Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 jours
Ce jeudi 5 février, Raphaël Legendre a reçu Roland Gillet, professeur d'économie financière à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Gaël Sliman, président d'Odoxa, et Gaëlle Macke, directrice déléguée de la rédaction chez Challenges dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00BFM Business et la Tribune présente Les Experts, Raphaël Legendre.
00:12Bonjour à tous, il est 10h en direct sur BFM Business, c'est Les Experts.
00:1682% des Français se disent pessimistes pour l'avenir du pays.
00:23Ils sont aussi de plus en plus défiants vis-à-vis de l'Europe.
00:25Ils sont aussi défiants vis-à-vis de notre système de protection sociale qu'ils estiment trop généreux.
00:32C'est le résultat de notre sondage exclusif au Doxa AGP pour challenger BFM Business que va nous présenter Gail Slimane tout à l'heure.
00:39Alors comment rétablir la confiance ? Par la responsabilité, répondent Jean-Louis Bourlange, l'ancien député,
00:48et Jean-Dominique Sénard, président de Renault, dans une note publiée par l'Institut Montaigne.
00:54Une note qui dénonce dans le grand bazar du millefeuille territorial qui a plongé les acteurs publics dans, je cite,
01:02« le confort de l'irresponsabilité ».
01:06Parce que quand tout le monde s'occupe de tout, plus personne n'est responsable de rien.
01:10Et le résultat, c'est cette lente érosion de la prospérité française.
01:14Le grand déclassement, titre en une, le Parisien aujourd'hui.
01:19On va aussi revenir sur l'inflation faible et la BCE qui doit décider aujourd'hui si elle va baisser ses taux ou pas.
01:28Et puis on reviendra également sur la réunion d'hier à Washington sur les terres rares.
01:31Les terres rares, nouveau terreau du multilatéralisme.
01:35On verra notamment la position des Américains sur le sujet.
01:38Alors, blues français, illusion publique, baisse des taux et terres rares.
01:42Voilà pour le menu du jour dans Les Experts.
01:45Il est 10 heures passées de deux minutes.
01:48Vous êtes sur BFM Business et vous y êtes bien.
01:50Allez, c'est parti.
01:50Et pour parler de tous ces sujets, j'ai le plaisir d'accueillir sur le plateau Roland Gillet.
02:05Bonjour Roland.
02:06Bonjour.
02:07Professeur d'économie financière à l'université Paris 1, Panthéon Sorbonne et l'université libre de Bruxelles.
02:13Face à vous Gaël Slimane, bonjour Gaël.
02:15Bonjour Raphaël.
02:16Président d'Odoxa qui va nous présenter le sondage exclusif du jour.
02:21Et puis Gaël Mack, qu'on attend d'une minute à l'autre, qui va nous rejoindre.
02:24Directrice déléguée de la rédaction de Challenge.
02:26Gaël, je commence par vous.
02:29C'est le sondage Odoxa que nos auditeurs connaissent bien.
02:32Vous le savez, chaque mois, Odoxa pour AJP et Challenge BFM Business sonde le moral des Français.
02:40Un moral qui n'est pas au mieux.
02:44Non, qui n'est pas au mieux. Vous avez déjà pitché, Raphaël, les enseignements clés.
02:49Notre baromètre est effectué chaque mois avec un indice de morale économique, un peu à la manière de l'indice de morale de l'INSEE, même s'il est construit différemment.
02:59Et chaque mois, on suit ça. Et puis, il y a des questions d'actualité sur l'actualité économique du moment.
03:03Quand on regarde sur le temps long notre indice de morale économique, parce que les auditeurs qui nous suivent savent qu'il ne fallait pas l'inviter.
03:10En gros, à chaque fois que je viens vous présenter les résultats, c'est pour dire que les Français sont pessimistes.
03:15Alors, plus ou moins fortement.
03:17Moi après moi.
03:17Mais là, on a regardé, on a pris un peu de recul sur la focale, et on a regardé comment se situait notre indice de morale économique depuis une vingtaine d'années en gros.
03:27Et on s'est rendu compte que, finalement, depuis l'après-dissolution, jamais au grand jamais, l'indice de morale économique que nous mesurons n'avait été aussi bas sur une longue période.
03:38Entendons-nous avoir 80% de Français qui disent « j'ai moins confiance en l'avenir de la situation économique du pays ».
03:43Un mois donné, on a déjà vu ça.
03:46Deux ou trois mois de suite, on a déjà vu ça.
03:48C'est la durée.
03:48Mais sur une période aussi longue, être cranté dans une espèce de déprime, de morose profonde, je vous donne les niveaux en indice.
03:56On est sur un indice depuis l'après-dissolution de moins 64.
04:01Donc ça peut aller de plus 100 à moins 100.
04:03On est à moins 64.
04:04Avant la dissolution, et depuis la réélection d'Emmanuel Macron, depuis 2022 jusqu'à la dissolution, pendant un peu plus de deux ans,
04:11on était sur un indice de moins 54.
04:14Donc on est dix points en dessous.
04:16À l'époque de Macron 1, pendant tout le premier quinquennat, on était sur un indice de moins 38.
04:21Donc on a perdu près d'une trentaine de points d'indice par rapport à cette époque-là.
04:25Et sous François Hollande et Nicolas Sarkozy, où les indices de morale étaient déjà extrêmement mauvais,
04:31on était en moyenne à moins 45 sous François Hollande.
04:33et à moins 46,5 sous Nicolas Sarkozy.
04:36Ça veut dire que vous avez, en gros, pour faire simple, une vingtaine de points d'indice de moins dans la figure depuis la dissolution.
04:45Ça nous a vraiment tués en termes de perspective d'avenir.
04:49Parce que les Français étaient déjà très sévères sur le bilan d'Emmanuel Macron.
04:52Mais regardez l'avant-dissolution et la période Macron 1.
04:56On était sur des indices de morale qui, au regard du pessimisme latent des Français...
05:00Oui, c'est ça, parce qu'on partait déjà...
05:02Voilà, il faut benchmarker.
05:03Au regard du pessimisme latent des Français, ce n'était pas si mauvais.
05:06Et donc il se passe bien un truc, depuis la dissolution,
05:09que les chefs d'entreprise qui sont nos clients, avec qui on travaille, nous disent régulièrement,
05:12qui est cette absence de perspective, cette absence d'horizon,
05:17ce sentiment que ça ne peut aller qu'un peu moins bien le mois suivant,
05:20et qu'il n'y a aucune chance que ça puisse se décanter d'ici à la présidentielle de 2027,
05:26à moins qu'il ne se passe quelque chose, une dissolution, une démission du président,
05:30des choses assez improbables.
05:31Donc c'est ça l'histoire économique de notre pays aujourd'hui,
05:34et du moral économique de nos concitoyens,
05:36et accessoirement des chefs d'entreprise aussi.
05:38On va voir si le fait qu'on ait passé le budget,
05:40enfin, améliore ce sentiment des Français.
05:44Est-ce que ça avait été le cas l'année dernière ?
05:47Alors, oui et non.
05:48C'est-à-dire que vous pouvez...
05:49Votre mi-février, est-ce que le moral des Français, c'était améliorer ?
05:51Alors, oui et non.
05:52C'est-à-dire, oui, vous avez des améliorations ponctuelles.
05:54C'est pour ça que je prenais mon recul de la focale,
05:57on regarde sur des tendances plus longues.
05:58On a déjà eu des améliorations,
05:59parce qu'on a eu peur qu'il n'y ait jamais de budget,
06:02et puis finalement, il y en a eu un de voté.
06:04On pouvait craindre une censure.
06:05Alors, ce n'est pas que les Français craignent la censure,
06:07c'est ses conséquences plutôt.
06:08Et puis finalement, ça n'a pas lieu.
06:10Mais ça ne va rien changer,
06:11parce que globalement, budget ou pas budget,
06:14de toute façon, dans notre précédent sondage politique,
06:17on voyait que les trois quarts des Français nous disaient
06:18ce budget est mauvais.
06:20Oui.
06:2074%.
06:22Et il faut le voter,
06:24pour une majorité d'entre eux,
06:25alors qu'il est mauvais,
06:26mais parce qu'il faut bien avoir un budget.
06:28Donc, vous comprenez bien cette situation,
06:30qu'on sent bien quand on parle autour de nous à des amis,
06:32quel que soit leur bord politique ou leur métier.
06:34C'est l'idée qu'on n'a aucun moyen
06:37d'avoir la moindre perspective,
06:39puisque on vit dans un,
06:40quel que soit le pays d'ailleurs,
06:41mais particulièrement en France,
06:42dans un pays où l'État est fort, centralisé,
06:45et où, à partir du moment où
06:47il n'y a aucune législation,
06:48aucune loi durable qui peut être conduite,
06:50aucune réforme importante qui peut être menée,
06:52parce qu'il n'y a pas de majorité,
06:54les chefs d'entreprise,
06:56les salariés ne savent pas où ils vont.
06:58– Bon, et pourtant,
06:59on voit une économie qui tourne,
07:00je veux dire, la croissance s'améliore,
07:02on reste autour des 1% en France,
07:04on n'est pas booming Roland Gillet,
07:06ça reste quand même très à taune,
07:09mais l'investissement repart,
07:10la croissance améliore un petit peu,
07:12on devait faire 0,7 point de croissance en 2025,
07:14on a fait 0,9 au final,
07:16on attend 1% cette année,
07:18et on voit que finalement,
07:19le monde de l'économie fait sécession
07:21de plus en plus avec le monde politique,
07:24parce qu'il faut bien avancer,
07:25après tout.
07:26– Oui, mais il y a deux choses,
07:28c'est triste ce que vous dites,
07:29c'est un constat qui,
07:29moi, même si je suis belge,
07:31je suis quand même souvent en France
07:33et j'ai beaucoup d'amis français,
07:34donc c'est triste ce que vous dites là,
07:35comme constat,
07:36c'est que ça ne s'améliore pas
07:37et que ça dure depuis longtemps,
07:38vous l'avez très bien dit,
07:38c'est répétitif,
07:39et il n'y a pas eu besoin
07:40qu'on soit dans les problèmes actuels
07:41pour pouvoir dévisser le déficit français,
07:44la dette s'accroître.
07:45De l'autre côté,
07:45par rapport à ce que vous avez dit,
07:46dire qu'effectivement,
07:47on a une croissance un peu plus forte
07:48quand on dépense à tout va,
07:50puisque le déficit n'a jamais
07:51qu'aussi la conséquence
07:52parce qu'on vit au-dessus de ses moyens,
07:53c'est normal quand même
07:54que ça se reflète à un moment donné
07:55dans la croissance.
07:56Donc il faut voir aussi cet aspect-là,
07:58mais il faut voir si ça vient
07:59d'un investissement
08:00qui donne des résultats récurrents
08:02ou de la dépense sociale non contrôlée
08:03qui demande être financée chaque année,
08:05ce qui est quand même très différent.
08:07Donc ça veut dire qu'il faut avoir
08:08l'air insolite pour pouvoir espérer
08:09qu'au niveau de la sécurité sociale,
08:11des retraites,
08:11on ne devra jamais faire les efforts
08:12qu'on n'a jamais faits,
08:13qui expliquent aussi les déficits.
08:15Donc il y a cet aspect-là.
08:15Par contre, de l'autre côté,
08:17et c'est ça que je voudrais dire
08:18dès le début,
08:19et j'en ai déjà parlé plusieurs fois,
08:21c'est le côté
08:22rien n'est perdu, heureusement,
08:24et surtout, regardons
08:25ce qui se passe dans d'autres pays.
08:26Moi, je suis très séduit
08:28par ce qui s'est fait en Espagne,
08:29parce que ces gens ont vécu
08:30une période très difficile
08:31il y a plus d'une dizaine d'années
08:33avec la crise immobilière,
08:34les effets derrière.
08:35Et au début, ils ont fait des efforts,
08:36beaucoup d'efforts.
08:37J'étais dans des comités
08:38d'accompagnement là-bas
08:39et je disais souvent
08:40je suis pour pousser des efforts,
08:42mais ce n'est pas moi qui l'ai fait.
08:43C'est différent quand on est dans un pays
08:45et que quand on conseille des efforts
08:47en tant que conseiller,
08:47on y paye des impôts
08:48puisqu'on les fait aussi.
08:49Donc moi, je ne faisais pas les efforts
08:50mais je conseillais d'en faire.
08:52Et c'est vrai que des gens me disaient
08:53écoute, c'est un peu facile,
08:54mais avec le temps,
08:55quels que soient les gouvernements,
08:56un enchaînement de courage,
08:58ces gens sont arrivés aujourd'hui
08:59à avoir les résultats
09:00que vous connaissez
09:00avec une croissance forte
09:01et surtout, et surtout,
09:04une visibilité pour les entrepreneurs
09:05et pour le reste.
09:06Et j'ai vu justement là-bas
09:07et regardé les résultats aujourd'hui
09:09au niveau de la croissance
09:10mais aussi au niveau du reste
09:10de l'économie en Espagne,
09:14j'ai vu des cadres français.
09:15Je revois les mêmes,
09:16les mêmes donc des cadres,
09:17pas actionnaires,
09:18des gens qui sont dans des entreprises.
09:20À l'époque où ça tournait mal
09:22avec la crise immobilière là-bas,
09:23là, c'était plutôt
09:24la crainte des Espagnols
09:25de voir leur cerveau partir
09:26vers les grands pays
09:27dont l'Allemagne et la France.
09:29Aujourd'hui, j'ai vu des gens
09:30notamment à Séville
09:31où c'était des cadres
09:33qui avaient un emploi en France,
09:34qui étaient contents de la France
09:35en tant que Français,
09:36qui étaient contents aussi
09:37de leur travail
09:38mais qui disaient
09:38on vient pour essayer de voir
09:40sur le marché du travail ici
09:41si on ne pourrait pas
09:42trouver un salut,
09:44un salut pour le moral,
09:45un salut pour la continuité.
09:47Parce qu'ils disent
09:47faire des investissements
09:48où on sait que c'est
09:49le long terme qui compte.
09:50Dans une atmosphère délétère
09:52sur le côté de la morale,
09:53comme vous le dites,
09:54qui continue à ne pas être positif,
09:56ça minait un peu leur morale
09:57dans la qualité de leur travail.
09:58Et donc, c'est des gens
09:59qui avaient parfaitement
10:00leur place ici,
10:01qui étaient tout à fait heureux
10:02de ce qu'ils y faisaient
10:02en tant que professionnels
10:04dans leur métier,
10:05mais qui disaient
10:06on a envie quand même
10:07d'être dans un pays où on voit clair.
10:08Et on voit clair,
10:09c'est-à-dire qu'on a une solution.
10:10Et j'agite juste encore
10:11un dernier mot.
10:12Regardez le gouvernement
10:13quand même de Sanchez aujourd'hui.
10:14Il n'a pas pu voter son budget.
10:16Il lui manque des indépendantistes.
10:17Oui.
10:18Mais il s'en sert pour dire
10:19et personne n'en a peur
10:20quand il sera voté
10:21et il sera voté.
10:23Les indépendantistes
10:24étant plutôt des gens
10:25étiquetés à droite,
10:27on va donc mettre
10:28la même rigueur,
10:29rigueur, pas austérité,
10:30mais rigueur dans le budget
10:30de telle façon
10:31à continuer les efforts.
10:33Et je répète,
10:33ce qui est terrible,
10:34c'est quand on regarde
10:35terrible dans le bon sens,
10:36c'est que les gens
10:37qui ont eu difficile
10:38à faire les efforts,
10:39les plus larges d'ailleurs,
10:40depuis les plus faibles,
10:41moins d'efforts
10:42jusqu'aux plus riches
10:43et aux entreprises,
10:44c'est qu'aujourd'hui,
10:45ils ont le goût de l'effort
10:47qu'ils ont dans leur pays.
10:48Ils sont contents du résultat.
10:49Ils voient les résultats,
10:50ils voient que ça fonctionne.
10:51Et j'ai vu parfois
10:51dans des émissions en France
10:52voir le miracle espagnol,
10:54ça n'a absolument rien
10:55à voir d'un miracle.
10:56C'est des efforts.
10:56Ils ont bossé.
10:57C'est 10 ans, voilà.
10:58Et par contre, c'est positif.
10:59Ça veut dire qu'en partant de là,
11:01si on trouve des mesures en France
11:02et qu'on se tenait,
11:03comme vous le disiez tout à l'heure,
11:04avec un cap qui reste,
11:05avec un capitaine
11:06qui reste sur le bateau
11:07avec le même cap,
11:08je pense qu'on vous obtiendrait
11:10tout de suite des résultats.
11:11Nettement meilleurs
11:11en tous les cas.
11:12Je voulais juste
11:12qu'on parle d'un mot
11:13du baromètre,
11:15de l'eurobaromètre aussi,
11:16parce que ce sentiment,
11:18ce pessimisme français,
11:20il joue aussi sur l'Europe,
11:24du côté français en tout cas.
11:25Seuls 38% des Français
11:26conservent une image positive
11:28de l'Europe,
11:29contre 49% en moyenne.
11:31Je pense qu'en Espagne,
11:32l'europhilie est à un niveau
11:35un peu supérieur.
11:36Donc est-ce qu'on peut dire
11:38que ce qui se passe à l'intérieur
11:40se rejette à l'extérieur,
11:41si je puis dire ?
11:42Oui, puisque vous avez régulièrement,
11:47pour ceux qui surfent
11:51un petit peu sur la déprime
11:52des Français,
11:53un certain nombre de partis politiques
11:54jouent là-dessus,
11:55vous avez l'idée
11:56de l'accusation de l'extérieur.
11:58Pourquoi est-ce que vous êtes
11:59en souffrance ?
11:59Si ça va mal,
12:00c'est de la faute à Bruxelles.
12:01Alors si ça va mal,
12:01c'est de la faute à Bruxelles.
12:02Et si on vous demande des efforts,
12:04c'est de la faute à Bruxelles aussi.
12:06Et quand il y a des éléments
12:08incontestablement positifs
12:10qui émanent de Bruxelles
12:11à l'égard de la France,
12:13on peut penser à l'agriculture
12:14avec la PAC,
12:14on peut penser à tout un tas de sujets,
12:16c'est complètement passé sous silence
12:18ou c'est complètement retourné.
12:19Et donc vous avez,
12:20dans les pays en déprime,
12:22un rejet aussi beaucoup plus important
12:24des organismes internationaux
12:26et notamment de l'Union européenne.
12:28On n'a pas abordé un autre sujet
12:30qui est aussi notre modèle social,
12:31mais vous l'avez évoqué
12:32dans votre lancement, Raphaël.
12:33Mais ça aussi,
12:34c'est intéressant de voir
12:35comment on peut être déprimé là-dessus.
12:36On va y venir,
12:37on va le relier.
12:37Roland, juste simplement,
12:39sur le sentiment de Romain.
12:39Par rapport aux Espagnols
12:40qui vont bien maintenant,
12:41quand je parle de la France,
12:42je leur dis,
12:42écoutez,
12:43au lieu de sourire un peu aujourd'hui,
12:45puisqu'avant,
12:46eux souriaient quand vous n'étiez pas bien,
12:47ils étaient parfois un peu arrogants,
12:48je suis désolé de vous le dire,
12:50puisque je voyais un peu
12:50comment ça se passait,
12:51le regard de la France
12:52sur une Espagne
12:53qui pataugeait
12:54avec la crise qu'elle a subie.
12:55Donc aujourd'hui,
12:56ils sont plutôt sur le côté,
12:57bon, pour une fois,
12:58ce n'est pas les mêmes
12:58qu'on monte du doigt,
12:59les pays du Club Med,
13:00ce n'est pas que nous.
13:01Et en plus,
13:01ils sont faciles de dire,
13:02regardez le Portugal,
13:03la Grèce est jusqu'à l'Italie,
13:04pour le moins,
13:04ils ne se comportent pas si mal
13:05par rapport,
13:06en tous les cas,
13:07à leur déficit public
13:07et leur contrôle.
13:08Et donc,
13:09ils disent derrière,
13:09mais moi,
13:10tous des éléments
13:11qui ne sont pas très positifs,
13:12je leur dis,
13:12c'est très malheureux
13:13dans une Europe
13:13qui voudrait un tout petit peu
13:14plus s'unir,
13:15d'avoir,
13:16quel que soit le pays,
13:18des gens qui pensent
13:19que parce qu'il y a eu
13:21des éléments du passé
13:21et qui prouvent
13:22qu'il n'y a pas eu
13:22de solidarité,
13:23en tous les cas,
13:24au niveau du moral
13:24et au niveau de la manière
13:26de mener les affaires,
13:27on soit content
13:27que la France patauge
13:29parce que c'est quand même
13:29la deuxième économie
13:30de la zone euro.
13:31Et je dis,
13:31c'est pareil avec l'Allemagne.
13:32Regardez d'ailleurs
13:33ce qui se passe pour le moment,
13:34je dis juste ce point-là,
13:35vous voyez que l'Italie
13:36et l'Allemagne
13:36sont en discours direct maintenant.
13:38Absolument,
13:39un nouvel axe.
13:39C'est difficile d'avancer,
13:43non pas qu'il renie la France
13:44loin de là,
13:44mais c'est difficile d'avancer
13:45donc il préfère le faire
13:46en bilatéral
13:47avec de nouveau en Italie.
13:49C'est le fédéralisme pragmatique
13:50dont tu as parlé Mario Draghi.
13:51Mais ça veut dire aussi
13:52que Mélanie a au moins
13:53une qualité,
13:54c'est d'avoir tenu
13:55un gouvernement
13:55et de lui laisser le temps
13:57de donner certains résultats
13:58en dehors de ce qu'on lui prête
13:59sur le côté nationaliste
14:00et le côté extrême droite.
14:02Mais sur le reste,
14:03c'est quand même,
14:04ça va quand même mieux en Italie
14:05depuis qu'il y a une trajectoire
14:06avec des mois
14:07et des mois et des trimestres
14:09où c'est la même logique
14:09qui prévaut
14:10que d'avoir des changements permanents.
14:12Donc je crois que ça joue
14:12énormément aussi
14:13sur les bilatérales
14:15avec la France
14:15et d'autres pays.
14:16Et évidemment,
14:17il faut qu'on revienne
14:17sur le modèle social.
14:18Effectivement,
14:19vous avez sondé les Français
14:20sur l'allocation sociale unique.
14:23Exactement,
14:23l'allocation sociale unique
14:25qui a eu plusieurs noms
14:25par le passé,
14:26ça fait une dizaine d'années
14:27que c'est dans les tuyaux
14:27cette idée.
14:29Donc vous savez,
14:30c'est l'idée
14:30de regrouper l'ensemble
14:31des prestations sociales existantes,
14:33RSA,
14:34prime d'activité,
14:35prime de rentrée scolaire,
14:35etc.,
14:35sur une seule allocation.
14:38Alors,
14:38quand on explique
14:38le principe aux Français,
14:40les trois quarts,
14:40à peu près,
14:41un peu moins,
14:4172% des Français
14:43nous disent
14:43ça c'est bien,
14:44c'est une bonne idée,
14:45j'y suis favorable.
14:46Et à peu près,
14:46quel que soit leur milieu social,
14:48leur niveau de revenu,
14:49même quelle que soit
14:50leur orientation politique,
14:52ça c'est assez intéressant
14:53à soulever.
14:54Et pourquoi ils nous disent ça ?
14:55Parce qu'ils y voient
14:56tous les avantages
14:57que lui prête le gouvernement.
14:59Un,
14:59ils pensent que ça simplifierait
15:00les démarches pour les demandeurs,
15:01donc que c'est gentil.
15:0285% des Français le pensent.
15:04Deux,
15:05ils pensent que ça éviterait aussi
15:07que beaucoup de gens
15:08ou trop de gens
15:09cumulent des tas d'aides sociales
15:10et arrivent à se faire
15:12des revenus confortables.
15:16Exactement,
15:1674% des Français
15:18sont d'accord avec cette idée.
15:19Et puis,
15:20un petit coup de gauche,
15:22ça permettrait
15:22à plus de Français
15:23de bénéficier des aides
15:24parce que c'est vrai
15:25que c'est un maquis
15:27assez complexe.
15:28Il faut avoir fait polytechnique
15:29pour arriver à comprendre
15:30quelles aides
15:30vous pouvez utiliser.
15:31Et donc,
15:33il y a beaucoup de gens
15:34qui pourraient bénéficier d'aides
15:35qui ne bénéficient pas
15:36de ces aides
15:36et ça,
15:37les Français l'ont intégré
15:38et donc,
15:38ils voient aussi
15:39cet aspect-là
15:40d'un bon oeil.
15:41Là-dessus,
15:42sur l'aspect plus de droite,
15:43c'est-à-dire,
15:44il y a trop d'assistanat,
15:45il y a des gens
15:46qui peuvent cumuler
15:47trop d'aides,
15:48il y a des différences
15:49gauche-droite évidemment,
15:50il y a des différences sociales,
15:51il y a des différences générationnelles.
15:53Ça ne plaît pas à tout le monde
15:53cette idée
15:54mais une majorité de Français
15:55y adhèrent.
15:55Mais plus globalement,
15:57et ça,
15:57ça fait 20 ans
15:57qu'on entend ce discours en France
15:59et ça a capillarisé,
16:00on a près des deux tiers
16:01des Français
16:02qui pensent
16:02qu'il y a trop d'assistanat
16:04en France,
16:05que notre modèle social
16:06aurait trop d'effets pervers
16:08et qu'il n'encouragerait pas
16:09assez à faire des efforts.
16:11Donc,
16:11cette idée
16:11qui était une idée
16:12qui était essentiellement
16:13ancrée à droite
16:14il y a une quinzaine,
16:15une vingtaine d'années,
16:16qui a été défendue
16:17au moment du Travailler Plus
16:18pour gagner plus
16:18par Nicolas Sarkozy par exemple,
16:20aujourd'hui,
16:21elle est à peu près présente
16:22dans la plupart
16:22des milieux sociaux
16:23et des sympathies partisanes.
16:26Et ce qui est dingue Gaël Mack,
16:27c'est qu'on a fait
16:28exactement l'inverse
16:30dans le projet
16:31de loi de finances.
16:31Là,
16:31on a quand même
16:32deux Français sur trois,
16:3364%
16:34qui estiment
16:35que notre système
16:36de protection sociale
16:37est trop généreux.
16:39On a supprimé
16:40tous les efforts
16:41dans le projet
16:42de loi de finances
16:42et dans le budget
16:44de la Sécu
16:45pour 2026.
16:46Oui,
16:46en fait,
16:47je veux dire,
16:48l'avantage
16:48d'avoir ce budget,
16:50c'est juste
16:50d'avoir un budget.
16:51En dehors de ça,
16:53c'est clair
16:54qu'on ne fait pas d'efforts
16:55mais cela dit,
16:56je veux dire,
16:57cette position sondagière
16:58qu'on connaît
16:59parce qu'elle est historique
17:00même si elle ne fait
17:02qu'augmenter,
17:03je veux dire,
17:04elle se crache
17:06dès qu'on arrive
17:07dans le détail.
17:08C'est-à-dire qu'en gros,
17:09chaque Français
17:10dit,
17:11oui,
17:11la Sistana,
17:12il y en a trop,
17:14le système social
17:15est trop généreux,
17:15prenez à mon voisin.
17:17Mais en gros,
17:18je veux dire,
17:18c'est jamais soi.
17:19Les efforts pour les autres.
17:19C'est « not in my backyard ».
17:21Voilà.
17:21« Not in my garden ».
17:22Je veux dire,
17:24on parle de la Sistana
17:25parce qu'on pense,
17:27en fait,
17:27je ne sais pas,
17:28on a toujours un peu
17:29ce cliché
17:30des chômeurs
17:34qui roulent en BMW,
17:35voilà,
17:36en trichant,
17:38en attrapant le RSA
17:40et les allocations
17:41sur le chômage.
17:42En fait,
17:45quand on regarde
17:45le système
17:46de protection sociale,
17:47déjà,
17:47il faut quand même dire
17:48que les premiers bénéficiaires
17:51de ce système,
17:52ce sont les retraités.
17:53Voilà.
17:54Je veux dire,
17:54ce qui pèse le plus
17:55dans le PIB de la France,
17:5614%,
17:57c'est les retraites.
17:58Oui.
17:58Et après,
17:59quand on regarde...
17:59Il y a un quart
17:59des dépenses publiques.
18:00Voilà.
18:01Quand on regarde
18:01le système de santé
18:03en France,
18:04qui est également
18:04un système généreux,
18:07je veux dire,
18:07les deux tiers
18:09des dépenses
18:10sont en faveur
18:12des plus de 60 ans.
18:13Je ne pense pas
18:14que les personnes
18:16qui sont contre
18:17l'assistanat
18:17pensent forcément
18:18à ce public
18:19quand ils réfléchissent
18:22et qu'ils disent
18:22que le système social
18:23est trop généré en France.
18:24Et globalement,
18:25ce problème,
18:26vraiment de l'effort,
18:28c'est vraiment...
18:29Et en ce sens,
18:30c'est vrai,
18:31je vous rejoins
18:32sur l'Espagne,
18:33le Portugal,
18:34la Grèce,
18:35un peu moins l'Italie,
18:36mais voilà.
18:38Moins l'Italie.
18:39C'est une transition
18:39parfaite, Gaëlle,
18:40pour...
18:40Voilà.
18:41Cette logique
18:41de l'effort en France,
18:42on ne l'a vraiment pas
18:44et elle n'est pas portée
18:47par les politiques.
18:48Les politiques qui le portent,
18:50ça ne leur porte pas chance
18:51et les politiques
18:53qui ont le plus d'audience
18:55sont ceux
18:56qui demandent,
18:57qui sont toujours
18:57contre toute économie.
18:59La question qui se pose,
19:00c'est est-ce que les politiques
19:01n'ont pas instrumentalisé
19:02cette grande illusion ?
19:03C'est un peu ce que dit
19:04l'Institut Montaigne
19:05dans une note publiée hier,
19:08une note de Jean-Dominique Sénard,
19:10le grand patron respecté
19:12aujourd'hui président de Renault
19:13et de Jean-Louis Bourlange,
19:14ancien président
19:15de la commission
19:16Affaires étrangères
19:17de l'Assemblée nationale,
19:19un élu respecté
19:20lui aussi,
19:21qui en appelle
19:22à une responsabilité.
19:24Elle dit quoi,
19:24cette note ?
19:25Elle dit que,
19:26un,
19:26de manière assez classique,
19:28il faut faire le ménage
19:28dans le millefeuille territorial
19:29parce qu'on est dans
19:32une irresponsabilité collective
19:34très confortable aujourd'hui
19:35qui fait que,
19:36comme tout le monde
19:36s'occupe de tout,
19:38personne n'est responsable
19:39de rien.
19:39Mais ce que je trouve
19:40plus intéressant,
19:41c'est qu'il nous explique
19:42que,
19:42notamment sur les dépenses
19:43de santé que vous soulignez,
19:45Gaël Mack,
19:46on est dans une illusion
19:47du tout gratuit
19:48alors qu'on devrait expliquer
19:50aux gens
19:50où va l'argent,
19:52où est-ce qu'on le prend,
19:53comment on le dépense,
19:55vous venez de le rappeler
19:56avec les retraites
19:57et les dépenses de santé,
19:58et surtout,
19:58on devrait l'afficher
19:59plutôt que d'avoir
20:00une carte vitale
20:00où on ne paye jamais rien,
20:02expliquer,
20:02vous payez tant,
20:04mais,
20:04le service coûte tant,
20:06mais la collectivité
20:07va prendre en charge
20:08tant.
20:09Est-ce qu'il y a,
20:10la question derrière ça,
20:12une volonté
20:13d'effacer,
20:14une volonté
20:15de l'action publique
20:17d'effacer
20:18le réel
20:19à la fois
20:20sur les recettes,
20:21plus personne ne comprend rien
20:22à son bulletin de salaire,
20:24plus de 80% des Français
20:25ne comprennent pas,
20:27et sur les dépenses
20:27où on met
20:29du tout gratuit,
20:30est-ce que c'est un moyen
20:31de responsabiliser les Français ?
20:33– Ce n'est pas une volonté,
20:35simplement,
20:36c'est une mécanique politique
20:37qui conduit
20:38à ce que décrivait Gaël,
20:40pour illustrer ce que
20:40Gaël Mack,
20:41pour illustrer ce que
20:41disait Gaël Mack
20:42il y a un instant,
20:43les trois quarts
20:44des retraités
20:44disent,
20:45et des plus de 65 ans
20:46disent,
20:46il y a trop d'assistanat
20:47en France,
20:48c'est scandaleux.
20:49Les principaux bénéficiaires,
20:50Gaël le rappelait,
20:51de cet assistanat,
20:52en tout cas,
20:53sont les plus de 65 ans.
20:54Alors que les jeunes
20:55qui en bénéficient
20:56beaucoup moins
20:56disent,
20:57ben non,
20:57il n'y a pas trop
20:58d'assistanat dans le pays.
20:59Et alors,
20:59est-ce que c'est une volonté politique ?
21:00Non,
21:01mais c'est un système politique.
21:02On ne peut pas,
21:03en fait,
21:03reprocher,
21:04les Français reprochent
21:05à nos politiques,
21:06aujourd'hui,
21:06de ne pas être capables
21:07de s'entendre,
21:08de ne pas arriver
21:09à construire un budget,
21:09de ne pas être capables
21:10de faire des concessions.
21:12Ils disent cela.
21:13Mais en même temps,
21:14le système politique
21:15dans lequel nous sommes
21:15fait que les hommes politiques
21:17en question
21:17sont contraints
21:18de ne pas faire ces efforts.
21:20Tout est dicté
21:20par le résultat
21:21de l'élection présidentielle.
21:22C'est la mère
21:23de toutes les batailles.
21:24Une fois que vous gagnez
21:25la présidentielle,
21:26normalement,
21:27c'est comme ça
21:27que c'est conçu,
21:28notre système politique
21:28est conçu,
21:29contrairement à la Belgique,
21:30par exemple.
21:31Une fois que vous avez
21:31gagné la présidentielle,
21:32vous pouvez espérer
21:33enchaîner avec les législatives,
21:34avoir un ensemble de pouvoirs
21:36et puis prendre des décisions.
21:37Donc,
21:38tout étant fait
21:38pour la présidentielle,
21:39quand on se retrouve
21:40dans la situation paradoxale
21:41que nous vivons aujourd'hui
21:42politiquement,
21:43où vous avez un président
21:44qui n'a plus aucun pouvoir,
21:46à part à l'étranger,
21:47et où vous avez
21:48une assemblée
21:48où il n'y a plus
21:49aucune majorité
21:49qui se dégage.
21:50Ça signifie
21:51qu'il faudrait
21:51que la gauche,
21:52la droite,
21:53l'extrême gauche
21:53et l'extrême droite
21:53puissent s'entendre
21:54sur des politiques de fond
21:57alors que logiquement,
21:59ils sont en désaccord.
22:01Du coup,
22:02le système fait
22:04qu'on ne peut pas arriver
22:05tant qu'on n'aura pas
22:07un nouveau président
22:07de la République,
22:08pour dire les choses simplement.
22:09C'est l'embolie.
22:10C'est l'embolie
22:11et c'est impossible
22:12d'en sortir.
22:13Non mais,
22:13je veux dire,
22:14cela dit,
22:15en France,
22:15on n'a pas fait
22:16un budget à l'équilibre
22:16depuis 1974.
22:18La situation politique
22:19actuelle qui existe
22:21depuis deux ans,
22:22ça fait 50 ans
22:23que les politiques
22:25en France
22:25ne disent pas
22:26aux Français
22:27qu'un jour,
22:28il va falloir
22:28faire des efforts
22:29et réformer.
22:31Et je veux dire,
22:32c'est quand même intéressant.
22:34Moi,
22:34je trouve ça
22:34sociologiquement intéressant
22:36et je n'ai pas forcément
22:37d'explication claire,
22:39mais je veux dire,
22:40tous les pays européens
22:41ont fait des réformes
22:42des retraites
22:43parfois assez drastiques.
22:45Oui,
22:45très difficile.
22:46Tout le monde,
22:47maintenant,
22:47je veux dire,
22:48l'âge moyen
22:48qui est prévu bientôt,
22:50ça va être 67 ans
22:51globalement dans l'ensemble
22:52des pays européens.
22:53Bon,
22:54je ne vois pas quand même,
22:55il y a eu des débats,
22:56des discussions,
22:57nulle part.
22:58Il n'y a eu des manifestations
23:00qui rassemblent
23:01des milliers,
23:02des dizaines de milliers,
23:03des centaines de milliers
23:04de personnes dans les rues
23:05et une obstruction
23:07aussi déterminée
23:09pour le moindre mois,
23:11le moindre déplacement
23:12de curseurs,
23:13etc.,
23:13qu'en France,
23:14où toutes les réformes
23:15des retraites
23:16sont vraiment
23:16des espèces
23:17de manifestations
23:18massives.
23:19Alors que la retraite,
23:20je termine,
23:21la retraite,
23:21c'est vraiment le levier,
23:23l'âge de la retraite.
23:24On ne peut pas vouloir
23:25avoir à la fois
23:27des retraités
23:27qui ont des revenus,
23:29enfin,
23:29un niveau de vie équivalent
23:30de celui des actifs,
23:32comme en France,
23:33qui est déjà
23:34le plus généreux.
23:34avoir aussi
23:37un système de santé
23:38qui nous permet
23:39d'avoir une espérance
23:40de vie,
23:40une des plus longues
23:41de l'Union européenne,
23:42tant mieux,
23:42c'est une chance,
23:43et avoir aussi
23:44un système de retraite
23:46qui nous permet
23:46de partir parmi
23:47les plus taux
23:48de l'Union européenne
23:49et donc de passer
23:50le plus de temps
23:51à la retraite possible.
23:52À un moment,
23:52il faut choisir
23:53entre ces curseurs.
23:55Voilà.
23:55Vous avez le soutien
23:56de Laurence C
23:57qui nous écoute
23:57sur Twitter,
23:58qui nous écrit,
23:59vous pouvez y aller aussi
23:59sur mon compte
24:00tellement d'accord
24:02avec la pertinente
24:04analyse de Gaël Mack
24:05quant aux populations
24:05assistées.
24:07Ce clientalisme
24:08nous a mené
24:08dans cet impasse
24:09et ce discours infâme.
24:11En entendant Gaël Mack,
24:12je me rappelle
24:14que je n'ai pas
24:14bien explicité
24:16ce que je disais
24:17tout à l'heure.
24:18La présidentielle
24:19étant la matrice
24:20de tout,
24:21quelle est la conséquence
24:22de tout ça ?
24:23À la présidentielle,
24:23si vous voulez
24:24vous faire élire,
24:25vous devez
24:26raser gratis.
24:28Vous devez
24:28promettre
24:29notre système
24:30consubstantiellement
24:31est ainsi fait
24:33qu'il empêche...
24:33Mais les autres pays
24:33aussi ont des élections
24:34quand même.
24:35Et eux aussi
24:36doivent faire des promesses.
24:37Mais non Gaël,
24:38les autres pays
24:39sont des systèmes,
24:40tous les autres pays
24:41du monde,
24:41toutes les démocraties
24:42à part la nôtre
24:43sont des systèmes,
24:44à part aux Etats-Unis sinon,
24:46sont des systèmes
24:46parlementaires.
24:47C'est-à-dire que
24:48dans un système parlementaire,
24:50vous avez une élection
24:51avec un seul tour,
24:52vous avez une assemblée
24:53avec aucune majorité
24:55qui se dégage
24:56sur un seul parti
24:57et donc
24:58vous êtes obligés,
25:00c'est consubstantiel,
25:01au régime politique
25:04de ces pays,
25:05de la Belgique,
25:06de l'Angleterre,
25:07de l'Italie,
25:07de l'Espagne,
25:08de l'Allemagne,
25:08de tous les pays.
25:09Ils sont obligés,
25:10une fois qu'ils se retrouvent
25:11avec une assemblée
25:12où personne n'est
25:13une grande majorité,
25:14de trouver des accords
25:15et de faire des compromis.
25:17Et vous élisez,
25:18non pas un roi,
25:19Thomas Thurge,
25:20de droit divin,
25:22le président de la République
25:23qui pourra tout faire,
25:24vous votez pour une liste
25:26ou un parti politique
25:27qui va devoir faire
25:28des compromis
25:29par rapport à son programme.
25:30Donc vous aboutissez
25:31à des réformes des retraites,
25:32vous aboutissez
25:33à des réformes compliquées.
25:34Vous rappeliez tout à l'heure
25:35à juste le titre
25:36la réussite espagnole
25:37alors qu'il y a eu
25:38des changements de gouvernement.
25:39Et donc,
25:40il y a quelque chose
25:41qui oblige,
25:42même en Belgique,
25:43votre pays,
25:43on a eu,
25:44pendant combien de temps ?
25:4518 mois
25:45en absence de Premier ministre ?
25:47Et pourtant,
25:49les choses arrivent
25:50à fonctionner
25:50parce qu'on est obligé
25:52de s'accorder.
25:52Notre système politique
25:54est ainsi fait
25:55qu'il oblige à mentir,
25:56il oblige à être démagogue.
25:58Mais c'est un système politique
25:59ou c'est un manque
26:00de, peut-être,
26:01culture économique,
26:02simplement des citoyens ?
26:03Les citoyens ne sont pas
26:03obligés de croire
26:04les changes qu'on leur raconte
26:05non plus.
26:06Il ne s'agit pas
26:06de croire ou pas croire.
26:07Vous aurez,
26:08dix-huit dizaines de jours,
26:10on l'évoquait hors antenne,
26:11un sondage sur la culture économique
26:13des Français
26:13par rapport aux autres Européens.
26:15Vous verrez que ce n'est pas
26:16tellement lié
26:17à un manque de connaissances,
26:19c'est plutôt lié
26:19à une question culturelle.
26:21Mais tout ça pour dire
26:21que notre système politique
26:22nous conduit dans cet impasse
26:23et que tant que nous aurons
26:24ce système-là,
26:25nous aurons des gens
26:26qui nous promettront
26:27demain en race gratis
26:28et qui ensuite seront
26:29très embêtés
26:30pour faire l'inverse
26:30de ce qu'ils ont promis.
26:31Ce n'était pas le cas,
26:32par exemple,
26:32de Nicolas Sarkozy
26:33quand il a été élu en 2007.
26:35Ce n'était pas le cas non plus
26:36d'Emmanuel Macron en 2017.
26:38Il n'avait pas dit
26:40qu'en race gratis.
26:41Il avait quand même indiqué
26:43qu'il voulait faire des réformes
26:44sur les retraites,
26:45sur l'assurance chômage.
26:46Oui, il n'était pas
26:46complètement interdit
26:47d'avoir un programme économique.
26:49Pas complètement.
26:49Je voudrais qu'on écoute
26:50Roland Gillet
26:51qui a des fans sur Twitter.
26:53Nicolas, bonjour Nicolas,
26:54qui adore suivre notre émission
26:55depuis la Belgique
26:57et qui adore Roland Gillet.
26:59Alors je voudrais,
27:00moi, avoir le témoignage.
27:01J'ai dit aussi
27:02que j'adorais les Français.
27:03Voilà.
27:04Vive l'amitié franco-belge.
27:06Il y a surtout un point
27:07que je voudrais relever
27:08par rapport à tout ce qui a été dit
27:09sur ce qui est entièrement d'accord.
27:10Mais c'est un côté
27:11vraiment incroyable.
27:13Souvenez-vous du dernier pacte
27:14de stabilité négocié
27:15entre l'Allemagne essentiellement
27:16et la France
27:17dans l'urgence
27:18avant le 31 décembre
27:19où ça allait bloquer.
27:20Donc il a fallu
27:21se mettre autour de la table
27:22et on est arrivé
27:23à cette fameuse logique
27:244 plus 3 ans
27:25où il fallait avoir
27:26un plan de convergence.
27:28Forcément,
27:28puisque c'est l'objectif
27:29quand même en Europe
27:30en tous les cas.
27:30Pour le rétablissement
27:31des comptes publics.
27:32Et ça a été négocié
27:33après-midi.
27:33Les Allemands trouvaient
27:34que les Français poussaient
27:35un peu trop
27:35dans le côté permissif
27:37et forcément,
27:39les Français de l'autre côté,
27:39la rigueur allemande.
27:41Qu'est-ce qu'on a vu après ?
27:42Le pacte de stabilité
27:43s'est imposé à tout le monde
27:44et puis moi j'ai vu des gens
27:44dans différentes capitales
27:46qui disaient
27:46ça c'est la dernière quand même.
27:48C'est les Français
27:48qui ont négocié
27:49avec les Allemands,
27:51ils ont obtenu des choses
27:52et ils s'assoient dessus.
27:53Donc eux déjà c'est cet ordre d'office.
27:54Vieille tradition en France
27:56qu'il y a montant Jacques Chirac.
27:57Au lieu de converger vers le bas,
27:58ils nous expliquent
27:59que c'est en montant plus fort
28:00le déficit
28:01que ça va aller beaucoup mieux après
28:02alors que nous
28:02on est obligés de faire des efforts.
28:03Et souvenez-vous
28:04à quel point était enragée
28:05la première ministre italienne,
28:09le Sanchez en Espagne
28:11et les autres en disant
28:11qu'est-ce qu'on va pouvoir dire
28:12à notre peuple
28:13puisque nous on justifie l'Europe
28:15comme étant un élément
28:16de structure
28:18pour arriver à quelque chose de bon
28:20mais il faut faire des efforts d'abord
28:22alors que le principal pays
28:23qui est autour de la négociation
28:25et qui est plus gros que nous
28:26dit
28:26c'est quand même pas
28:27les technocrates de Bruxelles
28:28comme toujours
28:29qui vont dicter ce qu'on va faire
28:30et qui continuent à diverger.
28:31Et on est d'accord
28:32ce n'est pas que depuis
28:33le problème de la dissolution
28:34ou pas
28:35de l'Assemblée nationale
28:37avec
28:38je vais dire
28:39le deuxième mandat
28:40d'Emmanuel Macron.
28:41C'est depuis toujours
28:42que ça fonctionne comme ça.
28:43Et ça je trouve que d'abord
28:45c'est le mauvais étudiant
28:46alors qu'il réussit
28:47très bien
28:48il faut quand même regarder
28:48le potentiel français.
28:49Moi c'est ce que je dis toujours aux autres
28:50ne rêvez pas
28:51la France
28:52elle ne souffre pas
28:53de ses cerveaux
28:55et des gens
28:55qui constituent le tissu économique.
28:57C'est plutôt de l'organisation
28:58aujourd'hui
28:59qui est défaillante
29:00et qui mine le moral
29:00mais la France a bien entendu
29:02plein d'atouts
29:02et c'est ça qui est le plus terrible.
29:04Mais par contre
29:04regardé par les autres
29:05ça fait quand même un peu désordre
29:07de voir des pays
29:07qui ont plus dur
29:08en point de départ
29:09des entreprises moins fortes
29:10et voir que
29:11forcément que c'est sûr
29:12de raser gratis
29:13ça fait évidemment du bien
29:14à la population
29:15en premier temps
29:16avant d'expliquer
29:17les efforts encore plus
29:18c'est un lent déclin
29:19comme le parisien
29:21c'est d'autant
29:22aujourd'hui
29:23qu'alors vous vous retrouvez
29:24avec des gens
29:25des autres pays
29:26qui ayant fait les efforts
29:27plus que la France
29:28disent maintenant
29:29on voit bien
29:29à quoi ça les mène
29:30de ne pas les avoir faits.
29:31Et je rappelle que
29:32pour la troisième année consécutive
29:33le PIB par tête français
29:34est sous la moyenne
29:36européenne
29:37quand les autres pays
29:38font le boulot de réforme
29:40l'Espagne, l'Italie
29:41la Pologne, la Grèce
29:42et bien
29:42leur production
29:43augmente et le rattrape.
29:44Le PIB par habitant
29:46en parité de pouvoir d'achat
29:47parce que c'est plus important
29:48qu'en nominale
29:49est en train de rattraper
29:51les Français
29:51on est autour de
29:5259 800 à 59 400
29:54donc ça veut dire
29:55que ça marche
29:55pour l'enrichissement
29:56de toute la population.
29:57Allez on se quitte
29:58pour une très courte pause
29:59publicitaire
30:00on se retrouve dans une minute
30:01on va parler de la BCE
30:02qui tient sa réunion aujourd'hui
30:04faut-il baisser les taux
30:05et puis on reviendra aussi
30:06sur la réunion
30:07qui s'est tenue hier
30:07à Washington
30:08sur les terres rares
30:09à tout de suite.
30:14BFM Business et la Tribune
30:18présente
30:18Les Experts
30:20Raphaël Legendre
30:22Allez on est de retour
30:23pour la seconde partie
30:24de l'émission
30:25avec toujours autour
30:26de la table
30:27Roland Gillet
30:28Gaël Mack
30:28et Gaël Slimane
30:29pour parler
30:30baisse des taux
30:31aujourd'hui
30:32des jours de réunion
30:33de la Banque Centrale
30:35Européenne
30:36une réunion importante
30:37qui arrive dans un moment
30:38où on a eu les résultats
30:39de l'inflation
30:40notamment en France
30:41c'était il y a 48 heures
30:43une inflation au plus bas
30:44depuis la crise Covid
30:46on est à 0,3%
30:48l'inflation a disparu
30:49c'est assez simple
30:50en France en tout cas
30:51c'est l'une des plus faibles
30:52c'est la plus faible
30:53de la zone euro
30:53juste après Chypre
30:56avec une inflation au plus bas
30:58on se dit
30:59Roland Gillet
31:00il est grand temps
31:01de baisser les taux
31:01non
31:01et puis de relancer un peu
31:03la création de richesses
31:05en Europe
31:05d'autant plus
31:07que la Banque Centrale
31:08a toujours dit
31:08que ce qu'elle allait
31:09accorder d'importance
31:10c'est ce qu'elle regardait
31:10sur les données
31:11la core inflation
31:12c'est l'objectif principal
31:14elle enlève les éléments
31:14l'énergie
31:16les produits alimentaires
31:16et ainsi de suite
31:17donc elle a des raisons
31:18de pouvoir éventuellement le faire
31:19elle a une deuxième raison aussi
31:21de pouvoir le faire
31:21c'est de dire finalement
31:22la plus grande réussite de Trump
31:24dans le combat
31:25sur la compétitivité
31:26de ses entreprises exportatrices
31:27des deux côtés de l'Atlantique
31:28c'est d'avoir créé
31:30une baisse du dollar
31:30de 15%
31:31qui a un effet immédiat
31:32évidemment
31:32donc clairement
31:33si on baisse les taux d'intérêt
31:35du côté européen
31:36pour le moment
31:37on peut espérer quand même
31:38que ça redonnera
31:39un petit coup
31:39au dollar
31:40et que donc
31:41ça restreindra un peu
31:43ce handicap évident
31:44en dehors des tarifs américains
31:45dont on sait
31:46qu'on ne sait pas où on va
31:47les taux de change
31:48on sait où ils sont
31:49donc je pense que c'est un deuxième élément
31:50et le troisième élément
31:51c'est justement
31:52on voit la France
31:53avec 0,7
31:54peut-être 0,9%
31:55de croissance
31:56clairement
31:57mais on voit aussi
31:58que avec
31:59comme on l'a dit tout à l'heure
32:00la dette publique
32:01qui augmente
32:02il y a une partie de ces déficits
32:03qui crée cette croissance
32:04donc de façon endogène
32:06le système n'est pas encore
32:07quand même
32:08je vais dire
32:08avec une croissance suffisante
32:09et sûrement pas
32:10pour rivaliser
32:11face aux concurrents
32:13il faut bien le dire
32:13comme ça
32:13américains
32:14et chinois
32:14donc si on peut se le permettre
32:16aujourd'hui
32:17pourquoi pas
32:18le tout est de savoir
32:19si dans la tête
32:20parce que des gens
32:21à la banque centrale européenne
32:22on n'a pas des anticipations
32:24plus que l'inflation aujourd'hui
32:25sur le fait
32:26qu'il peut y avoir
32:27une récrudescence de celle-ci
32:28mais si on est sur le vol
32:29uniquement les données aujourd'hui
32:31pourquoi pas
32:31baisser les taux
32:32ça c'est certain
32:33quand on l'a baissé
32:37à certains moments
32:38où là on était carrément
32:39largement au-dessus des 2%
32:40pour des raisons aussi de relance
32:42on l'a fait
32:43et il y a un dernier élément
32:44que je voudrais quand même souligner
32:45où là ils vont certainement
32:46faire très attention
32:47c'est le fait qu'on fait
32:48des dépenses militaires
32:50en s'en détend
32:50un peu à gauche à droite
32:52et il ne faudrait pas
32:52leur créer une surchauffe
32:53puisqu'on n'a pas encore
32:54les effets dans l'économie
32:55de ces dépenses importantes
32:56qui sont faites
32:57dans le militaire
32:58donc dans la défense
32:59il faut souligner
33:00que quand même
33:01l'inflation n'est pas
33:03n'est plus basse en France
33:05que dans le reste de l'Europe
33:06c'est-à-dire que bon
33:07quand même
33:07la BCE gère
33:08l'Union Européenne
33:11et là je crois
33:12que c'était 1,7
33:13plutôt
33:13donc bon
33:15c'est encore
33:16en dessous des 2
33:16donc on est parfaitement
33:18dans la cible
33:18de la BCE
33:20tout à fait
33:20on peut le faire
33:20et bon
33:21proche mais inférieure
33:22de 2%
33:23alors là
33:23je crois comprendre
33:25d'ailleurs
33:25que c'est dans la réflexion
33:26de la BCE
33:27même si ça ne sera pas
33:28certainement
33:29pour ce jeudi
33:30voilà
33:30mais c'est dans la réflexion
33:32de la BCE
33:33à assez court terme
33:33ils ont aussi
33:35je pense un peu
33:35d'inquiétude
33:38face à la
33:39au prochain
33:40président de la Fed
33:42puisque
33:43Kevin Walsh
33:44voilà
33:44parce qu'on sait
33:45qu'il va changer
33:47donc normalement
33:48je crois que c'est en mai
33:48c'est ça
33:49la fin de mandat
33:50de Jérôme Powell
33:51bon
33:52qui va
33:53enfin je veux dire
33:54en tout cas
33:55on a assez bien compris
33:57que Donald Trump
33:57voulait une baisse
33:58des taux
33:59et bon
34:00pour l'instant
34:01on attend encore
34:02un peu
34:02de voir
34:03à quel point
34:04il va y répondre
34:06d'une manière
34:06avec célérité
34:09et avec force
34:10parce que
34:10quand même
34:11l'indépendance
34:12de la Federal Reserve
34:13je pense que c'est vraiment
34:14un sujet important
34:16je pense pour les investisseurs
34:17mais bon
34:18c'est vrai que la BCE
34:20est assez conservatrice
34:22et elle a
34:23je pense aussi
34:24gardé un mauvais souvenir
34:25de la période
34:26d'inflation
34:26récente
34:27très forte
34:28où elle a dû baisser
34:29très vite
34:29et ça a pris du temps
34:30ça a décalé dans le temps
34:31enfin ça a pris du temps
34:33pour faire effet
34:34mais aujourd'hui
34:36je pense que c'est vraiment
34:36indispensable
34:37dans l'espèce de guerre
34:38des zones
34:38des trois zones
34:39qu'il y a
34:40entre les Etats-Unis
34:41la Chine
34:42parce que bon
34:43la Chine aussi
34:44agit de sa monnaie
34:46elle a aussi
34:47une arme monétaire
34:47et elle a aussi
34:48fait baisser le yuan
34:49face à l'euro
34:50donc en fait
34:52l'euro se retrouve
34:52quand même
34:53avec la monnaie
34:53la plus forte
34:54la zone euro
34:54se retrouve avec
34:55la monnaie la plus forte
34:56alors qu'elle a
34:56la plus faible croissance
34:57donc c'est quand même
34:59problématique
34:59Roland Gillet
35:00vous souhaitez y réagir
35:01s'il y a bien quelque chose
35:02que je voudrais dire
35:03un mot
35:03c'est sûr
35:04Kevin Warch
35:04vous avez vu
35:05ce qui était
35:06dans la tête des marchés
35:07sur qui on allait mettre
35:08jusque déjà
35:10quelqu'un
35:10qui est déjà
35:11à la banque centrale
35:12maintenant
35:12Myrène
35:13qui a été nommé
35:14clairement
35:14pour faire baisser
35:15les taux d'intérêt
35:16je vous l'avais dit
35:17même le président
35:18de la fête
35:19ne décide pas
35:20lui tout seul
35:20j'ai décidé
35:21il y a un bord
35:21donc il n'a pas
35:23non plus nommé
35:24Myrène
35:24parce qu'il y a
35:24toute une série
35:25de gens sérieux
35:26au niveau de la fête
35:26qui ne vont quand même
35:27pas faire que le dollar
35:28n'existera plus
35:29n'existera plus
35:30j'entends comme
35:30monnaie de référence
35:31parce qu'il y a quelqu'un
35:32qui montre vraiment
35:33qu'il y a une dépendance
35:34complète
35:34qu'on fait n'importe quoi
35:35que ce soit l'inflation
35:36et ainsi de suite
35:36mais ici c'est quand même
35:38le président américain
35:39qui obligé ou pas
35:40ça on ne le saura
35:41sans doute jamais
35:41a décidé de nommer
35:43quelqu'un qui d'abord
35:43je le rappelle
35:44a été relativement bon
35:46vu par tous les acteurs
35:47pendant la crise
35:47après de 2008
35:49notamment
35:49donc il sait ce que c'est
35:50que gérer une situation
35:51de crise
35:51deux il fait partie
35:52des gens qui sont plutôt
35:53ce qu'on appelle
35:54des gens qui sont
35:55outkish en anglais
35:56c'est à dire
35:57qui sont plutôt rigoureux
35:58et qui sont plutôt
35:58les derniers à baisser
35:59les taux d'intérêt
36:00il va avoir une pression
36:01dit-on de Trump
36:02c'est évident
36:02c'est lui qui l'a nommé
36:03et encore hier
36:04il a fait des déclarations
36:04le président américain
36:05est-ce qu'en Europe
36:06maintenant
36:06il n'y a pas des gens
36:08j'ai pas dit qu'ils y arrivaient
36:09qui essayent aussi
36:09de faire pression
36:10sur la banque centrale
36:11mais c'est ça
36:11on parle beaucoup
36:12d'indépendance de la Fed
36:13dans des périodes
36:14de toutes les banques centrales
36:14oui mais d'autant plus
36:15qu'aujourd'hui
36:15il faut quand même rappeler
36:16qu'avant
36:16normalement une banque centrale
36:18c'est d'abord
36:18l'impératif d'inflation
36:19tout doucement
36:20c'est devenu avec les crises
36:21aussi l'emploi
36:22le taux d'emploi
36:23et la croissance
36:24et la croissance
36:25donc clairement aujourd'hui
36:26qu'il y ait au moins
36:27des discours
36:28après on prend des décisions
36:29de façon indépendante
36:29il y en a toujours eu
36:30aux Etats-Unis
36:31a fortiori
36:32donc ici de dire
36:33Trump va faire pression
36:34il le faisait déjà
36:35mais il y a quand même
36:36des gens autour de la table
36:37sérieux
36:38et il vient d'en rajouter
36:39un sérieux pour le coup
36:40et qui n'a pas envie
36:41dans sa carrière
36:42de passer
36:43vu ce qu'il tire
36:44comme élément très positif
36:45pour lui
36:45et d'avis généralisé
36:47vous avez vu d'ailleurs
36:47la réaction de l'or
36:48et de l'argent
36:49le même jour
36:50autant les gens avaient peur
36:51que ça allait être
36:52du tout va
36:53qu'une fois qu'on allait
36:53savoir le nom
36:54on allait vraiment
36:54voir quelqu'un
36:55qui allait vraiment
36:56être ultra-dépendant
36:57du président
36:57qui allait faire n'importe quoi
36:58dès qu'on a nommé
37:00enfin qu'il a nommé
37:01Kevin Noir
37:02les marchés
37:02se sont plutôt dit
37:03oula
37:03ça ça ne s'est pas
37:04tout qu'on avait ça
37:04mais c'est reparti
37:06à la hausse aussi
37:06reparti à la hausse
37:08je veux bien
37:09et on verra bien
37:10où ça se stabilisera
37:11mais ça veut dire
37:12ça montre quand même
37:13qu'il a compris
37:14et à différents moments
37:15que de montrer
37:16vraiment en dehors
37:17de ce qu'il fait déjà
37:18sur les tweets
37:19et ainsi de suite
37:20que la banque centrale
37:21va devenir vraiment
37:22une dépendance
37:23du trésor américain
37:25ce serait se tirer
37:27une balle dans le pied
37:27d'autant plus
37:28qu'il a
37:29contrairement à d'autres pays
37:30comme par exemple le Japon
37:31une dette qui est détenue
37:32à l'extérieur
37:33donc les gens à l'extérieur
37:34ça les fait parir du tout
37:35déjà la baisse du dollar
37:37et rajoute en plus
37:38le fait
37:38que les taux d'intérêt
37:39vont monter
37:39et ça fera baisser
37:40le cours de leurs obligations
37:41donc tout ça
37:42n'est pas sérieux
37:43donc ils le voient
37:44donc je trouve
37:44que c'est un élément positif
37:45qui rappelle d'ailleurs
37:47que ce sera d'autant plus facile
37:48pour la banque centrale
37:50avec quelqu'un de sérieux
37:51d'avoir un écart de taux
37:52qui peut faire
37:53que le dollar
37:54reprenne un peu de vigueur
37:56par rapport aux désavantages
37:57il est trop faible
37:58pour vous le dollar
37:58en tous les cas
37:59je vous dis
37:59à demander à tous les exportateurs
38:01regardez aussi
38:02l'état de l'Allemagne
38:02qui est celui vraiment
38:04qui exporte
38:04je n'ai pas dit que la France
38:05ne le faisait pas
38:06sur des produits
38:06non mais l'Allemagne
38:07mais l'Allemagne
38:08est quand même
38:08elle récolte finalement
38:11avec les fournisseurs
38:13qu'elle a
38:13en différents autres pays européens
38:14qui bénéficient aussi
38:15de ces exportations internationales
38:17notamment vers les Etats-Unis
38:18donc elle a besoin
38:19du reste de l'Europe
38:20elle ne fait pas tous les produits
38:21mais néanmoins
38:21c'est elle qui est confrontée
38:22directement au taux de change
38:23je peux vous dire
38:24que beaucoup d'exportateurs allemands
38:26ils tirent la langue
38:26c'est sûr
38:27et de l'autre côté
38:28vous avez forcément
38:29des exportateurs américains
38:30qui eux se réjouissent
38:32puisqu'en plus
38:32comme on l'a toujours dit
38:33les présidents américains
38:35d'abord
38:35le dollar c'est notre monnaie
38:36mais c'est votre problème
38:37puisque toutes les matières premières
38:38y compris énergie
38:39restent exprimées en dollars
38:40donc clairement aujourd'hui
38:41il faut regarder
38:42dans quel jeu on joue
38:43donc avoir un déficit compétitif
38:45sans parler des tarifs
38:46de 15%
38:47si on le rédige à 13
38:48soit 11 soit 10
38:49parce que je suis sûr
38:50qu'il ne resteront pas non plus
38:51les américains
38:52et le président américain
38:52sans réaction
38:53ce serait une bonne chose
38:54oui en même temps
38:55c'est une volonté
38:55du président américain
38:56bien sûr
38:57il veut un dollar bas
38:58il veut un dollar bas
38:59et il insiste pour ça
39:02et il en a besoin
39:03de toute façon
39:04parce que par ailleurs
39:05il a quand même augmenté
39:06les tarifs douaniers
39:06donc il a quand même créé
39:08aussi des hausses de prix
39:11dans les composants
39:12pour les industriels américains
39:14donc c'est une sorte
39:15de compensation également
39:16ce dollar bas
39:17et lui je pense
39:19il sera très vocal là-dessus
39:21alors c'est évident
39:22que le président
39:24tout le monde
39:26fait des pressions politiques
39:27sur les banques centrales
39:28ça c'est vrai
39:29mais je veux dire
39:30la spécificité
39:31de Donald Trump
39:31globalement
39:32c'est que le niveau
39:33d'intensité de pression
39:34qu'il met
39:34dans tout ce qu'il fait
39:35est juste
39:36puissance 10
39:37je dirais
39:38par rapport
39:39à ce que tous les autres
39:41hommes et femmes politiques
39:42ont toujours été disposés
39:43à faire
39:44donc voilà
39:44donc bon
39:45après je ne sais
39:46c'est vrai que Kevin Warsh
39:48n'est pas du tout
39:49le nom
39:50inflammable
39:52qu'auraient pu craindre
39:54les investisseurs
39:55et qu'il n'est pas seul
39:57à bord
39:57donc voilà
39:58mais en tout cas
39:59cet écart
40:00entre l'euro
40:01et le dollar
40:02on ne peut pas
40:03attendre des Etats-Unis
40:05qu'une politique conciliante
40:07et multilatérale
40:09pour rééquilibrer
40:09rééquilibrer
40:10dans le discours
40:10c'est sûr
40:11non mais il y a des points
40:12positifs pour nous
40:13c'est pour ça que de baisser
40:14les taux
40:15est un différentiel
40:16objectif
40:17évidemment
40:17voilà exactement
40:18c'est pour ça qu'il faut
40:19vraiment baisser les taux
40:20il faut jouer avec nos armes
40:22il probablement va nous permettre
40:24d'avoir une balance commerciale
40:25excédentaire au quatrième trimestre
40:27parce qu'on a un baril du brene
40:28qui est passé en un an
40:29de 57 à 57 euros
40:31mais ça c'est aussi un effet
40:32sur l'inflation
40:33quand on la prend
40:34avec l'énergie
40:35qui améliore notre compétitivité
40:38en France
40:39mais maintenant
40:39on ne peut pas garder que ça
40:40comme objectif
40:40parce que sinon
40:41on va tuer tous les autres
40:42qui ne sont pas dans l'énergie
40:44allez j'aimerais qu'on passe
40:46au dernier thème de l'émission
40:48il est 10h44
40:49vous êtes toujours en direct
40:50sur BFM Business
40:50c'est les experts
40:51et revenir sur cette réunion
40:54qui s'est tenue hier
40:56à Washington
40:56il y avait une cinquantaine
40:58de pays
40:59présents hier
41:00dans la capitale américaine
41:01pour le sommet
41:03des minerais critiques
41:05et à son issue
41:07une bonne dizaine d'accords
41:08ont été signés
41:09pour se coordonner
41:11sur un marché
41:13jugé défaillant
41:14par l'administration américaine
41:16on va écouter Marco Rubio
41:18le secrétaire d'état américain
41:21qui pointe le quasi-monopole chinois
41:25et qui fait du coup
41:26une ouverture sur le multilatéralisme
41:28on l'écoute tout de suite
41:29aujourd'hui
41:32les minerais critiques
41:32sont fortement concentrés
41:34dans les mains
41:34d'un seul pays
41:35et cela peut
41:36dans le pire des cas
41:37être utilisé
41:38comme un moyen
41:38de pression géopolitique
41:40mais ça peut aussi
41:41être sujet
41:41à toutes sortes
41:42de perturbations
41:43comme une pandémie
41:44je pense qu'il y a
41:45aujourd'hui
41:45une prise de conscience
41:46générale
41:47sur le fait
41:47que nous devons avoir
41:48des chaînes d'approvisionnement
41:50fiables
41:50et diversifiées
41:51partout dans le monde
41:52pour les minerais critiques
41:53bon
41:55qu'est-ce qu'on peut en tirer
41:56de cette réunion
41:57d'abord pour commencer
41:58je ne sais pas
41:58Gaël ou
41:58en tout cas
42:00voilà
42:00donc les terres rares
42:02juste pour résumer
42:03ces 17 métaux stratégiques
42:05critiques
42:05il y a des noms
42:06qu'on n'entend pas
42:07très souvent
42:07lantane
42:08néodine
42:09tantal
42:10terbium
42:10gallium
42:11germanium
42:11voilà
42:11ce qui est quand même
42:13intéressant
42:13dans cette problématique
42:15c'est qu'en fait
42:16c'est pas que la Chine
42:17soit une terre
42:19très riche
42:20en terres rares
42:21et que ce soit
42:22le seul pays au monde
42:23qui dispose
42:24de terres rares
42:25dans ses sous-sols
42:26et que
42:27contrairement à ce qu'on pense
42:28les terres rares
42:29ne sont pas rares
42:30oui voilà
42:30les terres rares
42:31ne sont pas rares
42:32et donc
42:32je veux dire
42:33ce monopole
42:34n'est pas un monopole
42:35de fait
42:36comme je ne sais pas
42:37moi celui de l'Afrique du Sud
42:38sur les diamants
42:39parce que c'est l'endroit
42:39où il y a les diamants
42:40non
42:40c'est un monopole
42:42que les autres pays
42:43ont laissé se créer
42:44parce que
42:46l'extraction
42:47des terres rares
42:48c'est quelque chose
42:49de très polluant
42:49compliqué
42:51cher
42:52voilà
42:53dans un premier temps
42:53etc
42:54donc on a laissé
42:55les chinois
42:56construire
42:57qui n'ont pas de problème
43:00avec l'idée
43:01d'être polluant
43:01le fer
43:02en fait c'est le raffinement
43:03des terres rares
43:03voilà
43:03et ensuite
43:04on leur a laissé
43:05construire une économie
43:08autour de ça
43:08c'est à dire
43:09l'extraction
43:11c'est à dire
43:11les machines
43:12toutes les machines
43:14outils autour des terres rares
43:15sont chinoises
43:16c'est à dire
43:16les machines
43:17d'extraction
43:18les machines
43:18de raffinage
43:19etc
43:20et également
43:22les usines
43:22de raffinerie
43:23donc voilà
43:24c'est par
43:25laisser aller
43:27et par je ne sais pas
43:28croyance
43:28en le multilatéralisme
43:30et en la mondialisation
43:31qu'on a laissé
43:32se construire
43:33ce monopole
43:33qui est totalement stratégique
43:37il y en a
43:37dans toutes les puces
43:38des terres rares
43:39il y en a
43:39dans tous les
43:40il y a des aimants
43:41ils servent
43:44pour faire des aimants
43:45qui sont utiles
43:45dans toute l'industrie
43:46dans les véhicules électriques
43:48dans les éoliennes
43:49ils sont partout
43:50et notamment
43:51d'ailleurs
43:51dans le matériel
43:54qu'on utilise
43:55après pour la décarbonation
43:56comme les véhicules électriques
43:57ou les éoliennes
43:57donc voilà
43:58on a laissé
43:59ce monopole
44:00se construire
44:01et maintenant
44:01qu'on arrive
44:02dans une période
44:03de tension
44:04de protectionnisme
44:05et de guerre
44:06des zones
44:07et bien là
44:08tout à coup
44:09la Chine a dit
44:11ah bah oui
44:11mais donc
44:12les terres rares
44:13moi
44:14je me réserve
44:15le droit
44:16de refuser
44:17l'exportation
44:17ça devient un levier
44:17géostratégique
44:18effectivement
44:19et notamment
44:19dans les négociations
44:20commerciales
44:21avec Donald Trump
44:22et ça a été très efficace
44:23ils disent
44:23attention
44:24je ne veux pas
44:25que vous puissiez
44:25stocker
44:26des terres rares
44:27et je vais vérifier
44:29industriel
44:30par industriel
44:31si vos commandes
44:33sont pertinentes
44:34pour votre production
44:35à venir
44:35pour m'assurer bien
44:36que vous n'allez pas
44:37faire de stockage
44:38et que donc
44:39vous n'allez pas
44:39être en situation
44:40d'être un tout petit peu
44:42d'avoir un peu
44:43de marge
44:43etc
44:44voilà
44:44et voilà
44:46donc on a laissé
44:48se construire
44:48cette situation
44:49et maintenant
44:50et maintenant
44:50il y a une réaction
44:51quand même
44:51ce sommet à Washington
44:52c'est quand même
44:53la première réaction
44:54exactement
44:54et maintenant
44:55on comprend
44:56qu'il faut réagir
44:57c'est vrai que Marco Rubio
44:58avait dit
44:59finalement
45:00dans tout
45:01dans tout armement
45:03il y a une puce
45:04et dans toute puce
45:05il y a une terre rare
45:06et donc
45:06tout en fait
45:07l'industrie de l'armement
45:09est également
45:09dépendante
45:10de la Chine
45:11et là on voit
45:12les américains
45:12tout d'un coup
45:13très ouverts
45:13au multilatéralisme
45:15et au partenariat
45:16et notamment
45:17avec les pays européens
45:18la France
45:19préside le G7
45:20on le rappelle
45:20cette année
45:21et c'est un sujet
45:22qui est tout en haut
45:23de la pile
45:23Roland Gillet
45:24mais ils ont toujours
45:24l'art de
45:25vous savez
45:26c'est comme le mec
45:26America greet again
45:27moi ça me ferait
45:29franchement
45:29malheureusement sourire
45:30tous mes collègues américains
45:32qui ne sont pas
45:33nécessairement
45:34trumpistes
45:34démocrates
45:35républicains
45:36dès que ces idées
45:37sont revenues
45:37ils disaient
45:38mais enfin
45:38vous vous rendez bien compte
45:39qu'on se moque un peu
45:40de vous quand même
45:40on est déjà
45:41c'est malheureux à dire
45:42mais les plus forts
45:42sur l'énergie
45:43sur le géopolitique
45:44sur la croissance économique
45:45sur les technologies
45:46donc on veut devenir
45:48avec Trump
45:49encore plus fort
45:50mais pas
45:50on est faible
45:51et alors une chose aussi
45:52vous allez voir
45:53sur ce sujet-ci
45:53je vous l'ai rappelé
45:55c'est le producteur
45:56le deuxième producteur
45:57mondial de terre
45:58avec 45 000 tonnes
45:59par an
45:59sont les Etats-Unis
46:00mais ce qu'ils ont
46:02c'est pour le reste
46:0370%
46:04de leurs importations
46:06hors de ce qu'ils produisent
46:07vient de Chine
46:08et donc
46:09quand je vois celui
46:10qui est quand même
46:10largement
46:11déjà en stockage stratégique
46:13allez dire
46:14oh ça c'est vraiment
46:15pas gentil
46:16nous on sera à votre place
46:17on ne serait pas ça
46:17alors que vous voyez
46:18l'attitude de Trump
46:19sur ses avantages coopératifs
46:20ça fait un peu sourire
46:21c'est le seul endroit
46:22où ils se sentent un peu
46:23un tout petit peu
46:24un peu en fragilité
46:25allez
46:25et ils sont quand même
46:26loin d'être très malheureux
46:28par rapport
46:28je vous répète
46:29deuxième producteur mondial
46:30en terre rare
46:31et c'est vrai
46:32qu'ils sont aussi
46:32puisqu'ils font beaucoup
46:33de la technologie
46:34un gros consommateur
46:35pour faire les produits
46:36mais c'est tout ça
46:37est très malin
46:38et de nouveau
46:39il ne faudrait pas
46:39et je pense que
46:40ils n'ont pas besoin
46:41surtout de nous
46:42ni de moi
46:42pour le leur rappeler
46:43que les Européens
46:44doivent faire très attention
46:45parce qu'ils ne sont pas
46:46avec le même confort
46:47parce qu'il y a toute une série
46:48de terres rares
46:48qui sont en Russie
46:49aussi
46:50vous avez vu
46:51que ce n'est pas
46:51nécessairement sympathique
46:52et dans le reste du monde
46:54les autres pays
46:55dont la Chine
46:55sont déjà fort présents
46:56pour aller les chercher
46:57les terres rares
46:58donc clairement
46:58on est plus embêtés
47:00que ne le sont les Américains
47:01et a fortiori les Chinois
47:02par contre
47:03effectivement
47:04comme vous l'avez
47:04très très bien rappelé
47:05c'est un peu nous
47:07qui avons laissé faire les choses
47:08et pour des raisons évidentes
47:09vous savez
47:09c'est pareil
47:10pour les gaz de schiste
47:11souvenez-vous
47:11à l'époque
47:12on avait fait des forages
47:13en France
47:13c'est pas très propre
47:14on est d'accord
47:15mais les Américains
47:16avaient déjà leur pétrole
47:17qu'on a abandonné
47:18pour des raisons écologiques
47:19et surtout
47:20de l'énergie bleue
47:21qui vient du Canada
47:22qui est nettement mieux
47:23que l'éolien
47:24et le solaire
47:25pourquoi ?
47:26parce que les barrages
47:26ça produit de l'électricité
47:28comme du nucléaire
47:28hiver comme été
47:29avec la même puissance
47:30donc c'est vraiment
47:31un avantage très important
47:32et comme vous le savez
47:33le Canada
47:34n'a malheureusement
47:35que l'Alaska
47:35et les Etats-Unis
47:36comme frontière
47:36donc c'est le seul
47:37qui peut en bénéficier
47:38donc un jour
47:39ils seront encore plus forts
47:40parce qu'ils peuvent en construire
47:41des tas de barrages
47:42et des barrages
47:43avec des rivières
47:44des fleuves
47:45qui sont beaucoup plus puissants
47:46que ce qu'on a nous
47:46de notre côté
47:47Stéphane Séjourné
47:49il a réagi
47:50mais c'est ce que je vais vous demander
47:51nous on ne reste pas
47:52les bras ballants
47:52bien sûr
47:53alors on ne reste pas
47:54les bras ballants
47:55bien sûr
47:55mais à l'européenne
47:56c'est-à-dire un peu lentement
47:59comme toujours
48:00un peu de manière
48:01un peu planificatrice
48:04en faisant un groupe de travail
48:06et bon voilà
48:07donc
48:08un Grenelle peut-être
48:09un Grenelle
48:09donc il y a un an
48:11déjà Stéphane Séjourné
48:12avait annoncé
48:1247 projets d'investissement
48:15pour les métaux critiques
48:17plus généralement
48:18toutes les matières premières
48:18critiques
48:19dont les terres rares
48:20et en fait
48:23le sujet était vraiment
48:24moins l'extraction
48:27etc
48:27que le raffinage
48:29il avait donné
48:30un objectif
48:30de 40%
48:31de raffinage
48:34en Europe
48:34en 2030
48:35bon on n'y sera pas
48:36je veux dire
48:37clairement
48:37ça c'est l'objectif
48:38posé l'année dernière
48:39l'année dernière
48:40il y a un an
48:41voilà
48:41alors le seul sujet
48:43sur lequel on peut
48:44je trouve
48:45l'Europe
48:46progresser
48:47avec
48:48et
48:49sur lequel
48:51il y a vraiment
48:52un potentiel
48:54c'est le recyclage
48:55en fait
48:55parce qu'aujourd'hui
48:56il n'y a que 1%
48:57des terres rares
48:58qui sont recyclées
48:59l'objectif de l'Europe
49:00c'est 25%
49:01et effectivement
49:03
49:04plus de chantage
49:05de la Chine
49:05sur les réserves
49:06le recyclage
49:07il y a quand même
49:08des millions
49:10de matériels
49:11informatiques
49:12électroniques
49:13usagés
49:14c'est pas du tout
49:15trivial
49:15de faire du recyclage
49:17de terres rares
49:17donc c'est également
49:18polluant d'ailleurs
49:19mais on en a plein
49:19nos décharges
49:20en même temps
49:20c'est pas impossible
49:22et après
49:23il y a un autre
49:25il y a une réserve
49:26voilà
49:26il y a une autre aussi
49:28possibilité
49:28auquel réfléchir
49:30puisque nous
49:31à Challenge
49:32nous avons chaque année
49:33un classement
49:35des 100 start-up
49:36pour investir
49:37cette année
49:37j'ai été intéressée
49:38de m'apercevoir
49:39qu'il y avait
49:40pas moins
49:41de trois start-up
49:42qui ont candidaté
49:44qui proposent
49:45des technologies
49:46d'aimance
49:47en terres rares
49:48donc voilà
49:49donc l'idée aussi
49:50c'est
49:51est-ce que
49:51dans un certain
49:52nombre de produits
49:53peut-on réfléchir
49:55à des innovations
49:56et à des inventions
49:57permettant
49:58de réduire
49:59le besoin
50:00en terres rares
50:01ou de l'éliminer
50:02carrément
50:03dans certains domaines
50:04c'est intéressant
50:05moi ce que je trouve
50:06alors je ne me dis pas
50:07en tant que
50:08comme mes voisins experts
50:09sur le fond des sujets
50:11sur l'aspect plus politique
50:12et sur la posture
50:13choisie
50:14par Donald Trump
50:15ou Marco Rubio
50:16en l'occurrence
50:17il y a quand même
50:18quelque chose
50:18qui interpelle
50:19c'est-à-dire que
50:20d'habitude
50:21on est plutôt
50:22dans les injonctions
50:23on est plutôt
50:24dans les menaces
50:25on l'a vu avec
50:26le Groenland par exemple
50:27et là on choisit
50:29comme par hasard
50:30une posture
50:30beaucoup plus multilatérale
50:32pourquoi ?
50:33parce que
50:34on l'a observé
50:35depuis son premier mandat
50:37à chaque fois
50:37que Donald Trump
50:38rencontre une résistance
50:39forte
50:39si tant est
50:41qu'elle ait été
50:41si forte que ça
50:42d'ailleurs à propos
50:43du Groenland
50:43mais à chaque fois
50:44qu'il y a une résistance
50:44qui est un petit peu
50:45forte face à lui
50:46et bien il rebrousse
50:47chemin en termes de posture
50:48c'est le fameux taco
50:50Trump always chicken out
50:52voilà
50:52c'est exactement ça
50:54on l'avait vécu
50:55à l'époque
50:56du premier mandat
50:57avec Kim Jong-un
50:58donc avec la Corée du Nord
50:59où il l'appelait
51:00Rocketman
51:00où il l'avait
51:00beaucoup menacé
51:01pour finalement
51:02complètement se déballonner
51:04comme dirait les jeunes
51:05et devenir quasiment
51:06son meilleur ami
51:07dans les semaines
51:08qui suivaient
51:08et là on vient de vivre
51:10un épisode en termes
51:11de relations internationales
51:11d'extrême tension
51:12sur le Groenland
51:13quand même
51:14avoir le président
51:15des Etats-Unis
51:15qui menace quasiment
51:17militairement
51:17d'attaquer un pays
51:19de l'OTAN
51:20en l'occurrence
51:20le Danemark
51:21et d'envahir son territoire
51:23c'était quelque chose
51:25de violent
51:25et dans la foulée
51:26on aboutit
51:27sur cette question
51:28qui est centrale
51:29depuis toujours
51:29pour Trump
51:30sur les terres rares
51:30on aboutit
51:32à quelque chose
51:32qui est dans une posture
51:34beaucoup plus multilatérale
51:35oui
51:35il y a juste un point
51:37par rapport à ce que vous dites
51:37ou que je partage pleinement
51:39sur l'attitude de Trump
51:40mais il est le champion
51:41de la divergence
51:41donc il vous amène
51:42ou il n'a pas besoin
51:43de vous amener
51:43pour que vous soyez focalisé
51:45là-dessus
51:45imaginez aller prendre
51:46le Groenland au Danemark
51:47bon
51:48et pendant ce temps-là
51:49il nous endort
51:49sur le reste
51:50et on est focalisé
51:51à quoi vous pensez
51:52notamment avec le sommet de Davos
51:54par exemple
51:54c'était juste avant
51:55il a été
51:56boum on se dit à Davos
51:58il va dire une catastrophe
51:59vous avez vu ce qu'il a été dire à Davos
52:00mais il y avait d'autres éléments
52:01il est venu avec beaucoup de gens
52:03y compris les présidents de la TEC
52:04et vous savez qu'à Davos
52:05il y a la grande messe
52:06et puis il y a les négociations
52:07sur le côté
52:08bien sûr
52:08en bilatéral
52:09et donc clairement
52:11il est venu avec des idées
52:12qui n'avaient rien à voir
52:12avec le Groenland
52:13puisque là
52:13il a dit tout de suite
52:14qu'il n'allait pas
52:15il a voulu
52:16il a voulu
52:16j'ai beaucoup de respect
52:18pour la souveraineté
52:20du Danemark
52:21sur le Groenland
52:21mais vous imaginez
52:2357 000 personnes
52:24là-bas
52:24qui ne vont jamais
52:26lui faire de mal
52:26je ne vois pas
52:27le Groenland
52:28pour le moment
52:28être attaqué
52:29ni pour ces terres
52:30un peu rares
52:31ou ces voies maritimes
52:33parce que le reste
52:33c'est une calotte classique
52:34qui fait que le coût
52:35d'extraction est très cher
52:36et en plus de ça
52:37il y a déjà
52:37des bases américaines
52:38donc je trouve que c'était
52:39assez sympathique
52:40et ironique même
52:41nous de dire
52:41si vraiment il a peur
52:42on va voulu
52:43des soldats de l'OTAN
52:44vous avez vu d'ailleurs
52:45que ça s'est vite arrêté
52:4615 pour la France
52:4740 pour le moment
52:48mais 40 de plus
52:49et s'il avait dit
52:50écoutez envoyez-en 80
52:51ça nous soulagerait
52:52c'était vraiment
52:53une manière ironique
52:54mais je trouve qu'on est
52:55mieux dans ce volet-là
52:56plutôt que dans l'agressivité
52:57mais vous avez vu
52:58qu'il est vite revenu en arrière
52:59il est hors de question
53:00de toute façon
53:01et c'est ça qu'on n'a pas dit
53:02tout à l'heure
53:02même au niveau de Warch
53:03en dehors des gens
53:05qui partent à l'extérieur
53:06regardez ce que pensent
53:08les américains
53:08quand il fait quelque chose
53:09qui a du sens
53:10la majorité des américains
53:12ils sont pas loin
53:12d'être tous des idiots
53:13et donc clairement
53:14sur le Groenland
53:15il n'avait même pas
53:16une majorité chez les siens
53:17c'était tout à fait
53:18inenvisageable
53:19pour tous les autres
53:20et s'il avait fait
53:21même menace
53:23d'y aller avec la force
53:24il n'avait même plus
53:25un sur dix des siens
53:26qui le suivait
53:26donc vous voyez
53:27il faut quand même voir
53:28un petit peu où on en est
53:28et donc ici
53:29regardez au niveau des Etats-Unis
53:31le fait qu'il ait nommé Warch
53:32ça a rassuré bien sûr
53:33l'extérieur
53:33mais aussi les américains
53:34eux-mêmes
53:35donc il a ce côté
53:36quand même
53:37les pieds sur terre
53:38c'est-à-dire
53:39que le mur du réel
53:40il va y avoir
53:42des mid-term elections
53:43aux Etats-Unis
53:43dans six mois
53:44il va complètement changer la donne
53:46puisqu'à longueur
53:47vous avez rappelé les sondages
53:48à longueur de sondage
53:49ça se passe très mal
53:51pour lui
53:51sur tous les sujets
53:52les américains
53:53notamment sa base électorale
53:54ne comprennent pas
53:55ce qu'il fait
53:55puisqu'il était censé
53:56être plus protectionniste
53:57et finalement
53:58il ne fait que
53:59parler de l'international
54:01et se positionner là-dessus
54:02et donc peut-être
54:03qu'il y aura un changement
54:04dans six mois
54:04y compris dans l'attitude globale
54:06contre nos grands ensembles
54:07Europe
54:08face aux Etats-Unis
54:08on le suivra évidemment
54:10de très près
54:10dans les experts
54:11merci à tous les trois
54:12Gaël Slimane
54:13Gaël Mac
54:13et Roland Gillet
54:14pour cette émission
54:15passionnante
54:16tout de suite
54:16vous retrouvez
54:17Antoine Larigauderie
54:17tout pour investir
54:19une spéciale budget
54:20à ne pas manquer aujourd'hui
54:21tout pour vos finances
54:24et puis aujourd'hui aussi
54:25l'ordre du monde
54:26le nouveau podcast
54:27géopolitique
54:29signé
54:29BFM Business
54:30par Annalisa Capellini
54:32et Mathieu Jolivet
54:34au menu cette semaine
54:35après le Brexit
54:36le Briturn
54:37l'inattendu rapprochement
54:39entre Londres
54:40et Bruxelles
54:41et puis la géopolitique
54:42des terres rares
54:43on vient d'en parler
54:43vous aurez un podcast
54:45spécial cet après-midi
54:46c'est tous les jeudis
54:47sur toutes les plateformes
54:48de podcast
54:49Youtube
54:50et évidemment
54:50le site BFM Business
54:52disponible dès cet après-midi
54:53tout comme le replay
54:55de cette émission
54:56les experts
54:57quant à moi
54:57je vous retrouve demain
54:58à 10h
54:59comme tous les jours
54:59très bonne journée
55:00les experts
55:05débats et controverses
55:06sur BFM Business
55:07BFM Business
Commentaires

Recommandations