00:00Annalisa Capellini, hier, six États américains ont voté pour les primaires au Kentucky,
00:04notamment qui étaient considérés comme l'État crucial.
00:07Le candidat supporté par Donald Trump a gagné après une campagne houleuse.
00:11Est-ce que ça veut dire que Donald Trump a toujours une emprise totale sur le parti républicain ?
00:16Oui, au moins pour le moment.
00:17En tout cas, ce qu'on voit, c'est qu'il n'y a pas vraiment de place pour les
00:20critiques,
00:20même les critiques modérées.
00:21Il suffit de regarder la violence avec laquelle Donald Trump s'en est pris à Thomas Massy,
00:25justement ce candidat républicain qui courait à sa réélection.
00:28Pour lui, c'était le pire membre républicain de l'histoire de notre pays.
00:32Une ordure, un clochard.
00:34Alors, ce registre, il n'est pas vraiment étonnant chez Donald Trump.
00:37On a l'habitude de l'entendre.
00:38Mais normalement, il l'applique plutôt à ses adversaires ou à ses anciens alliés.
00:42Là, entre Donald Trump et Thomas Massy, ce qui est étonnant,
00:45c'est qu'il n'y a même pas eu de rupture à proprement parler.
00:47Massy, il dit voter avec le parti républicain 90% des fois.
00:52Donc voilà, on ne peut pas dire que ce soit le plus aligné,
00:54mais ce n'est pas non plus vraiment un rebelle.
00:56Sauf qu'il s'est rendu coupable du pire des crimes, selon Donald Trump,
01:00c'est qu'il a manqué de loyauté.
01:02Oui, parce que l'année dernière, il a voté contre la grande réforme fiscale de Donald Trump,
01:06parce qu'il a soutenu juste après l'abrogation des droits de douane imposés au Canada,
01:10et parce qu'il a surtout beaucoup travaillé pour forcer le ministère de la Justice
01:14à publier tous les dossiers Epstein.
01:17C'est là qu'entre les deux, c'est devenu personnel, c'est là que ça s'écorçait.
01:21Et donc Donald Trump a appliqué toutes les stratégies,
01:23y compris une stratégie qu'on a vue utiliser pour les élections à l'étranger,
01:27y compris l'élection en Hongrie.
01:30C'est-à-dire qu'il a décidé d'envoyer un de ses fidèles pour soutenir son candidat,
01:34Edgar Ryan.
01:35Là, en l'occurrence, il a envoyé son ministre de la guerre, Pete Exet.
01:38C'est quand même très inhabituel pour un ministre en poste,
01:40mais ça montre l'importance que ce scrutin avait pour Donald Trump.
01:43Le camp Trump qui a aussi dépensé des sommes immenses pour cette campagne.
01:46Oui, c'est la campagne qui a généré le plus de dépenses publicitaires
01:50que n'importe quelle autre primaire à la Chambre des représentants
01:52dans l'histoire des États-Unis.
01:53Il y a eu près de 33 millions de dollars dépensés en publicité,
01:57dont 19 dépensés pour Edgar Ryan, le candidat de Donald Trump,
02:01ou contre Thomas Massy.
02:03Des millions dépensés par des méga donateurs républicains,
02:06par des proches de Donald Trump,
02:07et par des groupes pro-israéliens qui s'opposaient à Thomas Massy.
02:11Donc c'est une preuve de plus que ce scrutin-là était particulièrement symbolique
02:15pour évaluer l'emprise du président sur le corps républicain.
02:18D'ailleurs, Edgar Ryan, qui est le candidat de Donald Trump,
02:21qui a donc gagné, n'a jamais mis l'accent pendant sa campagne
02:24sur son programme, sur ses idées.
02:26Son principal argument de vente, c'était le soutien du président.
02:29C'est ça qu'on voyait partout, sur les pancartes, pendant les meetings,
02:32sur son site internet, dans les pubs.
02:34En gros, c'était un référendum pour ou contre Donald Trump.
02:37On peut dire que pour l'instant, la stratégie de Donald Trump, elle marche.
02:40Oui, on l'a vu pendant plusieurs primaires du mois de mai,
02:43qui ont été gagnées toutes par les candidats de Donald Trump,
02:45en Indiana, en Louisiane notamment.
02:47Et c'est particulièrement important pour Donald Trump
02:50d'élire ses fidèles en ce moment,
02:52parce que chaque voix compte.
02:53On sait que ces républicains-là qui gagnent les primaires
02:56vont représenter donc les républicains dans quelques mois
02:59aux élections de demi-mandat.
03:00Et on sait que ce sont des élections
03:02traditionnellement défavorables aux partis en place.
03:04Et on sait en plus que Donald Trump, lui,
03:07est en baisse dans les sondages depuis le début de la guerre en Iran.
03:10Donc pour Donald Trump, la priorité, c'est de s'assurer vraiment
03:12que tout le parti républicain reste sous son contrôle,
03:16même si tout cet acharnement contre Thomas Massy,
03:18qui n'était pas vraiment une menace crédible pour Donald Trump,
03:21est peut-être la preuve que le président sent que le vent risque de tourner.
03:24Merci beaucoup Annalisa Capellini.
03:26Le Monde qui bouge, c'était à retrouver en replay et en podcast
03:28sur l'application BFM Business.
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