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Retrouvez le débrief de l'actu du mercredi 29 avril dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00C'est Hervé Goulet-Cœur qui nous a rejoint. Bonjour conseiller économique du cabinet de conseil à Curacy.
00:05Dans les actualités à débriefer ensemble, on a évidemment d'abord l'OPEP avec ce coup de tonnerre.
00:09Alors ça dépend, ça pouvait être aussi attendu sur le plan politique, mais des Émirats Arabes Unis qui se retirent
00:14de l'OPEP,
00:15stop au quota, ils veulent récupérer leur propre production. Comment vous avez regardé cette annonce ?
00:20Je crois qu'il y a quatre regards à avoir. Le premier c'est qu'à court terme ça ne
00:24changera pas grand chose,
00:25parce que produire est compliqué aujourd'hui parce qu'on n'arrive pas à vendre.
00:31Le deuxième c'est que ça fragilise l'OPEP. L'OPEP avait vocation à être cartel, il n'arrivait pas
00:40à peser sur le marché du pétrole brut,
00:43il s'était élargi à la Russie. Là si on perd les Émirats, ça rend la chose plus difficile, avec
00:51quand même un bémol,
00:52c'est que les Émirats c'était un mauvais joueur dans le cartel, ils produisaient autant qu'ils voulaient,
00:58donc ils ne respectaient pas les règles. Donc en fait il faut qu'on limite l'impact tout de même,
01:03mais politiquement c'est vrai que l'OPEP est affaibli, ce qu'il faut en tirer comme message,
01:09c'est sans doute un marché du pétrole plus volatile une fois que la chose sera normal.
01:14Parce qu'il y a moins la capacité de faire tampon sur les prix, si vous n'avez pas l
01:19'OPEP.
01:20Donc ils seront plus faibles. Le troisième élément qui est de nature économique,
01:24c'est face à une demande dont on sait qu'elle va baisser, comment maximiser,
01:31quand on est un producteur, le revenu ? Et on voit bien qu'il y a deux façons de faire.
01:35Les Émirats disent, moi il faut que j'en profite maintenant, je vends tout ce que je peux,
01:41c'est pas grave pour le prix, j'ai une ressource qui va servir à diversifier mon économie.
01:46Et c'est vrai que les Émirats arrivent à diversifier.
01:49D'autre côté, il y a les Saoudiens qui eux disent, oulala, il faut en garder sous le pied,
01:55il faut avoir un prix élevé, donc une vision plus long terme,
01:59parce que la diversification c'est compliqué.
02:02Donc on a deux modèles économiques assez différents, ça se voyait.
02:06Aujourd'hui l'illustration est encore plus forte.
02:08Le quatrième élément est de nature, non pas économique, mais diplomatique.
02:12On voit bien qu'aller vers plus de stabilité dans la région, c'est compliqué.
02:18Le conflit, tout au moins la tension entre les deux frères jumeaux,
02:23on voit bien qu'elle est présente.
02:25C'est clair.
02:25Donc cette illusion de stabiliser la région, ça reste d'illusion.
02:30Autre événement dans l'actualité économique et financière,
02:34ça va être la dernière réunion de politique monétaire en tant que président de la fête de Jérôme Powell.
02:39Aujourd'hui et demain, discours de main très attendu, on ne sait pas s'il va rester au bord.
02:44Alors, il quitte la présidence, ça c'est sûr,
02:49parce que Kevin Warch va être confirmé par le Sénat.
02:53Alors, est-ce qu'il reste au bord et donc au comité de politique monétaire ?
02:58En fait, ça va dépendre de la procédure lancée par l'administration,
03:03mais finalement annulée.
03:05Contre lui, vous savez, c'est les travaux de rénovation du siège de la Banque centrale.
03:10Ce n'est pas très clair.
03:11Normalement, le dossier est plié, mais de façon maladroite,
03:14le ministère de la Justice américain a dit qu'il pourrait le réouvrir.
03:18Sur le plan administratif ?
03:19Donc, le plus probable, c'est quand même qu'il s'envaille.
03:21Je pense qu'il faut partir sur cette idée-là.
03:24Mais il n'est pas obligé ?
03:25Il n'est pas obligé, non, parce que son mandat de gouverneur file jusqu'en 2028, je crois.
03:30Donc, il pourrait ne pas partir, mais l'usage, la tradition, c'est que dans les conditions,
03:35je suis président, je pourrais rester comme gouverneur, je ne suis plus à la présidence,
03:40je m'en vais.
03:41Donc, je pense qu'il fera ça.
03:43Alors, à quoi on va être attentif ?
03:45En fait, on voit bien que Kevin Warsh, son successeur,
03:49il a envie de détricoter tout ce qui a été fait au cours des quasiment 20 dernières années
03:55par Bernanke, par Yellen et par Powell.
03:59En fait, qu'est-ce qui est en jeu ?
04:01Est-ce qu'on doit réduire la taille du bilan de la Banque centrale ?
04:04Donc, mesure non conventionnelle.
04:06Est-ce qu'il faut gérer les anticipations du marché ?
04:09La fameuse forward guidance, ça, c'était du côté de Bernanke,
04:14Bernanke qui est prix Nobel d'économie.
04:16Donc, aller contre ce qu'il a fait, c'est quand même pas si simple que ça.
04:20La maximisation du marché du travail politique très keynésienne de Yellen,
04:25ça, ça va sans doute passer à la trappe.
04:27Et puis, la gestion des risques.
04:28Est-ce que le risque est plus du côté de l'inflation,
04:30du côté de l'emploi, qui était vraiment la marotte de Powell ?
04:34Ça, ça risque aussi de passer un peu sous la trappe.
04:37Mais en fait, au-delà de ces aspects très techniques,
04:40la question est de nature plus politique.
04:43C'est-à-dire, comment on résiste à la pression de l'exécutif sur la Banque centrale ?
04:47Il y a deux exemples à ne pas suivre.
04:50C'est celui de Maxiney-Martin du temps de Johnson,
04:54celui de Burns du temps de Nixon.
04:57Dans les deux cas, la pression de la Maison-Blanche sur eux
05:00avait été très forte et ils avaient cédé.
05:03Ils auraient dû remonter leur taux.
05:05Ils ne l'ont pas fait.
05:06Et ça donne des crises ?
05:07On est dans cette inflation qu'on a connue pendant au moins une vingtaine d'années.
05:11Donc, en fait, Warch a été élu pour des raisons de proximité ou d'écoute
05:18des envies du président Trump.
05:21Mais il faut qu'il résiste, si je comprends bien.
05:23Il faudra qu'il résiste.
05:25Est-ce qu'il en aura la capacité ?
05:28Alors, il n'est pas tout seul.
05:29Le comité de politique monétaire, il y a des présidents qui sont assez dictatoriaux.
05:37Greenspan était dans cette catégorie.
05:39Alors, Greenspan a défendu l'indépendance,
05:43a défendu une unité du message de la Banque centrale
05:47en ralliant tout le monde autour de sa vision des choses.
05:51Et il a bien fait.
05:52Donc, en fait, à la fois, Warch doit résister.
05:55Et le début est compliqué pour lui.
05:58Et il doit former l'unité du Conseil de politique monétaire autour de lui.
06:03Et je pense qu'on va l'attendre là.
06:04Mais gardons ces expériences des années 60 et 70.
06:08Il ne faut pas que ça se reproduise.
06:10Il nous reste une grosse minute.
06:12Comment vous regardez justement l'économie américaine ?
06:15Etienne Braque nous racontait ce matin que Hilton, Coca, Visa avaient relevé leurs prévisions
06:21tellement ça se passe bien du côté des clients.
06:23Est-ce que c'est un bon indicateur ?
06:25Qu'est-ce que ça nous dit ?
06:26Alors, c'est vrai que la consommation, les derniers éléments que l'on a, sont plutôt bons.
06:32Et c'est plutôt surprenant.
06:34Alors, est-ce qu'il faut extrapoler le trait ?
06:36Ou est-ce qu'il faut élargir la focale ?
06:39Si on élargit la focale, l'emploi, il n'y en a plus guère.
06:44L'inflation rogne le pouvoir d'achat.
06:46Le taux d'épargne est très bas.
06:49Il y a de l'incertitude.
06:51À ce titre-là, ça rend prudent.
06:53Est-ce que pour compenser cela, il y a les baisses d'impôts de l'administration Trump ?
06:59J'aurais envie de dire non.
07:01Donc, l'extrapolation du trait ne me semble pas l'hypothèse que je retiendrai.
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