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  • il y a 20 minutes
Ce jeudi 7 mai, la passe d'armes entre le Medef et le gouvernement concernant le déficit public a été abordée par Jean-Marc Daniel et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Il est 7h12, passe d'armes ce matin également entre le MEDEF et le gouvernement.
00:04Alors ça se fait à coup de courrier, c'est quand même relativement poli,
00:07mais après la lettre de Patrick Martin a planté ses voeux,
00:10une règle d'or face à des politiques qui sont selon lui irresponsables.
00:13Sébastien Lecornu a répondu, il dit que c'est mal connaître les fonctionnements budgétaires,
00:18alors il propose de regarder, de commencer par regarder,
00:21par les allégements de charges et les aides.
00:23Bonne ambiance. Emmanuel, vous êtes dans quel camp ?
00:25Bah écoutez, finalement on se rend compte que Sébastien Lecornu
00:29acquiert jour après jour toutes les vieilles ficelles des politiciens
00:33qui ont ruiné la France, c'est-à-dire en gros, c'est pas de ma faute,
00:36vous ne comprenez rien, vous êtes irresponsable, c'est pas moi,
00:41moi je vous donne des leçons sur la façon, ne me donnez pas des leçons sur la façon de gérer
00:44l'État,
00:44mais quel reçon il a reçu de gérer l'État plus politiquement, je vous le dis, ça se fait pas.
00:48En fait le MEDEF n'a jamais reçu cette lettre, voilà, donc qu'est-ce qu'on fait ?
00:51Qu'est-ce qu'on fait ? Donc on donne à la lettre, à la presse, etc.
00:54C'est vraiment des méthodes de politiciens impuissants, roublards,
00:59finalement c'est extrêmement décevant de la part d'un Premier ministre
01:03qui va avoir un bilan budgétaire absolument catastrophique,
01:07qui à part assurer la survie de son gouvernement au détriment de l'intérêt du pays et des entreprises,
01:12finalement n'aura strictement bien fait.
01:14Et les entreprises, pardon, elles ont quand même le droit de se plaindre,
01:16parce que qui sont aujourd'hui les principales victimes ?
01:20Qui est aujourd'hui le plus fragilisé par l'incurie budgétaire ?
01:23Évidemment Sébastien Lecornu n'est pas le seul responsable, c'est quand même les entreprises.
01:26Qui paye le plus d'impôts au monde, quasiment comme entreprise ?
01:31C'est les entreprises françaises.
01:32Qui finance réellement le modèle social ?
01:34Arrêtons de croire que c'est les entreprises, que c'est les Français.
01:37Ce sont les entreprises.
01:38Je vous renvoie, entre parenthèses, à un formidable échange
01:41que vous verrez dans la librairie de l'écho samedi
01:43entre Jean-Pierre Levade pour son nouveau livre et Jean-Marc Daniel.
01:46Vous savez quand même que Jean-Pierre Levade a été le professeur à Polytechnique de Jean-Marc Daniel.
01:49Et Jean-Pierre Levade, il nous dit dans son dernier livre
01:51qui ausculte les faiblesses du modèle français,
01:53il dit mais attendez, le modèle social français, c'est les entreprises qu'il paye.
01:57Donc elles ont le droit de se plaindre et elles disent quoi ?
01:59Elles disent bah ouais, ce serait pas mal si on élaborait une règle d'or budgétaire,
02:03c'est-à-dire qu'on contraignait les dépenses.
02:05Mais qu'est-ce qu'on fait quand on a affaire à un alcoolique ?
02:07Qu'est-ce qu'on fait quand on a affaire finalement à quelqu'un qui est accro au jeu ?
02:11Bah on l'interdit de casino.
02:12La règle de l'orthodoxie budgétaire de base,
02:16c'est quand vous êtes accro au jeu,
02:17on vous interdit de casino pour essayer de dépenser à peu près correctement.
02:22Donc la demande du MEDEF d'un peu d'or dans la gestion des finances publiques,
02:27elle n'est pas déraisonnable.
02:28Jean-Marc, vous n'avez pas contredit votre professeur ?
02:30Ah non, je n'ai pas contredit mon professeur,
02:32d'ailleurs je lui ai rappelé dans le couloir et après sur le plateau
02:37que j'avais acquis la conviction qu'il fallait que je m'engage dans une carrière d'économiste
02:41grâce à son enseignement et à celui d'un de mes autres professeurs
02:44qui était Lionel Stollerud.
02:45Donc vous êtes d'accord sur le fait que les entreprises financent le modèle social ?
02:49Alors je suis pro-entreprise, je suis contre effectivement la méthode
02:52qui a été adoptée par le MEDEF qui consiste à se mêler de ce qui ne le regarde pas.
02:56J'ai une référence en la matière qui est le responsable du patronat,
02:59Claude-Joseph Gignot qui était l'ancêtre de Patrick Martin à l'époque du Front Populaire.
03:04Donc tout le monde parle du Front Populaire, 90 ans après,
03:07il a écrit un texte qui s'appelle « Patrons, soyez des patrons ».
03:10Et il disait au patron, écoutez, ne vous mêlez pas d'un certain nombre de choses
03:13qui ne vous regardent pas.
03:14Défendez l'entreprise, défendez le droit de propriété,
03:18faites en sorte qu'effectivement les autorités,
03:20quand il y a une occupation d'usine,
03:21puisqu'au moment du Front Populaire il y avait une occupation d'usine,
03:24que les autorités évacuent l'usine.
03:26C'est ça que vous devez attendre de l'État.
03:27En revanche, ne vous mêlez pas de savoir
03:29s'il faut ou non faire une politique de grands travaux,
03:32s'il faut équilibrer le budget,
03:34s'il faut intervenir en Espagne, ça ne vous regarde pas.
03:36Mais ça, ça marche si vous n'avez pas de pression fiscale.
03:38Vous êtes bien obligé de négocier sur le niveau de votre pression fiscale.
03:41Mais dans une démocratie, la pression fiscale,
03:43elle est déterminée par les représentants du peuple.
03:46C'est-à-dire les gens qui votent les impôts.
03:47Donc c'est une donnée, point.
03:50Si Patrick Martin n'est pas content,
03:52il va voir son député, il lui explique que ça ne va pas du tout.
03:57Mais en tant que chef d'entreprise,
03:58de même que vous proponez le texte de Milton Friedman
04:02sur Business of Business is Business,
04:05de même dans ce texte, Milton Friedman dit au patron,
04:07écoutez, faites des profits.
04:09Vous êtes dans un cadre qui est déterminé.
04:12Le cadre en question, la réaction en question,
04:14c'était à la réaction des lois de l'affirmative action.
04:17Donc Friedman dit, écoutez, on vous demande
04:19d'embaucher une certaine quantité de personnes
04:22d'origine afro-américaine.
04:24Faites-le, mais ne prenez pas position en disant
04:26c'est génial ou c'est contraire à mes intérêts.
04:30On ne négocie pas le cadre.
04:31Vous ne négociez pas le cadre.
04:32Je pense que dans cette affaire,
04:34je vais conclure avec toujours Claude-Joseph Gignot.
04:37Claude-Joseph Gignot était dans la commission Rue F-Armand.
04:41Donc on est dans les années 60.
04:43Il a fait sa carrière.
04:44On est 30 ans après.
04:45Et il s'abstient.
04:46Et Jacques Rue F vient lui dire,
04:47mais pourquoi vous vous abstenez ?
04:49Il dit, écoutez, si jamais quelqu'un dit
04:51les conclusions de la commission ont été soutenues
04:54par le patronat,
04:55vous êtes sûr qu'immédiatement,
04:57ces conclusions vont être flinguées.
04:58Au mystère.
05:00Et donc, la conclusion de ça,
05:01c'est le familiste Florian qui l'a donnée.
05:05Pour vivre heureux, vivons cachés.
05:07Chacun son métier et les vaches seront bien gardées.
05:10Emmanuel.
05:10Mais ça, la stratégie, Jean-Marc,
05:12personne ne vous le contestera.
05:13Ah, je suis désolé,
05:14mais quand vous habitez dans un immeuble,
05:16vous arrivez,
05:16il y a un règlement de copropriété,
05:18vous le subissez,
05:19vous êtes d'accord,
05:20vous n'êtes pas d'accord,
05:20mais vous le respectez.
05:21Par contre,
05:22quand vous avez des voisins
05:22qui font n'importe quoi,
05:23quand vous avez des voisins
05:24qui font du tapage nocturne,
05:25qui vous pourrissent la vie,
05:26comme l'État pourrit la vie
05:27aux entreprises aujourd'hui,
05:28qu'est-ce que vous faites ?
05:29Vous appelez la police ?
05:30Ben oui, c'est normal.
05:31Parce que là,
05:31c'est une question de survie.
05:33C'est-à-dire,
05:34voilà,
05:34donc quand même,
05:36aujourd'hui,
05:36parce que l'État est un pécunieux,
05:38parce que l'État français
05:39est celui qui trahit le plus
05:41tous ses engagements
05:42de redressement des finances publiques
05:43depuis 50 ans
05:45et c'est de pire en pire,
05:46puisque on est quand même
05:47le pays qui réussit
05:50à avoir des ministres
05:51de l'économie
05:52qui, les uns,
05:53sont nommés à la Cour des comptes
05:55qui est quand même censé
05:56diriger le pays
05:57quand ils ont des performances
05:58à 3% de déficit public.
06:01Non, on n'est pas sur le même débat.
06:03C'est qu'on nomme en plus
06:04après des gens
06:05qui, à la Cour des comptes,
06:06sont des gens
06:07qui ont comme performance
06:08des déficits de 5% du PIB.
06:10Donc, il y a un moment
06:11où cette incurie budgétaire
06:12généralisée,
06:13il faut bien qu'il y ait
06:14quelqu'un de responsable
06:15qui tire la sonnette d'alarme
06:16et qui essaie de demander
06:18qu'il y ait un adulte
06:20quelque part
06:20à la gestion des finances publiques.
06:21Alors, effectivement,
06:22je crois qu'on est un peu hors débat.
06:24Deux remarques par rapport à ça.
06:25Sur le plan des règles
06:26en tant que telles,
06:27on a voté un traité,
06:28il suffit d'appliquer le traité
06:29et le traité prévoit
06:30qu'on équilibre
06:31les comptes publics
06:32en acceptant simplement
06:33des déficits conjoncturels.
06:35Et je maintiens,
06:36la démocratie repose
06:37sur le fait
06:38que les règles budgétaires
06:39sont déterminées
06:40par les représentants du peuple
06:41élus au Parlement.
06:42Mais la démocratie,
06:43ça suppose aussi,
06:44j'en remarque,
06:44que ces règles,
06:44on les respecte
06:45et qu'on ne les trahisse pas
06:46année après année.
06:48Comme tout débat,
06:49vous avez le droit
06:49de continuer dans le couloir
06:51puisque c'est là
06:52où finissent évidemment
06:52les débats sur des business.
06:55Si vous continuez.
06:55Jamais en dehors de l'antenne.
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