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Philippe de Villiers passe en revue l'actualité de la semaine dans #FaceAPhilippedeVilliers. Présenté par Eliot Deval

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Transcription
00:00:00Bonsoir à tous et ravi de vous retrouver en direct pour Face à Philippe De Villiers.
00:00:06Cher Philippe, bonsoir.
00:00:08Bonsoir Elliot, bonsoir Geoffroy.
00:00:09Geoffroy Lejeune est avec nous.
00:00:11Cher Philippe, commençons cette émission par la guerre en Iran.
00:00:16Ce semaine qui marque un tournant puisque Donald Trump et son administration ont annoncé la fin de la mission offensive
00:00:23Epic Fury.
00:00:24Le président américain qui annonçait également des négociations qui sont en cours et pourrait aboutir à un véritable cessez-le
00:00:31-feu puisque feu il y a encore dans le détroit d'Hormuz.
00:00:34Vous le voyez à l'image en bas à droite des pétroliers et des navires iraniens.
00:00:38Deux navires iraniens ont été frappés selon l'administration de Trump.
00:00:42Donald Trump que vous voyez en haut à droite qui prenait la parole il y a quelques instants depuis la
00:00:47Maison-Blanche.
00:00:47Il a organisé un déjeuner pour la fête des maires.
00:00:50Il a pris la parole pendant 20 minutes. Le monde avait les yeux rivés sur cette prise de parole et
00:00:55cette allocution.
00:00:55Pas un mot sur la guerre en Iran.
00:00:58La question qu'on se pose Philippe Duvilliers, va-t-on vers la paix négociée ou la guerre totale ?
00:01:04Et vous avez souvent dans cette émission parlé de guerre asymétrique et on entend souvent ça.
00:01:10Mais sans véritablement le définir, qu'est-ce que ça veut dire Philippe ?
00:01:13La guerre asymétrique, c'est la guerre du pauvre.
00:01:22C'est la dissuasion du faible au fort sans nucléaire.
00:01:29La guerre asymétrique, ça commence par la guerre asymétrique du temps.
00:01:38L'asymétrie du temps.
00:01:41Les Iraniens ne sont pas pressés.
00:01:45C'est une situation qui a 4000 ans.
00:01:50Les Américains sont pressés.
00:01:52Ils ont des échéances.
00:01:55La première échéance qui préoccupe le président des Etats-Unis, c'est la rencontre avec le président chinois.
00:02:02Dans quelques jours.
00:02:04Il y a l'échéance de l'anniversaire des Etats-Unis.
00:02:08Il vaudrait mieux que la guerre soit finie.
00:02:10Il y a évidemment les mid-termes.
00:02:12Alors, on a beau nous expliquer, il s'en fout.
00:02:16Ce qui compte pour lui, c'est de marquer l'histoire.
00:02:19Je pense qu'il a quand même ça à l'arrière-plan de sa réflexion.
00:02:26Donc, en fait, l'asymétrie du temps.
00:02:28Quand vous avez tout votre temps et que l'adversaire a peu de temps,
00:02:34c'est déjà une arme dont vous pouvez jouer.
00:02:40L'arme du temps.
00:02:42Et d'ailleurs, si on fait un petit retour en arrière,
00:02:45pour l'instant, on peut dire que la coalition israélo-américaine a gagné la première étape,
00:02:52c'est-à-dire le carpet bombing, tapis de bombe.
00:02:57Mais après, il y a une deuxième bataille, c'est la bataille du temps, la bataille de l'usure.
00:03:01Et c'est plutôt les Iraniens qui sont en train de gagner,
00:03:04comme je vais le démontrer dans quelques instants.
00:03:07Donc, l'arme du temps.
00:03:08La deuxième arme, c'est ce que les polémologues appellent l'arme de l'hydre.
00:03:16L'hydre, c'est un serpent d'eau qui repousse avec plusieurs tentacules, plusieurs têtes.
00:03:24Et c'est le système de défense iranien, ce qu'on appelle la défense mosaïque.
00:03:29C'est-à-dire qu'en fait, vous avez 31 provinces, 31 commandements,
00:03:33indépendants les uns des autres, avec leur chahed, leur vedette, etc.
00:03:39Et on n'en finit pas quand on croit en avoir fini, parce qu'on en a fini en décapitant
00:03:45la tête,
00:03:45mais la tête, elle repousse.
00:03:48Donc, c'est très, très difficile de se battre contre un ennemi à multi-têtes.
00:03:56La troisième arme, vieille comme le monde et comme l'Ancien Testament, c'est le lance-pierre.
00:04:05C'est David qui tue Goliath, avec un lance-pierre.
00:04:09Pourtant, Goliath est beaucoup plus fort que David.
00:04:11Et donc là, le lance-pierre, confectionné par 230 000 ingénieurs,
00:04:16parce qu'en Iran, on oublie de le dire, il y a 230 000 ingénieurs.
00:04:21Donc, ils ont eu le temps de réfléchir et d'inventer des armes qui sont les armes du pauvre.
00:04:27En l'occurrence, le chahed, c'est-à-dire le drone.
00:04:32Le drone qui est très difficile à détecter, très difficile à intercepter.
00:04:38Donc, c'est vraiment l'arme du faible contre le fort.
00:04:41Mais avec l'arme du faible contre le fort, on use le fort.
00:04:45Et puis, on a tout le temps pour lui permettre d'épuiser ses stocks.
00:04:52Ce qui est peut-être le cas, en ce moment.
00:04:57Ensuite, il y a une autre arme.
00:05:00Je vais du faible au fort, du plus faible au plus fort.
00:05:05L'arme de la prise d'otage.
00:05:08À laquelle les Américains n'avaient sans doute pas pensé.
00:05:10La prise d'otage des pays du Golfe.
00:05:13Pourquoi ? Parce qu'en fait, c'est la prise d'otage de l'économie mondiale.
00:05:20Au point qu'aujourd'hui, on a des dissensions entre les Amirats Arabes Unis,
00:05:25l'Arabie Saoudite, ça, ça se complique.
00:05:27L'Orient compliqué, on parlait de Gaulle.
00:05:29Je suis parti en Orient, dans cet Orient compliqué, avec des idées simples.
00:05:34On part avec des idées simples, on revient avec des idées compliquées.
00:05:38Et enfin, et surtout, le fameux détroit d'Harmouz.
00:05:44On pourrait parler non pas d'enlisement, comme au Vietnam, mais d'ensablement.
00:05:50Et en fait, ce qui me frappe, je vais vous dire,
00:05:53quand j'écoute les commentateurs,
00:05:56et que je regarde les officiers de plateau,
00:06:01tous disent, la guerre a changé d'objectif.
00:06:05Au début, c'était le régime change,
00:06:10changement de régime.
00:06:12Ensuite, c'était le nucléaire,
00:06:13et maintenant, c'est dans Hormuz.
00:06:16Et moi, je pense que les Iraniens eux-mêmes
00:06:21ont petit à petit conçu l'idée,
00:06:24de manière expérimentale,
00:06:26qu'ils avaient à leur disposition une arme pour le futur,
00:06:30et que cette arme, ils ne vont pas la lâcher.
00:06:32C'est-à-dire qu'ils sont prêts, peut-être, à lâcher
00:06:34sur les 440 kilos d'uranium enrichi,
00:06:38mais Hormuz, non.
00:06:39Parce qu'en fait, c'est le détroit le plus important du monde
00:06:43par rapport à l'économie occidentale.
00:06:46Et donc, en fait, le fin du fin pour un faible
00:06:50dans une guerre contre un fort, voire un très fort,
00:06:53contre une hyperpuissance,
00:06:55c'est de fabriquer des alliés.
00:06:57C'est qui les alliés ?
00:06:59C'est l'étudiant anglais qui est à Harvard
00:07:03et qui se dit, je ne vais pas pouvoir revenir chez moi
00:07:06à Londres en juillet,
00:07:07parce qu'il n'y a plus de kérosène.
00:07:10C'est l'infirmière ribérale des herbiers
00:07:14qui est obligée de rester chez elle un jour sur deux
00:07:18parce qu'il n'y a plus d'essence.
00:07:20En tout cas, l'essence est trop chère pour elle.
00:07:22C'est le paysan de la Pampa
00:07:25qui ne peut plus utiliser ses semences, ses engrais,
00:07:28parce que tout ça, ça vient du détroit d'Hormuz.
00:07:30C'est le fabricant de smartphones
00:07:34qui a pu accéder à l'hélium, etc., etc., etc.
00:07:38En d'autres termes, ce qui s'est passé,
00:07:40c'est qu'au cours des premières 48 heures,
00:07:44le monde entier a dit chapeau l'artiste,
00:07:47retour du Venezuela,
00:07:49Maduro, opération Maduro-Biss,
00:07:51il a décapité le régime iranien.
00:07:54Et puis après, depuis, on se dit,
00:07:57d'accord, mais il y a un problème d'essence à la pompe,
00:08:00il y a un problème d'engrais,
00:08:02il y a un problème d'hélium, etc., etc., etc.
00:08:05Et donc, ce qu'ont fait les Iraniens,
00:08:07ils ont transformé l'artère jugulaire d'Hormuz
00:08:14en neuf coulant.
00:08:16Philippe De Villiers, dans l'actualité cette semaine,
00:08:18c'est l'histoire sans fin et ces violences urbaines
00:08:20après la victoire du Paris-Saint-Germain
00:08:23en demi-finale de Ligue des Champions.
00:08:25Policiers blessés, mobiliers incendiés,
00:08:28des Français honnêtes également agressés
00:08:32dans leur véhicule.
00:08:34Du moins, leur véhicule a été saccagé.
00:08:36On dénombre 127 interpellations
00:08:39pour une centaine de gardés à vue.
00:08:41Et l'image dans l'image,
00:08:42c'est celle de l'exposition de Yann Arthus Bertrand
00:08:45sur le vivre-ensemble,
00:08:47là aussi saccagé dans la nuit de mercredi à jeudi,
00:08:49place de la Concorde.
00:08:50Il a lui-même fait une petite vidéo
00:08:52pour expliquer ce qui s'était passé.
00:08:54Regardez.
00:09:01Voilà comment je découvre une exposition
00:09:03sur la place de la Concorde,
00:09:05sur le vivre-ensemble, ce matin.
00:09:08Manifestement, les supporters du PSG
00:09:10ont adoré l'exposition.
00:09:13Donc, je lance un appel
00:09:15à tous les gens qui aiment le foot,
00:09:17tous les gens qui pensent que vivre ensemble,
00:09:19c'est important,
00:09:21tous les gens qui aiment la photographie,
00:09:23tous les gens qui ont aimé cette exposition.
00:09:25Donnez un petit coup de main ce matin,
00:09:27parce que c'est un peu compliqué à remonter,
00:09:28que l'exposition soit remise en l'état.
00:09:30Les photos sont un petit peu abîmées,
00:09:32mais le sens restera.
00:09:34Voilà, si vous avez envie
00:09:35de me donner un petit coup de main,
00:09:36vous êtes bienvenus,
00:09:36place de la Concorde,
00:09:37on est là, on vous attend.
00:09:40Et on va continuer l'exposition
00:09:42et continuer à croire au vivre-ensemble,
00:09:44plus que jamais.
00:09:46Je vous embrasse tous,
00:09:47je vous aime.
00:09:49Je vous attends,
00:09:50si vous avez envie de vivre.
00:09:51Voilà.
00:09:53Merci.
00:09:55Que vous fassiez le jeune ?
00:09:56Alors, on va continuer à croire au vivre-ensemble.
00:09:58La préfecture parle de débordement.
00:10:00Pour vous, Philippe,
00:10:01que veulent dire ces images ?
00:10:04C'est extraordinaire,
00:10:07parce que Yann Arthus Bertrand,
00:10:10c'est quand même un homme de la gauche caviar.
00:10:18Et il fait partie de ces grands bourgeois
00:10:22de la Macronie
00:10:25qui parlent du vivre-ensemble,
00:10:27qui voient le vivre-ensemble
00:10:28détruit sous leurs yeux,
00:10:30avec leurs œuvres,
00:10:31et qui continuent à parler du vivre-ensemble.
00:10:34C'est-à-dire qu'en fait,
00:10:35c'est très inquiétant.
00:10:36Ça veut dire qu'ils sont imperméables
00:10:39à l'expérience.
00:10:41Mais en fait,
00:10:43si vous me permettez,
00:10:44Eliott, je crois,
00:10:45de prendre de la hauteur
00:10:47sur votre question.
00:10:50J'ai écouté chez Laurence Ferrari,
00:10:53avant-hier matin,
00:10:54Laurent Nunez.
00:10:55Et je me suis dit, au fond,
00:10:56il est très représentatif.
00:10:59Pourquoi ?
00:11:00Parce que,
00:11:02il me rappelle la phrase de Bossuet,
00:11:04que vous connaissez tous,
00:11:05mais je la répète,
00:11:06parce qu'elle est admirable.
00:11:07« Dieu se moque de ceux
00:11:10qui déplorent les maux
00:11:14dont ils chérissent les causes. »
00:11:17Et donc, en fait,
00:11:18il a abordé trois sujets,
00:11:20Laurent Nunez,
00:11:20et sur les trois sujets,
00:11:22il a parlé des conséquences.
00:11:24Il aborde le sujet des teufeurs,
00:11:27et il dit,
00:11:27il faut réprimer,
00:11:28il faut sanctionner,
00:11:31mais il ne se pose pas la question
00:11:32qu'on devrait se poser.
00:11:33D'où vient cette jeunesse
00:11:35décérébrée,
00:11:36déculturée,
00:11:37désarticulée ?
00:11:40La cause,
00:11:41on la connaît,
00:11:42mais personne ne veut la dire
00:11:43dans le milieu politique.
00:11:45C'est l'écroulement des murs porteurs.
00:11:48Ensuite,
00:11:49il parle de la drogue,
00:11:50et il dit,
00:11:50on va doubler l'amende
00:11:52pour les droguer.
00:11:53Mais il ne parle pas de la drogue,
00:11:55il ne parle pas de la marchandise.
00:11:57Si on rétablissait la frontière,
00:12:01on n'aurait pas toute la drogue
00:12:03qui vient d'Amsterdam.
00:12:04C'est ça la cause.
00:12:05En d'autres termes,
00:12:06il y a des consommateurs,
00:12:08mais il y a des producteurs,
00:12:09il y a des transporteurs,
00:12:10il y a des importateurs,
00:12:11c'est là qu'il faut frapper.
00:12:13Donc on frappe la conséquence,
00:12:14on ne frappe pas la cause.
00:12:15Et j'arrive à votre question,
00:12:19la question des débordements.
00:12:24« Débordement ».
00:12:25Ah !
00:12:31Ne pas nommer les choses,
00:12:32c'est ajouter au malheur du monde.
00:12:34Et débordement,
00:12:35ça veut dire quoi ?
00:12:36J'ai regardé la dépêche AFP.
00:12:37Débordement de joie.
00:12:39Ah oui, d'accord.
00:12:40Donc en fait,
00:12:41c'est le lit qui déborde.
00:12:49En fait,
00:12:50il faut appeler les choses par leur nom.
00:12:51Non, ce n'est pas des débordements qu'on a vus.
00:12:54Il suffit de voir les images.
00:12:57Ce sont...
00:12:58C'est une guérilla urbaine.
00:13:01Et donc,
00:13:04il faut chercher la cause.
00:13:06Et la cause,
00:13:07c'est évidemment
00:13:08la faillite du vivre ensemble.
00:13:10C'est-à-dire
00:13:11d'une politique
00:13:13qui depuis 40 ans, 50 ans,
00:13:19nous coûte
00:13:20200 milliards d'euros
00:13:22avec la politique de la ville
00:13:24qui était un échec total,
00:13:26flagrant,
00:13:27sur lequel personne ne veut revenir.
00:13:29Parce que c'est ça qu'on a vu
00:13:32mercredi soir.
00:13:34Ensuite,
00:13:35la classe dirigeante
00:13:38ne veut pas regarder l'évidence.
00:13:42Elle ne veut pas
00:13:43qu'on dise la vérité.
00:13:46la vérité,
00:13:47c'est qu'on a changé de société.
00:13:51Par rapport à ma jeunesse,
00:13:52par rapport à mon enfance,
00:13:53je me souviens,
00:13:54à l'arrivée
00:13:54sur les Champs-Élysées
00:13:56de la Sainte-Étienne,
00:13:58après la finale de Glasgow.
00:14:01Il n'y avait pas de problème
00:14:02de gendarmerie,
00:14:03de police.
00:14:05Ils sont entrés comme ça,
00:14:06en deux chevaux,
00:14:07dans l'Élysée.
00:14:09Aucun problème.
00:14:10C'était une autre époque.
00:14:12C'était une époque
00:14:13où il y avait des codes,
00:14:15où il y avait des capillarités,
00:14:16des tissus conjunctifs,
00:14:17des voisinages affectifs.
00:14:20On est passé de cette époque-là,
00:14:22de cette société-là,
00:14:24qui était une société homogène,
00:14:27à une société tribale,
00:14:31multifracturée,
00:14:33multiconflictuelle,
00:14:34une société de pré-guerre civile.
00:14:37Et ce que ne veut pas avoir
00:14:38la classe dirigeante,
00:14:39c'est pire.
00:14:40Elle ne veut pas faire le lien,
00:14:42et d'ailleurs,
00:14:43personne ne l'a fait,
00:14:44depuis mercredi.
00:14:46Je vais être le premier.
00:14:49Parce que c'est trop dangereux.
00:14:52Alors allons-y.
00:14:53Elle ne veut pas faire le lien
00:14:54entre ces violences,
00:14:58ces émeutes,
00:15:00ces émeutes,
00:15:02et une politique migratoire massive
00:15:05depuis 50 ans,
00:15:07qui nous a mis dans la situation
00:15:08où nous sommes aujourd'hui.
00:15:10C'est-à-dire un territoire,
00:15:12le territoire de France,
00:15:14qui est désormais
00:15:16l'appallage des bandes,
00:15:18des hordes,
00:15:19des racailles,
00:15:21du barbaricum.
00:15:23Autre image,
00:15:24cette semaine,
00:15:25et vous l'avez un tout petit peu
00:15:26abordée,
00:15:28et ce sont les médias
00:15:30qui, tout le week-end,
00:15:31ont parlé de Free Party,
00:15:32de Rêve Party,
00:15:34alors qu'on était face
00:15:35à un rassemblement illégal,
00:15:38Rêve Party illégal,
00:15:39et dans le même temps,
00:15:40vous vouliez joindre l'image
00:15:42de la Rêve Party illégale
00:15:43à celle à gauche
00:15:45du canon français,
00:15:46qui est visiblement
00:15:47le banquet le plus détesté
00:15:48désormais de l'extrême gauche.
00:15:50Je vais vous proposer
00:15:51le témoignage du cofondateur
00:15:53du canon français,
00:15:53qu'on a reçu sur Europe 1
00:15:56ce vendredi
00:15:57entre 11h et 30h et 13h,
00:15:59qui nous a rappelé,
00:16:00mais on ne va pas l'entendre là,
00:16:02que les fournisseurs,
00:16:03certains des fournisseurs,
00:16:04par exemple,
00:16:04du canon français,
00:16:05sont désormais menacés
00:16:07et attaqués,
00:16:08notamment sur les réseaux sociaux.
00:16:10Je vous propose d'écouter
00:16:11le cofondateur du canon français.
00:16:13On est un peu fatigués
00:16:15et puis, en fait,
00:16:18scandalisés,
00:16:18outrés de cette campagne
00:16:20de harcèlement
00:16:21qu'on subit
00:16:21depuis plusieurs mois maintenant.
00:16:23Là, en ce moment,
00:16:23ils s'en prennent,
00:16:24en fait,
00:16:24à nos fournisseurs.
00:16:26Là, ce matin,
00:16:26c'était un boulanger
00:16:27qui a reçu
00:16:29une ribambelle
00:16:30de menaces
00:16:31extrêmement graves
00:16:31sur son gagne-pain,
00:16:33en fait.
00:16:33Tout simplement,
00:16:34des artistes aussi,
00:16:35nos artistes aussi
00:16:35se font menacer.
00:16:37Geoffroy Lejeune.
00:16:38Cher Philippe,
00:16:39que nous dit
00:16:39cette différence d'appréciation
00:16:40entre le canon français
00:16:42et la fameuse free party
00:16:44sur ces deux manières,
00:16:45disons,
00:16:45très différentes
00:16:46d'éprouver l'art de vivre
00:16:48à la française ?
00:16:48Vous avez raison
00:16:49de faire la comparaison
00:16:50parce qu'elle s'impose,
00:16:51puisque c'est
00:16:52dans la même semaine.
00:16:54Et qu'est-ce qu'on peut dire
00:16:55là-dessus ?
00:16:56D'abord que
00:16:57il y a
00:16:59deux fêtes,
00:17:01deux sortes de fêtes
00:17:02en France aujourd'hui.
00:17:04Je dirais
00:17:05deux Frances de la fête.
00:17:07Il y a la France
00:17:08des terroirs
00:17:09et des chansons à boire
00:17:11et la France
00:17:12de l'homo festivus
00:17:15qui divague
00:17:16sur terrain vague.
00:17:18mais il faut aller plus loin.
00:17:21Il y a deux manières
00:17:22de juger la fête
00:17:24et vous venez
00:17:25d'y faire allusion.
00:17:27Il y a
00:17:29la France des terroirs
00:17:32qui subit
00:17:33un double anathème.
00:17:37D'abord,
00:17:38la gauche militante
00:17:39qui a bien regardé
00:17:42sur les tables,
00:17:44autour des tables
00:17:45et qui retient
00:17:48comme un juge d'instruction,
00:17:51retient un faisceau d'indices.
00:17:54Et dans le faisceau d'indices,
00:17:55il y a quoi ?
00:17:56Il y a la baguette,
00:17:57le béret,
00:18:00les nappes
00:18:01à petits carreaux
00:18:03et puis l'accordéon.
00:18:07Et puis,
00:18:09ils chantent
00:18:11Michel Sardou,
00:18:12le lac de Connemara.
00:18:15Moi,
00:18:17mon sentiment,
00:18:19c'est qu'en fait,
00:18:21ils sont à la recherche
00:18:22de racines de remplacement
00:18:24parce qu'ils vont chercher
00:18:25des racines celtiques.
00:18:26Ils se prennent un moment
00:18:28pendant qu'ils chantent
00:18:29pour O'Connor,
00:18:30pour O'Connally,
00:18:31etc.
00:18:31Ils ne connaissent pas
00:18:32l'Irlande,
00:18:32mais ils n'ont plus
00:18:34de racines,
00:18:35les Français.
00:18:36Et donc,
00:18:36ils cherchent des racines
00:18:37de substitution.
00:18:39Donc,
00:18:39ils font les canons français
00:18:40où ils viennent
00:18:40au plus du fou.
00:18:42La recherche
00:18:43des racines.
00:18:46Alors,
00:18:48la gauche militante
00:18:49ne supporte pas
00:18:50les petites nappes,
00:18:52l'accordéon,
00:18:54Michel Sardou,
00:18:55etc.
00:18:56Et puis,
00:18:57tout à coup,
00:18:59arrive
00:18:59le recteur
00:19:01de la grande mosquée
00:19:02de Paris
00:19:04qui,
00:19:06lui,
00:19:09retient
00:19:13le cochon,
00:19:18le saucisson
00:19:19et le vin rouge.
00:19:23Les premiers,
00:19:24la gauche militante,
00:19:25disent
00:19:26le danger,
00:19:27ce sont les franjouillards.
00:19:29Et lui,
00:19:30il dit,
00:19:30ce sont
00:19:30les islamophobes.
00:19:34Parce que,
00:19:36si on le pousse
00:19:37un peu,
00:19:38il vous dira
00:19:39le fond de sa pensée
00:19:40à savoir
00:19:40que,
00:19:41pour lui,
00:19:43un demi
00:19:44qui mange
00:19:45du cochon,
00:19:46c'est un cousin germain
00:19:47de Charles Martel
00:19:48dont on sait
00:19:49très bien
00:19:51qu'il mangeait
00:19:52du saucisson
00:19:54de Poitiers,
00:19:55des rillettes
00:19:56du Mans
00:19:56et qu'il buvait
00:19:59le muscadet
00:20:00des marguillés
00:20:02de la FOSR.
00:20:03Tout le monde
00:20:04sait ça.
00:20:05Bien.
00:20:06Alors,
00:20:07en fait,
00:20:08on est devant
00:20:10une situation
00:20:12extraordinaire.
00:20:13C'est que,
00:20:18dans le même temps,
00:20:22c'est la grande
00:20:23tolérance
00:20:25pour le technival.
00:20:27Alors,
00:20:28moi,
00:20:28j'ai vu les images,
00:20:29vu et revu
00:20:31les images
00:20:31du technival
00:20:32de Bourges,
00:20:35j'ai vu
00:20:37ce
00:20:39melting pot
00:20:41difforme
00:20:41et monstrueux.
00:20:44J'ai vu
00:20:45ce déversoir
00:20:47de vomissures
00:20:48sonores
00:20:50et j'en avais
00:20:51les larmes aux yeux
00:20:52en pensant
00:20:52à toute cette jeunesse
00:20:54qui vit
00:20:55dans le desservellement,
00:20:57dans l'assourdissement,
00:20:59dans l'étourdissement,
00:20:59dans l'abêtissement.
00:21:03On se serait cru
00:21:05revenu
00:21:07au temps
00:21:08de l'acoustique
00:21:09beuglante
00:21:10de l'homme
00:21:11des cavernes
00:21:15sous les traits
00:21:16d'un anthropoïde
00:21:19qui se pourlèche
00:21:22et qui laisse échapper
00:21:24des grognements
00:21:25douteux
00:21:25depuis l'intestin grêle.
00:21:29J'en avais
00:21:31les larmes aux yeux.
00:21:32Pauvre jeunesse.
00:21:34Quelle société.
00:21:36Quelle société.
00:21:38La société
00:21:41française
00:21:41qui a
00:21:43institué
00:21:44comme norme
00:21:45suprême
00:21:46le nihilisme.
00:21:49Pauvre jeunesse.
00:21:51La jeunesse française
00:21:52qu'on a privée
00:21:54de ses idéaux,
00:21:55qu'on a privée
00:21:55de ses repères,
00:21:56qu'on a privée
00:21:57de ses patries charnelles
00:21:58et spirituelles.
00:22:00Et vous voyez,
00:22:01moi j'ai pensé
00:22:03à la lettre
00:22:04de Saint-Exupéry
00:22:06au général X
00:22:08quand il dit
00:22:09« Le grand problème
00:22:11de par le monde
00:22:12c'est de rendre
00:22:15à tous les humains
00:22:17leur signification spirituelle,
00:22:20leur rendre
00:22:20leur inquiétude spirituelle. »
00:22:22et il ajoute
00:22:23« C'est ce que j'ai pensé
00:22:25en regardant
00:22:26ces images
00:22:26de Bourges
00:22:28quand on écoute
00:22:29un chant
00:22:30villageois
00:22:31du XVe siècle,
00:22:33on mesure
00:22:34la pente descendue. »
00:22:38Voilà ce qu'on pouvait dire
00:22:39sur ces deux mondes
00:22:40entre le canon français
00:22:42et la rêve
00:22:44partie illégale
00:22:46donc le week-end dernier
00:22:47du côté de Bourges.
00:22:49Parlons à présent
00:22:50Philippe De Villiers
00:22:50mais dans la continuité
00:22:52de la gastronomie française.
00:22:54L'actualité
00:22:55des deux dernières semaines
00:22:55a été marquée
00:22:56par plusieurs informations
00:22:57qui ont provoqué
00:22:58ce cri d'alarme
00:22:59du chef étoilé
00:23:01Thierry Marx,
00:23:02le président
00:23:02de l'Union des métiers
00:23:03et des industries
00:23:04de l'hôtellerie.
00:23:04Il a déclaré
00:23:05la gastronomie française
00:23:06est en danger de mort
00:23:07et il est revenu
00:23:08sur la polémique
00:23:09autour de Master Poulet
00:23:11qui s'installe
00:23:11sur le cadavre
00:23:12de la restauration
00:23:13traditionnelle.
00:23:14C'est Thierry Marx
00:23:15qui le dit
00:23:15je vous propose
00:23:16de l'écouter d'ailleurs.
00:23:18Quand un restaurateur
00:23:19en restauration assise
00:23:21qui paye des salaires
00:23:21qui paye des charges
00:23:22qui paye des loyers
00:23:23qui paye des taxes
00:23:24quand il fait un menu
00:23:25à 22 euros
00:23:26il lui reste 40 centimes.
00:23:28Quand vous développez
00:23:2960 restaurants
00:23:29de ce type
00:23:30Croustie Poulet
00:23:31ou autre
00:23:32vous avez des revenus
00:23:33qui sont bien supérieurs
00:23:34à un moment donné
00:23:35le restaurateur
00:23:36qui faisait du fait maison
00:23:37lâche prise
00:23:38et aujourd'hui
00:23:39sur ce lâcher prise
00:23:40et bien finalement
00:23:41s'installe une autre restauration
00:23:42la nature
00:23:43n'aime pas le vide
00:23:44C'est parce que c'est trop dur
00:23:45Mais bien sûr
00:23:46aujourd'hui
00:23:46vous ne vous en sortez pas
00:23:48Geoffroy
00:23:49Cher Philippe
00:23:50avez-vous le même sentiment
00:23:51que Thierry Marx ?
00:23:53Oui
00:23:55et il a très bien dit
00:23:57les choses
00:23:58Master Poulet
00:23:59s'installe
00:23:59sur le cadavre
00:24:01de la restauration
00:24:02traditionnelle
00:24:04à Pâques
00:24:05pour aller à Foncombeau
00:24:06j'ai traversé
00:24:07une grande partie
00:24:07de la France
00:24:08l'écharpe du désert
00:24:09et dans tous les villages
00:24:11que je traversais
00:24:13La Roche-Posay
00:24:17Bressuit
00:24:18les restaurants
00:24:20fermés
00:24:20fermés
00:24:21fermés
00:24:21fermés
00:24:21en fait
00:24:22on avait 200 000 restaurants
00:24:24traditionnels
00:24:24on n'a plus que 100 000
00:24:28c'est une tragédie
00:24:30et en fait
00:24:30dans la même semaine
00:24:31il y a eu trois faits majeurs
00:24:33qui sont passés inaperçus
00:24:34le premier
00:24:35donc
00:24:36c'est la déclaration
00:24:37de M. Marx
00:24:38qui est quand même
00:24:39un chef étoilé
00:24:40représentatif
00:24:41puisque c'est le président
00:24:42des métiers de l'hôtellerie
00:24:45ensuite
00:24:46il y a eu
00:24:47les paysans français
00:24:48qui ont eu connaissance
00:24:50d'un codicil
00:24:51scandaleux
00:24:52Le Point a fait d'ailleurs
00:24:53un très bon article
00:24:54là-dessus
00:24:55sur
00:24:57sur le
00:24:59la vision ultime
00:25:01du Mercosur
00:25:01qui accorde
00:25:03le Mercosur
00:25:05qui accorde
00:25:05désormais
00:25:07tout le marché européen
00:25:08de la viande
00:25:09un géant
00:25:10un géant brésilien
00:25:12exactement
00:25:14donc ça veut dire
00:25:15la viande aux hormones
00:25:16arrivent
00:25:17pendant que
00:25:18la viande
00:25:20la volaille
00:25:21traitée aux activateurs
00:25:23de croissance
00:25:23arrive d'Ukraine
00:25:25et puis enfin
00:25:26il y a eu une décision
00:25:27de la commission
00:25:29de requalifier
00:25:31des OGM
00:25:31des nouveaux OGM
00:25:33des nouvelles formes
00:25:33d'OGM
00:25:34avec des brevets
00:25:35pour les grandes entreprises
00:25:36de l'agrochimie
00:25:38pauvres paysans français
00:25:39qu'est-ce qu'il leur reste
00:25:41eux qui sont si proches
00:25:43de la nature
00:25:43et en fait
00:25:44en voyant tout ça
00:25:46j'ai pensé
00:25:47à Bria Savarin
00:25:48que je connais bien
00:25:49parce que
00:25:51j'ai inauguré
00:25:52avec Charles Millon
00:25:53mon ami Charles Millon
00:25:54maire de Belay
00:25:55à l'époque
00:25:55député de Belay
00:25:57la fondation
00:25:58Bria Savarin
00:25:59Bria Savarin disait
00:26:00la cuisine d'un peuple
00:26:03est le témoin exact
00:26:05de sa civilisation
00:26:09c'est-à-dire
00:26:11on avait une grande cuisine
00:26:13on avait un art de la table
00:26:16recherché dans le monde entier
00:26:17on avait une grande civilisation
00:26:19et c'est Bria Savarin
00:26:21qui a défini
00:26:22l'identité culinaire
00:26:23de la France
00:26:24quand il dit
00:26:24dans tous les autres pays
00:26:26on mange
00:26:28en France
00:26:29on goûte
00:26:30le goût français
00:26:32et il disait
00:26:33les animaux
00:26:34se repèsent
00:26:35les hommes mangent
00:26:37l'homme d'esprit
00:26:39lui sait manger
00:26:42d'ailleurs
00:26:43j'ai pensé à
00:26:45à vous Elliot
00:26:46parce qu'il avait aussi un mot
00:26:52remarquable
00:26:52qui disait
00:26:53un dessert
00:26:55sans fromage
00:26:56c'est comme une belle
00:26:58à qui il manque un oeil
00:27:00voilà
00:27:01et donc
00:27:04je prends des images
00:27:05qui peuvent toucher
00:27:06mon public
00:27:07sur ce plateau
00:27:10mais ce que
00:27:11ce que vous savez peut-être pas
00:27:13c'est qu'en fait
00:27:14longtemps
00:27:16pendant longtemps
00:27:16l'art culinaire
00:27:19à la française
00:27:19la gastronomie française
00:27:21était un moyen de gouvernement
00:27:24la preuve
00:27:26Talleyrand
00:27:28il va voir Louis XVIII
00:27:30et il lui dit
00:27:31bon
00:27:31il part au congrès
00:27:33de Vienne
00:27:351814-1815
00:27:36il n'a pas d'argument
00:27:38la France est vaincue
00:27:40sauf que
00:27:41il explique au roi
00:27:42qui n'en croit pas ses yeux
00:27:44j'ai peut-être
00:27:47de quoi
00:27:48rétablir le prestige
00:27:49de la France
00:27:50grâce
00:27:50à l'art
00:27:52de la cuisine
00:27:54c'est un amphitryon
00:27:55réputé
00:27:56comme on dit à l'époque
00:27:58et
00:28:00il va réussir
00:28:02à compenser
00:28:02l'humiliation militaire
00:28:04par le triomphe
00:28:05culinaire français
00:28:06c'est-à-dire qu'il amène
00:28:07avec lui
00:28:07des cuisiniers
00:28:08des restaurateurs
00:28:09les grands noms
00:28:10et il séduit
00:28:12avec les grands vins
00:28:13il séduit
00:28:14tout le congrès de Vienne
00:28:15et il obtient
00:28:16tout ce qu'il veut
00:28:18après avoir dit
00:28:19à Louis XVIII
00:28:21Sire
00:28:22vous voulez me donner
00:28:23des instructions
00:28:24ce ne sont pas
00:28:24des instructions
00:28:25je veux
00:28:25ce sont des casseroles
00:28:27et donc en fait
00:28:30il faut savoir
00:28:31que le restaurant
00:28:31c'est une invention
00:28:32française
00:28:33avant le restaurant
00:28:37le privilège
00:28:38de la gastronomie
00:28:39était réservé
00:28:39à l'opulence
00:28:41et depuis
00:28:42le restaurant
00:28:44à la française
00:28:44c'est tout le public
00:28:46c'est tout le peuple
00:28:48qui peut manger
00:28:48au restaurant
00:28:50et donc goûter
00:28:51à ce qu'on appelle
00:28:52la gastronomie française
00:28:53il y avait un
00:28:54un dicton
00:28:55quand j'étais petit
00:28:57qui n'était pas
00:28:58de Saint-Ignon
00:28:59pour une fois
00:29:00qui était
00:29:01mon insuliteur
00:29:02qui disait
00:29:02il n'est de bon bec
00:29:04que de France
00:29:05c'est magnifique
00:29:07juste une chose
00:29:08lorsque vous avez
00:29:09fait référence
00:29:09au dessert
00:29:10et au fromage
00:29:10vous trouvez
00:29:11que je suis un peu
00:29:11serré dans mon costume
00:29:12c'est intéressant
00:29:12non c'est parce que
00:29:13c'est à cause
00:29:15vous parlez toujours
00:29:16des belles
00:29:17etc
00:29:21parlons d'industrie
00:29:22à présent
00:29:23Philippe Devilliers
00:29:24et on va se plonger
00:29:25c'était hier
00:29:26vous êtes déstabilisé
00:29:27un peu oui
00:29:28un petit peu
00:29:31mais je vais reprendre
00:29:32mes esprits
00:29:32le temps de voyager
00:29:34un petit peu
00:29:34dans le temps
00:29:35puisqu'on va partir
00:29:36et on va parler
00:29:37de l'industrie
00:29:38avec cette question
00:29:39l'Europe va-t-elle
00:29:40être dévorée
00:29:41par la Chine
00:29:41le journal Le Monde
00:29:42a consacré
00:29:43une série d'articles
00:29:44de fond
00:29:45ces articles vous ont
00:29:46passionné cette semaine
00:29:47sur les relations économiques
00:29:48entre la Chine
00:29:49et l'Europe
00:29:49le titre
00:29:50c'est en 30 ans
00:29:51l'Eldorado chinois
00:29:52se mue en piège
00:29:53pour l'Europe
00:29:53et vous avez vécu
00:29:55intensément
00:29:56cette période
00:29:56où le piège
00:29:57s'est ouvert
00:29:59puis refermé
00:30:00en l'espace
00:30:01de trois décennies
00:30:02et vous m'avez dit
00:30:04cette semaine
00:30:04au téléphone
00:30:05lorsqu'on préparait
00:30:06cette émission
00:30:06mais je me suis battu
00:30:08je me suis battu
00:30:09toute ma carrière politique
00:30:12pour lutter
00:30:13contre le fameux
00:30:14libre-échangisme
00:30:15et la menace
00:30:16d'être dévoré
00:30:17par l'Asie
00:30:18mais également
00:30:19par les Etats-Unis
00:30:20et donc j'ai creusé
00:30:22j'ai creusé
00:30:23et je me suis plongé
00:30:24donc on est en
00:30:251991
00:30:26l'émission s'appelle
00:30:271995
00:30:28pardonnez-moi
00:30:30l'émission s'appelle
00:30:31la marche du siècle
00:30:32vous deviez débattre
00:30:33avec Bernard Kouchner
00:30:34mais il a eu
00:30:35une petite urgence
00:30:36visiblement
00:30:37à ce moment-là
00:30:38et vous n'avez pas pu
00:30:38débattre avec lui
00:30:39vous êtes face à des jeunes
00:30:41qui vous posent
00:30:42plein de questions
00:30:42sur l'emploi
00:30:43sur l'industrie
00:30:44écoutez votre réponse
00:30:45lorsqu'une jeune invitée
00:30:47vous pose la question
00:30:48sur l'industrie
00:30:49et surtout
00:30:49sur la menace
00:30:50sur l'emploi
00:30:52je prends l'exemple
00:30:53de ce poste radio
00:30:54on pourrait prendre
00:30:55un Walkman
00:30:55on pourrait prendre
00:30:56vos vêtements
00:30:56on pourrait prendre
00:30:57un disque
00:30:58il n'y a plus de maison
00:30:58disque européenne
00:30:59etc
00:30:59ce poste radio
00:31:00d'où vient-il
00:31:01il a été acheté
00:31:02dans un supermarché
00:31:03à la Roche-sur-Yon
00:31:04donc en France
00:31:0565 francs
00:31:07j'ai ôté la marque
00:31:08et il a été fabriqué
00:31:09en Chine
00:31:11il n'existe plus
00:31:12d'entreprise
00:31:13en France
00:31:14qui fabrique
00:31:14des postes radio
00:31:16pas même en Europe
00:31:17d'ailleurs
00:31:18et il a été fabriqué
00:31:19en Chine
00:31:20à Canton
00:31:21dans un camp
00:31:22de travail
00:31:23des femmes
00:31:24déportées
00:31:25il y a 200 millions
00:31:26d'enfants
00:31:27aujourd'hui
00:31:28qui sont
00:31:29des enfants esclaves
00:31:30qui travaillent pour rien
00:31:31et qui fabriquent
00:31:32nos chaussures
00:31:33nos vêtements
00:31:34etc
00:31:35en d'autres termes
00:31:38si on continue
00:31:39à jouer
00:31:39le jeu
00:31:40du libre-échangeisme mondial
00:31:41sans protéger
00:31:42nos secteurs fragiles
00:31:44c'est-à-dire
00:31:44nos industries de main-d'oeuvre
00:31:45ou nos secteurs stratégiques
00:31:47par exemple
00:31:47l'électronique
00:31:48l'informatique
00:31:48etc
00:31:49et bien
00:31:50on n'aura plus
00:31:51au niveau
00:31:51de l'Europe entière
00:31:53la possibilité
00:31:54de donner des emplois
00:31:55à tout le monde
00:31:56et c'est cette logique
00:31:57dans laquelle
00:31:57on est entré
00:31:58et quand je vois
00:32:01l'autosatisfaction
00:32:02par exemple
00:32:02des technocrates européens
00:32:04ou des hommes politiques français
00:32:05qui disent
00:32:05non non
00:32:06il ne faut pas toucher
00:32:06au libre-échangeisme mondial
00:32:07il faut faire l'OMC
00:32:08il faut faire le GATT
00:32:09l'OMC
00:32:10c'est l'organisation mondiale
00:32:11du commerce
00:32:11ça veut dire
00:32:12ça veut dire
00:32:13qu'effectivement
00:32:14on accepte
00:32:15que l'ensemble
00:32:16de nos secteurs
00:32:17et pas simplement
00:32:19les secteurs traditionnels
00:32:20l'ensemble
00:32:20soit complètement
00:32:22soit complètement
00:32:25concurrencés
00:32:26par des pays
00:32:26à très bas salaire
00:32:27et qui n'ont pas
00:32:28de protection sociale
00:32:29et qui n'ont pas
00:32:30de normes d'environnement
00:32:31je vous prends le jeune
00:32:32c'était il y a
00:32:34désormais 31 ans
00:32:3531 ans
00:32:35on était en 95
00:32:37est-ce que vous pouvez
00:32:37nous rappeler
00:32:38cher Philippe
00:32:38quels étaient
00:32:38à l'époque
00:32:39les termes du débat
00:32:40sur le sujet
00:32:40alors oui
00:32:41c'est très intéressant
00:32:42ça c'est un moment
00:32:44traumatisant de ma vie
00:32:47parce que
00:32:48je me suis dit
00:32:50je parle dans le vide
00:32:54et quand j'ai vu
00:32:55cette série
00:32:56des articles du monde
00:32:57j'étais réconforté
00:32:58parce que
00:32:58c'était
00:32:59quatre articles
00:33:00très intelligents
00:33:01et très brillants
00:33:04vous me permettez
00:33:05de rendre hommage
00:33:05au journal Le Monde
00:33:08alors
00:33:09en fait
00:33:10pour résumer
00:33:11les termes du débat
00:33:12pour reprendre
00:33:12votre expression
00:33:13je dirais ceci
00:33:16le piège
00:33:17s'est ouvert
00:33:18sur l'occident
00:33:20le 9 novembre
00:33:221989
00:33:23je l'ai vécu
00:33:26avec
00:33:29la fin
00:33:30de la guerre froide
00:33:32la chute
00:33:33du mur
00:33:34de Darlin
00:33:34la chute
00:33:35du rideau de fer
00:33:36et la fin
00:33:37du pacte
00:33:38de Varsovie
00:33:38et à ce moment là
00:33:39toute la classe
00:33:41politique
00:33:44dirigeante
00:33:45toute tendance
00:33:47confondue
00:33:47gauche
00:33:48et droite
00:33:51a redécouvert
00:33:52Ricardo
00:33:55qui disait
00:33:56nous allons
00:33:57un jour
00:33:58peut-être connaître
00:33:59sans doute connaître
00:34:00la paix perpétuelle
00:34:02par le doux commerce
00:34:05qu'est-ce que c'est
00:34:06la paix perpétuelle ?
00:34:07c'est l'enchevêtrement
00:34:09génial
00:34:10l'enchevêtrement
00:34:11des chaînes
00:34:12de valeur globale
00:34:14qui créent
00:34:15des liens
00:34:15inextricables
00:34:16et qui rendent
00:34:17les conflits
00:34:18impossibles
00:34:21et je les entendais
00:34:22tous expliquer ça
00:34:23ils m'expliquaient ça
00:34:24en disant
00:34:25c'est la paix perpétuelle
00:34:26la paix perpétuelle
00:34:27c'est l'ouverture
00:34:28ah l'ouverture
00:34:29sur les euros
00:34:30sur les billets
00:34:31il y avait des ponts
00:34:32qui mènent nulle part
00:34:34des ponts
00:34:35parce que l'ennemi
00:34:36c'est la frontière
00:34:37la douane
00:34:38donc plus de douane
00:34:39plus de frontière
00:34:40c'était l'époque
00:34:41où Nostra et Tate
00:34:42concile Vatican II
00:34:43dit
00:34:43on va vers un monde
00:34:45unifié
00:34:45même l'église
00:34:46tout le monde
00:34:47l'unification du monde
00:34:49l'unification de la planète
00:34:51avec
00:34:51la
00:34:52Greta Thunberg
00:34:53qui était
00:34:54la jeune d'arc
00:34:55qui entendait
00:34:56les voix
00:34:56de la couche d'ozone
00:34:57c'était
00:34:58voilà
00:34:58la mer nature
00:34:59etc
00:35:00et donc
00:35:01plus de frontières
00:35:02plus de nations protectrices
00:35:03l'unification
00:35:05du monde
00:35:06et le système
00:35:07a marché
00:35:09et c'est pour ça
00:35:09que j'étais défait
00:35:11le système a marché
00:35:12pourquoi il a marché ?
00:35:14pour les raisons suivantes
00:35:15d'abord
00:35:15puisque tout le monde
00:35:17a accepté
00:35:17la division du travail
00:35:18il y avait
00:35:19en Occident
00:35:20l'innovation
00:35:22les blouses blanches
00:35:23centrales
00:35:24polytechniques
00:35:25Shanghai
00:35:26les bleus de travail
00:35:27donc l'innovation
00:35:29en Occident
00:35:29et l'exécution
00:35:31en Chine
00:35:32qu'on appelait
00:35:33l'atelier du monde
00:35:35tout un programme
00:35:37l'atelier du monde
00:35:38les choses sont dites
00:35:41deuxièmement
00:35:42comme je le dis
00:35:43dans l'émission
00:35:44avec Jean-Marie Cavada
00:35:47il y avait
00:35:49le coût de la main d'oeuvre
00:35:52en Chine
00:35:52était une fraction
00:35:54du coût de la main d'oeuvre
00:35:55en Occident
00:35:56et autre chose
00:35:59et autre chose
00:36:00de très important
00:36:00le coût du transport
00:36:03c'était rien
00:36:03et donc en fait
00:36:06une entreprise
00:36:07de meubles
00:36:08du Boupère
00:36:09avait plus intérêt
00:36:11une fois qu'elle a dessiné
00:36:14la ligne de la commode
00:36:15à envoyer
00:36:16la fabrication
00:36:17en Chine
00:36:19et à récupérer
00:36:21la commode
00:36:22toute neuve
00:36:23et c'était encore
00:36:25hyper rentable
00:36:26c'était hyper rentable
00:36:28seulement voilà
00:36:29cher Geoffroy
00:36:31cher Elliot
00:36:32le piège s'est refermé
00:36:36et il s'est refermé
00:36:37de la manière suivante
00:36:39l'atelier du monde
00:36:40est devenu
00:36:41l'ingénieur du monde
00:36:44le mépris
00:36:45de la classe politique française
00:36:47pour le tiers monde
00:36:49pour les chinois
00:36:50pour les indiens
00:36:51je revois
00:36:52je ne veux pas donner les noms
00:36:53si je donne un nom
00:36:54baladur
00:36:55il me dit
00:36:56mais enfin monsieur de Villiers
00:36:57vous n'allez quand même pas penser
00:36:58qu'ils vont former
00:36:59des ingénieurs
00:37:00des informaticiens
00:37:01c'est pas de mal à la veille
00:37:02ah bon d'accord
00:37:03ça y est c'est fait
00:37:04non seulement ça
00:37:06mais ils ont les terres rares
00:37:07et
00:37:08maintenant
00:37:09ils ont
00:37:10ils ont 70%
00:37:11des smartphones
00:37:1280%
00:37:13des panneaux
00:37:14photovoltaïques
00:37:15etc
00:37:15etc
00:37:16en d'autres termes
00:37:18la Chine
00:37:19le fournisseur
00:37:20est devenu pourvoyeur
00:37:21la messe est dite
00:37:23et dans la séquence
00:37:24et dans la séquence
00:37:24que nous avons vue
00:37:25sur l'émission
00:37:25qui s'appelait
00:37:26la marche du siècle
00:37:27on aurait pu la prolonger
00:37:28parce que vous avez
00:37:28toute une réflexion
00:37:29et vous dites
00:37:30aux jeunes
00:37:30qui nous regardent
00:37:32qui vous regardent
00:37:33et qui échangent
00:37:34en 95
00:37:34vous dites
00:37:35c'est pour ça
00:37:35que je suis candidat
00:37:37à la présidentielle
00:37:38c'est parce que
00:37:38personne ne vous parlera
00:37:39du danger
00:37:40de ce libre-échangisme
00:37:42qui nous met en difficulté
00:37:44rapidement
00:37:44Philippe
00:37:45est-ce que vous partagez
00:37:46l'opinion
00:37:46des économistes
00:37:47selon laquelle
00:37:48la Chine va bientôt dévorer
00:37:50parce que là
00:37:51on a bien compris
00:37:51que le rapport de force
00:37:53avait changé
00:37:53mais est-ce que
00:37:54la Chine va dévorer
00:37:55cette question
00:37:57est capitale
00:37:59et m'amène à dire
00:38:00quelque chose
00:38:01que personne ne dit
00:38:03alors
00:38:03pourquoi elle est capitale
00:38:04c'est une machine à cran
00:38:05c'est un engrenage
00:38:06comme un moulin à farine
00:38:10alors
00:38:11premier cran
00:38:11des années 80
00:38:15les Chinois nous disent
00:38:16ok
00:38:16on accepte
00:38:18que vous veniez chez nous
00:38:19toutes les grandes entreprises
00:38:20mais
00:38:21à condition
00:38:22que vous fassiez
00:38:23des transferts
00:38:23de technologie
00:38:25et nous
00:38:25on fait des transferts
00:38:26de technologie
00:38:27ça s'appelle
00:38:28les joint ventures
00:38:30c'est très avantageux
00:38:32de toute façon
00:38:33ils seront incapables
00:38:34et bien si
00:38:35ils ont été capables
00:38:35puisque
00:38:36par exemple
00:38:37pour le rail
00:38:38le matériel ferroviaire
00:38:40ils sont devenus
00:38:40en 25 ans
00:38:41numéro 1 mondial
00:38:42du matériel ferroviaire
00:38:45donc en fait
00:38:46comme dit le monde
00:38:47on leur a donné
00:38:48nos plans
00:38:49ensuite
00:38:51deuxièmement
00:38:52deuxième étape
00:38:54les années 2000
00:38:55on fait rentrer
00:38:58la Chine
00:38:58à l'OMC
00:38:592001
00:39:00résultat
00:39:02300 000 emplois
00:39:03détruits
00:39:04en France
00:39:06ensuite
00:39:07troisième étape
00:39:08troisième cran
00:39:112010
00:39:12les joint ventures
00:39:14à l'envers
00:39:15extraordinaire
00:39:16c'est à dire qu'en fait
00:39:18les Chinois
00:39:19nous avaient dit
00:39:20d'accord
00:39:21vous venez chez nous
00:39:21mais vous partagez
00:39:23avec nous
00:39:23votre technologie
00:39:24et maintenant
00:39:25c'est l'inverse
00:39:25c'est nous
00:39:26qui implorons
00:39:27les Chinois
00:39:27depuis 2010
00:39:30pour que
00:39:30ils nous donnent
00:39:31ils viennent chez nous
00:39:33mais ils nous donnent
00:39:33leur technologie
00:39:34ils nous partagent
00:39:35leur technologie
00:39:35alors on fabrique
00:39:36des co-entreprises
00:39:37locales
00:39:39et puis enfin
00:39:41quatrième cran
00:39:42c'est le plus récent
00:39:432020
00:39:44c'est Trump
00:39:46qui dit
00:39:46on met maintenant
00:39:47des droits de douane
00:39:48prohibitifs
00:39:49pour les produits
00:39:50chinois
00:39:51et du coup
00:39:51la Chine
00:39:52fait de l'Europe
00:39:53un espace
00:39:55commercial
00:39:56de substitution
00:39:57un recours
00:39:59et tout ça
00:40:00me fait penser
00:40:01à ce qui s'est passé
00:40:03finalement
00:40:05depuis
00:40:061964
00:40:071964
00:40:08la France
00:40:09rétablit
00:40:09ses relations diplomatiques
00:40:10avec la Chine
00:40:11à l'époque
00:40:13relisez la presse
00:40:14de cette époque
00:40:15la France
00:40:15est une grande puissance
00:40:16mondiale
00:40:17et la Chine
00:40:18est une petite puissance
00:40:19régionale
00:40:211974
00:40:21Alain Perfit
00:40:23publie
00:40:24quand la Chine
00:40:25s'éveillera
00:40:25à partir du mot
00:40:27de Napoléon
00:40:28laisser dormir la Chine
00:40:30un jour
00:40:30elle s'éveillera
00:40:31alors le monde
00:40:32tremblera
00:40:35effectivement
00:40:35la Chine
00:40:36s'est réveillée
00:40:38le monde
00:40:39tremble
00:40:40et ce que je voulais dire
00:40:41de très important
00:40:42et de plus important
00:40:43qu'il faudra développer
00:40:44si vous voulez
00:40:44dans une émission prochaine
00:40:45c'est que
00:40:47on a cru
00:40:48tous les pays occidentaux
00:40:50et en particulier
00:40:50la France
00:40:51et les hommes politiques
00:40:52sont gravement responsables
00:40:53qu'avec les chaînes
00:40:55de valeur globale
00:40:56on allait
00:40:57dans une prospérité générale
00:41:01retrouver de la puissance
00:41:03en fait
00:41:04il ne nous reste plus rien
00:41:05parce qu'avec les chaînes
00:41:06de valeur globale
00:41:07on a vu avec le Covid
00:41:09que même
00:41:09pour les médicaments
00:41:11comme
00:41:11le
00:41:13paracétamol
00:41:14on dépendait
00:41:15de la Chine
00:41:15et donc en réalité
00:41:17il faudrait
00:41:18reconstruire une puissance
00:41:19pour reconstruire
00:41:20une puissance
00:41:21il faut pouvoir
00:41:22se protéger
00:41:23les Allemands
00:41:23ne le veulent pas
00:41:24donc la présidence européenne
00:41:25ce n'est pas la peine
00:41:25d'y penser
00:41:26et donc il n'y a qu'une seule solution
00:41:28pardon
00:41:30il faut sortir de l'Union Européenne
00:41:32parce que la puissance
00:41:34c'est la nation
00:41:35la puissance nationale
00:41:36si on va avoir une industrie
00:41:38une agriculture
00:41:40une électricité
00:41:41une énergie
00:41:42etc.
00:41:42une diplomatie
00:41:44puissante
00:41:45il faut être chez nous
00:41:48autre sujet à présent
00:41:49mais on reviendra évidemment
00:41:50sur les questions d'économie
00:41:52de souveraineté
00:41:53et d'industrie
00:41:54dans les prochaines semaines
00:41:55Philippe De Villiers
00:41:56il nous reste
00:41:57un petit quart d'heure
00:41:59je voudrais que
00:42:00on parle
00:42:01également
00:42:01de Génie Basté
00:42:03que vous connaissez très bien
00:42:04qui
00:42:05la saison prochaine
00:42:06participera
00:42:07tout en restant
00:42:08sur CNews
00:42:09et sur Europe 1
00:42:09à l'émission
00:42:10L'heure de vérité
00:42:12c'est le grand retour
00:42:13de cette émission politique
00:42:14à laquelle vous avez participé
00:42:15à de nombreuses reprises
00:42:17Philippe De Villiers
00:42:18vous étiez l'invité
00:42:19de ce grand rendez-vous politique
00:42:20L'heure de vérité
00:42:22et sa simple participation
00:42:24à cette émission
00:42:25et bien a provoqué
00:42:28la colère
00:42:29des sociétés
00:42:30de journalistes
00:42:31de France TV
00:42:32elle a été attaquée
00:42:33pour ne pas dire caricaturée
00:42:35avant de parler
00:42:37de Génie Basté
00:42:37je voudrais juste
00:42:38qu'on voit une séquence
00:42:38c'est votre première
00:42:39heure de vérité
00:42:40on est en 91
00:42:41il y a 36 ans
00:42:43et déjà
00:42:44il y avait ce climat médiatique
00:42:46ce système
00:42:47qui vous caricaturait
00:42:48qui vous présentait
00:42:49comme le vicomte
00:42:50le fou du puits
00:42:51regardez
00:42:53il s'est agi
00:42:54de constituer
00:42:55une liste de rénovateurs
00:42:56vous êtes parti
00:42:57cueillir des fraises
00:42:59vous vous étrangez
00:43:00tour à tour
00:43:00parmi les partisans
00:43:01de M. Valéry Giscard d'Estaing
00:43:02avec les amis
00:43:03de M. François Léotard
00:43:04et au nombre
00:43:05des supporters
00:43:06de M. Raymond Bar
00:43:08quand on sait
00:43:09les sentiments
00:43:09que se portent
00:43:10ces trois personnages
00:43:11cela suppose
00:43:12comment dirais-je
00:43:13une certaine
00:43:14agilité d'esprit
00:43:16d'agilité
00:43:17à agiter
00:43:18il n'y a pas loin
00:43:19M. le ministre
00:43:19mais je reste
00:43:21aussi inattendu
00:43:22que cela vous paraisse
00:43:23du même avis
00:43:24à votre sujet
00:43:24que le Figaro magazine
00:43:26vous êtes autre chose
00:43:28qu'un homme politique
00:43:28vous seriez plutôt
00:43:30un adolescent
00:43:31M. le ministre
00:43:32je vous confie
00:43:33à mes confrères
00:43:34réaction
00:43:35M. le ministre
00:43:38j'ai écouté
00:43:39le portrait
00:43:40de Philippe Meillard
00:43:41avec beaucoup
00:43:43d'attention
00:43:44et j'ai noté
00:43:46quelque chose
00:43:47qui m'amène
00:43:48à le compléter
00:43:51il a dit
00:43:52Philippe de Villiers
00:43:53le ficonte
00:43:56alors j'aurais
00:43:57dire ce soir
00:43:57que j'ai le grade
00:43:58intermédiaire
00:44:00entre le baron
00:44:01des rois de Bliqui
00:44:02et le marquis
00:44:03de Virieux
00:44:04et ça me met tout à fait
00:44:06à l'aise
00:44:08c'est tout
00:44:10c'est tout
00:44:10c'est tout
00:44:11c'est mince
00:44:11bon
00:44:12on enchaîne
00:44:13on enchaîne avec
00:44:15Alain Duhamel
00:44:16pour un quart d'heure
00:44:17alors pour les téléspectateurs
00:44:18il faut expliquer
00:44:19oui
00:44:20allez-y
00:44:20donc en fait
00:44:21l'ordre de vérité
00:44:22d'abord c'était
00:44:22le sas préparatoire
00:44:24pour l'élection présidentielle
00:44:26c'était
00:44:26quand vous accédez
00:44:27à l'ordre de vérité
00:44:28vous passez en Ligue 1
00:44:29je m'adapte
00:44:30à mon public
00:44:31merci
00:44:34et alors il y avait
00:44:35la musique de Paul McCartney
00:44:37très angoissante
00:44:38il y avait ensuite
00:44:39on signait un livre d'or
00:44:40j'avais mis
00:44:40ne mentez plus
00:44:41alors là les journalistes
00:44:42m'ont regardé
00:44:43et alors il y avait
00:44:44les brahmanes
00:44:45de la médiacratie
00:44:47naissante
00:44:48c'est-à-dire
00:44:49Alain Duhamel
00:44:51et
00:44:53qui était là
00:44:54depuis 1932
00:44:56ensuite il y avait
00:44:58François-Henri de Ville
00:44:59et Albert Duroy
00:45:01et en fait
00:45:02j'avais découvert
00:45:04que Duroy
00:45:04est un baron belge
00:45:07mais comme c'est
00:45:08un homme de gauche
00:45:08il le cachait
00:45:12et donc
00:45:12il était faux mec
00:45:13sous le grillage
00:45:14du radar
00:45:15et puis
00:45:16François-Henri de Ville
00:45:17était marqué
00:45:18de son état
00:45:19donc
00:45:19ils m'ont mis
00:45:21la balle dans la raquette
00:45:22voilà
00:45:22mais vous avez vu
00:45:23comment je suis traité
00:45:24quoi
00:45:24je suis vraiment
00:45:26ça a été ça
00:45:28pendant 30 ans
00:45:29mais vous
00:45:30vous me faites subir
00:45:32ce que vous avez subi
00:45:33il y a 30 ans
00:45:34lorsque vous dites
00:45:35la Ligue 1
00:45:35vous auriez pu avoir
00:45:36la gentillesse
00:45:37et la tendresse
00:45:38de dire
00:45:38la Ligue des Champions
00:45:39et puis c'est d'actualité
00:45:41cette semaine
00:45:41mais on va éviter
00:45:42de parler de ça
00:45:43Geoffroy Lejeune
00:45:44il a fallu attendre
00:45:45Elliot
00:45:45pour que ce traitement
00:45:46s'arrête
00:45:48non et
00:45:48et plus sérieusement
00:45:51qu'est-ce que ça
00:45:52voulait dire
00:45:52d'être invité
00:45:53à l'ordre de vérité
00:45:57l'ordre de vérité
00:45:58c'était l'émission phare
00:45:59l'émission reine
00:46:00de la vie politique
00:46:02et quand vous étiez
00:46:03invité
00:46:04cela voulait dire
00:46:05que vous faisiez partie
00:46:07du top 10
00:46:08c'est un peu
00:46:08que vous êtes
00:46:10à Roland-Garros
00:46:10quoi
00:46:11et donc
00:46:13pourquoi
00:46:14parce qu'il y avait
00:46:15donc
00:46:15les intervenants
00:46:16prestigieux
00:46:18les professionnels
00:46:19de la profession
00:46:20les trois grands noms
00:46:21quand vous étiez
00:46:22en face
00:46:22d'Alain Duhamel
00:46:23bon déjà
00:46:26voilà
00:46:26et
00:46:28ensuite
00:46:29il y avait
00:46:30la mise en scène
00:46:32et
00:46:33qui était
00:46:35incroyable
00:46:35l'arrivée
00:46:36il y avait le public
00:46:37etc
00:46:38moi je me souviens
00:46:39à ma première
00:46:39de vérité
00:46:40il y avait
00:46:40Jimmy Goldswiss
00:46:41il y avait
00:46:41Alain Delon
00:46:42il y avait
00:46:42le professeur
00:46:43Lucien Israël
00:46:44il y avait
00:46:44tous mes amis
00:46:45mon conseiller
00:46:46économique
00:46:46qui était
00:46:47le prix
00:46:47Nobel d'économie
00:46:48il y avait
00:46:48Georges Berthus
00:46:49Dominique Souchet
00:46:50il devait y avoir
00:46:51à mon avis
00:46:52le jeune Retailleau
00:46:53qui ne devait pas
00:46:54être loin non plus
00:46:55etc
00:46:55voilà
00:46:56tout le monde
00:46:56était là
00:46:57toute mon équipe
00:46:58voilà
00:46:59et que
00:46:59Eugénie Bastier
00:47:00soit la cible
00:47:02de la société
00:47:03des journalistes
00:47:04vous en avez pensé quoi ?
00:47:05ils en ont peur
00:47:06parce qu'elle est plus intelligente
00:47:08il faut toujours
00:47:10penser à ça
00:47:10en fait
00:47:11les gens du service public
00:47:13ils se connaissent bien
00:47:15vous voyez
00:47:15ils ont cette intelligence là
00:47:16de se bien connaître
00:47:18et donc
00:47:19de se mesurer
00:47:19et donc
00:47:20voir arriver
00:47:21Eugénie Bastier
00:47:21ils ne comprennent pas
00:47:22tout ce qu'elle dit
00:47:25Philippe
00:47:26passons
00:47:26on devait parler
00:47:27de l'audiovisuel public
00:47:28parce que je voulais
00:47:29m'adresser au secrétaire
00:47:30d'état
00:47:31au ministre
00:47:32que vous avez été
00:47:34participer
00:47:35évidemment
00:47:36à des grandes lois
00:47:36notamment sur la privatisation
00:47:38de TF1
00:47:39mais peut-être
00:47:39que nous garderons
00:47:40cette thématique
00:47:43pour la semaine prochaine
00:47:43on manque de temps
00:47:44et nous sommes
00:47:46dans un week-end important
00:47:47évidemment aujourd'hui
00:47:48l'armistice
00:47:49et puis demain
00:47:49c'est le 9 mai
00:47:50le 9 mai est considéré
00:47:52comme une pierre d'angle
00:47:53une pierre angulaire
00:47:54pour l'Europe
00:47:55la déclaration du 9 mai 1950
00:47:57qui est reconnue
00:47:59comme le texte fondateur
00:48:00de la construction européenne
00:48:02elle a été prononcée
00:48:03par Robert Schumann
00:48:04ministre français
00:48:05des affaires étrangères
00:48:06cette déclaration
00:48:06est fêtée chaque année
00:48:08le 9 mai
00:48:08devenue
00:48:09la journée de l'Europe
00:48:11instituée en 85
00:48:12par le conseil européen
00:48:14que signifie
00:48:15cette journée
00:48:16monsieur le député européen
00:48:19cette journée
00:48:20de l'Europe
00:48:21ex
00:48:23d'abord
00:48:24j'ai jamais accepté
00:48:25cette expression
00:48:26député européen
00:48:28député français
00:48:29au parlement européen
00:48:30voilà
00:48:30je vous présente
00:48:31mes excuses
00:48:32monsieur le député français
00:48:33au parlement européen
00:48:34la souveraineté
00:48:35pas la souveraineté européenne
00:48:36député européen
00:48:37ça veut dire
00:48:37que c'est la souveraineté européenne
00:48:38moi je suis français
00:48:39voilà
00:48:40français d'Europe
00:48:41mais français
00:48:43alors
00:48:44je réponds à votre question
00:48:46accrochez les ceintures
00:48:47parce que là
00:48:48je vais vous faire
00:48:49quelques révélations
00:48:50qui vont décoiffer
00:48:55qui vont décoiffer
00:48:56la société de connivence
00:48:59européiste
00:49:01alors d'abord
00:49:02c'est Valéry Giscard d'Estaing
00:49:04il m'en a fait la confidence
00:49:06et il l'a dit publiquement
00:49:07qui a instauré
00:49:09la journée du 9 mai
00:49:11parce qu'il voulait
00:49:12en fait
00:49:13substituer
00:49:14la journée de l'Europe
00:49:15à l'armistice
00:49:18parce qu'il voulait
00:49:19réconcilier
00:49:20la France et l'Allemagne
00:49:21etc
00:49:22et il disait ceci
00:49:25tant que l'Europe
00:49:27ne sera pas entrée
00:49:28dans les habits
00:49:29de la symbolique régalienne
00:49:30elle n'aura
00:49:31pas les apparences
00:49:33de la légitimité
00:49:36il se trouve
00:49:37que les travaux
00:49:38les plus récents
00:49:39de l'historiographie
00:49:40européenne
00:49:43démontrent ceci
00:49:46premièrement
00:49:47la déclaration
00:49:49Schumann
00:49:50qui a sondé l'Europe
00:49:51n'est pas
00:49:52de Schumann
00:49:55deuxièmement
00:49:56la déclaration
00:49:57Schumann
00:49:58n'est pas
00:50:00originaire de France
00:50:02mais des Etats-Unis
00:50:04en effet
00:50:06c'est le secrétaire
00:50:08d'Etat américain
00:50:09Dean Hatchison
00:50:11qui
00:50:11somme
00:50:13Schumann
00:50:14et Monet
00:50:16de réintégrer
00:50:17l'Allemagne
00:50:18avant la mi-mai
00:50:191950
00:50:21ils ont la corde au cou
00:50:23et ils vont
00:50:24s'exécuter
00:50:25et celui
00:50:26qui écrit
00:50:26la déclaration
00:50:27Schumann
00:50:27c'est Jean Monet
00:50:28sous le contrôle
00:50:30des Américains
00:50:31et là
00:50:32coup de théâtre
00:50:33le 8 mai
00:50:35au matin
00:50:35le 8 mai
00:50:38débarque
00:50:39à Paris
00:50:39au Quai d'Orsay
00:50:42Dean Hatchison
00:50:43le secrétaire
00:50:44d'Etat américain
00:50:45et quand
00:50:46les autres
00:50:47le voient arriver
00:50:48Schumann
00:50:49Monet
00:50:49il dit
00:50:49qu'est-ce que
00:50:50vous faites là
00:50:52il dit
00:50:53je viens contrôler
00:50:55et corriger
00:50:56en tout cas
00:50:58relire
00:50:59il contrôle
00:51:00il corrige
00:51:01il relit
00:51:02la déclaration
00:51:02qui va être
00:51:03lue le 9 mai
00:51:04au Quai d'Orsay
00:51:05par Robert Schumann
00:51:08le lecteur
00:51:09l'interprète
00:51:12et alors
00:51:14la preuve
00:51:15de tout ça
00:51:18c'est qu'on la trouve
00:51:19dans la sémantique
00:51:21toute la sémantique
00:51:22est américaine
00:51:25le pool
00:51:26charbon
00:51:26acier
00:51:27c'est américain
00:51:28c'est une expression
00:51:29américaine
00:51:31vous pouvez aller
00:51:32aux Etats-Unis
00:51:33vous allez la retrouver
00:51:34le pool
00:51:35ensuite
00:51:36la haute autorité
00:51:38c'est pas une expression
00:51:39française
00:51:40c'est une expression
00:51:40d'origine américaine
00:51:42soyons plus précis
00:51:43c'est la Tennessee
00:51:44Valley Authority
00:51:45une création
00:51:47du New Deal
00:51:47ensuite
00:51:49l'idée fonctionnaliste
00:51:50le fameux
00:51:52spillover effect
00:51:53dont j'ai souvent
00:51:53parlé ici
00:51:55c'est une idée
00:51:55américaine
00:51:56c'est l'idée
00:51:57de passer par la technique
00:51:58et jamais par la politique
00:52:00pour
00:52:02que les ablations
00:52:03de souveraineté
00:52:05je cite
00:52:05soient moins douloureux
00:52:08bien joué l'artiste
00:52:10est-ce que vous ne savez pas
00:52:11ce que je vais vous apprendre
00:52:12ce que je vais apprendre
00:52:13à beaucoup de français
00:52:14qui nous écoutent
00:52:15sur Europe 1
00:52:15et qui nous regardent
00:52:16sur CNews
00:52:18c'est que
00:52:19la puissance américaine
00:52:23accompagne
00:52:24tout ce mouvement
00:52:26européen
00:52:27avec des financements
00:52:30et notamment
00:52:32avec un organisme
00:52:34clé
00:52:35qui est
00:52:36l'American Committee
00:52:38on
00:52:39United Europe
00:52:41le comité américain
00:52:43pour
00:52:45l'Europe unie
00:52:47pour les Etats-Unis
00:52:48d'Europe
00:52:50donc l'argent
00:52:52est collecté
00:52:52grâce à deux fondations
00:52:54écran
00:52:54la fondation Ford
00:52:56et la fondation Rockefeller
00:52:58et ensuite
00:52:59l'argent
00:53:00arrive
00:53:02sur les comptes
00:53:03bancaires
00:53:06de deux mouvements
00:53:08le premier
00:53:09c'est le comité français
00:53:10pour les Etats-Unis
00:53:11d'Europe
00:53:12dirigé par Jean Monnet
00:53:14présidé par Jean Monnet
00:53:17et le deuxième
00:53:18c'est le mouvement
00:53:18européen
00:53:19de Robert Schumann
00:53:21donc
00:53:21les deux comptes
00:53:22sont abondés
00:53:23par
00:53:24l'argent américain
00:53:26quelle est la leçon
00:53:27de cette histoire
00:53:27cette fameuse
00:53:29journée de l'Europe
00:53:32il y en a deux
00:53:33la première leçon
00:53:36c'est que
00:53:37la journée de l'Europe
00:53:37est d'inspiration américaine
00:53:39que l'Europe
00:53:40est d'inspiration américaine
00:53:41que dans l'idée
00:53:42des américains
00:53:43l'Europe
00:53:44c'était
00:53:44l'annexe
00:53:46de l'OTAN
00:53:49et la deuxième
00:53:51conclusion
00:53:52c'est que
00:53:52l'Europe
00:53:53était conçue
00:53:53par les américains
00:53:54comme par Jean Monnet
00:53:56et Robert Schumann
00:53:56comme un marché
00:53:58et non pas
00:53:59comme une puissance
00:54:00c'est-à-dire
00:54:01il n'y avait
00:54:01aucun ressort
00:54:02de puissance
00:54:03dans cette Europe
00:54:04et il y avait
00:54:04un fédérateur extérieur
00:54:05qui était l'Amérique
00:54:06l'Europe
00:54:07est une création américaine
00:54:09et tout le drame
00:54:09qu'elle vit en ce moment
00:54:10c'est qu'en fait
00:54:14le créateur
00:54:16se défait
00:54:16de sa créature
00:54:18parce qu'il a
00:54:19d'autres objectifs
00:54:20du côté du Pacifique
00:54:21et donc
00:54:24on a
00:54:26des orphelins
00:54:27de l'oncle Sam
00:54:29qui se concertent
00:54:30entre eux
00:54:31qui se frottent
00:54:33les uns
00:54:33les autres
00:54:34pour se donner
00:54:34un peu de chaleur
00:54:37et qui s'interrogent
00:54:38les uns
00:54:38les autres
00:54:39en disant
00:54:39qu'allons-nous
00:54:40devenir ?
00:54:41Philippe De Villiers
00:54:42il nous reste
00:54:43exactement
00:54:434 minutes
00:54:45pour le retour
00:54:46de l'Apologue
00:54:47parce que
00:54:48le week-end dernier
00:54:49était un week-end chômé
00:54:50pour Philippe De Villiers
00:54:51week-end du 1er mai
00:54:52oblige bien sûr
00:54:53l'Apologue a été
00:54:53très largement zappé
00:54:54depuis plusieurs semaines
00:54:55mais effectivement
00:54:56l'Apologue est un
00:54:57Apologue chômé
00:54:58depuis plusieurs semaines
00:54:59vous prenez du temps
00:54:59oui c'est vrai
00:55:00et pourtant
00:55:01vous nous avez proposé
00:55:02un Apologue
00:55:03sur l'armistice
00:55:04et vous avez une photo
00:55:05de famille
00:55:05une photo merveilleuse
00:55:07que vous nous avez transmise
00:55:08qu'on voit à l'instant
00:55:09avec le colonel Delattre
00:55:10qui décore
00:55:11le capitaine Jacques De Villiers
00:55:12au 15-1
00:55:13qui décore
00:55:14Jacques De Villiers
00:55:16le jeune lieutenant
00:55:17Jacques De Villiers
00:55:18au 15-1 à Metz
00:55:19vous voulez parler
00:55:20du 8 mai 45
00:55:21et de l'armistice
00:55:21oui alors
00:55:22très rapidement
00:55:25quand j'étais président
00:55:26du conseil général
00:55:27la maréchale Delattre
00:55:29était maire de Mouilleron
00:55:30apparaît
00:55:31Simone Delattre
00:55:32donc je l'ai très bien connue
00:55:33elle a reporté sur moi
00:55:34me disait-elle
00:55:35l'affection qu'elle avait
00:55:36pour mon père
00:55:39le 8 mai 1995
00:55:41pour fêter
00:55:42le cinquantenaire
00:55:43de l'armistice
00:55:44elle m'a demandé
00:55:45de venir à Mouilleron
00:55:46pour déposer avec elle
00:55:47deux gerbes
00:55:47une gerbe sur la tombe
00:55:48de son mari
00:55:50Jean Delattre
00:55:51de Tassini
00:55:52mort en 1952
00:55:53et une tombe
00:55:55une gerbe
00:55:56sur la tombe
00:55:56de son fils unique
00:55:58de leur fils unique
00:55:59Bernard
00:56:00mort à 23 ans
00:56:01sur le rocher
00:56:02de Nambim
00:56:02en Indochine
00:56:04puis ensuite
00:56:05on a déjeuné
00:56:06tous les deux
00:56:06et elle m'a raconté
00:56:08je me souviens
00:56:09qu'elle riait beaucoup
00:56:10parce qu'elle trouvait
00:56:11que l'histoire
00:56:11était drôle
00:56:12De Gaulle
00:56:13en fait
00:56:16désigne Delattre
00:56:17pour signer
00:56:18au nom de la France
00:56:18l'acte solennel
00:56:20de capitulation allemande
00:56:21à Berlin
00:56:22et donc
00:56:23elle me dit
00:56:24je me rends
00:56:25avec mon mari
00:56:25à Berlin
00:56:27et là
00:56:27je me fais toute petite
00:56:29et je vois
00:56:30que mon mari
00:56:31est fort mécontent
00:56:31il m'a expliqué
00:56:32après pourquoi
00:56:33il est fort mécontent
00:56:34pour une raison simple
00:56:35c'est que
00:56:36il aperçoit
00:56:37trois drapeaux
00:56:38au fond de la salle
00:56:39accrochés au fond de la salle
00:56:40le drapeau américain
00:56:41le drapeau soviétique
00:56:42et le drapeau anglais
00:56:43mais il n'y a pas
00:56:43de drapeau français
00:56:44donc il appelle son chauffeur
00:56:46et
00:56:46la maréchale de Laat
00:56:48va aider le chauffeur
00:56:49à trouver trois chiffons
00:56:50un blanc
00:56:52un bleu
00:56:53un rouge
00:56:53pour fabriquer
00:56:54un drapeau
00:56:55tricolore de fortune
00:56:57et ce drapeau
00:56:58tricolore de fortune
00:56:59sera accroché
00:57:01au fond
00:57:01ce qui va déclencher
00:57:04l'ire
00:57:04du maréchal
00:57:05von Kaltel
00:57:07qui représente
00:57:08l'Allemagne
00:57:09et qui juste à côté
00:57:10du maréchal
00:57:10du général
00:57:11Delattre à l'époque
00:57:12il n'est pas encore
00:57:12le maréchal
00:57:13et
00:57:14il l'entend grommeler
00:57:15Delattre
00:57:16entend
00:57:16Keitel grommeler
00:57:18et en plus
00:57:19il y a un français
00:57:20il ne manquait plus que ça
00:57:21et
00:57:21la maréchale dit
00:57:22en plus
00:57:24c'était succulent
00:57:26quand j'étais petit
00:57:27mon père
00:57:28mon père m'a emmené
00:57:29avec mon frère
00:57:29mon cher frère Bertrand
00:57:30et ma soeur Bibiane
00:57:32en octobre 1959
00:57:34je m'en souviens très bien
00:57:35pour l'inauguration
00:57:36du musée
00:57:37des deux victoires
00:57:39à Mouillon
00:57:40en Paris
00:57:41et là
00:57:41ce fut un moment
00:57:44fascinant pour moi
00:57:44pourquoi ?
00:57:45parce que j'ai touché
00:57:46le bâton
00:57:48et
00:57:49et les deux victoires
00:57:51c'était les deux héros
00:57:52en fait
00:57:52c'était les deux guerres
00:57:54Delattre
00:57:55Clémenceau
00:57:56et là
00:57:57j'ai découvert ce jour-là
00:57:58que
00:57:59les deux maisons natales
00:58:01étaient dans la même rue
00:58:01à 200 mètres
00:58:03l'une de l'autre
00:58:04et que
00:58:06il y avait
00:58:07à un petit bout de la rue
00:58:08un petit blanc
00:58:09qui est né là
00:58:10et qui est devenu
00:58:11maréchal de France
00:58:12et à l'autre bout de la rue
00:58:15un petit bleu
00:58:16qui est devenu
00:58:17le père de la victoire
00:58:18et c'est lui
00:58:18qui disait
00:58:21devant les députés
00:58:23transis
00:58:24et désespérés
00:58:25parce que la guerre
00:58:26elle est balle
00:58:28politique intérieure
00:58:29je fais la guerre
00:58:30politique extérieure
00:58:31je fais la guerre
00:58:32je fais toujours la guerre
00:58:33et celui qui gagnera
00:58:34la guerre
00:58:35c'est celui qui tiendra
00:58:36le dernier quart d'heure
00:58:39la Vendée
00:58:40miniature française
00:58:42on a là
00:58:43en fait
00:58:46cette Vendée
00:58:47réfractaire
00:58:48qui donne
00:58:49à la France
00:58:50deux vainqueurs
00:58:50de guerre mondiale
00:58:51pardonnez
00:58:52mon moment de fierté
00:58:55mais ça va plus loin
00:58:56quel bel exemple
00:58:58que cette
00:58:59miniature réfractaire
00:59:00de la Vendée
00:59:01puisque
00:59:03les deux vainqueurs
00:59:05de guerre mondiale
00:59:05sont deux inventeurs
00:59:06sémantiques
00:59:07de la fraternité
00:59:08capétienne
00:59:09l'un invente
00:59:10l'union sacrée
00:59:11Clémenceau
00:59:12l'autre invente
00:59:13l'amalgame
00:59:15des soldats
00:59:15de fortune
00:59:16et des soldats
00:59:17de métier
00:59:17Jean Delade
00:59:18de Tassini
00:59:20vendé
00:59:21aux lèvres
00:59:22closes
00:59:23scellées
00:59:24d'un signe de croix
00:59:25et un jour
00:59:26je suis allé
00:59:26sur le moulin
00:59:27de Bernard
00:59:28avec la maréchale
00:59:29et elle m'a dit
00:59:30regardez
00:59:31et sous l'échelle
00:59:32meunière
00:59:33il y avait
00:59:34écrit
00:59:36au crayon
00:59:37de chantier
00:59:37par Bernard
00:59:38mort en Indochine
00:59:40la devise
00:59:41de son père
00:59:42ne pas
00:59:43subir
00:59:44ça pourrait être
00:59:45la devise
00:59:45de ces news
00:59:47Merci Philippe De Villiers
00:59:48un grand merci
00:59:49pour cette émission
00:59:51heureux de vous avoir
00:59:51retrouvé ce
00:59:52week-end
00:59:53en direct
00:59:54cher Geoffroy
00:59:55à la semaine prochaine
00:59:56et merci également
00:59:57dans un instant
00:59:58c'est l'heure
00:59:59des pros
00:59:59la Vendée
01:00:00a donc
01:00:00deux vainqueurs
01:00:02de guerre mondiale
01:00:02Paris
01:00:03et peut-être
01:00:04deux coupes d'Europe
01:00:05mais ça
01:00:05on le saura
01:00:06le 30 mai prochain
01:00:07Philippe De Villiers
01:00:09à la semaine prochaine
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