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  • il y a 5 jours
Ce jeudi 12 mars, Roland Gillet, professeur d'économie financière à l'Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, était l'invité de Caroline Loyer dans Le monde qui bouge - L'Interview, de l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier. Ils sont revenus sur le retour de la crainte de l'inflation et ce qu'on peut y faire. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Partout, la crainte de l'inflation est revenue sur le devant de la scène.
00:04Nous ferons tout ce qui est nécessaire pour que l'inflation soit sous contrôle.
00:07C'est ce qu'a répété à nouveau Christine Lagarde, la présidente de la Banque Centrale Européenne, cette semaine.
00:12Notre invité, c'est Roland Gillet. Bonjour, professeur d'économie financière à l'université Paris 1, Panthéon-Sorbonne,
00:17à l'université libre de Bruxelles.
00:20On le voit, le gouvernement français, la politique des gros yeux, il bat des bras, il ne peut pas faire
00:24grand-chose.
00:24Au niveau européen, qu'est-ce qu'on peut faire, Roland ?
00:27Il y a une jeune première chose qui ne se fait pas qu'au niveau européen.
00:29Les Européens y sont, c'est au niveau du stock, au niveau des réserves stratégiques à mettre à disposition de
00:34l'économie.
00:34Elle fait rapidement, puisqu'on voit bien que, malgré ce que Trump dit sur les droits d'or mousse, c
00:39'est compliqué.
00:40Vous avez vu aussi que, non seulement il y a le volet des réserves stratégiques,
00:43mais aussi le fait qu'aujourd'hui la France, se range comme l'Allemagne et d'autres,
00:46a la volonté de dire qu'on doit au moins sécuriser cette zone, on peut trouver des rustines pendant un
00:51certain temps.
00:52On a en plus encore de la marge après, il ne faut pas non plus qu'on déstabilise tout le
00:56marché,
00:56mais il faut en tous les cas qu'on règle ce problème et qu'on ait plusieurs cordes à notre
01:00arc, si je puis dire.
01:01Et surtout, que ce qui est vu par le consommateur à la pompe dans tous les pays,
01:05parce que vous savez, est-ce que vous avez déjà vu, en affichage de prix,
01:09des prix plus grands que ceux qui sont affichés à une pompe à essence ?
01:12Non.
01:12Donc ici, les gens passent tous devant une pompe à essence et ils voient que le prix monte, forcément.
01:16Et d'ailleurs, il monte aussi parce qu'il y a beaucoup de taxes appliquées sur le prix de base.
01:19Donc il n'y a pas que, d'ailleurs, le prix du carburant, c'est l'ensemble qui fait que
01:23les prix montent.
01:24Donc ça le touche au niveau de son moral.
01:26Donc c'est ça qu'il faut aussi éviter.
01:28Par contre, de dire que pour le moment, on est face à ce qu'on appelle de l'inflation,
01:31c'est une hausse généralisée des prix qui durent.
01:33Mais non, puisque regardez, aujourd'hui, ça a repris 10%, ça peut en reperdre 12 cet après-midi, au gré
01:39du temps.
01:40Par contre, ce qu'il faut, puisque c'est un problème sur l'offre, il faut régler le problème de
01:45l'offre.
01:45Et donc, pour le moment, je pense que tous les pays, y compris le G7, s'y attaque,
01:48y compris aujourd'hui, on a libéré beaucoup plus qu'on n'a jamais fait au niveau de l'Agence
01:52internationale de l'énergie.
01:54Vous avez vu que les Japonais ont dit, nous aussi, on va mettre, et c'est ce que demandent.
01:58Parce qu'ils ont un problème, eux, de stock.
01:59Oui, mais Roland, le D3, là, ce qu'on voit ce matin, c'est que la menace de mine, avérée
02:04ou pas,
02:05d'ailleurs, la menace simple suffit, et qu'avec quelques drones, vous déstabilisez complètement le commerce mondial.
02:10Mais c'est ça le problème, c'est qu'on ne sait pas, entre ce qui est dit et ce
02:13qu'il va pouvoir se passer,
02:15jusqu'où les dégâts collatéraux, c'est malheureux à parler de dégâts collatéraux,
02:18mais s'il y a un ou deux porte-avions, pardon, porte-avions, que dis-je ?
02:21Quels conteneurs ?
02:22Oui, conteneurs qui ont un problème, c'est déjà trop,
02:25mais ça ne veut pas dire pour ça qu'on n'arrivera pas à sécuriser un morceau de la zone
02:28et rapidement avoir une stabilité.
02:31Donc, en plus, vous voyez que maintenant, ils tirent un peu partout.
02:33J'entends l'Iran, ils tirent même parfois contre ses intérêts, regardez au niveau de Dubaï,
02:37donc au niveau des banques notamment.
02:39Donc, clairement, il semble, j'entends comme vous, que c'est un peu la déroute,
02:42parce qu'ils sont un peu perdus et ils tirent un peu comme ils peuvent
02:45quand on est un peu dans une situation perdue, un peu comme l'Irak l'avait fait, d'ailleurs.
02:49Annalisa.
02:49Le problème, c'est qu'on n'a pas de politique commune sur le prix à la pompe, bien sûr,
02:53mais le problème, c'est aussi qu'en amont, on est encore une fois timide.
02:56Est-ce qu'on arrive à mieux se mettre d'accord cette fois-ci sur ce dossier ?
02:58Vous avez vu que c'est mieux, on verra bien,
03:02mais l'idée de le faire est certainement sur la table.
03:04Et vous avez vu aussi qu'autant sur la politique de Trump,
03:08je vais dire en Europe, on avait des opinions un peu différentes,
03:11je ne dis pas qu'il n'y en a pas encore aujourd'hui au niveau du sujet énergie,
03:15mais on voit tous qu'on a intérêt, et ça, je vous avais vu,
03:18aussi bien d'ailleurs le Japon que la Chine, tout le monde,
03:21à débloquer cette situation dans le détroit d'Hormuz,
03:23et de faire avant tout ce qu'il faut pour éviter de créer de la volatilité.
03:26Parce que si on regarde sur le volet inflation,
03:28moi je ne suis pas trop inquiet parce qu'on ne sait pas la durée,
03:30par contre, ce qui est très embêtant pour le moment,
03:32c'est au niveau du moral du consommateur et aussi des investisseurs,
03:35parce que là, ils sont chahutés par la volatilité,
03:37il y avait déjà de l'incertitude avec la crise en Ukraine,
03:39vous en rajoutez une dose, et vous venez de dire très bien,
03:42aujourd'hui ce qui pose problème, c'est qu'une fois qu'on a réglé les drômes,
03:45il va peut-être déménier, il y a peut-être autre chose,
03:47ça va encore, sans doute, bouger dans tous les sens,
03:49mais si c'est pour dire que ça va durer une semaine, encore qu'un jour,
03:53je pense que ce n'est pas une catastrophe.
03:54Mais vous êtes plus inquiet sur la croissance, du coup,
03:56que sur l'inflation elle-même ?
03:58C'est-à-dire que pour l'inflation, on a de la chance,
04:01ça aurait pu arriver à un moment où il y avait déjà de l'inflation,
04:04et beaucoup plus fort qu'il n'y en a eu.
04:05Ici, on allait plutôt dans l'autre sens,
04:07et nous n'oublions pas non plus que l'inflation,
04:09sur laquelle, par exemple, il y a des indexations de salaires, ainsi de suite,
04:11et celle que suit aussi bien la Federal Reserve que la Banque Centrale Européenne,
04:15c'est la core inflation, où on enlève justement les prix de l'énergie
04:17et les prix des denrées alimentaires.
04:19Donc, il y a quand même toute une série d'éléments
04:21qui font que ce n'est pas quand même une catastrophe au stade actuel.
04:24Ce qui est malheureux, c'est que ça crée, ce que je répète,
04:27une incertitude alors qu'il y en avait déjà beaucoup.
04:29Et ça, c'est très embêtant.
04:30Et c'est ce que je vous disais avec les prix affichés à la pompe,
04:33le fait que le consommateur les voit,
04:34si on doit encore monter un peu,
04:36déjà qu'il pouvait avoir des mesures de se refreiner,
04:39étant donné l'incertitude, le climat de guerre, ainsi de suite,
04:42ben ça, c'est pas bon.
04:43Donc, il faut qu'on arrête ça le plus vite possible.
04:44Et vous avez vu d'ailleurs que les autorités dans différents pays
04:46veulent faire des blocages, j'entends des prix,
04:49pour éviter de toucher, d'impacter encore plus la population.
04:52– Ce qui est intéressant, c'est les dernières déclarations
04:54d'Ursula von der Leyen, notamment sur le nucléaire,
04:56où elle a dit clairement qu'on avait fait une erreur
04:58après Fukushima en revenant sur le nucléaire.
05:01Alors, ça a peut-être mieux en le disant,
05:02même si on était au courant.
05:04Il y a quand même une bascule, là, sur le nucléaire.
05:06– Clairement, en Allemagne, vous savez ce qu'il en est,
05:09Angela Merkel, sur ce volet-là, elle sait qu'elle se doute
05:11qu'elle a fait certainement une erreur à l'époque,
05:12mais il y avait une pression politique aussi.
05:14Par contre, on parle dans un pays, j'entends la France,
05:17qui était un des leaders sur le nucléaire.
05:19Et vous avez vu que même en France, heureusement d'ailleurs,
05:21que vous n'êtes pas vous désengagé complètement,
05:23comme l'a fait aussi mon petit pays, la Belgique,
05:25presque complètement, et où maintenant, on pleure presque
05:27pour pouvoir réutiliser les centrales qu'on avait dit qu'on arrêtait.
05:31Donc, clairement, ce flux continu d'énergie
05:33que permet le nucléaire par rapport à du renouvelable
05:36qui, lui, fonctionne de façon erratique selon le vent et le soleil
05:39et selon la période de l'année,
05:41et crée en plus des problèmes de reflux sur un système,
05:43parfois électrique, qui est déjà surchargé.
05:46Donc, clairement, on voit bien que le nucléaire
05:48a de nombreux avantages, et que de toute façon,
05:50le risque, même si on supprimait le nucléaire civil,
05:53il reste encore le nucléaire militaire,
05:54et celui-là, le risque est bien plus grave
05:55en termes de risque pour la société.
05:57– Merci beaucoup, Roland-Gilles,
05:58vous êtes venu ce matin dans la matinale de l'économie.
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