00:00Retour de la matinale de l'économie, Raphaël Lejeune, la polémique sur le financement du cinéma français ne faiblit pas.
00:05Hier, c'est la ministre de la Culture qui a dit regretter une réaction disproportionnée de Canal+, de ne
00:10plus vouloir travailler avec les signataires de la pétition Zappé-Bolloré.
00:13L'Arcom appelle tout le monde à redescendre un peu et à se parler.
00:17Ce qui est intéressant avec cette polémique, ce n'est pas tant la polémique elle-même d'ailleurs, que ce
00:20qu'elle raconte du moment politique et culturel que nous sommes en train de vivre.
00:25Parce qu'au fond, tout le monde parle désormais d'une seule chose, c'est de l'hégémonie culturelle.
00:31Vous savez cette vieille idée du journaliste et philosophe marxiste Antonio Gramsci, l'idée qu'avant de gagner le pouvoir
00:40politique, il faut gagner la bataille des imaginaires, des récits, des valeurs.
00:44Ce que Gramsci appelait l'appareil culturel et qui passe par l'école, les journaux et bien sûr le monde
00:52de la culture, le théâtre ou le cinéma.
00:56Et pendant longtemps, cette théorie a surtout été utilisée à gauche et par la gauche avec succès d'ailleurs.
01:01Et puis la droite et l'extrême droite se sont emparés avec un sentiment, une forme de revanche face à
01:08un monde culturel qui était perçu comme largement progressiste.
01:11Et puis surtout, qui dictait ses canons du bien, du bon, de ce qui est acceptable et de ce qui
01:17ne l'est pas.
01:18Alors, ce n'est pas simplement juste un conflit entre des artistes et des financeurs ?
01:23Non, c'est une bataille engagée par les artistes sur qui a le droit ou pas de fabriquer les récits
01:29collectifs.
01:29Et cette bataille, elle existe de fait.
01:32À droite, Vincent Bolloré assume une stratégie d'influence au travers de ces médias.
01:38Tout comme à gauche, vous avez l'équivalent, Mathieu Pigasse, qui revendique lui aussi une bataille culturelle à travers Radio
01:45Nova ou Les Arocs.
01:47Mais cette bataille, elle existe beaucoup plus dans la presse et les médias qu'au cinéma.
01:52En réalité, est-ce qu'on accuse aujourd'hui l'humanité ou l'IB de faire une presse d'opinion
01:59de gauche ?
01:59Ou, à l'inverse, l'opinion d'être un titre de droit ?
02:02Bah non, pour le cinéma.
02:04En revanche, c'est un mauvais procès qu'on fait là à Canal+.
02:08Ça n'est pas la même histoire.
02:09Canal, c'est le principal financeur du cinéma français.
02:13C'est 160 millions d'euros injectés dans la production de cinéma cette année.
02:1949 films sélectionnés à Cannes avec une immense diversité de productions.
02:25Il faut le reconnaître.
02:26Et beaucoup de professionnels, d'ailleurs, le reconnaissent eux-mêmes.
02:29Ils ne voient pas de tournant idéologique majeur dans les choix de financement de Canal.
02:34Et c'est là, un peu, qu'on peut critiquer la tribune des 600 artistes qui ont signé ce texte
02:40dans l'IB.
02:42C'est-à-dire que vous avez toute une partie de la culture qui dénonce l'Empire Bolloré,
02:46mais qui continue quand même de dépendre de son argent.
02:49Ça veut dire que les idées du milliardaire sont infréquentables, mais on veut bien ses chèques.
02:54C'est vrai que c'est un peu fort de café.
02:56Et d'ailleurs, une grande partie du monde du cinéma s'est exprimée.
03:00Du directeur du CNC Gaëtan Bruel au patron de l'Arcom, d'ailleurs, Martin Hadjari.
03:07Ils ont rappelé que Canal était toujours le premier soutien privé de la plus grande diversité du cinéma français.
03:14Et on va appeler à faire descendre la fièvre canoise.
03:18La fièvre, d'ailleurs, excellente série, financée par Canal+.
03:22Mais on voit bien qu'avec cet épisode, l'élection 2027, c'est très politique,
03:27risque d'être beaucoup plus idéologisée que ces précédentes.
03:33Et on voit bien qu'avec cet épisode, l'élection 2027, c'est très politique.
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