- il y a 2 semaines
Ce lundi 2 février, les renoncements liés au budget 2026, la proposition du Medef sur un CDI flexible, et les solutions pour favoriser l'emploi des jeunes, ont été abordés par Dany Lang, enseignant chercheur en économie à Sorbonne-Paris Nord, Christian Poyau, cofondateur et PDG de Micropole, et Ludovic Desautez, directeur délégué de la rédaction de la Tribune, dans l'émission Les Experts, présentée par Raphaël Legendre sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00Et pour parler de tous ces sujets, j'ai le plaisir d'accueillir sur le plateau Dany Lang.
00:03Bonjour Dany.
00:04Bonjour.
00:05Enseignant-chercheur en économie à Paris Nord, Sorbonne-Paris Nord, à vos côtés.
00:10Christian Poyot, bonjour Christian.
00:11Bonjour Raphaël Legendre.
00:12Co-fondateur et PDG de Micropole, du groupe Talent.
00:16Et face à vous, Ludovic de Sauté.
00:17Bonjour Ludovic.
00:18Bonjour Raphaël.
00:19Directeur délégué de la rédaction de La Tribune.
00:22Merci à tous les trois d'être là.
00:23On a un programme chargé aujourd'hui.
00:24C'est le dernier jour pour le budget 2026.
00:30On est le 2 février.
00:32On y arrive enfin.
00:33Alors c'est un peu plus rapide finalement que l'année dernière.
00:35L'année dernière, on avait fini mi-février.
00:38Mais évidemment, le budget fait la une des quotidiens ce matin.
00:43Je le disais, un budget de tous les renoncements pour le Figaro.
00:47Un budget de faux-semblants pour l'opinion.
00:52Comment vous qualifieriez ce budget 2026 ?
00:57Allez, je vais prendre les trois.
00:58Les uns après les autres.
00:59Je commence par vous, Daniel.
01:00Je veux bien tirer en premier.
01:02Alors bon, évidemment, sur ce point-là, on aura des désaccords.
01:05Pour moi, ce budget, il est beaucoup trop austéritaire et restrictif.
01:10Austéritaire.
01:11Austéritaire et restrictif.
01:12On n'a pas fait beaucoup d'efforts.
01:13Ceux-ci, écoutez, on ne voit pas tout à fait les mêmes choses.
01:18On va en discuter en soi.
01:19Mais en tout cas, il me semble, bon, avec des nuances quand même.
01:24Parce qu'ils ont quand même essayé de faire attention à tout ce qui est secteur stratégique.
01:30Il y a effectivement un effort sur le militaire, etc.
01:34Mais sur l'enseignement, la recherche, sur tout ce qui est l'éducation, sur tout ce qui est l'hôpital.
01:39C'est un budget qui me paraît beaucoup trop strict, sévère.
01:44Et après, on va encore se plaindre de ne pas atteindre les 1% de croissance, alors que ce n'est vraiment pas optimiste du tout.
01:52Bref, c'est un budget qui coupe dans des secteurs où le multiplicateur budgétaire est relativement élevé.
01:58Ce qui n'est pas une bonne idée dans un contexte où la croissance est déjà très molle, voire inexistante.
02:04Budget austéritaire, nous dit Dani Lang.
02:07Christian Poyot, comment vous qualifieriez, vous, ce budget ?
02:11Alors, il y a le fond et la forme, si j'ose dire.
02:14Sur la forme, on va dire que le monde économique, je pense parler en partie, bien sûr, sur ce sujet-là.
02:21Et se dit, ok, au moins, on tourne la page, voilà.
02:23Au moins, on a un budget.
02:24Non, mais c'est...
02:25Il y a le mérite d'exister.
02:27Après, j'allais dire, c'est un faux budget.
02:30Enfin, c'est un budget de trompe-l'œil, quoi, si j'ose dire.
02:33C'est un budget de compromis, donc...
02:35Un budget de faux semblants, titre l'opinion.
02:37Oui, voilà, de faux semblants, etc.
02:38Alors, moi, les deux points qui me semblent majeurs, c'est très structurellement le décalage du projet de la réforme des retraites.
02:47C'est emblématique, emblématique de la fuite en avant, du refus de la réalité d'un certain nombre de politiques,
02:54que je ne citerai pas, mais on voit bien, évidemment, qui...
02:56Et ça, ça va impacter les années futures.
03:00C'est dramatique, de ce point de vue-là, dramatique, voilà.
03:03Et puis après, évidemment, je ne partagerai pas ce qui a été dit juste avant,
03:05parce que la variable d'ajustement principale, c'est les entreprises.
03:08Donc, on dit qu'on veut faire 1% de croissance, et on tape sur les entreprises.
03:12Alors, 300 entreprises, c'est vrai que le choix qui a été fait, c'est de cibler les très grandes entreprises.
03:16Les très grandes entreprises, alors, Micropole, Groupe Talon, on est une grande entreprise,
03:19mais on n'est pas une très grande entreprise, donc, quelque part, on n'est pas visé par ça,
03:22mais c'est nos clients.
03:23Oui.
03:24Ils vont avoir combien d'impôts à payer en plus ?
03:267,3 milliards de surtaxes d'IS.
03:28Donc, s'ils les payent, ça veut dire qu'ils ne vont pas investir.
03:31Voilà, donc, si...
03:32Ben oui, c'est mécanique, je suis désolé, c'est mécanique.
03:34Et je peux dire, moi, je le vis, je le vis tous les jours.
03:36On a des clients qui disent, ben oui, on va réduire nos investissements.
03:39C'est comme ça, c'est mécanique, on peut sauter sur sa chaise, mais c'est mécanique.
03:42Donc, les grandes entreprises, y compris, vous avez de leur écosystème,
03:46des autres entreprises françaises, ETI, PME, etc., ont réduit leurs investissements, d'accord ?
03:51Et puis, on diminue encore notre compétitivité par rapport à l'Allemagne.
03:54Il faudrait comparer par rapport au budget allemand.
03:56Alors, je n'ai pas tout le détail, mais le budget allemand qui est sorti, là,
04:00il cible manifestement l'investissement pour les entreprises.
04:03Il aide les entreprises à investir.
04:05Donc, vous avez, comment dire, une Allemagne qui, elle, mise sur les entreprises,
04:10pour quoi faire ?
04:11Pas pour faire des profits, pour je ne sais pas trop qui,
04:14mais pour créer de l'emploi, créer de l'investissement,
04:16créer de la dynamique, effectivement, et repartir d'avant.
04:18Et puis, en France, on tape sur les entreprises, de manière générale.
04:21Alors, on se dit, on cible les grosses entreprises.
04:23Alors là, on va échapper à la vindicte populaire, etc.
04:27Mais l'échelle entreprise, petit ou moyen, ils ne sont pas dupes.
04:30Si vous voulez, ils savent très bien qu'en tapant sur l'entreprise petite ou...
04:32Enfin, les grosses, ça revient au final sur nous.
04:34Donc, voilà, c'est un faux-semblant, avec des bêtises, pour ne pas dire autre chose,
04:39de fond, et structurelles, et conjoncturellement, des erreurs
04:43en négligeant l'investissement des entreprises.
04:45Ludovic, on a deux constats à la fois similaires et totalement différents.
04:48C'est-à-dire que, dans les deux cas, on nous explique,
04:50que ce soit Dany Lang ou Christian Poyot, que ce budget est mauvais pour la croissance.
04:54L'un, en disant qu'on fait trop d'économies.
04:56L'autre, en disant qu'on pénalise l'investissement des entreprises.
05:01– Mais, ce que caractérisent Dany et Christian, je pense qu'on va se mettre au-dessus,
05:06c'est un budget smil-blique, on n'y comprend rien.
05:08Donc, en fait, il n'y a pas d'impulsion.
05:10– Il n'y a pas mal le cap, ça.
05:11– Il n'y a pas d'impulsion, c'est un montage, on va dire, de mesures plus ou moins instruites.
05:18Le plus grave, peut-être, c'est que cet objet-là qui va prendre naissance aujourd'hui,
05:23le 2 février, on sait que c'est déjà un objet qui a un trou sous la coque.
05:27En fait, déjà, il manque 600 millions de billets de la Sécu avant même qu'on démarre.
05:32On prie pour que la croissance soit…
05:34– Le Haut Conseil, il faut qu'on explique, tout le monde n'a peut-être pas suivi
05:37tous les épisodes à rebondissement, mais le Haut Conseil pour la protection sociale
05:41a indiqué, effectivement, en fin de semaine dernière,
05:43c'est-à-dire qu'il y avait notamment deux mesures qui n'étaient pas financées dans le budget
05:48et qui devraient faire dépasser le budget de la Sécu au-delà des 20 milliards de déficit.
05:54– Côté Sécu, il manque 500 euros.
05:56– Il y a déjà un décalage qui se compte en centaines de millions.
05:59L'autre partie du budget s'en remet énormément.
06:02Je reprends les phrases de Sébastien Lecornu en espérant que la croissance française
06:05soit un peu plus audacieuse qu'on espère.
06:09Donc, c'est terrible pour un pays, j'ai l'air, à 2 février,
06:11de s'en remettre déjà à cette équation-là.
06:13C'est-à-dire, finalement, de se dire qu'on a un budget qui est déjà déficitaire à certains endroits.
06:18Et par ailleurs, on va espérer que les 11 mois qui viennent se déroulent à peu près bien
06:23pour qu'on ne sorte pas trop de la zone des 5 %,
06:25alors à 5 % de déficit, qui semble de plus en plus hypothétique aujourd'hui.
06:30– Oui, il y a Davidia qui réagit sur les réseaux.
06:32N'hésitez pas à réagir sur mon compte arrobase legenra sur X notamment,
06:37qui dit un budget austéritaire à 5 % de déficit par rapport au PIB.
06:41Il a l'air un peu surpris pour l'interrogation.
06:43Est-ce qu'on peut dire qu'un budget à 5 % de déficit est austéritaire ?
06:46– La question, ce n'est pas le pourcentage de déficit.
06:50D'ailleurs, il y a 5 %, 60 %, ce ne sont pas des chiffres.
06:55Ce ne sont pas des chiffres, à mon avis, on en fait trop, des vaudeurs.
07:02Ça n'a pas un sens absolu.
07:03Ce qui a un sens, et la vraie question à se poser, c'est de savoir quel est le niveau
07:08du taux d'intérêt français à 10 ans, moins l'inflation par rapport au taux de croissance.
07:16Or, quand on fait de l'austérité budgétaire, on l'a très bien vu,
07:19et s'il y a une leçon à tirer des années 2010, notamment dans les pays du Sud,
07:24c'est quand on fait de l'austérité budgétaire, on aggrave le déficit,
07:27parce que tout simplement, on tape sur les rentrées fiscales
07:31qui derrière vont permettre de réduire ce déficit.
07:33Donc le truc, l'économie, ce n'est pas comme un ménage.
07:36L'économie, c'est un circuit, et quand on retire de l'argent du circuit,
07:41et que ça tourne moins vite, forcément, on aura moins de rentrées fiscales derrière.
07:45Il faut arrêter avec ces 3% ou ces 60% que personne n'a jamais respecté,
07:49à part l'Allemagne, à certains moments.
07:51La vraie question...
07:52Je rappelle que la moyenne de la zone euro est inférieure aux 3% dorénavant.
07:55Oui, mais d'accord, mais la zone euro ne va pas extraordinairement bien au plan économique.
08:02Donc il faut arrêter de confondre ce qui devrait être des objectifs intermédiaires,
08:07des objectifs finales de politique économique.
08:09Les objectifs finales, ça doit rester notamment l'emploi,
08:13ça doit rester notamment la transition écologique,
08:16ça doit rester la transition numérique,
08:19ça doit rester des choses qui sont beaucoup plus importantes
08:21que 5% ou 3% ou 2%.
08:24Il y a différents moyens d'arriver à ça.
08:27Sauf que les 3%, c'est le niveau pour stabiliser la dette.
08:32Vous savez, ça c'est extrêmement discutable.
08:37Le niveau qui permet de stabiliser la dette, c'est quand on a un taux d'intérêt réel
08:42qui est inférieur au taux de croissance.
08:44Et moi, ce qui m'inquiète beaucoup avec ce budget,
08:46même si effectivement...
08:47R est devenu supérieur à G, malheureusement, depuis 2 ans.
08:51C'est ceci qui est véritablement inquiétant,
08:54parce que les taux d'intérêt sont quand même relativement...
08:56Historiquement, les taux d'intérêt sur la dette à 10 ans en française
08:59sont relativement raisonnables,
09:02même si on avait été habitués ces dernières années à des taux plus bas.
09:06Mais le vrai problème, c'est qu'en face, le G, le taux de croissance,
09:09il est extrêmement faible.
09:11Et ce n'est pas en appuyant sur le frein que la voiture va rouler plus vite.
09:14C'est en dépensant toujours plus,
09:15parce qu'on a quand même le taux de dépense publique le plus élevé au monde.
09:17Donc on devrait avoir la croissance la plus élevée au monde aussi.
09:19Alors ça, c'est extrêmement discutable.
09:21On va être à 118% de...
09:24On va arriver à 118,3% de dette en fin d'année
09:27et peut-être 135% au début des années 2030.
09:31Oui, c'est une projection résolée.
09:32De François Eccal.
09:33Voilà, exactement. François Eccal, qui connaît bien le sujet,
09:35on va dire, mais ça, c'est dramatique.
09:37La politique a changé.
09:38Voilà. La politique a changé.
09:39Mais enfin, là, on ne peut pas dire que le budget de cette année,
09:41justement, a changé la politique.
09:42Parce que vous êtes en découvert, si j'ose dire.
09:47La France est en découvert.
09:48Et pourquoi elle est en découvert ?
09:49Non pas pour payer de l'investissement, mais pour payer des retraites.
09:52Et des penses courantes.
09:53Parce que qu'on investisse et qu'on prenne des dettes,
09:56très bien, tout le monde le fait,
09:58les particuliers, les entreprises,
09:59parce qu'on veut acheter un appartement
10:01ou créer une nouvelle usine, etc.
10:03Donc, on investit.
10:04Là, on est à découvert parce qu'on paye des retraites.
10:06Ce qui n'est pas nécessaire, évidemment.
10:08Ce qui n'est pas vraiment un gage d'avion de manière générale.
10:11Et donc, le coût de la dette va augmenter de manière énorme.
10:13Donc, comment faire pour réduire ça ?
10:14Il faut faire des économies.
10:15Il faut développer la production,
10:18la création de richesses nationales.
10:20Donc, les économies, on ne les voit pas dans le budget.
10:22C'est le moins qu'on puisse dire.
10:23Et je ne vais pas boucler,
10:24mais sur le développement de la richesse nationale,
10:26ben non, on tire sur les outils productifs
10:29que ce sont les entreprises.
10:30Donc, on a tout faux sur ce sujet-là.
10:31Donc, les 130 %, ils ne nous pendonnaient, si je veux dire.
10:34Est-ce qu'on va tenir l'objectif de 3 %,
10:36je crois que le projet, c'était en 2029,
10:39Ludovic,
10:40mais on devait être à 4,6 % de déficit à l'origine.
10:43Là, on est à 5.
10:44Est-ce que l'objectif des 3 % en 2029,
10:47on peut l'enterrer ?
10:48La trajectoire est de plus en plus complexe.
10:50Ce qui est compliqué dans l'approche,
10:52aujourd'hui, on va dire,
10:53du gouvernement,
10:53c'est que la France s'en remet beaucoup à,
10:57à chaque fois, dans son raisonnement,
10:58en espérant que.
11:00Mais comme si l'économie était quelque chose de subi,
11:02en fait, à la fois la situation européenne,
11:04la situation mondiale.
11:06Après, plus grave encore,
11:07et j'espère, là au moins,
11:08je le partage avec Dany,
11:09c'est que c'est un budget,
11:11je le dis, je le redis,
11:12qui n'a pas d'impulsion.
11:13C'est-à-dire qu'il y a des mesures
11:15qui sont délétères.
11:16Après, sur des choses
11:17qui seraient des engagements forts
11:20dans ce pays,
11:21et nécessaires,
11:21je pense à la jeunesse,
11:22je pense à l'innovation,
11:23je pense à la recherche,
11:24mais je pense aussi à l'éducation.
11:26C'est-à-dire que c'est
11:26tous ces domaines-là
11:28qui demanderaient des efforts,
11:29aujourd'hui,
11:30pour que la France
11:31reste dans la course
11:32ou revienne dans la course
11:34dans certains domaines.
11:35On a un budget de gestionnaire
11:37qui ne fait ni économie,
11:39qui essaye d'aligner des chiffres
11:41avec des transferts
11:42de quelques milliards
11:43entre la Sécu,
11:44le budget d'État,
11:45et tout ça.
11:46Franchement,
11:46ce n'est pas à la hauteur
11:47d'un pays comme la France.
11:49Très, très, très sincèrement,
11:50ce n'est pas à la hauteur.
11:51C'est un budget de compromis
11:52politique, quoi.
11:53Oui, mais le compromis,
11:56c'est très bien,
11:57il est compliqué,
11:57mais je suis assez d'accord
11:58avec vous.
11:59Et de la même manière,
12:00je vais sans doute vous surprendre,
12:02je suis en désaccord complet
12:03sur la taxation supérieure
12:07pour les grandes entreprises,
12:09etc.
12:09Mais là où je suis d'accord
12:10avec vous,
12:11c'est qu'il faut donner
12:11des perspectives
12:12et que l'objectif d'un budget,
12:14ça ne doit pas être
12:15de boucler,
12:17de boucher des trous
12:18et de prendre là
12:19pour mettre là,
12:20etc.,
12:20mais donner des perspectives.
12:22Alors justement,
12:22il n'y a pas de perspective
12:23et c'est ça qui m'inquiète beaucoup
12:25parce qu'on fait comme si
12:28la croissance
12:29s'est tombée du ciel.
12:30Alors évidemment,
12:31la France est un petit pays
12:34par rapport aux États-Unis
12:35et par rapport à d'autres pays,
12:37mais elle n'a pas non plus,
12:39comment dire,
12:40elle n'a pas non plus
12:41pas de marge de manœuvre
12:43pour déterminer
12:44les grandes lignes.
12:45Il faut bien distinguer
12:46deux choses.
12:46Il faut distinguer
12:47l'orientation générale
12:48du budget
12:49où on devrait mettre
12:49beaucoup plus
12:50sur la recherche,
12:51sur l'éducation,
12:53sur l'investissement
12:54dont le déterminant fiscal
12:57n'a jamais été prouvé.
12:58Alors ça,
12:59je peux vous en sortir
12:59150 études.
13:01Ce n'est pas le principal
13:01déterminant de l'investissement.
13:03Même dans la plupart
13:03des études empiriques,
13:05la fiscalité n'apparaît pas.
13:06L'INSEE,
13:06dans sa note de conjoncture,
13:07je me permets de vous couper,
13:08mais a dit au mois de décembre
13:09effectivement que la surtaxe
13:10d'impôts sur les sociétés
13:11a priori n'avait pas pesé
13:13sur l'investissement
13:14des grands groupes
13:15qui avaient été investis.
13:15Toutes les études empiriques
13:16le montrent.
13:17Sous réserve que c'était
13:18du one shot.
13:19C'est-à-dire que là,
13:19si ça devient régulier,
13:21ça risque de changer les choses.
13:22Ça ne deviendra pas forcément régulier.
13:24Plus de 15 milliards
13:25de surtaxe,
13:26ça doit peser quelque part.
13:27En tout cas,
13:27je suis d'accord avec vous
13:28pour dire qu'il faut
13:30tracer d'autres perspectives
13:31et cesser d'utiliser le budget
13:33pour prendre là
13:34et boucher des trous.
13:35Ce n'est pas un projet d'avenir
13:37et ce n'est pas un projet
13:38non plus qui est porteur
13:40d'un rebond de l'économie
13:42et de la croissance future
13:44et qui ne répond notamment
13:45pas au budget,
13:46enfin à l'enjeu
13:48de la transition écologique
13:49qui est urgente,
13:50qui est un réservoir
13:51de croissance important.
13:52Et on ne le voit pas trop
13:55dans ce budget,
13:56même si on sent bien
13:57qu'ils ont essayé
13:58de préserver cet aspect-là.
14:00À mon avis,
14:00c'est nettement insuffisant.
14:02Allez, il faut qu'on avance.
14:03Je voudrais qu'on parle
14:03de l'emploi des jeunes
14:04avec cette proposition
14:05choc du MEDEF
14:07qui a été posée
14:08sur la table
14:08du dialogue social
14:09tout simplement
14:10la semaine dernière.
14:11C'était la première réunion
14:12de l'année
14:12entre les numéros 1
14:14du patronat
14:15et des syndicats.
14:17Et parmi ces propositions,
14:19celle d'un assouplissement
14:21du contrat de travail
14:23à durée indéterminée
14:25pour les jeunes,
14:26pas n'importe lesquels.
14:27Pour les NITS,
14:28les NITS,
14:28je le rappelle,
14:30ce sont 1,3,
14:321,4 million de jeunes
14:33sans emploi,
14:35sans formation,
14:36sans diplôme.
14:38Donc, des jeunes
14:39qu'il faut vraiment aider
14:40et qu'il n'est pas facile
14:41d'aider non plus.
14:43Donc, les deux propositions,
14:45un CDI
14:45avec une durée
14:47préalable
14:48avant l'embauche
14:48de trois ans,
14:50un droit rechargeable,
14:50mais on pourrait
14:51les licencier
14:52les trois premières années
14:54sans problème.
14:55Et puis,
14:55un SMIC
14:56qui serait aussi inférieur.
14:57Christian Poyot,
14:58est-ce que c'est
14:59une bonne idée ?
15:01Qu'est-ce qu'on reproche
15:01à Patrick Martin ?
15:03D'être pragmatique,
15:04de regarder les choses en face,
15:05de proposer des solutions ?
15:06On y reproche
15:07de refaire le CPE
15:08de Dominique de Villepin
15:09de 2006
15:10et le CIP
15:11d'Edouard Balladur
15:12en 1993.
15:13Le Medef,
15:13vous savez,
15:14le Medef,
15:14c'est des entreprises,
15:15déjà.
15:15Moi,
15:15j'ai été membre
15:16du conseil exécutif
15:17en plus de deux ans.
15:19C'est un sujet concret.
15:20Est-ce que le problème
15:21du chômage des jeunes
15:22est un vrai problème ?
15:23Je crois qu'ils sont
15:23à 19% de taux de chômage ?
15:25Quasiment, oui.
15:26Si je ne me trompe pas.
15:31C'est dramatique
15:32pour les jeunes
15:33en premier lieu.
15:34C'est-à-dire
15:34comment font-ils ?
15:36C'est des situations
15:37personnelles
15:37vraiment dramatiques.
15:39Et puis,
15:39c'est dramatique
15:39pour le tissu économique
15:40global français.
15:41Après,
15:42on va dire des choses
15:44très basiques.
15:45Quelqu'un qui démarre
15:45sur le marché du travail
15:46et qui, en plus,
15:47là, on parle des jeunes
15:48qui, effectivement,
15:49n'ont ni formation,
15:50ni...
15:52Qu'ont quitté le système,
15:53effectivement,
15:53sans aucun diplôme,
15:54sans rien,
15:54et qu'ils sont dans une galère.
15:55Donc, il n'y a aucun
15:56jugement de valeur
15:57sur les personnes-là.
15:57Parfois très désocialisées.
15:58Quand ils vont rentrer
15:59dans une entreprise,
16:00ils ne vont pas savoir
16:02faire grand-chose.
16:03Et encore une fois,
16:04vraiment,
16:04mon propos est positif,
16:06n'est pas critique.
16:06D'abord,
16:07on a tous été débutants.
16:08Quand on débute,
16:08on ne sait pas faire
16:09grand-chose globalement.
16:10On peut assumer
16:10que si on a une formation
16:11très pratique,
16:12on est quand même
16:12à même de faire
16:13tant de choses.
16:13Donc,
16:13il va falloir les former.
16:15Et je voudrais rappeler
16:15que dans les propositions
16:16de Patrick Martin,
16:17du MEDEF,
16:18il y a aussi le fait de dire
16:19qu'on va lier ça
16:20à de la formation.
16:21C'est la contrepartie
16:23d'un SMIC inférieur
16:24au salaire du membre français.
16:25Comme d'habitude,
16:26on prend plus
16:26un pan du truc,
16:27mais on oublie l'autre.
16:28Ce que dit le MEDEF,
16:29c'est qu'on va avoir
16:30des gens qui vont arriver,
16:32qu'on va être contents
16:32d'emmocher.
16:33Simplement,
16:33il va falloir les former
16:35et c'est normal.
16:36Ils vont être d'une manière
16:37ou d'une autre
16:37moins productifs.
16:38Le mot est peut-être vilain,
16:39mais c'est quand même
16:39la réalité des choses.
16:40Vous payez quelqu'un,
16:41c'est pour faire un travail.
16:42Donc,
16:42on propose tout ça
16:45pour avoir un peu plus
16:46de souplesse
16:47pour créer un flux d'entrée
16:48pour que les gens
16:49d'entrée disent
16:49« Ok, je vais tenter.
16:51X ou Y,
16:52là,
16:53ce n'est pas sûr,
16:53il n'est pas bien formé,
16:54je ne sais pas
16:55ce que ça va donner.
16:56Ok, on l'embauche.
16:56Et puis,
16:57si malheureusement,
16:58parce que le chef entreprise,
16:59il ne va pas s'amuser
17:00à les embaucher
17:01pour les virer après,
17:01il va avoir passé du temps,
17:02il va les avoir formés.
17:04Donc,
17:04si malheureusement,
17:04ça ne marche pas,
17:05oui,
17:06là, effectivement,
17:06on veut plus de souplesse.
17:07Donc,
17:08c'est du bon sens.
17:09C'est du bon sens,
17:10tout simplement.
17:11Voilà.
17:11Alors,
17:11évidemment,
17:12on a certains syndicats,
17:13toujours les mêmes,
17:14d'ailleurs,
17:15qui montent sur leurs grands chevaux,
17:16etc.,
17:16en rappelant de l'histoire.
17:19Le CEP et le CIP,
17:20ça a été abandonné bêtement
17:22parce qu'effectivement...
17:23Alors,
17:23le CEP,
17:24je crois que c'était
17:24pour tous les jeunes.
17:25Le CPE,
17:26contrat,
17:27première embauche,
17:28et le CIP,
17:29c'était le contrat
17:30d'insertion professionnelle
17:31par Édouard Malay en 1993.
17:32Moi,
17:32j'étais...
17:33CPE 2006,
17:34Dominique de Vipa.
17:35C'était juste la présence
17:35de 300 plus à cette époque-là.
17:37Effectivement,
17:37ça concernait tous les jeunes
17:38qu'ils soient diplômés ou non.
17:39Bon,
17:39ce n'est pas le cas.
17:40Donc,
17:40encore une fois...
17:41Mais c'est vraiment concentré
17:42sur les jeunes
17:42qui n'ont aucune formation
17:43de l'Édouard.
17:44C'est un sujet grave
17:44sur lequel il faut trouver
17:45des pistes pragmatiques
17:49qui puissent fonctionner.
17:50Donc,
17:51Patrick Martin met ça
17:52avec raison,
17:52faisons avancer le débat,
17:53mais trouvons une solution.
17:54Alors,
17:54arrêtons de faire de l'incantatoire.
17:56Danny Lang.
17:57Alors,
17:58sur le constat,
17:59je suis d'accord avec vous.
18:01On a beaucoup trop...
18:02On a un chômage des jeunes
18:03beaucoup trop élevé.
18:05On peut rappeler les chiffres.
18:06Le taux d'emploi des jeunes
18:07en France,
18:07c'est de 35%
18:08quand il est de 51%
18:10en Allemagne
18:11et de 75%
18:13aux Pays-Bas.
18:14Et le chômage
18:15des moins de 25 ans,
18:16on en parlait avec vous,
18:17Christian Poyot,
18:18c'est 18,5 en France
18:19quand la moyenne européenne
18:21est à 14,4
18:22et l'Allemagne
18:23à 6,3.
18:25Oui.
18:26Et quelle est la différence
18:27majeure avec l'Allemagne ?
18:28Ce n'est pas tellement
18:29la souplesse
18:30de l'embauche des jeunes.
18:31La différence majeure
18:32avec l'Allemagne,
18:33c'est que l'Allemagne,
18:34et c'est structurel,
18:35ça fait 40 ans
18:36qu'on en parle,
18:36l'Allemagne facilite
18:37a tout mis en place
18:40pour faciliter
18:40la formation des jeunes
18:42et très franchement,
18:44je suis d'accord
18:45avec vous
18:45sur le constat,
18:46je ne suis pas du tout
18:46d'accord avec les solutions,
18:48on ne sait pas
18:49en les payant moins
18:50et notamment
18:51en dessous du SMIC
18:52qu'on va s'assurer
18:54que ces jeunes
18:55deviennent plus productifs,
18:56mieux formés,
18:57etc.
18:57notamment parce qu'il est
18:59difficile de vivre
19:00avec un SMIC
19:00et quand vous avez
19:01des préoccupations
19:02de la vie quotidienne
19:03en permanence
19:04qui viennent vous rattraper
19:05parce que vous n'arrivez
19:05pas à joindre les deux bouts,
19:07c'est extrêmement difficile
19:08d'être productif.
19:09Donc je suis complètement
19:10en désaccord
19:11avec l'idée
19:11qu'il faudrait moins
19:12les payer.
19:13Quant à la durée,
19:14est-ce qu'on a vraiment
19:15besoin de trois ans
19:16pour savoir
19:17si quelqu'un fait l'affaire ?
19:18Très franchement,
19:19ok,
19:20on prend quelqu'un
19:21qui n'a pas d'emploi,
19:22il n'a pas de profession...
19:22On prend quelqu'un
19:23qui n'a aucune formation
19:24ou qui n'a pas d'emploi
19:24mais qu'on forme.
19:26Ok,
19:26mais déjà,
19:27attention aux effets
19:28de substitution
19:29avec les gens
19:30qui eux auront suivi
19:31des formations,
19:32des qualifications,
19:33etc.
19:34Ils existent
19:35et si ces jeunes
19:35coûtent moins cher,
19:36les entreprises
19:37vont choisir ces jeunes
19:38plutôt que des gens
19:39qui auront joué le jeu
19:40de la formation,
19:41de la qualification
19:41et qui y seront arrivés.
19:44Ce n'est pas qu'une question
19:45de volonté,
19:45mais attention
19:47aux effets de substitution.
19:49Je ne suis pas convaincu
19:50que c'est en payant
19:51les gens moins cher
19:51qu'on les rend plus productifs.
19:53D'ailleurs,
19:53les études empiriques
19:54montreraient plutôt
19:55que la productivité
19:57augmente
19:58lorsqu'on monte
19:59dans l'échelle
20:01des salaires
20:01et puis il y a effectivement
20:04un vrai sujet
20:04de savoir
20:05au bout de combien de temps
20:06on peut licencier quelqu'un
20:08quand on prend un pari
20:09comme ça.
20:09C'est un risque
20:10que je reconnais volontiers
20:11mais est-ce qu'on a besoin
20:12de trois ans
20:13pour savoir
20:15si la personne
20:15fait l'affaire
20:16ou si elle s'est suffisamment formée ?
20:18Je ne le crois pas.
20:19Très franchement,
20:20je ne le crois pas.
20:22Les entrepreneurs
20:22savent très bien
20:23si quelqu'un
20:25fait l'affaire ou non.
20:26Ils s'en rendent compte
20:26au bout de quelques semaines
20:27voire quelques mois.
20:29Donc,
20:29il n'y a pas besoin
20:30d'aller jusqu'à trois ans.
20:32C'est une nouvelle manière.
20:33Mais l'idée d'un cadre assoupli
20:34pour des jeunes
20:35qui ont une employabilité
20:38comme on dit aujourd'hui
20:40beaucoup plus faible.
20:41qu'est-ce que ça peut aider ?
20:42Une fois de plus,
20:42je ne rejette pas
20:43l'ensemble de la chose.
20:45Je dis juste que trois ans,
20:46ça me paraît être
20:47un délai plus que d'irraisonnable.
20:49C'est un début de discussion peut-être.
20:51Ludovic de Sauté.
20:52Non,
20:52ce dossier...
20:53Ça a été fait ailleurs.
20:53Je pense que je vais avoir
20:56une lecture un peu plus...
20:57L'Italie,
20:57la Grande-Bretagne,
20:58l'Allemagne.
20:58Je vais avoir une lecture
20:59tout à fait.
21:00Depuis,
21:01il y a des crans en Italie
21:03qui ont été mis en place
21:04selon l'âge
21:05et l'ancienneté
21:06qu'on a dans l'entreprise.
21:08Je vais avoir une lecture
21:09un peu plus politique.
21:10D'abord,
21:10finalement,
21:11et je trouve qu'en ça,
21:12le merci au MEDEF,
21:14officiellement,
21:14ça y est,
21:15c'est fait,
21:15c'est le MEDEF
21:16qui a donné le coup d'envoi
21:17de la présidentielle 2027.
21:19En fait,
21:20ils se sont complètement ratés
21:21sur Zuckman,
21:22ils se sont complètement ratés cet été.
21:23Ça a été une catastrophe.
21:24La REF était dépressive,
21:26en train de pleurer
21:27face à Bayrou et tout ça.
21:29Là, pour le coup...
21:29En train de pleurer,
21:30c'était une REF en colère,
21:31donc pas trop en colère.
21:33Non, non, non,
21:33mais là,
21:33pour le coup,
21:35au moment le budget arrive,
21:38c'est clairement,
21:39le MEDEF donne un coup d'envoi,
21:41on le voit,
21:42d'ailleurs,
21:42avec des prises de position
21:43de différents aussi patrons.
21:45Et ça,
21:45c'est intéressant,
21:46et je le note,
21:47et ça veut dire aussi
21:47qu'il y a un esprit
21:49qui est en train de se construire,
21:50je trouve ça très bien.
21:51Avec une demande des Français,
21:52il y avait un sondage hier
21:53dans la tribune dimanche
21:55qui citait...
21:56Il y a plus de 50% des Français.
21:57Oui,
21:57à 77% des Français
21:59qui attendent de voir
22:00les chefs d'entreprise
22:01entrer en politique.
22:02Donc là,
22:03enfin,
22:03je dis enfin,
22:04le MEDEF sort
22:05et prend le débat.
22:06Après,
22:07ce qui est intéressant,
22:07toujours dans cette séquence politique,
22:09c'est que,
22:10rappelez-vous,
22:11il n'y a encore pas très très longtemps,
22:12il y a quelques semaines,
22:13on a abandonné
22:13la réforme des retraites,
22:15et là,
22:15tout d'un coup,
22:16il y a un mouvement du MEDEF
22:17où on va dire
22:17le nouveau problème,
22:18c'est les jeunes.
22:18Donc on est parti
22:19à l'autre bout du spectre.
22:21Tant mieux,
22:21tant mieux,
22:22parce que les jeunes,
22:22on n'en a pas assez parlé.
22:23Après,
22:24les mesures...
22:24Un combat de fond
22:25de Patrick Martin,
22:26président du MEDEF,
22:26il en a parlé à l'AREF,
22:28il en a parlé...
22:28Je suis d'accord
22:29avec certains éléments de Tani,
22:30c'est-à-dire que ce que le MEDEF
22:32fait ressortir,
22:32c'est le manque de fluidité
22:34du marché du travail
22:34qu'on voit régulièrement,
22:36ne serait-ce qu'avec
22:36la création d'entreprises,
22:38les micro-entreprises
22:39qui se développent
22:39à tout va,
22:40parce qu'il y a clairement
22:42un problème de fluidité
22:43statutaire
22:44sur le marché du travail
22:45aujourd'hui.
22:46En revanche,
22:46ce qui va être compliqué
22:47dans les propositions du MEDEF,
22:48c'est les lignes de démarcation.
22:49C'est-à-dire,
22:49à partir de quand un jeune
22:51mérite un SMIC jeune
22:52ou ne mérite pas un SMIC jeune.
22:54Alors là,
22:55politiquement,
22:56c'est quelque chose
22:56de très très toxique,
22:58faire que tout d'un coup,
22:59toi t'es à 80% du SMIC
23:00et toi t'es à 100% du SMIC.
23:02Là,
23:02ces lignes à construire,
23:04politiquement,
23:05elles vont être très très complexes.
23:07Est-ce que ça ne peut pas être
23:07le diplôme et la formation,
23:09tout simplement ?
23:09Il y a des pistes possibles,
23:11mais quel diplôme,
23:12quelle formation,
23:12et puis je reboucle aussi
23:14avec un élément,
23:14parce que ça fait partie
23:16du débat budgétaire
23:17qu'on abordait juste auparavant,
23:19c'est que quand même,
23:20il y avait un outil
23:21qui est un peu dérivé,
23:23qui a été mal piloté.
23:24N'oublions pas l'apprentissage aussi.
23:26C'est-à-dire qu'il y a là,
23:27qui est proposé,
23:28qui a été revisité
23:30au travers du budget
23:32et au sein de l'apprentissage,
23:34il y a une dynamique
23:35à construire,
23:35un meilleur pilotage,
23:36parce qu'on sait
23:37qu'il y a eu des abus
23:37dans tous les sens
23:38autour de l'apprentissage,
23:40pas qu'en entreprise,
23:41dans le système aussi
23:42de formation,
23:42avec des formations bidons,
23:44des boîtes privées
23:45qui se sont montées
23:45et qui sont complètement bidons.
23:47Et peut-être que là,
23:48il y a un effort collectif
23:49entre l'État,
23:50les entreprises,
23:51à mettre en place
23:52pour avoir une vraie relance
23:53de la formation professionnelle.
23:54Pas forcément diplômante,
23:56mais en tout cas,
23:57il y a un enjeu profond,
23:58il y a des métiers en tension
23:58dans ce pays.
23:59Question Puyo.
23:59– Oui,
24:00alors déjà,
24:01le MEDEF n'a pas abandonné
24:03le sujet des retraites,
24:04si j'ose dire,
24:05simplement,
24:05bon bah ok.
24:05– Non,
24:06mais c'est curieux
24:06d'être sur la jeunesse.
24:07– Deuxièmement,
24:08le sujet de la jeunesse,
24:09effectivement,
24:10le MEDEF et Patrick Martin,
24:11notamment,
24:11s'en est toujours saisi,
24:13on ne découvre pas le sujet
24:14ce matin.
24:15Après,
24:16moi je suis très heureux
24:16d'entendre les débats,
24:17on ouvre le débat.
24:19Daniel Ang,
24:20effectivement,
24:20trois ans c'est long.
24:21Je suis un peu d'accord
24:22avec vous,
24:22effectivement,
24:23trois ans c'est long.
24:24Moi,
24:24en tant que chef d'entreprise,
24:25au bout de trois ans,
24:25si on ne sait pas
24:26si quelqu'un est là.
24:26– Oui,
24:27c'est ça,
24:27on peut se faire un jugement
24:28à l'heure,
24:29mais franchement,
24:29chef d'entreprise…
24:30– Mais ce n'est pas non plus
24:31trois semaines,
24:32et puis ça dépense des métiers,
24:34entre,
24:34moi je ne les connais pas tous,
24:35mais dans nos métiers,
24:36il faut quand même,
24:38peut-être un an,
24:38si j'ose dire.
24:39Mais je ne sais pas,
24:40ouvrons le débat.
24:41Le sujet,
24:42encore une fois,
24:42ce que fait Patrick Partin
24:43et MEDEF là-dessus,
24:44c'est dire,
24:44et je rejoins le point,
24:45le gros défaut
24:47des chefs d'entreprise,
24:47c'est d'être pragmatique.
24:48On est sur le terrain,
24:49tous les jours,
24:50c'est nous qui recevons
24:51les bons de commande,
24:52qui allons chez le client,
24:53qui payons les gens,
24:54etc.
24:54Donc on cherche des solutions
24:55pratiques, concrètes,
24:56qui marchent,
24:57c'est-à-dire.
24:58Le sujet des diplômes,
24:59bien sûr,
24:59c'est compliqué de dire
25:00à quel niveau,
25:01toi tu as ça,
25:02tu as droit,
25:03toi tu n'as pas ça,
25:03tu as droit,
25:04mais ok,
25:04ouvrons le sujet,
25:05regardons,
25:06faisons bouger les lignes.
25:08Autant le sujet de la retraite,
25:09c'est un vrai sujet,
25:10d'accord ?
25:11Autant le sujet du chômage
25:12des jeunes est dramatique
25:13et ils vont nous remplacer,
25:16enfin c'est l'avenir,
25:17c'est bidon,
25:18enfin c'est banal de dire ça
25:19d'une manière générale,
25:20mais donc prenons ce sujet,
25:21voyons voir,
25:22regardons comment on peut
25:22les insérer dans le travail,
25:24ce qui sera positif pour eux
25:25en premier lieu
25:25et pour l'ensemble
25:26de la société française.
25:28Donc voilà,
25:28le débat s'ouvre,
25:29très bien,
25:29l'objectif de Patrick Martin
25:31est atteint.
25:31Et la CFDT,
25:33ni la FO ont réagi,
25:34suite à ça,
25:35la CGT est la seule
25:36à être sortie ce week-end
25:38effectivement,
25:39mais les autres
25:40organisations syndicales
25:41ne sont pas contre,
25:42en tout cas le débat
25:43pour l'instant.
25:45Allez,
25:45on se quitte
25:45pour une très courte page
25:47de publicité
25:48et on parle
25:49souveraineté économique
25:50juste après.
25:52A tout de suite.
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