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  • il y a 2 mois
Retrouvez le débrief de l'actu du mercredi 1er avril dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00On débriefe l'actualité à 8h48 avec Romain Rivaton, bonjour, président d'Arsenal et Essayiste.
00:04On a cette actualité évidemment autour de l'essence avec le gouvernement qui tente au maximum d'éviter d'arroser
00:10le sable,
00:11c'est-à-dire de faire des subventions directes au carburant.
00:13Alors il dit, il fait des listes de professionnels sur lesquels il faut une attention particulière.
00:17On a l'annonce sur le chômage partiel, il dit il y a le chèque carburant qui était déjà prévu.
00:21Est-ce que l'État peut tenir avec cette stratégie du pas à n'importe quel prix à la place
00:26du quoi qu'il en coûte ?
00:27C'est extrêmement compliqué parce que c'est des mesures qui sont très coûteuses, qu'on a du mal à
00:31cibler.
00:32On l'a vu pendant la crise énergétique suite à l'invasion russe de l'Ukraine.
00:37Et donc objectivement, vu la situation des finances publiques, ça donne l'impression qu'il y a de l'argent
00:43dans le budget de l'État.
00:45Alors même que cette crise énergétique du détroit d'Ormuz va avoir un effet direct sur les recettes de l
00:51'État, sur la consommation de l'État.
00:53L'État consomme du carburant, il est un gros consommateur.
00:55Et puis après sur les recettes.
00:57Et donc donner l'idée qu'il y a de l'argent magique, qu'il y a des poches de
01:00réserve, qu'il y a quelque chose qui permet d'aller vers des mécanismes de compensation.
01:06Les autres pays dans le monde, il y a peu de pays qui mettent en place ce type de mesures.
01:10Certains baissent les taxes, c'est le cas par exemple en Espagne, ça coûte cher.
01:14Ça coûte extrêmement cher, c'est non ciblé.
01:17Aujourd'hui je pense que le budget Espagne est dans une meilleure configuration que le budget français aujourd'hui.
01:21Vu la trajectoire des finances publiques, le niveau totalement abyssal de déficit public, ça me paraît une mesure extrêmement dangereuse
01:30d'ouvrir la porte.
01:31Je dis bien d'ouvrir la porte à la rhétorique de « il y a de l'argent caché et
01:34on peut encore l'utiliser ».
01:35Il parle ce matin, Sébastien Lecornu, de surplus fiscal potentiel sur l'essence.
01:41Ça fait des jours que le Rassemblement National dit que l'État se gave sur la question de la hausse
01:46de l'essence.
01:47L'État répond non, puisque de toute façon l'activité baisse donc ça va coûter cher.
01:51Mais là on parle de surplus fiscal, le mot est peut-être mal choisi.
01:54Le mot est extrêmement dangereux, ça nous renvoie aux heures les plus sombres de la cagnotte.
02:00On met des mots dans le débat public qui donnent encore l'impression,
02:03et on a eu cette impression pendant toute la phase Covid, l'argent magique, le quoi qu'il en coûte,
02:08on a eu cette impression que ce n'était pas grave et qu'on pouvait arroser sans aucun problème.
02:12Le problème c'est qu'effectivement l'État va gagner un peu plus sur les taxes énergétiques et la TIPCE,
02:16mais à l'inverse il est en train de perdre des recettes sur plein d'autres endroits.
02:20Donc à la fin des fins, le budget public, les finances publiques sont dans un mauvais état
02:25et donner ce message-là c'est un message dangereux.
02:27Vous parliez de cagnotte, on avait prévu un déficit public à 5,4, on est à 5,1.
02:32Oui, c'est déjà mieux que prévu.
02:36C'est mieux que prévu c'est sûr, mais encore une fois avec une augmentation des impôts.
02:41La grosse partie de cette amélioration, c'est la recette et l'augmentation de taxes sur les entreprises,
02:47les taxes sur les ménages, les grosses entreprises et les ménages les plus fortunés.
02:50Donc ce n'est pas de la réduction de la dépense.
02:53Dans l'actualité des entreprises, deux points sur les entreprises de la tech.
02:58Il y a OpenAI qui a augmenté sa valorisation, il est à 852 milliards de dollars avec une dernière levée
03:04de fonds.
03:04Et il y a Oracle, alors ça je n'avais pas vu, c'est vous qui me l'avez mis
03:07devant,
03:08qui annonce des licenciements mais massifs.
03:11Oracle a licencié cette nuit, on voit d'un email 30 000 personnes,
03:1530 000, donc 3 et 4 zéros derrière, 30 000 personnes qui ont reçu cet email.
03:21Alors évidemment, on s'est enrobés sous l'idée, il y a de la productivité, il y a blablabla.
03:26La réalité, c'est qu'Oracle a choisi une stratégie extrêmement agressive d'accompagnement,
03:31du développement de ces data centers pour l'IA.
03:34Et qu'aujourd'hui, il faut produire du cash pour réussir à rembourser une partie de cette dette-là.
03:40Le projet Stargate, vous vous souvenez, quand Oracle avait atteint les 300 dollars par action,
03:44aujourd'hui il est redescendu à 150, et donc il faut montrer des signaux à la bourse.
03:50Alors ce signal a été bien pris, plus de 6% pour le cours de l'action Oracle hier,
03:54mais c'est quand même 30 000 personnes.
03:57Donc 30 000 personnes, c'est quand même des impacts.
03:59Mais c'est-à-dire qu'on ne peut pas tout faire, on ne peut pas garder ses salariés
04:01et faire des investissements massifs dans les data centers.
04:04Massifs de centaines de milliards de dollars, là ce n'est même pas la question,
04:07c'est vraiment servir la dette associée à ces investissements.
04:11C'est-à-dire qu'Oracle produit moins de cash que Google, Amazon, Google, Microsoft, Enco,
04:16et donc à prix de la dette énorme, cette dette énorme, il faut à un moment rembourser cette dette,
04:20et donc là vous êtes obligés de produire de l'extra cash,
04:23et donc ça passe en tout cas du point de vue d'Oracle par une réduction très forte de sa
04:28main d'oeuvre.
04:28Il y avait déjà eu des annonces chez Meta, qui étaient quasiment du même niveau.
04:31Annonces absolument gigantesques chez Meta, on parle de 60 000 personnes,
04:34il y a eu annonces chez Amazon en janvier 16 000 personnes,
04:36donc on voit quand même dans la tech l'impact de l'IA, ça c'est certain.
04:39Il y a un chiffre qui interpelle dans l'actualité également ce matin,
04:41c'est l'absentéisme en France, avec des chiffres qui sont à un niveau,
04:45on n'a jamais connu aussi haut, et surtout à cause des questions de santé mentale.
04:49Il y a un arrêt sur deux chez les moins de 30 ans, c'est pour santé mentale.
04:53Vous êtes un jeune, expliquez-moi ça.
04:56Plus vraiment, mais ça fait d'une qu'on retrouve partout dans le monde,
05:00au Royaume-Uni vous avez aujourd'hui la moitié des pensions d'invalidité
05:03qui sont sur des sujets psychologiques et qui concernent beaucoup les jeunes.
05:07Donc la France ne se singularise pas là-dedans.
05:10Je pense qu'on paye une partie du Covid, de manière très très brute.
05:14C'est que ce Covid a créé quand même cette fermeture de la société.
05:19C'est ceux qui ne sont pas allés à la fac, qui ne sont pas allés au lycée, qui ne
05:21sont pas...
05:22Ça a créé une rupture sociale extrêmement forte.
05:25On le savait, quelque part.
05:27On en paye aujourd'hui une partie, les pots cassés.
05:30Et puis après, on a un sujet de motivation par rapport au travail.
05:33Il y a une étude américaine que j'aime beaucoup,
05:36qui a montré ce qu'on appelle le seuil de résignation.
05:39Le seuil de résignation, c'est le moment où vous vous dites,
05:41en réalité, je ne deviendrai jamais propriétaire.
05:43Je vais avoir du mal à fonder une famille.
05:45Et donc, en réalité, je commence à prendre des comportements
05:47beaucoup plus risqués sur la gestion de mon épargne.
05:49Et je commence à être moins motivé dans le travail.
05:54Et cette étude sur la résignation, je pense qu'elle est très intéressante
05:57parce qu'on touche du doigt un concept qu'on sent un petit peu quelque part.
06:00On se dit, c'est vrai que le marché immobilier, il est inaccessible pour les jeunes générations.
06:03Donc, autant faire des cryptos, quoi.
06:05Autant faire des cryptos et aller au travail quand j'en ai plus ou moins envie.
06:09Et donc, je pense qu'on a vraiment ces deux phénomènes qui se conjuguent.
06:12Je ne suis pas sociologue, il faudrait étudier ça plus profondément.
06:15Mais on a vraiment ces deux phénomènes.
06:16On a cet héritage du Covid et on a de l'autre côté une génération qui se dit
06:18mais en fait, le modèle de l'effort, de l'épargne dans lequel mes parents ont grandi,
06:24aujourd'hui, moi, ce contrat social, il est objectivement cassé.
06:27Jamais je ne pourrai accéder.
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