00:00Rive de la matinale pour terminer ces trois heures d'informations économiques avec Wilfried Galland,
00:05comme tous les lundis, directeur général adjoint de Montpensier Arbevel.
00:08On va déjà regarder les premières réactions des marchés qui sont plutôt mesurés d'ailleurs, Wilfried Galland.
00:14Ce qui est intéressant, c'est effectivement, c'est à la fois mesuré et volatil.
00:18C'est-à-dire qu'on se disait, à particulier sur le pétrole, finalement, ça bouge énormément,
00:24puis ça bouge pas tant que ça, et puis de nouveau, ça bouge quand même très fortement.
00:28Donc on sent qu'il y a beaucoup de nervosité sur le marché qui est central.
00:31Par contre, sur le reste des actifs, c'est quand même, en tout cas ce qu'on voit à ce
00:36stade-là,
00:37il faut être prudent, puisque évidemment les marchés ne sont pas ouverts et on a juste des indications sur les
00:42futurs.
00:43On voit que globalement, on a une baisse des actifs à risque, mais une baisse qui n'est pas si
00:48importante que ça.
00:49On a aussi, et c'est à noter, une remontée du dollar, donc on recherche des actifs qui sont des
00:55actifs refuge traditionnels.
00:56Une des questions qu'on avait dans le monde financier, le monde financier se pose toujours beaucoup de questions sur
01:00beaucoup de choses,
01:00et en particulier, évidemment, ce matin, c'est est-ce que le dollar, est-ce que les treasuries américains,
01:05est-ce que les obligations américaines vont continuer à être cet actif refuge qu'on recherche
01:09quand on a des doutes sur l'environnement économique et stratégique ?
01:14Visiblement, ce matin, ça semble être le cas.
01:17C'est une bonne nouvelle quand même pour l'économie américaine et globalement pour le monde,
01:20parce que le dollar, ça permet de stabiliser quand même un petit peu tous ces échanges.
01:26Attendons quand même d'avoir plus d'informations.
01:30Ce qu'on voit quand même aussi, c'est que les marchés émergents baissent quand même assez nettement,
01:35et les devises émergentes également.
01:36Donc, on sent que la partie Asie étant très impactée,
01:41vous l'avez beaucoup mentionné par le détroit d'Hormuz,
01:45en fait, il y a des phénomènes de risque qui se mettent en place
01:47par rapport à des scénarios centrales qui étaient probablement déjà dans les marchés.
01:52On avait déjà beaucoup de positions vendeuses déjà dans les marchés.
01:57Et donc là, ce qui est en train de se passer ce matin, c'est
01:59est-ce qu'il faut vendre encore davantage ?
02:00C'est un peu ce qui est en train de se passer là,
02:02avec ce qu'on entend sur Doha, sur Dubaï.
02:05Est-ce qu'on est en train d'élargir les choses ?
02:07Et donc, est-ce qu'il faut aller un petit peu plus loin dans la partie couverture de risque ?
02:11Ou est-ce qu'on était déjà bien ?
02:13Et c'est par rapport à ce qui était déjà dans les cours qu'on est en train d'évoluer
02:15?
02:17L'économie américaine était déjà fragilisée.
02:19Est-ce que là, on est dans une situation qui va empirer,
02:24aggraver les choses, ou finalement, c'est des turbulences et ça va passer ?
02:28C'est la grande question d'aujourd'hui,
02:30parce qu'effectivement, on avait une grande question en particulier sur...
02:34On sait qu'on a une question sur l'état de la consommation aux Etats-Unis.
02:38Est-ce que ça va changer ou pas les choses ?
02:41Probablement pas, mais ça peut le changer par l'inflation.
02:43Ça, c'est le premier volet à suivre.
02:46Est-ce que cette fameuse campagne sur l'affordability,
02:48qui était au cœur de la campagne électorale de Donald Trump,
02:51est-ce qu'elle va se faire fracasser justement par les prix du pétrole
02:55qui vont faire remonter un cycle inflationniste et donc les taux ?
02:58Donc ça, c'est le premier élément.
03:00Mais ça, effectivement, c'est un élément qui est assez classique,
03:03que tout le monde a en tête.
03:04Ce qu'on a peut-être moins en tête,
03:05c'est le fait que les doutes qu'on avait sur la partie financière
03:09et sur la partie économique,
03:10c'était sur toute la partie crédit privé aux Etats-Unis,
03:13en particulier sur la partie logicielle.
03:15Donc on sait qu'on a le fonds Blue Hole
03:17qui a eu des grosses difficultés en termes de liquidités,
03:21qu'on avait des fonds de KKR, d'Apollo,
03:23qui avaient été mis en difficulté par justement les doutes
03:27autour de la capacité de rentrer dans ces frais,
03:30en fait de la faible liquidité de ce marché.
03:33Et j'insiste sur ce terme-là,
03:34on avait un problème globalement sur le fait
03:36qu'on sentait que la liquidité était en train de s'assécher.
03:39Or, ce qu'on vit aujourd'hui, géostratégiquement,
03:42c'est un choc de liquidité.
03:44C'est-à-dire que ça veut dire que plus personne ne va rien faire,
03:46en tout cas pendant quelques temps.
03:47Et on le voit, tout le monde est un peu tétanisé.
03:49Donc quand vous avez des doutes sur la liquidité
03:51et que vous retirez potentiellement de la liquidité naturelle sur le marché,
03:54la question c'est qui va en donner ?
03:56Donc on se retourne dans les banques centrales.
03:58En plus, on est aujourd'hui entre deux mandats,
04:00celui d'Hérôme Powell qui va s'arrêter,
04:02celui de Kevin Warsh,
04:03en attendant évidemment la confirmation qu'il risque de commencer.
04:05Kevin Warsh, il n'a jamais été un parangon
04:08de l'augmentation de la liquidité aux Etats-Unis.
04:10Au contraire, il veut plutôt diminuer le bilan.
04:12Donc ça, en fait, il y a beaucoup d'inquiétude et de crainte,
04:15surtout je pense sur ce côté-là,
04:17sur le côté taux et taux crédit privé.
04:19Il va falloir évidemment vérifier tout ça.
04:20C'est un pan très important quand même.
04:21Ça veut dire qu'au-delà du pétrole,
04:23même sur ce que vous venez de dire,
04:25ce n'est pas forcément une bonne opération pour Donald Trump ?
04:27En tout cas, il y a beaucoup de risques
04:29dans ce que fait Donald Trump.
04:32Il prend un rebours tout ce qu'il avait dit jusqu'à présent,
04:35en disant « moi je ne suis pas le président de la guerre,
04:38je suis président de la paix ».
04:39Ça rappelle, au début du Second Empire,
04:43Napoléon III disait « l'Empire, c'est la paix ».
04:46C'était le discours qu'il avait rendu populaire.
04:48On sait comment ça s'est terminé, le Second Empire.
04:51En fait, là, il n'y a pas eu besoin d'attendre 17 ans.
04:53En fait, on est directement rentré dans le vif du sujet.
04:55Et Donald Trump, c'est un président qui aime manier la force.
04:58Son électorat aime la force,
05:00mais il aime la force qui est utilisée
05:03pour améliorer leur quotidien.
05:06Est-ce que ça va améliorer le quotidien ?
05:07Vous en avez beaucoup parlé, il y a un problème de pétrole.
05:10Il va y avoir également un problème, effectivement,
05:12de taux d'intérêt.
05:13Ce qui peut rééquilibrer les choses,
05:14c'est effectivement le dollar.
05:16Si le dollar remonte,
05:18ça veut dire que globalement, le pouvoir d'achat américain,
05:20qui évidemment, on sait que les Américains
05:22importent énormément,
05:24va plutôt avoir tendance à bénéficier
05:26de ce dollar qui remonte.
05:26Donc ça va peut-être tamponner un petit peu les choses.
05:28Mais en tout cas, ça va introduire
05:30beaucoup de fragilité dans un système
05:32qui se cherche aujourd'hui.
05:33On sait que l'intérêt artificiel,
05:35c'est un véritable problème.
05:37En tout cas, c'est un problème majeur,
05:39y compris pour la Maison-Blanche.
05:39Vous parlez d'IA au moment des interrogations sur l'IA.
05:43Je vous vois venir, Sandra.
05:44Il y a des tensions avec Anthropique.
05:46On en a entendu parler toute la fin de semaine dernière.
05:49On a appris que les opérations militaires
05:51de la nuit du 27 février
05:53ont été planifiées avec Anthropique.
05:55C'est le paradoxe absolu.
05:56C'est-à-dire que c'est le moment où la Maison-Blanche dit
05:59si on écarte Anthropique
06:01parce que vous ne voulez pas jouer avec nos règles.
06:02On prend au Penéaille.
06:03On prend au Penéaille.
06:04Et on apprend qu'en fait,
06:05tout le Pentagone a planifié l'intégralité de l'opération
06:08qui, d'un point de vue strictement militaire,
06:10a été un succès extraordinaire,
06:12en tout cas la première phase,
06:13grâce à Anthropique.
06:14Donc on se rend compte que l'intelligence artificielle
06:16est un élément qui, aujourd'hui,
06:18dépasse un petit peu les préoccupations purement politiques.
06:21Ça devient un élément de puissance,
06:23un élément de souveraineté.
06:25Ça a pas mal marché jusqu'à présent.
06:27Il ne faudrait pas, effectivement,
06:28qu'on ait d'autres sujets
06:30qui viennent perturber notre environnement économique.
06:32On n'a pas besoin de ça en ce moment.
06:33En particulier en Europe,
06:34on se retrouve quand même dans une situation
06:36un petit peu compliquée.
06:36Il va falloir suivre aussi...
06:37On était contents.
06:39On était plutôt en surperformance
06:40d'un point de vue européen.
06:41Ça va peut-être un petit peu changer.
06:43En tout cas, sur les prochains jours,
06:44on va savoir très vite
06:47de quel bois va se chauffer.
06:49Merci beaucoup, Willfried Gallon,
06:50directeur général adjoint.
06:51Mon pensier Arbevel
06:52d'être venu comme tous les lundis
06:54dans la matinale de l'économie.
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