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  • il y a 6 semaines
Retrouvez le débrief de l'actu du mardi 7 avril dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:008h45 sur BFM Business et sur MC Live chez Jean-François Robin qui nous a rejoint, directeur de la recherche
00:05de Natixis.
00:06CIB, je commence évidemment avec les questions pétrolières, on a largement redépassé ce matin les 110 dollars, le baril, le
00:12WTI qui est quasiment autour des 115.
00:15Le patron de l'agence internationale de l'énergie qui dit dans le Figaro qu'avril sera pire que le
00:19mois de mars.
00:20On commence à rentrer dans le dur un petit peu sur les questions pétrolières.
00:23Oui, on ne voit pas trop d'issues à ce conflit dans le détroit d'Ormouz.
00:27Alors on a eu une espèce de comité à délerté de l'OPEP qui a dit qu'ils allaient augmenter
00:33en avril puis en mai de la même façon de 206 barils jour pour augmenter la production de pétrole.
00:41Donc ça c'est une très bonne nouvelle pour faire baisser les prix du baril.
00:44Le problème c'est qu'il faut sortir ces barils, donc c'est toujours le même problème, c'est qu
00:48'on a des arrêts de production tant que ça ne sort pas.
00:50Donc cette annonce ne sert à rien pour l'instant.
00:52Ce que ça montre quand même c'est qu'il y a une volonté des pays producteurs du pétrole, de
00:57l'OPEP, d'augmenter leur production dès que ce sera un petit peu calmé.
01:00Donc ça éventuellement ça montre que, ça justifie que les prix du pétrole soient plus bas dans quelques mois qu
01:05'aujourd'hui.
01:06En revanche ce qui me semble être la bonne nouvelle quand même de ce week-end de ce point de
01:09vue-là.
01:09Alors mis à part tout ce que raconte Trump qui veut détruire l'Iran,
01:12et on voit bien que l'Iran a des capacités de frappe encore apparemment efficaces.
01:19En revanche ce qui était intéressant c'est ce qui s'est passé avec l'Irak.
01:21Il dit que c'est les amis du régime des Ayatollahs, les régimes irakiens,
01:26et les autorisent à faire passer leurs barils.
01:28Et donc ça c'est intéressant parce que l'Irak avait réduit de deux tiers sa production de pétrole.
01:34Or là ils vont pouvoir sans doute l'augmenter jusqu'à 3,5 millions de barils le jour.
01:38Donc ça veut dire qu'entre les Saoudiens qui ont réussi pour deux tiers de leur production
01:43à les faire passer par Yambou, par la mer Rouge,
01:45si on rajoute ça à l'Irak, sur le manque de 11 millions de barils le jour,
01:50on va commencer peut-être à en récupérer quand même un petit peu.
01:52Donc ça devrait stabiliser les prix du pétrole à un niveau...
01:56À un niveau de la descente quand même.
01:57Voilà, à un niveau très élevé par rapport à ce qu'ils étaient auparavant,
02:01mais c'est pas forcément un scénario du pire.
02:03Le scénario du pire c'est évidemment après 8h ce soir,
02:06si jamais il y a une escalade dans le conflit,
02:08et là des infrastructures énergétiques qui sont détruites,
02:12là ça change tout.
02:12Aujourd'hui, à part Ras Lafane sur le gaz,
02:14où il y a 18% des 20% du LNG mondial qui sort du Qatar,
02:18mais ne pas oublier que le gaz, le LNG du Qatar,
02:21ce n'est que 5% du gaz mondial.
02:25Donc ce qui a été détruit, c'est 18% de 20% de 5%.
02:29Donc c'est pas non plus énorme sur le gaz.
02:31Mais à part ça, les infrastructures n'ont pas trop été touchées.
02:35Pour l'instant.
02:35Donc on a été obligé d'arrêter toute la production de pétrole à certains endroits,
02:39mais pour l'instant, ce n'est pas touché.
02:41Et donc l'annonce, excuse-moi,
02:42c'est juste que ça permettra quand même d'augmenter la production.
02:45Si jamais c'est détruit, ça tombe.
02:47Avec quand même des pays qui, notamment en Asie,
02:50sont quand même très touchés,
02:51avec une population qui n'a déjà plus accès,
02:54avec des pénuries qui sont violentes,
02:56que ce soit au Pakistan, en Inde,
02:58on voit une activité quand même très touchée.
03:00Alors la lecture, quand on fait des gagnants et des perdants,
03:02il n'y a essentiellement que des perdants
03:03sur les pays consommateurs de gaz et de pétrole, y compris l'Europe.
03:06Donc c'est les importateurs nets d'hydrocarbures,
03:09et puis ceux qui dépendent parmi ceux-ci,
03:12le plus du Détroit.
03:14Et en plus de ça, on peut mettre une troisième transversale,
03:18qui est de dire que les pays ont les moyens de compenser ça.
03:21Et quand on regarde ça,
03:22évidemment les pays asiatiques,
03:23c'est 84% du pétrole,
03:25c'est 83% du gaz,
03:26pour eux, qui vient de cette région-là.
03:28Et donc tout ça, c'est complètement bloqué.
03:30Et donc on commence à avoir des rationnements,
03:32retour au télétravail,
03:34on ne peut plus prendre l'avion,
03:35on ne peut plus prendre sa voiture,
03:36on joue des matchs de criquet au Pakistan dans des stades vides,
03:40enfin vraiment un truc qui est très symbolique,
03:42mais aussi, mais pas seulement ça,
03:44on a des rationnements de consommation dans les pays asiatiques,
03:46qui n'ont non seulement pas d'alternatives pour l'instant,
03:50qui n'ont pas de stock d'avance.
03:53Je rappelle la France, on s'inquiète des prix du carburant,
03:55j'entendais des conversations avant.
03:57On a quand même des réserves de 120 jours,
03:58donc avant vraiment qu'on ait des pénuries.
04:00Aujourd'hui, c'est plutôt un excès de consommation,
04:03un peu par précaution et par arbitrage financier.
04:07C'est la pénurie créée par le consommateur.
04:07Voilà, par le consommateur,
04:08parce qu'on a envie de profiter des prix bas,
04:10parce que les prix, historiquement, à 2 euros,
04:12ce n'est pas très élevé quand même.
04:14En revanche, dans ces pays-là,
04:16il n'y a pas forcément de réserve.
04:16Typiquement, le Pakistan, les Philippines,
04:18ce sont des pays qui n'ont pas du tout de réserve.
04:20Donc il y a des pays qui sont en rationnement.
04:23Et là, on va avoir vraiment un choc sur la croissance.
04:25Et il y a une étude du FMI
04:26qui était sortie avant le conflit,
04:27assez intéressante,
04:28qui disait qu'en fait, un choc,
04:30ce qu'on avait eu en 2022-2023,
04:31au bout de deux ans,
04:32on a encore un choc,
04:34une estérésie, on appelle ça,
04:35un choc durable sur la croissance et sur l'emploi.
04:38Et donc ces pays-là,
04:39on peut être un petit peu inquiet
04:40des pays qui sont impactés.
04:42Et puis je rajoute à ça une quatrième dimension
04:44que je n'ai pas évoquée,
04:45et je crois que c'est central
04:46dans toute la réflexion qu'on doit avoir,
04:47c'est que c'est des pays
04:48qui sont énormément dépendants
04:50dans leur mix énergétique
04:51des énergies carbonées,
04:54et donc des hydrocarbures.
04:56Et donc ces pays-là,
04:57pour un point de PIB,
04:58ils utilisent deux fois plus d'hydrocarbures
05:00typiquement que l'Europe,
05:01qui elles-mêmes utilisent
05:02deux fois moins que les Etats-Unis.
05:04Donc même si le monde
05:04est beaucoup moins dépendant
05:05des hydrocarbures,
05:06deux fois moins que l'Europe,
05:08eux sont relativement beaucoup plus
05:09que nous les Européens typiquement.
05:11Et donc le choc,
05:11il va être un petit peu binaire.
05:13Et puis là-dedans,
05:14on a des perdants,
05:15soi-disant,
05:16qui sont peut-être dégagnants,
05:17c'est typiquement la Chine,
05:1850% de son pétrole
05:19vient du Détroit,
05:2130% de son gaz.
05:22En revanche,
05:22elle a plein de réserves,
05:23entre 1,3 et 1,6 milliard
05:25de barils de réserves.
05:27Mais surtout,
05:28la Chine,
05:28elle se fournit avec les Russes,
05:31elle se fournit avec l'Iran.
05:3290% du pétrole iranien
05:34qui lui continue de sortir
05:34va en Chine.
05:36Il est même libellé en vanne.
05:37Et donc les Chinois,
05:38paradoxalement,
05:39ils vont peut-être reprendre
05:39des parts de marché
05:40parce qu'eux vont pouvoir
05:41continuer à faire marcher
05:42leurs usines
05:42alors qu'il y a plein
05:43de pays asiatiques,
05:44la Thaïlande,
05:45la Corée du Sud,
05:46même le Japon,
05:47qui est très dépendant,
05:4870% de son pétrole
05:49vient du Golfe.
05:51La Chine peut peut-être
05:51leur reprendre des parts de marché
05:52parce que ces usines
05:53vont pouvoir durer plus longtemps.
05:55Parmi les actualités
05:55de la nuit,
05:56on a Jamie Dimon
05:57qui, hier soir,
05:58a publié sa lettre annuelle
06:00aux actionnaires.
06:01Alors,
06:01c'était très attendu
06:02sur le crédit privé
06:02puisqu'il avait dit
06:03quand il y a un CAFA,
06:04il y en a plusieurs
06:05ce qui n'était pas
06:06très engageant.
06:06Alors, il a sorti
06:06l'insecticide ou pas ?
06:07Voilà.
06:08Alors là,
06:08il dit dans sa lettre
06:09oui,
06:10il va y avoir des défauts
06:12mais pas de risques systémiques
06:14qui se veut plutôt rassurants.
06:15C'est quoi votre point de vue
06:16sur le crédit privé ?
06:17Je crois que je partage
06:18assez ce point de vue-là.
06:19C'est-à-dire qu'il y a
06:20un petit emballement là-dessus
06:21et donc, évidemment,
06:22ça rappelle un petit peu
06:23des événements
06:24de pas de bank run
06:25puisqu'en l'occurrence,
06:26c'est plutôt des sorties
06:27des acteurs de la dette privée
06:29plutôt que les banques.
06:30Mais là où ça fait peur
06:31à tout le monde,
06:31c'est évidemment
06:32qu'il y a un certain nombre
06:32d'acteurs qui sont reliés
06:33là-dedans,
06:34dont les banques,
06:35les assurances, etc.
06:36Donc, c'est ça qui fait
06:36un petit peu peur
06:37mais ce n'est pas du tout
06:39comparable avec les suprêmes
06:40ne serait-ce que parce que
06:41les banques sont finalement
06:42très peu engagées là-dedans.
06:44C'est surtout d'avoir
06:45un phénomène américain
06:46sur les moins de 2 000 milliards.
06:47On parle de 1 800 milliards.
06:48Vous avez Blue Oil
06:49qui a 40% de demandes
06:50de retrait,
06:51ça fait beaucoup quand même.
06:51Oui, mais à la fin...
06:53Ça fait Paris systémique
06:54mais pour Blue Oil,
06:55c'est un problème.
06:56Pour Blue Oil,
06:56c'est un problème
06:57mais en plus,
06:57ils ont eu quand même
06:58la capacité de bloquer ça
06:59à 5%.
07:00Donc, ils sont capables
07:01de gérer un petit peu ça
07:02le temps que cette espèce
07:03de panique termine.
07:05Mais surtout,
07:05pourquoi ce n'est pas systémique ?
07:07Encore une fois,
07:07le marché des treasuries américains,
07:09des obligations d'État américaine,
07:10c'est 30 000 milliards de dollars.
07:12Là, on parle de 1 800 milliards
07:13dont 1 400 milliards
07:14aux États-Unis
07:15et les engagements
07:16des banques auprès de ça
07:18sont assez limités.
07:19Si vous prenez par exemple
07:19l'Europe,
07:20là, c'est encore une fois
07:2180% de ce problème-là
07:22est des États-Unis.
07:23Si vous prenez l'Europe,
07:24il y a une étude
07:24de la Banque Centrale Européenne
07:25qui est sortie là-dessus.
07:26Les engagements
07:27des banques européennes
07:28sur la dette privée,
07:29c'est 250 milliards.
07:30C'est moins de 2%
07:31de leurs encours.
07:32C'est surtout des trucs
07:33qui sont ensuite distribués
07:34à des assureurs.
07:35Les assureurs européens
07:36comme Américains
07:37sont quand même en général
07:37très costauds,
07:38des buffets de sécurité,
07:41des coussins de sécurité
07:43très élevés.
07:44Donc le truc
07:45n'est pas vraiment systémique.
07:46En revanche,
07:47évidemment,
07:47il y a des acteurs,
07:48on voit bien les actions,
07:49les cours de bourse
07:50des stars
07:51des marchés financiers
07:52des dernières années
07:53qui souffrent un petit peu.
07:54Bon, c'est peut-être
07:55aussi une remise à niveau.
07:56Il y avait peut-être
07:57des excès aussi.
07:58On voit bien
07:59qu'il y a eu un peu
08:00un mélange des gens.
08:01Mais ça va être
08:02des problèmes
08:02de valorisation d'actifs
08:04pour ces boîtes-là
08:05plutôt que...
08:05Des problèmes de valorisation,
08:07des problèmes de moins-value
08:08pour les investisseurs.
08:09Mais encore une fois,
08:09les investisseurs là-dedans,
08:10c'est des riches particuliers,
08:12c'est des assureurs,
08:13c'est de la diversification.
08:15Les banques là-dedans
08:16sont surtout des intermédiaires.
08:18On appelle ça
08:18du warehouse.
08:19Donc c'est plutôt
08:20des financements
08:21de financeurs.
08:23Mais dans des produits
08:24qui ne sont pas liquides,
08:25on est d'accord ?
08:26Oui, c'est même
08:28le principe
08:29de la dette privée,
08:30c'est d'avoir
08:30un supplément de rendement
08:31parce que vous n'avez
08:32pas de liquidité.
08:33Donc c'est pour ça
08:33que quand typiquement
08:35le 401k aux Etats-Unis,
08:36on a autorisé
08:37les fonds de retraite
08:37à investir là-dedans.
08:39Mais simplement,
08:39il faut quand même
08:40être conscient
08:42de qu'on a un supplément
08:44de rendement
08:44mais il ne faut pas
08:44chercher à le retirer.
08:45Or là,
08:46c'est exactement l'inverse
08:46qu'on est en train de se faire.
08:47On cherche à retirer
08:48et à faire jouer
08:49de la liquidité
08:49à des produits
08:50qui par définition
08:51n'en offrent pas.
08:52Et donc on a
08:53cette espèce de mismatch
08:54et évidemment,
08:54le résultat de tout ça,
08:55c'est une baisse
08:56de la valorisation.
08:57Donc c'est un problème
08:58de marché,
08:58ce n'est pas un problème
08:59systémique je pense
08:59à ce stade.
09:00Merci beaucoup Jean-François Robin
09:01d'être venu ce matin
09:02dans la matinale
09:03de l'économie.
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