00:008h48, Christian Parizeau nous a rejoint. Bonjour Christian, on a ces chiffres de la consommation des ménages qui viennent de
00:06tomber, des chiffres qui sont négatifs.
00:07Un recul de 1,4% sur un mois après une hausse de 0,4 en janvier. Ce sont donc
00:13des chiffres mensuels d'un mois sur un mois.
00:16Ça c'est volatile la consommation des ménages, mais un recul de 1,4% c'est quand même pas
00:20une bonne nouvelle.
00:21Non, c'est pas une bonne nouvelle, surtout que c'est sur le mois de février, c'est avant mars.
00:24Donc c'est pas au moment où on a eu le choc pétrolier. C'est vrai que c'est un
00:29indicateur très volatile au mois, le mois.
00:30C'est une petite partie de la consommation, c'est pas l'ensemble et c'est la partie la plus
00:33volatile.
00:34Donc c'est normal qu'on peut avoir des aléas au mois, le mois. Mais globalement, ce qui est certain,
00:38c'est que ça va avoir un impact.
00:40Ce choc pétrolier va quand même avoir un impact sur la consommation. Alors oui et non.
00:45C'est-à-dire que par rapport à ce qu'on avait vu en 2022, il semble que la réaction
00:50des ménages est beaucoup plus faible.
00:51Alors je parle au niveau européen ou au niveau des enquêtes qu'on a pu avoir de confiance des ménages.
00:56Il y a un impact parce que la confiance chute.
00:58Les ménages ont très largement conscience que les hausses des prix de l'essence vont affecter leur pouvoir d'achat.
01:03La bonne nouvelle, c'est que les composantes de long terme ne sont pas encore affectées.
01:06C'est-à-dire que quand on dit aux ménages, est-ce que votre pouvoir d'achat à court terme
01:09va être affecté ? Oui.
01:10Est-ce que les perspectives de long terme sont affectées ? Non.
01:13Donc ils ont le sentiment quand même que c'est un choc de très court terme.
01:15Donc ça, c'est plutôt la bonne nouvelle.
01:17Alors qu'en 2022, on avait eu vraiment un sentiment que c'était la guerre entre l'Ukraine et la
01:22Russie.
01:23C'était quand même un vrai choc qui était jugé beaucoup plus durable.
01:26Donc les ménages sont sur un scénario de guerre courte ?
01:28A priori, en tout cas pour l'instant.
01:31Après, ça pourra évoluer.
01:33Deuxième chose que l'on constate, c'est que quand même la chute de la confiance est beaucoup moins violente
01:37qu'en 2022.
01:38Mais il faut dire aussi qu'à l'époque, on avait eu quand même aussi la hausse des prix de
01:41l'électricité, les prix du gaz.
01:43Il y avait à peu près tout qui montait.
01:44Là, on est quand même très focalisé sur les chances.
01:47Alors, je ne vous dis pas que ça n'a pas d'impact.
01:48Je ne vous dis pas que ça n'a pas joué sur la consommation.
01:50Et il est certain que les ménages français qui avaient déjà un rythme de consommation qui était relativement faible,
01:55et ce chiffre le démontre encore plus le mois de février,
01:58ne vont pas maintenant acheter des automobiles, ne vont pas acheter des biens discrétionnaires.
02:03Et ils vont plutôt contraindre leur consommation.
02:06Mais je dirais qu'on n'est pas quand même sur un choc d'opinion aussi violent qu'en 2022.
02:11C'est quand même une petite bonne nouvelle, on va dire, à la marge à ce niveau-là.
02:15La question qu'on pose ce matin, Christian, c'est que si on ne peut pas augmenter l'offre de
02:19pétrole,
02:20parce qu'on est au maximum,
02:21si on ne peut pas laisser les prix faire leur travail de juge de paix entre l'offre et la
02:27demande,
02:27est-ce qu'il faut faire baisser la demande ?
02:29Est-ce que c'est possible et combien ça coûte ?
02:30De toute façon, ça se traduira mécaniquement par une baisse de la demande,
02:36puisqu'aujourd'hui, on a une offre qui est contrainte.
02:38Alors, tant qu'on était sur un blocage du Détroit d'Hormuz qui était temporaire,
02:42on pouvait dire qu'il suffisait de débloquer le Détroit d'Hormuz, on revenait normalement.
02:46Là maintenant, on est sur des destructions.
02:47Donc on sait qu'au niveau mondial, on est sur des pertes qui seront plus ou moins fortes,
02:53autour de 4 millions de barils.
02:55Même si demain, tout s'arrêtait, on n'est pas sur une reprise classique.
02:58Donc il va falloir détruire la demande.
02:59Ce qui est certain, c'est que là où on va en détruire le plus dans le monde,
03:03ça va être au niveau des pays émergents,
03:05puisque c'est là où le choc est le plus violent,
03:07où les États n'ont pas la capacité d'amortir ce choc par des mesures,
03:11et où on a véritablement un coup d'arrêt,
03:13parce qu'en plus, c'est un poids qui en monte très vite dans le pouvoir d'achat
03:15des pays émergents, dans le déménage des pays émergents.
03:18Donc le choc est beaucoup plus violent pour les pays émergents
03:20que dans les pays développés.
03:21Le problème dans les pays développés, entre guillemets,
03:24c'est qu'on a une élasticité de la demande au prix
03:27qui est très faible à l'essence.
03:28Et aujourd'hui, à l'heure actuelle,
03:31on n'est pas sur des niveaux de cours,
03:33enfin d'ampleur de mouvements,
03:34ou des niveaux de cours du pétrole
03:36qui va induire une forte baisse de la demande de pétrole
03:39dans les pays émergents, dans les pays développés.
03:41Il faut monter quel niveau de prix en Europe
03:43pour que les gens arrêtent d'acheter ?
03:44Il faudrait, d'après les calculs qu'on peut faire,
03:48plutôt autour des 120 dollars, 150 dollars,
03:50pour qu'on commence à avoir des risques,
03:52d'une part de récession, très clairement,
03:54donc de contraction d'activité dans les pays développés,
03:57et ce qui se traduirait, cette contraction d'activité,
03:59forcément, par une baisse de la demande.
04:01Donc, on n'y est pas encore,
04:02mais on est dans un élément plutôt de ralentissement.
04:07C'est-à-dire que les gens continuent de consommer,
04:09alors certes, les ménages les moins aisés vont être beaucoup plus affectés,
04:12moi je parle au niveau macroéconomiquement,
04:14au niveau des entreprises et des ménages,
04:16on n'est pas dans une période de rationnement au niveau du prix actuel,
04:19on est plutôt dans des personnes qui augmentent leur budget énergie,
04:23qui voient le budget énergie augmenter dans leur budget,
04:25et qui restreignent d'autres achats,
04:27et donc reportent leurs achats qui ne sont pas obligatoires,
04:30et généralement, c'est pour ça qu'on dit que lorsque les prix du pétrole montent,
04:34ça fait baisser le marché automobile,
04:35on va me dire, c'est quoi la relation ?
04:36C'est juste parce qu'on peut reporter son achat automobile
04:39d'un ou deux mois si on a une pression sur son budget.
04:42Donc, c'est-à-dire qu'il y a forcément des reports d'achats,
04:44et c'est généralement sur des biens dits descriptionnaires,
04:47dits des biens durables,
04:48qu'on reporte les achats,
04:49et donc ça ralentit l'économie.
04:51Mais on n'est pas encore à ces niveaux de tarifs,
04:54à ces niveaux de prix aujourd'hui,
04:55sur un comportement qui va faire que je vais moins consommer.
04:59Et à la pompe, ça fait combien ?
05:00De 70 ? 3 ?
05:02C'est quoi le prix où on considère que la demande baisse ?
05:04C'est un peu psychologique,
05:06c'est vrai qu'on va dépasser 2,
05:07il y a peut-être des gens qui vont commencer à réduire leur consommation,
05:11mais il y a le prix à la pompe,
05:13mais aussi les prix au niveau de l'industrie,
05:14et l'impact que ça peut avoir sur l'ensemble des plastiques,
05:18des biens que l'on a.
05:19Alors, en plus,
05:20il y a peut-être un élément qui change par rapport à 2022,
05:23on a eu des études qui ont été faites,
05:25et qui nous semblent nous montrer que les industriels
05:28ont déjà eu le choc de 2022.
05:30Donc, on a mis des clauses d'indexation
05:32beaucoup plus importantes dans les contrats,
05:34ce qui fait qu'ils sont couverts par des contrats
05:38pour se protéger sur les prix,
05:40soit on a mis des clauses d'ajustement des prix,
05:42en fonction des coûts énergétiques,
05:45puisqu'il y a eu ce choc de 2022.
05:46Et donc, on peut s'attendre aussi
05:48à une transmission beaucoup plus rapide
05:50de la hausse des coûts du pétrole
05:52sur les prix finaux.
05:53Donc, toute la question qui sera,
05:55c'est la rapidité de la transmission,
05:56mais ça va se voir sur les indices des prix
05:58beaucoup plus vite, à mon avis,
05:59et puis derrière, la réaction du consommateur,
06:01parce que ça ne sera pas la consommation d'essence
06:03qui baissera le plus,
06:04ça sera surtout les achats des consommateurs
06:05sur les autres biens.
06:06Merci.
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