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  • il y a 52 minutes
Ce mercredi 20 mai, dans son édito, Raphaël Legendre est revenu sur ce que la polémique autour du financement du cinéma français révèle du moment politique et culturel que nous traversons. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans Good Morning Business, présentée par Laure Closier sur BFM Business.

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Transcription
00:00Retour de la matinale de l'économie, Raphaël Lejeune, la polémique sur le financement du cinéma français ne faiblit pas.
00:05Hier, c'est la ministre de la Culture qui a dit regretter une réaction disproportionnée de Canal+, de ne
00:10plus vouloir travailler avec les signataires de la pétition Zappé-Bolloré.
00:13L'Arcom appelle tout le monde à redescendre un peu et à se parler.
00:17Ce qui est intéressant avec cette polémique, ce n'est pas tant la polémique elle-même d'ailleurs, que ce
00:20qu'elle raconte du moment politique et culturel que nous sommes en train de vivre.
00:25Parce qu'au fond, tout le monde parle désormais d'une seule chose, c'est de l'hégémonie culturelle.
00:31Vous savez cette vieille idée du journaliste et philosophe marxiste Antonio Gramsci, l'idée qu'avant de gagner le pouvoir
00:40politique, il faut gagner la bataille des imaginaires, des récits, des valeurs.
00:44Ce que Gramsci appelait l'appareil culturel et qui passe par l'école, les journaux et bien sûr le monde
00:52de la culture, le théâtre ou le cinéma.
00:56Et pendant longtemps, cette théorie a surtout été utilisée à gauche et par la gauche avec succès d'ailleurs.
01:01Et puis la droite et l'extrême droite se sont emparés avec un sentiment, une forme de revanche face à
01:08un monde culturel qui était perçu comme largement progressiste.
01:11Et puis surtout, qui dictait ses canons du bien, du bon, de ce qui est acceptable et de ce qui
01:17ne l'est pas.
01:18Alors, ce n'est pas simplement juste un conflit entre des artistes et des financeurs ?
01:23Non, c'est une bataille engagée par les artistes sur qui a le droit ou pas de fabriquer les récits
01:29collectifs.
01:29Et cette bataille, elle existe de fait.
01:32À droite, Vincent Bolloré assume une stratégie d'influence au travers de ces médias.
01:38Tout comme à gauche, vous avez l'équivalent, Mathieu Pigasse, qui revendique lui aussi une bataille culturelle à travers Radio
01:45Nova ou Les Arocs.
01:47Mais cette bataille, elle existe beaucoup plus dans la presse et les médias qu'au cinéma.
01:52En réalité, est-ce qu'on accuse aujourd'hui l'humanité ou l'IB de faire une presse d'opinion
01:59de gauche ?
01:59Ou, à l'inverse, l'opinion d'être un titre de droit ?
02:02Bah non, pour le cinéma.
02:04En revanche, c'est un mauvais procès qu'on fait là à Canal+.
02:08Ça n'est pas la même histoire.
02:09Canal, c'est le principal financeur du cinéma français.
02:13C'est 160 millions d'euros injectés dans la production de cinéma cette année.
02:1949 films sélectionnés à Cannes avec une immense diversité de productions.
02:25Il faut le reconnaître.
02:26Et beaucoup de professionnels, d'ailleurs, le reconnaissent eux-mêmes.
02:29Ils ne voient pas de tournant idéologique majeur dans les choix de financement de Canal.
02:34Et c'est là, un peu, qu'on peut critiquer la tribune des 600 artistes qui ont signé ce texte
02:40dans l'IB.
02:42C'est-à-dire que vous avez toute une partie de la culture qui dénonce l'Empire Bolloré,
02:46mais qui continue quand même de dépendre de son argent.
02:49Ça veut dire que les idées du milliardaire sont infréquentables, mais on veut bien ses chèques.
02:54C'est vrai que c'est un peu fort de café.
02:56Et d'ailleurs, une grande partie du monde du cinéma s'est exprimée.
03:00Du directeur du CNC Gaëtan Bruel au patron de l'Arcom, d'ailleurs, Martin Hadjari.
03:07Ils ont rappelé que Canal était toujours le premier soutien privé de la plus grande diversité du cinéma français.
03:14Et on va appeler à faire descendre la fièvre canoise.
03:18La fièvre, d'ailleurs, excellente série, financée par Canal+.
03:22Mais on voit bien qu'avec cet épisode, l'élection 2027, c'est très politique,
03:27risque d'être beaucoup plus idéologisée que ces précédentes.
03:33Et on voit bien qu'avec cet épisode, l'élection 2027, c'est très politique.
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