- il y a 2 jours
Ce lundi 27 avril, l'alerte sur une éventuelle pénurie énergétique lancée par Patrick Pouyanné, directeur général de TotalEnergies, a été abordée par Olivier Redoulès, directeur des études de Rexecode, Mathieu Plane, directeur adjoint du département analyse et prévision de l'OFCE, et Christian Poyau, cofondateur et PDG de Micropole, dans l'émission Les Experts, présentée par Ludovic Desautez sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00Bonjour chers experts, merci d'être avec nous ce matin. On a le plaisir d'accueillir Olivier Rodoules, vous êtes
00:05directeur des études de Rexécone.
00:06Bonjour Olivier, merci d'être avec nous ce matin. En face de vous, Mathieu Plannes. Bonjour Mathieu, merci d'être
00:11avec nous.
00:11Vous êtes directeur adjoint du département analyse et prévision de l'OFCE. Et juste à côté de vous, Christian Pouillot.
00:17Bonjour Christian, et bienvenue d'être avec nous, cofondateur et PDG de Micropole.
00:21Allez, on se lance sur cette petite passe d'armes, mais pas que, parce que c'est les conséquences économiques
00:26derrière qui nous intéressent.
00:27Entre Patrick Pouillanet, donc qui vendredi, lors d'un forum de l'IFRI à Chantilly, a quand même envoyé un
00:35message d'alerte assez fort,
00:38en disant qu'il restait deux à trois mois de stock tampon et qu'on dépassait ce laps de temps.
00:44On rentrerait probablement dans une ère de pénurie énergétique, pour reprendre ses propos.
00:50Premier constat, enfin ce constat apporté par Christian Pouillanet, qu'on imagine bien documenté sur le sujet,
00:57c'est un scénario qui vous inquiète aujourd'hui, Olivier, Mathieu, Christian ?
01:01Moi je dirais qu'ils ont été tous les deux dans leur rôle, parce que là vous avez cité...
01:05Il y a Emmanuel Macron qui a pris la parole le lendemain.
01:08Effectivement, je pense que personne ne peut contester la connaissance de Patrick Pouillanet sur le domaine du pétrole, ça c
01:12'est clair.
01:13On imagine bien effectivement qu'à un moment donné, ils vont avoir des problèmes de production par rapport au stock.
01:19D'ailleurs, un autre sujet, moi j'ai vu, qui est assez intéressant,
01:21c'est comme quoi les Iraniens ont une capacité de stockage qui arrive quasiment à ses limites.
01:25Donc ils vont, dans très peu de temps, ils ne vont plus pouvoir stocker le pétrole.
01:30Donc s'ils ne peuvent pas le stocker, ils vont être obligés d'arrêter les puits,
01:32parce que sinon ils ne savent pas comment faire.
01:34Et le problème, c'est que quand on arrête un puits, ça ne redémarre pas le lendemain en appuyant sur
01:36un puits.
01:37C'est des mois.
01:37C'est des mois, comme sur les chips quand il y a eu le Covid, quand on fait six mois.
01:41Donc est-ce qu'il y a des risques ? C'est évident.
01:44Après, je pense que le public est dans son rôle aussi, parce qu'on sait très bien,
01:47alors la psychologie des marchés, mais la psychologie de tout un chacun aussi,
01:51de dire je vais me précipiter à la pompe, je vais faire moi-même des stocks, etc.
01:55Le pire n'est jamais certain.
01:57Donc si quelqu'un peut prédire s'il va se passer dans une échelle de,
02:01ne serait-ce que de trois jours au Moyen-Orient et encore plus à deux, trois mois.
02:06Donc bon, voilà, oui, il y a un risque.
02:07Maintenant, je ne pense pas qu'il faille surexagérer ou en tout cas surcommuniquer sur le sujet pour être à
02:12fait clair.
02:13Mathieu, Olivier, il y a quand même un changement de ton de la part de Christian Pouyanné,
02:16c'est-à-dire que jusqu'à maintenant, on va dire jusqu'à vendredi, on était énormément sur la flambée
02:21des prix.
02:21Et là, d'un coup, c'est le mot pénurie qui ressort.
02:23Ce n'est plus la même chose ?
02:24Non, ce n'est plus la même chose.
02:26Il faut peut-être le rappeler, effectivement.
02:28C'est que pour le moment, le choc qu'on subit, qui est loin d'être négligeable,
02:34il est lié aussi à, bien sûr, ce qui se passe en Iran.
02:38C'est un choc lié à l'incertitude, mais c'est un choc surtout sur les prix.
02:42Et ce qu'on ressent aujourd'hui, c'est la hausse du prix à la pompe.
02:47C'est un peu, effectivement, le coût du transport qui augmente.
02:50Mais il n'y a pas de problème de pénurie.
02:52Et ça change tout.
02:53C'est-à-dire que quand il y a eu le déclenchement de la guerre en Ukraine,
02:59une des grandes questions, au-delà du prix de l'énergie, c'était
03:01est-ce qu'on va passer correctement l'hiver ?
03:03Est-ce qu'on aura les approvisionnements suffisants ?
03:07Bon, Patrick Pouyanné, alerte, parce que, oui, il y a des réserves stratégiques
03:13qui sont connues, alors connues plus ou moins bien connues.
03:17Il y a le temps de les débloquer, d'ailleurs, ce n'est pas si évident que ça.
03:21Et on voit bien que si ce conflit dure, à partir du moment où on a pratiquement 20%
03:27de la production mondiale de pétrole qui est bloquée,
03:30oui, ça va poser certainement un problème.
03:32Alors, l'Europe est un peu moins exposée que d'autres continents, en particulier l'Asie,
03:37qui sont déjà dans ce risque-là.
03:41C'est-à-dire qu'effectivement, un certain nombre de pays d'Asie, dont la Chine aussi,
03:45se posent la question des approvisionnements dès maintenant.
03:49Donc ça, c'est une question qui est bien sûr importante.
03:53Et comme on est dans un scénario qu'on ne maîtrise pas du tout,
03:56il est assez logique de se la poser.
03:58Alors, je vais bien rappeler, les deux, Pouyanné comme Emmanuel Macron, sont dans leur rôle.
04:05Pouyanné, lui, c'est un énergéticien, il va raconter ce qu'il a à dire là-dessus.
04:09Forcément, quand vous dites ça, vous avez le risque des anticipations sur,
04:14à la fois, y compris sur le prix, mais aussi sur les consommateurs
04:17qui pourraient se mettre à paniquer, stocker, avoir des comportements un peu irrationnels face à ça.
04:22Et donc, Emmanuel Macron est là aussi pour rassurer, en disant, attention, pour le moment, il n'y a pas
04:26de soucis
04:28pour éviter ce type d'emballement.
04:30Mais oui, il faut quand même rappeler que ce conflit-là, personne ne sait combien de temps il va durer,
04:37quelle est l'issue.
04:38Et donc, si vous prenez l'AIE, l'Agence internationale de l'énergie, sur les scénarios énergie,
04:43vous avez des fauchettes qui sont démentielles.
04:46démentielles, c'est-à-dire que vous avez des scénarios qui sont, on va dire,
04:49bien sûr, il y a un impact, mais qui reste quand même très modéré, ça retombe.
04:53Et gérable, on va dire.
04:53Très gérable, voilà. Enfin, il n'est pas négligeable, mais gérable.
04:57Et puis, vous avez quelque chose qui est un choc, qui devient à la fois mondial et extrêmement violent.
05:03Donc, voilà, si vous rentrez dans le scénario noir, pour le coup, sans faire de jeu de mots avec le
05:11pétrole,
05:12vous êtes dans un autre monde, quoi.
05:15Vous êtes dans un autre monde, donc...
05:17Et peut-être que là-dessus, c'est une façon d'alerter en disant,
05:20attention, si ça continue, ça pourrait devenir problématique,
05:23pas à l'horizon de deux ans, mais à l'horizon de quelques mois.
05:25Oui, c'est-à-dire l'échelle de temps mentionnée par Pouyanné est de deux à trois mois.
05:30Oui, donc c'est après l'été, quoi.
05:31Voilà, exactement.
05:33Olivier, par rapport à ce risque de pénurie,
05:35alors évidemment, pénurie qui a le flambé du prix,
05:37mais la pénurie, c'est aussi, structurellement, au plan de l'industrie,
05:40au plan des ménages et tout ça,
05:41c'est beaucoup de conséquences économiques.
05:43Non, ce que l'on voit, c'est que la pénurie, elle se manifeste en Asie,
05:46pour des raisons assez évidentes de livraison qui n'ont pas eu lieu
05:50et qui ne sont pas faites.
05:52Et ça, c'est un fait.
05:53Après, je pense que le sujet aussi,
05:56c'est qu'on est parti d'un marché qui était relativement surapprovisionné.
06:00On avait à peu près 2 millions de barils par jour excédentaires
06:05à un marché qui est significativement sous-approvisionné,
06:10ponctuellement.
06:10La réalité, c'est qu'ensuite, il y a d'autres ressources pétrolières.
06:14En fait, comme l'a mentionné Mathieu,
06:17la situation pour le pétrole aujourd'hui n'est pas exactement la même
06:20que celle qu'on avait connue pour le gaz en 2022,
06:23parce que le pétrole est un marché qui fonctionne beaucoup mieux au niveau mondial,
06:27qui est beaucoup moins régional.
06:29Les coûts, d'ailleurs, de transport ne sont pas exactement les mêmes.
06:32On a vu qu'on se posait la question, pour le gaz américain,
06:34de devoir le liquéfier et le délicuefier.
06:37Ce n'est pas tout à fait les mêmes contraintes qui s'imposent pour le pétrole.
06:40De fait, au bout d'un certain temps,
06:45le marché va s'équilibrer.
06:46La question, c'est effectivement, sur une période de quelques mois,
06:49est-ce qu'on ne peut pas avoir vraiment des pénuries physiques ?
06:51Et ça, c'est assez incertain.
06:52On n'est pas exactement les stocks.
06:53Ça dépend aussi, effectivement, de l'évolution du conflit.
06:58Ça dépend aussi du niveau des prix.
07:00En fait, ce que l'on voit, c'est que tous les prix,
07:04tous les sites de production de pétrole
07:07ne fonctionnent pas au même niveau de prix.
07:09Certains, en fait, justement, dans le Golfe,
07:11on est plutôt sur des prix bas.
07:13Alors, je ne sais plus si c'est exactement ça,
07:14mais j'ai en tête 30 ou 40 dollars le baril.
07:17Quand on atteint 100 ou 120 dollars le baril,
07:20ce qui est la situation aujourd'hui,
07:21on a tout plein de prix de pétrole qui deviennent rentables.
07:25On se souvient, par exemple,
07:26ce qui s'était passé il y a une dizaine d'années
07:27avec le pétrole schiste,
07:29qui était devenu rentable,
07:30parce que, ben voilà, c'était un petit peu la conséquence
07:33de la hausse des prix précédents.
07:36Donc, du coup, en fait, avec un certain délai,
07:39beaucoup d'offres va se déclencher.
07:41Peut-être qu'un point qui inquiétait Patrick Pouyanné,
07:44je ne sais pas s'il regarde le même indicateur,
07:46c'est que quand on regarde les contrats un petit peu
07:50à terme de pétrole, en fait, ils sont assez bas.
07:53En fait, ils sont très élevés.
07:55Le spot, il est très élevé.
07:57Alors, il était à 120 dollars la semaine dernière,
08:00peut-être, je ne l'ai pas regardé ce matin.
08:02À un mois, on était plutôt autour de 100 dollars.
08:04Ce que l'on commente, en général,
08:05d'après ce vote, c'est plutôt le contrat à un mois.
08:08Et à six mois, on était revenu à 80 dollars.
08:10Et en fait, si on a,
08:12si les marchés ne pricent pas suffisamment haut
08:15le prix du pétrole,
08:16ça risque de ne pas déclencher
08:17de la production de l'autre côté.
08:19Donc, en fait, on a peut-être un sujet
08:21de déséquilibre pour l'instant
08:23entre le prix qu'il faudrait
08:25pour que les puits pétrolés fonctionnent
08:30et puis ce que les marchés financiers,
08:33pour l'instant,
08:33c'est une situation d'incertitude
08:36qui explique sans doute ce décalage.
08:39Anthony, il faudra que ça converge.
08:41C'est-à-dire que la situation de pénurie,
08:43si elle se manifeste,
08:45en fait, ça voudrait dire qu'on a eu
08:47un décalage trop long
08:49dans l'ajustement des prix
08:50et qu'on aurait eu une forme
08:51d'ajustement assez brutale
08:53où tout d'un coup,
08:54quand vous avez une pénurie,
08:55le fait, c'est que vous avez un prix
08:56très, très élevé implicitement.
08:58Alors, l'équation temporelle,
08:59vous le disiez Mathieu à l'instant,
09:01de Patrick Pouyanné,
09:02c'est de dire, en gros,
09:03la question reste de se poser à la rentrée
09:04pour faire vite,
09:05c'est-à-dire au cœur de l'été.
09:07Maintenant, avant même une notion
09:08possible ou pas de pénurie,
09:10il y a la question quand même du prix.
09:11On voit quand même...
09:13J'ai pris une anecdote,
09:14mais qu'il n'y en avait pas une.
09:14Quand Transavia annonce d'ores et déjà
09:17qu'en mai-juin,
09:18ils vont supprimer à peu près
09:192% de leur programme de vol
09:21parce que les vols deviennent
09:22non rentables
09:23vu la flambée du kérosène,
09:25là, on commence à être
09:26sur des conséquences très directes.
09:27On sait que le kérosène est un enjeu.
09:29C'est l'enjeu dans l'enjeu.
09:31C'est-à-dire que sur le kérosène,
09:32on a une dépendance extrêmement forte
09:34et les stocks sont très, très faibles.
09:35La dernière communication de Bruxelles
09:38disait qu'à partir...
09:39Les questions pouvaient se poser
09:40dès la mi-mai,
09:41c'est-à-dire dans à peine 15 jours,
09:43en matière d'approvisionnement de kérosène
09:44à l'échelle européenne.
09:46Ces impacts-là, aujourd'hui,
09:48dans l'industrie,
09:49on a vu le moral des patrons,
09:50le moral des ménages en berne.
09:53C'est quoi ?
09:53C'est des signes noirs, là ?
09:55On y est, là ?
09:57Moi, j'ajouterais qu'il n'y a pas
09:58que le kérosène.
09:59Il y a aussi d'autres produits dérivés
10:00du cidlhélium, etc.
10:02Il y en a bien d'autres
10:03qui sont aussi dans cette même situation-là,
10:05qui sont moins emblématiques.
10:07Les engrais.
10:07Les engrais, etc.
10:08que ne peuvent l'être le pétrole,
10:09bien évident,
10:10mais qui sont quand même...
10:11On est encore plus, comment dire,
10:13sensibles au blocage
10:14des trois normaux
10:15sur ces produits-là.
10:17Après, sur le moral des patrons,
10:18on va dire,
10:19on voit effectivement
10:20qu'il a baissé de meilleures significatives.
10:22Gros coup de franc, même.
10:24C'est sûr qu'on n'est pas dans une...
10:26Mais des ménages aussi, hein ?
10:27Oui, des ménages aussi.
10:29Surtout les ménages.
10:31Oui, le moral dans le monde patronal
10:33n'est pas non plus...
10:33Non, non, il n'est pas terrible.
10:34Je vous laisse finir,
10:35mais c'est vrai que c'est plus
10:37dans les services et le commerce
10:39qui plongent que dans l'industrie, par exemple.
10:41Oui, oui.
10:41À l'industrie, il y a des secteurs
10:42qui, eux, continuent à bien fonctionner.
10:44Voilà.
10:44Et donc, c'est plutôt,
10:46pour le moment,
10:47c'est vraiment un choc sur les prix,
10:48plutôt sur les consommateurs,
10:50sur les services,
10:50sur le commerce,
10:51en fait, sur les questions
10:51de pouvoir d'achat.
10:53Dans un second temps,
10:53la question industrie,
10:54elle va certainement se poser.
10:55Ce qui est le plus,
10:57comment dire, pénible,
10:58je vais rester sur ce terme-là
10:59pour des chefs d'entreprise,
11:01c'est l'incertitude.
11:02C'est ça, en fait, le sujet.
11:03À la limite,
11:05bien sûr, si les prix augmentent,
11:06on n'est jamais content,
11:07ça c'est clair,
11:07parce qu'il y a des répercussions
11:08mécaniques derrière
11:09sur l'entreprise.
11:10Mais au moins,
11:11on sait où on va.
11:12Je dirais là,
11:13il y a une incertitude très large,
11:14le temps, le coût,
11:16les produits dérivés
11:17qu'on a pu citer, etc.
11:20Après, sur les compagnies aériennes,
11:22il y a soit le problème
11:23de pénurie de stocks,
11:25effectivement.
11:25Après, ils ont pris des couvertures
11:27sur le pétrole.
11:27En fait, en général,
11:28ils prennent des couvertures
11:29d'un an quand même.
11:29Donc, il y a aussi eu
11:31des propos un petit peu exagérés.
11:33Un dire, ça y est,
11:33ça augmente tout de suite.
11:34Mais toutes les compagnies
11:35n'ont pas la même couverture.
11:36Voilà, toutes les compagnies
11:38n'ont pas la même couverture.
11:39Enfin, les grandes compagnies
11:40se couvrent en général,
11:41je ne vais pas le détail,
11:42mais de manière significative
11:43par rapport à ça.
11:44Donc, bon, voilà.
11:45Donc, on rejoint vraiment
11:46ce mot qui est incertitude.
11:47Alors, une fois qu'on a dit ça,
11:48on n'a rien réglé,
11:49bien évidemment.
11:49Mais c'est évident que là,
11:51il y a une...
11:52Et puis, encore une fois,
11:53on voit l'irrationalité
11:56de Donald Trump.
11:57En même temps,
11:58on voit que tout le monde
12:00devrait...
12:00Enfin, qu'on est quand même
12:01plus ou moins intéressé
12:02à arriver à un accord.
12:03Enfin, y compris les Iraniens
12:04d'une manière ou d'une autre.
12:05Donc, on balance
12:06entre la rationalité
12:08qui est le propre
12:08d'un chef d'entreprise
12:09et puis le côté irrationnel
12:11ou en tout cas imprévisible
12:12d'incertitude
12:13qui est très fort.
12:14Donc, oui, ça commence à peser.
12:16Ce n'est pas encore
12:16hyper significatif,
12:17mais ça commence à peser.
12:18Mathieu, vous voulez réagir
12:19sur la notion de morale
12:22des ménages, notamment.
12:23Ce qu'on craint, quand même,
12:24c'est un calage de la conso, là.
12:26Oui, d'ailleurs,
12:26nous, on l'a inscrit déjà
12:27dans notre prévision
12:28et peut-être qu'on peut
12:30en dire un mot,
12:31mais c'est vrai qu'aujourd'hui,
12:32quand on fait des prisons,
12:32enfin, Olivier connaît bien
12:33cet exercice aussi,
12:36il faut avoir des scénarios
12:38et un certain nombre
12:39de scénarios
12:39sur la question de l'énergie
12:41qui est centrale.
12:43Et l'incertitude est telle
12:44qu'on fait un scénario central
12:46qui est assez,
12:47plutôt modéré,
12:48d'ailleurs,
12:48qu'on retrouve, je pense,
12:49dans les contrats à terme,
12:51c'est-à-dire qu'on a un pic
12:51et puis ça redescend progressivement,
12:53même si la prime de risque
12:55reste relativement élevée,
12:56on ne retrouve pas
12:56les niveaux de prix de l'énergie
12:58d'avant crise,
12:59mais on a une cloche,
13:01en fait.
13:02Voilà, ça, c'est notre premier scénario.
13:04Et par exemple, là-dessus...
13:04Donc là, sur une échelle de temps
13:06de combien ?
13:06En gros, le pic,
13:07il est au deuxième trimestre.
13:10D'accord.
13:11Voilà, avec un prix du baril
13:12entre 90 et 100,
13:13ce qu'on voit,
13:14et qui pue progressivement.
13:15Mais ça, c'était aussi
13:16le scénario de l'agence
13:16internationale de l'énergie,
13:17qui est son scénario central.
13:19Et puis, on trouve une issue,
13:21on pense au conflit,
13:22et que progressivement,
13:23voilà, les bateaux repassent
13:25et que ça fait baisser les prix.
13:26Alors, on revient
13:27parce que les infrastructures
13:27étaient touchées,
13:28donc on ne revient pas
13:28quand même au prix
13:29d'un autre crise,
13:30mais on retrouve un prix du baril
13:32qui reste, j'allais dire,
13:34autour des 80 dollars,
13:35quelque chose comme ça,
13:36mais on n'a pas une escalade.
13:38Et puis, on a un scénario B
13:39ou alternatif
13:40qui est un scénario escalade
13:41avec des tensions
13:42où là, en fait,
13:44on aurait le pic
13:45qui serait aussi
13:45au deuxième trimestre,
13:46mais avec les prix du baril
13:48qui tourneraient
13:49entre 140 et 150 dollars
13:50en moyenne.
13:51Alors, ce n'est pas
13:51ce qu'on voit aujourd'hui
13:52pour le moment.
13:53Et puis, on resterait
13:54jusqu'à fin 2027
13:55avec des prix du baril
13:56au-dessus de 100 dollars.
13:57Pareil pour le gaz,
13:57on resterait avec
13:59un prix du gaz TTF
14:00à plus de 60, 70 euros
14:04le mégawatt-heure.
14:05Et là, vous avez
14:06un scénario qui est très différent.
14:07Et donc, juste pour vous dire
14:07l'ordre de grandeur,
14:08c'est que dans notre premier,
14:09dans notre scénario central
14:10qui est avec un choc modéré,
14:14on a une croissance
14:15à 0,8% pour cette année
14:16et 1% pour l'année prochaine.
14:20Dans notre scénario alternatif,
14:22on ne serait qu'à 0,4%
14:23pour cette année
14:24et à 0% pour l'année prochaine.
14:26Alors, je ne vais pas rentrer
14:27dans les détails techniques,
14:28mais en plus,
14:28sachant qu'on a déjà
14:29un effet d'acquis de 0,5%
14:30pour cette année,
14:31ça veut dire qu'on n'a plus de croissance.
14:33Il n'y a plus de croissance.
14:33C'est-à-dire,
14:34mais elle est derrière nous.
14:35Voilà, on est sur une croissance 0,
14:37voire légèrement négative.
14:39Dans l'autre cas,
14:40on a une croissance
14:41qui est modeste,
14:42mais qui est positive.
14:43Voilà.
14:43Et les effets sur l'inflation
14:44sont très différents
14:45parce que ce qui se passe aussi,
14:46c'est qu'il faut intégrer
14:47les réactions de politique monétaire.
14:49Tout ça, on en parlera peut-être.
14:50On va en parler après.
14:50Mais, évidemment,
14:51le choc inflationniste
14:52n'est plus du tout le même
14:53dans le scénario A
14:54et le scénario B.
14:55Et donc,
14:56à la fois sur la réaction
14:57de politique monétaire,
14:58les hausses de taux
14:58qui viendraient aussi
15:00amputer encore
15:01les effets économiques supérieurs,
15:03on n'intègre pas
15:05les effets de risque d'approvisionnement.
15:07C'est-à-dire que là,
15:07on est juste sur des scénarios de prix.
15:08Mais si après,
15:09on dit qu'il y a des ruptures
15:10d'approvisionnement,
15:11alors là,
15:11c'est beaucoup plus binaire.
15:12C'est plus juste
15:13que vous payez plus cher.
15:15C'est juste que vous n'avez plus
15:15la matière première.
15:16Donc,
15:17vous ne pouvez plus produire.
15:18Le mot pénurie,
15:19le fameux mot de pénurie.
15:20Voilà.
15:20Et le risque industriel,
15:21là,
15:21il est extrêmement fort.
15:22Et puis après,
15:23vous avez tous les enchaînements
15:25de salaires,
15:27prix salaire,
15:27les salaires qui peuvent monter,
15:28mais aussi
15:28toutes les questions budgétaires.
15:30C'est-à-dire que
15:31là,
15:31on voit le gouvernement
15:32à le pied sur le frein
15:33pour mettre
15:34des mesures en place
15:35pour des raisons
15:36qu'on connaît bien
15:36parce que les finances publiques
15:37sont dégradées.
15:38Mais dans un scénario dur,
15:40il ne pourrait pas
15:42garder le pied sur le frein.
15:43Il serait obligé
15:43de débloquer
15:45certainement
15:46des mesures
15:47d'aides
15:47beaucoup plus conséquentes.
15:49Et puis,
15:50derrière ça,
15:51ce qu'il faut savoir,
15:51c'est que vous avez
15:52des mécanismes
15:52qu'on appelle d'indexation.
15:54Ça veut dire quoi ?
15:55Ça veut dire que
15:56quand les prix augmentent,
15:58par exemple,
15:58le SMIC va augmenter mécaniquement
16:00au bout d'un certain moment.
16:01D'ailleurs,
16:01il va certainement monter
16:02déjà à la monnaie.
16:04Donc,
16:04tous les 2%
16:05vous augmentez.
16:06Et puis après,
16:06vous avez toutes les prestations sociales.
16:08C'est-à-dire que typiquement,
16:10les retraites
16:10seront revalorisées,
16:12sauf s'il y a des indexations,
16:13comme l'inflation observée
16:14sur l'année passée.
16:15Même,
16:16il faut rappeler qu'en 2022,
16:17l'agenda a été anticipé
16:20au lieu de revaloriser
16:20en début d'année,
16:21ça a été revalorisé
16:22de façon anticipée
16:23pour ne pas que les retraités
16:24perdent trop de pouvoir d'achat.
16:25Et donc,
16:25vous avez tout ce mécanisme
16:26qui se met en route.
16:27Et donc,
16:27c'est vraiment un scénario
16:28qui est très différent.
16:29Pour le moment,
16:30ce qu'on observe,
16:31pour revenir aux enquêtes,
16:32c'est qu'on a une dégradation
16:33qui est marquée
16:35du côté des ménages,
16:37mais extrêmement marquée,
16:38avec le premier vecteur,
16:40c'est le retour de l'inflation.
16:41C'est-à-dire qu'on voit
16:42un pic sur les perspectives
16:43anticipées des ménages
16:44d'inflation.
16:45Donc,
16:46c'est vraiment un mécanisme
16:47de pouvoir d'achat.
16:47L'anticipation d'une baisse
16:48forte des niveaux de vie
16:49en France.
16:50Voilà,
16:51on est sur cette tension.
16:52Et du côté des producteurs,
16:54on voit une baisse
16:55du climat des affaires.
16:56Et c'est vrai que,
16:56pour le moment,
16:57il est plus fort
16:58sur les services
16:59ou le commerce de détail
17:00qui sont directement touchés
17:01par ces baisse
17:02du pouvoir d'achat.
17:02C'est-à-dire que les ménages
17:04ont peur,
17:04paient plus cher,
17:06consomment moins,
17:06vont consommer moins de services.
17:08L'industrie,
17:09elle,
17:09c'est plus par un mécanisme
17:10de coût de production,
17:11par les exportations,
17:13etc.
17:14Et pour le moment,
17:14c'est un peu moins marqué
17:17que les autres secteurs.
17:17Mais ça pourrait l'être
17:18beaucoup plus
17:20si on rentrait
17:21dans un scénario dur
17:22et notamment
17:22par ces questions
17:24d'approvisionnement
17:25qui pourraient être
17:26très sensibles
17:27pour ces secteurs.
17:27Et notamment,
17:28on pense à la chimie,
17:30on pense aux plastiques,
17:31on pense aux engrais
17:31qui sont déjà
17:33en première ligne.
17:34Et puis,
17:34bien sûr,
17:34il y a le transport aérien.
17:36Olivier,
17:36sur ces perspectives,
17:38ces scénarios,
17:38on va dire,
17:39intermédiaires ou noirs.
17:40Oui,
17:41de toute façon,
17:41les ménages sont,
17:42on dit,
17:43rationnels
17:43en disant une perte
17:45de pouvoir d'achat
17:46parce qu'en fait,
17:47un choc pétrolier,
17:48c'est ça,
17:48c'est en fait des choses
17:49qu'on achète à l'extérieur,
17:51qu'on paie plus cher,
17:52donc c'est une perte
17:52de richesse nationale
17:53et par la force des choses,
17:55ils doivent en supporter.
17:56Après,
17:56ce qu'on observe,
17:57c'est que ces dernières années,
17:58la consommation
17:59et surtout de biens
18:00plus que de services
18:01a été relativement à ton.
18:02Au fond,
18:03elle a souvent surpris
18:04à la baisse
18:05les prévisionnistes,
18:07peut-être aussi d'ailleurs
18:08que les mesures
18:09qu'on avait mises en place
18:09en 2022
18:11n'ont pas forcément aussi
18:12soutenu la consommation
18:14qu'on aurait cru,
18:14peut-être qu'elle aurait pu
18:15baisser davantage
18:16et donc en fait,
18:17il y a aussi
18:18d'autres mécanismes
18:20qui jouent aussi
18:21sur la consommation
18:23des ménages.
18:24Moi,
18:24je voudrais dire
18:24quelques mots
18:25des entreprises
18:26parce que
18:27en 2022,
18:28on avait été plutôt surpris
18:29par la résidence
18:30des entreprises d'ailleurs.
18:31vous parlez d'incertitude
18:32mais c'est encore vrai
18:33ces derniers mois.
18:35On a l'impression
18:35que gérer l'incertitude,
18:36c'est un petit peu
18:37le travail du chef d'entreprise.
18:38C'est devenu même.
18:39Ça a toujours été
18:40quand même
18:41toujours moins fort.
18:42Mais de plus en plus
18:42quand même,
18:43on va reconnaître.
18:43Mais ce qu'on a vu
18:44l'an dernier
18:45et à la fois au niveau
18:46national et au niveau mondial,
18:47c'est que alors que
18:48les indicateurs
18:49qu'il existe
18:50d'incertitude s'emballaient,
18:51la croissance
18:52a plutôt tenu,
18:52le commerce a plutôt tenu
18:54et ça,
18:54ça nous a plutôt surpris.
18:56Donc de fait,
18:58les entreprises
18:59ça veut gérer l'incertitude.
19:00Vous voulez expliquer
19:01cette surprise
19:01un peu stériori ?
19:03En fait,
19:04on a une forme
19:05de résilience
19:05qui est installée
19:06dans l'économie.
19:07En fait,
19:07on a eu une succession
19:08de chocs depuis des années
19:09dont les entreprises
19:10ont appris à gérer ça.
19:11Par contre,
19:12le point d'alerte
19:12qu'on voit aujourd'hui,
19:14c'est qu'elles entament
19:15cette crise,
19:15un peu d'ailleurs
19:16comme pour nos finances publiques,
19:18une situation financière
19:19plus dégradée
19:20qu'en 2022.
19:21En 2021,
19:22on mène une enquête
19:23avec la FTE
19:24et le Métis
19:25sur la trésorerie
19:26des grandes et moyennes entreprises.
19:27Et ce que l'on voyait,
19:28c'est que juste
19:29au sortir du Covid
19:30et avant la crise de 2022,
19:32les trésoreries
19:33étaient plutôt au plus haut.
19:34Il y avait eu le PGE,
19:35il y avait eu
19:36un certain nombre de choses.
19:37Et donc,
19:38ça a permis aux entreprises
19:39de supporter le choc,
19:40de faire passer
19:41des hausses de prix,
19:42de faire croître les salaires.
19:43L'emploi d'ailleurs
19:44avait plutôt bien tenu.
19:45Et là,
19:46elles entament cette crise
19:47avec des trésoreries
19:48plutôt basses.
19:49Et ça,
19:49c'est un sujet d'inquiétude.
19:51On voit aussi
19:52que les marges
19:54sont structurellement
19:55un peu plus faibles
19:56en France que dans d'autres pays
19:57pour des raisons
19:58d'orientation sectorielle.
20:00Les services,
20:00ça a des marges plus faibles
20:01et ça veut dire
20:02qu'il y a moins de marges
20:02pour supporter les chocs,
20:04pour des raisons aussi
20:05de fiscalité.
20:06Mais de fait,
20:07on peut s'interroger
20:08sur la capacité des entreprises
20:10à bien supporter
20:11ce choc,
20:12sachant que,
20:13comme je reviens
20:14sur le point du départ,
20:14on a plutôt eu tendance
20:16à sous-estimer la résilience
20:18de l'économie
20:18ces dernières années.
20:19Donc peut-être
20:19qu'il ne faut pas
20:21sur-agir
20:21et peut-être qu'il faut
20:22laisser un petit peu
20:23les mécanismes
20:23de marché agir.
20:25Sur la question de résilience
20:27et j'ai l'air presque
20:28d'entraînement
20:28à haute intensité
20:29ces dernières années
20:30qu'ont vécu les patrons,
20:32c'est crevant quand même,
20:33Christian,
20:34de gérer une activité
20:36dans un environnement
20:37où, allez,
20:38étroitement,
20:39il se passe quelque chose.
20:39J'avais vu une phrase
20:40jolie,
20:41c'est que les entreprises
20:41se sont mitridatisées.
20:43Le roi sparte
20:44qui est à force
20:45d'avaler la ciguë
20:46finalement n'était plus...
20:47Je trouvais ça
20:47assez joli.
20:48Non, l'incertitude,
20:50c'est le propre
20:51d'une entreprise.
20:52Sinon,
20:53il y a quelques-unes
20:54qui ont des carnets
20:55de commande
20:56à 20-30 ans,
20:56mais ce n'est pas
20:57assez rare globalement
20:58et encore plus
20:59dans les services
20:59où je fais partie
21:01avec Micropole Talent,
21:02bien évidemment.
21:03Oui,
21:03c'est le propre
21:05de l'entreprise.
21:06Je vous rejoins
21:07à ce qui a changé,
21:08c'est le côté vite.
21:09C'est-à-dire
21:10qu'on a une multiplicité
21:12vite,
21:12vite imprévue.
21:13On va parler tout à l'heure
21:14de l'IA.
21:15Il y a différents...
21:17Alors,
21:17choc n'étant pas
21:18toujours négatif d'ailleurs.
21:19L'IA,
21:19c'est en même temps
21:20un choc et une opportunité.
21:21Enfin,
21:21les deux se mélangent,
21:22mais on va y revenir.
21:24Mais on a une multiplicité,
21:26une rapidité des choses.
21:27Donc,
21:27en fait,
21:27c'est comment
21:29s'organiser.
21:29Parce que quand vous êtes
21:30face à un imprévu,
21:31bon,
21:31ok,
21:31vous essayez d'analyser
21:32la situation,
21:33on fait comme les économistes,
21:34on fait H1-H2,
21:37on dit voilà,
21:38H1,
21:38il peut se passer ça,
21:38c'est ce qu'on souhaite
21:39globalement,
21:40puis H2,
21:40bon,
21:41là,
21:41si c'est moins bon,
21:41etc.
21:42Puis on prend des mesures,
21:43on essaye de prendre des mesures,
21:45on dit on va faire ça,
21:45on va faire ci,
21:46etc.
21:47Mais si vous prenez
21:47ce genre de choses
21:48et puis le trois jours après,
21:49il y a encore un autre truc
21:50qui vient tomber,
21:51évidemment,
21:51là,
21:51vous rebelotez tout.
21:53Alors après,
21:53ça met en avant
21:54le côté élasticité,
21:57je ne sais pas le bon terme,
21:58oui,
22:00résilience au sens
22:02adaptation de l'entreprise,
22:03et quand on dit l'entreprise,
22:05c'est la personne morale,
22:05mais aussi c'est tous les gens
22:06qui sont dedans,
22:08les consultants,
22:09les ouvriers,
22:10enfin tous les salariés,
22:12quelle que soit leur position
22:13d'entreprise,
22:14de se dire,
22:14ok,
22:14il faut qu'on soit capable
22:15de se remettre en œuvre,
22:17de trouver d'autres moyens
22:18de production,
22:19d'autres marchés,
22:20de réduire les coûts,
22:21de s'adapter.
22:22Et là,
22:23ce qui est important,
22:24je diverge peut-être
22:25un peu par un autre propos,
22:26c'est le rôle du chef
22:27d'entreprise de communiquer
22:28là-dessus,
22:28de dire,
22:29voilà,
22:29il se passe ça,
22:29j'anticipe ça,
22:31il pourrait avoir
22:32telle répercussion
22:33ou telle autre,
22:34on va essayer d'agir
22:34de telle ou telle manière
22:35pour que l'ensemble
22:36du corps social
22:38qu'est une entreprise,
22:39si je veux dire,
22:39de gens qui,
22:40à un moment donné,
22:40se sont dit,
22:41on va se mettre en commun
22:41pour faire quelque chose,
22:42soit le plus,
22:43le plus,
22:45pas élastique,
22:46mais résilient
22:48et adaptatif.
22:48C'est intéressant
22:49ce que vous dites,
22:49Christian,
22:50pour rebondir
22:50sur les propos
22:51de Mathieu de tout à l'heure,
22:52c'est vous aujourd'hui
22:53en tant que patron
22:54et vos propres salariés,
22:55vous sentez
22:56cette fébrilité,
22:58on va dire,
22:59chez les salariés,
23:00ce pessimisme
23:01s'installer,
23:02quelque chose de...
23:03Non,
23:03moi je ne dirais pas pessimisme
23:04quand même,
23:05parce que pessimisme,
23:06c'est faux.
23:06Résignation ?
23:08Oui,
23:09interrogation,
23:09on va dire,
23:10interrogation.
23:11En ce qui concerne
23:12vraiment l'entrepreneur,
23:13il n'est jamais pessimiste,
23:14il est réaliste,
23:15je parle des salariés.
23:15Réaliste et pragmatique,
23:16c'était juste l'aparté.
23:19On en parle,
23:20mais en même temps,
23:21c'est loin.
23:22Ah oui,
23:23alors le prix de l'essence
23:24a augmenté,
23:25il descend,
23:26il monte,
23:26etc.
23:28Mais c'est un sujet,
23:29en tout cas,
23:30c'est un sujet de se dire,
23:31tiens,
23:31qu'est-ce que ça va donner
23:32sur l'ensemble de l'année ?
23:33Là,
23:34on a des budgets à tenir,
23:35évidemment,
23:35donc on va se dire,
23:36qu'est-ce qui va se passer
23:36sur Q3,
23:38Q4,
23:38comment ça peut réagir ?
23:39Puis après,
23:40on discute entre autres
23:41chefs d'entreprise
23:41de tous les secteurs,
23:42d'ailleurs,
23:42en disant,
23:43et toi,
23:43qu'est-ce que ça donne,
23:44etc.
23:45Oui,
23:45il n'y a pas un pessimisme,
23:47parce qu'on parlait
23:48de la Chine tout à l'heure,
23:49c'est aussi un des pays
23:50qui va être le plus moteur
23:51pour que le conflit
23:52se règle,
23:52quand même,
23:52grosso modo,
23:53parce qu'ils en subissent
23:54plus les conséquences
23:55que nous.
23:55Donc,
23:55il y a un momentum
23:56assez fort
23:57pour que beaucoup de pays
23:59agissent pour trouver
23:59une solution
24:00qui sera une mauvaise solution,
24:01parce qu'au final,
24:01la meilleure,
24:02ce serait que le régime
24:02des mollates tombe.
24:03Enfin bon,
24:03on ne va pas se lancer
24:04là-dedans.
24:05Donc,
24:06c'est ça peut-être
24:06qui contrebalance
24:08un peu le sujet.
24:14palpable en tout.
24:14qui ne devient palpable.
24:16Ok,
24:16merci.
24:16On va marquer une petite pause
24:17et puis on va continuer
24:19évidemment sur les banques centrales
24:20puisque c'est une semaine,
24:22la grande semaine du Carrefour.
24:23Il y a la Fed,
24:23il y a la BCE,
24:24mais pas que.
24:24Il y a aussi,
24:25de mémoire,
24:25la Banque d'Angleterre,
24:26la Banque du Japon.
24:27Et puis,
24:28on parlera intelligence artificielle.
24:29A tout de suite
24:30dans les experts.
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