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  • il y a 17 minutes
Ce jeudi 15 janvier, Roland Gillet, professeur d'économie financière à l'Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, était l'invité d'Annalisa Cappellini dans Le monde qui bouge - L'Interview, de l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier. Il a salué l'envoi des troupes françaises au Groenland, qui témoigne de la volonté des pays européens de s'unir pour faire obstacle à l'annexion américaine et pour défendre l'équilibre territorial de l'Europe. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Roland Gillet, bonjour professeur d'économie financière à l'université Paris 1,
00:03Panthéon Sorbonne à l'université libre de Bruxelles.
00:06Roland, l'Europe est attaquée de toutes parts.
00:08Désormais c'est le Groenland, mais on est détesté par Donald Trump.
00:13Donc après les droits de loine, c'est les questions territoriales.
00:15On est obligé de montrer les crocs face à l'impérialisme russe.
00:18On a les Chinois, on essaye de se défendre ce matin.
00:21La France, la Suède, l'Allemagne, la Norvège envoient des troupes au Groenland.
00:25On envoie des troupes, on en est là ce matin.
00:27C'est quand même assez surprenant, est-ce que c'est une bonne chose ?
00:30Je pense que c'est une bonne chose de montrer en tous les cas notre solidarité au Danemark
00:34et surtout notre non-solidarité, même si le personnage est difficile, Trump,
00:40à ce qu'il veut faire.
00:41Mais vous avez vu que pour moi, c'est toujours ce que je dis par rapport à Trump.
00:44Le danger pour Trump vient bien entendu aussi de nos réactions,
00:48mais il vient surtout de ce que pensent les Américains.
00:49Pour le moins, il n'y en a pas un sur cinq qui est d'accord avec ce qu'il fait
00:53et les efforts qu'il fait pour prendre le Groenland de cette manière-là.
00:55Et même au sein des siens, des Républicains, ils sont quand même sur le sujet.
01:00Là, on va quand même beaucoup trop loin.
01:01Donc, on verra jusqu'où il peut aller d'abord par le soutien qu'il a aux États-Unis.
01:06Et deux, je trouve qu'il est très intelligent ici, c'est que les forces de l'OTAN,
01:10puisque c'est de ça qu'il parle, vous avez vu qu'il a toujours besoin d'expliquer aux Américains,
01:14un peu comme le font toujours les dirigeants dans ces moments-là,
01:17c'est qu'il y a un risque, un danger,
01:19et que donc, pour des raisons de souveraineté nationale, on va avoir des problèmes.
01:22Je ne vois pas depuis très longtemps des bateaux, comme on voit autour de Taïwan et ainsi de suite,
01:28autour du Groenland.
01:29Alors qu'il y a un sous-sol, compliqué d'ailleurs, avec par exemple des terres rares,
01:36il y a de l'or, il y a de zinc, il y a différentes choses intéressantes,
01:40au niveau des côtes essentiellement,
01:42mais pour le reste, s'il y a un peu de pétrole ou s'il y a du gaz, c'est en mer.
01:44Donc clairement, l'enjeu de le faire porter sur le côté risque de souveraineté nationale
01:49est le seul qui peut mettre en avant, pour un peu sa volonté,
01:53de conquérir autour des États-Unis en cours des terres,
01:56comme il y a eu à un moment donné un accord sur l'Alaska il y a très longtemps.
01:58Mais clairement, aujourd'hui, c'est une très bonne idée,
02:00puisque la protection, c'est l'OTAN qui l'assure,
02:03de voir d'abord que le Danemark réagit en disant
02:05qu'on a quand même mis 12 milliards sur la table,
02:08et l'année dernière pourrait investir et protéger,
02:11ou en tous les cas gérer le Groenland,
02:12et deux, envoyer des Européens tout de suite en disant
02:16si c'est une question de peur,
02:17eh bien on va envoyer des troupes, on va protéger,
02:20mais il n'y a aucune raison de changer.
02:21Et en plus, je rappelle, c'est le dernier point,
02:23ils ont déjà une base militaire américaine au Groenland,
02:26donc quel est le risque actuel ?
02:27Annalisa ?
02:28Le vice-chancelier allemand dit que la relation transatlantique
02:31est en train de se dissoudre.
02:34Est-ce qu'on est prêt à faire fissurer cette relation
02:36qui nous protège depuis des décennies sur le Groenland ?
02:39Vous voyez bien, nos moyens sont à la hauteur
02:42de ce qu'on peut faire aussi.
02:43Et dans la durée, même si au niveau de l'Ukraine,
02:46quand on se réarme, c'est très bien d'y mettre les moyens,
02:48mais vous savez que ça met du temps.
02:50Or, la guerre en Ukraine, elle est déjà là.
02:52Et si on continue, ça va encore faire beaucoup de morts,
02:54avant qu'on ne puisse être crédible,
02:56notamment pour une guerre conventionnelle.
02:57Donc clairement, on a besoin des Américains.
03:00Même le président ukrainien,
03:01qui s'en est pris plein le nez à différents moments,
03:03a compris que sans l'aide américaine,
03:04et surtout l'aide du matériel américain,
03:07c'est très compliqué.
03:07Et évidemment, Trump joue là-dessus.
03:09Il sait qu'on ne peut pas se fâcher avec lui,
03:11ou en tous les cas, si on se fâche,
03:12ça va être très, très, très difficile pour nous.
03:15Et pas que sur le plan, d'ailleurs, géopolitique,
03:17mais également sur le plan économique,
03:19vu ce que représentent aujourd'hui les États-Unis
03:21dans différents domaines.
03:22Donc clairement, il joue là-dessus.
03:24Maintenant, est-ce que tous les Américains,
03:25et même au niveau des Républicains,
03:27moi j'ai beaucoup d'amis là-bas,
03:28qui sont républicains,
03:29mais qui ne sont pas du tout pro-Trump,
03:31aujourd'hui, parce qu'il va trop loin.
03:33Mais comme on sait qu'il a une capacité
03:35à vers 180 degrés,
03:37et dire parfois sur un conseiller
03:38que c'est le conseiller qui l'a mal conseillé
03:41à le mettre dehors,
03:42j'attendrai quand même de voir la suite.
03:43Mais sur l'OTAN, Roland,
03:44il y a quelque chose qu'on ne comprend plus,
03:45parce que ce matin,
03:47on dit que c'est au nom de l'OTAN
03:49que les forces européennes vont être sur place.
03:51Donald Trump lui dit
03:52que c'est justement pour aider l'OTAN
03:54qu'il va y aller.
03:55Donc tout le monde est de l'OTAN,
03:56là-dedans,
03:57mais les uns sont contre les autres.
03:58Mais c'est encore le seul point commun
04:00qu'on a dans ce que veut faire Trump.
04:02Parce que c'est clair que
04:03quand il veut faire une OPA finalement
04:05sur un territoire qui n'est pas le sien
04:06et qui n'est pas sous son contrôle,
04:08la seule manière de faire,
04:09puisqu'il joue sur le volet
04:10géopolitique,
04:12souveraineté nationale,
04:13c'est de lui dire
04:13mais de quoi as-tu peur ?
04:15Si c'est le fait qu'on n'y est pas assez,
04:16on va envoyer des troupes.
04:17Si c'est le fait qu'il faut mettre des sous,
04:19le Danemark en a déjà mis.
04:20Et si c'est le fait de dire
04:21qu'il y a des risques,
04:21il faudrait au moins
04:22que tu en pointes un crédible.
04:23Donc je trouve que c'est très malin
04:25de lui dire
04:25calmons-nous
04:26si c'est ça que tu as peur.
04:28D'abord,
04:28personne n'a dit
04:29et surtout pas en Europe.
04:31Vous imaginez,
04:31il dit un russe,
04:32sinon russe,
04:33vous avez vu son dessin,
04:35son cartoon,
04:36sa caricature,
04:37c'est n'importe quoi.
04:38Enfin je veux dire,
04:38tout le monde voudrait bien
04:39avoir le Groenland
04:40pour ce qu'il peut y avoir
04:40comme terre au milieu,
04:42sur le long des côtes,
04:43les terres rares.
04:43Je l'ai dit,
04:44mais les Chinois n'en manquent pas,
04:45les Russes n'ont pas de problème
04:46pour leur sous-sol.
04:47Donc franchement,
04:48mettre point et le risque là,
04:49je ne le vois même pas.
04:51Donc il voit
04:51qu'il essaye toujours
04:52de jouer sur
04:54les Américains d'avoir
04:54me suivent
04:55parce que c'est un risque.
04:56Mais là,
04:56pour le coup,
04:57on est en train de lui demander
04:57qu'il n'y en a aucun.
04:58Et en plus,
04:59en termes de matérialité,
05:00qui a vu des bateaux
05:01s'approcher du Groenland ?
05:03La réalité,
05:04c'est que c'est Stephen Miller,
05:05un des conseillers de Donald Trump
05:06qui l'a dit,
05:07c'est que personne n'est prêt
05:08à prendre les armes
05:09pour se battre directement
05:10contre les Etats-Unis
05:11et surtout pas pour le Groenland.
05:12Oui, mais vous avez vu,
05:13il y en a un sur cinq
05:14pour le moment
05:14par rapport aux efforts
05:15de Donald Trump
05:16pour avoir le Groenland
05:19qui le suive.
05:19Mais alors,
05:20sur la manière,
05:21si on parle d'y aller à la force,
05:24là, je parie
05:24qu'il n'y en a même plus
05:24un sur dix.
05:25Donc, il va quand même
05:26avoir très difficile.
05:27Et puis enfin,
05:28quel précédent quand même.
05:29Il est en train
05:30de prendre éventuellement
05:31un territoire
05:32qui appartient
05:32à des membres de l'OTAN.
05:34Donc, ça n'a pas de sens.
05:35Et donc, je trouve
05:36que la meilleure façon,
05:37sans dire des choses,
05:39vous savez qu'il aime bien
05:39bomber le torse
05:40et quand on bombe le torse,
05:41on voit bien
05:42qu'on a difficile
05:42en face de lui
05:43puisqu'il a un égo
05:44qui est quand même
05:44très proportionné,
05:46non pas à lui,
05:47mais au fait qu'il est
05:47le président des Etats-Unis,
05:49il vaut mieux le prendre
05:49un peu à son jeu.
05:50Si c'est s'il a un problème
05:51de risque,
05:52eh bien, envoyons des troupes,
05:53montrons qu'il n'y a
05:53aucune raison d'eux
05:55et disons avec lui,
05:57on va protéger
05:57un peu plus le Groenland
05:58s'il y a un peu cette peur
05:59parce qu'il le joue
06:00aussi là-dessus.
06:01Le Groenland, pour le coup,
06:02est plus proche des Etats-Unis
06:03que du Danemark.
06:04Donc, il a joué sur la proximité.
06:05Eh bien, voilà,
06:06on va mettre ce qu'il faut.
06:07Vous pensez que c'est les mid-terms
06:08qui vont arrêter Donald Trump
06:10puisqu'on parlait
06:10de son opinion publique ?
06:11Mais en tous les cas,
06:12s'il continue à faire
06:12des choses pareilles,
06:13ça risque en tous les cas
06:14de le pousser dans une caricature
06:16qui ne va pas dans le sens
06:17du reste qui lui est
06:18plutôt positive.
06:19J'ai tendance à dire
06:20malheureusement pour tous
06:21ceux qui pensaient
06:22qu'il allait faire une catastrophe,
06:23alors on n'est pas encore
06:23au mid-terms,
06:24mais vous avez vu,
06:24pour ce qui est des marchés financiers
06:26et pour ce qui est
06:26des leaders américains,
06:27pour le moment,
06:28ça se passe relativement bien.
06:29Et je répète souvent
06:30parce que c'est ça
06:31qui va jouer
06:31pour la partie économique,
06:33c'est où va se trouver
06:34le niveau des marchés boursiers
06:35notamment,
06:36parce que beaucoup de gens,
06:38étant donné le système
06:39non pas de répartition
06:40mais de capitalisation
06:40aux Etats-Unis,
06:41dans leur fonds de pension,
06:42ils voient que dans son premier mandat
06:44il était là,
06:44il les a enrichis
06:45et il les a enrichis
06:45encore aujourd'hui.
06:46Donc ces éléments
06:47là vont jouer,
06:48et on verra
06:49où on se retrouvera,
06:50mais de l'autre côté
06:51des éléments aussi caricaturaux
06:53que la volonté
06:54d'aller faire une préemption
06:55sur un territoire
06:56où il n'y a aucun risque,
06:57on voit quand même
06:57que les Américains,
06:58encore plus évidemment
06:59les démocrates,
07:00mais même les Républicains,
07:01même dans son camp à lui,
07:02il commence à se dire
07:03il va trop loin.
07:04Merci beaucoup Roland-Gilles
07:04d'être venu ce matin
07:06dans la Matinat de l'économie.
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