00:00Le sommet de la communauté politique européenne à Erevan, en Harmonie, c'était jusqu'à hier.
00:05Et il y avait un invité exceptionnel, Marc Carnet.
00:08C'est la première fois qu'un dirigeant non-européen est invité à ce forum.
00:11On va en parler avec Roland Gillet.
00:12Bonjour, vous êtes professeur d'économie financière à l'université Paris 1,
00:15Panthéan-Sorbonne et à l'université libre de Bruxelles.
00:19Un invité exceptionnel qui parfois est considéré comme plus européen que les Européens lui-même.
00:25Enfin, on se souvient à Davos, il avait secoué le cocotier.
00:27Là, c'est un peu pareil, il a un discours presque espéré par les Européens.
00:32Comment vous regardez sa présence à ce sommet ?
00:34D'abord, il a vraiment marqué, je vais dire, le fait qu'il a compris que même si les Américains
00:40disent des choses désagréables,
00:42et déjà depuis un certain temps, jusqu'à dire à un moment donné qu'on pourrait prendre le Canada d
00:48'une manière ou d'une autre,
00:49clairement, il est dans une volonté de trouver des alliés, comme nous, on est aussi dans une volonté de trouver
00:54des alliés.
00:54Donc, il faut quand même remettre ça dans un contexte global où on a...
00:57On a besoin l'un de l'autre.
00:58Oui, bien sûr.
00:59Et ici, c'est un signe fort qui montre, encore une fois de plus aux États-Unis, plus qu'à
01:04Trump,
01:04parce que je pense qu'on le lui a dit des deux côtés, qu'il faut qu'il arrête toujours
01:08de nous secouer.
01:09Sinon, on voudra s'allier sans lui.
01:11Mais de nouveau, vous voyez, il y a toujours l'OTAN qui se cache là-derrière.
01:14C'est, à mon avis, par hasard que ça s'est fait en Arménie.
01:17Et on voit quand même que dans le budget de l'OTAN encore aujourd'hui, sans les États-Unis, je
01:21n'ai pas dit sans Trump,
01:22on va devoir mettre encore beaucoup, beaucoup, beaucoup plus d'énergie, si on veut assurer.
01:26Et vous avez vu, ce n'est pas pour rien que le programme SAFE, on en a parlé, donc sur
01:30la sécurité,
01:30où il pourrait éventuellement collaborer.
01:32C'est toujours cette idée de sécurité et d'alliance,
01:35qui, bien entendu, pour se faire dans un bon contexte,
01:40prend aussi la coopération et l'économie.
01:42Et je pense que c'est le tout qui est lié,
01:44mais c'est de montrer qu'on se cherche au sein des membres de l'OTAN,
01:47mais pas que, à trouver des partenaires qui sont moins secouants,
01:50beaucoup plus dans la logique de l'amitié que ne le sont les Américains pour le moment.
01:53Anaïs, Marc Carnet a parlé hier d'une autre voie qui existe, selon lui.
01:57Ça renvoie toujours à cette idée des puissances moyennes dont il avait parlé en début d'année.
02:00Est-ce que vous voyez que ça avance depuis le début de l'année ?
02:04Ça avance doucement, mais ça avance.
02:06Et de toute façon, on n'a pas beaucoup le choix,
02:07puisqu'on voit que le discours américain reste quand même dans la même logique.
02:11Il y a la guerre en Iran et le détroit d'Hormuz qui viennent d'en rajouter une couche.
02:15Mais on voit quand même que derrière, c'est clair que pour le moment,
02:19je vais dire les médias internationaux,
02:20ils regardent surtout ce que Donald Trump fait ou ne fait pas.
02:22Ils regardent aussi ce qui se passe de manière générale sous la houlette des Américains.
02:26Et regardez encore les marchés financiers pour le moment.
02:29Ils ont l'air plutôt de penser que ça va finir correctement.
02:33Parce qu'il y a beaucoup de nuages qui s'amoncèlent,
02:35mais l'orage ne semble pas leur première logique.
02:38Et donc, il y a quand même cette volonté de dire,
02:40les États-Unis comptent pour beaucoup.
02:42Le plus grand acteur qui leur fait peur,
02:46et pas depuis hier, c'est la Chine.
02:47Et les Européens sont coincés, comme le Canada,
02:50dans des discussions où ils essayent de montrer qu'ils existent aussi.
02:52On en est là.
02:53Progrès considérable, on dit Donald Trump aujourd'hui sur la fin de la guerre.
02:57On en reparlera dans le journal de 7h30.
03:00Vous disiez, ce n'est pas pour rien que c'est en Arménie.
03:01Il y a un sujet pivot autour de l'Arménie.
03:03Oui, parce que vous voyez qu'il y a ce volet aussi de dire,
03:06pourquoi est-ce qu'on...
03:07Ça, c'est par rapport à la Russie, pour le coup.
03:09Et par rapport à la guerre en Ukraine.
03:11Vous avez d'ailleurs que le sujet était sur la table,
03:13aussi avec ma carnet, de la guerre en Ukraine.
03:15Donc, on soutient l'Ukraine.
03:16Et donc, clairement, ici, c'est de dire,
03:18est-ce qu'on ne peut pas aussi jouer des coups
03:20pour montrer qu'on a compris aussi les difficultés du peuple arménien ?
03:23On sait aussi ce qu'on pourrait essayer de faire,
03:25pour essayer de faire un peu boucher la Russie.
03:27Vous avez vu d'ailleurs que de l'autre côté, lui, par contre, Poutine,
03:29les résultats ne sont pas bons dans sa popularité dans son pays.
03:34On voit que les résultats,
03:36puisque c'est un peu ce que comptaient les Européens,
03:38de tous les blocages qui ont été faits,
03:40les embargos contre les produits russes,
03:43et aussi le fait que, pour le moment,
03:45ils pensaient qu'ils allaient pouvoir fournir du carboné.
03:47Vous avez vu que maintenant, les drones attaquent, justement,
03:49cette possibilité à Moscou de récupérer de l'argent
03:52pour continuer la guerre.
03:53Donc là, pour le moment, on voit que Poutine est un peu en faiblesse.
03:55Donc je trouve que c'était intelligent d'aller faire cette réunion.
03:59Par contre, de voir si l'Arménie est dans les conditions
04:01pour un jour rentrer dans l'Union européenne,
04:04est-ce que ce serait une bonne idée pour le moment d'en remettre ?
04:06On n'en est pas là, mais on a une sorte de rapprochement.
04:07Oui, bien sûr, bien sûr.
04:08Et je pense que c'était un signe fort de faire cette réunion-là.
04:11Annalisa ?
04:12L'autre sujet sur la table des Européens,
04:14des Européens au niveau global, c'est le sujet militaire.
04:16Les États-Unis ont annoncé qu'ils vont retirer des soldats d'Allemagne.
04:19Pour l'instant, 5 000 au moins.
04:21Les Allemands ont l'air de dire que pour l'instant, ça va,
04:22c'était prévisible, ce n'est pas si grave que ça.
04:25Et en même temps, qu'est-ce qu'on peut faire sans les Américains
04:27dans le domaine militaire ?
04:28Est-ce que c'est là le moment de faire naître une défense européenne ?
04:31Oui, ce n'est pas nécessairement mon préféré,
04:34parce que je me souviens d'épisodes quand il était Premier ministre hollandais,
04:38c'est Marc Rutte, sur la sévérité et la manière dont il a parfois maltraité
04:41également dans les problèmes de l'Union économique certains pays, dont la Grèce.
04:45Mais ici, quand il dit des choses, c'est quelqu'un de four factuel.
04:47Et c'est vrai qu'aujourd'hui, il est secrétaire général de l'OTAN,
04:50il sait que sans les Américains, il ne restera pas longtemps.
04:52Des chiffres et les chiffres, sauf qu'ils sont faux ou qu'ils sont vrais,
04:55mais il semble quand même que personne ne les remet en cause.
04:57C'est de l'ordre de 75% qui vient en cours de budget américain.
05:00Vous imaginez que Trump soit le président des États-Unis ?
05:04C'est une chose, mais que les États-Unis soient les États-Unis,
05:06sans parler de leur suprématie sur la technologie qui va derrière,
05:10depuis SpaceX éventuellement demain, jusqu'à Starlink,
05:12jusqu'à tout ce qui fait voler, quand même on sait que d'avoir la suprématie du ciel,
05:15c'est très important, c'est quand même américain.
05:18Et donc clairement, il faut faire attention de dire, on fait d'abord 25%,
05:21on n'a pas payé notre cotisation, vous savez qu'on est membre d'un club de tennis,
05:25qu'on ne les paie pas généralement, entre 2014 et 2026, on a des problèmes bien avant.
05:30Nous, on s'est assis dessus, mais on était très diplomates en disant,
05:32on va le faire, mais on ne le faisait pas.
05:34Aujourd'hui, Trump est évidemment très agressif,
05:37mais il vient avec une logique quand même de dire,
05:39écoutez, les ennuis pour le moment, ce n'est pas sur notre territoire, c'est en Ukraine.
05:43Vous n'avez pas voulu nous écouter aujourd'hui,
05:45vous avez même prévenu que les Russes un jour attaqueraient l'Ukraine, vous disiez que non.
05:48Donc, ils sont sur le volet, faites quelque chose.
05:51Maintenant, si on fait quelque chose, je comprends que le signe pour nous pousser
05:54à encore en faire un peu plus, ça c'est plutôt tactique,
05:56c'est-à-dire on tire 5000 hommes, mais ce n'est pas ces 5000 hommes-là
05:59qui font qu'on se sent plus fort par rapport aux Russes ou pas.
06:02C'est plus des signaux, mais je pense que tout ça va dans une optique où,
06:06et ce n'est pas pour rien non plus que le programme CF est venu sur la table
06:08avec les Canadiens, c'est de dire, messieurs, jouez un rôle important, significatif,
06:14d'autant plus qu'il y a des conflits un peu partout,
06:16et c'est toujours les Américains qui y vont,
06:17et vous êtes très forts dans la critique quand il se passe quelque chose
06:20qui ne tourne pas comme on voulait au début.
06:22Donc, vous avez vu d'ailleurs ce que Trump répond
06:24à ses principaux alliés en Europe, dont Mélanie.
06:26Vous voyez, aujourd'hui, il devient agressif en disant,
06:28quand j'ai besoin de vous, là, à ce moment-là, non,
06:30mais sur les idées de départ, extrême droite ou pas,
06:33ça, ce n'est pas le problème, vous êtes d'accord avec moi,
06:35mais quand il s'agit d'y aller, quand même, on sent que,
06:38alors vous allez me dire, maintenant, mais il a été se mettre en Iran,
06:40il n'a pas demandé aux autres,
06:41mais il y a quand même ce volet où on sent que les Américains
06:44sont vraiment dans une logique d'attente,
06:47de collaboration sur le thème militaire,
06:49même quand les Européens ne sont pas autour de la table,
06:51et de l'autre côté, ils nous le font sentir très vite,
06:53qui sont quand même les plus forts,
06:54notamment pour les problèmes de défense.
06:56Merci beaucoup, Roland Gillet, d'être venu ce matin
06:58dans la matinale de l'économie.
06:59Merci beaucoup, Roland Gillet, d'avoir regardé cette vidéo !
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