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  • il y a 6 minutes
Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique des magasins E. Leclerc, était l'invité de Marc Fauvelle ce mardi 19 mai 2026.

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Transcription
00:00On va parler maintenant des conséquences économiques, elles sont très nombreuses de cette guerre au Moyen-Orient avec Michel-Edouard
00:05Leclerc qui va nous rejoindre à présent.
00:07Il est président du comité stratégique des magasins Leclerc, le numéro 1 français de la grande distribution, 700 magasins, 140
00:15000 salariés et l'homme qui lutte depuis des années contre la vie chère.
00:20On va parler bien sûr des carburants, on va parler des français. Sont-ils en train de se mettre en
00:24mode crise à la caisse de ces supermarchés ?
00:26Les prix vont-ils monter de combien ? Bonsoir Michel-Edouard Leclerc.
00:30Bonsoir Marc, ça va ?
00:31Très bien, très bien.
00:33C'est très sinistre quand on voit des missiles partout. Notre général est imperturbable.
00:41C'est moins sinistre, on vous a mis des stations essence, on va parler des carburants.
00:46Je voudrais d'abord vous faire entendre ce que dit Sébastien Lecornu, le Premier ministre aujourd'hui à l'Assemblée,
00:50sur ce qu'on vit en ce moment.
00:52Est-ce que c'est un choc pétrolier, une crise économique ? Est-ce que ça va durer ou pas
00:55?
00:55Le Premier ministre donne le ton.
00:59Malheureusement, cette géopolitique s'est installée dans le réservoir des Françaises et des Français.
01:04Et malheureusement, nous le voyons, sous une forme ou sous une autre, cela va durer.
01:10Il ne faut pas mentir aux Françaises et aux Français.
01:12Les guerres hybrides ou malheureusement les guerres plus directes vont se multiplier.
01:16Et donc évidemment, nous payons cash nos dépendances en la matière.
01:20Vous l'avez dit vous-même, à chaque crise, ce sont toujours les mêmes qui paient.
01:24C'est vrai.
01:25Il ne faut pas mentir aux Français, la crise va durer.
01:28Vous êtes d'accord ?
01:29Oui, je suis d'accord sur trois points.
01:31Enfin, les trois principaux points qu'a évoqués M. Lecornu.
01:35D'abord, ça va durer.
01:37En tout cas, on ne sait pas combien de temps ça va durer.
01:40Et donc, le principe d'incertitude, déjà, crée un sujet inflationniste.
01:46Le deuxième, c'est que c'est toujours le consommateur qui paye.
01:51Et donc, ça mérite que tout le monde en fasse une priorité.
01:55Le consommateur, le salarié, le retraité, c'est toujours les gens qui ne sont pas acteurs qui subissent ça.
02:01Donc, ça mérite qu'on se retourne, qu'on soit aussi en mode combat contre l'inflation.
02:07Et puis, je trouve que, finalement, ils ne gèrent pas trop mal le rapport à la finance publique.
02:13Parce qu'au fond, tout le monde voulait passer à la caisse.
02:15Tout le monde lui demande d'ouvrir le robinet en baissant la fiscalité ou en gelant les prix des carburants.
02:21Ça, ce n'est pas votre tasse de thé ?
02:22Je pense que, si, il faut aider les gens qui en ont besoin.
02:27Les transporteurs, on appelle les gros rouleurs pour les carburants.
02:30Puis demain, il y a aussi des gens qui n'ont pas beaucoup de moyens pour vivre.
02:35Donc, il faut les aider.
02:36Sur le plan social.
02:37Vous trouvez ce qui est fait aujourd'hui ?
02:39Je ne dis pas ça.
02:41Je dis que cette programmation de l'aide est à la fois concrète, réaliste.
02:49Parce qu'on n'a pas des moyens à profusion.
02:52Et donc, le ciblage de sa politique me paraît sain.
02:56Le principe, on peut discuter après de qui il doit avoir.
02:59Je ne sais pas si les taxis sont aidés ou pas, ou pas encore.
03:02Les aides-soignantes, pour l'instant, les aides à domicile ne le sont pas.
03:05Ils vont l'être.
03:07On voit que…
03:08Sur la philosophie générale, quand vous entendez, par exemple, Roland Lescure, le ministre de l'économie, dire « je ne
03:14suis pas là pour aider tout le monde », il n'y aura pas de chèque pour tous les Français.
03:17Vous savez, vous êtes sur la même ligne que lui ?
03:19En tout cas, il a raison de le dire.
03:21Parce que si on lâche les vannes, tous les spéculateurs…
03:25Enfin, vous avez vu les taux de profit qui sont annoncés par les entreprises qui sont de la pétrochimie, pétrole,
03:32vous allez sur chat GPT, vous allez vous regarder, même sur d'autres secteurs des biens de grande consommation.
03:37Au premier trimestre, il y a quand même beaucoup de gens qui se sont mis de l'argent, qui ont
03:42fait de l'argent.
03:43Et donc, si vous lâchez les vannes en aval et qu'on dit « on va répercuter tout ça »,
03:48vous pouvez y aller, c'est foutu.
03:50Si, par exemple, on baisse la TVA sur le carburant, vous considérez que le lendemain ou le surlendemain, les pétroliers,
03:57la grande distribution, vont reprendre une partie dans sa poche ?
04:01Si vous enlevez le couvercle, la vapeur va monter.
04:05Et donc, je trouve qu'aujourd'hui, le principe politique de gérer dans le temps, avec une économie de moyens,
04:13un ciblage, est un bon principe.
04:15Vous avez dit il y a quelques jours, vous le dites presque de la même façon ce soir, il y
04:18a beaucoup de gens qui font du fric pendant la guerre.
04:20Qui fait du fric ?
04:23Regardez, alors, si on fait le focus sur les cartes que vous avez présentées, qui étaient derrière le général Podemos,
04:29là, on voit toute cette zone, même si elle est en conflit, ça fait monter le prix du pétrole.
04:35La raréfaction des denrées crée une revalorisation de leur prix, donc ceux qui y ont, ils s'enrichissent.
04:43Et toute la chaîne, après, va revendiquer une augmentation de ses coûts.
04:48Enfin, toutes les entrepreneurs envisagent aujourd'hui une augmentation des coûts de transport.
04:53Ce n'est pas la même chose.
04:54Dire qu'il y a des gens qui font du fric, c'est dire qu'il y a des profiteurs
04:57de guerre.
04:57Non, mais ça, vous en avez parlé plus.
04:59Est-ce qu'il y en a pour vous ?
04:59Non, vous voyez, quand vous dites profiteur de guerre, vous limitez le propos.
05:04La guerre cause l'enrichissement de gens.
05:08Et en fait, et d'ailleurs, Trump lui-même amène autour de lui des oligarques, des gens.
05:15Il gagne lui-même et de sa famille beaucoup d'argent.
05:18Mais est-ce que, par exemple, vous considérez...
05:20Non, mais vous rendez compte, attendez, juste pour expliquer, trois points comme ça.
05:24Le Venezuela, on nous a dit que c'était pour la cocaïne,
05:27que le président du Venezuela était un burglard, c'était un bandit.
05:33On l'enlève.
05:34Mais la phrase d'après, c'est j'invite les compagnies pétrolières à venir forer au Venezuela.
05:38D'accord ?
05:38Et puis, Tintin, pour le Cuba, tu n'auras pas le pétrole pas cher.
05:41Donc, business.
05:44Détroit d'Hormuz, je viens faire la police du Détroit d'Hormuz.
05:47Ce n'est pas pour libérer le peuple iranien.
05:49Et il a même dit, à un moment donné, que c'est lui qui allait taxer les droits d'Hormuz.
05:53Rappelez-vous que, pour Panama, on le prend pour un dingue.
05:57Il a une drôle de manière de s'exprimer.
05:59Mais BlackRock, fond américain, est allé racheter le chinois qui gérait les flux du canal de Panama.
06:05Et quand il parle du Groenland, c'est pour les terres rares.
06:08Mais pardon, quand vous dites, pardon, il y a des gens qui font du fric, vous ne parlez pas de
06:14Donald Trump.
06:14Non, je parle de tous les gens.
06:15Une grande entreprise française ou européenne ou mondiale qui gagne de l'argent à cause ou grâce à la guerre.
06:22Je prends l'exemple de Total.
06:23Est-ce que vous êtes tombé de votre chaise quand vous avez vu les profits faramineux de plusieurs milliards d
06:29'euros,
06:29de Total au premier trimestre, qui sont dus en partie au fait que Total fait ce qu'il fait d
06:34'ailleurs depuis des années,
06:34c'est-à-dire qu'il mise en bourse sur le pétrole, puis quand le pétrole monte, il gagne de
06:37l'argent.
06:38Est-ce que ça vous scandalise ?
06:39Ou est-ce que vous dites, tant mieux, c'est une grande entreprise française qui fait des milliards et qui
06:43donc va payer un peu plus d'impôts ?
06:44Non mais je dis chapeau l'artiste pour M. Pouyanné qui a réussi à piquer 70 bateaux avant la fermeture
06:53d'Ormuse
06:53et donc il a fait un bingo là-dessus et pour ses actionnaires et même ses salariés.
06:57N'oubliez pas que les salariés sont des gros actionnaires de Total.
07:01C'est presque 6% du capital de Total, l'épargne des salariés.
07:04Et donc il a fait un bingo. Après, c'est immoral, c'est sûr.
07:10J'adorais ce professeur de philosophie, Consponville, qui disait « le capitalisme est-il moral ? »
07:16et il concluait que c'était amoral, que les affaires c'était amoral.
07:19Là, c'est immoral.
07:20C'est immoral ou c'est, comme vous l'avez dit, Total est dans une forme d'illégalité ?
07:24Ça, c'est autre chose. On ne parle pas du même sujet, on parle de la...
07:28Qu'est-ce que Total fait d'illégal ?
07:31Là, on mélange un peu les choses.
07:33On parle de ce qui se passe autour de la guerre.
07:35Je ne parle pas des conséquences sur la distribution, etc.
07:40Regardez même, plus près de nous.
07:41Est-ce que vous entendez, contre la guerre, vraiment, la Norvège, l'Angleterre,
07:48tous les pays qui exploitent le pétrole et le gaz d'Europe du Nord ?
07:51Vous les entendez vraiment ?
07:53Moi, je lis les journaux internationaux.
07:55Je n'entends pas tellement...
07:57Nous, Français, on dit qu'on a des valeurs.
08:00Alors, on regarde de manière idéale le monde.
08:03Mais même en Europe, il y a des pays, aujourd'hui, qui sont en train de s'enrichir.
08:07Les fonds norvégiens, aujourd'hui, ils se font des machins en or.
08:11Vous voyez, je parle mal, mais...
08:12Quand vous dites, il y a des profiteurs, vous n'aimez pas l'expression,
08:16des pays en profitent aujourd'hui.
08:17Des pays en profitent, des très grosses sociétés.
08:19Des grosses entreprises en profitent.
08:20Des fonds, parmi lesquels, peut-être, votre banquier qui place votre épargne.
08:25Il n'y a que, sur le marché du gasoil à Londres et du pétrole,
08:31il n'y a que 10% d'utilisateurs qui achètent et qui revendent du pétrole.
08:35Tout le reste, c'est de la spéculation.
08:37Ce sont des financiers qui, avec l'aide d'algorithmes,
08:42on ne parle même pas d'intelligence artificielle,
08:44achètent à la baisse, à la hausse et font du fric
08:48avec des liquidités monétaires qui sont peut-être les nôtres, d'ailleurs.
08:51C'est un paradoxe.
08:52Donc, on est dans un monde qu'il faut arrêter de voir idéal.
08:55C'est un monde de rapports de force dans lequel la finance,
08:58aujourd'hui, s'autorise de se mettre derrière des États,
09:01voire pilote des États, pour entretenir une guerre,
09:04dont, je répète, vous n'entendez plus qu'on dise
09:07que c'est pour libérer le bon peuple iranien.
09:10– Je reviens, Michel.
09:11– Je ne suis pas cynique quand je dis ça.
09:12– Non, non, non, j'entends que vous dites que c'est immoral,
09:15mais on vit dans ce monde-là, on peut le regretter,
09:17on ne peut pas le regretter, mais en tout cas, c'est un état de fait.
09:20Je reviens à ce qui se passe à la pompe.
09:22– Ah oui, ce n'est pas pareil.
09:23– Non, je reviens dans le quotidien, sans doute.
09:26– C'est de la concurrence, c'est de la guerre.
09:27– Oui, mais c'est la même chose.
09:28– Non, non, non, non, non, non.
09:29– La consommation des Français en carburant,
09:31elle chute de manière spectaculaire.
09:33Depuis le début du mois, on est à moins 30%.
09:36– Ce qui montre que les consommateurs sont intelligents.
09:37– Est-ce que c'est là aussi chez vous ?
09:38Est-ce que vous constatez que les Français
09:40ne font plus le plein jusqu'au bout ?
09:43Multiplient les petits pleins, parce qu'ils n'arrivent pas
09:44tout simplement à payer un plein à 50, 60 ou 70 euros ?
09:48– Oui, il y a une conséquence pour les Français,
09:51qui d'ailleurs valide aussi un propos de M. Lecornu
09:54et de Lescure, de Roland Lescure,
09:57qui dit qu'il faut sortir de ce système de dépendance
10:00à une source d'énergie unique, le thermique, le pétrole,
10:03et aller ailleurs.
10:04La course poursuite maintenant, ça fait deux fois,
10:06il y avait la guerre en Ukraine,
10:07là c'est aujourd'hui avec la guerre en Iran,
10:09on voit bien qu'on est hyper dépendant,
10:12on est addict au pétrole.
10:14Donc, ça y est, il faut que tous les entrepreneurs,
10:17il faut que les particuliers,
10:20on se dise, on va passer à l'électrique.
10:22Il faut que les constructeurs automobiles
10:23arrêtent de tergiverser, il faut y aller.
10:25Les Chinois, ils sont partis là-dessus,
10:27et donc, oui, mais ils partent avant nous,
10:29et maintenant on dit les voitures chinoises.
10:30Donc, il faut trancher.
10:31Pour ce qui est des consommateurs,
10:33c'est sûr, en bout de chaîne,
10:35c'est toujours eux qui payent.
10:36Donc, aujourd'hui, on n'a pas...
10:39Le pétrole a l'air relativement stabilisé pour le moment,
10:42je ne sais pas combien de temps ça va durer,
10:44mais ça coûte cher pour les petits budgets,
10:46pour les grands rouleurs,
10:47pour les gens qui sont obligés de venir au travail,
10:48y compris dans les centres de Leclerc,
10:49dans un abattoir, dans une usine.
10:53Donc, ça leur coûte cher.
10:54Donc, ils arbitrent.
10:56Et vous voyez le côté dangereux
10:57pour la consommation française,
10:59qui est un moteur de la croissance,
11:00qui est le moteur de la croissance française aujourd'hui,
11:03puisque l'export est menacé aussi.
11:06Eh bien, la consommation des carburants,
11:09ce n'est pas plus mal qu'elle baisse un peu,
11:11parce que ça laisse une chance
11:12à vendre des produits alimentaires,
11:13et ça laisse une chance à notre agriculture.
11:15Ça baisse de combien, la consommation de carburants ?
11:16Oh, c'est 15 à 20 %.
11:1815 à 20 %.
11:19Est-ce que vous souffrez aussi de la concurrence totale,
11:22qui a, depuis plusieurs semaines,
11:24plafonné ses prix,
11:25et même parfois sous-plafonner
11:27pendant les week-end mois de mai ?
11:27Quand il le fait,
11:28pour une fois qu'il le fait,
11:31enfin, c'est quand même...
11:32Moi, ça fait...
11:33Leclerc, ça fait...
11:34Ça fait 30 ans...
11:36C'est moi qui ai créé la société
11:38qui permet à Leclerc, aujourd'hui,
11:40de vendre moins cher.
11:41Et aujourd'hui, on achète nos carburants
11:43avec système U,
11:44et on achète aussi pour des transports
11:46de la RATP, de la SNF...
11:47Et vous l'achetez à Total ?
11:49Non, en partie.
11:49En partie.
11:50Et donc, il ne nous fait pas les conditions
11:52qui nous permettent...
11:53Donc, il vous vend le carburant,
11:56M. Pouyanné,
11:56Total, vous vend le carburant,
11:58plus cher que ce qu'il le vend
11:59dans ses stations ?
12:00Peut-être pas plus cher,
12:02mais en tout cas,
12:02on ne peut pas faire sans être à perte.
12:04On ne peut pas les suivre ponctuellement.
12:07Vous lui avez demandé, je suppose, de...
12:08Oui, mais vous m'avez déjà posé
12:11à chaque fois cette question.
12:12Non, non, non, je ne crois pas.
12:13Vraiment.
12:13Vous lui avez demandé, je suppose,
12:15de vous vendre le carburant moins cher.
12:17Tout le monde...
12:17Vous puissiez le vendre vous aussi.
12:17Tous les acheteurs voudraient
12:18que Total leur vende moins cher.
12:20Il vous dit quoi ?
12:21Et d'abord,
12:23ce n'est pas une affaire personnelle.
12:25Donc, ce n'est pas la même société
12:26qui nous vend
12:27et la même société qui...
12:29C'est un débat juridique
12:30et ça ne fait pas baisser les prix.
12:31Donc, je ne vais pas dire
12:32que je m'en fous.
12:34Laissons Total faire un effort.
12:37que les consommateurs,
12:38quand ils voient
12:39que c'est...
12:40Là où c'est moins cher,
12:41de toute façon,
12:42ça n'impacte pas.
12:43Aujourd'hui,
12:45la marge de nos hypermarchés,
12:47parce que pour le coup,
12:47Leclerc,
12:48et même mes collègues
12:50dans une saine concurrence
12:51mes collègues de Carrefour,
12:53U, Intermarché, etc.,
12:55coopérative U,
12:56franchement, aujourd'hui,
12:57on compense dans le prix du Cadiz
13:00ce qu'on ne peut pas donner
13:01sur les carburants.
13:02La marge, aujourd'hui,
13:04ça a fait beaucoup, beaucoup d'argent.
13:06C'est un centime.
13:06C'est un centime.
13:07On a entendu un centime,
13:08parfois trois centimes,
13:09parfois cinq centimes.
13:10Chez Leclerc, c'est un centime.
13:12Vous gagnez un centime
13:13une fois payé.
13:14On a des petites stations
13:15en zone de montagne,
13:17en entrée de vallée, etc.
13:19Non, mais c'est un centime
13:20à peu près.
13:21Et donc, oui,
13:22ça nous avait irrités
13:22quand on nous désignait.
13:24Enfin, vous voyez bien.
13:24Il y a eu un pré-rapport
13:25de Bercy qui a fuité
13:26en disant
13:27que finalement,
13:28les marges brutes
13:29sont bien plus importantes
13:30que ce que disent
13:31les distributors.
13:31Donc, je crois que cette période,
13:32quand même,
13:32avec les profits de Total,
13:33les profits de Chevron,
13:34les profits de BP, etc.,
13:36je crois que personne
13:37ne reproche aux pompistes,
13:39même qu'il y ait
13:39un petit supermarché ou autre.
13:41Aujourd'hui,
13:41ça n'a rien à voir.
13:42Est-ce que vous sauriez
13:43nous dire ce soir
13:43si les prix à la pompe
13:44vont baisser ou augmenter
13:45dans les jours qui viennent ?
13:46Je ne sais pas dire ça.
13:47Ce que je peux vous dire,
13:48c'est que si
13:50il est obligé,
13:51j'allais dire
13:52qu'il est obligé
13:52de se barrer,
13:53si l'armée des États-Unis
13:55s'en va...
13:56Sujet, verbe, complément.
13:57Oui.
13:58Si...
13:59Non.
13:59Allez-y.
14:00Si ils doivent partir
14:02et que les 1 200 bateaux
14:06bourrés de pétrole,
14:07je ne parle même pas du gaz,
14:09quittent le golfe Persique
14:11pour repartir,
14:13là, ça va faire chuter
14:14le prix des carburants
14:15sacrément.
14:15Au prix d'avant ?
14:16Ah oui, oui, oui.
14:17Moi, je pense que
14:19c'est pour ça
14:19qu'il y a des forces...
14:22J'entendais tout à l'heure
14:24le groupe d'amitié trumpiste,
14:25là.
14:26Il y en a beaucoup, quand même,
14:27qui voudraient
14:27qu'ils ne partent pas comme ça, quoi.
14:30Mais vous pensez que si...
14:31Ce que dit Donald Trump,
14:32d'ailleurs, aujourd'hui,
14:33si la guerre s'arrête,
14:34les prix vont descendre en flèche
14:35et reviendront.
14:36Ce sera aussi simple que ça ?
14:38Ce n'est pas aussi simple
14:39parce qu'il y a un temps de...
14:39Oui, il faudra du temps.
14:40Mais ça va les faire partir...
14:43Si vraiment la sortie est libre,
14:47oui, ça va faire chuter énormément.
14:49Et s'il faut payer ?
14:49Écoutez, quand vous voyez
14:51que même la parole d'un président
14:53fait monter ou descendre les prix,
14:55alors vous pensez,
14:56un lâcher de 1 200 pétroliers
14:58de 50 000 à 300 000 tonnes
15:00qui passent hors muse...
15:01Ça, les bourses vont adorer.
15:03Non, non, non, non, non, non.
15:04Tous les spéculateurs, là,
15:06vont voir les gains s'effondrer.
15:08Oui.
15:09Et ça fera baisser...
15:10Je souhaite pour les consommateurs français
15:12que c'est...
15:12D'abord, je souhaite pour les gens
15:14qui habitent dans cette région
15:16que cette guerre s'arrête.
15:17Je souhaite pour les consommateurs
15:19que cette guerre s'arrête.
15:20Mais je pense que...
15:23Il faut tirer les conclusions
15:24et pas simplement viser ça.
15:26Il faut vraiment investir.
15:27Et moi, je suis en mode combat
15:28avec mes collègues de Leclerc
15:30pour passer tout de suite
15:31à l'électrique.
15:32Non seulement on a installé des bornes,
15:34mais ça y est,
15:34on lance la compétition
15:36sur le prix de la recharge électrique.
15:38D'ailleurs, Lidl,
15:39je cite aussi mes concurrents,
15:42Lidl est à 0,29
15:43quand nous, on est à 0,27.
15:45Ça va être ça.
15:46Demain, on va être aussi
15:47sur qui recharge le moins cher.
15:49Et alors, j'ai une suggestion
15:50à faire à M. Lecornu,
15:52c'est que le Premier ministre...
15:54après-demain.
15:54Il fait une conférence après-demain.
15:56Par exemple, pour aller plus vite
15:58sur l'électrique,
15:58il a remis des bonifications
16:00sur l'achat
16:01de certaines voitures électriques.
16:03Et si on veut que les voitures
16:04se soient des voitures françaises
16:05qui soient achetées,
16:06il faut, je pense qu'il faut
16:08qu'il donne cette modification
16:09aux flottes d'entreprises,
16:11aux flottes un peu massives
16:13de voitures électriques.
16:13Parce qu'on sait que c'est comme ça
16:14que s'achètent beaucoup de voitures
16:15qui ensuite repartent
16:16sur le marché de l'occasion.
16:18Et là, je peux m'engager
16:20à vous dire,
16:20parce que je peux le faire
16:21avec des voitures chinoises
16:22ou coréennes ou japonaises,
16:23mais on pourrait faire
16:25des locations de voitures
16:26à 200 euros,
16:28comme le voulait d'ailleurs
16:28le président de la République,
16:29200 euros le mois,
16:30assurances comprises,
16:32et avec des prix de recharge,
16:34vous voyez,
16:34de 0,27 à 0,29,
16:36c'est assez génial
16:37pour des jeunes
16:38qui ne peuvent pas encore
16:39se payer une bagnole
16:41et qui peuvent la louer
16:42par nécessité
16:44ou pour le plaisir.
16:46On a parlé des carburants,
16:47les courses maintenant.
16:49Est-ce que vous constatez là aussi
16:50que ça change ces derniers temps ?
16:51Est-ce que les Français
16:52changent leur comportement ?
16:53Est-ce que le prix du panier
16:55ou du caddie moyen baisse ?
16:57Comment ça se passe ?
16:58Alors là,
16:58il a augmenté un petit peu
16:59parce que,
17:00quel que soit le produit
17:02de consommation,
17:03il y a un coût de transport dedans.
17:05Et là, pour le coup,
17:05on ne peut pas le reprocher
17:07aux transporteurs.
17:08Forcément,
17:09tous les industriels
17:11de biens de consommation
17:12et qui doivent faire transporter
17:13l'euro-minéral,
17:15le lait,
17:16les oeufs,
17:17je vois des oeufs à l'écran,
17:18forcément,
17:19il y a un surcoût
17:20et c'est ce qui se traduit
17:21par les 2,4%
17:23d'inflation
17:24qui sont annoncées
17:25et dont on peut imaginer
17:26qu'ils vont augmenter
17:28au moins jusqu'en juillet.
17:30Jusqu'en juillet,
17:31l'inflation,
17:31on parle d'inflation alimentaire,
17:33c'est la plus dure.
17:35C'est l'inflation
17:36avant la guerre.
17:37Si ça dure la guerre,
17:38ça va être beaucoup plus fort.
17:40Mais déjà,
17:42pour répercuter
17:43le surcoût actuel
17:46pour tous les industriels,
17:48excusez-moi,
17:50j'ai pas bu de lait,
17:50mais de l'eau,
17:53l'inflation peut monter
17:55à 3%,
17:563-4% d'ici juillet.
17:58L'inflation de 3-4%
18:00en rythme manuel
18:00sur l'alimentaire,
18:03Je vous donne la tendance
18:05et nous, distributeurs,
18:07aujourd'hui,
18:07nous nous battons contre ça.
18:08Et ça, après avoir donné
18:10un conseil à M. Lecornuche,
18:11je m'excuse,
18:11c'est un peu construit,
18:12mais je pense qu'il faut
18:13que tous nos amis industriels,
18:15tous nos fournisseurs
18:17n'attendent pas simplement
18:18de Leclerc, de Carrefour,
18:19etc.,
18:19qu'on répercute leurs coûts,
18:21mais qu'eux-mêmes...
18:22Ils vous demandent,
18:22aujourd'hui,
18:22ils disent qu'il faut
18:23rouvrir les négociations.
18:24Oui, mais moi,
18:25je voudrais que
18:26tous nos fournisseurs
18:28se retournent en amont
18:29vers leurs propres fournisseurs
18:30de matières premières,
18:31de coûts, d'emballages,
18:33de produits de plastique,
18:35etc.,
18:36pour ne pas laisser passer
18:37l'inflation.
18:37Parce que quand ça arrive
18:38chez Leclerc ou chez Carrefour,
18:39c'est déjà trop tard.
18:41Ça a déjà été incorporé
18:42à un produit.
18:43Moi, je voudrais que
18:44toutes les grandes boîtes françaises,
18:46peut-être que je suis naïf
18:48ou peut-être que j'en rajoute trop,
18:50mais il me semble que déjà,
18:52tout le secteur industriel,
18:53avant d'annoncer
18:54la répercussion des coûts,
18:56essayent d'acheter moins cher,
18:57se regroupent,
18:58et même au niveau européen,
18:59comme nous, on le fait,
19:00pour acheter leur plastique
19:01moins cher.
19:02Parce que, par exemple...
19:03Si demain, on rouvre,
19:05comme vous le demandez
19:06aujourd'hui,
19:07les fournisseurs,
19:08les négociations annuelles,
19:09qui normalement...
19:09Ce serait la même erreur
19:11que d'ouvrir le budget de l'État
19:13à tout le monde aujourd'hui.
19:14Il faut commencer par...
19:15Si on le fait,
19:15ça fait augmenter les prix,
19:16demain ou dans un mois.
19:17C'est un effet d'aubaine
19:18pour tout le monde.
19:19Donc, moi, je dis que...
19:21Enfin, je propose
19:22au Premier ministre
19:23de ne pas rouvrir
19:23les négociations,
19:26de faire comme il fait,
19:27de gérer aussi,
19:29comme le budget de l'État,
19:30de dire,
19:30le guichet n'est pas ouvert,
19:32pour obliger les entreprises,
19:34pour inciter les entreprises
19:36à négocier en amont
19:37le coût de leur approvisionnement.
19:39Si on ne négocie pas...
19:39Donc, vous dites
19:40au Danone ou autre...
19:41Oui, mais aussi l'égo...
19:42Au final...
19:43C'est aussi l'égo
19:43pour les plastiques.
19:44Les jouets, c'est du plastique,
19:45c'est de la plasturgie,
19:47c'est tout ce qui est
19:47des emballages.
19:48Il faut que l'actalis
19:50empêche l'augmentation
19:52du prix de ses bouteilles de lait,
19:54de ses contenants.
19:55Il faut qu'Evian
19:57n'accepte pas tout de suite
19:59l'augmentation de ses bouteilles
20:00dans lesquelles il met l'eau.
20:02Et si chacun ne fait pas
20:03ce rôle-là,
20:04alors c'est le consommateur
20:05qui va payer.
20:05Et si le consommateur doit payer
20:07et qu'il...
20:07Outre que c'est injuste,
20:08que c'est immoral,
20:09en tout cas que ce n'est pas juste,
20:11on va aussi pénaliser
20:13la consommation
20:13et donc la croissance française.
20:15Donc, il faut qu'ensemble,
20:16on ait un esprit de filière
20:18pro-consommateur,
20:19qu'on se retourne en amont
20:20et qu'on aille failliter
20:22contre les spéculateurs
20:23et les faiseurs d'inflation.
20:24Qu'on aille failliter
20:25contre les spéculateurs.
20:26Il y a également des solutions
20:27qui reviennent très régulièrement,
20:28Michel-Édouard Leclerc,
20:29sur la grande distribution,
20:31sur les marges
20:31de la grande distribution.
20:32Il y a une commission
20:32d'enquête parlement
20:33qui travaille depuis six mois.
20:35Elle vous a entendue ?
20:35Ça fait 40 ans
20:36que je suis auditionné.
20:37Celle-là vous a entendue ?
20:38Bien sûr.
20:39Elle va rendre son rapport
20:40après-demain.
20:42La rapporteuse écologiste dit
20:43qu'on a découvert
20:46les grandes centrales,
20:47dont celles de Leclerc,
20:49dictent leurs lois,
20:50font à peu près ce qu'elles veulent.
20:52Est-ce que vous êtes inquiet
20:53avant la publication de ce rapport ?
20:54Non, je ne suis pas inquiet
20:55parce que je suis rodé à ça.
20:56Ça fait 40 ans.
20:58Et rien à déclarer ?
20:58Je suis d'abord assez stupéfait
21:00de voir des députés
21:00qui posent des questions.
21:02Moi, je suis président
21:03d'une école de commerce
21:04qui s'appelle Néoma,
21:05qui est une des meilleures écoles françaises.
21:06Le moindre étudiant
21:08de la première année de Néoma,
21:10il sait répondre à ces questions
21:11et il ne fait pas semblant
21:12de découvrir le monde.
21:14Je fais un métier qui est noble,
21:16négocier n'est pas un péché.
21:17C'est justement...
21:19C'est une culture
21:20qui devrait y avoir aussi
21:21dans l'intendance publique,
21:22dans la fonction publique.
21:23Vous ne passerez pas
21:24une nuit blanche
21:24dans la nuit mercredi à jeudi
21:25en attendant la publication du rapport ?
21:27D'ailleurs, je vous ferai remarquer
21:28que c'est assez curieux
21:29au moment où l'inflation menace,
21:32ce qu'on me reproche,
21:33c'est d'acheter pas cher
21:34et de vendre pas cher.
21:35Posez-vous la question
21:36de cette contradiction.
21:38Acheter pas cher,
21:39ce que dit la rapporteuse,
21:40en étranglant au bout de la chaîne
21:43les agriculteurs.
21:44Quand le consommateur
21:45veut acheter pas cher,
21:46il étrangle quelqu'un ?
21:48Quand un industriel
21:49achète pas cher,
21:50il étrangle quelqu'un ?
21:51Et moi,
21:52parce que je suis commerçant,
21:54c'est pas bien ?
21:55Mais vous voyez,
21:56ça c'est français.
21:59Moi, à un moment donné,
22:00je pensais que c'était
22:01les pays d'obédience catholique
22:02qui disaient
22:03le commerce,
22:03c'est parasite,
22:04ça crée pas de valeur et tout.
22:05Mais non,
22:06vous regardez même en Italie,
22:08le commerce,
22:09tous les pays méditerranéens
22:10valorisent le commerce.
22:12Les Chinois font la route de la soie
22:14parce qu'ils font d'abord
22:15le commerce avant de faire l'industrie.
22:16Ils savent qu'ils ont un canal.
22:18Les anglo-saxons,
22:19les pays protestants,
22:20ils annoblissent même leurs commerçants.
22:22Je ne demande pas ça pour nous.
22:23Ce serait impossible.
22:24Et d'ailleurs,
22:25ce serait bien que les députés
22:28qui aujourd'hui instruisent
22:30à charge les dossiers
22:31contre la distribution
22:32se demandent pourquoi moi,
22:34par exemple,
22:34je suis populaire
22:35et coté à la bourse
22:36des présidentiables
22:37quand eux continuent
22:39de taper...
22:39Côté à la bourse des présidentiables.
22:41Quand eux continuent
22:42à nous taper dessus.
22:43Vous voyez la contradiction ?
22:47Côté,
22:47je retiens l'expression,
22:48coté à la bourse des présidentiables,
22:49si vous voulez bien,
22:49on va en parler dans quelques minutes.
22:51Un mot,
22:51est-ce qu'il y a plus de vols
22:52en ce moment dans vos...
22:53Non, il n'y a pas un effet...
22:55Non, non.
22:55Non, non,
22:56il y a des gens qui rament,
22:58qui arbitrent,
22:59c'est compliqué dans les familles.
23:01J'en suis témoin
23:02quand je vais dans les magasins.
23:05Ça me stresse
23:06et ça me...
23:08Quand je vois des gens
23:09qui ne sont pas pauvres
23:10mais qui se serrent la ceinture...
23:12Mais qui n'y arrivent pas.
23:13Bah ouais.
23:14Raphaël Grabli,
23:15bonsoir.
23:16Bonsoir.
23:16Je parlais des vols
23:17dans les supermarchés,
23:18Michel-Édouard Leclerc,
23:19parce qu'il y a un texte
23:19qui est proposé
23:20en ce moment même
23:21au Parlement
23:22qui propose d'autoriser
23:23des caméras gonflées
23:25à l'intelligence artificielle
23:26dans les supermarchés.
23:27Ça fonctionne comment ?
23:28Vous nous direz dans un instant
23:29si vous allez les installer ou pas.
23:31Alors, je vous laisse imaginer la scène.
23:32Marc, vous êtes au supermarché.
23:34Discrètement,
23:34vous essayez de voler
23:35une tablette de chocolat.
23:36Alors, je précise,
23:37c'est une pure fiction.
23:38Ça me tombe dessus, forcément.
23:39Ça ne peut pas tomber sur le chocolat.
23:42Exactement,
23:42je connais un petit peu Marc.
23:43Et au moment même
23:44où vous glissez
23:45cette tablette de chocolat
23:46dans votre poche,
23:46la sécurité du magasin
23:48reçoit une alerte
23:49immédiatement
23:50et automatiquement.
23:52Ce n'est pas le futur.
23:52La technologie, elle existe.
23:53Vous voyez comment ça fonctionne
23:54d'ailleurs à l'écran.
23:56Ça s'appelle
23:56la vidéosurveillance
23:57dite intelligente,
23:59des caméras boostées
24:00à l'intelligence artificielle
24:01capables de détecter
24:03seules de façon autonome
24:04des comportements douteux.
24:05Souvenez-vous,
24:06ça avait déjà été testé
24:07lors des JO 2024
24:09dans le cas
24:09d'une expérimentation,
24:11par exemple,
24:11pour détecter
24:12des colis abandonnés
24:13avec toutefois
24:14une précision.
24:15Ces caméras,
24:16elles ne font pas
24:16de reconnaissance faciale.
24:18Elles ne sont pas là
24:18pour identifier les gens
24:20mais seulement détecter
24:21des types de mouvements.
24:22Ça va arriver
24:23dans les supermarchés,
24:24ça ou pas ?
24:25C'est en tout cas
24:25ce que voudraient
24:26des sénateurs LR,
24:27des députés Renaissance
24:28également qui poussent
24:29en ce sens,
24:30donc à l'Assemblée
24:30et au Sénat.
24:31C'est aussi ce que voudrait
24:32le lobby de la distribution,
24:34Perifem,
24:35dont vous faites partie,
24:36Michel-Édouard Leclerc,
24:37car pour le moment,
24:38en fait,
24:38il n'existe aucun
24:40encadrement juridique.
24:41La situation,
24:41elle est assez floue.
24:42D'un côté,
24:43vous avez,
24:44selon mes informations,
24:45environ 3000
24:46commerçants indépendants
24:47qui ont déjà recours
24:48à cette solution,
24:49notamment des franchisés
24:50dans la distribution.
24:52Et de l'autre,
24:52la CNIL,
24:53le gendarme
24:54des données personnelles
24:55qui estime
24:55que ces caméras
24:56sont illicites,
24:58qui freinent
24:59justement l'enthousiasme
25:00des très grandes enseignes
25:01comme la vôtre.
25:02Vous le faites déjà ?
25:03Moi,
25:03je ne suis pas un enthousiaste
25:04de ça,
25:05je suis pour
25:06qu'on surveille le vol
25:08parce que c'est toujours
25:09ceux qui payent
25:10qui payent pour les autres.
25:11Enfin,
25:11les voleurs,
25:12ils volent le consommateur
25:13ou les salariés.
25:15Et vous mettriez,
25:15vous,
25:15des caméras intelligentes
25:17dans les...
25:17Moi,
25:17je suis pour que ce soit...
25:18Je pense que...
25:19De toute façon,
25:20ça va venir.
25:20Et si vous en parlez comme ça,
25:22c'est qu'il y a des vendeurs
25:22de matériel.
25:23Ah,
25:24ils sont...
25:24Oui,
25:24il y a des libeurs français
25:25même,
25:25bien sûr.
25:26Voilà.
25:26Donc moi,
25:26je suis pour qu'on régule ça.
25:28J'ai été créé...
25:30J'ai lu beaucoup
25:31de livres de science-fiction.
25:32C'est le genre de...
25:34Les Philippe Cadic,
25:36les...
25:36Je ne sais pas si les jeunes
25:38ont lu ces livres
25:38de science-fiction,
25:39mais on est rattrapés...
25:40Mais ça ne vous inquiète pas ?
25:41Si,
25:41si,
25:42la dictature technologique,
25:44ça me fait peur.
25:44La reconnaissance...
25:45Ça m'inquiète,
25:45mais je vais le faire.
25:45La reconnaissance faciale
25:47avec des...
25:47Non,
25:47je suis pour que...
25:49Vous vivez dans un monde,
25:52vous,
25:52il y a des caméras partout.
25:53Même sans parler dictature,
25:55sur les données personnelles,
25:56on a la clé qui a rendu un rapport
25:57avec une explosion
25:58des vols de données,
25:59notamment d'ailleurs
26:00chez certains de vos concurrents.
26:01Est-ce que vous ne craignez pas
26:02qu'il y ait une méfiance ?
26:03Vous mélangez un petit peu tout.
26:05Non,
26:05je pense que ce qui me fait peur,
26:07c'est la société de surveillance.
26:08D'accord ?
26:09Ça,
26:09ça me fait peur.
26:10D'abord,
26:12parce que je suis un libertaire.
26:14Et puis,
26:15je pense qu'à un moment donné,
26:16je ne veux pas
26:17que notre vie soit gouvernée
26:18par des robots
26:19et que finalement,
26:20ce soit la soviétisation
26:21par les robots.
26:22Et pourtant,
26:22est-ce que j'ai mal compris ?
26:23Vous avez dit il y a deux minutes,
26:23je suis prêt à faire un...
26:24Non,
26:25je ne vous ai pas dit ça.
26:26Non,
26:26alors je l'ai mal compris.
26:27Ah oui,
26:28moi j'ai compris ça.
26:28Il n'y aura pas ça chez vous.
26:29D'accord,
26:29non,
26:30mais il y en a certainement
26:31en test,
26:31parce que c'est des tests
26:33qui se font
26:34et les fournisseurs de matériel
26:36doivent le tester
26:36dans les magasins.
26:37Mais si c'est autorisé,
26:38vous le déploierez.
26:41Moi,
26:41je souhaite
26:42que le cahier des charges
26:43soit très précis,
26:45à n'importe quelle condition.
26:46On en a dit
26:47un tout petit mot
26:47tout à l'heure,
26:47Michel Delogues.
26:48Franchement,
26:50je suis étonné.
26:52Le sujet,
26:53aujourd'hui,
26:53notre sujet,
26:54ce n'est pas celui-là,
26:55ce n'est pas le voleur,
26:56c'est le consommateur normal
26:58pour qu'il ne se fasse pas
27:00voler par l'inflation,
27:02pour qu'il ne se fasse pas
27:03avoir même
27:04par des cavaliers
27:06parlementaires
27:06où on va nous limiter
27:08la capacité
27:09de vendre moins cher
27:09parce que c'est ça
27:10qui est en train
27:10de se passer
27:11à l'Assemblée nationale.
27:12Ce n'est pas le vol,
27:13c'est aujourd'hui
27:14des lois
27:15qui nous obligent
27:16à vendre plus cher.
27:17Est-ce que vous savez
27:17qu'aujourd'hui,
27:19par exemple,
27:19sous prétexte
27:20d'aider les agriculteurs,
27:23ce sont des amendements
27:24dans le cadre
27:25de la loi d'urgence
27:26agricole,
27:27il y a une loi
27:29qui s'appelle
27:29la loi d'écrozaille
27:30dont on n'a absolument
27:32pas fait l'impact,
27:33mais qui m'empêche
27:34de faire des promotions
27:36importantes sur les couches,
27:37sur les produits
27:38d'entretien,
27:39sur les produits
27:39d'hygiène,
27:40alors que ce sont
27:41ces produits-là
27:41qui vont augmenter
27:42le plus
27:43parce qu'ils sont
27:43très dépendants
27:44de la pétrochimie
27:45et ne serait-ce
27:46que leur emballage.
27:47Et donc,
27:48moi,
27:48mon combat,
27:49ce n'est pas le vol,
27:50c'est le législateur
27:55va-t-il continuer
27:57à m'empêcher
27:58à vendre moins cher,
27:59à faire des grosses
28:00opérations promotionnelles
28:01face à des consommateurs,
28:03nous,
28:03il y a 18 millions
28:04de consommateurs,
28:05pour qui un sou
28:06est un sou,
28:06quoi.
28:07Et ça,
28:07c'est un vrai sujet.
28:08Est-ce qu'on va
28:09reconduire
28:11cette obligation
28:11pour les distributeurs
28:12de prendre une marge
28:13de 10%
28:15sur des produits
28:15qui ne profitent pas
28:16à l'agriculture française ?
28:18Et c'est en cours
28:19d'examen.
28:19Et c'est en cours
28:20d'examen.
28:20Et le message est passé.
28:21Et est-ce que,
28:23à moi,
28:23à qui on demande
28:24de respecter
28:25l'origine France,
28:26est-ce que le législateur
28:27va obliger
28:29mon fournisseur
28:29de me le dire ?
28:31Parce que c'est incroyable.
28:32sous prétexte
28:34d'aider
28:35les agriculteurs français
28:36et je suis pour aider
28:37la ferme France
28:37et je suis du côté
28:38de la ferme France,
28:40aujourd'hui,
28:40on me fait payer
28:41plus cher
28:41la matière agricole
28:42sans savoir
28:43si elle est française
28:43ou espagnole.
28:45le cacao et le café
28:46on ne le cultive pas
28:47en France.
28:48Oui, mais j'en profite.
28:49Je vous écoute
28:49le message,
28:50je crois qu'il est laissé.
28:52Il nous reste 3 minutes.
28:54Vous parlez de la ferme France.
28:55Je peux y aller
28:55si j'ai 3 minutes ?
28:56Non, je vais vous parler
28:56de la France.
28:57À chaque fois que vous êtes
28:58en ligne depuis des mois
28:59sur un plateau télé
29:00dans un studio de radio,
29:02on vous pose la même question.
29:03Est-ce que vous allez
29:04être candidat
29:04à l'élection présidentielle ?
29:05Regardez,
29:06on a fait un tout petit montage,
29:07on n'y comprend rien.
29:11Écoutez,
29:11ça m'a toujours tenté.
29:14Oui, ça m'a toujours tenté.
29:16Est-ce qu'il y a un scénario
29:17où ça existe ?
29:20Qu'est-ce que je peux vous répondre ?
29:21Je suis disponible
29:22pour la nation ?
29:23Non, je n'ai pas
29:24de désir d'élyser,
29:24d'accord ?
29:25Mais j'ai du désir
29:27de nourrir positivement
29:29la vie politique,
29:30la vie sociale.
29:31Si un jour je vais
29:32dans la politique,
29:33ce n'est pas pour jouer
29:34le second rôle,
29:34c'est pour faire avancer
29:36les choses.
29:36Le contexte politique
29:37fait qu'aujourd'hui,
29:39moi j'ai soif d'action,
29:40j'ai l'âge
29:41où il faut aller vite.
29:42J'ai 73 ans,
29:43c'est un âge
29:44de présidentiel.
29:44Je pense que de l'extérieur,
29:46je suis plus efficace
29:47qu'aujourd'hui
29:47être député au Parlement
29:49ou même candidat
29:50à quoi que ce soit.
29:51Je n'aspire pas
29:52à être président,
29:53on est d'accord.
29:54C'est oui ou c'est non ?
29:55C'est ce que je viens de dire.
29:56Ah bah oui,
29:57ça m'a tenté,
30:00je suis intéressé,
30:01je suis disponible.
30:02C'est oui ou c'est non ?
30:03Je veux aller vite,
30:04je suis du bon côté.
30:05Là-dessus,
30:05on a deux minutes.
30:05Je suis pour le côté.
30:07Ah, regardez-moi ça.
30:08Allez-y,
30:08allez-y,
30:09je ne vous lâcherai pas.
30:09On croirait Didier,
30:12notre commentateur militaire
30:14qui...
30:14Non, non,
30:15je suis pour me battre
30:17pour que les Français
30:19puissent acheter moins cher.
30:20Je ne trouve pas
30:20qu'à l'Assemblée nationale,
30:22alors que c'est la première
30:23préoccupation des Français,
30:24le pouvoir d'achat,
30:25je trouve qu'on n'en parle pas.
30:26Je trouve que le PS
30:28qui devrait être en pointe
30:30sur un nouveau système
30:31de financement
30:32du modèle social
30:33et le maintien
30:33du modèle social,
30:36Je pense qu'à droite,
30:38il n'y a plus de droite sociale
30:40héritière de De Gaulle,
30:41Seguin,
30:42Chaband-Elmas,
30:42etc.
30:43Pardon pour les plus jeunes,
30:44je cite des modèles disparus.
30:47Et donc,
30:48je n'essaye pas,
30:49ce n'est pas moi
30:49qui me suis mis
30:50dans les sondages,
30:51j'essaye d'utiliser
30:52ce tremplin
30:53pour faire passer
30:53ces messages.
30:54Les Français méritent
30:55qu'on s'occupe
30:56de leur pouvoir d'achat,
30:57du droit d'acheter des bagnoles,
30:58du droit de manger bien.
30:59Et donc,
31:00est-ce que je serais
31:01plus efficace
31:01si j'étais ministre
31:03ou président
31:03ou aujourd'hui
31:04à la tête des centres Leclerc ?
31:05Je pense que je suis
31:06plus efficace
31:06à la tête des centres Leclerc.
31:07Donc ça veut dire
31:08qu'il n'y aura pas
31:08de candidature Leclerc
31:09à l'élection
31:10ou ça continue
31:12à traîner quelque part
31:13dans votre cerveau ?
31:13Ça continue à traîner
31:14quelque part dans mon cerveau
31:15et oui,
31:17moi je m'intéresse
31:17à la chose publique
31:19et d'ailleurs,
31:20vous n'arrêtez pas
31:21de me poser la question,
31:22ça veut dire aussi
31:22que je peux peut-être
31:24faire quelque chose
31:25mais franchement,
31:26aujourd'hui,
31:27il faut aller vite
31:27et là,
31:29il y a un parti
31:30de l'inflation
31:31qui s'accommoderait bien
31:32de taper le portefeuille
31:34des Français
31:35et donc,
31:37je pense que je suis
31:38plus efficace
31:38dans les deux ans
31:39qui viennent
31:39là,
31:40sur le terrain.
31:41Mais j'entends
31:42qu'en vous rasant le matin...
31:44la petite musique,
31:45allez-y.
31:45Voilà,
31:46pourquoi pas.
31:47Vous êtes de droite
31:48ou de gauche ?
31:49Je suis devant.
31:51Ah non.
31:51Je me projette.
31:52Non,
31:52je suis un adolescent
31:53pas fini,
31:54je suis en mode projet.
31:56Vous êtes de droite
31:56ou de gauche ?
31:57Je suis...
31:58Les classifications,
31:59c'est les autres
31:59qui les font.
32:00Je suis progressiste.
32:02Quand vous vous détenez
32:02avec vos copains,
32:03quand vous vous engueulez
32:04à table...
32:04Je suis progressiste.
32:06J'aime les gens.
32:07J'aime partager
32:08mon propre plaisir
32:09avec les autres.
32:11Je ne m'imagine pas
32:12sur mon île
32:13riche, puissant
32:14et célèbre.
32:15Donc,
32:15non,
32:16je...
32:16Mais par exemple,
32:17j'aime l'engagement.
32:18Leclerc président,
32:19il y a plus d'impôts
32:20ou moins d'impôts en France ?
32:21Il y en a moins.
32:21Il y en a moins ?
32:22Oui.
32:23Et puis,
32:24il y a plus d'envie
32:24d'aller travailler
32:25dans mon projet personnel.
32:28Il y a plus de cohésion sociale.
32:30Il y a plus de fraternité.
32:31Oui.
32:32Là,
32:33vous êtes en train
32:33de rôder le discours
32:33du candidat.
32:34C'est vous qui le commentez.
32:36Ça vous plaît ou pas ?
32:37Oui.
32:38On en reparlera.
32:39Michel,
32:39ça y est,
32:40les signatures,
32:40c'est fait.
32:41Vous voulez quoi ?
32:41Quel poste ?
32:43Secrétaire général
32:43de l'Elysée ?
32:44Surtout pas.
32:45Mais on sent quand même
32:46qu'il a ce...
32:48Marc Pauvel,
32:48Premier ministre.
32:49Oh là là,
32:49quel désastre.
32:50Ne le prenez pas.
32:51Mais vous n'avez plus
32:52qu'une minute,
32:52M. Leclerc.
32:53Vous n'avez plus qu'une minute.
32:54Merci beaucoup,
32:54Michel,
32:55Édouard Leclerc.
32:56Merci d'être venu.
32:56Merci de votre accueil.
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