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  • il y a 7 heures
Ce mardi 24 février, Frédéric Simottel a reçu Jéröme Le Roy, président et cofondateur de la Ferme Digitale, PDG de Weenat, Ruben Sabah, directeur général d’Hyperplan, Jérémy Foisil, responsable produits chez Kermap, Emmanuel Vignon, président de Theodo Data & AI, Erik Campanini, associé chez Alixio Group, ainsi que Vincent Champain, président de l'Observatoire du Long Terme, senior executive vice-president digital performance & information technologies de Framatome, dans l'émission Tech&Co Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission le samedi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:06BFM Business présente Tech & Co Business, le magazine de l'accélération digitale, Frédéric Simotel.
00:14Bonjour, bienvenue dans l'émission Tech & Co Business sur BFM Business, nous sommes ici au salon international de l
00:20'agriculture.
00:20Alors on n'est pas au milieu des vaches et des cochons, on est au milieu de la ferme digitale
00:24qui est juste derrière moi
00:25et des start-up on va recevoir. Le patron de Winat, les patrons de Hyperplan, de Kermak, on est dans
00:30une agriculture de précision.
00:32Et puis Jérôme Leroy, le patron de Winat, c'est aussi le patron de la ferme digitale, c'est tout
00:35un tas de start-up qui sont juste derrière moi.
00:38On va voir un petit peu quel est l'état, le contexte dans lequel aujourd'hui se développe cette agritech
00:42française.
00:43Deuxième partie de l'émission, on repartira en plateau, on sera là avec nos débriefeurs sur l'IA, l'actualité
00:49d'IA est encore très riche aujourd'hui
00:51avec tout ce qui se passe autour d'Entropique, de Gemini et d'Open Air bien entendu.
00:57Allez c'est parti pour une heure sur BFM Business Tech & Co Business, rejoignez-nous !
01:01Tech & Co Business, l'invité.
01:06Allez notre premier invité dans cette émission Tech & Co Business, ici au salon international de l'agriculture.
01:12La partie pro, quand on se promène un peu, c'est une population un peu différente de celle du hall
01:171.
01:18Évidemment, on retrouve toutes les stars de ce salon, pas les bovins cette année, mais beaucoup d'animaux et beaucoup
01:25de monde pour ce salon.
01:26Avec nous, Jérôme Leroy. Bonjour Jérôme.
01:28Bonjour.
01:28Merci d'être avec nous, président et cofondateur de la Ferme Digitale qui est juste pas loin d'ici, on
01:32va en parler.
01:33Et puis PDG de Winat aussi, c'est une entreprise créée en 2014, des capteurs connectés pour piloter l'irrigation,
01:41pour une agriculture de précision.
01:43Première question, la Ferme Digitale, on la voit, elle est à proximité de notre plateau.
01:49Aujourd'hui, c'est quoi ? C'est un accélérateur ? Comment vous le définissez ? Est-ce que c
01:52'est le moteur de la croissance future de l'agriculture ?
01:56On l'espère, un moteur de la croissance future, c'est surtout un catalyseur.
02:00C'est pas un fonds d'investissement, c'est pas un incubateur, c'est plutôt un catalyseur de l'innovation
02:04agricole.
02:04On réunit des entreprises innovantes, des entreprises un peu plus développées, des ETI, des PME, des écoles, des universités, des
02:11centres de recherche.
02:12Et avec tous ces acteurs, on essaye de développer une vision commune liée aux problématiques agricoles que sont le gain
02:18de temps, les économies de ressources.
02:20Et on essaye de développer, de faire parler de nos innovations au grand public et aussi aux professionnels pour rendre
02:26accessibles ces solutions au plus grand nombre d'agriculteurs possibles.
02:30Alors ça fait quelques années que l'on suit évidemment ces technologies dans Tech&Co avec les drones.
02:34On voit aujourd'hui les engins agricoles, ils sont reliés, ils ont des liaisons satellites, ils ont tout un tas
02:40d'analyses de données.
02:41Pourtant, on sent quand même qu'il faut encore pousser encore.
02:44Comment faire pour que l'agri-tech prenne vraiment sa place dans le monde agricole aujourd'hui ?
02:49Alors côté industrie, puis côté agriculteur ?
02:52Alors cette année, on fête les 10 ans de la ferme digitale.
02:54Donc en 10 ans, on a vu des générations d'agri-tech se créer.
02:57D'abord, pendant les premières années, sur des capteurs, des offres sur le satellite, des plateformes de vente en ligne
03:03ou d'achat en ligne pour les agriculteurs, pour leur faciliter leur quotidien.
03:07Et plus on avance, plus on va vers des nouvelles solutions sur les biosolutions, remplacer des produits, la biodiversité, la
03:15vie des sols, la fertilité des sols.
03:17Et on a aussi un facteur conjoncturel qui nous aide, c'est la transition générationnelle.
03:23C'est-à-dire qu'on a de plus en plus de jeunes agriculteurs qui s'installent.
03:26Il y a un agriculteur sur cinq qui va partir à la retraite dans les 5 à 10 ans qui
03:29viennent.
03:30Donc ça crée des vocations.
03:32Et nous, avec ces innovations, on a pour ambition d'essayer de croiser cette massification de l'accès à l
03:40'innovation.
03:40Et cette arrivée des jeunes générations qui ont envie de prendre des week-ends, qui ont envie de prendre des
03:44vacances, qui utilisent le téléphone mobile puisqu'ils sont nés avec et qui ne conçoivent pas à piloter une ferme
03:49sans avoir l'accès à des outils numériques.
03:52Donc aujourd'hui, parmi les défis, il y a le défi du financement aussi.
03:56Alors l'innovation, vous le dites, ça y est, les idées, on en a plein.
04:00Mais voilà, quels sont un peu ses principaux défis à relever aujourd'hui pour justement qu'on franchisse une étape,
04:04qu'on passe davantage à l'échelle ?
04:07Voilà, au-delà du défi de la notoriété et de la visibilité, il y a le défi du financement.
04:10C'est-à-dire qu'une agritech, quand elle se crée, elle a besoin d'expérimenter le plus vite possible.
04:15Donc les enjeux, c'est au-delà du financement, c'est expérimenter le plus vite possible sur des fermes pilotes,
04:20auprès directement d'agriculteurs.
04:22Mais ces agriculteurs ne peuvent pas financer eux-mêmes le risque sur l'exploitation.
04:26Le compte d'exploitation agricole ne permet pas de prendre du risque.
04:29Il ne bénéficie pas encore de crédit impôt recherche.
04:31C'est-à-dire qu'on va avoir des agriculteurs qui vont venir ici, vont avoir des solutions superbes.
04:34Et puis le jour où il faut passer à l'échelle, il y a un petit peu ce blocage.
04:39C'est une des raisons pour lesquelles nous, on stimule l'écosystème, on stimule les instituts de recherche, on stimule
04:43les coopératives, on stimule les négociants, les chambres d'agriculture,
04:46pour les aider à mieux diffuser ces innovations, à devenir potentiellement des partenaires ou des distributeurs de nos solutions.
04:53Puisqu'il est impensable qu'une entreprise qui se crée en Agritech aujourd'hui recrute 350 commerciaux pour être présent
04:58dans 100% des départements français.
04:59Donc on a un des enjeux principaux, c'est la diffusion et l'enjeu c'est l'expérimentation.
05:06C'est-à-dire permettre à une innovation qui sort d'un laboratoire, permettre à une innovation qui sort d
05:10'un jeune entrepreneur ou d'une jeune entrepreneuse,
05:12d'expérimenter tout de suite pour qu'au bout de 3 ans, il y ait un retour sur investissement, un
05:18gain en eau, un gain en fertilité des sols,
05:21un gain en rendement, un gain en économie de temps ou en stress, qui ensuite génère l'envie du voisin,
05:26du groupe d'agriculteurs ou de la coopérative ou du négoce
05:29de dupliquer ça sur 100 puis 1000 puis 2000 agriculteurs.
05:32Il y a un mot, c'est la confiance, une confiance qu'il faut instaurer justement entre cette technologie,
05:38effectivement cette nouvelle génération d'agriculteurs qui arrive et puis la partie avale, tous les industriels qui sont en amont
05:46et en aval.
05:46Exactement, la confiance c'est fondamental, ça fait 10 ans que la ferme digitale existe.
05:51Donc la confiance c'est faire comprendre qu'il y a un retour sur investissement, créer des relations humaines.
05:58En 10 ans, on a créé énormément de relations avec des distributeurs, avec des conseillers agronomiques sur le terrain.
06:04Il y a plus de 10 000 conseillers agronomiques en France qui travaillent chacun avec 120 agriculteurs.
06:09C'est ces gens-là qui ont une connaissance terrain.
06:11Il faut acquérir la confiance de l'agriculteur mais aussi la confiance des personnes qui accompagnent l'agriculteur au quotidien.
06:17Voilà et on est bien dans l'ambiance.
06:19C'est une super ambiance aujourd'hui.
06:20Il faut de l'humain, il faut de la dynamique parce que l'agriculture est dans une actualité un peu
06:26difficile.
06:27Et pourtant il y a des besoins, il y a des enjeux.
06:30Parlons aussi, alors ça c'est à la Seine, la ferme digitale.
06:33A la ville, vous êtes aussi PDG d'une start-up, Winat, créée en 2014.
06:37Alors rappelez-nous un peu, c'est des capteurs, c'est ça pour l'irrigation précision, c'est ça ?
06:41Il y a 10 ans, on a commencé par fournir aux agriculteurs des capteurs d'humidité du sol
06:46qui leur permettent d'avoir en direct la compréhension de ce qui se passe dans leur sol
06:50à 10 cm, à 20 cm, à 30 cm, directement sur le téléphone mobile
06:54pour leur permettre de décider, de prendre une décision d'irrigation.
06:58Ça c'était pendant nos 10 dernières années, ça fait 12 ans que la société est créée.
07:01Et là maintenant on avance vers des solutions, vers les acteurs de l'industrie
07:05qui eux veulent avoir une vision et une compréhension sur un territoire à plus grande échelle.
07:10Et là on leur crée des indicateurs ou des scores de la capacité du sol à retenir l'eau
07:15pour pouvoir mettre la semence au bon endroit et développer des politiques de l'eau aussi pour améliorer.
07:20Ah oui, donc on va au-delà d'agriculture de précision aujourd'hui.
07:23On est vraiment sur l'aménagement du territoire, enfin on mixe aménagement du territoire et agriculture de précision.
07:30Là on mixe agriculture de précision et aider l'agriculteur dans son quotidien.
07:33On en accompagne aujourd'hui 40 000.
07:34On mixe ensuite aménagement du territoire, c'est-à-dire juste utilisation des ressources, notamment de l'eau.
07:38Et ensuite on travaille aussi sur les transitions, ce qu'on appelle l'agriculture régénératrice.
07:44Comment je régénère la vie de mes sols et comment en connaissant mieux la capacité d'un sol à infiltrer
07:50l'eau,
07:51en créant un score ou un index, je vais aider à mesurer les progrès de l'agriculteur
07:56dans sa capacité à générer plus de rendement et de durabilité sur son exploitation.
08:00Parce qu'il n'y a pas uniquement la productivité dont on parle avec l'agriculture de précision,
08:04mais aussi la durabilité du modèle pour pouvoir transmettre ma ferme
08:07et pour qu'un jeune agriculteur qui s'installe se dise « Ok, dans 30 ans, mon sol sera tout
08:11aussi fertile et productif qu'aujourd'hui ».
08:13Et alors justement, aujourd'hui, on parle évidemment beaucoup d'intelligence artificielle.
08:16Comment vous intégrez un peu tous ces modèles d'intelligence artificielle dans vos applications chez Winat ?
08:21Alors l'intelligence artificielle pour nous, ça permet en fait déjà d'utiliser la donnée de nos 12 années sur
08:27le terrain.
08:27Donc on a plus de 25 000 capteurs de sol dans 9 pays européens.
08:31Ces données, on les croise avec des informations satellites qui nous permettent 5 ou 4 fois par jour,
08:36avec les données météo, d'avoir la donnée des sols.
08:38Puis plusieurs fois par semaine, la donnée satellite qu'on croise avec des analyses de sols.
08:44Donc on croise toutes ces masses de données qui sont assez importantes
08:46et on crée ensuite soit des agents IA, soit des briques de machine learning
08:51qui vont aller chercher dans chacune de ces briques d'analyse de sol, de capteurs ou de données satellites
08:56pour ressortir des prévisions de rendement, des prévisions de stress hydrique
09:02pour à échelle de 4 à 5 jours permettre à l'agriculteur de programmer
09:07et donc de consommer moins d'eau et d'utiliser ces ressources à bon escient.
09:13D'accord. Et de pouvoir remonter, parce que vous parliez aussi des industriels
09:16avec lesquels ils travaillent, les semenciers, etc.
09:18de travailler en flux réel, en temps réel avec eux, de ne pas avoir de pertes.
09:23En temps réel, à l'échelle de l'agriculture, c'est chaque saison.
09:26Chaque saison, quand je suis un semencier, que je dois créer une semence,
09:30que je dois la démultiplier chez des agriculteurs pour ensuite la commercialiser,
09:33je dois choisir la bonne terre, le bon sol, le bon écosystème, le bon sol.
09:41Et avec cette meilleure connaissance, grâce à l'intelligence artificielle,
09:44grâce à nos capteurs, grâce à des images satellites,
09:46je vais pouvoir choisir, par exemple dans le sud-ouest de la France,
09:49mais aussi en Pologne, ou en Hongrie, ou en Roumanie,
09:51le bon agriculteur qui va pouvoir, avec la bonne semence,
09:57et avec ça, je vais pouvoir avoir des meilleurs résultats
09:59et surtout une homogénéité de la qualité de ma production.
10:02Parce qu'un des enjeux en agriculture, c'est que je peux avoir de l'hétérogénéité dans mes parcelles.
10:07C'est-à-dire que je vais avoir un écart d'une parcelle qui va moins absorber l'eau,
10:10une autre qui va avoir moins de fertilité parce qu'elle a un historique qui est moins bon.
10:14Et les semenciers, ce qu'ils veulent, c'est avoir une homogénéité.
10:17C'est-à-dire, quand je décide de travailler avec un agriculteur dans n'importe quel pays
10:23pour produire de la semence, il faut qu'elle soit complètement homogène
10:27pour générer des rendements optimaux.
10:30Ça veut dire, je rebondis parce qu'on parle beaucoup des modèles LLM aujourd'hui,
10:33est-ce que ça veut dire qu'un jour, on va arriver avec l'agriculteur qui va prompter,
10:36qui va dire, voilà, il va donner un peu tout son prompt, le détail de ses sols et tout ça,
10:41avec des analyses de données, il va remplir ses données, dire, ben voilà, tiens, tel parcelle.
10:45Et on peut imaginer des LLM qui vont l'accompagner comme ça au quotidien, des assistants.
10:49Alors là, on est au moment parfait pour, en termes de maturité de l'intelligence artificielle,
10:55de certains LLM et de cette dynamique des agents IA.
10:59Un agriculteur aujourd'hui, quand il pose une question dans un LLM généraliste,
11:03généralement, il ne va pas avoir une réponse précise.
11:05Donc, ce qu'on essaye de créer avec les Haka Tongaya, la ferme digitale,
11:08et toute cette dynamique, c'est que l'agriculteur pose une question.
11:14L'outil, l'agent qu'on lui propose va stimuler des agents.
11:19Un agent économique, un agent agronomique, un agent climatique.
11:24Et ces différents agents, sur une seule question, vont aller chercher dans toutes les sources de données possibles
11:30pour lui donner un scénario idéal d'aide à la décision pour prendre ses décisions au quotidien.
11:35C'est ça, la force de l'IA, et encore plus d'une IA agricole spécifique
11:40qui ne donnerait pas une réponse généraliste par rapport à un problème qui serait posé,
11:45qui est ultra spécifique.
11:46Aucun sol n'est le même, aucune culture n'est les mêmes.
11:48Et ça, je reviens rapidement sur la ferme digitale, ma dernière question.
11:51Il y a toujours un Haka Tonga qui se déroule juste derrière nous.
11:55C'est ça, donc on soumet un problème à tous ces développeurs, c'est ça l'idée ?
11:59Voilà, c'est notre troisième édition.
12:00On est au 35e cas d'usage.
12:03C'est notre troisième édition sur le salon de l'agriculture.
12:05C'est notre huitième édition sur différents salons agricoles en France.
12:08Il y a une dizaine d'équipes, c'est ça ?
12:08Il y a une dizaine d'équipes aujourd'hui qui viennent du monde de la comptabilité,
12:13du monde de l'agronomie, qui viennent de Côte d'Ivoire
12:16avec une problématique sur la robotique agricole.
12:19Et donc toutes ces équipes, elles vont réfléchir pendant 48 heures
12:21sur un cas d'usage à construire un agent IA
12:25qui va permettre de donner une réponse précise
12:27à un problématique qui est posé par un agriculteur ou un agent économique.
12:31Eh bien voilà, c'est presque le générique de la fin de notre interview.
12:33Merci Jérôme Leroy, président cofondateur de la Ferme Digitale.
12:37Bon salon avec la Ferme Digitale.
12:39N'hésitez pas vraiment, si vous nous écoutez, nous regardez,
12:43venir ici, c'est passionnant toutes les innovations.
12:45On va en avoir deux d'ailleurs avec nous.
12:47On pourra les voir sur votre sandwich nat.
12:49Et puis on va retrouver dans un instant Kermap et Hyperplan.
12:53Merci Frédéric pour votre invitation.
12:55Tech & Co Business, les invités.
13:01Allez, on poursuit depuis le Salon international de l'agriculture,
13:05la partie pro.
13:06C'est pour ça que vous ne verrez pas beaucoup d'animaux déambuler dans les allées
13:09ici à la Ferme Digitale, à côté avec beaucoup de start-up.
13:12Et justement, nous en recevons deux avec nous.
13:14Jérémy Foisy, le responsable produit chez Kermap.
13:16Bonjour.
13:16Bonjour.
13:16Jérémy, merci d'être avec nous.
13:18Vous êtes sur l'analyse satellite au service de l'agriculture de précision.
13:22Voilà, je vais y arriver.
13:24Et puis Ruben, ça va ?
13:24Bonjour Ruben.
13:25Bonjour.
13:26Directeur général d'Hyperplan.
13:27Donc on est dans la cartographie intelligente des sols, des parcelles.
13:31Alors justement, je vais démarrer avec vous.
13:33Ruben, qui vous attendez-vous ?
13:35Enfin, qui sont les gens intéressants qui vont venir voir Hyperplan ?
13:38Et à travers, expliquez-nous un peu ce que vous faites justement de cartographie.
13:41Oui, absolument.
13:42Je vais commencer par ça.
13:43Donc Hyperplan, c'est un service logiciel à destination des coopératives agricoles,
13:48des négoces et des fournisseurs d'intrants qui va permettre de donner de la visibilité
13:52sur la production agricole.
13:54Donc concrètement, on donne de la visibilité sur aujourd'hui près de 350 millions d'hectares
13:59dans une trentaine de pays dans le monde.
14:01Et tout notre travail va être de prendre un signal de données, données satellites,
14:06données météo, données de sol, parfois même de la presse locale,
14:09et de transformer ça en information et en action pour les équipes commerciales et marketing
14:14de ces acteurs, donc fournisseurs d'intrants et coopératives agricoles négoces,
14:19pour aller distribuer le bon produit à l'agriculteur au bon moment.
14:23Alors l'important dans ces choses-là, et on en a parlé tout à l'heure avec Jérôme Leroy,
14:28qui était avec nous, le patron de la ferme digitale des Dominades,
14:31c'est le temps réel, donc vous récupérez vraiment toutes ces informations.
14:35J'imagine même les agriculteurs peuvent remonter des informations à partir des capteurs
14:39qu'ils peuvent avoir sur leurs engins agricoles ?
14:41Oui, absolument, on se doit d'être le plus réactif possible.
14:44La donnée satellite, par exemple, nous permet une mise à jour toutes les semaines
14:48et nous de mettre à jour, dès qu'il y a une information qui devient disponible
14:53à un endroit du monde sur la production agricole, de la rendre disponible et de l'ingérer
14:57pour qu'elle se transforme en action pour nos clients.
14:59Et donc le but ensuite, c'est de ces semenciers, de savoir que là tel endroit
15:04est plutôt favorable à tel type de culture, aller voir les agriculteurs
15:08et puis leur donner la preuve par la data.
15:10Exactement, pour vous donner des exemples très concrets,
15:12nos clients fournisseurs d'intrants vont aller regarder sur une parcelle
15:15quel est l'état de stress, quel est l'état de la production de la végétation à un instant T,
15:19est-ce qu'il y a un risque maladie particulier, quelles ont été les rotations précédentes.
15:24Tout ça, ça va être des signaux qui vont leur permettre de proposer le bon produit au bon moment
15:29pour le bon agriculteur.
15:31En plus, et on le disait avec Jean-Mleuron encore une fois,
15:33il y a ce côté temps réel, mais il y a ce côté aussi durabilité des sols.
15:37Parce que le but, c'est quand même d'avoir un bon rendement à l'instant T,
15:42mais c'est de pouvoir continuer de produire le plus longtemps.
15:44C'est à ça que servent aussi vos outils chez Hyperplan.
15:46Bien sûr, le but, c'est de pouvoir continuer de produire le plus longtemps possible.
15:50Ça me permet de rebondir sur un point.
15:52Il y a un thème qui a été notre tout premier constat chez Hyperplan,
15:55qui est celui de la volatilité de la production agricole,
15:58lié au changement climatique, lié des fois aux tensions géopolitiques,
16:01qui vont impacter directement les décisions des agriculteurs sur, par exemple,
16:05ce qu'ils vont semer chaque année, et qui va impacter la production elle-même,
16:09le rendement qu'on va avoir cette année, puis les années à venir.
16:12Et c'est parce qu'il y a de plus en plus de volatilité qu'on s'est dit
16:15qu'on avait besoin de plus en plus d'avoir une visibilité en temps réel
16:18sur ce qui se passait sur chacune des parcelles.
16:21Donc les deux se rejoignent, effectivement.
16:22Alors l'analyse satellite, c'est aussi l'une de vos spécialités chez Kermap.
16:26En deux mots, rappelez-nous ce que vous faites avec Kermap.
16:29Chez Kermap, on accompagne des acteurs sur les nouvelles filières,
16:32notamment les filières d'agriculture régénératrice,
16:35sur différents indicateurs.
16:36En fait, l'idée, c'est comme un sportif.
16:38Un sportif s'améliore à partir du moment où il est capable de mesurer sa performance.
16:41Et donc nous, on arrive, on mesure la performance,
16:44notamment sur des indicateurs de durée de couverture des sols,
16:46parce que c'est un des premiers leviers qui est mis en pratique par les agriculteurs
16:50pour améliorer la santé des sols.
16:52C'est de ne pas laisser les sols nus.
16:53Parce qu'un sol nu, c'est un sol qui s'érode.
16:55C'est un sol où il y a du transfert de nitrate, de produits phytosanitaires dans l'eau.
17:00Et les couverts vont jouer un rôle et vont permettre de réduire les entrants aussi sur les parcelles.
17:04Donc c'est vraiment un levier qui est important,
17:05mais c'est un levier qui n'était pas forcément mesuré dans le passé.
17:09Et donc nous, on intervient avec les données satellites
17:11et on va mesurer ces indicateurs à l'échelle de la parcelle,
17:15à l'échelle de l'exploitation.
17:16Et surtout, ce qui est important pour nos clients,
17:18qui sont des agro-industriels ou des coopératives,
17:21c'est de donner aussi ces informations à des échelles macro
17:23qui vont servir de référence.
17:25C'est-à-dire que les agriculteurs ne sont pas jugés...
17:33On n'est pas à la parcelle, il faut vraiment qu'on est sur le territoire.
17:39Parce qu'elles ont le même contexte pédoclimatique,
17:41le même type de sol, le même climat.
17:43Et donc cette référence est juste.
17:45Une année où c'est compliqué pour tout le monde,
17:47la référence va s'adapter.
17:48Et donc ça, ça fait un indicateur qui est bien accepté aussi par les agriculteurs.
17:52Même si on travaille avec les coopératives,
17:53les agriculteurs s'approprient ce type d'indicateur.
17:56Tous les deux, vous êtes dans le B2B, tout agriculteur.
17:59C'est un peu ça.
18:00Aujourd'hui, on voit l'importance de cette data.
18:03On parlait à l'instant de la durabilité aussi de ces terres.
18:06Est-ce que vous arrivez, tous les deux, à prévoir un peu,
18:09on parle du réchauffement climatique, etc.,
18:12de se projeter, de dire, voilà, votre terre aujourd'hui,
18:14elle est très bien, mais dans 10 ans,
18:16on va faire des orangés et des oliviers.
18:18Enfin, on va aller jusque-là.
18:19Mais est-ce que vous êtes capable d'avoir ces deux...
18:22Ça, pour le coup, ce n'est pas forcément notre métier.
18:24Il y a des gens qui sont très connus,
18:27comme Serge Jacka, par exemple,
18:27qui font des prospections à long terme.
18:29Il y a d'autres modèles qui sont utilisés.
18:31Nous, je pense que Superplan, c'est pareil.
18:33On est sur des modélisations de la campagne en cours.
18:36Le but, c'est de l'optimisation à court terme, quand même,
18:38sur la campagne en cours.
18:41Complètement, on va avoir une vue assez tactique.
18:43Le but, c'est que déjà, cette saison se passe bien
18:46et puisse continuer.
18:48Et après, on engage sur la prochaine.
18:50Alors, dans Tech & Co, sur BFM News,
18:52on parle régulièrement de l'Agritech.
18:54Aujourd'hui, comment voyez un peu ce secteur ?
18:56Toujours, on le disait tout à l'heure,
18:58l'innovation, elle est là.
18:59Vous en avez deux exemples.
19:00On va à la ferme digitale, on en voit plein.
19:02Mais on a un gros besoin de financement.
19:06Aujourd'hui, quel est votre regard autour de ça ?
19:08On a senti.
19:09Il y a eu du financement départ.
19:102023, ça s'est un petit peu tassé.
19:14Et puis là, il faut courir après tout ça.
19:16Je ne sais pas, Jérémy, puis je suis très belle.
19:18En ce qui nous concerne, en fait, on développe ces indicateurs
19:22dans le cadre de nouvelles filières dont le modèle économique
19:24repose sur des agro-industriels qui ont travaillé avec toute la filière,
19:28c'est-à-dire avec les coopératives.
19:29Et les coopératives travaillent avec les agriculteurs.
19:31Donc, si vous voulez, dans ce cas-là, la chaîne des valeurs,
19:34elle est totalement pensée avant même de penser à la technologie
19:37qui va aider à passer à l'échelle.
19:39Donc, on est vraiment dans un modèle qui est déjà virtueux
19:42et qui fonctionne déjà.
19:43Donc là, c'est plus simple.
19:44Mais c'est vrai que pour avoir vécu dans le passé
19:46sur d'autres secteurs comme l'élevage, c'est beaucoup plus compliqué.
19:48La technologie est souvent en avance et difficile à accepter.
19:52Mais ce n'est pas le cas, en tout cas, sur le business qui nous concerne.
19:55Ruben, sur cette partie financement, l'innovation ?
19:57Oui, bien sûr.
19:58Déjà, je pense qu'il faut nuancer le constat aussi
20:02parce qu'effectivement, l'affaire digitale a 10 ans.
20:05C'est aussi une dizaine d'années pour l'Agritex.
20:07C'est un secteur qui avait besoin de maturer aussi.
20:09À nous, à l'offre, en tout cas, d'innovation,
20:12de prendre le bon dialogue pour pouvoir parler aux agriculteurs,
20:15pour pouvoir parler aux coopératives.
20:16Et puis, un problème générationnel,
20:17que ce soit chez les agriculteurs ou même chez les industriels.
20:20C'était aussi à nous de pouvoir bien amener notre offre à l'industrie
20:26parce que ce n'était pas forcément évident au départ.
20:29Et après, effectivement, d'un point de vue du financement,
20:32il y a eu un engouement, peut-être un petit peu de tassement ensuite.
20:35Ça a touché d'ailleurs beaucoup de secteurs,
20:37pas seulement l'Agritex, post les gros pics de 2022, 2023.
20:42Donc ça, ça touche à peu près tout le monde.
20:45Il est vrai qu'il y a des intrinsèques du secteur,
20:49notamment sur les cycles de vente.
20:50Le fait qu'en agriculture, les choses se passent saison après saison.
20:55Et donc, si on n'a pas fait notre test pendant la saison, avant la récolte,
21:01ce n'est pas décalé d'un mois comme dans d'autres secteurs,
21:03c'est décalé d'un an.
21:05Et donc, forcément, les besoins en financement,
21:08je ne dirais pas, sont supérieurs en termes de valeur absolue,
21:11mais par contre, peut-être en termes de véhicules.
21:13Peut-être que ce n'est pas forcément le capital risque,
21:15mais d'autres véhicules.
21:17La BPI a été très présente d'ailleurs pour pouvoir nous aider
21:21à amener ces innovations sur le marché.
21:23On a besoin de multiplier les tests.
21:24Je pense que ça a été évoqué par Jérôme également.
21:27Les multiplier dans plusieurs conditions,
21:28parce que l'agriculture a ça aussi de particulier.
21:31Quand quelque chose marche dans une zone,
21:33il faut quand même le retester dans une autre,
21:34parce que tout peut changer,
21:35différentes zones pédoclimatiques, etc.
21:37Donc, oui, on a besoin de faire ces volumes-là.
21:40On a besoin d'un peu de temps.
21:41Donc, il faut financer ce temps-là.
21:43Je reviens tous les deux à vos métiers,
21:44à la fois chez Kermap et chez Hyperplan.
21:47Il y a beaucoup de contraintes réglementaires
21:49en termes d'usage de la data.
21:51Aujourd'hui, pour vous, Kermap ?
21:53De notre côté, on n'est pas trop embêtés
21:55dans le sens où la donnée qu'on collecte
21:57n'est pas liée à une exploitation.
21:59C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
22:01quand on analyse depuis un satellite,
22:03on ne sait pas à qui appartient l'exploitation.
22:05Après, ce qui peut se passer,
22:06c'est quand on développe certains produits,
22:08on a développé des produits liés à l'irrigation,
22:10qui sont pour le coup des données qui sont sensibles.
22:13Et quand on touche des données sensibles,
22:15on a des projets notamment avec le ministère
22:17de la Transition écologique et le ministère de l'Agriculture.
22:19Ces données, on ne peut pas les communiquer
22:22de la même façon que des données Open Data.
22:24Il y a les données environnementales
22:26qui, normalement, sont censées être
22:27pas leur définition, accessibles à tous.
22:30Mais il y a quand même des données qui restent sensibles.
22:32C'est un lien de confiance entre vous et les industriels
22:35avec lesquels vous travaillez, Ruben, sur cette data ?
22:37Non, à peu près de la même manière.
22:39On n'a pas vraiment de contraintes sur les données
22:41que nous utilisons de la même manière.
22:43Aujourd'hui, on parle beaucoup...
22:44Alors, on a beaucoup parlé des drones,
22:46on a beaucoup parlé des données satellitaires.
22:48Aujourd'hui, tout à l'heure, avec Jérôme,
22:49on parlait de tout ce qui est en train de changer
22:51autour de la biodiversité, les biosolutions.
22:55C'est ça la prochaine étape ?
22:56L'intelligence artificielle, c'est ça les prochaines étapes
22:58dans vos secteurs respectifs, Ruben ?
23:00Alors, il y a plusieurs choses là-dedans.
23:01Effectivement, lorsque les fournisseurs d'intrants
23:05ou les coopératives négoces
23:07ont besoin de pousser des nouveaux produits,
23:09peut-être des biosolutions sur les marchés,
23:12oui, effectivement, c'est là où on apporte
23:14un service supplémentaire,
23:15parce qu'on va pouvoir les aider à dimensionner ces marchés,
23:17trouver les endroits où ces produits seront
23:19les plus efficaces et vont le plus aider leurs clients agriculteurs,
23:22là où ça va être appliqué à la fin.
23:25Et peut-être sur l'intelligence artificielle,
23:27je le mentionnais tout à l'heure,
23:28parmi les signaux d'information qu'on va utiliser
23:31pour apporter de l'information à nos clients,
23:33il y a ce qu'on génère avec nos algorithmes,
23:35avec des données satellites, avec des données météo,
23:38et parfois aussi de la presse locale.
23:40On n'est pas équipé chez Hyperplan
23:42pour aller lire la presse tous les matins
23:44des 30 pays que l'on couvre.
23:45Et c'est là que l'intelligence artificielle
23:47va être très utile pour contextualiser l'information.
23:50Donc Hyperplan, on va estimer, par exemple,
23:52qu'il y a X milliers d'hectares de blé
23:55dans telle zone en Pologne.
23:57Mais on va aussi pouvoir le mettre en lien
23:59avec ce que dit la presse sur les conditions de semis
24:02qu'il y a eu dans cette zone pendant la saison.
24:06Et donc ça, ça permet de contextualiser.
24:07Donc non seulement ça rassure nos clients,
24:09et ça permet de prendre des décisions encore plus éclairées.
24:13Autour de l'IA ?
24:14Oui, l'IA est au cœur de notre métier.
24:16Clairement, comme disait Ruben,
24:18on a en fait la donnée satellitaire
24:20et les autres données, les modèles météo,
24:22sont des masses de données qui sont tellement importantes
24:25que sans l'IA, on n'y arrivera pas.
24:27Donc aujourd'hui, l'IA est au cœur de nos produits.
24:29On rentre dans une phase aussi
24:30où on parlait tout à l'heure des LLM,
24:33c'est que la donnée géographique,
24:34ce n'est pas une donnée qui est facile à manipuler.
24:37Il y a ce qu'on appelle des CIGIS,
24:38des gens qui sont experts en matière.
24:40Mais en fait, on est en basculement
24:43où aujourd'hui, on a des outils,
24:45notamment des LLM, pas que,
24:46qui permettent de rendre accessible
24:47cette donnée complexe à tout un chacun,
24:49et notamment aux experts métiers.
24:51Et c'est ça notre rôle,
24:52c'est de simplifier la donnée
24:53et de la passer dans la moulinette de l'IA
24:56pour qu'elle soit ensuite exploitée.
24:58Une donnée plus accessible.
24:59Bien, merci à tous les deux.
25:01Ruben Sabat, directeur général de Hyperplan,
25:04donc cartographie intelligente,
25:05à destination des industriels
25:07pour mieux comprendre un peu l'aménagement,
25:09comment aménager un territoire
25:10par rapport à une agriculture de précision.
25:13Et Jérémy Foisy, le responsable produit
25:14chez Kerma pour l'analyse satellite,
25:16justement au service de cette agriculture.
25:18Merci encore infiniment.
25:19Merci beaucoup.
25:20Vous avez fait l'amitié d'être sur ce plateau.
25:21On repart à Paris.
25:23On va continuer à parler d'IA aujourd'hui
25:25avec nos experts.
25:26Il s'est passé pas mal de choses encore
25:27dans l'actualité.
25:28On va tout de suite en parler.
25:30Retour en plateau chez BFM Business.
25:35BFM Business présente
25:36Tech & Co Business,
25:38le magazine de l'accélération digitale.
25:41Frédéric Simotel.
25:43Voilà, après une petite incursion
25:44au salon de l'agriculture
25:45avec, vous l'avez vu,
25:47nos startups, la ferme digitale.
25:48Enfin, on a beaucoup parlé de tous ces sujets.
25:50On revient ici en plateau
25:51pour poursuivre l'actualité
25:52au cœur de la bataille
25:54où on voit que les Français
25:55sont au cœur de la bataille de l'IA.
25:57On va en parler avec nos invités.
25:59Je crois qu'on va quand même
26:00beaucoup parler des Américains aussi.
26:02Avec Emmanuel Vignon,
26:03président de Theodo Data IA.
26:05Bonjour.
26:06Bonjour Frédéric.
26:06Merci à être avec nous.
26:07Vincent Champin,
26:07président de l'Observatoire du long terme.
26:09Vincent, bonjour.
26:10Bonjour.
26:10Et le patron du digital
26:11chez Framato,
26:12membre du Comex.
26:13Avec bientôt,
26:13c'est le 5 mars,
26:14sortie d'un rapport
26:16sur la productivité.
26:17Évidemment, on va y parler.
26:19IA, donc à découvrir
26:19sur le site
26:20de l'Observatoire du long terme.
26:21Et Eric Campagnini, bonjour.
26:23Bonjour.
26:23Eric, associé
26:24chez Alix Show Group.
26:25Messieurs, je ne sais pas
26:27si vous l'avez vu,
26:28cette petite nouvelle
26:29qui est sortie ce week-end,
26:30c'est OpenAI qui...
26:33Enfin, c'est plutôt Microsoft
26:33qui prendra un peu de distance
26:35par rapport à OpenAI.
26:36Emmanuel, tu veux dire ça ?
26:37Oui, effectivement,
26:37on a vu ça arriver.
26:39Il y avait déjà eu
26:40des premiers prémices
26:41parce qu'il y a quelques mois,
26:43Microsoft avait changé
26:45son contrat en disant
26:46qu'il n'était plus obligé
26:47d'utiliser exclusivement
26:49le modèle OpenAI
26:51pour nourrir ses produits
26:53et notamment Microsoft Copilot.
26:55Alors, on avait vu ça
26:57de manière un peu neutre
26:59parce qu'on s'était dit
27:00en fait, c'est assez normal.
27:01Aujourd'hui,
27:02quand on a une plateforme
27:03d'accès d'AI,
27:04en fait, on peut utiliser
27:05tous les modèles
27:06et tout le monde le fait.
27:07Donc, voilà.
27:08Mais quelque part,
27:10et d'ailleurs,
27:11le patron de Microsoft AI
27:12aujourd'hui disait
27:13en fait,
27:14quand on a fait cette annonce
27:15il y a six mois,
27:17c'était bien pour commencer
27:19à créer notre indépendance
27:21par rapport à ça.
27:22Et puis là,
27:23là, ça va un petit peu plus loin.
27:25Oui, c'est un peu...
27:27Mais ce que l'on s'inquiète,
27:28c'est que d'un côté,
27:29on a quand même
27:30un OpenAI
27:30qui brûle énormément.
27:31Oui, mais en fait,
27:32alors, c'est marrant,
27:33mais aux Etats-Unis,
27:35pour nous,
27:35les Français,
27:35quand on a une faillite,
27:36on se dit c'est terrible,
27:37c'est la fin du monde.
27:39Mais en fait,
27:40d'abord, je ne sais pas
27:41si OpenAI va faire faillite.
27:42Oui, oui, non.
27:43Non, je ne pense pas.
27:46Mais si jamais OpenAI
27:48devait faire faillite,
27:49en fait, ça fait partie
27:49de la vie des affaires
27:50aussi aux Etats-Unis.
27:51Je remets un peu les choses.
27:54Moi, je vois quand même
27:55un phénomène qui est assez important,
27:58c'est le fait que
27:59la source de valeur se déplace.
28:01C'est-à-dire que Microsoft se dit
28:02finalement,
28:02la source de valeur,
28:03ce n'est pas d'avoir un modèle.
28:04Si on en a plusieurs,
28:05ils sont en concurrence,
28:06ils perdent tous de l'argent.
28:07Moi, j'avais même appris
28:07qu'ils intégraient DeepSync.
28:10La source de valeur,
28:11elle est dans l'intégration.
28:12Alors là,
28:12ils sont un peu pris en étau
28:13parce que d'un côté,
28:14effectivement,
28:14ils disent qu'on diversifie les billes.
28:18En plus,
28:18je pense que pour des raisons
28:19d'antitrust,
28:20je pense qu'ils ont intérêt
28:20à le faire aussi.
28:22Mais à l'inverse,
28:23on voit que la solution
28:23d'hyperintégration
28:24qui était copilote,
28:25pour le moment,
28:26ça ne marche pas.
28:27Et donc,
28:27ils vont chercher,
28:28puis on parlera peut-être
28:28tout à l'heure d'OpenClo,
28:29mais en fait,
28:30les entreprises,
28:31elles sont en train de chercher
28:31la formule miracle
28:33qui retiendra chez toi
28:34les consommateurs
28:35versus le chatbot
28:36où le jour
28:37où un meilleur chatbot sort,
28:38tu perds tous tes clients
28:40en trois mois.
28:40Ce qu'on en fait tous un peu,
28:42on a la Gemini qui se sort de
28:43« Ah, c'est chouette ! »
28:44Et puis,
28:44on oublie ChatGPT.
28:45Puis,
28:45un beau jour,
28:46on se dit
28:46« Ah tiens,
28:46je vais continuer
28:47à utiliser ChatGPT
28:48parce que j'ai mon abonnement. »
28:49Et puis,
28:50voilà,
28:50c'est un peu cette nuance-là.
28:53Oui,
28:53je pense que le marché
28:54est en train de se déplacer,
28:55le marché est plus mature,
28:56les clients sont aussi plus matures,
28:57tu disais,
28:58à titre d'usage individuel
28:59mais aussi en entreprise.
29:02Le constat,
29:02c'est qu'en fait,
29:03ce n'est plus tellement
29:04le modèle en soi
29:05mais c'est le coût total.
29:07Et donc,
29:07c'est le modèle,
29:09c'est la pertinence du modèle,
29:11c'est sa capacité d'intégration.
29:13Je rappelle qu'un projet d'IA,
29:14il y a 30 ou 40 %
29:15qui sont liés au modèle en lui-même
29:17et tout le reste,
29:18la gouvernance,
29:19l'intégration,
29:19la formation,
29:20l'accompagnement,
29:21la supervision,
29:21etc.
29:22Ça montre qu'aujourd'hui,
29:23il y a une attente
29:24et une demande
29:24de la part des clients de Microsoft
29:25de dire
29:26« Écoute,
29:28on est prêts à regarder
29:29d'autres modèles
29:29si le mix n'est pas le bon. »
29:32Et donc,
29:32Microsoft fait un move
29:33assez naturel,
29:34je trouve,
29:35et assez rassurant aussi
29:36dans le domaine.
29:38Quand même,
29:39il y a un truc
29:39qui m'a surpris là-dedans,
29:40c'est que Microsoft dit
29:41« Je vais développer
29:42mes propres modèles. »
29:43En fait,
29:43c'est ça la logique.
29:44Ils travaillent,
29:45ils ont leurs propres modèles.
29:46Mais d'accord,
29:47mais je regrette,
29:48ils ne sont quand même
29:49pas dans les modèles
29:50à l'état de l'art.
29:51C'est un peu comme
29:52les modèles d'IBM.
29:53Il y a certains modèles d'IBM
29:54qui marchent bien,
29:55mais c'est des modèles
29:55assez niches.
29:56Les modèles granites,
29:58moi,
29:59j'ai peu de clients
29:59qui me disent
30:00d'installer
30:01ou d'utiliser
30:02les modèles granites.
30:03Donc,
30:03les modèles Microsoft AI,
30:05ils ne sont pas
30:05dans les leaderboards.
30:06J'ai encore regardé ce matin,
30:07ils ne sont pas très haut placés
30:08dans les leaderboards.
30:09Mais le positionnement,
30:10il est plus sur
30:11capacité de Microsoft
30:12à orchestrer
30:13le meilleur modèle
30:14au meilleur endroit
30:15que de vendre.
30:17Et derrière,
30:18mais on l'a dit,
30:18c'est aussi
30:19une manière de masquer
30:20l'échec complet
30:21de Copilot.
30:22Je crois que c'est quoi ?
30:233% des entreprises
30:24qui l'utilisent,
30:25entre 1 et 3%.
30:26Moi,
30:26j'avais de bons échos
30:27des gens qui l'utilisaient.
30:29Ah bon ?
30:30Qui en tout cas
30:31trouvaient l'utilité.
30:32Après,
30:33c'est ce que j'ai dit.
30:341% de part de marché.
30:35Les gens qui utilisent
30:37le gratuit,
30:38beaucoup,
30:38qui sont prêts à payer
30:39en plus,
30:39ce n'est pas évident.
30:40Et de façon générale,
30:42il ne faut pas jeter la pierre
30:42sur Microsoft,
30:43des applications
30:44où les gens payent.
30:45À un moment,
30:46c'est OpenAI
30:47qui nous disait
30:47que leur nouvelle formule
30:48coûterait plusieurs centaines d'euros,
30:49que ce serait
30:50une super intelligence artificielle.
30:51personne n'a pris cet abonnement-là.
30:53En fait,
30:53ce qui est compliqué
30:54avec tout ça,
30:55c'est quand on met...
30:55Moi,
30:56je me rends compte,
30:56même ici,
30:58au sein du groupe,
30:59c'est que quand tu mets en place
31:00ce type d'outils,
31:01il faut presque un coach
31:04à côté
31:05qui explique...
31:06Pour Copilot,
31:07mais même pour
31:08les GPT internes.
31:10Mais Copilot a souffert
31:11d'incohérence aussi
31:12d'intégration
31:14avec les logiciels.
31:14Ce n'était pas la même
31:15expérience utilisateur
31:16quand tu utilisais Copilot
31:17sur les mails
31:18ou sur Word
31:19ou sur Excel.
31:20Est-ce qu'il n'y a pas aussi
31:21cet effet open source
31:22aussi de la part de Microsoft ?
31:24Et peut-être revenir
31:24sur l'open AI.
31:28Enfin,
31:29Microsoft
31:29qui voudrait aller
31:30un peu plus vers l'open source
31:31et puis je vais revenir
31:31sur l'histoire d'open AI.
31:32Il y a deux choses.
31:33Un,
31:33pour toute technologie,
31:34par exemple,
31:35le cas de l'électricité,
31:36vous regardez le business
31:36de l'électricité,
31:381% c'est les gens
31:39qui vendent de l'électricité,
31:4099% c'est des gens
31:42qui sont plus productifs
31:43en utilisant l'électricité.
31:44Donc,
31:44il se passe la même chose
31:45pour l'IA.
31:48Le deuxième point,
31:48c'est sur l'open source.
31:50Honnêtement,
31:51dans l'annonce de Microsoft,
31:52on ne voit pas
31:53de sujet open source,
31:54mais c'est vrai
31:54que l'open source,
31:55quand on regarde
31:56le meilleur modèle open source,
31:58c'est une boîte
31:58qui s'appelle Z.AI
31:59et chinoise encore
32:00qui le fait.
32:01Honnêtement,
32:02cinq fois moins cher
32:03au token
32:04que les modèles
32:05les plus avancés.
32:06Un petit peu moins bonnes,
32:08mais globalement,
32:08effectivement,
32:09comme tu le disais,
32:09quand on arrive dans des modèles
32:10qui sont tous
32:11assez convenables,
32:12quand on a des applications
32:14sur lesquelles
32:14le coût des tokens joue,
32:15on va commencer
32:15à mieux choisir.
32:16Et c'est vrai que
32:18si Microsoft se dit
32:19que c'est ça le sens du marché,
32:20effectivement,
32:21ils ont intérêt
32:21à désinvestir
32:22dans la possession du modèle
32:23et à plutôt mettre leur bille
32:24dans le fait
32:25d'être l'intermédiaire obligé
32:26entre l'utilisateur
32:27et le modèle.
32:28Alors,
32:29tu veux dire un mot ?
32:30Non, non, non,
32:30je disais juste
32:31que je suis assez d'accord
32:32avec celui-là.
32:33Je pensais que tu allais
32:33re-googler sur les modèles
32:35chinois.
32:37On va revenir sur
32:38le modèle chinois
32:38dans un instant,
32:39mais je voulais juste
32:40terminer avec le chapitre
32:41Microsoft Open.AI.
32:42c'est Open.AI,
32:43vous avez vu,
32:44qui débauche,
32:44Sam Alpine,
32:45qui débauche
32:45le patron de Open Cloud.
32:47On a parlé de Open Cloud
32:49il y a quelques jours
32:50parce qu'ils avaient sorti
32:51ce réseau social
32:52mais d'agents robotiques
32:54qui s'appelait
32:55Mood de...
32:56Cloudbot ?
32:57Cloudbot.
32:58mais il a été
32:58dans les plusieurs fois.
32:59C'est un truc,
33:01en fait,
33:01en décembre 2025,
33:03il y a la première version.
33:04À ce moment-là,
33:04il y a deux contributeurs
33:05et deux likes.
33:06En février,
33:07ça devient un phénomène viral.
33:08C'est-à-dire qu'on voit
33:08que ça saute
33:09dans le moteur de recherche
33:10de 20 contributeurs.
33:12Et le 14 février,
33:13donc le début février,
33:14ça devient phénomène viral,
33:15le 14 février,
33:16il annonce
33:17qu'il rejoint
33:18Open.AI.
33:19Donc ça,
33:19on peut dire
33:20ce qu'on veut des Américains,
33:20il faut leur reconnaître
33:21quand même une qualité,
33:22c'est que quand il y a
33:23un truc qui marche,
33:24ils vont très vite.
33:24Moi, je ne sais pas,
33:25je n'ai pas vu ça
33:26dans l'environnement français.
33:28On a un truc qui sort
33:29et puis 15 jours après,
33:30tu as une boîte
33:31qui est chez moi.
33:31Je crois que sa fondation
33:32Open Cloud,
33:32elle continue.
33:33C'est lui qui est venu,
33:35c'est lui
33:36une tutu personée
33:37qui vient avant.
33:38C'est un projet
33:38Open Source,
33:39Open Cloud.
33:40Il y a plusieurs contributeurs,
33:42il est effectivement
33:42allé chez eux,
33:43qui étaient d'ailleurs
33:44plutôt basés sur cloud
33:45comme il y a
33:46qu'Open.AI.
33:47Mais ce n'est pas
33:48parce que c'est rapide
33:48que ça marche.
33:50Et aujourd'hui,
33:51Open Cloud,
33:52il y a quand même
33:53beaucoup de...
33:54Enfin,
33:55tous les experts
33:56de la cybersécurité
33:57sont en alerte
33:59et sont en...
33:59Oui, oui.
34:00Autour de ça,
34:00c'est de voir
34:02un type qui en deux mois
34:04sort de nulle part.
34:05D'accord.
34:05Mais c'est le champ du signe.
34:07Non, mais c'est le champ du signe.
34:09Tester vite,
34:10ça fait partie de la méthode.
34:11C'est-à-dire que,
34:12plus qu'il disait,
34:13les Américains
34:14trouveront toujours
34:14la bonne solution
34:15après avoir essayé
34:16toutes les mauvaises.
34:17Mais si tu essaies
34:17toutes les mauvaises rapidement,
34:18tu es le meilleur
34:19sur la bonne solution.
34:19C'est un peu ça leur méthode.
34:21Sauf que ça coûte cher d'abord.
34:23Et puis moi,
34:24je ne comprends pas
34:24la stratégie d'Open.AI.
34:25Open.AI était un acteur B2C,
34:27alors à un moment donné,
34:28il remonte sur le B2B.
34:29Claude de machin,
34:30c'est quoi ?
34:30C'est pour Madame Michu
34:32qui va faire son...
34:33On parlait de faillite tout à l'heure.
34:34Moi, je pense qu'ils ne diront pas
34:35en faillite,
34:35mais que peu à peu,
34:36leur modèle,
34:36ça va être un peu
34:37un modèle à la Mistral.
34:38Pour moi,
34:39ils vont être obligés
34:40d'aller par là,
34:40aller vers l'entreprise.
34:43Je trouve que le modèle de Mistral,
34:44il est quand même plus lisible
34:45que le modèle de l'Open.AI.
34:46Non, non,
34:46le modèle de Mistral,
34:47aujourd'hui,
34:47est très lisible.
34:48Mais Open.AI,
34:48je pense qu'ils vont aller
34:49vers ce modèle-là
34:50et essayer de les signer
34:51avec des grands industriels
34:52parce que sinon...
34:52Et je pense que le signal est là.
34:54C'est qu'en fait,
34:55Open.AI a recruté un garçon,
34:57Peter Thunberger,
34:59qui est réputé
35:00pour traduire des modèles
35:01en usage concret.
35:02Et ça,
35:03c'est une orientation aussi.
35:04Et pour moi,
35:04c'est un signal de recherche
35:05côté Open.AI,
35:06d'application business
35:08pour créer un business model
35:10qui n'existe pas encore complètement.
35:11Parce que justement,
35:12et ça,
35:12on arrive justement
35:13à ces IA chinoises
35:14et cette autre IA américaine,
35:16Gemini 3.1,
35:17que l'on compare maintenant
35:19au plus 4.6,
35:20qui reprend l'avantage.
35:21Alors,
35:22le tableau...
35:23C'est Vincent
35:23qui nous a envoyé le tableau.
35:24Alors, le tableau,
35:25on va vous le diffuser.
35:28Là,
35:28il est...
35:29Enfin,
35:30on voit bien,
35:30c'est le coût
35:31par million de tokens,
35:33etc.
35:33Il y a deux paramètres
35:34qui comptent.
35:34La performance,
35:35alors les benchmarks,
35:36on leur limite.
35:37C'est un benchmark
35:38de benchmark
35:39du modèle,
35:40c'est un axe.
35:40Et l'autre axe,
35:41c'est le coût
35:42par million de tokens.
35:43Évidemment,
35:44si on veut être le meilleur,
35:45il faut être sur la courbe
35:46où,
35:46à niveau de performance donnée,
35:47on est le moins cher.
35:48Et là,
35:49c'est Gemini
35:49qui a repris l'avantage
35:51avec une bonne avance.
35:53Les coûts précédents,
35:54ça faisait longtemps
35:54qu'on n'avait pas eu
35:55de décalage aussi fort.
35:57Ce qui est aussi intéressant...
35:58Là, on a un Gemini
35:58à la fois pour développeur,
35:59pour tout le monde.
36:01Parce que,
36:01tu vois,
36:01Claude,
36:01la version 4.6,
36:02elle est plutôt développeur.
36:04Oui,
36:04c'est plutôt développeur.
36:05Gemini,
36:05c'est plutôt
36:06l'IA de Google.
36:07Non,
36:08l'autre sujet
36:08qu'il faut regarder,
36:09c'est qu'ils réduisent
36:10le coût de 50%
36:11par rapport à Claude.
36:12Donc,
36:12pour moi,
36:13ça marque aussi le fait
36:13qu'on entre
36:14dans une guerre des prix
36:15où celui qui a le plus
36:16de cash sur Google
36:17va se dire,
36:18bon,
36:18maintenant,
36:19moi,
36:19pour être le gagnant du jeu,
36:21je vais commencer
36:21à mettre mes concurrents
36:23en difficulté
36:24en tirant le prix
36:25du modèle vers le bas.
36:26Ah oui,
36:26donc,
36:27il y a une stratégie financière.
36:28Oui,
36:28alors,
36:28c'est vrai qu'il y a
36:29deux stratégies
36:30très différentes.
36:30C'est qu'Anthropic
36:32mise sur la performance
36:33du modèle
36:34at all cost,
36:35là où Gemini,
36:37effectivement,
36:37cherche à avoir
36:39ce compromis
36:41performance du modèle
36:42coût
36:42qui est probablement
36:46la meilleure.
36:47Oui,
36:47c'est tout ça.
36:47Après,
36:483.1,
36:49je ne sais pas
36:50si ça apporte
36:51un saut disruptif.
36:52Objectivement,
36:52oui,
36:53on a d'ailleurs l'impression,
36:55je ne sais pas si c'est vrai,
36:56mais on a l'impression
36:56qu'ils ont fait un 3.1
36:58dans le seul et unique but
36:59d'augmenter le score
37:00sur certains benchmarks,
37:02notamment le SWE Bench
37:03qui est assez utilisé
37:04parce que c'est le benchmark
37:05pour les processus agentiques.
37:07Ça,
37:07quand on est entreprise,
37:09on fait très attention
37:10à ça,
37:10c'est benchmark.
37:11Benchmark,
37:12c'est l'élément
37:13avec des limites.
37:14Oui,
37:15avec des limites,
37:15parce que c'est toujours possible,
37:16effectivement,
37:16et d'ailleurs,
37:18Meta a avoué
37:19qu'il l'avait fait.
37:22Si vous êtes noté
37:23sur un QCM,
37:24c'est toujours le même QCM
37:25qu'il est utilisé,
37:26c'est assez facile
37:27d'être meilleur,
37:27vous apprenez les réponses
37:28par cœur.
37:28Donc,
37:29il y a toujours le risque
37:29que les modèles jouent
37:31le benchmark
37:32et en pratique,
37:33ce n'est pas le benchmark
37:34qu'on a besoin,
37:34c'est qu'ils nous résolvent
37:35des problèmes industriels à nous.
37:36Après,
37:37effectivement,
37:38si on fait bien son boulot,
37:39les premiers modèles,
37:40je crois que c'est les modèles
37:43OpenAI O1,
37:44ils coûtaient 26 fois plus cher
37:46par million de tokens
37:48que Cloud
37:48et donc 100 fois plus cher
37:50que,
37:50non,
37:5150 fois plus cher
37:52que Gemini.
37:53Donc là,
37:54ce que vous allez faire,
37:54vous allez faire un peu
37:55de l'AI Ops,
37:56vous allez optimiser
37:57et donc là,
37:58vous avez intérêt à regarder
37:59les modèles
37:59qui vous permettent
38:00de baisser vos coûts.
38:01Après,
38:04Emmanuel,
38:04Eric,
38:05en fait,
38:05ce qui est sympa
38:06avec les benchmarks quand même,
38:07c'est que c'est des benchmarks
38:08qui zoomen sur certaines capacités.
38:10On a donc le SwayBench,
38:11c'est Agentique,
38:12le GDPVAL,
38:13c'est les tâches complexes
38:15dans une situation réelle
38:16en entreprise,
38:17le METR,
38:17c'est pendant combien de temps
38:18une IA arrive à bosser
38:19toute seule
38:20en ayant un score intéressant
38:21et on n'est plus dans la situation
38:24où on n'avait que ImageNet
38:25qui était le premier benchmark
38:27sur les images
38:28et qui a permis
38:29de faire beaucoup évoluer
38:30le savoir-faire,
38:31même s'il avait un peu ses limites,
38:32c'était des images
38:33avec un seul sujet
38:34et puis un fond assez light
38:37et bon,
38:37etc.
38:39Là, c'était plus ce test
38:40de performance un peu plus pure.
38:42Là, c'est de la performance
38:42mais quand même ciblée
38:43sur certaines tâches,
38:45la rédaction de code,
38:46des choses comme ça
38:46et je trouve que ça fait
38:47quand même beaucoup avancer
38:48les choses
38:49et c'est difficile
38:50d'avoir un modèle
38:50qui performe,
38:52si on voulait vraiment
38:52avoir la stratégie
38:53d'optimisation de benchmarks,
38:54c'est difficile d'avoir
38:55un modèle qui performe
38:56sur tous les benchmarks
38:57puisqu'ils sont assez différents.
38:58C'est exactement ça,
38:59il y a une accélération
39:00des versions,
39:01il y a une démultiplication
39:02des benchmarks
39:04et une vraie question
39:05sur la transparence
39:05des coûts
39:06et du coût complet
39:07d'utilisation de l'IA,
39:08d'où l'enjeu d'orchestration
39:10mais cette transparence-là,
39:11elle n'est pas au rendez-vous
39:12aujourd'hui.
39:13Il y a le prix du token
39:14effectivement que tu as cité,
39:15il y a aussi la dette
39:16de workflow,
39:16effectivement ce que tu disais,
39:17le fait que je lance
39:18un workflow,
39:19quel est le niveau
39:20de supervision
39:20qu'il faut que je mette autour
39:21et qui va rajouter
39:22un coût dans les toits.
39:23Et ça, je trouve qu'effectivement
39:24la position des DSI aujourd'hui
39:25est compliquée
39:26parce que si tu écoutes
39:27le premier benchmark venu,
39:29tu peux te dire
39:29mais attends,
39:29je remets en cause
39:30ma stratégie.
39:31Après le niveau d'intégration,
39:31tout le point d'orchestration
39:33et de ce savoir-faire
39:34d'orchestration
39:34qui me paraît essentiel aujourd'hui.
39:36Surtout que là,
39:37on pensait qu'on regardait
39:38les tchats GPT,
39:38Gemini et Clodopus
39:40et là, tout d'un coup,
39:40qu'est-ce qu'on voit arriver ?
39:42Zipu, AI, GLM5,
39:44Minimax, M2.5,
39:45je ne sais plus
39:45qui l'avait noté,
39:46c'est moi qui l'ai dit
39:47c'est chinois.
39:48Mais oui,
39:49mais ça c'est un peu,
39:50je pense que c'est une...
39:51Donc c'est des IA,
39:52des modèles open source chinois.
39:54Modèles open source chinois,
39:55voilà,
39:55mais c'est un peu
39:56notre tropisme d'Occidentaux
39:59où on regarde beaucoup
39:59ce qui se passe aux Etats-Unis
40:00et on a du mal
40:01à regarder ce qui se passe en Chine
40:02et effectivement,
40:02il y a deux modèles
40:03qui sont sortis là
40:04en début d'année
40:05et qui sont,
40:05alors je regarde mes notes,
40:0777% sur Swebench,
40:09Swebench,
40:10c'est le modèle agentique,
40:11là où un Claude 4.5,
40:13alors ce n'est pas le 4.6
40:14parce que je n'ai pas encore
40:15dans le leaderboard Swebench,
40:17le 4.5 au puce,
40:18il est à 76,8.
40:21Donc on revient,
40:22avec tout ce qu'on a dit
40:23tout à l'heure,
40:23les benchmarks,
40:24ce n'est pas la panacée,
40:26etc.
40:27Mais on a un modèle
40:27qui est entraîné
40:29sur des puces Huawei,
40:31donc qui est complètement
40:32indépendant de Nvidia,
40:34qui est open source
40:36et qui fait aussi bien
40:37que Claude au puce 4.5.
40:39Donc là,
40:40ça rebat un peu les cartes
40:42autour de toute cette...
40:43cette économie de l'IA.
40:46Et ça pose la question
40:47de la souveraineté.
40:51Moi, j'attends
40:52les 40 milliards en France
40:54pour construire
40:55une belle usine de ces 40...
40:57Enfin, je sais pas,
40:58on avait calculé ça
40:58l'autre jour,
40:59c'est à peu près 40 milliards
41:00et nous faudrait
41:00pour avoir notre usine de...
41:02Mais par contre,
41:03on va la construire assez vite
41:04parce que quand je vois
41:04la vitesse à laquelle
41:05on construit des data centers
41:06en France,
41:07il faut un peu s'accrocher.
41:09Les deux sujets,
41:09il y a l'usine
41:10pour faire tourner
41:11et puis il y a une étude
41:12qui est sortie récemment
41:13qui montre qu'en fait
41:15la façon dont les modèles
41:16parlent français,
41:18c'est en gros
41:19une mauvaise traduction
41:20de l'anglais.
41:21Et donc en fait,
41:21on est en train de...
41:23Je vais pas trouver
41:24un terme poli,
41:24mais on est en train
41:25de fortement dégrader
41:26en fait la qualité
41:27du moyen du français
41:28parce qu'il y a une part
41:29de plus en plus croissante
41:30de choses faites
41:31par ces modèles
41:32qui sont un français
41:33avec, vous savez,
41:34notamment des tirets
41:35semi-cadratins
41:36qu'on n'utilise jamais
41:36et quand un texte
41:38est généré par l'IA,
41:38vous voyez ça,
41:39il y a des tournures
41:40qu'on ne retrouve nulle part.
41:41Donc la souveraineté,
41:42c'est aussi ne pas avoir
41:44notre langue
41:45qui devient une version dégradée
41:46de l'anglais
41:47par le fait
41:48qu'on utilise
41:48des modèles étrangers.
41:49Et d'ailleurs,
41:49quand tu le promptes
41:50parfois en français,
41:51tu vois la phrase
41:51en anglais,
41:53le prompt en anglais
41:54s'afficher
41:55et puis hop,
41:55ça repart dans la recherche.
41:57C'est vrai que c'est...
41:57Emmanuel Macron l'avait dit
41:58d'ailleurs au sommet
41:59il y a un an
42:00à l'EA Action Summit,
42:01parmi les risques
42:02qu'il avait identifiés,
42:03il y avait celui des biais,
42:04enfin des biais globalement,
42:06il dit,
42:06puis de la langue française
42:07qui peut se perdre
42:08autour de tout ça.
42:09Sujet,
42:10je crois que c'était,
42:10Eric,
42:11les entreprises de plus en plus
42:12sensibles aux risques
42:13réputationnels.
42:14C'est toi qui l'avais remonté ?
42:14Oui, c'est ça.
42:15C'est qu'en fait,
42:15on a vu que l'IA,
42:16c'est un sujet technique,
42:17mais c'est aussi
42:18un sujet social
42:19et c'est aussi
42:19un sujet juridique.
42:20Et il y a,
42:22on l'avait vu,
42:23déjà l'an dernier,
42:24en février,
42:25le tribunal de Nanterre
42:26qui sanctionnait
42:27une entreprise
42:27parce qu'elle n'avait pas
42:28consulté le CSE,
42:29le tribunal de Créteil
42:30qui l'a fait en juillet dernier
42:31en considérant que ça avait
42:32un impact sur les conditions
42:33de travail.
42:34Et là,
42:34ce qui est intéressant,
42:35c'est que tous ces exemples-là
42:36étaient plutôt dans un périmètre
42:38européen et RGPD.
42:39Et là,
42:40pour la première fois,
42:40on a Eightfold AI
42:41qui est une solution
42:43de recrutement
42:44automatisé par l'IA
42:45et donc de sélection
42:46avec des critères
42:47comme ça
42:47qui disent tout de suite
42:48est-ce que Frédéric correspond
42:49ou ne correspond pas ?
42:50Mais en fait,
42:51ils ont été sanctionnés.
42:52Pourquoi ?
42:52Parce qu'ils faisaient
42:54une évaluation
42:55qui était non transparente,
42:58non opposable
42:58et qui,
43:00quelque part,
43:01était contre
43:01un des actes américains
43:04qui s'appelle
43:04le Fair Credit Reporting Act
43:06sur la donnée personnelle.
43:07Et là,
43:07il y a un vrai risque
43:08pour les entreprises.
43:08Et là,
43:09il y a un vrai risque
43:09sur les entreprises
43:10sur,
43:11d'un côté,
43:12l'utilisation massive
43:13des différents modèles
43:14qui peuvent apparaître
43:15souvent comme des boîtes noires
43:16qui sont encapsulés
43:17eux-mêmes
43:18dans des logiciels
43:19SAS,
43:19etc.,
43:20qu'on évoquait tout à l'heure
43:20sur lesquels
43:21l'entreprise n'a pas
43:22de visibilité.
43:23Tu parlais des biais,
43:24c'est vraiment l'enjeu
43:25qu'il y a derrière
43:25de se dire
43:26j'ai une boîte noire,
43:26je ne sais pas
43:27comment sont prises
43:28des décisions.
43:29Et donc,
43:29il y a une responsabilité
43:30sociétale et sociale
43:31de l'entreprise
43:32de se dire
43:32attention,
43:38lorsque je communique
43:40de façon transparente
43:41sur l'utilisation de l'IA,
43:42j'ai un effet bénéfique
43:43sur la marque.
43:44Ça,
43:45c'est un peu la fin aussi
43:46de l'IA magique
43:46parce que l'IA,
43:47c'est comme des collaborateurs,
43:48il faut quand même
43:49un peu surveiller
43:49ce que ça fait.
43:50Il y a peut-être
43:51cas très, très, très...
43:52Oui, parfois,
43:52ils s'en sortent
43:52merveilleusement bien,
43:53mais on s'ajoute
43:54dans les deux sens.
43:54Tu as cité effectivement
43:55le cas d'entreprises
43:56de recrutement
43:56qui ont été condamnées
43:57parce que leur IA
43:58faisait des choses
43:58qu'elles n'auraient pas dû faire,
43:59mais tu as aussi
43:59le cas des candidats
44:09et le meilleur.
44:10Donc maintenant,
44:10tu as les entreprises
44:11de recrutement
44:12qui recherchent ce genre de choses
44:13et qui disqualifient
44:14ces candidats.
44:14J'ai pas envie de parler de ça.
44:15Tu as l'entreprise
44:16Virgin Money Bank
44:17qui avait mis un chatbot
44:19qui filtrait
44:21tous les termes
44:22jugeant insultants,
44:23dont le mot Virgin.
44:24Et donc,
44:25tu as des clients
44:26qui expliquaient
44:27qu'ils avaient un problème
44:28sur leur compte
44:28et le chatbot leur disait
44:30non, c'est grossier,
44:31je ne réponds pas
44:31à cette question.
44:32Donc, tu as des sujets.
44:33En fait, l'IA
44:34ou le logiciel,
44:36ce n'est pas des choses magiques.
44:37Donc, ça s'encadre.
44:38La qualité, ça se vérifie.
44:40Et la tendance
44:40constituant à se dire
44:41on donne tout à un chatbot
44:42et on lui fait confiance,
44:43ça peut être dangereux.
44:44Le dernier cas,
44:45je trouve le plus marrant,
44:46c'est des personnes
44:46qui ont réussi
44:47à négocier
44:48avec un chatbot
44:49pour obtenir des discounts
44:50qui n'étaient pas frais
44:50par l'entreprise.
44:51Ils sont allés devant un tribunal.
44:52Le tribunal leur a donné raison.
44:54Donc, la technologie,
44:56ça se contrôle.
44:57Oui, après,
44:58c'est justement
44:59le petit truc
45:00de l'encre sympathique.
45:04Pour ceux qui nous écoutent,
45:05ne le faites pas
45:06parce que maintenant,
45:06les moteurs le détectent.
45:08Non, mais après,
45:09c'est bien beau de dire
45:11qu'il faut contrôler,
45:12mais ce n'est pas forcément facile.
45:14Il n'y a pas forcément
45:15tous les outils
45:16qui nous permettent de le faire.
45:17Ça nécessite du temps humain
45:18parce qu'on a des techniques
45:20justement de détection
45:22de type LLM à the judge,
45:25par exemple,
45:25où le principe,
45:26c'est que j'ai un LLM
45:27qui répond à la question
45:29qui m'est posée
45:29et puis après,
45:30j'en ai un deuxième
45:30qui va s'assurer
45:31que je n'ai pas
45:32des propos insultants
45:33ou que la réponse
45:34est adaptée
45:35ou est alignée
45:36et on parle
45:36de problème de désalignement
45:38ou que la réponse
45:39est alignée
45:39avec la demande.
45:40Mais ça ne marche pas
45:41si bien que ça.
45:42Ce n'est pas la panacée,
45:43ça demande beaucoup de temps
45:44et on revient
45:45dans ce qu'on disait
45:45un peu plus tôt
45:46sur l'économie de l'IA.
45:48C'est-à-dire que je pense
45:48qu'il faut mettre
45:49de l'énergie aujourd'hui
45:50et financer des startups
45:53dans tout ce qu'il y a
45:54autour des modèles
45:55et tout ce qui va faire
45:56en sorte que l'usage de l'IA
45:57va pouvoir être cadré correctement.
46:00Oui, avec un enjeu,
46:01une responsabilité,
46:02encore une fois,
46:02de l'entreprise,
46:03d'être transparent
46:04sur les usages
46:05et sur les limites.
46:06Ce qui reprochait
46:07à Hightfold
46:07et aux entreprises
46:08qui ont choisi la solution,
46:09c'est justement
46:09de ne pas se voir communiquer
46:10sur le sujet.
46:11Donc la question,
46:12ce n'est pas tellement
46:12seulement d'aller vite,
46:13mais c'est d'aller vite
46:14sans procès,
46:15sans suspension de projet
46:16et sans crise sociale.
46:18Mais je voudrais insister,
46:19c'est vraiment
46:19beaucoup plus courant
46:20qu'on ne le croit.
46:21Il y a un chercheur
46:21qui s'appelle Charlottin
46:22qui a fait une base de données
46:23de toutes les décisions juridiques
46:25dans lesquelles des avocats
46:26s'étaient fait allumer
46:27parce qu'ils avaient utilisé l'IA.
46:28Il y a 962 décisions.
46:30Il n'y en a que 6 en France,
46:32probablement parce qu'en France,
46:33il n'y a pas de base de données
46:35de tous les jugements
46:37de premier cours.
46:39En France, tu fais une loi
46:39et tu l'appliques,
46:41alors qu'aux Etats-Unis,
46:41tu ne fais pas beaucoup de lois
46:42et tu laisses les juges
46:44juger des situations.
46:46C'est ça qui fait...
46:46Non, mais au-delà de ça,
46:47il y a une tendance générale
46:49on le voit sur les chatbots
46:51à mettre des technologies
46:53qui sont insuffisamment matures,
46:55insuffisamment éprouvées
46:56et le retour de Manivelle
46:58que tu cites,
46:59on le voit dans tous les domaines
47:00et à mon avis,
47:01on n'en est qu'au début.
47:03Dernier sujet,
47:03l'illusion du gain de temps,
47:05la face cachée de l'IA
47:05en entreprise.
47:06L'IA ne réduit pas le travail,
47:07il l'intensifie.
47:08C'est toi qui avais...
47:09Oui, je trouvais ça intéressant.
47:10Il y a plusieurs études
47:11qui le montrent aujourd'hui.
47:12Il y a effectivement
47:13une étude de Harvard Business Review
47:15qui dit quoi ?
47:15Qui dit que le déploiement de l'IA,
47:18là où on nous annonce
47:18des gains de productivité
47:19qui sont énormes
47:20et on nous dit
47:20je vais gagner une heure par jour,
47:25pas tant que ça aujourd'hui.
47:26Un, parce qu'il y a
47:27un élargissement du périmètre
47:29de mon travail,
47:30c'est ce que tu disais,
47:30tu passes les week-ends maintenant
47:32à faire du vibe coding
47:33et à faire des choses...
47:34Lui c'est normal,
47:35lui c'est normal.
47:36C'est sa passion.
47:38Mais derrière,
47:38c'est effectivement,
47:39finalement,
47:40ce qui a été fait
47:40par quelqu'un d'autre,
47:41je vais le faire aujourd'hui
47:42parce que l'IA
47:43me permet de le faire.
47:44C'est la première chose.
47:44La deuxième chose,
47:45c'est la disparition...
47:46Je vais aller plus vite
47:47à le faire moi-même.
47:48Oui, à le faire moi-même
47:49ou je vais me dire
47:49tiens, je vais regarder
47:50et puis du coup,
47:50je passe un peu plus
47:51de temps dessus.
47:52La deuxième chose,
47:52c'est la disparition
47:53des pauses naturelles
47:54et la troisième chose
47:56que je trouve vraiment intéressant,
47:57c'est le côté multitâche
47:59se démultiplie.
48:00Pourquoi ?
48:01Je lance un prompt,
48:02recherche approfondie d'un côté,
48:03je fais ma réunion,
48:05j'interagis avec quelqu'un d'autre,
48:06je supervise ce que fait l'IA derrière
48:08et donc on voit
48:09qu'il y a une massification
48:10et une intensification du travail
48:12qui pose des vraies questions
48:13de qualité de vie,
48:14du travail,
48:15des vraies questions
48:15de risques psychosociaux
48:16et d'équilibre,
48:17de redéfinition des rôles.
48:19Et si on applique l'IA
48:20sans se reposer la question
48:21du processus et de l'organisation.
48:22Oui, bien sûr.
48:24Exactement, l'IA nous met de pression
48:25et moi je trouve ça fabuleux
48:26parce que c'est l'occasion
48:27de se reposer la question
48:29de ce qu'on appelle
48:29la dignité du travail.
48:31La dignité du travail,
48:32est-ce que c'est une réalité ou pas ?
48:34Est-ce qu'on considère
48:34qu'il faut rechercher
48:36cette dignité au travail ?
48:37Et tous ces risques
48:38que tu évoques,
48:40ce ne sont pas des risques nouveaux,
48:41c'est des risques qu'on voit,
48:42qu'on avait déjà dès lors
48:43qu'on a mis des écrans
48:44dans les mains des enfants,
48:46même dans les mains
48:47de nos collaborateurs.
48:48Il y a ce risque
48:51d'asservissement
48:52face à un monde
48:52qui est tout quantifié.
48:54C'est-à-dire que
48:55comme on est dans la recherche
48:56de productivité,
48:57il faut que tout est quantifié.
48:58Et donc ça, ça génère
48:59d'abord une fatigue,
49:01une optimisation des choses
49:02et ça limite notre capacité
49:03à gérer l'imprévu.
49:04C'est-à-dire que comme on est
49:05tout quantifié
49:06et qu'on essaie de modéliser
49:07toutes les situations
49:08qui vont se passer,
49:09en fait on n'est plus formé
49:10à gérer l'imprévu
49:10alors que c'est quand même ça
49:11qui fait qu'on est des êtres humains
49:13et qu'on met en marche
49:14notre intelligence.
49:16On a les risques d'enfermement
49:18parce que comme on a des outils
49:19qui aujourd'hui nous disent
49:19toujours ce qui nous plaît
49:21ou des choses comme ça,
49:21on s'enferme
49:22dans une culture unique.
49:28On se sent inutile
49:30parce qu'en fait
49:30on est juste à cliquer
49:31sur un bouton
49:32pour faire
49:33tout ce que nous dit
49:35notre intelligence.
49:36Et enfin,
49:37ce risque de dépréciation
49:38des compétences aussi
49:39parce que finalement
49:40à force de cliquer
49:41sur des boutons,
49:44en fait on n'arrive pas
49:45à gérer notre truc.
49:46Ce qui nous manque
49:47c'est du temps
49:48et de la contemplation,
49:49c'est de la tranquillité
49:50et de la contemplation.
49:51Mais non mais je regrette
49:51mais il voulait arrêter le...
49:54Et donc pour ça
49:54il faut changer de KPI
49:55parce que tant qu'on aura
49:56un KPI sur la productivité
49:57en fait on ne pourra pas
49:58remettre la contemplation
49:59au cœur de nos vies.
50:00C'est vrai mais tu as quand même
50:01trois changements.
50:02Un effectivement
50:02un changement de responsabilité
50:04c'est-à-dire que la personne
50:04qui est exécutant
50:06devient manager de robot
50:07donc il a le stress du manager
50:08alors qu'il n'y a pas forcément
50:10été préparé,
50:11il n'est pas forcément
50:11compensé pour ça.
50:13Deuxième point,
50:13il peut y avoir des attentes irréalistes
50:14c'est-à-dire qu'entre ce que le chef
50:17a entendu de ce que fait l'IA
50:18et ce que vous délivrez
50:19on voit qu'il y a un écart
50:20et donc celui qui est pris
50:21entre les deux
50:22c'est celui qui est face à la réunion.
50:22Quand tu dis juste
50:23que tu as fait un résumé
50:23de la réunion
50:24tu regardes et tu dis
50:25ah oui d'accord
50:25enfin bon
50:26un stagiaire il fait la même chose.
50:27Et puis il y a des incertitudes
50:28et des risques
50:29on a dit
50:29il y a des risques cyber
50:30des risques de qualité
50:31des risques de stabilité
50:32donc effectivement
50:32toute nouvelle technologie
50:34a introduit de l'incertitude
50:35et soit
50:36il y a un management
50:37qui tient compte de tout ça
50:39qui donne un peu de marge
50:40pour essayer
50:41un peu de
50:41un peu de
50:42de tolérance face aux risques
50:44et là c'est acceptable
50:44soit on garde des cadres
50:46très très stricts
50:47qui sont
50:48ceux qui sont adaptés
50:49à des choses très très matures
50:50et complètement scriptées
50:51et là on met un stress de fou
50:52sur les salariés.
50:53Et c'est vraiment l'évolution
50:54je suis complètement d'accord
50:55avec tous les deux là
50:56c'est
50:57j'ai une hyper automatisation
50:58d'un côté
50:59et une hyper humanisation
51:01de l'autre
51:01et plus je déploie de l'IA
51:03plus il faut que j'investisse
51:05et que les hommes
51:06et les femmes de l'entreprise
51:07se déplacent
51:08vers des métiers
51:09humainement
51:09de plus en plus exigeants
51:10or le leadership
51:12et c'est ce que tu viens d'évoquer là
51:13et quand tu parles de productivité
51:14jusque là
51:15a pas été bâti là-dessus
51:16a été bâti sur
51:17je manager
51:19c'est faire faire
51:21or là
51:21ça ouvre un champ
51:22côté leadership
51:23dans l'entreprise
51:23qui est vraiment passionnant
51:25et sur lequel
51:26les entreprises
51:26commencent tout juste
51:27à se poser des questions
51:28là où il y a un risque social
51:30assez fort
51:31mais tant que tu ne changes pas
51:31le KPI
51:32le KPI qui est de
51:33combien tu produis de ça
51:35tant que tu ne changes pas ça
51:35tu ne pourras pas
51:37changer de manière drastique
51:39le fonctionnement
51:39de nos entreprises
51:40et bien merci d'avoir expliqué tout ça
51:41merci à toi encore
51:42infiniment à tous les trois
51:43d'avoir joué le jeu
51:44de ce débris
51:45Vincent Champin
51:45président de l'Observatoire
51:46du long terme
51:47patron digital
51:47chez Framatome
51:48membre du Comex
51:49Eric Campagnini
51:50associé chez Alexi Group
51:51et Emmanuel Vignon
51:52président de Theodo Data IA
51:54voilà on a fait ce petit tour
51:55à la salon d'un culture
51:57nous voici en plateau
51:58et la semaine prochaine
51:58on se retrouve à Barcelone
51:59à l'occasion du MWC
52:01Barcelone
52:02voilà beaucoup de choses
52:02à raconter
52:03dans l'IA aussi
52:04dans les télécoms
52:05dans la cyber
52:05on parlera de tous ces sujets
52:07ce sera la semaine prochaine
52:08à Barcelone
52:08ici la excellente semaine
52:09sur BFM Business
52:12et Canco Business
52:13sur BFM Business
52:15Sous-titrage Société Radio-Canada
52:17Sous-titrage Société Radio-Canada
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