,
08:54c'est beaucoup.
08:54On a fait 20 points
08:55en 25 ans,
08:56c'est-à-dire un effet
08:57de 0,8 % par an.
08:58Donc 0,8 %
09:00rapporté à 15 %,
09:01c'est significatif,
09:03mais ce n'est pas quelque chose
09:04qui crée un amarguedon.
09:06En revanche,
09:06c'est vrai que dans certains domaines,
09:08c'est plus important.
09:09Je pense qu'il ne fallait pas
09:09acheter une licence de taxi
09:11en 2004.
09:12Donc effectivement,
09:13ceux qui sont dans la traduction,
09:14certains métiers de code
09:16valiant le code plus simple
09:17de faire un site web basique,
09:19ça c'est compliqué.
09:20En revanche,
09:20ce qu'il dit,
09:21c'est que le métier de codeur
09:22se sophistique,
09:23devient plus un métier de manager
09:24et moins un métier d'exécutant.
09:27Et puis,
09:27ce qu'il dit aussi,
09:28il n'a pas tort,
09:29il y a beaucoup d'incertitudes.
09:30Donc il y a une réflexion là-dessus,
09:32oui.
09:33The Economist
09:33fait sa dernière une
09:34sur ce sujet.
09:36Et ce qu'ils disent,
09:37et qu'ils rappellent,
09:38ce que disent
09:38les spécialistes du domaine,
09:40c'est que
09:41effectivement,
09:42il y a eu
09:42les vagues technologiques
09:43qui ont tous
09:44eu des effets de ce type-là.
09:46Dans tous les cas,
09:47on a pensé
09:48que ça allait
09:48beaucoup plus vite
09:49que ça n'allait
09:49en réalité,
09:51cette paradoxe amaran.
09:52En revanche,
09:53à long terme,
09:53ça a changé beaucoup plus de choses
09:55qu'on n'imaginait pas.
09:56Donc au jour d'aujourd'hui,
09:57il n'y a rien qui permet
09:57de penser
09:58que l'IA serait différente.
10:00C'est-à-dire qu'on n'a pas
10:00d'accélération de la productivité.
10:02On voit que les gens investissent,
10:03mais les productivités liées à l'IA,
10:05quand on demande aux gens,
10:06il y a eu ce sondage
10:07sur plusieurs milliers de managers.
10:08C'est la seule étude sérieuse
10:09qu'on ait.
10:10On ne trouve pas
10:11de choses positives
10:12sur le passé.
10:12Sur le futur,
10:13ils disent 1 ou 2 % par an.
10:16Il y a un passage
10:17qui est assez intéressant
10:19aussi dans son propos.
10:20C'est le moment
10:22où il explique
10:22les gains de performance
10:24quand on est tout seul.
10:25Et effectivement,
10:26sur le métier de codeur,
10:27c'est fois 10 à fois 20.
10:29Et il explique
10:30que dès que la taille
10:30des équipes augmente,
10:32en fait,
10:32ce gain de performance
10:33s'effondre
10:33pour des problématiques
10:35de communication,
10:36d'organisation,
10:37etc.
10:37Et je rejoins Vincent.
10:39C'est-à-dire que je crois
10:39qu'on est dans une période
10:40où il y a énormément
10:41d'incertitudes.
10:43Et c'est vrai
10:43qu'aujourd'hui,
10:44on voit bien
10:45qu'il va y avoir
10:46une reconfiguration massive
10:47du marché de l'emploi.
10:49Je veux dire,
10:49les études,
10:50elles existent déjà
10:50depuis quelques temps.
10:52Le Forum mondial
10:52de l'économie
10:53rappelle quand même
10:54qu'il y a plus
10:55d'un milliard de personnes
10:56concernées par une reconfiguration
10:57de leur emploi,
10:59un emploi qui perdure
11:00mais qui se transforme,
11:01pour de l'ordre
11:02de 39 %
11:03des compétences
11:04cœur de métier
11:04de ces emplois-là.
11:05Et un horizon de deux ans.
11:07Donc on voit bien
11:07que c'est massif,
11:09rapide,
11:09et ça nécessite,
11:10et c'est aussi un point
11:11sur lequel il insiste,
11:12finalement,
11:13un accompagnement
11:13extrêmement fort
11:14de la part des entreprises.
11:16Et aujourd'hui,
11:17on voit aussi,
11:18malgré tout,
11:18que c'est un des éléments
11:20de complexité.
11:21au quotidien,
11:21on a eu un sondage
11:22tout à l'heure
11:23avec Odoxa,
11:24c'est pas tout
11:24de faire une formation
11:25puis après,
11:25allez,
11:25je vous lâche
11:26et puis rendez-vous
11:27dans six mois
11:27la prochaine formation.
11:29C'est un accompagnement
11:29presque par semaine,
11:30il faut faire tout ça.
11:31En fait,
11:31ça nécessite de reconfigurer
11:33l'entreprise
11:33et les processus
11:34de l'entreprise
11:35autour de ces technologies
11:37d'IA
11:37et non pas juste
11:38de faire du déploiement
11:39de licences
11:40ou du déploiement
11:41de formation.
11:42Et donc oui,
11:42comme tu le dis très bien,
11:43c'est un accompagnement
11:44en proximité,
11:45au quotidien,
11:46pour identifier
11:47les zones de friction,
11:51et voir à quels endroits
11:52ce type de technologie
11:54peut tout à fait faire sens.
11:55En fait,
11:55il y a deux aspects.
11:56Les entreprises,
11:57leur boulot,
11:57c'est d'être le plus efficace
11:59avec une technologie donnée.
12:00Donc effectivement,
12:01elles,
12:01leur mission,
12:02ça va être d'intégrer ça.
12:03Et puis ensuite,
12:04il y a la question
12:04qui est celle du modèle social.
12:06Il y a trois modèles sociaux
12:07dans le monde.
12:08Il y a le modèle social,
12:08disons,
12:11libertaire,
12:11capitaliste,
12:12ou en gros,
12:12malheur au perdant.
12:13C'est-à-dire
12:13celui qui bouge,
12:14il se débrouille.
12:15Et du coup,
12:16il apprend aussi,
12:16il intègre dans son formation,
12:18fonctionnement
12:18qui doit se débrouiller.
12:20Donc il va trouver vite,
12:21il va faire des compromis
12:22qu'on ne fera pas
12:23forcément dans notre modèle.
12:24Il y a le modèle nordique
12:25où là,
12:26la collectivité
12:26met des moyens énormes
12:27pour accompagner les gens
12:28en gros pour passer
12:29des secteurs en décroissance
12:31vers des secteurs en croissance.
12:32Et donc ça,
12:33c'était le fameux modèle nordique
12:35qui a eu un peu de faiblesse
12:36sur les dernières années,
12:37mais qui investit
12:38dans les dépenses actives
12:39de l'emploi.
12:40Et puis,
12:40on a le modèle français
12:41où on met le paquet
12:42sur les dépenses passives.
12:43Et là,
12:43le problème,
12:43c'est quand il y a
12:44une grosse vague qui arrive,
12:46on n'est pas forcément
12:47les gens à sortir.
12:47Donc là,
12:48là où Arthur Mönch a raison,
12:50moi je voudrais attirer
12:50l'attention là-dessus.
12:51Un,
12:51il faut quand même
12:52avoir un discours
12:52qui ne soit pas uniquement négatif.
12:54On prévoit un armager
12:55dont notre plus gros risque
12:56aujourd'hui,
12:57en termes de compétitivité,
12:58de pouvoir d'achat,
12:59c'est d'être plus tardif
13:00que les autres pays
13:01à intégrer cette productivité.
13:03Si on ne le fait pas,
13:04on n'aura pas les moyens
13:04pour former,
13:05on n'aura pas les moyens
13:06pour soutenir le pouvoir d'achat.
13:07Et le deuxième point,
13:08c'est qu'effectivement,
13:09il y a des remises en cause
13:10de notre modèle social,
13:11la façon dont on accompagne,
13:13même le management,
13:14on l'évoquait avec Gilles,
13:15des modèles de management
13:16qui considèrent
13:17que la personne
13:18qui était le meilleur
13:19de sa promotion
13:20pour faire des intégrales
13:21triples à 20 ans
13:22doit être le meilleur
13:23à 60 ans
13:24et que ce n'est pas changeable.
13:26Ça, ce n'est pas un modèle
13:26qui est adapté
13:27à un monde qui change.
13:28Donc, il y a des remises
13:30en cause à faire,
13:31mais je pense qu'il faut
13:31le faire quand même
13:31en se disant
13:32qu'il y a du bénéfice
13:34à aller chercher
13:35et que si on négativise
13:37trop ces éléments-là,
13:38on risque d'avoir
13:39le pire des deux mondes.
13:39C'est-à-dire qu'on n'aura pas
13:40les bénéfices de la productivité
13:41et on n'aura pas les moyens
13:42d'accompagner correctement.
13:44Puis, pour compléter
13:45la réponse de Vincent,
13:46il y a quand même aussi
13:47un sujet,
13:47c'est qu'à partir du moment
13:48où finalement ton coût,
13:49par exemple,
13:50de création d'une appli
13:51t'envers zéro
13:51parce que tu as de l'IA
13:52qui vient en renfort
13:53pour écrire les lignes de code,
13:55en fait, il va y avoir
13:55une augmentation
13:56de la demande
13:57de création d'applications
13:58pour des choses
13:59sur lesquelles
14:00on n'explorait pas du tout
14:02cet aspect-là
14:02parce que c'était trop cher.
14:04Donc, en fait,
14:04à court terme,
14:05on risque même
14:06d'avoir un effet
14:06contre-intuitif
14:07qui s'appelle
14:08le paradoxe de Jevance
14:09où, en fait,
14:10la demande
14:10pour certains types
14:11de métiers
14:12va exploser.
14:13Donc, tout ça pour dire
14:14qu'on est vraiment
14:15dans une zone
14:15de forte incertitude
14:17et par contre,
14:18il faut effectivement
14:18avancer assez rapidement.
14:19Et pas avoir toujours
14:20ces discours négatifs.
14:21Très rapidement,
14:22parce que je me suis rendu compte
14:23le temps a passé,
14:25Anthropic OpenAI
14:25qui lance sur John Voyager
14:26respectif
14:27pour conquérir les entreprises,
14:29ça vient concurrencer
14:29nos capes et miniers,
14:30tout ça ?
14:31Oui, en fait,
14:32plusieurs sujets
14:33d'un garçon.
14:33Quand je dis
14:33leur jeu de monture,
14:34ce n'est pas ensemble.
14:35C'est chacun...
14:36Et puis, c'est bien séparé.
14:37Les investisseurs
14:38d'un côté et de l'autre,
14:39il n'y a pas d'overlap du tout.
14:41Et puis, non,
14:41mais ce qui se passe,
14:42c'est qu'en fait,
14:43le modèle, finalement,
14:44n'est plus vraiment
14:46le produit en tant que tel.
14:47L'idée, ça va être
14:48de s'insérer au cœur
14:51des organisations,
14:51des entreprises
14:52pour proposer
14:54le tout
14:55en mode
14:56complètement intégré.
14:57Je pense que le sujet,
14:58c'est aussi
14:58d'avoir finalement
15:01des canaux de distribution
15:02très puissants
15:03parce qu'une fois
15:03que tu as
15:05du BlackRock
15:06ou ce type de partenaire
15:08dans ton board,
15:09finalement,
15:10ça t'assure
15:10un canal de distribution
15:11auprès de plusieurs centaines
15:13d'entreprises.
15:15et puis,
15:15c'est un très bon moyen
15:16aussi, malgré tout,
15:18c'est un peu le modèle
15:19de Palantir,
15:19de fournir à la fois
15:21le service,
15:22le modèle
15:22et quelque part
15:23de capter 80%
15:24de la valeur
15:25au lieu de simplement
15:2620% de la valeur.
15:27Peut-être deux choses.
15:28Un, c'est effectivement
15:29le paradoxe de la productivité,
15:30c'est-à-dire qu'il y a seul
15:31ne suffit pas,
15:32donc il faut
15:33des co-investissements,
15:34de la formation,
15:34de la transformation.
15:35Donc là,
15:35ils ont compris que
15:36s'ils ne faisaient pas
15:37cette transformation,
15:38la demande ne sera pas suffisante
15:39sur les modèles,
15:40ils vont avoir un problème.
15:41Donc ça,
15:41c'est la version positive,
15:42on va vers plus de productivité,
15:44et puis la version négative,
15:45c'est de dire que
15:45le token est en train
15:46de se commodotiser,
15:47donc ils essaient d'aller
15:48suivre la marge.
15:50La question,
15:51c'est est-ce que
15:51McKinsey,
15:52Capgemini,
15:53Accenture les laisseront faire
15:54et est-ce qu'ils seront capables
15:55d'avoir une offre
15:55qui soit meilleure
15:56en termes de rapport
15:57coût-qualité-prix ?
15:58Et c'est un vrai sujet
15:59dans un monde
16:00où les modèles deviennent
16:01au fur et à mesure
16:02interchangeables.
16:02Enfin, je veux dire,
16:03aujourd'hui,
16:03tu prends un Opus 4.7
16:04ou un Gemini 3.1 Pro
16:06ou un GPT 5.5,
16:08sincèrement,
16:09ils font à peu près
16:10la même chose.
16:10Oui,
16:11et derrière,
16:12il y a des abonnements
16:13et on ne peut pas
16:13s'abonner à tout.
16:14Très rapidement,
16:15de plus en plus de méfiance
16:16autour de l'IA,
16:17Eric Schmidt hué
16:18à l'université d'Arizona
16:20et puis la maison
16:21de Saint-Malpin
16:21visée par un cocktail
16:22monotole à San Francisco.
16:24C'est des petits signes
16:26faibles,
16:26mais quand même.
16:27Alors,
16:27c'est un nom
16:27dans l'histoire économique,
16:28c'est les luddites,
16:29c'est les personnes
16:29qui veulent casser la machine.
16:31Alors,
16:32bon,
16:32un,
16:35des vrais soucis.
16:36On l'évoquait tout à l'heure,
16:37c'est vrai que
16:38notre capacité à accompagner,
16:40puis c'est des espèces
16:40de discours,
16:41on a l'impression
16:41que bonheur aux gagnants
16:44et malheur aux perdants,
16:45je pense que ça peut être
16:45angoissant pour un certain
16:46nombre de personnes.
16:47Bon,
16:48j'espère,
16:48et il faut qu'on trouve
16:49quand même une issue
16:50un peu plus positive,
16:51c'est-à-dire qu'il y a
16:51des tas de choses
16:52intéressantes à faire
16:53avec l'IA.
16:55Et il ne faudrait pas
16:55que des gens par,
16:57enfin,
16:58je ne sais pas si
16:58idéologie le terme,
16:59on n'a pas eu ça
16:59sur Internet.
17:01Se disent,
17:02allez,
17:02moi je ne veux pas
17:03l'utiliser
17:03parce que du coup,
17:04ça va encore plus
17:05accroître le fossé.
17:07Oui,
17:07et on en voit,
17:09j'ai vu qu'il y a
17:09un bouquin qui est sorti,
17:10selon une personne
17:11qui demandait
17:11de boycotter l'IA
17:13dans un certain nombre
17:13de domaines
17:14dits créatifs.
17:15Je ne suis pas sûr
17:16que ce soit la solution.
17:17Non.
17:18Non,
17:18alors oui,
17:19ce sont des signaux faibles,
17:20alors il faut regarder
17:20vraiment dans le détail,
17:22notamment concernant
17:22Eric Schmidt,
17:23il semble vrai
17:23que ça ne soit pas
17:24que le sujet d'IA,
17:25il y avait des histoires
17:27un peu différentes
17:28par rapport à ça.
17:29Maintenant,
17:29on voit bien quand même
17:30qu'il y a une ligne
17:31de fracture.
17:32Là,
17:32il y a un baromètre
17:33qui est sorti
17:34concernant la France
17:35il y a quelques jours
17:36qui explique que 8% seulement
17:38des Français
17:38veulent accélérer
17:39sur le sujet,
17:40là où l'écrasante majorité
17:42veut plutôt
17:43prendre un peu de hauteur,
17:45ralentir,
17:46voire carrément s'arrêter
17:47pour justement
17:48essayer de résoudre
17:50toutes les problématiques
17:51autour de l'IA
17:53dans le domaine
17:54de la défense,
17:54la cybercriminalité,
17:55enfin toutes les craintes
17:56qu'il y a.
17:56Voilà,
17:57c'est une technologie
17:58qui n'est ni bonne
17:59ni mauvaise en soi,
18:00c'est vraiment l'usage
18:01qu'on va en faire
18:02qui va définir
18:03un petit peu tout ça
18:04et je crois
18:05qu'il est extrêmement important
18:06de développer justement
18:07la compréhension
18:08de ce qu'est cette technologie,
18:10l'exploration
18:10de ce qu'il y a
18:11très positif
18:11dans cette technologie
18:12et effectivement
18:13de réussir à en limiter
18:14les effets délétères.
18:15Eh bien,
18:16merci à tous les deux.
18:16On peut retrouver
18:17certains éléments
18:18justement dans le rapport
18:18sur le grand décrochage
18:20de l'Observateur du long terme
18:22présidé par Vincent Champin,
18:24patron digital
18:24aussi chez Framatome,
18:25membre de Comèche
18:26chez Framatome.
18:26Merci d'avoir été avec nous
18:27et Alain Goudet,
18:28directeur général adjoint
18:29de Neoma Business School.
18:30C'est toujours un plaisir
18:31de vous avoir
18:31autour de ces sujets.
18:33On est resté un peu longtemps
18:33sur Arthur Metsch
18:34mais je trouve que c'était
18:35un moment important aussi
18:36de nos chapitres IA
18:39et d'avoir cette écoute
18:41qu'il a eue des parlementaires
18:42et cette écoute
18:43qu'il a eue aussi
18:46auprès de nous tous
18:47et je crois que vous allez
18:48être très nombreux
18:48à l'avoir écouté.
18:49Merci de nous avoir suivis.
18:50Technical Business
18:51est terminé.
18:52On se retrouve la semaine prochaine,
18:53même heure, même endroit.
18:54D'ici là,
18:54excellente semaine
18:55sur BFM Business.
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