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  • il y a 6 mois
Ce mercredi 11 mars, Raphaël Legendre a reçu Anne-Sophie Alsif, cheffe économiste du cabinet d'audit BDO France et professeure à Paris 1, Emmanuelle Auriol, professeure à la Toulouse School of Economics et membre du CAE, et Pascal de Lima, chef économiste chez Novaminds, dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:05BFM Business et la Tribune présente
00:08Les experts, Raphaël Legendre
00:12Bonjour, bienvenue à tous sur le plateau des experts, vous êtes en direct sur BFM Business, il est 10h pile.
00:17Les Etats-Unis et Israël ont échangé de nouvelles frappes aériennes ce mercredi avec l'Iran et à travers le
00:23Moyen-Orient.
00:24Des attaques qui interviennent au lendemain de bombardements contre l'Iran décrits par le Pentagone
00:29comme les plus intenses depuis le début de la guerre.
00:34Donald Trump a beau répéter que c'est bientôt fini,
00:37selon le Wall Street Journal, l'agence internationale de l'énergie prépare la plus grande libération de réserve de pétrole
00:43jamais réalisée.
00:45Les dirigeants du G7 doivent se réunir en visio cet après-midi pour officialiser cette annonce.
00:54Le sujet, c'est le Japon, donc 90% du pétrole est aujourd'hui bloqué dans le détroit d'Hormuz.
00:59Mais sur les marchés, sur les marchés des matières premières, la pression semble être retombée avec un baril qui est
01:07aujourd'hui sous les 90 dollars.
01:10Alors, quelle leçon tirée de cette crise pour nous Français ? Quelles conséquences pour l'économie ?
01:15En attendant, il y a un autre taux qui flambe, c'est celui des prélèvements obligatoires.
01:20Les impôts ont augmenté trois fois plus vite que la croissance en 2025.
01:26Ce sont les derniers chiffres de Bercy.
01:29Est-ce que cela est normal ? On va décrypter tout ça avec mes experts du jour.
01:32On va revenir aussi sur ce deuxième round de négociations sur l'assurance chômage.
01:37Faut-il taxer les contrats courts ?
01:40C'est le sujet du jour, la réunion entre syndicats et patronats.
01:43Et puis pour terminer, si on a le temps, on parlera de Yann Lequin qui est revenu en France, bien
01:48sûr.
01:49Yann Lequin, change-t-il la donne française avec cette méga levée d'un milliard pour sa start-up Amylads
01:58?
01:58C'est tout simplement la plus importante opération d'amorçage jamais réalisée sur le vieux continent.
02:04Voilà pour le programme.
02:05Il est dix heures, passez de une minute.
02:07Vous êtes en direct sur BFM Business.
02:09C'est les experts, l'émission qui vous aide à y voir plus clair.
02:13Allez, c'est parti.
02:17Les experts, débat et controverse sur BFM Business.
02:23Et pour parler de ces nombreux sujets, j'ai le plaisir d'accueillir sur le plateau Emmanuel Auriol.
02:27Bonjour Emmanuel.
02:28Bonjour Raphaël.
02:29Professeur à la Toulouse School of Economics, membre du Conseil d'analyse économique,
02:34qui va nous présenter une étude qui vient de sortir sur le réarmement de l'Europe absolument passionnante.
02:40Face à vous, Anne-Sophie Alsif.
02:41Bonjour Anne-Sophie.
02:41Bonjour.
02:42Chef économiste au cabinet d'audit BDO France et professeur à Paris, Panthéon, Sorbonne.
02:48Et j'ai le plaisir d'accueillir Pascal Delima.
02:51Bonjour Pascal.
02:52Bonjour Raphaël.
02:52Chef économiste chez Nova Mines.
02:54On va commencer par cette étude du CAE.
02:56Cher Emmanuel, réarmer l'Europe, relever le défi de l'intégration économique et de l'innovation.
03:03Une étude ô combien d'actualité.
03:07Qu'est-ce que vous avez analysé et que proposez-vous dans cette étude ?
03:10Alors, ce qu'on a analysé, c'est qu'en fait, il y a une multiplication en gros par 5
03:15des budgets de défense à l'horizon 2035.
03:18Donc c'est un choc énorme sur la demande.
03:20Et ce qu'on explique, c'est que si on ne change rien à la façon dont on fait les
03:24choses en Europe,
03:26ce choc de demande qui ne va pas être mis en face avec une augmentation de l'offre va se
03:30traduire par une augmentation des prix,
03:32un rallongement des délais de livraison et une augmentation des importations.
03:36C'est pour l'instant ce qu'on constate.
03:38Donc par exemple, la Pologne a voulu se réarmer face à une menace russe.
03:42Ils achètent coréens et américains.
03:46Les importations, c'est à peu près un tiers de nos achats en Europe.
03:50Et la part des États-Unis a augmenté là-dedans.
03:52On est à plus de 52%.
03:54Donc on voit bien que ça ne va pas forcément bénéficier à l'Europe si on ne fait rien du
03:59tout.
03:59Plus de 52% des produits d'armement industriel sont importés des États-Unis ?
04:05Un tiers de nos achats sont des importations.
04:08Et là-dessus, c'est 52%.
04:09Donc la moitié d'un tiers de nos achats vient des États-Unis.
04:11Et ça, ça a augmenté.
04:12En fait, la part des importations américaines a augmenté dans nos achats.
04:15Donc ça, c'est quand même un souci.
04:18Vu en plus la situation maintenant en Iran,
04:22ils vont d'abord se réarmer eux-mêmes.
04:24Donc ça veut dire très clairement que les prix vont monter si on ne fait rien.
04:28Donc pour que ce réarmement bénéficie à l'Europe,
04:30et c'est ça notre point,
04:32il faut réformer la façon dont on fait les choses.
04:35Et ça passe notamment peut-être,
04:36c'est l'accélération industrielle,
04:38attendue du côté européen,
04:41avec une obligation d'acheter un minimum de 60% de produits.
04:44Pour acheter européens, il faut produire européens.
04:48Donc si on n'augmente pas les capacités de production,
04:50ça ne va pas fonctionner.
04:51Donc il y a vraiment un enjeu pour les Européens à se réformer.
04:54C'est un marché extrêmement fragmenté
04:56qui a échappé aux droits de la concurrence.
04:58Donc il est temps de renouer un peu plus...
05:00Donc c'est lever les barrières entre les États.
05:02Tout à fait.
05:02Aussi, davantage de coopération bilatérale, trilatérale entre les États et les industries.
05:06Oui, sur la base d'ailleurs de coalitions volontaires.
05:09Parce qu'on voit bien qu'il y a des pays qui sont,
05:11pour des raisons politiques,
05:12ou totalement hostiles au réarmement,
05:14totalement hostiles à la défense.
05:15Donc voilà.
05:16Oui, on voit que le SCAF, par exemple,
05:18est un exemple qui montre que c'est un peu compliqué
05:20entre les Français et les Allemands.
05:21Anne-Sophie Alsif.
05:21Oui, c'est vrai que c'est assez intéressant
05:23puisque c'est un secteur qu'on regarde beaucoup.
05:25Et comme nous, en effet,
05:26on travaille beaucoup sur la prospective,
05:29là c'est vraiment l'exemple parfait
05:30comme on a pu l'avoir avant la transition écologique.
05:33Oui.
05:33C'est-à-dire que là, on est toujours en réaction.
05:35C'est-à-dire que cette Europe de la défense,
05:37il fallait la faire depuis 20 ans d'une manière progressive
05:39et justement construit au niveau européen.
05:40Bon, ça, ce n'est pas fait pour des raisons politiques.
05:43Et donc aujourd'hui, on a ce problème.
05:45Donc vite, on augmente les budgets comme ça
05:46et donc ça ne va pas de pair
05:48avec une planification à long terme.
05:50En se disant très bien,
05:51on a maintenant les budgets,
05:52donc un shop sur la demande,
05:54mais on n'a pas l'offre.
05:55On a eu le même sujet avec l'industrie automobile
05:58en disant voilà,
05:58on va faire une transition écologique
05:59sur la voiture électrique,
06:01mais est-ce qu'on a l'offre qui correspond
06:02à ce qu'on veut faire
06:03pour que ce soit l'industrie européenne
06:04qui en bénéficie
06:05et pas l'industrie étrangère ?
06:07Là, c'est toujours la même chose.
06:08C'est-à-dire qu'on est toujours en réaction
06:10et même quand on est en réaction,
06:11et là sur la défense,
06:12c'est quand même plus facile
06:13parce que c'est de la commande publique.
06:14Donc là, vous pouvez quand même plus planifier.
06:17Eh bien, on voit que ça ne s'accompagne pas
06:18d'une planification à long terme.
06:20Et en effet,
06:21comme l'a dit très justement Emmanuel,
06:22la conséquence,
06:23ça va être un impact sur les prix
06:24et surtout que ce soit
06:26nos concurrents extra-européens
06:27qui en bénéficient.
06:28Alors que ce n'est absolument pas le but.
06:29Le but, c'est de réindustrialiser
06:32massivement en Europe
06:32et que la France en bénéficie
06:33puisqu'elle est bien placée
06:34sur ce secteur de la défense.
06:36Donc on voit que vraiment...
06:37Deuxième exportateur mondial,
06:38la France.
06:38Oui, mais alors,
06:39si je peux...
06:40Mais très très mal placée en Europe.
06:42Elle est troisième.
06:43C'est tout le paradoxe.
06:44Les premiers importateurs,
06:45c'est les Etats-Unis,
06:46derrière l'Allemagne
06:46et nous en troisième.
06:47Parce que non,
06:48alors ça s'explique très bien,
06:49c'est que la France
06:49a des besoins très spécifiques
06:51comme l'Angleterre d'ailleurs,
06:52on est plus proche d'eux.
06:53On a la dissuasion
06:54que n'ont pas les autres pays.
06:56Et on fait des...
06:57On a des besoins de théâtre
06:59en opération à l'extérieur.
07:00Donc on a besoin
07:01d'un matériel spécial
07:02qui peut atterrir dans le désert,
07:03etc.
07:03Ce n'est pas le cas de la Belgique,
07:04ce n'est pas le cas d'autres pays.
07:05Et du coup,
07:06on a des conflits en fait,
07:07on l'a vu avec les Allemands,
07:09sur quel est le type
07:10de matériel qu'on veut.
07:11Et donc si on veut que ça marche,
07:12il faut d'abord s'entendre
07:13sur le type de matériel
07:14au niveau des Etats-majors
07:15et après,
07:16on peut faire de la coopération.
07:17Oui, c'est exactement
07:17ce que je voulais dire
07:18et je suis d'accord
07:19avec ce qu'il y a dit,
07:19c'est qu'aujourd'hui,
07:20on a un nouveau paramètre aussi
07:21qui est le contexte géopolitique
07:22qui se tend tout simplement.
07:23On a eu de longues années
07:25de baisse des dépenses militaires
07:28et aujourd'hui,
07:28on doit effectivement se réajuster
07:29parce qu'il y a des conflits
07:31géopolitiques importants
07:32et pas que géopolitiques.
07:33D'ailleurs,
07:33il y a aussi des conflits
07:35en termes de chaînes de valeur
07:36sur la filière même militaire.
07:38Et ce qu'il faut bien dire,
07:39c'est qu'aujourd'hui,
07:40ces éléments géopolitiques
07:41jouent tout à fait
07:42sur les structures de coûts,
07:43sur les stratégies des opérateurs
07:45et des acteurs économiques militaires,
07:46sur leur capilla également,
07:48sur le nouveau indicateur
07:49de performance
07:50parce qu'il y a un autre élément
07:51qui rentre en jeu,
07:52c'est la transition numérique
07:53et la transition en termes d'innovation.
07:55C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
07:56on ne peut plus produire,
07:57on ne peut plus même importer
07:58uniquement un matériel traditionnel
08:00qui est très très cher.
08:01Aujourd'hui,
08:01on va beaucoup sur l'IA,
08:03on va beaucoup sur les drones,
08:04on va beaucoup sur
08:04de nouveaux matériaux innovants
08:07pour l'industrie de la défense.
08:09Et le thème central,
08:11c'est d'être capable
08:11de faire tout ça
08:12dans un contexte de résilience
08:14et de souveraineté.
08:15Donc, ça fait beaucoup de paramètres
08:16qui rentrent en jeu.
08:17Ça fait beaucoup de lenteur,
08:18comme l'ont très bien dit mes collègues.
08:20Et ça, ça a aussi un coût important
08:22et c'est une réaction de l'Europe
08:24qui doit être extrêmement
08:24court-termiste et rapide.
08:26Sinon, on va se faire encore dépasser
08:27et on ne va être qu'en mode réactif.
08:29Il y a un monde
08:29qui bouge extrêmement rapidement.
08:31Aussi, les États-Unis
08:32annoncent avoir détruit
08:3316 navires poseurs de mines.
08:36Images à l'appui cette nuit.
08:37Il y a eu aussi un porte-conteneur
08:39qui a été endommagé
08:39au large des Émirats Arabes Unis.
08:42Donald Trump a beau répéter
08:43que la guerre est bientôt finie,
08:45on voit que le conflit
08:45n'est pas encore
08:46en train de baisser
08:48et le marché du pétrole,
08:51le marché des matières premières
08:52au sens large d'ailleurs,
08:53et du pétrole en particulier,
08:54fait le yo-yo, lui.
08:55On s'est couché dimanche soir
08:56avec un baril à 90 dollars.
08:58On s'est réveillé lundi matin
09:00avec un baril qui avait touché les 120.
09:02On est revenu là
09:03sous les 90 dollars,
09:0587 dollars à peu près ce matin.
09:08Qu'est-ce qui se passe
09:09sur les marchés des matières premières,
09:10Emmanuel Auréole ?
09:11C'est sûr que quand on coupe un robinet
09:14dans ce marché qui est très tendu,
09:15alors particulièrement l'Europe
09:17qui est vraiment en stress hydrocarbure,
09:19on n'en produit pas,
09:20on n'en a pas,
09:21ça crée des fluctuations,
09:23les marchés réagissent violemment.
09:24Bon, maintenant la Russie a dit
09:25qu'ils allaient vendre à tout le monde,
09:27donc Trump a dit
09:27je vais racheter...
09:28On lève l'embargo.
09:29Donc forcément ça détend un peu les marchés
09:31puisqu'on sait qu'à ce moment-là
09:32l'offre va être plus grande.
09:35Moi je crois qu'il ne faut pas s'affoler.
09:36Alors évidemment il y en a qui disent
09:37qu'il faut de nouveau mettre
09:39un bouclier tarifaire.
09:40Je suis complètement opposée à ça personnellement
09:41parce qu'on est exempt financièrement.
09:43Ce bouclier c'est au détriment...
09:45On voit que le gouvernement
09:47temporise au maximum effectivement
09:49pour ne pas partir tout de suite
09:50dans la politique des chèques.
09:51Ça a vraiment aggravé notre dette
09:52la dernière fois.
09:53Donc ça ce n'est pas quelque chose
09:53qu'on peut se permettre aujourd'hui.
09:55On n'a plus les moyens.
09:56Par contre si ça devait durer
09:57des chèques énergie
09:58à destination des ménages
09:59les plus modestes
10:00c'est beaucoup plus intelligent
10:02qu'à d'aller subventionner
10:03l'essence des Mercedes
10:04des gens riches.
10:05Enfin je veux dire ça
10:05ce n'est pas quelque chose
10:06qu'on doit faire aujourd'hui.
10:07On ne peut pas de toute façon.
10:08Anne-Sophie Alsif.
10:09L'autre élément qui est intéressant
10:10même si bien sûr on reste
10:10toujours très dépendant
10:11aux hydrocarbures
10:12c'est quand même cette transition
10:14qui était aussi stratégique
10:15et de dire que l'Europe
10:16et surtout la France
10:17est un leader de l'énergie verte
10:19décarbonée
10:19notamment avec le nucléaire.
10:21On l'a vu l'année dernière
10:22le dernier trimestre
10:23de notre balance commerciale
10:24était pour une première fois
10:25depuis 20 ans.
10:26exporter beaucoup d'électricité
10:27grâce à notre énergie décarbonée
10:30et c'est vrai que c'est assez étonnant
10:31de se dire
10:31après tout ce qu'on a dit
10:32sur le véhicule électrique
10:34c'était très cher etc
10:34les gens qui ont aujourd'hui
10:36acheté une voiture électrique
10:37n'ont pas d'impact sur le baril.
10:39Donc là c'est très concret
10:40pour le pouvoir d'achat.
10:41Dans un contexte...
10:42Enfin ce n'est pas une majorité
10:43de français.
10:44Il faut aussi le pouvoir d'achat
10:46pour pouvoir acheter des véhicules.
10:47On est tout à fait d'accord
10:48mais regardez la pente
10:49et la progression.
10:50L'année dernière
10:51il y a eu une explosion
10:52de l'achat des véhicules électriques
10:54donc en volume ça augmente
10:56mais c'est sûr
10:56quand on est passé au début du siècle
10:58de l'éthanol à l'essence
10:59ça ne s'est pas fait en deux ans
11:00donc c'est tout à fait normal
11:01quand il y a eu une transition.
11:02Donc déjà ça augmente
11:03et en plus ce qui est assez intéressant
11:04c'est que vous avez vraiment
11:05un stock avec des nouveaux moyens
11:07de financement
11:07notamment le leasing
11:08qui permet d'avoir une voiture
11:09qui est quand même
11:10beaucoup plus accessible
11:11électrique
11:12donc il y a l'effet volume
11:13il y a l'effet leasing
11:14donc là on voit que nous
11:15en Europe
11:17stratégiquement
11:17essayons de baisser
11:19nos dépendances
11:19notamment énergétiques
11:20et en plus la France
11:21qui est quand même
11:22très bien positionnée
11:23sur l'énergie décarbonée
11:24c'est vrai que quand on y a
11:26ce genre de crise
11:26on voit à quel point
11:27c'est stratégique
11:28et qu'on doit continuer
11:29à mon sens
11:30sur ce type de créneau
11:31et sur ce type de secteur
11:32qui est quand même très porteur.
11:33Annoncer la libération
11:34de stocks stratégiques
11:37ce que devrait peut-être
11:38endosser le G7
11:39officiellement
11:40cet après-midi
11:41c'est la bonne stratégie
11:42on a vu dès lundi
11:44les discussions
11:45au niveau européen
11:47faire baisser
11:48le prix du baril aussi
11:49parce qu'on a dit
11:49qu'on allait libérer
11:50ces centaines de millions
11:51de barils
11:52ça fonctionne plutôt bien
11:54pour l'instant.
11:54Pour moi c'est un paramètre
11:55parmi d'autres
11:56la libération des stocks
11:57stratégiques
11:57parce que le prix du pétrole
11:59c'est un petit peu
11:59comme les taux d'intérêt
12:00et la prime de risque
12:01c'est-à-dire que le prix du pétrole
12:02il fonctionne comme
12:02une prime géopolitique
12:03donc les marchés financiers
12:05je précise que le prix du pétrole
12:06il n'est pas relatif
12:08à un coût de production
12:09direct
12:09il est relatif
12:10à un fonctionnement
12:11sur les marchés internes
12:12et que par conséquent
12:13si on anticipe
12:14effectivement une libération
12:15des stocks
12:16ça va se détendre
12:17c'est ce qui se passe
12:17un peu aujourd'hui
12:18par contre
12:18s'il y a de nouvelles tensions
12:20on va anticiper
12:21de nouveaux ralentissements
12:23sur les chaînes
12:24de transport
12:25et donc forcément
12:26ça va faire augmenter le prix
12:27donc tout est une question
12:28très marché financier
12:30d'anticipation
12:31donc ça c'est
12:32un premier problème
12:33et puis c'est aussi
12:34la question
12:34de nos dépendances critiques
12:37parce que finalement
12:37si on anticipe
12:38un monde
12:39qui est lié plus
12:40vers la transition
12:41écologique
12:41vers la transition
12:42et je dirais
12:43tout ce qui concerne
12:44les énergies renouvelables
12:46les hydrocarbures
12:47et là on est très bien doté
12:48en France
12:49et en Europe
12:50le problème
12:50c'est qu'il y a
12:51d'autres dépendances
12:52qui arrivent
12:52donc sur le long terme
12:53les marchés peuvent se dire
12:54ma foi
12:55si on remplace
12:56une dépendance
12:57au pétrole
12:57par une nouvelle dépendance
12:59à long terme
13:00les métaux rares
13:01les semi-conducteurs
13:03et bien finalement
13:04il y a de l'incertitude
13:05et donc on n'est pas prêt
13:07d'avoir un prix du pétrole
13:08très très bas
13:09moi je le dis
13:09dans les deux prochaines années
13:10bon Emmanuel Auriol
13:11on dit que
13:1210 dollars d'augmentation
13:13du baril
13:14c'est 0,1% de croissance
13:16en moins
13:17oui alors ça c'est une étude
13:18de l'INSEE
13:19de 2009
13:20en gros
13:22qui montrait ça
13:24bon c'est fait sérieusement
13:25c'est pas le problème
13:26après
13:27ce qu'on montre
13:28cette étude
13:29que je trouve moi
13:30plus intéressante
13:30c'est que le premier choc pétrolier
13:32a été très violent
13:32sur notre croissance
13:34on n'a pas eu les bonnes réponses
13:35à l'époque
13:35à l'époque
13:36on n'était pas prêt du tout
13:37non mais on n'était pas prêt du tout
13:38qui est reparti
13:39la boucle inflation salaire
13:40et donc là
13:41on a
13:42bon depuis 1983
13:43les salaires sont plus indexés
13:44sur l'inflation
13:45donc il n'y a pas cette boucle
13:47inflationniste
13:48d'un choc pétrolier
13:49ça traduisait par ça
13:51il n'y a pas non plus
13:52il y a une autonomie
13:53qui est liée
13:54effectivement
13:55à notre stratégie
13:56donc
13:56de décarbonation
13:58et d'énergie nucléaire
13:59donc
13:59l'INSEE estime
14:01que le PIB
14:02je crois
14:03dans les années 80
14:04pour produire 1000 euros
14:05de PIB
14:06il fallait trois fois plus
14:07de pétrole qu'aujourd'hui
14:08absolument
14:09on a très largement
14:10décarboné
14:11donc on voit bien
14:12qu'on est moins vulnérable
14:13à ces chocs
14:14bon
14:14il n'empêche que
14:15je suis tout à fait d'accord
14:16on a encore besoin
14:17d'essence pour des tas de raisons
14:19enfin de pétrole
14:19pour des tas de raisons
14:20et puis alors
14:20je sais qu'il y a
14:22beaucoup d'enthousiasme
14:23sur la voiture électrique
14:24mais
14:25il faut quand même comprendre
14:26qu'on n'a pas assez de cuivre
14:27sur la planète aujourd'hui
14:28pour équiper
14:30toute l'Europe
14:31en voiture
14:31et oui
14:31la question des ressources
14:32posée par Pascal Delima
14:33effectivement
14:33je suis désolée
14:34on ne va pas y arriver
14:35donc il faut garder
14:36le stock de voitures thermiques
14:37et ça
14:39ce qu'on n'a pas dit
14:39c'est qu'on voulait
14:40être en confiance
14:40ce qu'on dit
14:41c'est qu'on a une transition
14:42qui est en marge
14:43donc ça va prendre très longtemps
14:44pareil quand on est parlé
14:45au début du siècle
14:45de l'éthanol à l'essence
14:47il y a plein de composants
14:48qui n'existaient pas
14:48donc ça c'est tout à fait normal
14:49mais ce que je veux dire
14:50c'est qu'aujourd'hui
14:51la transition
14:52sur justement
14:53la décarbonation
14:54quand il y a ce genre de crise
14:55c'est très concret
14:56et notamment pour le pouvoir d'achat
14:58dont on ne cesse de parler
14:59les voitures électriques
15:00c'est beaucoup plus cher
15:01c'est 30 000 euros en moyenne
15:02pour l'instant
15:03ça baisse vitesse grand V
15:05quand on regarde
15:06l'explosion de la demande
15:07pareil
15:08toujours au début du siècle
15:09moi je vois que j'avais vraiment
15:10travaillé beaucoup là-dessus
15:11quand on est passé
15:11de cette voiture à l'éthanol
15:13à ensuite les découvertes de l'essence
15:14ça ne s'est pas fait en 2-3 ans
15:15ça a été 15 ans
15:16donc c'est tout à fait normal
15:17que du jour au lendemain
15:18on le voit pour toutes les transitions écologiques
15:20c'est pas en 2-3 ans
15:21donc de dire
15:22parce qu'en effet
15:23les gens ne passent pas
15:23du jour au lendemain
15:24au 100% électrique
15:26et on ne peut pas
15:28et ce n'est pas le but
15:28et ce n'est pas ce qu'on demande
15:29parce qu'il y aura des coûts
15:30les voitures vont coûter
15:31beaucoup plus cher
15:32s'il y a un manque de cuivre
15:33complètement
15:33mais ce qu'il y a
15:34et là on revient toujours
15:35à l'histoire de la planification
15:37c'est ce qui s'est passé en Chine
15:38ils ne sont pas passés
15:39du jour au lendemain
15:40à la voiture électrique
15:41quand on va en Chine
15:42exactement il y a encore
15:43énormément de voitures à essence
15:44donc ce n'est pas ça le sujet
15:45le sujet c'est vraiment la tendance
15:47et la tendance
15:48comme ça a été très dit
15:49c'est d'être en effet
15:50moins dépendant du pétrole
15:51et en effet
15:52cette électrification
15:53surtout quand on a un pays
15:54et c'est vrai que je m'étonne toujours
15:56à quel point on est peu fiers
15:57et enclin par rapport
15:58à nos amis italiens
15:59ou allemands
16:00quand on a un avantage comparatif
16:01de le mettre en avant
16:02c'est assez étonnant
16:03ça joue
16:04par exemple
16:05parler aux économistes italiens
16:06ou allemands tout de suite
16:07ils ne parlent que de leurs avantages
16:08comparatifs industriels
16:09bon c'est des puissances industrielles
16:11ce n'est pas notre cas
16:11donc je suis d'accord
16:12là on en a quand même une
16:14avec des résultats concrets
16:15sur notre balance commerciale
16:16donc ce n'est pas effectif
16:17ou scabreux
16:18c'est quand même très réel
16:20oui on a une électricité abondante
16:22peu chère
16:22les data centers se mettent en France
16:24à cause de ça
16:25les data centers
16:26ça est très
16:27ça consomme beaucoup d'énergie
16:28ils viennent chez nous
16:29on a les ingénieurs
16:30en plus pour après
16:31développer l'IA
16:32on en parlera peut-être tout à l'heure
16:34donc effectivement
16:35la France a des atouts
16:36mais moi je suis très heureuse
16:37qu'on relance le programme nucléaire
16:39que la CDC se mette là-dedans
16:40c'est formidable pour la France
16:41bien évidemment
16:42et on le voit bien
16:43puisqu'on a réussi à diminuer
16:45notre contenu en hydrocarbures
16:46mais on ne l'enlèvera pas complètement
16:47on pourra
16:48non mais ce n'est pas ce qu'on cherche
16:50je pense que la diversification
16:52c'est là-bas
16:52l'Europe 2035
16:54normalement c'était
16:56malheureusement
16:56c'est qu'il y a quand même une urgence
17:01et qu'il y a quand même des pays
17:02comme la Chine et les Etats-Unis
17:03qui vont plus vite que nous
17:04et qu'on a encore des barrières structurelles
17:06qui nous empêchent d'aller plus vite
17:07c'est-à-dire qu'effectivement
17:08on connaît bien ce cycle de 15 ans
17:10sur les innovations
17:11mais il y a un cycle plus court
17:13qui est possible
17:13et il y a beaucoup d'experts
17:14qui demandent d'aller plus vite aussi
17:16et je précise que sur le terrain
17:17à la limite économique
17:18ce n'est pas complètement incohérent
17:20de se dire autant aller très très vite
17:21quitte à casser un peu beaucoup de choses
17:23que ce soit sur le terrain réglementaire
17:24que ce soit sur la flexibilité
17:26du marché du travail
17:27que ce soit sur les programmes de formation
17:28sur les métiers de demain
17:30dans les universités
17:31autant faire quelque chose
17:32d'assez rapide finalement
17:34qui peut constituer un vrai choc économique
17:36pour nous
17:36et qui nous permette
17:37de gagner quelques années
17:38qui vont être précieuses
17:39parce que face à la concurrence mondiale
17:40ça n'est pas tout à fait
17:41la caractéristique principale
17:43de l'Union Européenne
17:44la vélocité
17:46c'est ce que j'allais dire
17:48on a un rapport de Régui
17:49à mettre en place
17:49on a quand même
17:50un peu de mal
17:50moi c'est vrai que juste
17:51pour conclure sur cet élément
17:52plutôt que de dire
17:53que le vrai problème
17:54en Europe et en France
17:55c'est vraiment le manque
17:55d'investissement
17:56et d'investissement stratégique
17:57parce qu'en volume
17:58on a moins d'argent
17:58donc voilà
17:59c'est vraiment factuel
18:00si on commence à se spécialiser
18:02beaucoup plus
18:02sur ce type de secteur
18:03et qu'on le gère bien
18:05sur le long terme
18:06ça peut être un facteur
18:07de création de richesses
18:10énorme
18:11et ensuite
18:11vous avez l'argent
18:12pour justement
18:13financer les transitions
18:14financer la R&D
18:15financer la recherche
18:16et vous rentrez
18:17dans un cercle vertueux
18:18comme en Chine
18:18aux Etats-Unis
18:19les Etats-Unis à la tech
18:20voilà la Chine
18:21c'est la première puissance industrielle
18:22nous on peut avoir
18:23ces avantages comparatifs
18:24donc c'est vrai
18:25quand il y a ce genre de crise
18:26au lieu de dire
18:26bon bien sûr
18:27on est toujours très dépendant
18:27du pétrole
18:28et ça sera encore très longtemps
18:29il n'y a pas de sujet là-dessus
18:30mais de dire
18:31il y a quand même
18:31peut-être un avantage
18:32peut-être qu'on peut en profiter
18:33pour accélérer
18:34comme on l'a eu
18:35avec la crise inflationniste
18:36et russe
18:37on l'a vu
18:38on s'est beaucoup décarboné
18:39et bien cette transition
18:40pour que ça nous profite
18:41on a l'impression
18:42d'avoir des prises
18:43de conscience successives
18:44en tout cas à Bruxelles
18:45Ursula von der Leyen
18:46déclarée encore hier
18:47on s'est planté stratégiquement
18:50effectivement en 20 ans
18:51la part du nucléaire
18:52dans le mix énergétique
18:53est passée
18:53de 35 à 10%
18:55en Europe
18:56là on se remet
18:56à financer
18:57notamment
18:58c'est un problème
19:00de manque de vision
19:02et de planification
19:03c'est pas un problème
19:04de manque de capacité
19:06économique à le faire
19:07et puis la responsabilité
19:10des écolos
19:11enfin c'est scandaleux
19:12en Allemagne
19:13ils ont arrêté le nucléaire
19:14sous la pression
19:15après Fukushima aussi
19:16notamment
19:17sous la pression politique aussi
19:18il y a eu beaucoup moins
19:20de morts
19:20avec le nucléaire
19:22qu'avec
19:23par exemple
19:24la pollution
19:24à micro-particules
19:25c'est absolument absurde
19:27c'est pas
19:27Pascal Delima
19:28tout à fait
19:28mais il y a une raison
19:29économique aussi
19:30c'est le problème
19:30du pollueur-payeur
19:31c'est un grand classique
19:32en économie
19:33c'est qu'on n'est jamais
19:34parvenu à internaliser
19:35les coûts
19:36du nucléaire
19:37les coûts
19:38d'une potentielle
19:39catastrophe nucléaire
19:40il faut le dire clairement
19:41les entreprises
19:42ne l'internalisent pas
19:43complètement dans leurs coûts
19:44donc tant qu'on n'a pas
19:46un modèle
19:46je dirais
19:47d'internalisation économique
19:48de répartition des efforts
19:50en cas
19:50d'accident
19:52et bien on se retrouve
19:53toujours avec les mêmes discussions
19:54de savoir
19:55qui va vouloir financer
19:56qui va vouloir payer
19:58il y a très peu d'accident
20:00non mais on a aussi
20:01il y a la question
20:03on est plus sur des sujets
20:03de compétitivité
20:04d'énergie
20:07Anne-Sophie Alcif
20:08pas tous en même temps
20:08Anne-Sophie Alcif
20:09puis Emmanuel
20:10juste sur ce cas là
20:11c'est vrai qu'après la catastrophe
20:13ça a pu être le cas
20:13mais aujourd'hui
20:14vu justement
20:15la demande
20:15d'électricité décarbonée
20:17qui va quand même
20:18exploser
20:18je pense qu'on n'est plus du tout
20:20dans ce type de problématiques
20:21et en plus
20:21ce qui est assez intéressant
20:22dans les réflexes
20:23c'est que
20:23on va attaquer le nucléaire
20:25sur ce genre de choses
20:25là l'essence
20:26il y a une crise
20:27une guerre
20:28donc il y a une explosion
20:29des coûts
20:29ça c'est un peu un risque
20:30je pense qu'il est quand même
20:33très important
20:33et puis alors
20:34si on fait principe
20:35du polluant-payeur
20:36c'est surtout les hydrocarbures
20:37c'est pas le nucléaire
20:39donc on a vraiment
20:40il y a très peu d'accidents
20:43c'est un chapitre à résoudre
20:45quand même
20:45il faut qu'on avance un peu
20:47est-ce qu'on aura des moyens
20:48pour le grand carénage
20:49pour financer cette électricité
20:52et ces nouveaux réacteurs
20:52peut-être
20:53puisque les impôts
20:54augmentent trois fois plus vite
20:55en France
20:56que le produit intérieur brut
20:59c'est la direction générale
21:01des finances publiques
21:01qui nous l'annonçait hier
21:03avec son fameux
21:05rapport d'activité annuel
21:07on voit que
21:0840 milliards d'impôts
21:10en plus
21:11en 2025
21:13c'est plus 7%
21:15alors que le PIB
21:16nominal en valeur
21:17avec l'inflation
21:18lui c'est 2%
21:20comment on peut expliquer
21:21de tels écarts ?
21:23il y a plusieurs raisons
21:24la vraie question
21:25plus de
21:26bien sûr
21:27de s'étonner
21:28de ce montant
21:28etc
21:29c'est qu'est-ce qu'on fait
21:30avec cet argent
21:30c'est-à-dire qu'en effet
21:31est-ce qu'on finance
21:32les investissements
21:33dans le nucléaire
21:34on essaie de réduire
21:34notre déficit
21:35qui est le plus important
21:36ou est-ce qu'on va financer
21:37des chèques énergie
21:38ou des dépenses
21:39de consommation
21:40c'est ça en fait
21:41vraiment le sujet
21:42plus de s'émouvoir
21:43en effet sur les montants
21:44bon on le sait
21:45on a eu un budget
21:46dans la douleur
21:46donc forcément
21:47ça s'est traduit
21:48par des hausses d'impôts
21:49et donc visiblement
21:50par cette hausse de recettes
21:51tant mieux pour les finances publiques
21:52mais encore
21:53la question qui reste importante
21:54c'est où va aller cet argent
21:56et à quoi il va servir
21:57parce que je pense
21:58que c'est vraiment ça
21:59le véritable sujet
22:00s'il est investi
22:01bon ben voilà
22:02peut-être
22:03c'est très bien
22:05si c'est encore
22:05des dépenses de consommation
22:06on le dit politiquement
22:08des chèques énergie
22:09ou des bucliers
22:10pour financer
22:11les risques énergétiques
22:13qui créent peu de valeur
22:14c'est là
22:15où on s'interroge
22:16donc voilà
22:16je pense que la question
22:17elle est plutôt sur
22:18qu'est-ce qu'on fait de cet argent
22:19et où il va aller
22:20Pascal Delima
22:21et c'est des récentes études
22:22il y a contribution
22:22un peu de l'inflation aussi
22:24qui automatiquement
22:25augmentait les taxes
22:26les recettes de TVR
22:27en particulier
22:28enfin c'est 1%
22:29l'inflation
22:30non mais c'est ça
22:32qui est étonnant
22:33plus 7% de recettes fiscales
22:35pour un PIB
22:36qui monte de 2 points
22:37il y a un paramètre
22:37qui est un petit
22:38la hausse aussi
22:38il y a quelques français
22:40qui montent de tranches
22:42d'impôts sur revenus
22:43du fait de la hausse
22:43des salaires aussi
22:45et puis on constate souvent
22:46lors d'une reprise
22:47une reprise économique
22:48on constate que
22:49les recettes sont
22:50finalement plus rapides
22:52que la reprise économique
22:54tout à fait
22:55pas une reprise
22:56mais on va dire
22:57un ralentissement
22:58de la situation économique
23:01qui était un peu
23:02difficile
23:02depuis un certain temps
23:04on a une légère
23:05un soubresaut
23:06quelques anticipations
23:07qui sont
23:07pas complètement négatives
23:09non plus
23:10et puis on voit
23:10que dans certains secteurs
23:13d'activité
23:13en particulier
23:13les secteurs bancaires
23:14en particulier aussi
23:15le secteur du serviciel
23:16il y a aussi
23:17des salaires qui augmentent
23:18il y a un certain nombre
23:19de français
23:19qui passent dans
23:20les tranches supérieures
23:20et enfin on constate
23:21aussi dans les études
23:22effectivement une reprise
23:23plus rapide des recettes
23:24dans ces périodes
23:25un petit peu
23:28de transition
23:29vers un autre monde
23:31vers une croissance
23:31de demain
23:32on voit aussi des recettes
23:33qui arrivent plus vite
23:35que la croissance économique
23:36qui met un certain temps
23:36voilà
23:37il y a un laps de temps
23:37entre croissance
23:38et recettes
23:39Emmanuel
23:40parce que c'est vrai
23:41qu'il y a eu des trous
23:41l'année précédente
23:42et en 2022
23:43et en 2023
23:45pardon
23:45et en 2024
23:46on avait plutôt eu
23:47des manques à gagner
23:49des énormes trous
23:50dans les recettes fiscales
23:51par rapport aux prévisions
23:5220 milliards en 2023
23:5440 milliards en 2024
23:56bon
23:56là ça repart
23:57comment on explique ça
23:58les modèles de prévision
24:01semblent
24:01sans doute
24:02ils ont besoin
24:03d'être revus
24:04ça c'est
24:04une évidence
24:07je ne me suis pas penchée
24:08sur ces modèles
24:08mais je pense qu'ils datent
24:09de plusieurs décennies
24:11c'est le fameux modèle
24:13maisange
24:14et donc
24:15il est peut-être
24:17beaucoup moins adapté
24:18à la consommation
24:20aujourd'hui
24:20à la seconde main
24:21aux importations
24:23qui viennent
24:23de Chine
24:24et qui échappent
24:25donc
24:25à la TVA
24:27donc
24:27les comportements
24:28des jeunes
24:29sont très différents
24:29donc ça
24:30ça demande
24:31des élasticités
24:31ça veut dire
24:32qu'ils sont différents
24:33dans ces modèles
24:33je ne sais pas
24:34comment ils font
24:34honnêtement au Trésor
24:35normalement
24:36ils sont très compétents
24:37il y a une certaine élite
24:37qui est française
24:38qui va là-bas
24:39donc on peut penser
24:40qu'ils vont ajuster le tir
24:41moi je pense
24:42que les recettes
24:43qui augmentent
24:43c'est plutôt une bonne nouvelle
24:44parce qu'on a vraiment
24:45besoin de maîtriser
24:46notre déficit
24:47c'est indispensable
24:49ça nous affaiblit
24:50cette situation
24:51ça nous affaiblit
24:51avec le partenaire allemand
24:52on le voit très bien
24:53eux ils sont en position de force
24:54en Europe
24:55nous on est très très faible
24:57ça crée une inquiétude
24:59de nos bailleurs
25:00qui sont pour 50%
25:01à l'étranger
25:01ça peut créer
25:02une crise réelle
25:03alors là
25:04sur le franc
25:04enfin sur l'euro
25:06pardon
25:06si tout d'un coup
25:07il y a une perte de confiance
25:09on est dans une situation
25:10qui est catastrophique
25:11est-ce que vous croyez possible
25:12cette crise
25:13moi j'espère que non
25:14sur la dette souveraine française
25:16on voit qu'elle se modèle très bien
25:18on est protégé par l'Allemagne
25:20et l'euro non
25:21moi je pense que c'est plutôt
25:22le gros problème
25:23de la charge de la dette
25:24on le sait
25:252020-2024
25:25qui a été dublée par deux
25:27donc on est passé
25:28de 30 à 60 milliards
25:29et qui va continuer de grimper
25:30ce qu'on donne directement
25:31moi on a confiance
25:32parce que les taux montent
25:34oui les taux montent
25:35et donc en fait
25:35c'est plus ça le sujet
25:36c'est-à-dire que
25:37comme vous avez en effet
25:38les retraites
25:39la sécurité sociale
25:40maintenant c'est la charge
25:41à la dette qui augmente
25:41vous avez on va dire
25:42un stock on va dire
25:44de dépenses fixes
25:46qui augmente
25:46et de l'autre côté
25:47vous avez une croissance économique
25:48qui est faible
25:49et vous avez des recettes
25:50alors là c'est bien
25:51que ça a augmenté un peu
25:52mais qui sont pas du tout
25:53au niveau de ce dont on a besoin
25:55donc c'est plus ça en fait
25:57qui est compliqué
25:58c'est pas vraiment
25:58le niveau d'endettement pour moi
26:00mais c'est vraiment
26:00cette augmentation
26:01de la charge de la dette
26:02qui vient tuer
26:03notre capacité d'investissement
26:04c'est la grenouille
26:05dans la casserole
26:06c'est vraiment ça
26:07le taux d'intérêt réel
26:09en réalité
26:09c'est-à-dire le taux d'intérêt nominal
26:11et l'inflation
26:11et effectivement
26:12si l'inflation
26:13R devient
26:14supérieur à G
26:14exactement
26:15la fameuse formule
26:16non puis il y a eu quand même
26:17des signes d'alerte
26:18qu'il faut pas non plus
26:19on est passé
26:20des taux au-dessus de l'Italie
26:22enfin moi je suis désolée
26:23il faut que c'est des signaux faibles
26:24mais qui sont bien là
26:25les introductions
26:25elles se passent toujours très bien
26:27mais moins bien qu'avant
26:27donc il faut être vigilant
26:29surtout que là
26:29l'Europe va mettre de la dette
26:31sur la table
26:31parce qu'on va
26:32pour s'armer
26:33on va faire une dette commune
26:34l'Allemagne arrive
26:35avec 300 milliards de levées
26:36nous on a acheté notre dette
26:37parce que c'était la seule
26:38enfin il faut pas se faire trop d'illusions
26:39avec l'Italie
26:39on est très endetté
26:40donc on émet beaucoup de dettes
26:41si tout le monde se met à mettre de la dette
26:43y compris l'Allemagne
26:44on va être beaucoup moins attractif
26:45donc il faut quand même
26:47vraiment on est à la limite
26:48de ce qu'on peut soutenir
26:49il y a des dettes pour la clouuse
26:50oui
26:50donc là je crois
26:51qu'il faut vraiment
26:52rentrer dans les clous
26:53et voilà
26:54donc plus de recettes
26:55et une plus grande efficacité
26:57à la dépense publique
26:57c'est un vrai enjeu
26:58et là bon
26:59c'est ce qu'évoquait Anne-Sophie
27:01bon moi je crois
27:02que là il y a
27:03la réforme de l'État
27:04on en parle tout le temps
27:04mais on n'en voit jamais
27:05la question de l'efficacité
27:07de la dépense publique
27:08Pascal Delima
27:09au Canada
27:10dans les pays anglo-saxons
27:11c'est assez fréquent
27:12de faire des relations
27:12de causalité
27:14entre des paramètres
27:15et analyser
27:16l'efficacité
27:17de la dépense publique
27:18ligne par ligne
27:19nous nous sommes dans
27:20des stocks comptables
27:20finalement
27:21et on a beaucoup de mal
27:22à se dire
27:22bon bah qu'est-ce que
27:23le régalien
27:23qu'est-ce qui est efficace
27:24à terme
27:25c'est presque un changement
27:26de culture finalement
27:27qu'il faudra adopter
27:28et bien peut-être
27:29que la présidentielle
27:29c'est à l'occasion
27:30d'y revenir
27:31il y a un sujet aussi
27:32qui est la création
27:35de richesses
27:36qui vient du travail
27:38évidemment
27:38et le travail
27:39on va en parler
27:39en deuxième partie
27:40de l'émission
27:40après une courte pause
27:41publicitaire
27:42on a aujourd'hui
27:43le deuxième round
27:44sur l'assurance chômage
27:45négociation
27:46entre les partenaires sociaux
27:48faut-il taxer
27:49les contrats courts
27:50c'est le sujet du jour
27:51on revient tout de suite
27:51ne quittez pas
27:59BFM Business et la Tribune
28:01présente
28:02les experts
28:04Raphaël Legendre
28:05allez on est de retour
28:07pour la seconde partie
28:08de l'émission
28:09il est 10h30
28:10pile
28:11vous êtes toujours
28:12sur BFM Business
28:12en direct
28:13pour les experts
28:14avec Anne-Sophie Alcif
28:16Pascal Delima
28:17et Emmanuel Auriole
28:18pour parler
28:19d'un égo social
28:20emploi
28:22travail
28:22et chômage
28:24aujourd'hui
28:24les partenaires sociaux
28:26se retrouvent
28:27pour une nouvelle négociation
28:28sur les contrats courts
28:31des partenaires sociaux
28:32qui cherchent
28:33un remplacement
28:34un remplaçant
28:35au système
28:35de bonus-malus
28:36qui module
28:37dans certains secteurs
28:39les contributions
28:40patronales
28:41d'assurance
28:41chômage
28:42alors ce système
28:43il avait été mis en place
28:46par Muriel Pénicaud
28:48si je me souviens bien
28:49c'est Marc Ferracci
28:49qui avait poussé
28:50ce système
28:51de bonus-malus
28:52il était conseillé
28:52à l'époque
28:53de Muriel Pénicaud
28:54avant de devenir
28:55ministre de l'industrie
28:58est-ce qu'il fonctionne
29:00ce système
29:00est-ce que ça a changé
29:02le recours
29:03en France
29:04au contrat court
29:05Emmanuel Auriole
29:06je commence avec vous
29:07alors
29:08on s'aperçoit
29:09qu'effectivement
29:10il y a
29:11en tendance
29:12moins de recours
29:13au contrat court
29:13mais c'est une tendance
29:14aussi globale
29:15c'est-à-dire que là
29:16ce n'est pas tous les secteurs
29:17qui sont soumis
29:18à ce bonus-malus
29:19il n'y en a qu'une dizaine
29:21et donc
29:22on peut comparer
29:23ce qui se passe
29:23dans les secteurs
29:24qui ne sont pas soumis
29:25et ceux qui sont soumis
29:25et on voit bien
29:26qu'il y a eu
29:26une augmentation
29:27des CDI
29:28parce qu'il y a eu
29:28tellement de réformes
29:29en même temps
29:29qui sont le fruit
29:30de réformes
29:31d'assouplissement du CDI
29:32et donc
29:33ce bonus-malus
29:34pour évoquer
29:36Jean Tirole
29:36qui vient de
29:37la Toulouse School of Economics
29:39bien sûr
29:39et qui est notre prix Nobel
29:40qui est sur le territoire français
29:43en fait
29:44lui ce qu'il proposait
29:45c'était un truc
29:46plus intelligent
29:46puisque
29:47ce n'est pas
29:48le système actuel
29:48le système actuel
29:49est un peu aveugle
29:51c'est-à-dire
29:51qu'il va pénaliser
29:52des secteurs
29:53qui ont besoin
29:54de contrats courts
29:55il faut qu'on rappelle
29:56peut-être
29:56pour ceux qui nous regardent
29:57et nous écoutent
29:58le système
29:59du bonus-malus
30:00c'est-à-dire que
30:00plus vous avez recours
30:02aux contrats courts
30:04plus
30:05vous payez
30:06de cotisations
30:07et
30:08plus 1%
30:10et si vous en faites moins
30:12c'est moins 1%
30:13donc vous avez un bénéfice
30:14quand vous n'en faites pas
30:15et vous avez un coût
30:16quand vous en faites
30:17mais si vous êtes
30:17un hôtel-restaurant
30:18vous avez une saison touristique
30:20vous allez faire des contrats courts
30:21ça dépend des secteurs
30:22il y a quelque chose
30:23un peu d'absurde
30:24enfin un peu d'aveugle
30:26c'est ce que je dis
30:26dans ce système
30:27donc ce que
30:28Jean proposait
30:30qui est en place
30:31aux Etats-Unis
30:32c'est plutôt
30:33de regarder
30:33sur la période
30:34d'une année
30:37faire payer
30:37les entreprises
30:39une proportion
30:39de leur différence
30:41entre leurs cotisations
30:42et ce qu'elles coûtent
30:43à la société
30:43en fait
30:44plutôt qu'un truc
30:45qui serait mécaniquement
30:46à compter les contrats courts
30:47donc si vous êtes
30:48quelqu'un
30:49qui cotisez plus
30:50que ce que
30:50vos ex-salariés
30:52quand ils perdent
30:53leur emploi de chez vous
30:54touchent
30:55à ce moment-là
30:55vous allez avoir
30:56on va vous rétrocéder
30:57une partie de vos cotisations
30:58si en revanche
30:59quand vous
31:00vous prenez
31:01une période d'un an
31:01par exemple
31:02si en revanche
31:03vous êtes quelqu'un
31:04qui cotisez pas assez
31:05et que vous licencez
31:07beaucoup de gens
31:07parce que
31:08pour des tas de raisons
31:09et bien à ce moment-là
31:10on va vous taxer
31:11puisque vous avez
31:12coûté cher
31:13c'est presque le principe
31:13du pollueur-payeur
31:14finalement
31:15et ça c'est plus
31:16donc c'est un bonus-malus
31:18mais qui est plus intelligent
31:19puisqu'il s'appuie vraiment
31:20sur l'activité de l'entreprise
31:21par rapport
31:22en fait
31:23à son coût
31:24dans l'assurance chômage
31:25ce qui serait logique
31:25c'est pas le cas
31:26du bonus-malus actuel
31:28comment dire
31:29alors je suis tout à fait d'accord
31:30avec ce qu'il y en a de dire
31:30je voudrais le ramener
31:31à un contexte
31:32un peu plus global
31:33sur les contrats courts
31:34et le développement
31:36depuis 10 ans
31:37de ce qu'on appelle
31:38en général
31:39le slasherisme
31:40enfin la multi-activité
31:42donc on court
31:43les contrats courts
31:44si je peux me permettre
31:45de faire quelques rimes
31:47et pour dire que
31:48moi je trouve
31:49qu'on ne devrait pas
31:51effectivement abuser
31:51de ces contrats courts
31:52surtout lorsqu'on peut
31:54proposer des contrats
31:55c'est le problème
31:56des effets d'aubaine
31:57c'est-à-dire des contrats
31:58à CDI
31:58et aujourd'hui
32:00il y a une généralisation
32:01de contrats courts
32:03alors on est encore
32:04très très très majoritairement
32:05sur des CDI
32:06mais qui concourent
32:08c'est 80
32:08on peut rappeler les chiffres
32:09un gros revenu
32:09autour de 80%
32:11de l'emploi en France
32:11qui est quand même en CDI
32:12j'ai une inquiétude
32:13sur cette utilisation
32:15des contrats courts
32:16dans un monde
32:17où on veut aller
32:18vers les métiers de demain
32:19dans un monde
32:20où on veut enrichir
32:21les métiers
32:22dans un monde
32:23en fait pour moi
32:24ça concourt de ce que j'appelle
32:25la précarité technologique
32:26qu'a si bien décrit
32:29Jérémie Rifkin
32:30et auquel j'adhère parfaitement
32:32et on voit bien
32:33que ce chapitre
32:34du contrat court
32:35il est parfois aussi utilisé
32:37à des fins de pseudo-agilité
32:39sans vision de long terme
32:40pour les entreprises
32:42où finalement
32:43les jeunes
32:44sont de plus en plus
32:45aussi victimes
32:47de ce type
32:47de modèles contractuels
32:49sur le marché du travail
32:51et je pense
32:52qu'on peut effectivement
32:53faire tout ce que vous voulez
32:54sur le terrain réglementaire
32:55mais l'aspect responsabilisation
32:57des entreprises
32:58vers les métiers de demain
33:00et vers la vision d'avenir
33:01vers les métiers de l'IA
33:02vers les métiers
33:03de l'ESG
33:04etc.
33:05est beaucoup plus importante
33:05dans un cadre contractuel
33:07de CDI
33:08où on va pouvoir
33:09plus facilement enrichir
33:10les métiers
33:11que d'apporter
33:12une espèce de flexibilité
33:14qui pour moi
33:14concourt de cette précarité
33:15technologique
33:16alors je suis très pro-techno
33:18mais dans un cadre
33:20fiable
33:21et de perspective
33:22d'avenir
33:23pour les jeunes
33:23en particulier
33:24on a besoin
33:24de flexibilité
33:25est-ce que c'est spécifique
33:28à la France
33:28ce recours
33:29d'à peu près 20%
33:30je pense qu'en effet
33:31comme disait Manuel
33:32c'est bien d'avoir un peu
33:32le trisme sectoriel
33:34parce que ce qu'on regarde
33:35vraiment
33:35quand on regarde vraiment
33:36les compétences
33:37industrie, service
33:38etc.
33:39ce qu'on voit en fait
33:39c'est que certains secteurs
33:41et donc ça va être
33:41peut-être des secteurs
33:42où il y a moins de qualification
33:43plus de précarité
33:44et bien ce sont les gens
33:45qui ont toujours ce type
33:46de contrat
33:47et quand vous êtes ingénieur
33:48vous êtes dans la technologie
33:49comme vous le dites
33:50vous êtes beaucoup moins
33:51enclin à avoir
33:52ce type de contrat
33:52donc il y a quand même
33:53une inégalité
33:54qui est assez forte
33:55par rapport à
33:56dans quel secteur vous êtes
33:57et aussi par rapport
33:58à votre type de qualification
34:00ce qui est assez intéressant
34:01on l'a beaucoup vu
34:01pendant le Covid
34:02on l'a dit
34:02Covid, pouvoir d'achat
34:04les problèmes de pouvoir d'achat
34:05quand on regarde
34:06en effet post-Covid
34:08qui a perdu le plus
34:09en pouvoir d'achat
34:10en global
34:10c'est vraiment en effet
34:12ces catégories
34:12c'est-à-dire des gens
34:13qui avaient jusqu'à
34:14à peu près un peu plus
34:15d'un SMIC
34:16mais surtout
34:17qui étaient en intérim
34:18qui avaient des contrats courts
34:19parce qu'ils n'ont pas eu
34:19toutes les protections
34:20qu'on a pu avoir
34:21avec le quoi qu'il en coûte
34:22et qu'ont eu tous les
34:2380% de Français
34:24qui avaient un CDI
34:26et donc là
34:26on a vraiment eu
34:27une augmentation du taux
34:28de pauvreté
34:29sur ces catégories
34:30qui pourtant
34:31étaient en emploi
34:32mais dans un cas très particulier
34:33mais dans un cas très particulier
34:34et ce que je veux dire
34:35c'est que
34:36je ne pense pas
34:36qu'il y ait l'idée de développer
34:37c'est pour ça que les CDI
34:38sont développés
34:39des contrats courts
34:40ou précaires
34:41quand vous êtes en effet
34:42sur des secteurs
34:43à trop de valeur ajoutée
34:44très qualifiés
34:44où le but c'est plutôt
34:45que la personne qui est formée
34:46reste le plus longtemps
34:47dans votre entreprise
34:48pour avoir de la valeur
34:49ça existe aussi
34:50pour ce secteur d'activité
34:51ça existe
34:52et les calls
34:53tout à fait
34:54et au contraire
34:55avec l'arrivée de l'IA
34:56on est en train
34:56même dans certains domaines
34:59à priori
34:59qu'on appelait le top
35:01on le voit même
35:02dans les métiers
35:02par exemple juridiques
35:03etc
35:03là c'est vrai qu'on voit
35:04l'IA
35:05et à mon sens
35:06c'est ça le vrai problème
35:07de l'IA
35:08je pense que c'est
35:08une formidable opportunité
35:10mais c'est vrai
35:10que ça va créer
35:11des opportunités
35:11pour certains
35:12et moins pour d'autres
35:13et le problème
35:13c'est que ce ne seront pas
35:14les mêmes
35:14que si on n'a pas
35:15cet aspect de formation
35:17et encore une fois
35:18de prospective
35:19c'est là où ça peut être
35:20à mon sens
35:20un petit peu compliqué
35:21et qu'il y ait une augmentation
35:23de la précarité
35:23dans certains secteurs
35:24alors on parle beaucoup
35:25des transports
35:26ou par exemple
35:26de l'aide à la personne
35:27c'est quand même des secteurs
35:28où il y a plus
35:29ce type de contrat
35:30et par contre
35:30pour les autres
35:31des gagnants
35:32avec aussi des rémunérations
35:33qui vont énormément augmenter
35:34donc fragmenter un peu
35:35la classe moyenne
35:36on va dire
35:37entre les travailleurs
35:38vraiment très précaires
35:39et ceux
35:40qui seront de moins en moins
35:41et aussi qui auront des revenus
35:42qui vont beaucoup plus augmenter
35:43Vous êtes d'accord avec ça
35:44Emmanuel Auréol ?
35:45Spécialiste de l'innovation
35:46de l'industrie
35:47vous connaissez bien ces sujets
35:48Oui en tout cas
35:49oui alors c'est vrai
35:50que l'IA
35:50c'est une disruption
35:52mais on en a connu
35:53beaucoup en fait
35:54et chaque fois
35:55on dit
35:55c'est la fin
35:56celle-ci n'est pas la même
35:57celle-ci elle va plus loin
35:58quand même
35:58oui mais enfin bon
35:59sur la matière grise
36:00on a eu l'imprimerie
36:01on a eu internet
36:03on a eu la micro-informatique
36:05non mais bon
36:06donc moi je pense
36:07que c'est
36:08on laisse parler Emmanuel
36:10par contre
36:10sur les contrats courts
36:11il faut voir que l'État
36:13n'est pas très bien placé
36:14pour donner des leçons de morale
36:15parce que c'est un très mauvais employeur
36:17l'État
36:18il est spécialiste
36:19alors quand même
36:20il faut se demander
36:20pourquoi les entreprises
36:21utilisent ces contrats
36:22c'est toujours pareil en France
36:24donc on met des tas de règles
36:25des législations
36:26des lois pardon
36:28des contrats administratifs
36:30du coup
36:31on fait des contrats courts
36:32parce que ça permet
36:33de contourner ça
36:33et après on va faire
36:35du bonus malus
36:36pour répondre à cette
36:37voilà bon
36:37c'est des usines à gaz
36:38c'est pas très
36:39voilà
36:39mais c'est vrai que
36:41c'est pour ça que les CDI
36:42ont augmenté
36:43c'est parce qu'il y a eu
36:43une réforme du CDI
36:44c'est-à-dire les entreprises
36:45elles ont besoin
36:46de pouvoir licencier les gens
36:47si ça va mal
36:48elles ont besoin
36:49de pouvoir les repositionner
36:50sur de nouveaux postes
36:51parce qu'il y a des changements
36:52or quand vous avez
36:53un contrat de travail
36:54qui est très très rigide
36:55un salarié peut dire
36:56non je veux pas faire ça
36:57c'est pas dans mon contrat de travail
36:58enfin je veux dire
36:58il faut quand même voir
36:59les contraintes
37:00qui pèsent sur les entreprises
37:01qui cherchent à employer des gens
37:03et ces évolutions-là
37:04encouragent pas vraiment
37:05à s'engager à long terme
37:07et d'ailleurs Antoine Fouché
37:09est excellent sur ce sujet
37:10ancien directeur de cabinet
37:11de Muriel Pénicaud
37:12donc il peut être jugé parti
37:13mais explique ce matin
37:14dans les échos
37:15qu'opposer flexibilité patronale
37:18et sécurisation du salarié
37:21c'est une aberration en fait
37:23c'est pas ça qui fait avancer le travail
37:25vous êtes d'accord avec ça
37:26Anne-Sophie Alcy ?
37:26Il faut vraiment revenir encore une fois
37:28aux spécificités
37:29et à ce dont le secteur d'activité a besoin
37:31et après en effet
37:33par rapport à ça
37:34moduler l'offre de contrat
37:35par rapport à la demande du secteur
37:37et à mon sens
37:37c'est beaucoup plus encore une fois
37:39avoir des projections
37:40parce qu'on voit
37:41qu'il va y avoir des emplois
37:41en effet je pense qu'il y a
37:43qui vont être très impactés
37:44mais qu'il va vraiment y avoir
37:46peut-être aussi des effets d'aubaine
37:48sur quel emploi va être plus
37:49ou moins touché
37:50et encore une fois
37:51d'avoir des perdants
37:53qui ne soient pas les mêmes
37:53que les gagnants
37:54et que ces perdants restent sur le côté
37:55et ça après politiquement
37:57c'est un vrai sujet
37:58comme on l'a eu
37:59et on n'a pas encore le discours
38:00et le narratif politique
38:01pour accompagner cette transformation
38:02comme on l'a eu avec la désindustrialisation
38:03massive en France
38:04qui a des conséquences colossales
38:06donc c'est plus ça en effet
38:07l'interrogation
38:08on a l'impression que ce genre
38:09de contrat ou de débat
38:10en fait cache la forêt
38:11pour ne pas se poser
38:12les vrais débats
38:13plus de fonds
38:15On pourrait agir sur internet
38:16comme le fait Alternance
38:18qui nous dit
38:19rajoutons une cotisation capitalisation
38:21sur les CDD
38:22pour financer un fonds collectif
38:24de capitalisation
38:25et baissons la fiscalité des CDI
38:28bon ça pourrait être une incitation fiscale
38:30une carotte
38:31pourquoi pas
38:31Pascal Delima
38:32Non mais il y a deux choses
38:33en fait
38:34la première chose
38:35d'abord je ne crois pas du tout
38:36que nous vivons une période
38:38de destruction créatrice
38:40chumpeterienne
38:41ou voilà
38:42avec des transformations physiques
38:45du monde matériel
38:46mais je pense au contraire
38:47que l'IA a un impact
38:48beaucoup plus grand
38:49parce qu'il touche à la fois
38:51des robots bourrés d'IA
38:52mais aussi de la matière grise
38:53et donc les avocats
38:54et donc tout un tas de métiers
38:56qui auraient dû théoriquement
38:58être protégés
38:59par
38:59je dirais
39:02leur capacité
39:03à créer de la valeur
39:03aujourd'hui
39:04tout peut être
39:05pratiquement
39:06automatisé
39:08ce n'est pas du tout
39:09une phase de transition
39:11comme on a pu le connaître
39:12dans les anciennes transitions
39:15en matière d'innovation
39:16premièrement
39:17deuxièmement
39:18on passe d'une société
39:19aujourd'hui en forme
39:22de montgolfière
39:23vers une société
39:24en forme de sablier
39:25de plus en plus
39:26c'est-à-dire
39:26c'est-à-dire que les classes moyennes
39:27disparaissent progressivement
39:29à cause des innovations
39:30technologiques en particulier
39:31et aussi de l'externalisation
39:33mais à mon avis
39:33l'innovation est centrale
39:35premièrement
39:36deuxièmement
39:36on a des top jobs en haut
39:37les data scientists etc
39:38extrêmement bien rémunérés
39:40et une pléthore de mini jobs
39:42payés à la tâche
39:43avec des contrats courts
39:44le slasherisme
39:45la jeunesse
39:46la multi-activité
39:47on est en train d'imiter
39:48ce qui se passe aux Etats-Unis
39:49il y a 15 ans
39:50que décrit si bien
39:51Jérémy Rikin
39:52en Europe
39:53et ce qui va se passer
39:54vous êtes en train de nous dire
39:55que l'innovation
39:55est en train de précariser
39:57les classes moyennes
39:58le combat qu'il faut mener
39:59c'est l'enrichissement
40:00des métiers
40:01attendez
40:02je peux quand même
40:03on est là pour débattre
40:04c'est très bien
40:05on a le droit de ne pas être d'accord
40:06allez-y
40:07terminé
40:07la réponse est de
40:09on va arriver à une société dualiste
40:11avec des top jobs
40:12et puis des mini jobs
40:13donc le tout pour éviter cela
40:15c'est d'enrichir
40:16les métiers
40:17de garder la classe moyenne
40:19d'enrichir les métiers
40:20et de ne pas suivre
40:21parce qu'avec l'IA
40:22il n'y a pas que l'IA
40:23il y a tout un tas d'innovations
40:24qui irriguent l'IA
40:25et bien on peut risquer
40:26une automatisation généralisée
40:28notamment sur toute la partie
40:29classe moyenne
40:30et donc là
40:31c'est là que les politiques publiques
40:32doivent intervenir
40:33et on peut faire des symposiaux
40:35sommets internationaux
40:36etc
40:37mais si on ne parle pas
40:38de l'enrichissement des métiers
40:39et de l'emploi
40:41de la création d'emplois
40:42je sais qu'on va dire
40:43je connais
40:44c'est un débat classique
40:45c'est à mon avis
40:46c'est à mon avis
40:47nocif pour la société
40:48il faut vraiment
40:49parler d'enrichissement
40:50des métiers
40:51et non pas de substitution
40:52parce qu'effectivement
40:54c'est de la formation
40:54et on en parle aussi
40:56ça peut augmenter
40:58le salarié
40:59c'est une discussion terrain
41:01Emmanuel Oriel
41:01n'êtes pas d'accord ?
41:03non pas trop
41:04si on se projette
41:05200 ans
41:06ou 300 ans en arrière
41:07tout le monde
41:07était dans l'agriculture
41:08mais je peux finir
41:10excusez-moi
41:11je peux finir
41:13je peux finir
41:14donc la population active
41:16était entièrement
41:17dans l'agriculture
41:18on a inventé des machines
41:20qui font que 3%
41:21de la population
41:21peut nourrir
41:2290-500%
41:24c'est vrai que ça a détruit
41:25ses emplois définitivement
41:26est-ce que c'est une société
41:27qui est moins bien ?
41:28non pas du tout
41:29on peut mettre les enfants
41:29à l'école très longtemps
41:30on est en inactivité
41:32pendant 25 ans
41:32après on a sa retraite
41:34pourquoi ?
41:34parce qu'on a des gains
41:35de productivité
41:35l'IA c'est des gains
41:37de productivité
41:37la question c'est
41:38ce ne sont pas démontrés
41:40il y a un débat
41:41vous vous contredisez monsieur
41:42parce que quand on vous dit
41:43ça va détruire des emplois
41:45non mais si ça détruit
41:46des emplois
41:46c'est que ça va
41:47produire quelque chose
41:48à la place des humains
41:49pas toujours
41:51c'est pas toujours
41:53Pascal Delima
41:53puis Anne-Sophie
41:54il faut savoir
41:56soit ça détruit
41:57des emplois
41:58on est en train
41:58de matérialiser
41:59cette productivité
42:00en train de le faire
42:00on les aide
42:01pour calculer
42:02matérialiser
42:02cette productivité
42:03ils ne l'ont toujours pas
42:05il faut les aider
42:06à le faire
42:06mais oui je suis d'accord
42:07avec vous
42:07donc ils ne prennent pas
42:08des emplois
42:10soit ils prennent des emplois
42:11soit ils ne les prennent pas
42:12c'est un argument
42:13de communication l'IA
42:14il y a derrière
42:15des effets néfastes
42:15il faut les aider
42:16à calculer la productivité
42:18faire que ça améliore
42:19et que ça enrichisse
42:20les métiers
42:21et que ça améliore
42:21la productivité
42:22et que derrière
42:23il y a un partage
42:24de valeurs
42:24entre le capital
42:27ce que je dis c'est tout
42:28je vous dis
42:29ils ne sont pas tous prêts
42:30et là ce n'est pas évident
42:31ce qui est plus inquiétant
42:32moi je trouve
42:33pour l'instant
42:33c'est qu'il y a une bulle
42:34en IA
42:34puisqu'il n'y a pas
42:35de business model
42:36alors là
42:37Google il y avait des pubs
42:39enfin voilà
42:39il faut quand même
42:40c'est vrai que pour l'instant
42:40c'est beaucoup d'investissement
42:41et on a déjà
42:43des prémices
42:44de l'explosion
42:45de cette bulle
42:45puisqu'on voit bien
42:46qu'il y a des boîtes
42:48qui ont des problèmes
42:48mais ils n'ont aucune
42:50rentrée d'argent
42:50ils mettent des milliards
42:51sur la table
42:52il n'y a aucune
42:53rentrée d'argent
42:53en face
42:54rien
42:54il y a beaucoup de promesses
42:55pour l'instant
42:56effectivement
42:56il y a deux choses
42:57quand même
42:58quand on regarde
42:59les chiffres
43:00il y a
43:00alors bien sûr
43:01on détruit
43:01mais on l'a créé aussi
43:02quand vous regardez
43:03les chiffres
43:03au niveau européen
43:04on est un des pays
43:05en France
43:05où il y a eu
43:06à peu près
43:07le plus de création
43:07d'emplois
43:08on est à peu près
43:08à 160 000
43:09alors qu'en Allemagne
43:10on est à deux fois moins
43:12l'Italie aussi
43:13donc on voit
43:13qu'on est assez bien
43:15positionné
43:15alors pas comme
43:16les Etats-Unis
43:16bien sûr
43:17mais quand même plus
43:18et que quand on regarde
43:19justement
43:19ces gains de productivité
43:20c'est qu'en effet
43:21ça augmente plutôt
43:23le travail
43:23et la capacité
43:24alors quel que soit
43:25votre travail
43:26si encore une fois
43:26c'est bien utilisé
43:27donc à mon sens
43:28le débat c'est beaucoup plus
43:29la formation
43:30et l'appropriation
43:31de cette technologie
43:32que le fait
43:34de la destruction
43:35bien sûr
43:35que ça aura des gains
43:36de productivité
43:36là je suis d'accord
43:37avec vous
43:37c'est qu'on ne sait pas dire
43:39combien exactement
43:39à combien de temps
43:40c'est pas stabilisé
43:42encore
43:42non mais le débat existe
43:43on a deux Nobel
43:44de l'économie
43:45assez mogou d'un côté
43:46Philippe Pagno
43:46mais ils ont des positions
43:48différentes
43:49j'adore les universitaires
43:50heureusement
43:50c'est parce qu'ils ont justement
43:51tous les données etc
43:53donc c'est d'autres
43:54en plus
43:54heureusement
43:55heureusement
43:56que c'est des universitaires
43:57extéroïdes
43:58de recherche problématique
43:59ou pas
44:00c'est quand même
44:01on parle d'un prix Nobel
44:02donc bon
44:03mais je respecte
44:03c'est pas le sujet
44:04c'est parce que c'est un prix Nobel
44:05il y a aussi
44:06il y a eu des erreurs
44:07c'est parce que c'est scientifique
44:09il y a eu des erreurs
44:09par le passé
44:10on a deux prix Nobel
44:11qui disent deux choses différentes
44:12c'est bon
44:13et plutôt sur une déception
44:15Philippe Pagno
44:15et là vous avez raison
44:16il y a eu un rapport
44:17mais les deux sont vrais
44:19il y aura des emplois détruits
44:20forcément
44:20mais ça veut pas dire
44:21que c'est mauvais
44:22pour la société
44:23ça libère du temps
44:24pour faire autre chose
44:25si vous arrivez à s'habiller
44:26c'est quand même un problème
44:27en tout cas je pense
44:28que c'est une conscience
44:29d'anticipation
44:29et juste pour finir
44:30sur l'investissement
44:31oui avant de passer à Yann Lequin
44:32on continue sur l'IA
44:33je pense que là aussi
44:34c'est un prix très européen
44:35quand vous allez vraiment
44:35aux Etats-Unis
44:36derrière l'IA
44:37il y a la souveraineté
44:38il y a la concurrence
44:39avec la Chine
44:39donc ils continueront
44:40d'investir des milliards
44:41même s'ils perdent de l'argent
44:42parce que c'est pas ça
44:43leur finalité
44:43bien sûr ils veulent gagner
44:44de l'argent
44:44mais il y a autre chose
44:46et il y a vraiment
44:47les questions de souveraineté
44:48derrière
44:48et notamment
44:48et pour la première fois
44:50les milliards arrivent
44:51en Europe
44:52parce que c'est vrai
44:52qu'on avait un peu l'impression
44:54d'être très en arrière
44:57en arrière de la main
44:58sur la course à l'IA
44:59effectivement
45:00entre les Etats-Unis
45:01et la Chine
45:02alors on avait Mistral
45:03effectivement
45:04qui essayait de défendre
45:06le champ
45:06mais enfin
45:06les valorisations
45:07n'étaient franchement
45:08pas les mêmes
45:08jusqu'à ce que Yann Lequin
45:10arrive
45:11et change
45:12peut-être la donne
45:13c'est un point d'interrogation
45:14Yann Lequin
45:16change-t-il
45:16la donne française ?
45:18Je voudrais citer
45:19Rémi Godot
45:19ce matin
45:20dans l'Opinion
45:20qui explique que
45:21le lauréat
45:22Dupri Turing
45:24il part évidemment
45:24de Yann Lequin
45:26démontre que
45:26dans la bataille
45:27sino-américaine
45:28pour la domination
45:29dans l'IA
45:29rien n'est acquis
45:31le génie humain
45:32peut disrupter
45:33le plus coriace
45:34des adversaires
45:36alors la question
45:37à chacun de mes
45:38trois invités
45:39il est 10h48
45:40on a une petite
45:41dizaine de minutes
45:41pour traiter le sujet
45:42est-ce que Yann Lequin
45:43va changer
45:44la donne française
45:46et peut-être
45:46même européenne
45:47c'est la plus importante
45:48opération
45:49d'amorçage
45:50jamais réalisée
45:51sur le vieux continent
45:521 milliard de dollars
45:53levé
45:54pour
45:55AmiLabs
45:55Emmanuel Auriol
45:56je commence par vous
45:57alors Yann Lequin
45:59c'est un mathématicien
46:00et lui ce qu'il dit
46:01c'est que les LLM
46:03on a atteint
46:04un plafond
46:05donc ça ne peut plus évoluer
46:06donc tes larges
46:07modèles de langage
46:08qui sont la base
46:09du langage
46:10de l'IA
46:11actuel
46:12pour lui
46:12ces trucs-là
46:15ça plafonne
46:15ça ne va plus évoluer
46:17vraiment
46:17et donc lui ce qu'il propose
46:18c'est pour ça qu'il a levé
46:19un milliard
46:19il était chez Meta
46:21avant
46:21le prix Turing
46:22c'est un prix Nobel
46:23pour les LIA
46:24donc c'est vraiment un génie
46:25les génies à la française
46:26c'est l'arbre qui cache la forêt
46:28parce qu'on a encore
46:29une petite couche
46:31d'élite merveilleuse
46:32et puis bon
46:33malheureusement
46:33le reste
46:34ne la suit pas derrière
46:35et donc
46:36lui ce qu'il propose
46:37moi je ne comprends pas
46:39évidemment ce qu'il propose
46:40mais c'est de développer
46:41un nouveau modèle
46:42d'IA
46:42un truc vraiment plus intelligent
46:44et du coup
46:45c'est pour ça
46:45que ça pourrait changer la donne
46:47parce que c'est basé chez nous
46:48et voilà
46:49et donc
46:49on voit bien
46:50que ce n'est pas stabilisé
46:51tout ça
46:51c'est émerveillant
46:53d'utiliser l'IA
46:56quand on l'utilise
46:57mais d'après lui
46:59on peut faire
46:59vraiment
47:00beaucoup mieux
47:00alors son idée
47:02c'est de dépasser
47:02l'algo
47:03qui analyse
47:05des chiffres
47:06pour
47:07les images
47:07analyser les images
47:09et le monde
47:09comme un humain
47:10qui est un peu
47:11comme un humain
47:14est-ce que ça vous donne
47:15de l'espoir
47:15l'arrivée de Yann Leca
47:16en France
47:17par rapport à notre débat
47:18précédemment
47:18que déjà
47:19comme vous l'avez dit
47:20rien n'est fixé
47:20donc là on est dans
47:21des transitions
47:22et c'est pour ça
47:22que les Etats-Unis
47:24la Chine
47:24enfin tout le monde
47:25a continué d'investir
47:25massivement
47:26parce que le but
47:27c'est de trouver
47:27ou d'être le premier
47:28donc voilà
47:29là c'est vraiment
47:30un impôt sur l'espoir
47:31on continuera
47:32on n'est pas dans la rationalité
47:33je mets un pour avoir deux
47:35dans trois jours
47:35c'est pas du tout ça
47:36donc ça
47:37ça va vraiment continuer
47:38c'est formidable
47:38puisqu'en effet
47:39c'est en Europe
47:41donc on voit
47:42qu'alors qu'on n'a pas du tout
47:43les degrés d'investissement
47:44de financement
47:45etc
47:45c'est possible
47:46donc là c'est tout à fait concret
47:47alors tout de suite
47:48on va dire
47:48oui mais c'est une personne
47:49etc
47:49on va faire
47:50les rabats-joies
47:51et les râleurs
47:52et c'est beaucoup de financement
47:54exactement
47:54mais bon
47:55voilà
47:55ça reste quand même
47:56en Europe
47:57donc c'est pas grave
47:58et puis surtout
47:59ça donne
47:59si on est justement
48:00dans un nouveau modèle
48:02une nouvelle donne
48:03c'est-à-dire qu'on n'est pas
48:04dans la concurrence
48:05voilà
48:06totale Chine-US
48:07où là
48:07comme il l'a dit
48:08bon ben voilà
48:09c'est plié
48:10entre guillemets
48:11donc il y a vraiment
48:11quelque chose de nouveau
48:12et donc là
48:13les cartes sont rabattues
48:15et donc voilà
48:15peut-être que
48:16pour l'Europe
48:17je ne dis pas
48:17qu'on va surpasser
48:19la Chine et les Etats-Unis
48:20mais en tout cas
48:20il y a un chemin
48:22donc vraiment
48:22et en plus
48:23par rapport à ce qu'on a dit
48:24tout à l'heure
48:25il y a quand même
48:26un business model derrière
48:27puisque l'objectif
48:28si j'ai bien compris
48:29de Ima
48:31Ami
48:31c'est de développer
48:33quand même des applications
48:33pour les entreprises
48:34donc là ils vont payer
48:35parce qu'il y a quand même
48:36la question de qui va payer
48:38cet investissement
48:39il faut que ce soit rentable
48:40à la fin
48:40pour l'instant
48:41je répète ça
48:41ça pose la question
48:42du business model
48:43effectivement
48:44au moins là il y en a un
48:45c'est de développer
48:46des choses
48:47pour les entreprises
48:47c'est ça
48:48c'est d'être moins large
48:49les grands
48:50les modèles
48:51parlent à tout le monde
48:52là ça serait ciblé
48:53sur les besoins
48:54de telle ou telle entreprise
48:56tel ou tel secteur
48:56et après adapter au secteur
48:58ça peut être
48:58Pascal Delima
48:59et en plus là on a un vrai
48:59avantage comparatif
49:00puisque ça se distingue
49:01effectivement
49:03de Google, Mines
49:04enfin voilà
49:04de tout ce qui se fait
49:05aux Etats-Unis
49:06on a vraiment la possibilité
49:07d'avoir un avantage comparatif
49:08avec une IIA
49:09qui a vocation
49:10à être ancrée
49:11dans le monde réel
49:12d'interagir
49:13avec le monde réel
49:14de pouvoir optimiser
49:16un certain nombre
49:17de ressources
49:18que ce soit
49:18l'électricité un jour
49:19probablement
49:20je l'espère
49:20et donc
49:21on pourrait arriver
49:23à un véritable
49:24avantage comparatif
49:25parce que là par contre
49:27on a quelque chose
49:28de massif
49:29et donc il faut
49:30derrière toute l'économie
49:32du ruissellement
49:32aussi qui s'enchaîne
49:34pour pouvoir justement
49:35créer une filière
49:36où on serait enfin
49:37un petit peu
49:38parce que si c'est pour imiter
49:39vous savez
49:39c'est pas très intéressant
49:41ce qui est intéressant
49:42c'est
49:42c'est l'innovation de rupture
49:43et puis ensuite
49:44encore une fois
49:44l'essentiel sera
49:45sur le marché du travail
49:46il y a encore
49:47des barrières institutionnelles
49:48il y a encore
49:48un certain nombre de choses
49:49à lever en France
49:50et en Europe
49:50pour que ça aille
49:51un petit peu plus vite
49:53et avec ça
49:54moi j'ai beaucoup d'espoir
49:54on a des cartes à jouer
49:55Emmanuel Lariol
49:56sur l'innovation de rupture
49:57en Europe encore
49:58ou ils sont tous partis
49:59dans la Silicon Valley
50:00aux Etats-Unis
50:00comme l'évoquait Anne-Sophie
50:02en fait
50:03on a un gros problème
50:03on a fait des erreurs
50:05je pense après-guerre
50:06on n'a pas créé
50:06de fonds de pension
50:07on a créé
50:08des retraites
50:09par répartition
50:09c'était des erreurs
50:11à plein de niveaux
50:11parce que ça ne tient pas compte
50:12des contraintes démographiques
50:14ça crée des problèmes
50:15politiques insurmontables
50:16et en plus
50:17il n'y a pas de capital
50:18ça allait dans l'après-guerre
50:19quand on avait
50:20beaucoup plus de jeunes
50:21que de seniors
50:22et là ça se retourne un peu
50:23parce que non
50:24il y en avait plein
50:24qui n'avaient pas cotisé
50:25donc on aurait mieux fait
50:27d'emprunter
50:27de leur donner des cotisations
50:28enfin bon
50:29c'est trop tard
50:30et le fait est que du coup
50:31on n'a pas de fonds de pension
50:32très bien dotés
50:33en fait ça enlève
50:34cette hausse
50:35donc on a un problème
50:36de financement
50:37c'est ça le sujet
50:38ah oui vraiment
50:39alors comment on passe
50:40voilà les licors
50:41on n'en a pas
50:41parce qu'il faut un milliard
50:42mais qui c'est qui peut mettre
50:43un milliard
50:43enfin chez nous
50:44c'est compliqué
50:45on a quand même
50:46quelques licors
50:47il ne faut pas être
50:48pessimiste
50:48et on en a de plus en plus
50:51mais beaucoup moins
50:52évidemment
50:53cette licorne là
50:54elle est financée
50:54beaucoup par l'extérieur
50:55je veux dire
50:56c'est vraiment un souci
50:57voilà
50:58donc moi je pense
50:58que c'est compliqué
50:59effectivement
51:00plus la fragmentation européenne
51:02qui est une autre difficulté
51:04que n'a pas les Etats-Unis
51:05par exemple
51:06il y a quand même aussi
51:07je pense que
51:09comme on le dit
51:09on a quand même
51:10de l'épargne
51:10d'ailleurs qui finance
51:11beaucoup de choses
51:12beaucoup d'entreprises
51:12on a quand même aussi
51:13le problème de la réglementation
51:15notamment sur le financement
51:16de l'innovation
51:17en effet
51:17que soit les fonds
51:18les banques
51:18doivent avoir
51:19énormément de capitaux propres
51:20ont énormément de contraintes
51:22pour financer justement
51:23ce qui est plus risqué
51:24donc ça
51:25c'est aussi avoir
51:25un débat peut-être
51:26au niveau européen
51:27de dire
51:27ben voilà
51:28il y a des transitions
51:29peut-être que dans certains secteurs
51:30on peut avoir cette réflexion
51:31c'est pas ce qu'on
51:32mais c'est ça qui est argent
51:33on a les fonds
51:34vous nous dites qu'on a les fonds
51:35on a les cerveaux
51:36et on se tire des balles dans le pied
51:38avec la réglementation
51:39les français
51:41les français
51:42épargnent énormément
51:42ils ont une épargne énorme
51:44mais c'est le bas de laine
51:45c'est le livret A
51:46c'est ça
51:46bon alors
51:47il y a plus d'assurance vie
51:49maintenant
51:49oui l'assurance vie
51:50mais tout ça
51:51on a besoin d'un petit pourcentage
51:53on n'a pas besoin
51:546 000 milliards d'épargne
51:55il y a des français
51:56c'est vrai qu'on pourrait
51:57en mettre un peu d'avant
51:57c'est juste une petite partie
52:01dont on a besoin
52:02mais encore une fois
52:02il y a des aspects réglementaires
52:04qui existent
52:04on comprend
52:05qui sont là pour protéger l'épargne
52:06il n'y a pas de sujet
52:07mais qui sont assez lourds
52:08notamment par rapport
52:09à nos concurrents internationaux
52:10et donc on se dit
52:11dans certains segments
52:12peut-être qu'on pourrait avoir
52:13de la souplesse
52:14des visibilités
52:14donc évidemment
52:15la commission européenne
52:16a quand même conscience de ça
52:17ça réveille un peu
52:18bon on attend toujours
52:19l'application du rapport de Réguy
52:20on espère
52:20on attend depuis 15 ans
52:21mais voilà
52:22là on voit que ça s'accélère
52:23donc comme vous le dites
52:25c'est quand même très rageant
52:26alors qu'on a quand même
52:27des stocks d'épargne importants
52:29qui financent l'économie
52:30mais c'est vrai
52:31que sur cette innovation de rupture
52:32on a un gap par rapport aux US
52:35et même quand aux US
52:36en effet les entreprises
52:37sont financées
52:37ont de l'argent américain
52:38qu'est-ce qui est écrit
52:39sur leur contrat
52:40venez vous coter
52:41aux Etats-Unis
52:42on a ça en Europe
52:43il n'y a rien
52:44on bat du contrat
52:44vous allez où vous voulez
52:45et qu'est-ce qui s'est passé
52:46au niveau de l'intégration
52:47des systèmes financiers en Europe
52:49et le développement du capital
52:50on attend toujours
52:51pour l'union des marchés de capitaux
52:52effectivement
52:53il fait 15 ans qu'on en parle
52:55c'est ça le sujet
52:57c'est le grand sujet
52:59évidemment
53:00l'un de belles émissions
53:01peut-être oui
53:02ça on aura le temps
53:02de faire encore
53:04pas mal d'émissions
53:06sur le sujet
53:07n'empêche que
53:08je retiens
53:09tous les trois
53:09vous êtes d'accord
53:10pour dire que
53:11l'arrivée de Yann Lequin
53:12est un peu un game changer
53:13quand même
53:13on a la plus grande
53:14levée
53:15complètement
53:15dite levée A
53:16sur les marchés
53:18c'est plutôt
53:20une très
53:21très
53:22très bonne
53:22nouvelle
53:23donc on
53:24les félicite
53:25est-ce que
53:26c'est important
53:27que la place de cotation
53:28on en terminera par là
53:29se fasse
53:30si un jour
53:31il y a cotation
53:32en France
53:33ou ailleurs
53:35parce qu'il a
53:36évidemment
53:36des bureaux
53:37à Boston
53:37à Sankerpour
53:39je le dis
53:40quand il y a vraiment
53:40de l'argent américain
53:41tout de suite
53:42on dit très bien
53:42que vous avez de l'argent américain
53:43mais vous cotez
53:44aux Etats-Unis
53:45alors bien sûr
53:46on dit oui
53:46si on fait ça pour l'Europe
53:47comme on n'a pas la même
53:48profondeur de marché
53:49on ne sera pas attractif
53:50etc
53:50oui mais c'est un peu
53:51un serpent qui se mord la queue
53:52parce que si on ne le fait jamais
53:53vous n'aurez jamais la profondeur
53:54donc c'est sûr que
53:55vous n'y arriverez pas
53:56donc là
53:56c'est vrai que
53:57bon après
53:58moi je ne suis pas spécialiste
53:59par rapport à ce dont il a besoin
54:00d'investissement
54:01pour que l'innovation
54:02soit financée
54:03il n'y a pas encore
54:04de toute façon
54:04parce qu'il n'y a pas encore
54:05de débouchés effectivement
54:06c'est vrai que ce serait
54:07vraiment la recherche
54:08la recherche
54:09pour l'Europe
54:12ce serait un signal
54:13fantastique
54:14Paris-Francfort-Londres
54:15même s'il y a eu le Brexit
54:16bon c'est quand même
54:17des places puissantes
54:18exactement
54:20Euronext
54:20et oui
54:21bien sûr
54:22en force
54:22la souveraineté européenne
54:24y compris dans l'IA
54:25merci
54:25merci à tous les trois
54:27Emmanuel Auriol
54:28Pascal Delima
54:29et Anne-Sophie Assis
54:30pour cette émission
54:30passionnante
54:31disponible
54:32en podcast
54:33et replay
54:34sur l'application
54:35BFM Business
54:36sur le site
54:37bfmbusiness.com
54:38et sur toutes les
54:39plateformes de podcast
54:40à propos de podcast
54:42justement
54:43ne ratez pas
54:44le monde qui bouge
54:45le nouveau podcast
54:47géopolitique
54:48de BFM Business
54:49disponible
54:50à partir de midi
54:52et demi
54:52également
54:53sur l'application
54:54BFM Business
54:55sur le site
54:55et sur toutes les
54:56plateformes
54:56de distribution
54:58tout de suite
54:58c'est tout pour investir
55:00animé par Antoine
55:01Larigauderie
55:02quant à moi
55:03je vous retrouve
55:04demain
55:04même heure
55:05même endroit
55:0610h-11h
55:07en direct
55:07sur BFM Business
55:08pour les experts
55:09très bonne journée
55:10à tous
55:14les experts
55:15débats et controverses
55:17sur BFM Business
55:17BFM Business
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