Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 11 heures
Retrouvez le débrief de l'actu du mardi 31 mars dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:008h48, Christian Parizeau nous a rejoint. Bonjour Christian, on a ces chiffres de la consommation des ménages qui viennent de
00:06tomber, des chiffres qui sont négatifs.
00:07Un recul de 1,4% sur un mois après une hausse de 0,4 en janvier. Ce sont donc
00:13des chiffres mensuels d'un mois sur un mois.
00:16Ça c'est volatile la consommation des ménages, mais un recul de 1,4% c'est quand même pas
00:20une bonne nouvelle.
00:21Non, c'est pas une bonne nouvelle, surtout que c'est sur le mois de février, c'est avant mars.
00:24Donc c'est pas au moment où on a eu le choc pétrolier. C'est vrai que c'est un
00:29indicateur très volatile au mois, le mois.
00:30C'est une petite partie de la consommation, c'est pas l'ensemble et c'est la partie la plus
00:33volatile.
00:34Donc c'est normal qu'on peut avoir des aléas au mois, le mois. Mais globalement, ce qui est certain,
00:38c'est que ça va avoir un impact.
00:40Ce choc pétrolier va quand même avoir un impact sur la consommation. Alors oui et non.
00:45C'est-à-dire que par rapport à ce qu'on avait vu en 2022, il semble que la réaction
00:50des ménages est beaucoup plus faible.
00:51Alors je parle au niveau européen ou au niveau des enquêtes qu'on a pu avoir de confiance des ménages.
00:56Il y a un impact parce que la confiance chute.
00:58Les ménages ont très largement conscience que les hausses des prix de l'essence vont affecter leur pouvoir d'achat.
01:03La bonne nouvelle, c'est que les composantes de long terme ne sont pas encore affectées.
01:06C'est-à-dire que quand on dit aux ménages, est-ce que votre pouvoir d'achat à court terme
01:09va être affecté ? Oui.
01:10Est-ce que les perspectives de long terme sont affectées ? Non.
01:13Donc ils ont le sentiment quand même que c'est un choc de très court terme.
01:15Donc ça, c'est plutôt la bonne nouvelle.
01:17Alors qu'en 2022, on avait eu vraiment un sentiment que c'était la guerre entre l'Ukraine et la
01:22Russie.
01:23C'était quand même un vrai choc qui était jugé beaucoup plus durable.
01:26Donc les ménages sont sur un scénario de guerre courte ?
01:28A priori, en tout cas pour l'instant.
01:31Après, ça pourra évoluer.
01:33Deuxième chose que l'on constate, c'est que quand même la chute de la confiance est beaucoup moins violente
01:37qu'en 2022.
01:38Mais il faut dire aussi qu'à l'époque, on avait eu quand même aussi la hausse des prix de
01:41l'électricité, les prix du gaz.
01:43Il y avait à peu près tout qui montait.
01:44Là, on est quand même très focalisé sur les chances.
01:47Alors, je ne vous dis pas que ça n'a pas d'impact.
01:48Je ne vous dis pas que ça n'a pas joué sur la consommation.
01:50Et il est certain que les ménages français qui avaient déjà un rythme de consommation qui était relativement faible,
01:55et ce chiffre le démontre encore plus le mois de février,
01:58ne vont pas maintenant acheter des automobiles, ne vont pas acheter des biens discrétionnaires.
02:03Et ils vont plutôt contraindre leur consommation.
02:06Mais je dirais qu'on n'est pas quand même sur un choc d'opinion aussi violent qu'en 2022.
02:11C'est quand même une petite bonne nouvelle, on va dire, à la marge à ce niveau-là.
02:15La question qu'on pose ce matin, Christian, c'est que si on ne peut pas augmenter l'offre de
02:19pétrole,
02:20parce qu'on est au maximum,
02:21si on ne peut pas laisser les prix faire leur travail de juge de paix entre l'offre et la
02:27demande,
02:27est-ce qu'il faut faire baisser la demande ?
02:29Est-ce que c'est possible et combien ça coûte ?
02:30De toute façon, ça se traduira mécaniquement par une baisse de la demande,
02:36puisqu'aujourd'hui, on a une offre qui est contrainte.
02:38Alors, tant qu'on était sur un blocage du Détroit d'Hormuz qui était temporaire,
02:42on pouvait dire qu'il suffisait de débloquer le Détroit d'Hormuz, on revenait normalement.
02:46Là maintenant, on est sur des destructions.
02:47Donc on sait qu'au niveau mondial, on est sur des pertes qui seront plus ou moins fortes,
02:53autour de 4 millions de barils.
02:55Même si demain, tout s'arrêtait, on n'est pas sur une reprise classique.
02:58Donc il va falloir détruire la demande.
02:59Ce qui est certain, c'est que là où on va en détruire le plus dans le monde,
03:03ça va être au niveau des pays émergents,
03:05puisque c'est là où le choc est le plus violent,
03:07où les États n'ont pas la capacité d'amortir ce choc par des mesures,
03:11et où on a véritablement un coup d'arrêt,
03:13parce qu'en plus, c'est un poids qui en monte très vite dans le pouvoir d'achat
03:15des pays émergents, dans le déménage des pays émergents.
03:18Donc le choc est beaucoup plus violent pour les pays émergents
03:20que dans les pays développés.
03:21Le problème dans les pays développés, entre guillemets,
03:24c'est qu'on a une élasticité de la demande au prix
03:27qui est très faible à l'essence.
03:28Et aujourd'hui, à l'heure actuelle,
03:31on n'est pas sur des niveaux de cours,
03:33enfin d'ampleur de mouvements,
03:34ou des niveaux de cours du pétrole
03:36qui va induire une forte baisse de la demande de pétrole
03:39dans les pays émergents, dans les pays développés.
03:41Il faut monter quel niveau de prix en Europe
03:43pour que les gens arrêtent d'acheter ?
03:44Il faudrait, d'après les calculs qu'on peut faire,
03:48plutôt autour des 120 dollars, 150 dollars,
03:50pour qu'on commence à avoir des risques,
03:52d'une part de récession, très clairement,
03:54donc de contraction d'activité dans les pays développés,
03:57et ce qui se traduirait, cette contraction d'activité,
03:59forcément, par une baisse de la demande.
04:01Donc, on n'y est pas encore,
04:02mais on est dans un élément plutôt de ralentissement.
04:07C'est-à-dire que les gens continuent de consommer,
04:09alors certes, les ménages les moins aisés vont être beaucoup plus affectés,
04:12moi je parle au niveau macroéconomiquement,
04:14au niveau des entreprises et des ménages,
04:16on n'est pas dans une période de rationnement au niveau du prix actuel,
04:19on est plutôt dans des personnes qui augmentent leur budget énergie,
04:23qui voient le budget énergie augmenter dans leur budget,
04:25et qui restreignent d'autres achats,
04:27et donc reportent leurs achats qui ne sont pas obligatoires,
04:30et généralement, c'est pour ça qu'on dit que lorsque les prix du pétrole montent,
04:34ça fait baisser le marché automobile,
04:35on va me dire, c'est quoi la relation ?
04:36C'est juste parce qu'on peut reporter son achat automobile
04:39d'un ou deux mois si on a une pression sur son budget.
04:42Donc, c'est-à-dire qu'il y a forcément des reports d'achats,
04:44et c'est généralement sur des biens dits descriptionnaires,
04:47dits des biens durables,
04:48qu'on reporte les achats,
04:49et donc ça ralentit l'économie.
04:51Mais on n'est pas encore à ces niveaux de tarifs,
04:54à ces niveaux de prix aujourd'hui,
04:55sur un comportement qui va faire que je vais moins consommer.
04:59Et à la pompe, ça fait combien ?
05:00De 70 ? 3 ?
05:02C'est quoi le prix où on considère que la demande baisse ?
05:04C'est un peu psychologique,
05:06c'est vrai qu'on va dépasser 2,
05:07il y a peut-être des gens qui vont commencer à réduire leur consommation,
05:11mais il y a le prix à la pompe,
05:13mais aussi les prix au niveau de l'industrie,
05:14et l'impact que ça peut avoir sur l'ensemble des plastiques,
05:18des biens que l'on a.
05:19Alors, en plus,
05:20il y a peut-être un élément qui change par rapport à 2022,
05:23on a eu des études qui ont été faites,
05:25et qui nous semblent nous montrer que les industriels
05:28ont déjà eu le choc de 2022.
05:30Donc, on a mis des clauses d'indexation
05:32beaucoup plus importantes dans les contrats,
05:34ce qui fait qu'ils sont couverts par des contrats
05:38pour se protéger sur les prix,
05:40soit on a mis des clauses d'ajustement des prix,
05:42en fonction des coûts énergétiques,
05:45puisqu'il y a eu ce choc de 2022.
05:46Et donc, on peut s'attendre aussi
05:48à une transmission beaucoup plus rapide
05:50de la hausse des coûts du pétrole
05:52sur les prix finaux.
05:53Donc, toute la question qui sera,
05:55c'est la rapidité de la transmission,
05:56mais ça va se voir sur les indices des prix
05:58beaucoup plus vite, à mon avis,
05:59et puis derrière, la réaction du consommateur,
06:01parce que ça ne sera pas la consommation d'essence
06:03qui baissera le plus,
06:04ça sera surtout les achats des consommateurs
06:05sur les autres biens.
06:06Merci.
Commentaires

Recommandations