Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 6 semaines
Ce mercredi 29 avril, Ludovic Desautez a reçu Guillaume Dard, président de Montpensier Arbevel et vice-président de l'AFG, Jean-Marc Daniel, éditorialiste BFM Business, et Emmanuel Combe, professeur à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et à la Skema Business School, dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:06BFM Business et la Tribune présente
00:09Les experts
00:10Ludovic de Sauté
00:12Bonjour, mercredi 29 avril, bienvenue dans les experts, là où l'économie se décode et se raconte sans détour.
00:18La voilà qui revient.
00:19Non, il ne s'agit pas de la chansonnette, mais de l'inflation qui revient par une porte, comme on
00:24espérait, refermée dans la zone euro.
00:26Selon une étude de la BCE publiée hier, les ménages se préparent à une accélération des prix avec une inflation
00:31de 4% anticipée sur un an.
00:34Ce n'est donc plus seulement potentiellement un choc énergétique.
00:37S'installe désormais la crainte à confirmer d'une inflation qui s'enracine et se diffuse avec à la clé
00:43le risque classique que redoute par-dessus tout la BCE
00:46qui parlera demain une boucle auto-entretenue prix-salaire.
00:50Au sein de ce choc énergétique qui atteint tout juste les 60 jours, un carburant en particulier commence à être
00:56surveillé comme le lait sur le feu.
00:59Le kérosène, le blocage du détroit d'Hormuz a fait exploser son prix à tel point que certaines compagnies commencent
01:04à ajuster leur programme de vol.
01:06Encore à la marge, faute de rentabilité.
01:08Mais une crainte bien plus aiguë agite peu à peu le secteur aérien, celle d'un accès limité au kérosène
01:14alors que se profile la saison estivale.
01:17Autre zone de tension, décidément cette fois elle est plutôt géopolitique et industrielle, le bras de fer qui se dessine
01:22entre Bruxelles et Pékin.
01:24Début mars, l'Europe a présenté son projet d'accélération industrielle avec la volonté de sécuriser et de relocaliser une
01:32partie de la production
01:33en s'appuyant sur des règles plus protectrices et une préférence européenne assumée.
01:37Oui, mais voilà, la Chine a réagi en début de semaine et parle de discrimination et de possibles contre-mesures.
01:44Derrière ces mots encore diplomatiques à ce stade, c'est un rapport de force qui s'installe doucement mais sûrement
01:51sur l'automobile, les batteries ou encore les matières premières critiques.
01:55Les experts, c'est parti.
01:59Les experts, débats et controverses sur BFM Business
02:05Bonjour, chers experts, merci d'être avec nous ce matin. On a le plaisir d'accueillir Guillaume Dard. Bonjour Guillaume,
02:10merci d'être avec nous. Président de Montpensier-Arbeuvel.
02:12Et vice-président de l'AFG.
02:14Et vice-président de l'AFG, merci Guillaume d'être avec nous ce matin.
02:17Pour citer l'AFG.
02:19Emmanuel Combe, bonjour Emmanuel, merci d'être avec nous. Professeur à l'Université Paris 1, Panthéon-Sorbonne et à la
02:24Schéma Business School, merci Emmanuel d'être avec nous.
02:27Et Jean-Marc Daniel, bonjour Jean-Marc, merci d'être avec nous. Éditorialiste à BFM Business.
02:32Allez, on se lance parce que l'actualité est chargée et il y a pas mal de choses à surveiller.
02:38Hier, il y a eu une petite étude de la BCE qui donne des petits signaux d'alerte sur l
02:43'inflation, sachant qu'aujourd'hui la Fed doit parler,
02:46demain la BCE sur les taux directeurs, on s'attend plutôt à un statu quo, est-ce qu'on a
02:51vraiment un risque d'inflation ?
02:53Qui commence ? Guillaume, je sens que vous êtes parti.
02:55Non, parce que pourquoi ? Parce que je préfère parler avant mon maître Jean-Marc Daniel, dont je connais la
02:59thèse,
02:59et donc je peux comme ça présenter mes propres idées avant d'être assommé.
03:03Si vous voulez, on coupe le micro de Jean-Marc, si vous préférez.
03:05Non, pas du tout, parce que c'est formidable, mais par l'intelligence redoutable et comme c'est un puits
03:09de science.
03:10Alors l'inflation d'abord, telle que l'on l'a définie aujourd'hui, c'est un terme relativement nouveau
03:17jusqu'au XIXe siècle,
03:19ça désignait plutôt la baisse du pouvoir d'achat de la monnaie,
03:22et ça faisait référence au fait qu'on reniait les monnaies d'or et qu'on faisait baisser la parité.
03:27Et donc de ce point de vue-là, l'inflation, il y en a eu depuis toujours,
03:29puisque si vous prenez la valeur d'un dollar de 1900 et celle d'aujourd'hui, ça vaut à peu
03:33près un cent, le dollar,
03:34et pour le franc, on ne retrouve rien.
03:37Donc l'inflation, c'est un phénomène continu.
03:40Et deuxièmement, je suis tombé sur une définition par Jacques Rueff de l'inflation,
03:45qui disait au fond, l'inflation, c'est quand les gouvernements subventionnent des investissements
03:51qui n'ont aucune rentabilité avec de l'argent qui n'existe pas.
03:55Ça me dit quelque chose.
03:56Et troisièmement, bien sûr, c'est là où vous avez évoqué le sujet,
04:00c'est que dans le triangle Gordon, la notion la plus importante de l'inflation telle qu'on la désigne
04:06aujourd'hui,
04:06c'est le moment où la boucle prix-salaire prend son envol,
04:09c'est-à-dire les prix montent, on augmente les salaires,
04:11comme les salaires augmentent, on augmente les prix.
04:13La mécanique, autant entretenue.
04:15Et de ce point de vue-là, en tout cas, en France, on n'y est pas.
04:18Mais l'inflation, pour conclure, c'est un phénomène permanent,
04:22qui a des pointes, la dernière grande pointe qu'on ait eue sur les 50-60 dernières années,
04:29c'est celle des années 70, qui avait démarré au moment d'une crise pétrolière et d'une guerre,
04:34puisqu'il y avait la guerre du Vietnam.
04:36Donc, je ne sais pas s'il va y en avoir ou pas,
04:39mais on a en tout cas les fagots dans le feu pour que ça puisse démarrer.
04:43– Jean-Marc, on vous laisse répondre à Guillaume,
04:45et puis après, avec Emmanuel, on fait les points.
04:48– D'abord, sur mon premier point factuel,
04:50il y a des périodes où il n'y a pas d'inflation,
04:52il y a des périodes où il y a la déflation.
04:54On parle depuis 1900, mais entre 1815 et 1900,
04:59les prix physiques baissent.
05:00D'ailleurs, les salaires sont fixés en valeur nominale,
05:04parce que c'est par la baisse des prix que va se transférer le pouvoir d'achat.
05:08C'est-à-dire la période où le pouvoir d'achat se transfère par des hausses de salaires,
05:11qu'on appelle à l'économie le fordisme,
05:12c'est-à-dire la période qui va être, elle, de nature inflationniste.
05:16C'est-à-dire qu'on donne des hausses de salaires à tout le monde,
05:18il y a des endroits où ça correspond à des gains de productivité,
05:21et donc c'est tout à fait absorbé par les entreprises,
05:22et il y a des endroits où ça ne correspond pas aux gains de productivité,
05:25et à ce moment-là, les entreprises augmentent leur prix.
05:27Cette période-là est une période, elle, qui est relativement courte dans le temps,
05:32et on n'est pas dans ce cas-là.
05:33– On est en quel cas alors ?
05:35– On est plutôt dans un cas, moi je pense qu'on va faire de la déflation.
05:38Pourquoi ? Pour trois raisons.
05:39La première raison, c'est que d'abord, pour revenir à l'inflation,
05:42donc la définition que je prends régulièrement,
05:44à laquelle fait allusion Guillaume, c'est effectivement,
05:46dans tous mes papiers, je n'arrête pas de dire qu'il n'y a pas d'inflation,
05:48parce qu'il y a une définition qui est celle de l'INSEE,
05:51qui dit que c'est une hausse générale et durable des prix
05:54mesurés par l'évolution de l'indice des prix à la consommation.
05:57Alors on peut considérer que c'est restrictif,
05:59parce qu'il y a des prix qui augmentent,
06:00qui ne sont pas les prix à la consommation.
06:02Le prix de l'immobilier, ce n'est pas un prix à la consommation,
06:04c'est un des enjeux de ce qui peut se passer.
06:06Donc là, je pense qu'on n'est pas en phase d'inflation,
06:09au moment où ça a été le cas dans les années 60 à 1986,
06:16l'indice des prix à la consommation, en moyenne,
06:18a augmenté de 8% par an.
06:20Depuis 2022, il a augmenté en moyenne,
06:22jusqu'à aujourd'hui, de 1,7% par an.
06:25Donc on est en dessous des 2% de référence,
06:28même si effectivement, là je rejoins Guillaume,
06:29il y a un peu d'inflation,
06:31il y a un peu quand même de destruction du pouvoir d'achat de la monnaie,
06:33parce que les prix augmentent un peu.
06:35Mais concrètement, si on prend là aussi la crise autour de l'Ukraine,
06:39je me souviens, tout le monde avait été extrêmement sévère avec Mme Lagarde,
06:44qui à un moment donné avait lâché ce mois en disant que c'était temporaire.
06:46Puis après, c'était reprise, elle avait dit,
06:48non, excusez-moi, je me suis laissé aller.
06:52Et il y a eu un papier excellent de Krugman en disant,
06:55ceux qui ont dit que c'était temporaire avaient raison,
06:57parce qu'il n'y avait pas d'inflation,
06:58parce qu'il y avait effectivement des hausses ciblées de prix,
07:01mais pas une hausse générale et durable.
07:02Deuxième remarque très vite,
07:05pour qu'il y ait inflation, dans les années 60-70,
07:07on disait qu'il faut qu'il y ait une création de monnaie.
07:10Or là, il y a tout un tas de papiers qui sont sortis
07:12qui montrent que la création de monnaie ne se traduit plus
07:14par des hausses de prix à la consommation,
07:16mais par des hausses de prix des actifs.
07:18Donc il y a des prix qui montent,
07:19mais pas les prix qui correspondent à l'inflation,
07:22et notamment qui correspondent aux boucles prix-salaire.
07:24Et troisième élément sur la boucle prix-salaire,
07:27je pense que, alors c'est la grande question,
07:29effectivement, je pense qu'elle ne sera pas au rendez-vous.
07:31D'abord parce que les syndicats n'ont pas le pouvoir
07:33qu'ils avaient dans les années 60-70,
07:35où là ils avaient une capacité à générer une boucle prix-salaire.
07:38Et le calendrier, en plus, n'est pas faveur.
07:40Et ensuite, parce que quand vous regardez le salaire mondial,
07:43il y a un très bon papier de la Banque mondiale
07:45qui explique qu'à l'horizon des 10 ans qui viennent,
07:48il y a 1 milliard, 300 millions d'individus
07:50qui vont quitter la campagne dans les pays émergents
07:53pour rentrer sur le marché du travail salarié.
07:56Et jusqu'à présent, dans les pays qui sont concernés,
08:00il y a une création d'emplois sur les 10 dernières années
08:03d'environ 880 millions d'emplois.
08:05Donc il vient y avoir à créer 1 milliard, 300 millions d'emplois
08:08dans une zone qui n'en a créé que 880.
08:11Et donc la Banque mondiale dit,
08:12ça va faire une pression sur le salaire,
08:15comme on l'a rarement vu.
08:17Et donc la Banque mondiale dit...
08:20Et on ne parle même pas d'IA et de robots, là.
08:23Indépendamment de l'IA et des robots.
08:24Donc simplement, ce phénomène-là,
08:26qui était le phénomène chinois, entre guillemets,
08:28c'est-à-dire la pression sur les salaires,
08:29et la Banque mondiale dit,
08:30on va vers une baisse du salaire mondial,
08:33qui est une des choses qu'on n'a pas vues depuis le 19e siècle,
08:36qui était effectivement la grande période
08:37où l'exode rural avait fait baisser les salaires.
08:40Et donc je pense qu'effectivement,
08:41il peut y avoir des grosses moments d'années de prix,
08:43il peut y avoir des pénuries de kérosène,
08:45il peut y avoir...
08:45Mais la tendance lourde et durable...
08:48Structurelle, on va dire.
08:48Structurelle, ça va être à la déflation.
08:50Pourquoi je dis ça ?
08:51Pour conclure,
08:51je pense que le véritable danger du discours
08:54sur l'inflation revient et tout ça,
08:55c'est que les gens qui sont endettés
08:57sont persuadés que
08:58ce n'est pas la peine de se faire du souci,
09:01que l'inflation va nettoyer leurs dettes.
09:03Or, qui est le plus endetté ?
09:05Ce sont les...
09:06On cherche.
09:06Oui, on cherche.
09:07Et donc ma grande crainte,
09:09c'est que tous ces gens-là qui disent
09:11mais écoutez, ce n'est pas grave,
09:12on va faire un peu de dette publique
09:13pour baisser le prix des carburants,
09:15tout ça, de toute façon,
09:16l'inflation qui va suivre,
09:17on va nettoyer tout ça.
09:18Je pense qu'ils vont être véritablement
09:20assez rattrapés par la réalité.
09:24Emmanuel ?
09:24Deux, trois remarques par rapport
09:25à ce que dit Jean-Marc,
09:27il n'y a pas de boucle salaire.
09:28Non, aujourd'hui...
09:29Le pouvoir de négociation des syndicats
09:31et plus généralement des travailleurs
09:32est trop faible pour qu'il y ait un emballement.
09:35Donc je ne crois pas du tout à cette idée.
09:36Sachant que les NAO sont plutôt derrière
09:38en termes de calendrier.
09:39Et en plus, comme le disait Jean-Marc,
09:42l'inflation, en effet,
09:43ce n'est pas un choc sectoriel,
09:44c'est un choc qui se transpose
09:46à l'ensemble de l'économie
09:48et qui est permanent.
09:48Alors là où je ne serais pas forcément
09:50d'accord avec Jean-Marc,
09:52c'est que quand on regarde
09:52sur le très très long terme,
09:54il y a quand même des facteurs
09:55qui peuvent pousser
09:56à une inflation structurelle
09:57au sens des facteurs
09:59qui vont affecter
10:00l'ensemble de l'économie.
10:01J'ai nommé la greenflation.
10:02L'idée qu'à un moment donné,
10:04il va bien falloir verdir.
10:05Verdir, ça coûte plus cher.
10:07Donc les coûts de production
10:08vont augmenter.
10:09Toutes choses égales par ailleurs,
10:10si vos coûts de production augmentent,
10:11soit vous reniez vos marges,
10:12soit vous reportez ça dans les prix.
10:13Donc premier facteur structurel
10:15qui peut donner une greenflation,
10:16ça avait été d'ailleurs théorisé
10:18par Isabelle Schnabel
10:19il y a deux ou trois ans
10:20en disant voilà,
10:20demain, il n'est pas exclu
10:21qu'on ait de l'inflation verte.
10:22Ça c'est le premier facteur.
10:23Le coût de la transition.
10:24Et puis la tertiarisation des économies,
10:26on sait bien que le tertiaire,
10:27alors c'est vrai qu'il y a l'IA,
10:28les gains de productivité,
10:29mais le tertiaire,
10:30en tout cas,
10:30service à la personne.
10:32Or il me semble qu'on est
10:32dans des pays qui vieillissent
10:34avec des personnes
10:35de plus en plus âgées.
10:37Ça s'appelle
10:37des services à la personne.
10:38Les gains de productivité
10:39sont quand même assez limités.
10:41Or on le sait
10:41que l'inflation dans les services,
10:43c'est quelque chose de structurel.
10:44Or les services,
10:45c'est quoi dans le PIB ?
10:46C'est 90% à peu près du PIB.
10:49Donc j'entends l'argument
10:50qui est de dire
10:51qu'il y a des facteurs structurels
10:53à la déflation,
10:53il y a aussi des facteurs structurels
10:55au sens strict du terme
10:56qui vont affecter
10:57l'ensemble de l'économie.
10:59Et j'ai nommé transition verte
11:01et puis vieillissement démographique.
11:04Plus peut-être aussi
11:05des tensions
11:05sur le marché du travail
11:06à long terme.
11:07Que peut-être citer un peu ?
11:08S'il y a des tensions,
11:10au bout d'un moment,
11:10les travailleurs auront peut-être
11:11du pouvoir de négociation
11:13qu'ils ont perdu depuis...
11:14Mais le risque numéro un,
11:15ce serait les conflits militaires.
11:17Les conflits militaires,
11:18c'est vraiment une dépense.
11:18On y est, Guillaume, là.
11:19C'est une dépense,
11:21contrairement à ce qu'on essaye
11:22de faire une petite musique
11:23disant c'est formidable
11:23parce que quand on fait
11:24du développement militaire,
11:25ça fait du développement civil.
11:27Mais enfin bon,
11:28fabriquer des obus,
11:30soit on s'en sert pas,
11:31donc ça sert à rien,
11:32soit on s'en sert,
11:33c'est pas formidable.
11:33Donc la guerre,
11:35c'est quand même
11:35un des facteurs inflationnistes
11:37les plus importants.
11:382 900 milliards de dollars,
11:39je rappelle les chiffres du Cyprien
11:40dans le 2025.
11:41À chaque moment de l'humanité
11:42quand même, Jean-Marc.
11:44Oui, alors juste pour rebondir
11:46sur notre conversation
11:47que je trouve passionnante
11:48à titre personnel,
11:49même si je ne sais pas
11:50si les auditeurs le partagent,
11:51mais je pense qu'il y a
11:52d'abord un élément
11:53que je trouve assez intéressant
11:56dans ce qui se passe,
11:57c'est que l'inflation
11:58des années 70,
11:59c'est Friedman,
11:59on a tous été formés
12:00par Friedman,
12:01et donc la formule célèbre
12:03de Friedman,
12:04c'est l'inflation
12:05finit par être
12:06toujours un phénomène monétaire.
12:09Partout et toujours
12:09est un phénomène monétaire.
12:11Alors là,
12:11ce qu'on vient d'aborder,
12:12ce sont des phénomènes
12:12qui sont extra-monétaires.
12:14C'est-à-dire qu'il y a
12:16ce constat
12:16qui est un constat
12:17que effectivement
12:18la gestion de l'inflation
12:20par la monnaie,
12:20par des références monétaires,
12:22par les taux d'intérêt,
12:23ne correspond pas
12:24à la réalité.
12:25Et je dis ça
12:25parce que ça veut dire
12:26qu'il ne faut pas
12:26que les banques centrales
12:28se mettent à ces...
12:29C'est le principe de base
12:31de la médecine
12:32c'est primum non nocere.
12:33Je pense que dans la phase
12:34dans laquelle nous sommes,
12:35si les banques centrales
12:36disent on va répondre
12:37à ce qui se passe
12:37par des hausses
12:38de taux d'intérêt,
12:39ça ne répondra pas
12:40à primum non nocere.
12:41Ils vont rajouter
12:42sur une situation
12:43en titre
12:43une situation
12:44déjà défavorable.
12:46Là vous adressez
12:46à Jérôme Poel
12:47et à Christine Lagarde.
12:50Et c'est d'autant plus vrai
12:52que vous vous souvenez
12:53de ce papier célèbre,
12:54enfin ce livre célèbre
12:55de Friedman,
12:56il l'avait écrit
12:56avec Anna Schwartz
12:57et j'ai retrouvé
12:58le texte d'Anna Schwartz
12:59de 2011
13:00juste avant sa mort
13:01où elle tombe
13:02pour redoubler
13:02sur Bernanke
13:04en disant
13:05qu'il n'a pas compris
13:05que maintenant
13:06la quantité de monnaie
13:07ne fait plus
13:09l'évolution systématique
13:10des prix
13:10parce que la vitesse
13:11de circulation
13:11de la monnaie
13:12n'est pas constante.
13:13C'est-à-dire que
13:14le principe monétariste
13:15c'est que la vitesse
13:16de circulation
13:16de la monnaie
13:17est constante
13:17et elle dit
13:18ce qu'on constate
13:19c'est que nous l'avions
13:20constaté sur la période
13:231870-1930
13:23là on ne le constate pas
13:25de la même façon.
13:27Le deuxième élément
13:29qui est évident
13:30c'est l'histoire
13:31de la guerre
13:32c'est-à-dire que
13:33là aussi
13:34on reparle de Tchernobyl
13:36et de ce qu'était
13:36l'Union soviétique
13:37ce qui a coulé
13:38l'Union soviétique
13:38c'était effectivement
13:39un budget militaire
13:40énorme
13:41et des dépenses
13:42sociales énormes
13:43c'est-à-dire
13:43on payait les gens
13:44à ne rien faire
13:44et on ne peut pas
13:45effectivement
13:46faire face
13:47à une économie
13:48avec des dépenses
13:49inutiles
13:49ça dit quelque chose
13:50ça dit quelque chose
13:51ça un peu
13:51oui absolument
13:53on n'est pas juste
13:55dans les livres
13:55de Friedman
13:56on est en 2026
13:59et donc le véritable enjeu
14:00dans tout ça
14:01c'est effectivement
14:01est-ce que les états
14:03providences
14:03vont être en capacité
14:05de se réformer
14:06et on revient
14:06à l'histoire
14:07de la productivité
14:08c'est-à-dire
14:08est-ce que l'IA
14:09va apporter suffisamment
14:10de productivité
14:11pour compenser
14:12la faible productivité
14:13dans la gestion
14:14des EHPAD
14:15et pour compenser
14:16effectivement
14:16le maintien
14:17de l'État-providence
14:17très généreux
14:18et donc je pense
14:20que l'enjeu
14:21ce n'est pas
14:22la politique monétaire
14:23c'est l'âge de départ
14:23à la retraite
14:24à 67 ans maintenant
14:25et la productivité
14:27qui est afférente
14:27Emmanuel ?
14:28Et autre facteur
14:29structurel à nouveau
14:29à très long terme
14:30qui peut pousser
14:31les prix vers le haut
14:32c'est si ça se confirme
14:34une forme de démondialisation
14:35la mondialisation
14:36c'est une grande vertu
14:36enfin tout le monde l'oublie
14:37ça exerce une pression
14:38concurrentielle
14:39notamment sur les producteurs
14:40domestiques
14:41il y a une étude
14:41déjà ravelle
14:42sur les Etats-Unis
14:44suite à l'entrée
14:45de la Chine
14:45donc les années 2000-2015
14:47il montre très bien
14:48que parmi les facteurs
14:49qui expliquent
14:50la modération
14:50de l'inflation
14:51aux Etats-Unis
14:51il y a le marché
14:53du travail
14:53très concurrentiel
14:54avec notamment
14:54l'immigration
14:55mais également
14:56l'ouverture à la Chine
14:57si on va vers un monde
14:59plus démondialisé
15:00on va y revenir
15:00tout à l'heure
15:01avec le made in Europe
15:03le made in Europe
15:03il ne faut pas se raconter
15:04l'histoire
15:04ça coûte plus cher
15:06avant qu'on aille
15:07dans le sujet préféré
15:07il n'y a pas besoin
15:09d'aller aux Etats-Unis
15:10pour faire l'étude
15:12on aime bien répéter
15:13souvent avec Jean-Marc
15:14c'est qu'acheter
15:16un manteau
15:17dans les années 70
15:19c'était toute une aventure
15:21pour la plupart des familles
15:23c'est-à-dire que
15:24c'était pas quelque chose
15:25qui passait
15:25alors qu'acheter
15:26c'était une décision
15:27c'était une décision
15:28acheter une paire
15:29de chaussures
15:30c'était un investissement
15:31ça se passait
15:32dans les familles
15:33évidemment il ne fallait pas
15:34être le cadet
15:35parce que vous aviez
15:36les chaussures
15:36des aînés
15:39c'est du vécu
15:40c'est du vécu ça
15:41c'est important
15:41pardon
15:42et donc
15:44tout ça
15:44grâce à la production chinoise
15:46a disparu
15:46c'est-à-dire que
15:47le sujet de l'habillement
15:48alors sans aller
15:50jusqu'à Chine
15:51ou à Temu
15:52est devenu
15:53un non-sujet
15:54pour la plupart
15:55des familles
15:56avec la fast fashion
15:58pas qu'avec la fast fashion
15:59mais juste avec
16:00la baisse des prix
16:01c'est-à-dire que
16:02c'est incroyable
16:03même l'ameublement
16:04ça a été une baisse très forte
16:05donc tous ces coûts
16:07qui étaient très significatifs
16:08dans les budgets
16:08ont changé complètement
16:10grâce à la Chine
16:11et ils exercent une pression
16:12par rapport à notre sujet
16:13de l'inflation
16:14la menace des importations
16:16exerce une pression
16:17sur les producteurs domestiques
16:18dès lors qu'ils veulent
16:19augmenter les prix
16:19donc on sous-estime
16:21le fait que
16:22non seulement
16:22on a gagné
16:23en pouvoir d'achat
16:23en important
16:24mais ça a modéré
16:26les tentatives
16:27les tentations
16:28des producteurs domestiques
16:29d'augmenter leur prix
16:29cet effet concurrentiel
16:31de la mondialisation
16:32ça a plus zigouillé
16:33mon cher Emmanuel
16:34l'un n'empêche pas l'autre
16:36ça a plus zigouillé
16:37le textile français
16:38je ne suis pas tout à fait d'accord
16:39ça dépend si tu es sur du haut de gamme
16:40si tu es sur du haut de gamme
16:42tu n'as pas zigouillé
16:42non mais le textile français
16:44il n'est plus là
16:45non mais d'ailleurs
16:46c'est un vieux sujet
16:47depuis toujours
16:47on avait un déficit commercial
16:48je relisais
16:49le Louis XIV de Bluche
16:51discussion entre Louis XIV et Colbert
16:53en disant
16:53ah on a du déficit commercial
16:55comment est-ce qu'on fait
16:56ah il faut développer
16:58la compétitivité hors prix
17:01c'est formidable
17:01alors on crée les gobelins
17:04on crée Saint-Gobain
17:05on fait venir d'ailleurs
17:07on fait venir les experts en France
17:08et puis on dit
17:09non mais ce qu'il faut
17:10pour qu'on ait de la qualité
17:11il faut qu'on norme
17:12alors on va dire
17:13il faut que le marché a tissé
17:14je ne suis pas sûr du chiffre
17:15mais enfin il faut qu'il y ait
17:16une largeur de 1m24
17:18ou je ne sais pas
17:19ce que ça faisait
17:19en pied
17:20en pouce
17:21en toise
17:22et là tout d'un coup
17:23on a demandé à tous les industriels français
17:25de détruire leur métier à tisser
17:26bon je peux vous dire
17:27que le déficit commercial
17:29ne s'est pas amélioré
17:30mais ce sujet existe depuis toujours
17:33et comme disait Jean-Marc
17:35pendant ce temps là
17:36ce n'était pas à Mumbai
17:37mais c'était où
17:38à Madras
17:40on fabriquait des indiennes
17:41et on les envoyait en France
17:42oui je pense que
17:43le véritable enjeu dans tout ça
17:45c'est l'arrivée
17:46dans l'activité économique mondiale
17:48du paysan indien
17:49c'est-à-dire le paysan indien
17:51il est peu productif
17:51on va le mettre
17:53et là aussi une anecdote personnelle
17:55je me suis occupé à un moment donné
17:56de la dévaluation du France CFA
17:58et je me souviens d'une réunion au FMI
17:59où je disais
18:00le véritable enjeu
18:01pour les pays africains
18:02c'est qu'est-ce qu'ils vont faire
18:03de leurs paysans
18:04s'ils en font des fonctionnaires
18:05ils sont foutus
18:05s'ils en font des ouvriers
18:08c'est l'avenir
18:09de la croissance économique mondiale
18:10et donc je pense
18:11qu'il n'y aura pas d'inflation
18:13il y aura de la croissance
18:14si on arrive à bénéficier
18:16de la transformation
18:16du paysan indien
18:18en ouvrier
18:18ça n'a pas du tout marché
18:20ça n'a pas du tout marché
18:21le paysan chinois est devenu
18:24travaillé en Côte d'Ivoire
18:25au début des années 80
18:26où c'était la thématique
18:27en disant
18:27il y a de l'agriculture
18:28il faut développer l'agro-industrie
18:30donc on développait le textile
18:31le textile africain
18:33a été liquidé
18:34donc ça n'est pas si facile
18:35et quant aux indiens
18:36dont tu parles souvent
18:37il y a un sujet là
18:38où est l'Inde sur l'IA ?
18:41c'est absolument incroyable
18:42moi j'aurais parié
18:43que l'Inde
18:44avec l'intelligence
18:46la créativité
18:47on aurait eu
18:49une offre indienne
18:50elle est nulle part
18:51c'est à dire que
18:52autant sur
18:53les services informatiques
18:55ils ont été
18:56ultra présents
18:56ultra présents
18:58très rapides
18:58sont développés
18:59alors qu'ils ont
19:00les meilleurs ingénieurs
19:01c'est plus dur
19:01de rentrer dans les meilleures
19:03écoles d'ingénieurs indiens
19:05que de rentrer à 20
19:06parce que le taux de sélection
19:07est d'un sur mille
19:09donc c'est absolument difficile
19:10ils apprennent la table de 1
19:11jusqu'à la table de 100
19:13quand ils sont en fond
19:14donc pour calculer
19:15ils savent calculer
19:16mais ils ne sont pas là
19:17sur l'IA
19:18c'est absolument incroyable
19:19je voudrais revenir quand même
19:21là vous avez un éclairage
19:22chavoureux
19:23je dirais sur un temps long
19:24il y a un temps plus immédiat
19:25il y a la banque mondiale
19:27montré que dans le meilleur des cas
19:28on allait traverser
19:29l'année en cours
19:302026
19:31avec une hausse du pétrole
19:33de au moins 24%
19:35une hausse des matières premières
19:36de plus de 16%
19:37on voit qu'il y a des problèmes
19:38de supply chain
19:39qui sont en train de se dessiner
19:40quand même
19:41depuis
19:41on est aux 60 jours
19:42de la guerre
19:43du conflit en Iran
19:44et au Moyen-Orient
19:45de façon plus globale
19:46il y a quand même
19:48une bosse qui se dessine
19:49en termes d'inflation
19:50dans les mois qui viennent
19:51au-delà du grand mouvement
19:52de la grande lecture
19:53qui est la vôtre
19:54il va y avoir une situation
19:55à gérer
19:55dans un pays
19:57où les marges
19:58sont faibles
19:59et où on est à quelques mois
20:00d'une présidentielle
20:01oui il va y avoir
20:02une hausse de prix
20:03c'est clair
20:03une hausse de prix
20:04de certains produits
20:05et on en revient au fait
20:06que certains produits augmentent
20:07d'autres vont baisser
20:09et donc
20:09au moment où
20:10il y a des gens
20:11qui manifestent
20:12contre la hausse
20:13des prix du carburant
20:14vous avez en ce moment
20:15nos agriculteurs
20:15qui manifestent
20:16contre l'effondrement
20:17du prix des fraises
20:17et qui croisent
20:19la hausse
20:20du prix des engrais
20:21et on parlait
20:23de la Côte d'Ivoire
20:23en ce moment
20:24il y a des mouvements
20:24en Côte d'Ivoire
20:25parce que le prix du cacao
20:26s'est littéralement effondré
20:28et donc la question
20:29qui se pose
20:29après avoir triplé
20:30il est revenu
20:31au prix d'avant
20:33le véritable enjeu
20:34c'est comment est-ce
20:35que ça va se répercuter
20:36dans la chaîne finale
20:38et tout ça
20:38mais ce qui a
20:40d'importance
20:41c'est qu'effectivement
20:42dans ces prévisions
20:42de court terme
20:43qu'on pourrait penser
20:44extrêmement fiables
20:46je disais tout à l'heure
20:47dans le couloir
20:47qu'aujourd'hui
20:48c'est le 20ème anniversaire
20:49de la mort de Galbraith
20:51John Kenneth Galbraith
20:52pourquoi je m'en souviens
20:53parce que c'est moi
20:54qui ai fait la rubrique
20:54nécrologique
20:55dans un grand quotidien
20:56du soir
20:57et donc je racontais
20:59que sa dernière formule
21:00ça avait été
21:00j'ai commencé ma vie
21:02d'économiste
21:02avec des mathématiciens
21:03je la finis avec
21:04des astrologues
21:05et donc
21:06il disait
21:08cette espèce
21:08de profusion
21:10de la prévision
21:11et tout ça
21:11alors il avait
21:13une forme d'humour
21:13assez assassin
21:14mais il disait
21:15en fait le véritable problème
21:16c'est pas que tellement
21:18les économistes
21:18fassent des prévisions
21:19c'est que
21:20leurs prévisions
21:21sont biaisées par deux choses
21:22la première chose
21:22c'est qu'ils essaient
21:24de satisfaire les gens
21:25qui vont leur poser
21:25des questions
21:26donc ils répondent
21:27aussi ce que les gens
21:29attendent
21:29et deuxièmement
21:30ils ne réalisent pas
21:31toujours
21:31le fait
21:32les conséquences
21:33de ce qu'ils racontent
21:35et donc
21:36dans toutes les prévisions
21:37de la Banque Mondiale
21:38je pense quand même
21:39que dans tout ce qu'a dit
21:40et notamment
21:40pas la Banque Mondiale
21:41mais
21:42Madame Georgieva
21:44le FMI
21:46elle a insisté
21:46quand même
21:47sur le fait
21:47qu'on ne savait pas
21:48s'il allait se passer
21:49et tout ça
21:49mais que la réponse
21:51par les finances publiques
21:52et par les politiques budgétaires
21:53était de plus en plus
21:55difficile à réaliser
21:56c'est à dire
21:56que chaque crise
21:57qui arrive
21:57comme on n'a pas
21:59résorbé
22:02les conséquences
22:03de la crise précédente
22:04on a un outil budgétaire
22:05qui est en train
22:06de tomber
22:06totalement en désuétude
22:08Emmanuel ?
22:09je partage
22:09l'avis de Jean-Marc
22:12mais j'espère ne pas
22:13être monsieur Irma
22:15un peu d'astrologie
22:16je vais revenir
22:17aux fondamentaux
22:19pour répondre
22:20à votre question
22:20va-t-il y avoir
22:21de l'inflation
22:22dans les mois à venir
22:23en tout cas
22:23il y a une chose
22:24qui est sûre
22:24c'est que c'est un choc
22:25d'offres
22:25c'est un choc
22:25qui affecte les coûts
22:26sauf que l'inflation
22:27elle peut être aussi portée
22:28par un choc de demande
22:29or là on voit bien
22:30qu'on n'y est pas
22:31on a plutôt
22:31des ménages français
22:32qui épargnent
22:33je ne sais plus
22:33à combien est le taux d'épargne
22:3418%
22:35ce n'est jamais vu
22:36depuis les années 70
22:38ce qui n'était pas le cas
22:38en 2022
22:39en 2022 il y avait
22:40un choc d'offres
22:41mais aussi un appétit
22:43de consommer
22:44de désépargner
22:44suite au Covid
22:46donc là on est plutôt
22:47vous avez deux effets contraires
22:48d'un côté
22:48vous avez un choc d'offres
22:49s'il est suffisamment généralisé
22:51en effet
22:52coût de transport
22:52matière première
22:53il peut se diffuser
22:54et en même temps
22:55vous avez une demande
22:56qui est relativement à tonne
22:57ça s'appelle d'ailleurs
22:57la stagflation
22:58c'est-à-dire potentiellement
22:59pour avoir de l'inflation
23:00avec une demande
23:01relativement faible
23:02donc attention
23:03qui elle-même
23:04va affecter l'inflation
23:05donc la thèse
23:05est de dire
23:06l'inflation va être durable
23:08spontanément
23:08je n'y crois pas trop
23:09d'abord comme le disait
23:10Jean-Marc
23:11c'est un choc intemporaire
23:12deux pour l'instant
23:13il ne s'est pas diffusé
23:15trois il n'y a pas
23:15de boucle salaire
23:16et puis du côté
23:17de la demande
23:17c'est pas terrible
23:18quand vous regardez
23:19le comportement
23:19des parts des ménages
23:20on pourrait même avoir
23:21des ménages
23:21qui épargnent encore plus
23:23parce qu'il y a de l'inflation
23:23un effet pigou
23:26Emmanuel a raison
23:26mais ça va dépendre
23:27de la durée du conflit
23:30il y a 15 jours
23:31on se disait la même chose
23:34c'est pour ça
23:35qu'on est tous
23:36dans l'espoir absolu
23:38que tout ça va se régler
23:39que ça va se rouvrir
23:40qu'on va revenir
23:41assez vite
23:42vers 70 dollars
23:43pour le baril de pétrole
23:44ce qui est
23:45le prix à terme
23:46à décembre
23:46a remonté un peu
23:47il est à 77
23:48ce qui est un peu haut
23:49début d'année
23:50pour donner raison
23:52à Jean-Marc
23:52sur Mme Irma
23:53le consensus
23:54c'était
23:55prix du pétrole
23:56en 2026
23:5655 dollars
23:57le baril
23:58je ne sais plus
23:58si c'est le WTI
23:59aujourd'hui on est dans les 100
24:01on va dire
24:01aujourd'hui même
24:03on est autour de 100
24:04suivant le Brest
24:04si on est sur le Brent
24:05ou le WTI
24:07et le prix à terme
24:08à décembre
24:09est sur le WTI
24:10il était à 78
24:11donc
24:13c'est-à-dire que le marché
24:14lui-même
24:14pour l'instant
24:15espère encore
24:16que ça ne va pas durer
24:19personne ne sait
24:20effectivement
24:20dans quelles conditions
24:21on va être
24:22et autant je suis d'accord
24:24sur le fait
24:24qu'il y a peu de chances
24:25qu'il y ait une boucle prix salaire
24:26qui se mette en oeuvre
24:27si disons
24:29au moment des vacances
24:31de juillet-août
24:32les prix à la pompe
24:34redescendent
24:35autant si ça dure
24:36jusqu'à septembre-octobre
24:37là c'est une autre affaire
24:39parce que
24:40alors il y a
24:40la position française
24:42et puis il y a
24:42la position mondiale
24:43c'est-à-dire que ce qui est difficile
24:44c'est notre capacité
24:45d'insurrection latente
24:47et comme vous l'avez dit
24:48dans la période
24:50précédant
24:51l'élection présidentielle
24:52et il y a trois semaines
24:54avec Raphaël
24:55j'avais regardé
24:56j'avais expliqué
24:57Raphaël Le Gendre
24:59dans cette émission
25:01quelle avait été la réaction
25:02aux 73 de l'état français
25:04et ce qui est intéressant
25:05c'est que
25:06l'état d'esprit
25:07était très différent
25:07c'est-à-dire que la réaction
25:08du gouvernement
25:09était de dire
25:10il faut protéger la France
25:12ce n'est pas protéger
25:13les français
25:13il y a eu quelques vagues
25:14mesures catégorielles
25:15c'est-à-dire que le débat
25:16était de dire
25:17bon bah alors
25:17il faut accélérer
25:18sur le nucléaire
25:20il faut réduire
25:21notre consommation
25:21il y avait un peu
25:22des bêtises du genre
25:23on n'a pas de pétrole
25:24mais on a des idées
25:25mais on avait réduit
25:27la vitesse
25:28sur les autoroutes
25:29question
25:30évidemment
25:30personne n'oserait en parler
25:31compte tenu des gilets jaunes
25:32mais le débat central
25:34était comment
25:35est-ce qu'on pourrait
25:36On le retrouve néanmoins
25:37un petit peu ce débat
25:38sur les renouvelables
25:39aujourd'hui quand même
25:40à la marge
25:41mais
25:43aucun
25:45gouvernement
25:45enfin en France
25:46le gouvernement
25:47est tellement sous pression
25:49qu'il ne peut pas
25:49juste dire
25:50écoutez
25:50bon bah vous allez souffrir
25:51mais on va sauver la France
25:52et dans dix ans
25:53ça ira mieux
25:54notre préférence
25:56pour l'immédiateté
25:58est telle
25:58que je vois
26:00c'est pour ça que je dis
26:01qu'on sera
26:02en une situation compliquée
26:03si on se retrouve
26:04avec un pétrole
26:04au-dessus de 100 dollars
26:06à la rentrée
26:07en septembre
26:07dans la perspective
26:09de l'élection présidentielle
26:10la différence
26:11par rapport à cette période
26:11c'est que
26:13le prix du pétrole
26:14était géré
26:14par des gens
26:15qu'on pouvait clairement identifier
26:16c'est-à-dire l'OPEP
26:17on savait qu'ils étaient passés
26:19de 2,7 dollars
26:20à 11,7 dollars
26:21le baril
26:21et puis ça les restait
26:22à 11,7 dollars
26:23le baril
26:23et les émirats ont claqué
26:24la portière
26:25et là maintenant
26:26on voit bien que le prix du pétrole
26:27n'est plus géré
26:28entre guillemets
26:29par aucune instance
26:30je ne suis pas favorable
26:31à l'idée
26:31qu'il faille rétablir
26:32un monopole
26:33sur le fond
26:33un cartel
26:34sur le mais
26:35je dis
26:35
26:36et on en revient
26:37à ce qu'on disait
26:37c'est-à-dire
26:38on ne sait pas
26:38si en septembre
26:39ce sera à 55 dollars
26:40le baril
26:41ou si ce sera
26:42à 120 dollars
26:42le baril
26:43alors qu'en 73
26:44on savait que
26:45un an après
26:46ce serait toujours
26:46à 12 dollars
26:47le baril
26:47oui mais ça a recommencé
26:485 ans après
26:49avec justement déjà
26:50les événements en Iran
26:51en 79
26:53souvenons-nous
26:54qu'on a eu
26:54un double choc pétrolier
26:55et le choc de 73
26:57et le choc suivant
26:58et c'était quand même
27:00plus compliqué
27:00parce qu'il y avait aussi
27:02la notion d'embargo pétrolier
27:03c'est-à-dire
27:04qu'il y avait eu
27:04la hausse des prix
27:05mais Jean-Marc s'en souvient bien
27:07ils avaient décidé
27:09de baisser de 5%
27:11je ne sais pas
27:12c'était chaque mois
27:13la production
27:14donc on avait
27:15non seulement peur
27:16on constatait
27:17la hausse des prix
27:18et on avait la peur
27:19de l'embargo
27:21et de la raréfaction
27:22du pétrole
27:22d'autant plus
27:23qu'ils avaient désigné
27:23un certain nombre de pays
27:24en 73
27:26comme étant des pays
27:27où certains arrêteraient
27:29de livrer du pétrole
27:30la Hollande
27:31les Pays-Bas
27:32tous les pays
27:32qui avaient soutenu Israël
27:35étaient visés
27:36par l'embargo
27:37par l'embargo
27:38on va marquer une pause
27:39de toute façon
27:40on va continuer
27:40à discuter pétrole
27:41puisqu'on va parler
27:42kérosène
27:42et après on va parler
27:43industrie
27:44on se retrouve dans un instant
27:45donc dans cette grande émission
27:47d'astrologie
27:48désormais
27:48Les Experts
27:49à tout de suite
27:57BFM Business
27:58et la Tribune
27:58présente
28:00Les Experts
28:01Ludovic de Sauté
28:02De retour sur le plateau
28:04des Experts
28:04avec nous ce matin
28:05Guillaume Dard
28:06Emmanuel Combe
28:07et Jean-Marc Daniel
28:09allez
28:09on reste à peu près
28:11sur le même dossier
28:11c'est-à-dire
28:11les conséquences
28:12de cette crise
28:14et de ce choc énergétique
28:16qu'on est en train
28:16de vivre
28:17et de commenter
28:18sur une durée de temps
28:19qu'on n'arrive plus
28:19à estimer aujourd'hui
28:21avec un dossier
28:22quand même
28:22qui prend de l'ampleur
28:23au fil des jours
28:24au fil des mois
28:25c'est maintenant
28:27puisqu'on est à 60 jours
28:28l'histoire du kérosène
28:30où les alertes
28:31se multiplient
28:32on a encore vu
28:33ce week-end
28:33une compagnie
28:35low-cost
28:35comme Transavia
28:36revisiter une partie
28:37de son programme de vol
28:38sur mai et juin
28:40et puis on découvre
28:41aussi une situation
28:41derrière
28:42assez particulière
28:43et une forme de dépendance
28:44de l'Europe
28:45dans le domaine
28:46c'est-à-dire
28:46à la fois sur ses capacités
28:47de raffinage
28:48et aussi sa dépendance
28:49par rapport au pays du Golfe
28:5050% du kérosène
28:52européen
28:53vient directement
28:53quand est-ce qu'on va trouver
28:54une bonne nouvelle
28:55pour l'Europe
28:55où on aurait gagné
28:56de l'indépendance
28:59sur toutes les chaînes
29:01de supply chain
29:03on s'aperçoit
29:04que
29:06Emmanuel a des arguments
29:07qu'il va donner
29:07mais
29:08on est en train de faire partout
29:09et au passage
29:10là je parle un peu
29:11sur la gestion
29:14les Etats-Unis
29:15sont en train
29:16de manger
29:17toute la gestion
29:18européenne
29:19en 2007
29:20c'était à peu près
29:21des poids égaux
29:22entre l'industrie
29:23de la gestion
29:25européenne
29:25et la gestion
29:26américaine
29:27aujourd'hui
29:27c'est 80-85%
29:30et pour l'instant
29:31les autorités européennes
29:32ne défendent
29:33absolument pas
29:34l'industrie
29:34de la gestion
29:35européenne
29:36et la gestion
29:37à la limite
29:37on pourrait s'en moquer
29:38de l'industrie
29:38de la gestion
29:38c'est le fait
29:39qu'on peut
29:41faire irriguer
29:42les capitaux
29:42vers l'Europe
29:43au lieu que
29:44parce que bien entendu
29:45il y a forcément
29:46un biais
29:46de l'acteur
29:48qui va faire
29:48que si c'est un acteur
29:49américain
29:50et déjà le marché
29:51américain étant
29:52le plus grand
29:52ça oriente
29:53les capitaux
29:54vers là-bas
29:54alors en dépit
29:55de ce que Mario
29:56Draghi a dit
29:57en signalant
29:57et d'autres
29:58l'ont répété
29:59qu'il y a plusieurs
30:00centaines de milliards
30:00qui partent chaque année
30:01de l'Europe
30:02vers les Etats-Unis
30:02bah on continue
30:04on continue
30:04on va maintenant
30:05on va s'attaquer
30:06au kérosène
30:07mais c'est la même chose
30:08pour le kérosène
30:09toutes les raffineries
30:09qui ont fermé
30:11Emmanuel Combe
30:12c'est un dossier
30:13que vous connaissez
30:14particulièrement
30:14d'autant plus
30:15que vous sortez
30:16dans le transport aérien
30:18une location revisité
30:20alors déjà
30:21est-ce qu'on se fait
30:21un peu peur
30:22ou pas
30:22enfin que révèle
30:23cette tension
30:24sur le kérosène
30:24vu d'Europe
30:26il faut faire attention
30:26avec les mots
30:27il n'y a pas de pénurie
30:28à date généralisée
30:30il peut y avoir
30:30Patrick Pouyanné
30:31s'est fait reprendre là-dessus
30:32au niveau de certains aéroports
30:34qui rationnent
30:35des petits aéroports
30:36il peut y avoir
30:36des problématiques
30:37mais il n'y a pas de pénurie
30:38non ce qu'il y a
30:39c'est un choc
30:40à nouveau
30:41un choc sur
30:42alors là c'est
30:42Laurent Descure
30:43qui se fait reprendre
30:43c'est un choc sur les coûts
30:46le jet
30:46il faut bien comprendre
30:47vraiment en deux mots
30:48c'est un marché
30:48très particulier
30:49le jet
30:49c'est le non-technique
30:50du kérosène
30:51c'est le carburéacteur
30:52il n'y a pas de substitut
30:53c'est des raffineries
30:54designées pour cela
30:55c'est un tout petit marché mondial
30:56en termes de production
30:57et c'est un tout petit marché
30:59en termes de commerce
31:00en réalité les pays
31:01produisent leurs jets
31:01souvent pour eux-mêmes
31:02donc déjà il y a très peu
31:03de flux commerciaux
31:04ce qui veut dire que
31:05dès que vous avez
31:05un des trois en l'espèce
31:07qui est bloqué
31:08le prix flambe
31:09ce qui est normal
31:10puisque le marché est étroit
31:11forcément les prix surréagissent
31:12le prix du jet a doublé
31:14ça s'appelle
31:15un choc de coût
31:16quand vous avez un prix
31:17qui double
31:18et que vous êtes
31:18une compagnie aérienne
31:19quel que soit le type de compagnie
31:20on pourra y revenir
31:21si vous voulez
31:21low cost
31:22pas low cost
31:22le coût carburant
31:24c'est à peu près
31:2425-30%
31:25avant la crise
31:26là on est à 45%
31:27c'est votre premier coût
31:28d'exploitation
31:29alors il y a deux solutions
31:30soit vous faites des marges
31:32et vous absorbez
31:33soit vous ne faites pas de marge
31:34et vous n'absorbez pas
31:35alors il faut savoir
31:35que dans le transport aérien
31:37contrairement à une idée
31:38quand même assez reçue
31:39sauf quelques compagnies
31:40dont Ryanair
31:41qui a des marges
31:42je le rappelle
31:42à peu près de LVMH
31:44de l'ordre de 15%
31:45résultat net
31:45si vous laissez de côté
31:47quelques compagnies
31:47c'est un secteur
31:48où les marges sont quasiment
31:50peut-être pas nulles
31:51mais 3%
31:524%
31:53donc vous n'avez pas le choix
31:53si vous avez un choc
31:55qui affecte
31:55votre principal coût de production
31:57coût d'exploitation
31:57vous reportez dans les prix
31:59alors si vous reportez
32:00dans les prix
32:00qu'est-ce qui se passe
32:01en particulier sur le cours
32:02moyen courrier
32:03la demande elle est
32:05élastique au prix
32:05et là on parlait de
32:06monsieur et madame Irma
32:07tout à l'heure
32:07c'est pas monsieur ou madame Irma
32:09c'est de la bonne vieille économie
32:10qui marche
32:10c'est comme la demande
32:11c'est le consommateur
32:12qui va parler
32:12la demande est élastique
32:13on est sur typiquement
32:14intra-Europe
32:15c'est la clientèle essentiellement
32:16qu'on appelle touristique
32:17ou affinitaire
32:18soit elle renonce à voyager
32:19soit elle voyage moins loin
32:20soit elle prend sa voiture
32:22soit elle prend le train
32:23donc mettez-vous à la place
32:24d'une compagnie
32:24typiquement low cost ou pas
32:25qui fait de l'intra-Europe
32:26Transavia
32:27vous avez un choc de coût
32:28qui va nécessairement
32:30se transposer
32:31en choc de prix du billet
32:32la demande va baisser
32:33vos avions ne sont pas remplis
32:35hors dans l'aérien
32:36comme on gagne
32:37très très peu par siège
32:38le seul moyen d'être rentable
32:39c'est de remplir l'avion
32:40ce qu'on appelle
32:41le lot de facteurs
32:41le taux de remplissage
32:42donc à la fin
32:43que prédisent les compagnies aériennes
32:44sur certaines lignes
32:45ils savent que les vols
32:47ne seront pas rentables
32:48donc ils préfèrent les annuler
32:50mais ils n'annulent pas
32:51parce qu'il manque de carburant
32:52ils annulent
32:53par rentabilité
32:54parce qu'ils savent que
32:55le lot de facteurs
32:55ce qu'on appelle le lot de facteurs
32:56sera en dessous de 85%
32:58si vous ne remplissez pas
32:59votre avion à 85%
33:01au moins
33:01vous n'êtes pas rentable
33:03donc vous voyez
33:03ce n'est pas un choc
33:04dû aux banques de kérosène
33:06c'est qu'ils savent
33:07ils savent
33:08et on le voit déjà
33:08il y a des destinations
33:09qui ont complètement fermé
33:10qui bat aujourd'hui en Égypte
33:12personne
33:13donc si vous aviez prévu
33:14un vol Transavia
33:14Orly
33:16Orly
33:17Le Caire
33:17Le Caire
33:18vous annulez
33:19alors annuler ça ne veut pas dire
33:20que la personne ne peut pas
33:22bien sûr être remboursée
33:23il y a un droit européen
33:24assez protecteur
33:25des passagers
33:26c'est un autre sujet
33:27mais attention
33:27avec les mots
33:28à date
33:29il n'y a pas de pénurie
33:30au sens
33:30on n'annule pas des vols
33:31parce qu'on manque de pétrole
33:32il peut y avoir des pénuries
33:33très localisées
33:35dans ce cas là
33:35ce que font les compagnies
33:36c'est qu'elles font
33:36ce qu'on appelle
33:37plus d'emport
33:38sauf que les règles européennes
33:39vous contraignent
33:40sur l'emport carburant
33:41pour des raisons environnementales
33:42il faut peut-être assouplir ça
33:44permettre à la compagnie
33:44de partir le matin
33:46plein
33:47justement
33:47parce qu'elle peut anticiper
33:48que dans l'aéroport d'arrivée
33:50j'ai eu quelques soucis
33:51notamment à Venise
33:52dans l'aéroport d'arrivée
33:53il y aura ce qu'on appelle
33:54des rationnements
33:55mais attention
33:56à ne pas jouer avec les mots
33:57à date
33:58il n'y a pas de pénurie
33:59même au sens juridique
34:00je crois que l'Europe
34:01a qualifié de situation
34:02de pénurie
34:02moins de 23 jours
34:04moins de 23 jours
34:05on n'en est pas là
34:06donc attention
34:06là c'est la vision
34:08secteur aérienne
34:08et merci pour l'explication
34:09Emmanuel
34:10parce qu'elle permet
34:10de comprendre
34:11que les probables annulations
34:12alors malheureusement
34:13en période de saison estivale
34:14ce qui va avoir des conséquences
34:16on parle de quelques pourcents
34:16alors en tant que besoin
34:17dans la valeur absolue
34:18ça fait beaucoup de vol
34:18c'est un peu plus prononcé
34:21en Asie
34:21danser déjà quand même
34:22parce que l'Asie
34:23est chez plein
34:23en revanche
34:25structurellement
34:25et ça nous emmènera
34:26après son dossier suivant
34:27sur l'industrie
34:28ce que fait apparaître aussi
34:29cette question
34:30c'est une question de souveraineté
34:31mais incroyable
34:32c'est ce que disait Guillaume
34:33en France il ne reste
34:34que 4 raffineries
34:36qui font du kérosène
34:37à peu près
34:38il y a un seul pays en Europe
34:39qui a réussi à maintenir
34:40ces raffineries dédiées
34:42aux jets
34:42c'est l'Espagne
34:43et en fait on est complètement
34:44dépendant des imports
34:45et alors c'est ça
34:46qui est incroyable
34:46c'est que non seulement
34:47on est dépendant des imports
34:48mais on n'a pas de substitut
34:48parce que les Américains
34:50c'est essentiellement
34:51pour leur marché domestique
34:51alors ils exportaient
34:52un peu plus vers l'Europe
34:53et alors tenez-vous bien
34:54tous les autres pays
34:55qui étaient producteurs
34:56et qui exportaient
34:56ont décidé de suspendre
34:58les exportations
34:59la Thaïlande
34:59la Chine
35:00la Corée du Sud
35:02donc vous voyez finalement
35:03l'Europe est complètement coincée
35:04et je rejoins
35:05Guillaume je finis juste là-dessus
35:06on s'aperçoit que même là
35:07le kérosène
35:09finalement on a perdu
35:10une forme de souveraineté
35:11là où je ne suis pas
35:11tout d'accord avec Guillaume
35:12parce que je pense
35:12qu'il y a d'autres sujets
35:13sur lesquels on est très souverains
35:15et on a même une puissance
35:15qu'on n'utilise pas
35:16je m'en réjouis à l'avance
35:18mais sur le raffinage
35:20je ne parle pas du jet
35:22sur le raffinage
35:23vous vous souvenez
35:23de toutes les grèves
35:25qu'on a eues
35:26dans les raffineries Totale
35:28etc
35:28donc les gens de Totale
35:30ce sont des saints
35:31d'avoir continué
35:32à avoir des raffineries
35:32d'ailleurs
35:33je ne sais pas si vous avez remarqué
35:34mais S.O. avait historiquement
35:37une société de raffinage
35:38qui était cotée
35:39hop
35:40ils l'ont revendue
35:41personne ne veut être
35:42otage permanent
35:43donc on voit bien
35:44l'effet
35:47de substitution
35:48qui se passe
35:49c'est-à-dire que
35:49si on n'arrive plus
35:50pour des raisons
35:51d'idiosyncrasie française
35:53à produire
35:53enfin bon
35:54sinon c'est le port de Marseille
35:55si on veut prendre
35:56un autre exemple
35:56c'est-à-dire qu'on perd
35:57du terrain à chaque fois
35:59Jean-Marc
36:00sur cette question
36:01de souveraineté
36:02ce qui m'inquiète
36:03dans le discours
36:03sur la souveraineté
36:04c'est que
36:04c'est la façon
36:06d'être protectionniste
36:07tout en étant
36:09bien gentil
36:10et vertueux
36:10parce que protectionniste
36:11ça fait rassemblement national
36:13ça fait ringard
36:13mais souveraineté
36:14c'est déjà beaucoup mieux
36:15quand il y a
36:16du libre-échange
36:17effectivement
36:18il y a des avantages comparatifs
36:19et on ne fait plus tout
36:20on se spécialise
36:21et on est dépendant
36:22de ses fournisseurs
36:22qui cessent d'être
36:23des fournisseurs nationaux
36:24alors là aussi
36:25sur le commerce international
36:26je cite assez souvent
36:27le trinérance
36:29de Dany Rodrigue
36:30vous savez
36:30il dit
36:31on ne peut pas avoir
36:32trois choses à la fois
36:32on ne peut pas avoir
36:33la démocratie
36:34on ne peut pas avoir
36:35le pouvoir d'achat
36:37et on ne peut pas avoir
36:37la souveraineté
36:38et donc chaque modèle
36:40on peut avoir
36:41donc la souveraineté
36:43et la démocratie
36:44il n'y a pas de pouvoir d'achat
36:45ce sont les Etats-Unis
36:45donc effectivement
36:46on maintient le pouvoir d'achat
36:48par du déficit budgétaire
36:49par des déficits colossaux
36:51et les capitaux
36:53vont aux Etats-Unis
36:54parce qu'effectivement
36:54aux Etats-Unis
36:55l'Europe est dans quelle posture
36:56alors dans ce jeu à trois
36:57oui alors ça
36:58c'est les Etats-Unis
36:58il y a la Chine
37:00il y a la souveraineté
37:01et puis là aussi
37:02on organise
37:04la distribution des revenus
37:06de façon à calmer
37:06la population
37:07donc il n'y a pas
37:07la démocratie
37:08et Dany Rodrigue
37:09dit
37:10l'Europe
37:10elle a choisi quoi
37:11elle a choisi
37:13le pouvoir d'achat
37:14c'est-à-dire
37:14elle a choisi
37:15la liberté
37:16elle a choisi la démocratie
37:17donc elle a perdu
37:18la souveraineté
37:19et Dany Rodrigue dit
37:20chacun fait son choix
37:22en fonction de ses critères
37:23moi j'ai fait mon choix
37:24je pense qu'il vaut mieux
37:25choisir la démocratie
37:26et le pouvoir d'achat
37:27que la souveraineté
37:29et donc
37:30deuxième remarque
37:31que je ferai
37:31sur le kérosène
37:32et tout ça
37:33effectivement
37:34il y a des compagnies aériennes
37:35qui vont souffrir
37:36mais
37:36j'ai entendu
37:37à une certaine époque
37:38quelqu'un
37:39qui avait fait
37:41le buzz autour de ça
37:42qui avait dit
37:43si on veut sauver la planète
37:46arrêter de prendre l'avion
37:47il faut donner 4 billets d'avions
37:49je remarque
37:50Jean-Covici
37:504 billets d'avions
37:51par personne
37:52pour toute leur vie
37:53et donc
37:54il faut que les compagnies aériennes
37:55et donc
37:56ils disaient
37:56c'est un peu ce que dit Schumpeter
37:58c'est de la destruction créatrice
37:59la destruction de demain
38:01elle sera
38:02dans certaines formes de transport
38:03et la création
38:04se fera dans d'autres formes
38:05de transport
38:06alors
38:07il y a un aspect conjoncturel
38:08mais
38:08je pose aussi la question
38:10de savoir
38:11est-ce que
38:12ce n'est pas une occasion
38:13aussi
38:13cette crise
38:14de préparer
38:15un avenir
38:16qui sera un avenir
38:17où il faudra
38:17moins prendre l'avion
38:18quand vous dites
38:19la saison touristique
38:20va être catastrophique
38:22on ne dit pas
38:23en tout cas
38:23il y a d'abord
38:25Madame Irman
38:25ne sait pas
38:26et puis ensuite
38:27il y a un moment
38:27où on peut se poser
38:28la question
38:28de savoir
38:29est-ce que
38:29la saison touristique
38:31ça suppose systématiquement
38:32de détruire la planète
38:34en détruire l'avion
38:35c'est la dernière chose
38:36qui marche en Europe
38:37c'est le tourisme
38:38oui mais on n'est pas obligé
38:39de le faire par l'avion
38:40quand même
38:43je cherchais
38:43quel était l'avantage
38:45compétitif
38:45quand on va en Terre
38:47il y a naturellement
38:48des effets nusibles
38:49parce que ça fait
38:50trop de monde
38:50à Venise
38:51de la pollution
38:51mais c'est la seule chose
38:52qui marche
38:53il n'y a pas que ça
38:54qui marche
38:54il n'y a qu'une chose
39:04qui marche
39:05je rappelle quand même
39:06quand on regarde
39:07la balance des paiements
39:08courants
39:08l'Europe est quand même
39:09l'endroit
39:10qui gagne le plus
39:11l'Europe continue
39:12à améliorer
39:13sa situation
39:13de balance
39:14des paiements
39:14courants
39:14les Etats-Unis
39:15sont en train
39:16d'être
39:16c'est le pays
39:18en faillite
39:18ça me fait penser
39:19les Etats-Unis
39:20à cette formule
39:21de leur deuxième président
39:22qui disait
39:23alors là aussi
39:24c'est pas Galbraith
39:25c'est le deuxième président
39:26des Etats-Unis
39:27je suis arrivé
39:28à la conclusion
39:28qu'il n'y a que deux façons
39:30de détruire un pays
39:30c'est la guerre
39:32la dette
39:32les Etats-Unis
39:33c'est quoi ?
39:34c'est la guerre
39:35et nous on a la dette
39:37et on voudrait faire la guerre
39:38Emmanuel devra agir
39:39Emmanuel
39:40par rapport à ce que disait
39:41à ce que disait
39:42Jean-Marx
39:43la souveraineté
39:43c'est pas binaire
39:44c'est pas souveraineté
39:45égal protectionnisme
39:46versus je fais un autre choix
39:48on peut faire le choix
39:49du libre-échange
39:50et se diversifier
39:51finalement l'erreur
39:52qu'on a commise
39:52me semble-t-il
39:53c'est d'importer
39:54la moitié de notre jet
39:55de notre carburéacteur
39:57des pays du Golfe
39:58rien ne nous empêchait
40:00on retrouve le même débat
40:01qu'avec au moment du Covid
40:02et du gaz rousse
40:04la diversification
40:06c'est très intelligent
40:07c'est pas du protectionnisme
40:09c'est du libre-échange
40:10puisque j'importe mes produits
40:11simplement
40:12je diversifie mon risque
40:13comme on le fait en finance
40:14donc attention
40:15c'est pas binaire
40:16c'est pas est-ce que je produis
40:17moi-même mon kérosène
40:18versus je suis dépendant
40:19du détroit d'Hormuz
40:20pardon
40:21qu'a-t-on fait
40:22à nouveau
40:23pour ne pas diversifier
40:25nos sources d'approvisionnement
40:26moi je suis effaré
40:27de voir qu'en réalité
40:27la moitié
40:28et vous vous l'expliquez
40:30aujourd'hui Emmanuel
40:31c'est quoi ?
40:31c'est un impensé ?
40:33non j'ai pas l'explication
40:35j'ai pas l'explication
40:35mais pour moi
40:36le contrefactuel
40:37c'est pas forcément
40:39faire revit
40:39des usines de raffinage
40:41en Europe
40:41non c'est peut-être
40:42se diversifier géographiquement
40:44or elles existent
40:44les capacités de production
40:45ailleurs
40:46on aurait pu conclure
40:46des contrats à long terme
40:47avec les américains
40:49avec les coréens
40:50on va le faire
40:51on va le faire
40:51elles existent
40:52pour l'instant
40:53elles existent
40:54si les capacités de production
40:55existent
40:55on ira les chercher
40:56non mais vu les tensions
40:57en Asie actuellement
40:58il y a des restrictions
40:59il y a pénurie
41:00ou il n'y a pas pénurie
41:02il y a des situations
41:03de pénurie
41:04alors il y a pénurie
41:05ou pas pénurie
41:06en Asie
41:07il y a des tensions
41:07enfin les marchés
41:08sont refermes
41:08alors attention
41:09la saison touristique
41:11n'est pas morte
41:11quand vous interrogez
41:12les compagnies iréennes
41:14et vous dire
41:14en fait les consommateurs
41:15sont très attentifs
41:16ils sont comme nous
41:16ils se disent
41:17si ça dure
41:17on changera nos plans
41:19et là en effet
41:20il y aura des annulations
41:20de vol massives
41:22et si ça ne dure pas
41:23pensez bien
41:24les avions seront pleins
41:24n'oubliez jamais
41:25que dans le transport
41:26c'est important
41:27pour nos auditeurs
41:28ce qui drive le trafic aérien
41:29depuis 50 ans
41:30vous prenez toutes les équations
41:31économétriques que vous voulez
41:32ça n'est pas le prix
41:35c'est le revenu
41:36on voyage
41:36parce qu'on devient
41:38plus riche
41:38et ça s'appelle
41:39en économie
41:40de l'élasticité revenu
41:41l'élasticité revenu
41:42dans le transport aérien
41:43elle est de l'ordre de 1,5
41:44ça veut dire
41:45que si vous gagnez
41:4510 de plus
41:46vous allez consommer
41:4815 de plus
41:48je ne dis pas
41:49que le prix ne joue pas
41:50mais le premier déterminant
41:52du transport aérien
41:52c'est les revenus
41:53or vous n'êtes pas sans savoir
41:54qu'il y a beaucoup de pays
41:55qui sortent de la pauvreté
41:56qui deviennent même
41:58regardez le trafic aérien
41:59a explosé en Chine
42:00pas pour des raisons de prix
42:01pour des raisons de revenus
42:02donc attention
42:03le prix n'est pas
42:04le premier déterminant
42:06n'est pas le premier facteur
42:07du fait de voyager
42:09ou pas
42:10alors je vous propose
42:11de glisser sur le
42:12dernier sujet
42:13qui est connexe
42:14puisqu'on va rejoindre
42:14la logique de souveraineté
42:16mot banni par
42:17j'ai bien compris
42:18par Jean-Marc
42:20oui c'est la façon élégante
42:22je ne suis pas protectionniste
42:24je suis pour la souveraineté
42:26je resitue juste
42:28début mars
42:29il y a eu la présentation
42:30notamment par Stéphane
42:31Séjourné
42:31du plan d'accélération
42:33industrielle européenne
42:34avec le fameux
42:36made in Europe
42:37avec certaines mesures
42:39des pourcentages
42:40de parties
42:41produites en Europe
42:43plus des mesures
42:44de protection
42:45en termes d'entrée
42:46au capital
42:46de protection
42:47voilà
42:49bon
42:50le temps est passé
42:51et là
42:52Pékin envoyait
42:53une missive
42:54à Bruxelles
42:54en début de semaine
42:55on pouvait s'y attendre
42:56alors missive
42:57pas trop acide
42:58à ce stade là
42:59honnêtement
42:59quand on la regarde
43:00mais en disant
43:01quand même
43:01il y a de la discrimination
43:02et chers amis
43:03si on continue
43:04sur cette logique là
43:05on va parler
43:06de contre-mesure
43:07donc
43:08ce débat là
43:09aujourd'hui
43:10qu'est-ce qu'on traduit
43:11est-ce que
43:12l'Europe devient
43:13enfin courageuse
43:14et doit se préparer
43:16à rentrer
43:16dans un affrontement
43:17avec la Chine
43:18ou est-ce qu'on s'y prend mal
43:19je ne sais pas
43:20si on s'y prend bien
43:21ou mal
43:21par contre
43:21ce qui est clair
43:22c'est qu'on a manqué
43:23de lucidité
43:23parce que les Chinois
43:24ils ont annoncé
43:25la couleur
43:26depuis à peu près 2010
43:27quand ils ont fait
43:28un plan à 15 ans
43:29pour expliquer
43:30que sur à peu près
43:31les 10 industries
43:33qui leur semblaient
43:35majeures
43:35pour la décennie
43:372020-2030
43:38ils voudraient être
43:39les leaders
43:39donc
43:40pour donner quelques chiffres
43:41la production industrielle
43:43chinoise
43:43c'est environ 30%
43:44de la production
43:45industrielle mondiale
43:47les Etats-Unis
43:48sauf à ce que
43:49Jean-Marc Moukori
43:50c'est à peu près 20
43:50et l'Europe
43:51je pense qu'on est
43:52en train de passer
43:53sous les 15
43:54bon
43:54donc déjà
43:55la Chine
43:55c'est deux fois
43:56l'Europe
43:57même si on a
43:58quelques avantages
43:59compétitifs
43:59de ci de là
44:00et dans certaines industries
44:02la capacité de production
44:04chinoise
44:05elle peut être
44:05de 110%
44:07de la demande
44:07je ne sais pas
44:08sur les climatiseurs
44:09ils peuvent produire
44:09plus de climatiseurs
44:10que toute la planète
44:12en voudrait
44:12surcapacité
44:14surcapacité
44:14et nombreux
44:15et pour simplifier
44:17vraiment un peu
44:17outrageusement
44:18la Chine
44:19c'est à la fois
44:19cette notion
44:20du plan stratégique
44:21mais dans l'exécution
44:22du plan stratégique
44:23et ça ressemble
44:24presque aux Etats-Unis
44:24on laisse partir
44:26tout le monde
44:26et puis à la fin
44:27on garde les meilleurs
44:27est-ce qu'on les aide ?
44:28on ne les aide pas ?
44:29ce qu'on voit dans l'automobile
44:30avec une rapidité
44:32sur l'automobile
44:33on ne peut pas dire
44:34qu'on a vu arriver le coup
44:37dans les pays du sud
44:39si vous allez
44:40dans les pays du sud
44:41maintenant
44:41les importations
44:42je pense que la part
44:43de marché chinois
44:44sur l'automobile
44:45elle est colossale
44:46les japonais
44:48se sont fait déborder
44:49les japonais
44:49avaient débordé
44:50les européens
44:53et si vous allez en Chine
44:54vous voyez
44:55encore 2-3 Mercedes
44:57Audi
44:57je ne sais pas
44:58on n'en voit plus une
44:59on ne voit que
45:00des magnifiques
45:01voitures chinoises
45:02donc leur capacité
45:02ce que vous êtes en train de dire
45:03Guillaume
45:03c'est qu'il était temps
45:04que l'Europe se réveille
45:05et que
45:07je ne sais pas si elle doit être réveillée
45:08je finis juste
45:09pardon Emmanuel
45:09je finis
45:10c'est de dire
45:10un c'est une réalité
45:12l'industrie
45:13ça va être une industrie numérique
45:14les usines de BYD
45:16il n'y a pas d'ouvriers
45:17donc l'automobile
45:19je ne sais pas si elle sort
45:20en 2 minutes
45:203 minutes
45:21mais quasiment
45:22personne ne lui a dit
45:22bonjour à la voiture
45:23il y a peut-être un gars
45:24qui met un petit coup de chiffon
45:25mais je ne me suis pas sûr
45:26à la sortie
45:27donc si on a perdu
45:28la guerre numérique
45:30où sont les IA
45:32il y a Mistral
45:32c'est formidable
45:33mais on a un fabricant
45:35de machines
45:36de lithographie
45:37à SML
45:38mais tous les producteurs
45:40de semi-conducteurs
45:41l'essentiel
45:42est ailleurs
45:43et si un jour
45:44la Chine
45:45sans forcément
45:46par violence
45:46attrape Taïwan
45:47elle a vraiment gagné
45:49c'est la guerre
45:49des robots
45:50de l'IA
45:50si vous allez en Chine
45:51on ne voit plus que des robots
45:53et donc ce débat
45:54et tout c'est bien
45:55qu'on soit réveillé
45:56mais
45:58pour moi il y a deux sujets
45:59complètement différents
46:00il y a pourquoi
46:01on s'est cassé la figure
46:02pardon
46:02en termes de désindustrialisation
46:04en Europe
46:05depuis 30 ans
46:06ça ce n'est pas la faute
46:07de la Chine
46:07c'est notre faute
46:08c'est le rapport Draghi
46:09on a alimenté
46:09et pour le coup
46:11je trouve que la solution
46:12qui consiste à dire
46:13on va imposer des normes
46:14de contenu local
46:15je vais y revenir
46:15si vous voulez plus tard
46:16c'est typiquement
46:17la fausse bonne idée
46:18elle adresse un vrai problème
46:20mais avec une mauvaise solution
46:21pardon je le fais vraiment
46:22de manière très courte
46:23en quoi imposer
46:25l'achat de produits
46:27made in Europe
46:28permet de remonter
46:30la chaîne de valeur
46:31c'est même l'inverse
46:31ça va vous cantonner
46:33dans une forme
46:34de petite rente
46:35puisque finalement
46:36vous réservez
46:37ce qu'il faut
46:38c'est avoir
46:38les meilleurs composants
46:39les meilleurs produits
46:40et pas des produits européens
46:42c'est pas made in Europe
46:43qu'il faut
46:43c'est made with Europe
46:44pour moi la solution
46:45c'est faire des partenariats
46:46avec ceux qui savent
46:47et dans l'automobile
46:48on est en retard
46:49et vous pouvez faire
46:50tout le contenu local
46:51que vous voulez
46:51vous resterez en retard
46:53donc pour moi
46:53il y a un premier sujet
46:54c'est l'Europe a décroché
46:56Draghi nous l'a dit
46:57parce qu'on n'a pas assez investi
46:58en R&D, éducation etc
46:59ça ça a rien dans
47:00avec la Chine
47:00d'accord
47:01et on adresse le problème
47:03en le prenant
47:04en aval
47:05on dit bah voilà
47:06on va réserver des marchés
47:07notamment des marchés publics
47:09et du coup
47:09ça nous fera de la demande
47:11et si ça fait de la demande
47:12ça fera de la demande
47:13mais pour des produits
47:13qui sont à quel niveau
47:14technologique
47:15ça va faire monter les prix
47:16et les coûts pour qui
47:17quand je dis les prix
47:17c'est pas pour les consommateurs
47:18ça va faire monter
47:20les coûts de production
47:20pour d'autres industriels
47:22et paradoxalement
47:23ça peut affecter
47:24la compétitivité
47:25de l'industrie européenne
47:26donc premier sujet
47:26on a décroché
47:28je vois pas en quoi
47:29imposer des normes
47:30de contenu local
47:30aide à rattraper
47:32je pense même
47:32que ça va nous contonner
47:33dans une forme de trappe
47:35puis un deuxième sujet
47:36c'est la Chine
47:37Guillaume a raison
47:38elle a des surcapacités
47:39et la demande interne
47:40est à tonnes
47:40donc leur seul débouché
47:41c'est l'exportation
47:43et on est victime
47:44de concurrence
47:44en effet
47:45avec les Etats-Unis
47:46qui sont fermés par ailleurs
47:47et on est victime
47:47de concurrence déloyale
47:48semi-fermée
47:49on est victime
47:49de concurrence déloyale
47:50alors là je vais peut-être
47:51pas me faire des amis
47:51en plus on fait une erreur
47:52parce que les normes
47:53de contenu local
47:54c'est contraire
47:55aux règles de l'OMC
47:57alors j'entends
47:57les cris d'on frère
47:58en disant
47:58mais quel naïf
47:59c'est Emmanuel
47:59il croit encore
48:00que l'OMC existe
48:01d'abord oui elle existe
48:02et surtout
48:02il faut faire comme avec Trump
48:03il faut jouer
48:04le jeu de la Chine
48:05la Chine vous dit quoi
48:05elle vous dit
48:06moi je tiens à l'OMC
48:07la preuve
48:08elle a accepté
48:09c'est un peu technique
48:09de faire partie
48:11d'un panel
48:11vous savez que
48:12l'organe de règlement
48:13des différents
48:13ne marche pas
48:14mais c'est pas vrai
48:15en fait on a créé
48:15un truc à côté
48:16dont fait partie la Chine
48:18elle accepte donc
48:19qu'on conteste
48:20des décisions
48:20et bien moi je prendrais
48:21la Chine au jeu
48:21puisque vous dites
48:23que vous respectez
48:24les règles de l'OMC
48:25et bien nous on va les respecter
48:26on va pas faire du contenu local
48:27c'est interdit
48:27le contenu local
48:28c'est contraire
48:28aux règles de l'OMC
48:29par contre on va vous poursuivre
48:30parce que vous subventionnez
48:32votre industrie
48:33or ça c'est dans les règles
48:34de l'OMC
48:34c'est tout ce qu'on appelle
48:35les procédures anti-subvention
48:37on l'a fait
48:37sur les véhicules électriques
48:39avec les 30%
48:40on va vous poursuivre
48:41parce qu'on est victime
48:42de dumping
48:43il y a une réglementation
48:44anti-dumping
48:44je vais le dire autrement
48:45on a déjà des instruments
48:47qui nous permettent
48:48de nous protéger
48:49tiens troisième instrument
48:50les clauses de sauvegarde
48:51on vient de les activer
48:52sur l'acier
48:52si les importations
48:54progressent trop vite
48:54c'est les règles de l'OMC
48:55il faut toujours jouer
48:57le jeu de son adversaire
48:59je les prendrais au mot
49:00alors que là
49:00la Chine
49:01a beau jeu de dire
49:02mais en fait
49:03les normes de contenu local
49:04c'est en effet
49:05au sens juridique du terme
49:07une discrimination
49:08je rappelle que les règles
49:09de l'OMC
49:10interdisent le contenu local
49:11sauf pour les marchés publics
49:13mais pas pour les subventions
49:14et pas pour les investissements
49:15directs étrangers
49:16on lui donne une arme
49:18pour se faire battre
49:19donc moi je pense
49:19qu'il faut jouer le jeu
49:20de son adversaire
49:21c'est à dire de dire
49:22très bien
49:22vous êtes membre de l'OMC
49:24nous aussi ça tombe bien
49:25on va vous poursuivre
49:26sur toutes les subventions
49:27que vous octroyez
49:28à vos industries
49:29je pense que c'est
49:30beaucoup plus efficace
49:31qu'une norme de contenu local
49:33Jean-Marc
49:34est-ce que l'Europe
49:34se fourvoie dans la méthode ?
49:36L'Europe se fourvoie
49:37je pense que l'Europe
49:38jusqu'à présent
49:39encore une fois
49:39je pense que
49:40dans le triangle de Rodrigue
49:41le fait qu'on n'a pas choisi
49:42le même schéma que la Chine
49:43mais qu'on a choisi
49:44la démocratie
49:45c'est plutôt une bonne nouvelle
49:46faire de la Chine
49:47un modèle et un exemple
49:48ça m'inquiète beaucoup
49:49la deuxième remarque
49:50que je ferais
49:51c'est que les Chinois
49:51disent aussi
49:52que c'est la première fois
49:53dans l'histoire
49:53que la zone
49:55avec la plus en excédent extérieur
49:57réclame des mesures
49:58protectionnistes
49:59c'est quand même
49:59assez aberrant
50:00parce que l'Europe
50:01dégage le plus d'excédents extérieurs
50:03le troisième élément
50:05que je mettrai en avant
50:06c'est que
50:07le Japon
50:08dont on a parlé
50:08effectivement
50:09le Japon maintenant
50:10a un déficit commercial
50:11qui est égal
50:11à celui de la France
50:12c'est vous dire
50:13l'ampleur des dégâts
50:14parce que faire
50:15aussi mal que la France
50:16vous regardez
50:17l'excédent extérieur du Japon
50:18c'est 200 milliards de dollars
50:20pourquoi ?
50:21parce que le Japon
50:22il a fait la stratégie
50:23que
50:24Moumaï
50:25que je recommande
50:26que je recommande
50:27il a fait la stratégie
50:28la stratégie
50:29oui oui
50:30non ils l'ont pas fait
50:30à Moumaï
50:31ils l'ont fait
50:31à l'Indonésie
50:32le grand discours
50:33quand même
50:33c'est de dire
50:34des Indonésiens
50:35c'est de dire
50:35écoutez après tout ce
50:36qu'ils nous ont fait
50:37les Japonais
50:37entre 40 et 45
50:38on a quand même compris
50:39que c'est en allant chercher
50:40leur épargne
50:41qu'on se développerait
50:42et donc
50:43on a parlé
50:44d'erreurs
50:45et tout ça
50:46mais en fait
50:46ça fait quand même
50:4725 ans
50:47que Serge Tureud
50:48nous a dit
50:49les usines
50:50elles ne seront plus
50:51en Europe
50:52en Europe
50:53il n'y a plus
50:54de gens pour travailler
50:55en Europe
50:56il y a des gens
50:57dont il va falloir s'occuper
50:58parce que la population
50:59a vieilli
50:59en Europe
51:00il y a de l'épargne
51:01il faut mettre l'épargne
51:02dans les endroits
51:02où ça rapporte
51:03donc la vraie stratégie
51:04c'est ni le protectionnisme
51:06ni la fascination
51:07pour les totalitaires
51:09de Pékin
51:10la véritable solution
51:11c'est de dire
51:12on va dégager notre épargne
51:13utiliser notre épargne
51:14pour aller dans les endroits
51:15où il y a de la croissance
51:16c'est à dire
51:17en Inde
51:17je vais prendre juste
51:19un exemple
51:20quels sont les deux pays
51:21qui détiennent le plus
51:22le reste du monde
51:22à l'heure actuelle
51:23c'est l'Allemagne
51:24et le Japon
51:25et donc ce sont ces pays
51:27qui ont eu une stratégie
51:28qui était une stratégie
51:29d'adaptation
51:30à la réalité
51:30de leur population
51:31c'est à dire
51:32ils sont en train
51:33de construire
51:33la silver economy
51:34parce que
51:35l'enjeu ne sait pas
51:36de refaire l'industrie
51:37du 19ème siècle
51:38c'est de répondre
51:40aux attentes
51:41de la population
51:42allez il nous reste
51:42trois minutes Guy
51:44intellectuellement
51:44bien sûr que
51:45Jean-Marc Daniel
51:46a toujours raison
51:47oui c'est vrai
51:48je sais
51:49je sais
51:50soyez modeste
51:51Jean-Marc
51:51Edgar Ford disait
51:52c'est embêtant
51:54mais j'ai toujours raison
51:54alors vous connaissez
51:56la phrase de Yogi Berra
51:57en théorie
51:58la théorie et la pratique
51:58c'est la même chose
51:59mais en pratique
52:00pas toujours
52:00donc en pratique
52:01ça va demander
52:02un moment d'adaptation
52:04extrêmement complexe
52:05et quant au Japon
52:06qui est un pays
52:07très fermé
52:08du point de vue
52:10des mouvements
52:11de population
52:13et qui a une acceptation
52:17c'est une démocratie
52:18mais enfin
52:19ça a quand même
52:20un caractère
52:20un peu obéissant
52:22de nature
52:23par rapport à la Chine
52:24c'est une vraie démocratie
52:25le Japon
52:26mais je ne la mets pas en cause
52:27c'est bien sûr
52:28une démocratie
52:29mais une démocratie
52:30qui arrive assez vite
52:31à des consensus
52:31beaucoup plus facilement
52:33que les démocraties européennes
52:34qui sont confrontées
52:36à une phase de populisme
52:37et donc
52:39pratiquement
52:40pas intellectuellement
52:42les populations
52:43ne comprendront pas
52:44qu'il va y avoir
52:45beaucoup moins d'emplois
52:47pas besoin de revenir en arrière
52:48même si le taux de chômage
52:49ne monte pas trop
52:50on est dans une situation
52:52assez difficile
52:53en Europe
52:53c'est pour ça
52:54que l'industrie du tourisme
52:55l'industrie des EHPAD
52:56c'est clé
52:56parce que ça emploie
52:58l'industrie de la sécurité
52:59ça emploie
53:00sur l'industrie tout court
53:02on a quelques zones
53:04d'excellence
53:05mais elles sont
53:06de moins en moins
53:07et la vague du luxe
53:09n'est pas aussi porteuse
53:10qu'elle a été
53:11et de toute manière
53:11ne peut pas
53:14assurer l'emploi industriel
53:15donc
53:15il faut faire de l'industrie
53:17oui
53:17il faut essayer de se défendre
53:19un peu contre la Chine
53:20oui
53:21mais
53:22ça va être
53:23il ne faut pas se faire d'illusions
53:25dans 10 ans
53:26on ne produira presque plus rien
53:27par rapport à la Chine
53:28la Chine
53:29c'est l'usine du monde
53:31la Chine
53:36je pense que moi
53:37je n'y arriverai pas
53:37mais j'ai connu la Chine
53:38à 700 millions d'habitants
53:39je pense que mes enfants
53:41connaîtront la Chine
53:42à 700 millions d'habitants
53:42oui mais avec les robots
53:43la Chine ne sera plus
53:45l'atelier du monde
53:45c'est déjà fini la Chine
53:46sur le plan démographique
53:48l'avenir est en Inde
53:49il est en Indonésie
53:50il est dans ces pays-là
53:51ce ne sont plus les personnes
53:52c'est là où on a un problème
53:54il y a un problème conceptuel
53:56c'est que l'industrie
53:58va être une industrie numérique
53:59ça n'a plus rien à voir
54:00avec le nombre de personnes
54:02non mais il faut
54:02je pense que
54:03Jean-Marc
54:05il y a 30 secondes
54:06vraiment
54:07il y a deux problèmes
54:08le problème de l'Europe
54:09c'est qu'elle ne sait pas
54:10utiliser sa force
54:11c'est là où je ne suis pas
54:12du tout d'accord avec Guillaume
54:12l'Europe a
54:14des arguments
54:14les Américains sont aussi
54:16dépendants de l'Europe
54:17pas seulement
54:18pas seulement avec ASML
54:19regardez tout l'écosystème
54:20téléphonie
54:21Nokia, Ericsson
54:22vous n'avez pas d'équivalent
54:23aux Etats-Unis
54:23simplement on n'ose pas
54:24utiliser dans la négociation
54:25il faut faire du Trump
54:26à nouveau
54:27Trump vous dit
54:27j'ai un problème avec vous
54:28sur le numérique
54:30je vous mets des droits de droite
54:31il faut faire la même chose
54:31il faut globaliser la négo
54:33et deuxièmement
54:34n'oublions pas que pour les Chinois
54:35on est le premier
54:36débouché à l'exportation
54:37ça s'appelle une force énorme
54:39donc en fait
54:40le problème de l'Europe
54:40c'est qu'elle n'utilise pas
54:41ses atouts
54:42je ne suis pas en train de dire
54:43que l'Europe
54:43a une souveraineté absolue
54:45mais dire que l'Europe
54:46n'a aucun levier de négociation
54:47je pense que c'est relativement
54:49à mon avis
54:49c'est relativement caricatural
54:51il n'y a pas que ASML
54:51il n'y a pas mal d'écosystèmes
54:53simplement l'Europe ne sait pas
54:54l'Europe elle discute
54:55en vertical
54:57elle est trop bonne élève
54:59trop sage
55:00Trump nous dit
55:00il faut faire du transversal
55:02on va y aller
55:03vous savez je l'ai toujours dit
55:04il aurait fallu dire à Trump
55:05tout déficit commercial
55:06est injuste
55:07c'est vous qui nous le dites
55:08vous savez quoi
55:09on a un déficit commercial
55:09avec vous
55:10sur le numérique
55:11sur les services numériques
55:11on va vous les taxer
55:12enfin on rentre dans une période
55:14de tension
55:14puisque ces tensions
55:16commerciales
55:17peuvent déboucher
55:18quand on a des problèmes
55:19d'approvisionnement
55:19on voit bien la tension
55:20on est dans une espèce
55:22de guerre mondiale larvée
55:23je pense qu'on va vers
55:24des temps très très difficiles
55:25merci Guillaume
55:26merci Emmanuel
55:27merci Jean-Marc
55:28super débat
55:28j'espère qu'on le prolongera
55:30notamment sur la Chine
55:31je crois qu'il y aura
55:31d'occasion
55:32vous pouvez retrouver
55:33cette émission en replay
55:34sur les plateformes de BFM
55:35BFM Business
55:36RMC
55:37tout de suite
55:38c'est tout pour investir
55:39avec Etienne Braque
55:40et puis on se retrouve demain
55:41évidemment pour les experts
55:42bonne journée
55:43salut
55:46les experts
55:48débats et controverses
55:49sur BFM Business
55:50BFM Business
55:51pour une bonne journée
55:52la journée
55:52pour une bonne journée
55:52pour une bonne journée
55:52Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations