Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 9 minutes
Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Alors justement, quand on rentre dans le détail de ce sur quoi ils sont en train de s'entendre,
00:03ou en tout cas de discuter, et qu'on parle vraiment du nucléaire,
00:06il y aura un moratoire sur l'enrichissement d'uranium entre 12 et 15 ans.
00:10Les chiffres varient, c'est-à-dire que les Iraniens accepteraient d'arrêter pendant un temps d'enrichir de l
00:15'uranium.
00:16Ils seraient autorisés jusqu'à 3%, c'est-à-dire vraiment pour le civil, pour les centrales nucléaires.
00:22L'Iran s'engage à ne jamais se doter de l'arme nucléaire.
00:25Levé progressif des sanctions, on le disait.
00:27Et les Iraniens seraient même prêts à confier leur uranium enrichi,
00:32les fameux 440 kg d'uranium enrichi, à un pays tiers.
00:36Et là, c'est assez fou parce que la question a été posée tout à l'heure à Donald Trump
00:39par un journaliste de la télé publique américaine.
00:43L'accord inclurait l'exportation de l'uranium enrichi peut-être vers les États-Unis.
00:47Trump lui dit non, non, non, non, pas peut-être.
00:50Cela revient aux États-Unis.
00:52Ça, c'est crédible, c'est acceptable par les Iraniens, Ulysse Gosset ?
00:55Ça a déjà été fait, le transfert d'uranium enrichi.
00:59Vous savez, quand l'URSS s'est effondrée, qu'est-ce qui restait ?
01:02Il restait des stocks nucléaires, des armes nucléaires.
01:03Oui, mais l'URSS s'était précisément effondrée et pas l'Iran.
01:06Oui, mais les armes nucléaires étaient toujours là.
01:08Et il a fallu les démanteler.
01:09Et puis quand l'URSS a explosé, il y a des républiques soviétiques
01:12qui sont devenues des pays indépendants, comme le Kazakhstan.
01:15Et c'est un pays, je ne cite pas au hasard, la Géorgie et d'autres.
01:19Mais dans un de ces pays, il y a eu des opérations, justement,
01:22qui consistaient à alléger, entre guillemets, l'uranium
01:26pour qu'il ne soit plus en capacité de devenir une arme nucléaire.
01:30Donc, ça a été fait, c'est faisable.
01:32Ça paraît un scénario, si vous voulez, digne de James Bond,
01:36c'est-à-dire comment aller chercher ces stocks, les transférer.
01:39Il faut des équipes spécialisées, etc.
01:41Mais techniquement, c'est faisable, surtout si les Iraniens l'acceptent.
01:45Parce qu'ils vont dire où ils se trouvent, et ils vont guider les experts.
01:48C'est un énorme scie, il dit ce que c'est, si les Iraniens sont d'accord.
01:51C'est ça le plus important, en fait.
01:53Je pense que la question du transfert des 440 kilos, c'est technique.
01:57Ce qu'il faut, c'est un accord politique.
01:59C'est-à-dire qu'il faut que l'Iran accepte l'idée que c'est son trésor de guerre,
02:03puisque c'est ça.
02:04C'est pour ça que Trump dit « je le veux ».
02:05Mais les Iraniens veulent le garder, eux.
02:08Donc s'ils acceptaient de s'en défaire, en plus du fait qu'ils s'engagent
02:12à ne pas enrichir l'uranium pendant 12 à 15 ans,
02:15ça veut dire pas de bombe nucléaire pendant 15 ans, les 15 prochaines années,
02:18Trump sera au paradis et les Iraniens, eux, seront toujours là.
02:22Donc est-ce qu'au bout de 15 ans, ils vont recommencer ?
02:24C'est l'inquiétude notamment des Israéliens.
02:26Mais donc, ce n'est pas un scénario impossible.
02:28C'est ça surtout que je veux vous dire.
02:29Mais ce soir, bien que Trump soit optimiste,
02:32et c'est vrai qu'il travaille là-dessus jour et nuit, quand il le veut, en tout cas,
02:36les Iraniens répondent assez sèchement, c'est en anglais « wish list »,
02:40c'est-à-dire une liste de projets qui a été pensée par les Américains.
02:48De là à ce que ça devienne un véritable accord, alors comment sortir de ça ?
02:52Parce qu'on sait très bien qu'on ne va pas y arriver en 24 heures,
02:55ou en 10 jours, qui est la date à laquelle Trump doit se rendre en Chine.
02:58Et en Chine, il veut apparaître comme le commandant victorieux
03:02qui a réussi à libérer le détroit d'Hormuz.
03:04Eh bien, au lieu d'avoir un accord demain matin ou dans une semaine,
03:07on a un mémorandum d'une seule page, comme Elsa l'a dit tout à l'heure.
03:11Et ça, ça facilite les choses, parce qu'on n'entre pas dans le détail.
03:15Et comme le diable se cache toujours dans les détails,
03:17eh bien, on évite la discussion qui ne va pas manquer de se produire,
03:20si ça tient, pendant des semaines, des mois.
03:23Et c'est là que les Iraniens reprennent la main, puisqu'ils ont l'habitude,
03:26ils ont négocié pendant des années auparavant.
03:29Le fameux accord, le JCPOA, qui avait été lancé par les Américains
03:33et les Européens, et les Européens qui voulaient continuer.
03:36Donc, si vous voulez, ce soir, ce qui est très important, de mon point de vue,
03:39c'est que Trump a suspendu son opération de lever du blocus.
03:45Il a donné huit jours aux Iraniens, les Iraniens étudient,
03:48et on saura assez rapidement s'ils acceptent la véritable négociation.
03:53Mais pour Trump, le temps presse.
03:55Encore une fois, moins de dix jours, huit jours avant son départ pour Pékin.
03:58Et il a dit, l'idéal pour moi, ça serait que ça soit signé avant mon départ.
04:03– D'ici là, Olivier Weber, on a l'impression, depuis des décennies,
04:08que le nucléaire possédait l'arme, est devenu l'obsession du régime iranien.
04:12Comment est-ce que le régime pourrait, pas sur un coin de table,
04:16mais quasiment, signer ce papier pour Donald Trump en disant,
04:20oui, effectivement, on pourrait s'engager à renoncer à l'arme nucléaire ?
04:24– Il y a plusieurs choses, c'est vrai que l'arme nucléaire est existentielle,
04:27en fait, pour le régime, qu'il soit version religieuse,
04:30vraiment les Mullahs qui ne sont plus tout à fait au pouvoir,
04:32et deuxièmement, les gardiens de la révolution.
04:34Et ça, pratiquement, depuis les années, on va dire, 2011-2013,
04:39ou à Maninéjad, qui en a fait presque une bombe laïque,
04:42je pèse mes mots, une bombe patriotique.
04:44Et c'est vrai que, pour être allé de nombreuses fois en Iran,
04:46les Iraniens étaient fiers de cette bombe.
04:48Et c'est existentiel pour le régime.
04:50Après, cet accord-cadre est important.
04:52Dans toute négociation bilatérale, il y a un accord,
04:55donc on va jusqu'à 120% des revendications,
04:58puis après, on dégrade, comme on dit, on downgrade, comme on dit aux Nations Unies.
05:01Mais il y a des lignes rouges.
05:02Sur quoi on peut sortir ?
05:03En fait, il y a trois éléments.
05:04Il y a effectivement l'enrichissement de l'uranium.
05:06Qu'est-ce qu'on en fait ?
05:08Est-ce que ce n'est pas la Russie plutôt ?
05:09Donc les Américains disent « c'est nous », comme dit « c'est moi ».
05:12Peut-être qu'on peut trouver un pays tiers.
05:13La Russie, ça va être compliqué, mais pourquoi pas ?
05:15Tout est possible.
05:16Et il y a la Chine aussi.
05:17Deuxièmement, le moratoire.
05:18C'est-à-dire qu'on arrête un certain temps,
05:20comme vous le disiez tout à l'heure,
05:21l'exploitation nucléaire militaire.
05:23Ça a déjà été fait, comme le disait Ulysse.
05:24C'est l'accord de 2015 qui était un bon accord,
05:26du point de vue de tout le monde,
05:27parce que là, c'est un écrit occidental.
05:29On reviendra en arrière, absolument.
05:30Mais accord qu'avait littéralement déchiré devant son public en 2018,
05:34trois ans plus tard.
05:35C'est un accord qui était un accord nucléaire,
05:36mais qui n'incluait pas les missiles balistiques.
05:38Absolument.
05:39Qui sont des véritables craintes,
05:41plus seulement pour Israël,
05:42mais également pour tous les voisins du Golfe.
05:44Pour les pays du Golfe.
05:45Et donc la question, c'est,
05:47Tout à fait, absolument.
05:48Est-ce que ça sort ou pas ?
05:49Troisièmement, le jamais.
05:50Jamais, plus jamais nucléaire.
05:52Ça, je pense qu'il ne faut pas y croire,
05:54parce que les Iraniens sont de très, très bons diplomates.
05:57Il y a une vraie expérience de la diplomatie qui est derrière,
06:00pas simplement depuis les gardiens de la Révolution
06:02et depuis la Révolution islamique de 1979,
06:04mais bien longtemps avant.
06:05Il y a une tradition, on les voit,
06:07et j'ai vu l'émergence aux Nations Unies
06:08de ces jeunes diplomates dans les années 2010,
06:112015, 2020, etc.
06:12Ils sont très bons.
06:13Et ils vont jouer le temps là aussi,
06:15ils vont jouer ce qu'on appelle la taquilla,
06:17en persan, la dissimulation et l'art du mensonge.
06:19Ça fait partie de la diplomatie iranienne.
06:21Donc pour les Américains, pour finir,
06:22ça va être assez compliqué de gérer ça en quelques jours.
06:24Benoît, je vous donne la parole dans un instant.
06:26D'abord, Laurence Haim à Washington.
06:27Laurence.
06:30Non, très rapidement,
06:31sur ce que vous dites en plateau,
06:32ce qui est intéressant,
06:33c'est que si ce mémorandum est confirmé,
06:36d'une certaine manière,
06:36on va revenir à ce que l'administration Obama
06:39avait négocié en 2015,
06:41avec des contrôles sur le programme nucléaire des Iraniens.
06:44Et Donald Trump, en 2018,
06:46avait dit, mais c'est terrible,
06:47moi, quand je serai au pouvoir,
06:48jamais l'Iran ne doit faire ça.
06:51Et là, d'ores et déjà,
06:52les spécialistes,
06:52et notamment les démocrates,
06:53parce que l'Iran,
06:54c'est aussi une bataille politique
06:55pour l'administration Trump,
06:57par rapport aux démocrates
06:58qui attendent le moment
06:59pour, évidemment, critiquer Trump,
07:01eh bien, tout le monde dit,
07:03ben voilà,
07:03on va revenir à un deal
07:05qui avait déjà été fait,
07:05et surtout,
07:06dans le mémorandum,
07:07il n'y a absolument aucun mot,
07:08si cela est confirmé,
07:10sur un changement de régime,
07:12qui était quand même
07:12le point de communication
07:14sur lequel Donald Trump,
07:15eh bien,
07:16avait vendu la guerre en Iran,
07:18sans demander l'autorisation au Congrès.
07:20Laurence a aimé avec Valentinerie.
07:21Benoît Grémard voulait réagir.
07:22Oui,
07:23plusieurs éléments sur le nucléaire iranien,
07:25dans le sens où,
07:26l'accord tel qu'on nous le présente,
07:28il a déjà été signé,
07:29mais c'était en 1968,
07:31et en fait,
07:32vous avez eu depuis 24 ans,
07:34finalement,
07:34une naïveté,
07:35lorsque vous avez eu
07:36le programme nucléaire iranien
07:37qui a été révélé
07:39en violation complète
07:40du trésident de prolifération
07:42de 1968,
07:43pour lequel l'Iran s'engageait,
07:44en fait,
07:44à ne pas avoir d'armes nucléaires.
07:46Or,
07:46aujourd'hui,
07:4624 ans plus tard,
07:47on se retrouve avec
07:48400,
07:49440 kilos d'uranium enrichi,
07:50dans un seul but,
07:51cet enrichissement,
07:52il va justement
07:53pour pouvoir créer
07:54une bombe nucléaire,
07:54dans le sens où,
07:56là,
07:56les dernières informations,
07:58notamment de l'agence Rutter,
08:00montrent que l'Iran
08:01serait capable
08:02de fabriquer
08:02une bombe nucléaire
08:03entre 3 mois et 1 an.
08:05Donc,
08:06sauf à considérer
08:07le fait irrémédiable
08:09que l'Iran
08:09se dote de l'arme nucléaire,
08:11et donc là,
08:12que l'opération
08:13de prolifération en Iran
08:15ne sert à rien,
08:15cet accord,
08:16effectivement,
08:16comme dit par votre journaliste
08:18sur le terrain,
08:19est un rétro-pétalage total,
08:20en fait,
08:21à l'accord de Vienne de 2015.
08:22– Jean-François,
08:23vous voulez réagir ?
08:24– Oui,
08:24parce que,
08:25en fait,
08:26moi,
08:26je suis un peu
08:27plus sceptique
08:28sur la bonne volonté
08:30des Iraniens.
08:32Alors,
08:32j'entends ce qu'a dit
08:33Olivier Weber,
08:34à juste titre,
08:34sur le fait que
08:36les Iraniens
08:37sont très fiers
08:38de l'idée
08:39de cette bombe atomique
08:41qui pourrait,
08:41au fond,
08:42hisser l'Iran
08:43à la hauteur
08:44des autres nations
08:45qui la possèdent.
08:46mais il ne faut quand même
08:46pas oublier
08:47que la version officielle
08:51dispensée par Téhéran,
08:52c'est que l'Iran
08:53ne cherche pas
08:54à se doter
08:55de l'arme atomique
08:56et c'est répété
08:57dans chaque négociation
08:59et, finalement,
09:00à chaque conférence internationale,
09:02les Iraniens,
09:03devant les Nations Unies aussi,
09:05le disent
09:06et le répètent.
09:07Alors,
09:07il y a cette part
09:08de taquilla,
09:08effectivement,
09:09de dissimulation
09:09qui intervient
09:11très régulièrement
09:12dans le discours
09:13des Iraniens.
09:14Et puis,
09:15pour dire un mot,
09:16quand même,
09:16sur ce qui pourrait
09:17intéresser Donald Trump
09:19dans cette circonstance,
09:20c'est effectivement,
09:21lui aussi,
09:21de gagner du temps
09:23compte tenu
09:23de cette rencontre
09:24qui s'annonce
09:25avec Xi Jinping.
09:26C'est un accord cadre,
09:28au fond,
09:29on se met d'accord
09:30sur les sujets
09:31qui vont être abordés.
09:32Ça ne mange pas de pain,
09:33ça n'engage à rien,
09:34on gagne du temps
09:35et lui peut montrer
09:36à l'opinion internationale
09:38et à sa propre opinion
09:39qu'on est sur
09:40de bons rails,
09:42donc ça fait baisser
09:42le prix du pétrole,
09:43ça permet à Wall Street
09:45et aux autres bourses
09:46internationales
09:47de monter
09:48et il s'en sort pas mal
09:50et après ça lui laisse
09:51le temps
09:51et il laisse le blocus.
09:52Oui, exactement,
09:53c'est-à-dire que
09:54Hormuz,
09:54ça reste un problème
09:55dans ces cas-là.
09:56Le nucléaire,
09:56n'en parlons pas,
09:57mais Hormuz,
09:57ça reste un problème.
09:58La question qui se pose,
10:00c'est la question finalement
10:00de la spéculation
10:01autour du pétrole
10:02et autour des matières premières,
10:04c'est-à-dire que finalement
10:05il n'y a pas de pénurie
10:06pour l'instant
10:07et donc si on a
10:09la perspective
10:11finalement
10:11d'un déblocage
10:13à moyenne échéance,
10:15ça fait réagir
10:16les marchés
10:16et on l'a bien vu
10:17encore aujourd'hui,
10:18on évoquait tout à l'heure
10:19le prix du pétrole
10:20qui avait diminué
10:21de 8%
10:22par rapport hier.
10:23Sous-titrage Société Radio-Canada
10:23Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations