- il y a 10 heures
Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00De retour en direct avec vous sur BFM TV. Dans un instant, la guerre en Iran. Trump reprend ses menaces.
00:06Ce soir fera possible, dit le président américain, d'ici la fin de la semaine.
00:09On verra ça. On sera en direct, évidemment, du côté de Washington. Mais juste avant l'affaire Patrick Bruel, plusieurs
00:15informations importantes ce soir.
00:17D'abord, premier concert annulé pour la star, accusé dans une douzaine de plaintes. Concert annulé au Québec. On va
00:23en parler.
00:23Il y a une douzaine de plaintes, donc, dont celle de Flavie Flamand, pour viol. Et là, ce soir, c
00:28'est une bataille d'avocats par médias interposés.
00:30L'avocat de Patrick Bruel affirme que son client et l'animatrice télé ont entretenu une relation, ce que Flavie
00:37Flamand nie.
00:38Avant d'accueillir nos invités dans une seconde, les toutes dernières infos, donc, avec Stéphanie Zenati et Bertrand Sy.
00:47Depuis qu'elle a pris la parole vendredi dernier, c'est un récit qu'elle répète sans changer ne serait
00:53-ce qu'un mot.
00:55Flavie Flamand accuse Patrick Bruel de l'avoir violée chez lui alors qu'elle n'avait que 16 ans.
01:02À l'époque, lui en avait 32.
01:05Il me propose de prendre un thé. Et là, je pense que je plonge dans quelque chose parce que j
01:17'ai une absence, un blackout total.
01:20Et je vois qu'il est en train de me remettre mon pantalon et de le reboutonner.
01:26Et là, il voit que je suis réveillée. Et il me dit, moi, allez, tiens, je te ramène.
01:33Flavie Flamand raconte avoir été droguée, puis violée par le chanteur.
01:38Une rencontre traumatisante qui, dit-elle, la pousse ensuite à léviter comme elle peut.
01:44Tout au long de sa carrière, l'animatrice affirme avoir tout fait pour ne pas se retrouver en tête à
01:50tête avec Patrick Bruel.
01:52J'ai vu Patrick Bruel une fois lorsque j'ai fait sa connaissance, une fois dans son appartement rue de
01:58Jussieu.
01:58Et le nombre de fois où j'ai été contrainte de le recevoir dans mes émissions.
02:03Je suis absolument formelle. Je n'ai absolument jamais entretenu une relation, quelle qu'elle soit, avec Patrick Bruel. Jamais.
02:11C'est pourtant la ligne de défense du chanteur.
02:15Dans un message posté sur Instagram, Patrick Bruel dit avoir eu une brève histoire avec Flavie Flamand.
02:22Mais en aucun cas, il ne parle de viol ou de relation forcée.
02:27Cette relation ne fut ni violente, ni contrainte, ni sournoise.
02:31Il n'y eut ni viol, ni drogue.
02:33Jamais je n'ai forcé une femme.
02:35Jamais je n'ai drogué, manipulé ou cherché à soumettre qui que ce soit.
02:40Je ne me suis jamais servi de ma notoriété pour abuser de quiconque et obtenir des relations non consenties.
02:47Sur notre plateau, son avocat va même plus loin, réfute le viol et assure que son client et Flavie Flamand
02:54se connaissaient bien et qu'ils ont entretenu une relation épisodique.
02:59La relation était parfaitement consentie.
03:01Elle s'est étalée sur plusieurs années comme deux personnes qui s'apprécient peuvent de temps en temps avoir une
03:07relation sexuelle lorsqu'ils se rencontrent.
03:09Un sex friend, pardon.
03:10Exactement.
03:11Mais c'est ça.
03:11En gros, ce que vous êtes en train de nous dire, c'est que Flavie Flamand et Patrick Bruel, par
03:16la suite, sont devenus des sex friends.
03:18Probable.
03:19Le chanteur et la jeune animatrice ont-ils bien entretenu une relation ?
03:24Faux, rétorque l'avocate de Flavie Flamand.
03:27Flavie Flamand le dit, il n'y a pas eu de relation entre eux, de relation consentie entre eux.
03:32Le crime dont Flavie Flamand a été la victime n'est pas aujourd'hui prescrit tant qu'on n'a
03:39pas examiné l'ensemble des dossiers qui vont être soumis à la justice.
03:44En tout, au moins 12 plaignantes accusent Patrick Bruel de viol ou d'agression sexuelle au cours des dernières années.
03:54Et avec moi en plateau ce soir, Laurent Valiguier.
03:56Bonsoir Laurent, journaliste d'investigation et consultant BFM TV.
03:59Maître Slama, bonsoir maître.
04:00Bonsoir.
04:00Avocat pénaliste, Jean-Michel Aubry-Journay.
04:02Bonsoir, merci d'être là.
04:03Éditeur musical, ambassadeur de MeToo Media.
04:05Je précise qu'on sera dans un instant avec l'avocate d'une des plaignantes qui accuse Patrick Bruel de
04:09viol.
04:10Mais je m'arrête d'abord, Jean-Michel Aubry-Journay, sur cette plainte déposée par Flavie Flamand.
04:15Elle accuse le chanteur de viol en 1991.
04:16Flavie Flamand avait 16 ans à l'époque.
04:18Comment vous réagissez quand vous entendez ce que l'on vient d'entendre dans le sujet là ?
04:21L'avocat de Patrick Bruel qui dit en réalité ils ont eu une relation suivie, je le cite,
04:25comme deux personnes qui s'apprécient et peuvent de temps en temps avoir une relation sexuelle.
04:30Écoutez, moi, j'ai entendu Flavie Flamand et lu son témoignage avant même qu'elle sorte de l'anonymat de
04:38l'enquête de Mediapart.
04:40Et j'ai vu Patrick Bruel faire un post sur Instagram ne mentionnant que Flavie Flamand.
04:46Je pense que c'est aussi important de mentionner qu'il y a beaucoup d'autres victimes et de personnes
04:50qui témoignent,
04:51notamment Donnella Elsner qui a été la première femme puissante à porter cette parole.
04:56Moi, ce que j'ai vu ces derniers jours, ce sont des images de Flavie Flamand et Patrick Bruel sur
05:02des plateaux télé,
05:03c'est-à-dire où elle est là pour faire son travail, sourire à la caméra et accueillir des invités
05:08qui lui sont imposés.
05:09Je n'ai pas vu de photos de vacances, je n'ai pas vu de photos candides, je n'ai
05:13pas vu de photos sorties de Voici ou de Closer de l'époque.
05:17Donc, Patrick Bruel nous présente, bien sûr à la justice plus tard, des preuves de leur relation extra-professionnelle.
05:27Puisqu'en effet, ils se sont croisés sur des plateaux télévisions, mais je n'ai absolument pas vu pour l
05:33'instant de preuves d'une relation suivie.
05:35Et je crois fondamentalement ce que peut dire Flavie Flamand aujourd'hui.
05:39Il y a une difficulté à mon sens, c'est qu'on entend les versions de l'un, les versions
05:43de l'autre.
05:43Et là, vous donnez un avis, je comprends, c'est la question qu'on vous pose, mais il y a
05:47un problème.
05:47On n'est pas là pour faire le procès et pour essayer de dire, avec les éléments qu'on a,
05:52qui je vais croire, qui je ne vais pas croire.
05:53Je comprends que ce soit la posture dans laquelle se retrouve le téléspectateur et le citoyen aujourd'hui à qui
05:57on donne toutes ces informations-là.
05:58Voici ce que dit la plaignante, voici ce que dit l'avocat de la défense.
06:01Comme si on assistait en direct, quelque part, à un procès avec les plaidoiries de l'avocat Parti Ville, les
06:05plaidoiries d'avocat de la défense.
06:07Ce n'est pas comme ça que ça se passe.
06:08Vous avez raison, et à mon sens, je suis d'accord avec vous sur ce point, vous avez raison de
06:11dire que ce n'est pas à vous, ce n'est pas aux journalistes,
06:13ce n'est pas à Mediapart que Patrick Bruel et ses avocats doivent donner les éléments de preuve.
06:16C'est à l'institution judiciaire, si elle le lui demande.
06:19Je dis si elle lui demande...
06:19Pardon, l'avocat de Patrick Bruel et l'avocate également de Flavie Flamand acceptent les demandes d'interview ou certaines
06:24demandes d'interview,
06:25viennent et exposent leur... pour l'avocat de Patrick Bruel, la défense.
06:28Et la stratégie de la défense, c'est dire non, non, ils avaient une relation consentie, épisodique, ils se sont
06:33vus, ils ont eu plusieurs relations sexuelles, etc.
06:35Ce qui est en contradiction totale avec ce que dit Flavie Flamand.
06:37Je suis d'accord, c'est un peu le fait la poule, si vous voulez.
06:39À un moment, lorsque tous les médias en parlent, qu'est-ce que fait l'avocat de la défense ?
06:41Qu'est-ce que fait Patrick Bruel ?
06:42Il va se taire, on va dire, il ne dit rien, il n'apporte pas les preuves, regardez, il n
06:45'apporte pas les preuves, où sont les unes, où sont les voici, où sont les messages ?
06:48Et j'ajouterais quelque chose, ce n'est pas pour rien que la prescription existe.
06:50La prescription existe justement parce que quand les faits sont trop anciens, on estime que la preuve est trop difficile
06:55à rapporter.
06:56La preuve de la culpabilité ou de l'innocence.
06:59Et c'est pourquoi, en vérité, la preuve de leur proximité et de leur relation suivie de sexuelles d'il
07:03y a 20 ans, d'il y a 30 ans, elle est difficile voire impossible à apporter.
07:06Je poserai la question de la prescription dans un instant, mais Laurent ?
07:08Oui, alors ce qu'il y a, c'est que, Maître Slama, la prise de parole de Flavie Flamand, elle
07:13a eu une conséquence immédiate et très concrète.
07:17C'est la prise de parole de Laure Bécchio, la procureure de la République de Paris.
07:21Et alors qu'il y a des enquêtes un peu disséminées partout dans toute la France, on sait qu'il
07:27y en a une à Saint-Malo, on sait qu'il y a eu des plaintes à Lille-sur-Sorgue,
07:32il y en avait quatre à Nanterre, il y avait eu des classements.
07:34La procureure de Paris, elle a dit, on va tout regrouper à Nanterre.
07:38C'est le témoignage de Flavie Flamand qui change tout ?
07:41Oui, c'est le témoignage de Flavie Flamand qui provoque tout ça.
07:44Parce que les plaintes anciennes qui ont été classées, celle de Saint-Malo, c'est 2024.
07:51Et puis tous ces témoignages étaient peu ou prou anonymisés, mais étaient dans Mediapart le 18 mars dernier.
07:56Et il ne s'était rien passé, y compris des témoignages de jeunes filles mineures.
08:02Puisque Flavie Flamand, elle témoigne anonymement dans Mediapart, elle est mineure.
08:07Et elle dit avoir été droguée mineure.
08:10Donc la procureure de Paris, elle voit tout ça.
08:12Elle voit que Flavie Flamand, ça change tout.
08:14Parce que dans toutes ces affaires de viol présumé sur des personnalités,
08:20en réalité, c'est un peu la première fois qu'il y a deux personnalités.
08:25Ah oui.
08:25Une qui en accuse une autre.
08:26Parce que souvenez-vous, Maxime, dans les affaires de Pardieu,
08:29c'est les petites mains du cinéma qui déposent plein.
08:33Flavie Flamand elle-même avait déjà accusé un homme un peu célèbre,
08:36pas Patrick Bruel, mais un homme un peu célèbre.
08:38Oui, un photographe.
08:39Voilà, elle s'élève.
08:40Donc en réalité, Laure BQO, elle a pris la main.
08:43Et elle a pris la main en regroupant.
08:44D'ailleurs, il était temps que la justice regroupe.
08:46Parce que ça change tout de regrouper ses enquêtes dans une unité de lieu
08:51et une unité de décision judiciaire.
08:54Pourquoi ça change tout ?
08:55Ça change tout parce que la justice, elle a une nouvelle notion,
08:57qui est la sérialité, que Corinne Erman, qui est l'avocat de Flavie Flamand, connaît bien.
09:03La sérialité, justement, Maxime, ça permet d'enquêter sur des affaires
09:07que si elles étaient toutes seules, ce serait prescrit.
09:09Alors exactement.
09:10Parce que vous parlez de la prescription, Maître Slama, à l'instant.
09:13L'effet dont on parle pour Flavie Flamand remonte à 35 ans.
09:16Il y a 35 ans.
09:18Fait isolé, ce serait prescrit.
09:20Je parle sous votre contrôle.
09:21Pour l'instant, c'est prescrit.
09:23À ce stade, ça pourrait être prescrit.
09:26Oui, enfin, Corinne Erman dit, l'avocat de Flavie Flamand dit,
09:28ce sera à la justice, évidemment, de dire si c'est prescrit ou pas.
09:31Mais ce que vous nous dites, Laurent Valiguier,
09:32c'est que s'il y a une série d'événements, une série de faits similaires,
09:36la justice peut considérer que ça fait tomber la prescription ?
09:40C'est comme ça que ça marche ?
09:40Il y a un même moteur, un même mode opératoire,
09:45et une unité de...
09:47Je ne sais plus quelle est l'expression, de victime.
09:49Alors, il faut que ce soit d'autres mineurs.
09:51Donc, c'est un peu difficile.
09:52Pour que les faits concernant Flavie Flamand ne soient pas prescrits,
09:55il faudrait qu'il y ait une autre victime mineure
09:57pour qui le fait ne soit pas prescrit.
09:59C'est-à-dire que d'autres faits de viol ne suffiraient pas,
10:01entre guillemets, pardon de le dire comme ça, mais...
10:02Non, il faudrait que ce soit d'autres faits qui visent d'autres mineurs.
10:05Donc, soit ce sont des faits récents...
10:07Alors, c'est nouveau dans le droit.
10:10C'est nouveau, c'est l'article 16.
10:11C'est dans une affaire qui n'a rien à voir avec tout ça,
10:13puisque c'est des affaires de meurtre et de tueur en série,
10:19celle de 99, elle est totalement prescrite,
10:21mais les juges enquêtent parce que celle de 91 ne l'est pas
10:24et que c'est exactement le même mode opératoire.
10:27Donc, en réalité, cette notion de sérialité, elle est assez nouvelle.
10:30C'est pour ça que les avocats, réunir des avocats,
10:33réunir des plaintes, mettre des avocats spécialistes de ces questions
10:35face à des mêmes juges et face à des mêmes sujets,
10:39ça peut tout changer.
10:40On verra dans une seconde que les premiers concerts commencent à être annulés,
10:42mais je voulais qu'on parle d'une autre plainte ce soir.
10:44Bonsoir, Maître Myriam Gage-Benaïoun,
10:46et merci d'être avec nous, Maître.
10:47Vous êtes l'avocate d'Ophélie Fachefer.
10:50Votre cliente accuse de viol, elle aussi, Patrick Bruel.
10:53Je me permets, Maître, de vous demander ce soir
10:56dans quelles circonstances c'est arrivé, selon votre cliente.
11:00Alors, ma cliente a été en contact avec Patrick Bruel
11:04sur le tournage d'un clip vidéo des Enfoirés.
11:09Et ensuite, ils ont échangé par messagerie
11:13parce que ma cliente est auteur-compositeur
11:16et elle souhaitait avoir des conseils d'un pro
11:19et qu'ils l'aident à l'introduire dans le milieu.
11:21Échange sur plusieurs mois qui ont été extrêmement professionnels.
11:26Et ensuite, ils se sont rencontrés dans une ville du sud-est de la France
11:31où ils étaient tous les deux présents en même temps.
11:34Et c'est lors de cette rencontre, dans le domicile de M. Bruel,
11:38où elle a été victime, selon ses dires, d'agressions sexuelles et de viol.
11:43On est en 2015, elle a 19 ans et ça se passe, d'après elle, chez Patrick Bruel.
11:53Je précise que votre cliente a porté plainte, a dénoncé ça à la justice.
11:59Qu'est-ce qui s'est passé ensuite ?
12:02Alors, ma cliente, pendant quelques années, elle était toute jeune.
12:06Et puis, il faut voir le contexte, il faut voir la personnalité de ma cliente, son éducation.
12:11Elle a décidé, comme beaucoup de victimes de violences sexuelles,
12:14de mettre ça sous le tapis, comme elle dit,
12:16et d'essayer d'effacer de sa mémoire les agressions qu'elle a subies.
12:21Elle sait que c'est Patrick Bruel, donc le pot de terre contre le pot de fer.
12:25Donc, elle continue sa vie étudiante.
12:27Et quelques années après, en 2021, pour être exact,
12:31elle va avoir écho des plaintes dites masseuses.
12:36Et c'est là qu'elle va se dire, mais en fait, je ne suis pas toute seule,
12:38je ne suis pas la seule victime, il y en a d'autres.
12:40Il faut que j'apporte ma parole pour elle, pour les soutenir, pour moi,
12:44parce que c'est peut-être temps,
12:46et puis aussi pour prévenir qu'il peut y avoir d'autres victimes.
12:51Et elle est à mille lieu de s'imaginer de ce qu'elle va vivre suite à cette plainte.
12:56Elle est persuadée qu'elle va être crue,
12:58que ça faisait déjà si plaignante à ce moment-là.
13:04Elle ne pensait pas que sa parole serait remise en question.
13:07Vous dites qu'elle n'a pas été crue, la justice classe sans suite,
13:10de sa plainte ?
13:11Pardon ?
13:11Vous dites que votre cliente n'a pas été crue,
13:14la justice a classé sa plainte sans suite.
13:16Voilà.
13:17Un an après le dépôt de sa plainte, elle est classée sans suite.
13:20Et là, c'est l'effondrement total de ma cliente,
13:23qui ne s'attendait pas du tout à être traité de cette manière-là.
13:28Mais traité, pas forcément parce que la justice est négative
13:32ou les enquêteurs sont négatifs.
13:33Traité parce que c'est toutes les victimes de violences sexuelles
13:35qui sont traitées comme ça.
13:37Parce que c'est notre système qui veut ça
13:39et notre façon de penser, j'ai envie de dire,
13:43à nos Français face aux crimes de violences sexuelles.
13:45– Restez avec nous, Maître.
13:47Juste une chose, Laurent Valdiguet,
13:50plainte classée sans suite,
13:52sauf que des années après, c'est-à-dire que maintenant,
13:54la justice dit, bon, il va falloir qu'on réétudie ce cas-là aussi.
13:57La justice revient sur sa décision.
13:59– Mais c'est ce qui s'est passé ce week-end.
14:01L'Orbéco, en décidant avec la procureure de Nanterre
14:03de regrouper ses affaires,
14:05ont décidé d'ailleurs de réexaminer l'affaire des masseuses.
14:08Dites des masseuses, elles étaient six.
14:11Il y en a deux qui, devant les plaintes,
14:13ont décidé de se constituer partie civile.
14:16Mais là, le parquet a décidé de reprendre les six.
14:18Plus la plainte d'Ophélie qui a été classée.
14:22C'est vrai qu'on se demande un peu, au moins,
14:26quelles explications aurait dû donner la justice
14:28à l'avocate et à cette jeune fille.
14:31Ce qu'elle dénonce, ce sont des faits non prescrits
14:35qui méritaient qu'au moins la justice explique.
14:38Tout ça va être pris dans une unité de juges,
14:43dans un collectif d'avocats.
14:45L'autre conséquence de la prise de parole de l'Orbéco,
14:47c'est que, du coup, la défense de Patrick Bruel
14:51a pu s'exprimer.
14:52Patrick Bruel, lui aussi, pour la première fois,
14:54alors qu'il était silencieux depuis mars,
14:56a pu s'exprimer.
14:57Et en l'espace de quelques jours,
14:58on a eu deux versions de Patrick Bruel.
15:00Parce que pour Flavie Flamand, on n'en a qu'une.
15:03Mais pour Patrick Bruel et sa défense, on en a deux.
15:05– Pourquoi deux ?
15:06– D'abord, lui qui a dit dans son post Instagram
15:08qu'ils avaient eu une brève rencontre,
15:11une brève histoire.
15:12Et puis son avocat qui a dit maintenant,
15:14comme vous l'expliquez tout à l'heure, Maxime,
15:16qu'ils avaient eu une relation épisodique
15:17étalée sur plusieurs années.
15:19Donc, en réalité, on voit bien que les discours,
15:22même si Maître Slama dit que ce n'est pas dans les journaux,
15:25bien entendu, ce n'est pas aux journaux et aux plateaux télé
15:28à faire ses instructions.
15:30Mais bien entendu que non.
15:31Mais Patrick Bruel, il se défend.
15:34Sophie Flamand, elle va exposer sa vérité.
15:37Et puis, petit à petit, les choses,
15:38elles vont avancer dans les cabinets d'instruction.
15:41– On est un peu mal à l'aise, d'une certaine manière,
15:43face aux décisions de justice dans ces cas-là, Maître Slama.
15:46– Oui, mais justement…
15:47– Pourquoi est-ce qu'au moment où la plainte est déposée,
15:49on la classe en suite,
15:50et ensuite on revient dessus en disant
15:52« Ah tiens, peut-être qu'on a raté quelque chose ».
15:53Je ne dis pas que ce sera le cas,
15:54mais peut-être qu'on a raté quelque chose.
15:55– Il y a deux choses d'abord.
15:57Les classements sans suite, il y a quelques années encore,
15:59étaient faits de manière assez désastreuse.
16:01Ça veut dire que les plaignants n'étaient parfois
16:02même pas tenus au courant directement,
16:04et il fallait que les avocats fassent tout un tas de démarches
16:06six mois après pour être au courant
16:07qu'une plainte avait été classée sans suite.
16:09Aujourd'hui, les choses ont un peu évolué.
16:11Lorsqu'une plainte est classée sans suite,
16:13il y a un courrier qui est envoyé à la plaignante
16:14qui lui explique les raisons.
16:16Sans doute effectivement que ce n'était pas le cas à l'époque.
16:18Maintenant, précisons une chose,
16:20la justice a pris ses décisions.
16:21Donc la justice a étudié le dossier.
16:23Moi, je ne l'ai pas le dossier.
16:24Je ne sais pas si certaines personnes l'ont.
16:25Moi, je ne l'ai pas.
16:26Mais donc la justice s'est penchée sur ces dossiers,
16:28a étudié, a regardé les déclarations des plaignantes.
16:31Il y a eu des confrontations.
16:33Patrick Buell a été entendu.
16:34Vous voyez, ce n'est pas non plus par un coup de baguette magique.
16:36Patrick Buell a une bonne tête.
16:37Il est puissant.
16:38Je n'ai pas envie de le mettre en cause.
16:40Donc on va l'innocenter.
16:41Non, ce n'est pas ça.
16:41Ce sont des vraies décisions de justice, pour le coup,
16:43qui l'ont innocenté sur ce coup-là.
16:45Donc maintenant, elle décide de réouvrir les enquêtes.
16:47Pourquoi pas ?
16:48Mais à ce stade, ce n'est pas que sur ces faits-là,
16:50il est présumé innocent.
16:51C'est qu'il est innocent
16:51puisque les décisions de justice ont eu lieu
16:53et ces décisions de justice ont à date innocenté Patrick Buell.
16:56Autre information importante ce soir, je le disais,
16:58Patrick Buell qui est actuellement en théâtre,
16:59qui sera bientôt en tournée.
17:00On a trois de ces concerts qui sont annulés.
17:02C'est la première fois que ça se produit.
17:03Trois concerts qui étaient prévus au Québec.
17:06Est-ce que vous dites, Jean-Michel Aubry-Journay,
17:08que les organisateurs de ces concerts ont pris la bonne décision ?
17:12Je pense qu'ils ont pris une décision
17:14qui était absolument nécessaire pour eux
17:16puisqu'au Québec, le droit est différent.
17:19La sphère médiatique et publique
17:21a différentes façons de gérer ces problématiques et ces sujets.
17:28Et je pense qu'au Canada, globalement,
17:30et au Québec en particulier,
17:31c'est des sujets qui ont déjà été traités assez largement
17:34et qu'en effet, le motif qui est invoqué
17:37d'annulation de ces trois concerts,
17:40il est quand même assez évident,
17:41la difficulté de faire la promotion de ces concerts
17:43puisque à la promotion d'un côté commercial de la tournée
17:49va s'opposer aussi des collectifs féministes,
17:52des voix assez fortes.
17:53Je pense notamment à Safia Nolin
17:55qui est une chanteuse québécoise assez connue
17:57qui a déjà dénoncé Patrick Brouel
17:59il y a plusieurs années
18:01sur le fait qu'il venait à la Star Academy
18:02alors qu'il y avait des plaintes
18:05et des soupçons de mauvais comportements.
18:08Donc voilà, il y a des personnes
18:09qui s'élèvent publiquement
18:11dans l'industrie musicale au Québec
18:12sur ce sujet,
18:13beaucoup moins en France.
18:15Je pense qu'il y a encore des gens
18:16qui attendent pour prendre la parole
18:17et qui feraient bien de le faire.
18:19Mais en tout cas,
18:19sur le reste de la tournée en France,
18:22je vais dire,
18:22il n'y a peut-être pas besoin de promotion.
18:24Globalement, tous les concerts sont complets.
18:26Et pour la fin,
18:27il n'y a pas de concerts annulés en France ?
18:29Pas encore.
18:30Patrick Brouel est son propre producteur en France.
18:32Absolument.
18:32Qui rend la décision forcément
18:33d'émigration plus complexe
18:34puisque c'est lui qui produit.
18:35Juste une question,
18:36Maître Gatch Benayoun,
18:37que dites-vous
18:38et que dit votre cliente là-dessus ?
18:40Est-ce qu'elle est choquée
18:42que Patrick Brouel
18:42puisse encore se produire ?
18:44Alors, excusez-moi,
18:45juste je vais reprendre mon confrère
18:47parce qu'un classement sans suite
18:49n'est pas une décision de justice.
18:51On le sait parfaitement,
18:52lui et moi.
18:53Donc, M. Brouel n'a pas du tout
18:54été innocenté parce que la plainte
18:56de ma cliente a été classée sans suite.
18:59C'est simplement un avis du parquet
19:02et un acte administratif
19:04qui dit qu'il n'a pas assez d'éléments
19:06pour renvoyer Patrick Brouel
19:08devant une juridiction
19:08pour qu'il soit jugé.
19:10Et c'est uniquement quand il sera jugé
19:11qu'on saura s'il est innocent ou coupable.
19:14Et c'est très important pour moi
19:15de reprendre ce qui a été dit
19:17et pour ma cliente également.
19:19Et puis pour toutes les victimes,
19:2194% des victimes de violences sexuelles
19:24dont la plainte est classée sans suite.
19:26S'il y a 94% de victimes
19:28qui voient leur plainte classée sans suite,
19:30c'est que quelque part,
19:31il y a un problème,
19:31problème qui a été soulevé
19:33par le ministre de la Justice lui-même
19:34la semaine dernière
19:36devant l'Assemblée nationale.
19:39Par rapport à la connexité également,
19:41je souhaitais intervenir
19:43en disant que ce n'est pas
19:44une autre mineure
19:45qui doit être victime.
19:46La connexité a été mise en œuvre
19:48sur plusieurs affaires,
19:50celle de PPDA,
19:51celle de Fourniré,
19:52celle du violeur de la cendre.
19:54Et ce n'est pas une nouveauté.
19:56C'est permis par le Code
19:57de procédure pénale
19:58depuis des années.
20:00Et c'est sur ça
20:01que va travailler la justice.
20:02Donc on ne peut pas dire aujourd'hui
20:04que la plainte
20:05et que les faits
20:06relatifs à la fin de l'an
20:08sont prescrits
20:09parce qu'on a relevé
20:10énormément de prescriptions.
20:11Je pense aussi
20:12au procès
20:16du chirurgien
20:17de Jean-Sac
20:17où on a relevé
20:18beaucoup de prescriptions.
20:20Et ce n'était pas
20:21une question de mineurs
20:22ou de majeurs.
20:23C'était une question
20:24de sérialité de faits,
20:25de morts d'opératoires.
20:26En fait,
20:26c'est à la justice
20:26de se prononcer là-dessus.
20:29Et ça,
20:29c'est deux éléments
20:30que je voulais reprendre.
20:31Je suis obligé de vous couper.
20:32Merci beaucoup
20:32d'avoir été avec nous
20:34ce soir.
20:35Juste un dernier mot,
20:36Maître Slama,
20:36quand vous voyez
20:37les concerts annulés,
20:37comment vous réagissez ?
20:39Je pense que nous sommes
20:40aujourd'hui,
20:40mais en fait,
20:41depuis longtemps,
20:41dans une ère post-judiciaire.
20:42Ça veut dire que
20:43je ne vois pas
20:43une ère post-judiciaire
20:45parce qu'en vérité,
20:46on n'a pas,
20:48sans polimiquer
20:48sur la sémantique,
20:49on n'a pas de décision
20:50de justice
20:50qui a condamné
20:51M. Patry-Bouel.
20:51Ça,
20:52c'est une certitude,
20:53quelle que soit
20:53la sémantique
20:53que l'on souhaite
20:55prononcer.
20:56Donc,
20:56on n'a aucune décision
20:57de condamnation
20:58et on a un nouvel exemple,
20:59je dis nouvel exemple
20:59parce que ce n'est pas
21:00la première fois
21:00qu'on assiste à ça,
21:08empêcher ce genre
21:09de décision.
21:10Absolument.
21:11La question de conscience,
21:11c'est que chaque individu
21:12doit faire son choix.
21:13On ne va pas obliger
21:14un individu à y aller,
21:15mais un individu
21:15qui veut aller voir
21:15Patry-Bouel,
21:16je ne vois pas
21:16au nom de quoi
21:17il ne pourrait pas y aller.
21:18Moi, j'irais encore plus loin
21:19et c'est ma position.
21:20Même un individu condamné,
21:21je ne sais pas pourquoi
21:21on l'empêcherait
21:22de faire son métier
21:22si la décision de justice
21:24ne l'empêche pas
21:24de faire son métier,
21:25même s'il était condamné.
21:26Mais là, en l'occurrence,
21:26il n'est même pas condamné.
21:27Mais ce n'est pas la première fois.
21:28On se rappelle d'Ibrahim Malouf,
21:29innocenté,
21:30qui n'a pas pu être
21:30dans le jury du festival
21:31à Deauville.
21:32On se rappelle aussi
21:34des Césars
21:35qui ont pris cette décision.
21:36Les Césars ont pris cette décision
21:37que toute personne
21:37qui fait l'objet de soupçons
21:38ne pourra pas monter sur scène.
21:39Objet de soupçons,
21:40pas de condamnation.
21:41Vous voyez ?
21:42Donc, on est dans une repose judiciaire.
21:43C'est un nouvel exemple.
21:44Ce n'est pas le dernier,
21:45malheureusement.
21:46Patrick Bruel,
21:47il ne joue pas au tennis.
21:48Il chante des chansons d'amour.
21:52Chanter la place des grands hommes
21:53dans un concert de casserole,
21:56ça risque d'être difficile quand même.
21:57À ce moment-là,
21:58il ne faut pas y aller.
21:59Mais il faut éviter.
22:00Surtout, dans la place des grands hommes,
22:00il dit une lycéenne derrière moi,
22:03si elle part à gauche,
22:03je la suivrai.
22:04Donc, on a des éléments
22:06quand même sur son comportement
22:07depuis toutes ses chansons.
22:08Et simplement,
22:09je veux juste placer un mot
22:13sur le droit du travail
22:14parce que vous parlez
22:15de droit pénal,
22:15mais il y a aussi
22:16le droit du travail
22:16qui doit protéger les femmes
22:18qui doivent travailler
22:19sur ces festivals
22:19ou ces événements.
22:21Et dans la présomption
22:23de mauvais comportements
22:25qu'on peut déduire
22:26de ces accusations,
22:27il y a une vraie responsabilité
22:30des employeurs
22:31sur ces festivals
22:31et sur ces concerts
22:32de protéger
22:34toutes ces femmes
22:34qui pourraient...
22:35Vous parlez de présomption d'Ilan Sama,
22:36vous parlez de présomption d'innocence.
22:38Merci en tout cas.
22:39Merci à tous
22:40d'avoir été avec nous ce soir.
22:42Sous-titrage Société Radio-Canada
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