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  • il y a 1 jour
Ce mercredi 1er avril, Raphaël Legendre a reçu Ludovic Subran, correspondant du CAE et directeur des investissements du groupe Allianz, Patrick Bertrand, directeur général des opérations d'Holnest, et Isabelle Bordry, co-fondatrice de Retency, dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:04BFM Business et la Tribune présente
00:07Les Experts, Raphaël Lejean
00:11Bonjour, il est 10h, vous êtes en direct sur BFM Business et les Experts, bienvenue à tous.
00:16Les marchés sont en hausse ce matin et le pétrole en baisse sous les 100 dollars.
00:21Pourquoi ? Eh bien par un nouveau revirement de Donald Trump au 33ème jour de guerre au Moyen-Orient.
00:28Le président américain a affirmé hier que son pays qui traît, je cite, très bientôt l'Iran dans deux ou
00:36trois semaines, nous dit Donald Trump,
00:38laissant la France et les autres pays, je le cite encore, se débrouiller tout seul avec le détroit d'Hormuz.
00:45Sauf que dans le même temps, Benjamin Netanyahou a affirmé, lui, qu'Israël allait continuer, je cite encore, d'écraser
00:53le régime terroriste iranien,
00:56à se demander si nous ne sommes pas en train d'assister à la plus grande manipulation de cours de
01:01l'histoire des marchés.
01:02Seule certitude, en attendant, les prix ont commencé à augmenter, plus 0,8 points au mois de mars en France.
01:10L'inflation atteint désormais 1,7%, ailleurs en Europe, c'est parfois 3 à 4%.
01:16Quelle importance ? Quelle est l'importance de cette menace pour notre pouvoir d'achat, pour votre portefeuille ?
01:22Et faut-il craindre un retour de la greedflation ?
01:26Autre sujet que faire face à la hausse des prix des carburants ?
01:30Sujet connexe, évidemment.
01:31La pression monte sur l'exécutif avec les syndicats qui demandent des aides ciblées sur plusieurs catégories de travailleurs.
01:40Et puis en seconde partie d'émission, on posera cette question d'apparence technique mais hautement politique.
01:47Comment faire de l'euro un instrument de puissance internationale ?
01:52C'est la note du CAE, le Conseil d'analyse économique, qui a été publiée hier.
01:57On aura avec nous l'un des co-auteurs de cette étude, Ludovic Subron, avec Hélène Rey sur le plateau
02:03pour en parler.
02:03Et puis cette dernière question pour terminer, à 50 ans, Apple peut-il toujours nous surprendre ?
02:10On reviendra peut-être aussi sur les annonces de suppression de postes cette nuit chez Oracle.
02:1510 000 postes en moins du fait de l'IA, c'est pas le seul.
02:18Chez Meta, chez Amazon, on a eu plusieurs dizaines de milliers de suppressions de postes aussi.
02:24Est-ce que c'est le moment de la grande vague ?
02:27Voilà pour le programme du jour.
02:28Il est 10 heures passées de deux minutes.
02:30On est ensemble pour une heure, une heure de débat, une heure de controverse, c'est Les Experts.
02:35Allez, c'est parti.
02:45Et pour parler de tous ces nombreux sujets, j'ai le plaisir d'accueillir sur le plateau Isabelle Bordry.
02:50Bonjour Isabelle.
02:51Bonjour.
02:52Fondatrice de Retency.
02:53Ludovic Subron, je le disais.
02:55Bonjour Ludovic.
02:55Bonjour.
02:56Correspondant du Conseil d'analyse économique et directeur des investissements et de la recherche du groupe Allianz.
03:03C'est face à vous Patrick Bertrand.
03:04Bonjour Patrick.
03:04Bonjour.
03:05Directeur général des opérations d'Aulnest.
03:08Bienvenue à tous les trois.
03:09Je le disais, on est ensemble pour une heure de débat, de décryptage, éventuellement de controverses,
03:16pour continuer de décrypter notamment les conséquences de la guerre en Iran.
03:20On parle évidemment beaucoup d'inflation, ça nous concerne, ça vous concerne au premier plan.
03:28L'inflation qui a bondi de 0,8 point au mois de mars, c'est ce que nous a indiqué
03:33l'INSEE hier.
03:34On est désormais à 1,7% en France.
03:38Et si on prend l'indice harmonisé au niveau européen, on est même un peu au-delà.
03:43On tutoie les 2%, 1,9%, avec une énergie qui a bondi de 7%.
03:48Je commence avec vous Ludovic, pour peut-être commencer à expliquer d'abord,
03:53on a ce débat souvent avec Jean-Marc Daniel dans la rédaction, ici sur le plateau,
03:58hausse des prix et inflation, ce n'est pas tout à fait la même chose.
04:03Disons qu'il y a en effet deux sujets.
04:05Un, quand on parle de hausse des prix, c'est dans ce cas-ci l'hausse des prix du pétrole.
04:13Et l'inflation, c'est la hausse générale des prix.
04:15Et donc en fait, toute la question, c'est de savoir si c'est seulement une composante de l'indice
04:19des prix qui augmente,
04:20pendant combien de temps, puis après comme l'inflation, elle est souvent calculée en glissement annuel,
04:23c'est-à-dire un mois sur le mois de l'année suivante, il y a un moment où ça
04:27s'efface,
04:27ou est-ce qu'il y a une diffusion, alors au prix alimentaire, au prix du transport,
04:31au prix d'autres extraits de la composante pétrolière, et c'est un petit peu ça le sujet.
04:37C'est le grand débat du moment.
04:39Votre pari, votre analyse.
04:40Quand on regarde les marchés, ils s'attendent justement à ce qu'il y ait une augmentation du niveau général
04:45des prix de 1 à 2 points.
04:48Normalement, la sensitivité qu'on utilise, c'est que 10 dollars de plus sur le baril du pétrole,
04:51c'est à peu près 0,1, 0,2 additionnel sur l'inflation.
04:55Donc ça, c'est à peu près les deux estimations.
04:57Nous, quand on regarde, on s'attend en effet qu'à l'automne notamment, il y ait légèrement plus d
05:02'inflation.
05:02Mais je tiens à rappeler qu'on partait d'une inflation très basse, parce qu'en fait, ce qu'on
05:05avait réussi à faire depuis 2022,
05:06c'était à remettre l'inflation dans sa petite boîte.
05:08On était à moins de 1% en France il y a deux mois encore.
05:11Exactement. Et la plupart des pays européens étaient dans la même boîte.
05:14L'idée, c'est que, bien sûr, le niveau des prix a dû augmenter,
05:17puisque depuis 2021, il y a eu plus de 20-25% d'augmentation du niveau des prix.
05:21Donc les gens disent toujours, moi, je le sens sur mon pouvoir d'achat.
05:24Et donc tout choc additionnel se fait sentir.
05:27Mais pour l'instant, je dirais, moi, je ne suis pas inquiet dans le sens où on aura un peu
05:31plus d'inflation.
05:32Est-ce que la Banque Centrale Européenne va devoir augmenter ses taux pour justement calmer ?
05:35C'est ce que les marchés anticipent désormais.
05:37Pour l'instant, oui.
05:38Deux à trois hausses en 2026.
05:41Pareil, d'un niveau de taux qui était devenu plutôt, pas agréable, mais on va dire neutre.
05:46C'est ce qu'on dit en politique monétaire, c'est-à-dire autour de 2%.
05:49C'était assez vu le niveau des prix, etc.
05:51La bonne nouvelle, je tiens à finir là-dessus, c'est qu'en effet,
05:54il y avait aussi une inflation servicielle qui se calmait en zone euro.
05:58Vous vous rappelez, il y a encore deux ans, on parlait beaucoup de la boucle prix-salaire.
06:01Parce qu'il y avait cette inflation monétaire un peu de 2021, puis l'inflation ukrainienne.
06:05Donc, il y avait deux types d'inflation.
06:07Là, pareil, moi, je ne suis pas inquiet.
06:09Ce n'est pas la même chose ?
06:10Non, ce n'est pas du tout la même chose.
06:11Il y en a une qui est beaucoup plus compliquée, parce qu'elle complique la donne pour les entreprises et
06:16leurs marges.
06:17Comme la première type d'inflation, un choc pétrolier, c'est toujours un coût pour les marges des entreprises qui
06:21sont intensives en pétrole.
06:22Mais dès lors que les salaires s'accélèrent en même temps que les prix s'accélèrent,
06:25ça, c'est plutôt compliqué à gérer, parce qu'après, il faut gérer sur la masse de travail.
06:28Donc, il y a du chômage, etc. On n'en est pas encore là.
06:31Après, vous l'avez dit, en fait, le monsieur avec la mèche orange tweet chaque jour quelque chose de différent.
06:38Et donc, on est dans une incertitude compliquée.
06:40Donc, pour l'instant, il faut prendre énormément de précautions.
06:42Le matin, tout va bien. On va prendre les bonnes nouvelles, les bons jours.
06:45Les marchés sont en hausse. Le pétrole est repassé sous les 100 dollars ce matin.
06:50Bon, demain est un autre jour.
06:51Donc, 2% d'inflation d'ici la fin de l'année, c'est possible.
06:54Peut-être un petit peu plus, mais on n'aura pas 10%, enfin pas pour l'instant.
06:57La question, c'est est-ce que les entreprises, Patrick Bertrand, vont en profiter, comme en 2022, pour augmenter leurs
07:05tarifs ?
07:05On commence à entendre parler de hausse. BASF, en Allemagne, a fait passer 30% de hausse,
07:11ce qui est absolument spectaculaire quand même.
07:13Mais d'autres, dans le bâtiment, en France, prévoient déjà au mois de mai, dans les matériaux,
07:18dans la construction, des hausses de 5% qui pourraient continuer par la suite.
07:23Est-ce qu'il faut craindre le retour de ce qu'on appelait en 2022-2023 la « greedflation »
07:29?
07:29C'est-à-dire que les entreprises peuvent profiter de cette hausse des prix
07:34pour en rajouter un petit peu sur leur taux de marge ?
07:37C'est un vrai sujet. Le premier obstacle pour les entreprises, c'est la volatilité des marchés.
07:45Est-ce que cette augmentation des prix va être durable ?
07:48Ou bien est-ce qu'elle est ponctuelle ?
07:50Et à ce moment-là, on peut s'adapter dans de meilleures conditions.
07:55Le thème principal, c'est la demande.
07:59Oui, qui n'est pas en forme.
08:00On n'est pas le gouvernement qui, quand il a un problème de déficit, augmente les impôts
08:05et peut augmenter ses recettes.
08:07Une entreprise, elle a des clients.
08:09Donc la question, c'est est-ce que cette demande, qui était déjà relativement faible,
08:14d'où d'ailleurs l'augmentation, notamment pour la consommation,
08:16l'augmentation du taux d'épargne avec une consommation qui était très faible,
08:20est-ce qu'à un moment donné, le fait d'augmenter les prix peut-être plus
08:23que le coût de revient des matières premières ou des coûts de production
08:27va permettre d'affronter cette situation ?
08:30C'est une vraie question.
08:32Donc croire que les entreprises ont des plans comme ça, secrets,
08:37non, l'entreprise, elle est soumise à un marché.
08:40Elle est soumise à ses clients.
08:41N'empêche pas d'avoir une stratégie.
08:43Et c'est ça qui sera la vérité et qui créera la vérité des prix.
08:49Le point peut-être plus largement évoqué,
08:54c'est qu'on est en face effectivement d'une inflation finalement importée,
08:58géopolitique et de vulnérabilité.
09:00Parce que les prix, c'est un symptôme,
09:04mais la vraie maladie, c'est la dépendance.
09:07Et donc la question qui se pose, c'est de savoir
09:10qu'elles sont, on règle le court terme, bien sûr, il faut le régler,
09:14mais à moyen terme, comment enclenche-t-on un processus
09:18de réduction de cette vulnérabilité, de cette dépendance ?
09:22La PPE 3, la programmation pluriannuelle de l'énergie 3,
09:26qui enfin aborde un sujet qui est développer l'électrification
09:32et substituer une énergie fossile à des énergies
09:36sur lesquelles la France est très bien placée.
09:39Tout ça est du moyen terme, mais il ne faut pas le voir comme du long terme.
09:43Il faut enclencher à très court terme ces stratégies.
09:46On va y venir sur les réponses.
09:48Le point de fond est là.
09:49La France, effectivement, a apporté à cette hausse des prix du carburant.
09:54Et cette nuit, le Matignon a annoncé l'accélération du plan d'électrification.
10:00On va y revenir tout à l'heure.
10:01Après, il y a les mesures à prendre, on pourra l'évoquer.
10:04Isabelle Bordry.
10:04Il y a un vrai sujet qui a été effectivement évoqué, c'est que face à la volatilité,
10:09il est très important que les entreprises anticipent et, à leur manière,
10:14créent des matelas et fassent leur propre épargne pour anticiper un avenir
10:17sur lequel, finalement, elles ont très peu de visibilité.
10:20Oui.
10:21Sachant qu'en plus, ce problème de dépendance est extrêmement flagrant.
10:23Il y a effectivement le problème de souveraineté par rapport à l'énergie
10:27et notamment l'énergie fossile, où les Américains sont le grand maître d'oeuvre
10:31puisque toutes ces matières premières fossiles sont en fait négociées en dollars.
10:37Donc, ça, c'est un premier point.
10:38Et puis, deuxième point, maintenant, on a le problème de la souveraineté numérique.
10:42Depuis maintenant trois ou quatre ans, les sommes investies par les Européens
10:46dans ce qu'on appelle le logiciel et le cloud sont en expansion absolument énorme
10:52avec des augmentations de prix de plus de 10% chaque année.
10:55Et partout droit dans la poche des Américains.
10:56Et sur des sommes qui sont absolument colossales.
10:58Quasiment 1 400 milliards de dollars ont été investis en Europe
11:02sur tous ces logiciels et sur toutes ces technologies.
11:06Et comme vous l'évoquiez, il y en a 80% qui partent vers les États-Unis.
11:10Donc, il y a un double choc.
11:11Il y a le choc, effectivement, lié aux matières premières
11:15sur lesquelles l'Europe, depuis 40 ans, n'a pas réussi à créer une souveraineté.
11:19Et le nouveau qui va arriver et qui commence à s'infiltrer, en fait,
11:24dans l'économie européenne, c'est ce choc de la souveraineté numérique.
11:28Ludovic, est-ce qu'il faut s'attendre à une très mauvaise année 2026
11:31pour le pouvoir d'achat des consommateurs ?
11:34Ce qui intéresse absolument tout le monde.
11:37L'inflation, c'est le pouvoir d'achat, c'est le revenu moins l'inflation, en gros.
11:41Et c'est le revenu disponible moins l'inflation.
11:43Et donc, c'est vrai qu'aujourd'hui, moi, je suis assez inquiet, en effet,
11:46sur la croissance du pouvoir d'achat.
11:47C'est-à-dire qu'elle pourrait être à zéro à la fin de l'année.
11:50L'INSEE commence à en parler un peu.
11:52Si on a un mauvais printemps sur l'inflation, c'est un sujet...
11:55Comme pour les entreprises, il y a des matelas.
11:57L'épargne des ménages en France est à des niveaux records.
12:00Donc, la vraie question, c'est est-ce qu'on est prêt à désépargner
12:02pour maintenir sa consommation ?
12:03Pour revenir à ce que disait Patrick, est-ce qu'on préfère moins consommer ?
12:06Donc, c'est ce qu'on appelle la destruction de demandes.
12:08Et tout choc pétrolier, malheureusement, est un peu récessif aussi.
12:11C'est-à-dire qu'il y a une partie où vous pouvez absorber la hausse des prix.
12:13Mais pour les entreprises, comme pour les ménages,
12:15il y a une partie aussi où vous allez devoir compenser.
12:17Donc, les entreprises peuvent-elles monter leurs prix ?
12:19Oui, jusqu'au moment où ça casse, il n'y a plus de consommation.
12:21Ça, c'est le vrai sujet.
12:22Dans de nombreux secteurs, on voit cette dynamique.
12:25Vous parliez de BASF.
12:26Les chimiques, c'est un vrai sujet.
12:28C'est-à-dire que la chimie européenne était déjà exsangue.
12:31Et là, leur seule façon de sortir de là,
12:34c'est d'augmenter les prix très fortement.
12:35Mais est-ce qu'il y aura un client pour ces prix-là ?
12:37Sachant que leur base de coût n'est pas compétitive.
12:39Les consommateurs vont être capables de payer.
12:41Et sur les consommateurs, c'est pareil.
12:42C'est-à-dire que l'inflation, ça coûte en pouvoir d'achat.
12:45Généralement, il y a des réallocations qui sont.
12:46Il y a des petites mesures,
12:48notamment quand il y a des coûts de transport.
12:50Les gens vont commencer à rouler moins,
12:55à moins prendre l'avion, etc.
12:56Moi, aujourd'hui, en agrégat, il y a beaucoup d'épargne.
12:59Donc, je ne suis pas inquiet sur la destruction de demandes.
13:01Mais comme on sait, le pouvoir d'achat comme l'épargne
13:04est très, très, très, très mal distribué.
13:06Et donc, la vraie question,
13:07et c'est le sujet, je pense, pour ce gouvernement,
13:09c'est d'éviter de faire des mesures qui bénéficient à tous,
13:12qui sont profondément stupides,
13:14et d'essayer de cibler les mesures,
13:16pour ceux qui en ont le plus besoin.
13:18C'est un peu ce qu'on a fait en 2022-2023.
13:192022, c'est dans le top 10, je crois,
13:24des erreurs de politique économique de ces dix dernières années,
13:26peut-être dans le top 5.
13:27Quand on fait un bouclier tarifaire,
13:29c'est quand même d'une stupidité absolue.
13:30C'est-à-dire que moi, je n'avais pas besoin
13:31du bouclier tarifaire pour payer mon électricité.
13:33Mais on enlève le signal prix.
13:36Alors qu'il y avait d'autres personnes qui en avaient besoin.
13:39Ça nous a coûté quand même, au bas mot,
13:41deux points de pipe, cette histoire.
13:42Donc, ce n'est pas non plus...
13:43C'était 7,8 milliards en 2022.
13:45Très précisément, ça a coûté une fortune, effectivement.
13:47Rexeco nous explique quand même
13:48que ça nous a permis d'avoir des gains de compétitivité
13:51absolument extraordinaires,
13:53notamment...
13:53Mais à quel prix ?
13:54C'est comme l'emploi.
13:55C'est au moment où on subventionne les gains de compétitivité
13:57et qu'on a les déficits ou la dette qu'on a.
13:59Moi, je pose la question.
14:00C'est comme sur l'emploi.
14:01Quand on se gosse d'avoir fait baisser encore le chômage
14:04jusqu'en 2023-2024
14:06et qu'on voit le coût marginal d'un emploi supplémentaire
14:09entre les différentes mesures...
14:11Il a fallu 10 milliards à peu près.
14:12Ça coûte très cher au contribuable.
14:13Je suis désolé.
14:15Moi, je ne suis pas contre la dépense publique.
14:17Je pense qu'il faut juste être stratège là-dessus.
14:19Dans un choc pétrolier, on peut être beaucoup plus parcimonieux.
14:22Patrick, puis Isabelle.
14:24Pardon.
14:24En fait, la problématique, c'est que cette dépense publique
14:27ne génère pas de la valeur en France.
14:29Exactement.
14:29À la différence des États-Unis,
14:31où effectivement, aux États-Unis, il y a une hausse du prix du pétrole.
14:34Et là, Trump dit « drill, baby drill »,
14:36c'est-à-dire produiser, produiser, produiser pour créer de la valeur.
14:39Et en France, on subventionne le fait de pouvoir acheter
14:42une économie de l'énergie qui est produite ailleurs.
14:45Patrick, en France, on subventionne.
14:47Absolument.
14:48En France, on subventionne.
14:49Je crois que c'est en Indonésie, on rationne.
14:52Et puis, en Lituanie, on substitue.
14:54Donc, il faut qu'on arrive à travailler sur ces trois sujets.
14:57Sur le sujet de l'aide aux ménages,
15:01et on a vu dans le cadre des élections municipales
15:03que le sujet pouvoir d'achat était venu avant le sujet de la sécurité.
15:07C'est la sécurité passée en deuxième ligne,
15:09même s'il reste important.
15:11C'est compliqué, le ciblage.
15:13– Non, en France, on a tellement d'aides aux gens,
15:16on a qu'augmenté les aides sociales.
15:17– Non, mais c'est compliqué de cibler.
15:19On a vu les syndicats dire « il faut aider un tel,
15:23telle profession, telle profession ».
15:24On sait que dans tout ce qui est le care,
15:29c'est-à-dire les soins, etc.,
15:30ce sont des gens qui viennent de l'extérieur des métropoles
15:33et qui viennent en voiture parce qu'il n'y a pas de possibilité.
15:36Il y a aussi les usines.
15:38Je vais prendre un exemple très rapide,
15:40sans faire perdre trop de temps.
15:42un auditeur qui a été sollicité
15:44parce qu'on constate dans une entreprise,
15:46dans une zone rurale,
15:47qu'il y avait beaucoup d'absentéisme en fin de mois.
15:50Constatation, au bout de deux mois d'études,
15:52plus d'argent pour payer,
15:54ce n'est pas le cas aujourd'hui.
15:56Enfin, ce n'est pas le cas,
15:56ce n'est pas une situation d'aujourd'hui.
15:57– C'est-à-dire qu'on ne va plus au travail
15:59parce qu'on n'est plus capable de payer son plein ?
16:01– Oui, parce qu'on n'a plus d'argent pour payer le plein.
16:03Et ils ont constaté qu'une partie de l'absentéisme
16:06était liée à ça.
16:07Donc, la vraie question aujourd'hui,
16:09c'est peut-on cibler ?
16:10Oui, il faut aider, accompagner,
16:12mais surtout pas par une mesure générale.
16:15Et la question aussi,
16:18Patrick Martin l'a dit dans un article très récemment,
16:22on ne peut plus distribuer ce qu'on n'a pas.
16:24– Certes, 5% de déficit, on ne peut pas.
16:26Alors, cibler, vous disiez,
16:27oui, on peut très bien, Ludovic Subran.
16:29Je rappelle qu'en 2022-2023,
16:31Bercy a essayé de cibler les gros rouleurs
16:34avec un certain niveau de revenus
16:37et donc croiser les fichiers cartes grises
16:39et les déclarations fiscales,
16:42ils ne sont jamais arrivés.
16:44– Il faut refaire.
16:46– C'est-à-dire, moi,
16:47je pense que je me répète de temps en temps,
16:49mais il se trouve que moi,
16:51j'ai fait du ciblage dans des pays
16:52comme le Panama,
16:54la République dominicaine dans les années 2000,
16:56que la France, en 2025,
16:58en 2026, avec les données qu'on a,
17:00n'arrive pas à faire de ciblage,
17:01je suis désolé,
17:02ça fait un peu moyen âgeux.
17:04Donc, il y a un moment
17:05où il faut être un peu sérieux,
17:06on a des tonnes d'aides ciblées,
17:09diverses et variées.
17:10Il y a qu'il y a déjà augmenté, celle-ci.
17:12Ensuite, il y a des aides aux travailleurs.
17:13On sait très bien comment faire
17:14les aides aux travailleurs.
17:15On a fait les prix Macron,
17:16les machins, les trucs.
17:17Donc, moi, cette idée
17:18qu'on ne peut pas cibler
17:19et que, par défaut de ciblage,
17:21on fait des trucs hyper coûteux
17:22avec des effets d'éviction,
17:23des effets domaine...
17:24– Par exemple, des baisses de taxes
17:25que demandent certains partis.
17:27– Alors ça, par exemple,
17:29c'est bête.
17:30Donc, Jordan Bardella
17:31qui nous dit
17:31qu'on va faire baisser la TVA
17:32sur le pétrole,
17:34bon, je suis désolé pour lui,
17:35il faut qu'il arrive
17:35vers des cours d'économie,
17:36mais on sait très bien
17:37que ça, ça va dans la poche
17:38des pétrolières.
17:39Ça ne va pas du tout
17:40dans la poche des ménages.
17:40On le sait.
17:41– Oui, mais c'est simple à comprendre.
17:43– Ah non, mais c'est populiste,
17:44mais c'est pas juste.
17:45– Oui, c'est efficace.
17:46– C'est très efficace.
17:47– Il faut juste lui montrer.
17:48Moi, je peux lui montrer des articles.
17:50Je ne sais pas s'il a le temps
17:50de lire, ce jeune homme,
17:51mais il y a un moment où il faut…
17:52– Peut-être qu'il nous écoute.
17:53– Mais tant mieux.
17:54Et je peux lui envoyer des liens,
17:56je n'ai pas de problème avec ça.
17:57Mais arrêtons de dire des bêtises
17:58plus grosses que ce soit.
17:59– Bon, cela dit,
18:00aujourd'hui,
18:00tu as fait un effort sur les prix
18:02en disant qu'il va bloquer les prix.
18:03Donc, pour revenir au sujet précédent,
18:06le fait que les entreprises
18:08aient fait des réserves
18:09permet aujourd'hui
18:10de protéger les ménages.
18:11– Bien sûr.
18:12Blocage des prix.
18:13On voit aussi en même temps
18:14quelques pénuries arriver.
18:16Dans 900 pompes,
18:17on a les chiffres ce matin
18:18publiés par Bercy,
18:19c'est des pénuries partielles
18:21sur le gasoil notamment.
18:22– Il n'y a pas de raison
18:23qu'il n'y en ait pas
18:24quand vous bloquez les prix.
18:25– 900 stations sur les 900,
18:27700, ce sont des stations totales.
18:29Pourquoi ?
18:29Parce qu'on a eu un blocage des prix.
18:31Il faut rappeler aussi
18:32que le blocage des prix,
18:33ça amène souvent aux pénuries.
18:36– Et c'est pour ça
18:37qu'il faut des alternatives.
18:38Et donc, il faudrait que M. Castex,
18:40qui est aujourd'hui
18:40à la tête de la SNCF,
18:43fasse un vrai effort,
18:44par exemple,
18:45sur les prix des trains
18:46qui aujourd'hui…
18:46– C'est ce que propose
18:48la LITENIS,
18:49si je ne dis pas sûr,
18:49qui vient de réaliser
18:50– C'est deux substitutions,
18:51ce que j'évoquais tout à l'heure.
18:52– Bien sûr.
18:53– Sobriété,
18:55nous, si vous voulez,
18:55c'est toujours pareil en France,
18:56c'est qu'on ouvre
18:57le carnet tchèque tout de suite.
18:58Et hier, je disais,
19:00j'arrête de suivre même les mesures
19:01parce que ça m'ennuie profondément.
19:0370 millions pour je ne sais pas qui.
19:04– Le chemin spatial.
19:05– C'est-à-dire qu'à chaque fois,
19:06on va toquer à la porte, etc.
19:08Ok, mais en revanche,
19:09les Asiatiques,
19:10qu'est-ce qu'ils font ?
19:11Sobriété.
19:11Les Baltiques,
19:12qu'est-ce qu'ils font ?
19:13Substitution.
19:14Où est le menu ?
19:15Où est la carte ?
19:16Où est le menu du restaurant ?
19:17– Exactement.
19:17– Parce que si à chaque fois,
19:18c'est le carnet tchèque
19:19et c'est celui qui va le premier…
19:20– C'est notre logique en France.
19:22– Oui, mais il y a un moment,
19:23ça suffit.
19:24Moi, je pense qu'il faut utiliser ça
19:26pour expliquer aux Français
19:27ce qu'on fait avec l'argent public
19:28parce qu'après,
19:28dans un an, on va pleurer.
19:30On va dire,
19:30ah oui, la crise, la crise.
19:32Non, la crise,
19:32c'est maintenant qu'on la décide.
19:34– Voilà un bon débat.
19:34– Isabelle, puis Patrick.
19:36– Oui, le vrai sujet,
19:37c'est la création de valeur.
19:38Est-ce qu'on investit,
19:39et aujourd'hui,
19:40la France est suffisamment en déficit
19:42et n'a pas fait les réformes
19:43qu'elle devait faire
19:43au niveau du fonctionnement de l'État,
19:45est-ce qu'on est prêt encore
19:47à de nouveau subventionner
19:49une économie qui n'est plus souveraine ?
19:51Donc, on ne protège pas notre industrie,
19:53mais on aide, en fait,
19:54en quelque sorte,
19:55les ménages à acheter
19:56des produits à l'extérieur.
19:57– On voit quand même
19:58que le gouvernement freine
20:01quand même des quatre heures.
20:02– Eux, ils ont raison.
20:02Encore heureux.
20:03– Ils ont raison.
20:04– Ils ont vu ce salaire à côté en 2022.
20:06– Bon, pour l'instant…
20:07– Pour rien électoralement, je rappelle.
20:08Alors, c'est vrai qu'il n'y a aucun gain politique.
20:10– En 2027,
20:11avec les nouveaux gouvernements,
20:12on aura toujours cette tendance.
20:14– Alors, il y a une grande surprise,
20:15c'est Matignon qui évoque quand même
20:16cette nuit,
20:174h13, dépêche AFP,
20:18une accélération du plan de l'électrification
20:20avec des surplus fiscaux,
20:23alors que cela fait à peu près
20:25une semaine, dix jours
20:26que l'État explique
20:28qu'il n'y aura pas de surprofit
20:30avec la montée des prix des carburants.
20:33Après le choc pétrolier de Roland Lescure,
20:35qui a dû faire,
20:36qui a dû rétropédaler en 24h,
20:38ça fait un double couac quand même
20:39sur la crise du pétrole.
20:40Donc, on voit que…
20:42– C'est normal,
20:43ce n'est pas simple.
20:43– Ce n'est pas facile.
20:44Mais l'idée,
20:45c'est qu'on en a une il y a 4 ans
20:47et qu'on n'est pas un peu appris.
20:49Moi, je trouve ça hallucinant.
20:51– Il n'y a pas de rétexte,
20:52enfin de retour d'expérience.
20:54– Un retour d'expérience.
20:54– Appris et que depuis 4 ans,
20:55on n'est pas accéléré.
20:57– Oui, c'est ça.
20:57– Sur l'autonomie stratégique.
20:59– Il y a un autre point
20:59qui est plus géopolitique.
21:02Je me prenais à relire les livres d'histoire
21:05en me disant,
21:06en rêvant d'un nouveau Ferdinand de Lesseps
21:09qui a creusé le canal de Suez
21:13et le canal de Panama.
21:14Et je regardais la carte,
21:16il y a eu quelques projets,
21:17mais pourquoi n'ont-ils pas émergé
21:18d'un canal entre le golfe Persique
21:21et la mer d'Arabie ?
21:22Alors qu'on est dans une ultra-dépendance.
21:27Je n'ai pas suffisamment creusé
21:28ou je n'ai pas suffisamment d'informations
21:30pour comprendre pourquoi ce projet
21:32n'a-t-il pas émergé.
21:34– Personne ne veut payer.
21:35– Bienvenue, si on pouvait avoir
21:36un nouveau Ferdinand de Lesseps
21:38accompagné sur le plan politique,
21:40je crois que le sujet serait globalement résolu.
21:42Et dans les projets que j'ai vus,
21:44c'est qu'en plus,
21:45ce serait très positif sur le plan écologique,
21:49pas la construction, mais le après,
21:51puisque ça permettrait d'irriguer
21:52une partie du désert
21:53et de développer des cultures
21:54et un accès à une forme d'autonomie alimentaire
21:58des pays concernés.
21:59Et voilà, je jette ça sur la table.
22:02– On est aussi là pour apporter des propositions.
22:05– Mais j'étais vraiment frappé
22:07de voir qu'un point aussi majeur
22:11pour l'économie mondiale
22:12n'ait pas été traité.
22:14– Oui, il y a sans doute des réponses,
22:16je ne sais pas.
22:16– C'est le sujet de l'investissement.
22:18Aujourd'hui, il y a une très forte partie
22:20des investissements,
22:21notamment des Européens,
22:22qui a été fléchée vers le dollar,
22:25donc principalement vers les pays
22:26du Moyen-Orient et des États-Unis,
22:28qui n'a généré en réalité
22:30aucune alternative
22:31et aucune infrastructure nouvelle
22:34permettant d'avoir une indépendance
22:38plus forte vis-à-vis de ces deux pôles.
22:40Mais l'investissement qui a été généré
22:42vers ces pays,
22:43aujourd'hui, ont appauvri l'Europe
22:45sans création réelle d'alternatives.
22:47– Davidia demande sur mon compte Twitter,
22:49n'hésitez pas à réagir,
22:50poser des questions sur
22:51arrobase le genre à,
22:53pourquoi on n'exploite pas
22:54le gisement pétrolier de Guyane
22:56et on ne crée pas une filière
22:58de raffinage de gazole ?
23:00Il faut expliquer que le gazole,
23:01s'il y a des pénuries,
23:02c'est parce qu'effectivement,
23:04on a très peu de capacités de raffinage
23:06ici en France et en Europe,
23:07c'est principalement au Moyen-Orient
23:09et en Inde.
23:09Au Moyen-Orient,
23:10on détruit des infrastructures
23:13en ce moment même.
23:14Je ne sais pas si vous avez la réponse.
23:16– Cet auditeur a complètement raison
23:17et ça, je pense que c'est le poids
23:19d'une politique écologique
23:21que l'on a depuis maintenant
23:22une dizaine d'années
23:24et une incompréhension
23:25de la population française
23:27sur ce que peut apporter
23:28et la valeur ajoutée
23:29que peuvent apporter ces gisements
23:31et je pense que c'est des fautes
23:33graves politiques
23:34qui n'ont pas le courage
23:36de prendre ces décisions fortes
23:39et qui pourraient aider
23:39non seulement la Guyane
23:40mais la France et l'Europe entière.
23:42Donc ces gisements sont colossaux,
23:44les pays voisins en profitent
23:46et nous n'en profitons pas
23:48pour une espèce de déontologie
23:50un peu étrange,
23:52politique,
23:53sur lequel on n'arrive pas
23:54à faire bouger.
23:55Alors Macron a réussi
23:56à faire bouger quand même
23:57la perception des Français
23:59sur le nucléaire.
24:00Il avait des positions
24:01extrêmement contre au départ
24:03et il a quand même largement évolué.
24:05– Oui, on est passé
24:05de la fermeture de Fessenheim
24:07à la création de Sineau.
24:08– Et au micro-central.
24:10– Et au micro-central.
24:11Donc il y a quand même eu
24:12une évolution plutôt positive.
24:14Mais sur ces gisements,
24:16c'est pour moi
24:16totalement incompréhensible.
24:18– Vous êtes d'accord avec ça Ludovic ?
24:19– Je ne suis pas expert
24:20de gisements de Guyane
24:21donc je ne me prononcerai pas
24:22mais je pense que moi
24:23ce qui est aussi bien
24:25c'est que si on pouvait sortir
24:26des énergies fossiles
24:26je trouve que c'est toujours
24:27une meilleure option
24:28que d'en exploiter d'autres.
24:30Mais après,
24:31à la guerre comme à la guerre.
24:32– C'est ma dernière question.
24:33– Il faut être honnête
24:34sur nos dépendances,
24:35c'est-à-dire qu'on a
24:37sur les investissements,
24:38par exemple on aurait pu
24:39sur le gaz,
24:40on aurait pu faire davantage
24:41avec la Norvège,
24:42on avait d'autres routes
24:43à dessiner.
24:44Patrick parlait,
24:45c'est vrai que dans le bassin
24:46golfique,
24:47on aurait pu faire
24:48des ports en eau profonde
24:49à Oman,
24:50il y a plein de choses
24:50qui ne se font pas
24:51et je pense que c'est un peu,
24:52c'est pour ça qu'il y a
24:53deux tendances.
24:54Il y a l'assidération,
24:55qu'est-ce qu'on fait
24:56comme mesure d'urgence
24:56pour éviter que ça coince
24:58et il faut en faire
24:59mais avec parcimonie,
25:00c'est-à-dire qu'il ne faut pas
25:01éviter à tout prix
25:03l'effet prix
25:04parce que sinon
25:04on n'apprend jamais
25:05et après il y a ce qu'on fait
25:06sur le moyen long terme
25:07et là c'est en effet
25:08le cycle d'investissement long
25:10et là il faut qu'on apprenne,
25:11ça fait deux chocs pétroliers,
25:12deux chocs d'hydrocarbures
25:13en quatre ans
25:15si on ne travaille pas
25:16sur les infrastructures critiques.
25:18Oui mais le troisième,
25:19le problème c'est qu'à chaque fois
25:20si on rajoute
25:21dix points de pique de dette
25:22à chaque fois,
25:23c'est un peu compliqué
25:25il y a un bout d'un moment
25:25ça ne se voit plus.
25:26Je rappelle que l'Italie,
25:27c'est le choc pétrolier
25:28des années 70
25:29qui met l'Italie à l'amende
25:30pendant toutes les années 2000
25:31et qui crée la crise italienne
25:32de la zone euro.
25:33C'est ça,
25:33tout le monde a oublié ça
25:34mais c'est ça
25:35et donc ce n'est pas anodin
25:37ces chocs-là
25:38et donc nous on a écrit
25:39beaucoup là-dessus
25:40sur comment retrouver
25:41une autonomie stratégique
25:41de l'Europe
25:42à horizon 2030, 2035, 2040, 2045
25:44il y a plein de choses
25:45à faire là-dessus
25:45mais c'est vrai
25:46qu'il faut avoir le cerveau
25:47en deux temps
25:48donc il y a des gens
25:48qui sont là pour la planification
25:49et il y a des gens
25:50qui sont là aussi
25:50pour les mesures d'urgence
25:51les deux ne sont pas
25:53comment dire
25:55forcément entièrement alignées
25:56et entièrement alignées
25:58elles peuvent aussi
25:58on peut un peu dévier
25:59pour essayer d'éviter
26:01tel effet récessif
26:02ou tel effet de bord
26:03mais clairement là
26:05ça fait un peu
26:07ça fait bizarre à tout le monde
26:08je pense de se dire
26:08ça fait deux chocs en quatre ans
26:10a-t-on appris quelque chose
26:11et a-t-on mis des choses
26:12en bringue
26:13mais parce que
26:14moins en moins
26:14de marge de manœuvre financière
26:15on en a
26:17c'est toujours pareil
26:18moi je ne suis pas inquiet
26:19des marges de manœuvre financière
26:21mais il y a des choix
26:21politiques très forts
26:22c'est comme sur
26:23le financement de la défense
26:24le financement de ces chocs
26:25de ces investissements
26:27les retraites par exemple
26:28ou les impôts
26:29et c'est sûr que
26:31c'est des choix qui font mal
26:32et c'est des choix politiques
26:33très forts
26:33mais si on se rend compte
26:34que c'est quelque chose
26:35qui nécessite à chaque fois
26:36des investissements colossaux
26:38et qu'on n'arrive pas
26:38à trouver l'argent
26:39il va falloir le trouver
26:40et donc pour moi
26:41c'est là où la politique
26:42rentre en ligne de compte
26:43parce que
26:43la politique
26:44quand elle n'est pas dogmatique
26:46le vrai sujet
26:47c'est qu'en France
26:47on aime bien le dogme
26:48mais on est très manichéen
26:50donc
26:52si on fait une raffinerie
26:55ça c'est très mauvais
26:56pour le climat
26:57voilà
26:58donc le sujet
26:59il est multi
27:00pas factoriel
27:01mais multi-action
27:03et avec l'intégration
27:05que vous évoquiez
27:05c'est la notion
27:07de court terme
27:07et de moyen terme
27:08et notamment
27:09la thématique
27:10d'électrification
27:11dont on parlait
27:11tout à l'heure
27:12le vrai sujet
27:13c'est le dogme
27:13qui accélère
27:14promis
27:14on vous annonce
27:15le plan aujourd'hui
27:17le deuxième sujet
27:18c'est qu'aujourd'hui
27:19les gens qui votent
27:21sont principalement
27:22des retraités
27:22et des fonctionnaires
27:23quand vous faites
27:24aujourd'hui
27:25il y a 17 millions
27:25de retraités
27:26il y a 6 ou 7 millions
27:27de fonctionnaires
27:28donc la population active
27:29est en train de passer
27:31en termes de nombre
27:32de votants
27:33en minorité
27:34donc comment voulez-vous
27:36mettre en programme
27:37des programmes long terme
27:39les fonctionnaires
27:39sont quand même
27:40des actifs
27:40Isabelle
27:41oui oui absolument
27:42mais ils vivent
27:43de l'argent de l'état
27:43a priori dans la population
27:44des actifs
27:45et ils ne sont pas
27:46forcément impliqués
27:47dans les transformations
27:48profondes
27:49qui peuvent être
27:50nécessaires
27:51pour le monde du privé
27:52et donc cette bascule-là
27:53a clairement un impact
27:55sur les décisions politiques
27:56et notamment
27:57sur la réforme des retraites
27:58que vous évoquez
27:59personne ne la prendra
28:00aujourd'hui
28:01plus de la moitié
28:01la majorité du corps électoral
28:03a plus de 50 ans
28:05depuis 2025
28:06c'est la grande bascule
28:07je rappelle
28:08deuxième grosse erreur
28:09de ces dix dernières années
28:10c'est quand même
28:11l'indexation des retraites
28:13sur l'inflation
28:13à un moment
28:14post-choc pétrolier
28:15un post-choc gazier
28:16et qui nous a coûté
28:17à peu près
28:18l'effort
28:19de la réforme paramétrique
28:20des retraites
28:21c'est pour ça que tout ça
28:23est quand même
28:23joyeusement lié
28:24dont les trois quarts
28:24sont partis
28:25moi je suis optimiste
28:26on finit sur un élan optimiste
28:28on va apprendre
28:29on va le faire
28:30et j'espère
28:31à court terme
28:32qu'on ne fait pas
28:32des choses trop coûteuses
28:33c'est très très optimiste
28:35on va apprendre
28:36et on va faire
28:37il faudrait qu'on ait
28:38des gouvernements
28:39qui restent un petit peu plus
28:40de 6 ou 8 mois
28:41déjà ça nous adresse
28:42et peut-être
28:43qu'on va réussir
28:44à faire de l'euro
28:45une monnaie puissance
28:46c'est la deuxième réserve
28:48du système monétaire
28:50international
28:50et pourtant
28:51et pourtant
28:52c'est une monnaie
28:53assez faible
28:53nous dit le conseil
28:54d'analyse économique
28:55et Ludovic Subranco
28:56auteur de la note
28:57avec Hélène Ray
28:58qui est sur le plateau
28:59on va en parler tout de suite
29:00après une très courte pause
29:01ne quittez pas
29:02on revient tout de suite
29:15on est de retour
29:16pour la seconde partie
29:17de l'émission
29:18il est 10h31
29:19vous êtes toujours en direct
29:20sur BFM Business
29:21pour les experts
29:22avec Ludovic Subran
29:23Patrick Bertrand
29:25et Isabelle Bordry
29:27on va parler
29:27de la dernière note
29:28du conseil
29:29d'analyse économique
29:30publié hier
29:32d'apparence technique
29:33et pourtant
29:34hautement politique
29:35un choix
29:36très stratégique
29:37pour l'avenir
29:38de l'Europe
29:39alors que le monde
29:40se dédolarise
29:41le conseil
29:42d'analyse économique
29:44préconise
29:45d'accélérer
29:46sur la montée
29:47en puissance
29:49de l'euro
29:49Ludovic Subranco
29:50vous êtes le co-auteur
29:51avec Hélène Ray
29:52qui est professeure
29:53à Londres
29:55de la London Business School
29:57me semble-t-il
29:58membre du cercle
29:59des économistes
29:59en France
30:00vous êtes le co-auteur
30:02de cette note
30:03d'abord
30:05comment elle est née
30:06cette note
30:07et surtout
30:07quel est son objectif
30:09alors le pitch
30:10elle est née
30:11d'une discussion
30:12avec Hélène
30:13et Xavier Jaravet
30:13le président délégué
30:14du CAE
30:15l'année dernière
30:16parce que moi
30:17j'observais sur les marchés
30:18cette course
30:18pour couvrir les positions
30:20des investisseurs
30:21en dollars
30:21je rappelle que vous êtes
30:23le directeur
30:23des investissements
30:24d'Allianz
30:25et donc il y avait
30:25cette grande question
30:26de est-ce que
30:27Donald Trump
30:28à travers sa politique
30:29économique agressive
30:30casse la crédibilité
30:31des institutions
30:32comme la banque centrale
30:34américaine
30:34la Fed
30:35et on a vu
30:36l'euro se déprécier
30:37très fortement
30:38et on se disait
30:39tiens
30:39entre les mesures
30:42budgétaires
30:42très inflationnistes
30:43le fait qu'il ne croit pas
30:44à l'indépendance
30:45les gens sont en train
30:45de se dire
30:46attention
30:46le dollar n'est plus
30:47ce qu'il était
30:48et donc il y a
30:48ce fameux secrétaire
30:50d'état
30:51au trésor
30:51sous Nixon
30:52Connelly
30:53qui appelait ça
30:53our dollar
30:54your problem
30:55et qui disait
30:55en gros
30:55c'est notre dollar
30:56c'est votre problème
30:57et donc on s'est dit
30:59il faut qu'on trouve
31:01l'alternative au dollar
31:02c'est très compliqué
31:02il y a bien sûr
31:03le yuan
31:03il y a l'euro
31:04il y a la sterling
31:04il y a le yen
31:05mais est-ce qu'on peut
31:06récupérer des miettes
31:07de ce que le dollar
31:07laisse derrière nous
31:09et quels bénéfices
31:09ça peut avoir
31:10c'était ça un peu l'idée
31:11c'est juste
31:12parce qu'on parle
31:13beaucoup de la guerre en Iran
31:13ce qui se passe
31:14depuis quelques semaines
31:15c'est une masterclass
31:16en dominance du dollar
31:17c'est-à-dire que les gens
31:20vous êtes obligés
31:21de vendre
31:22vos actifs
31:24pour acheter des dollars
31:25pour acheter
31:26des barils de pétrole
31:26chaque jour plus cher
31:28donc vous avez
31:29accumulé de l'or
31:29vous le vendez
31:30pour acheter des dollars
31:31vous avez des bons
31:32au trésor américain
31:32vous les vendez
31:33pour acheter
31:33et tout ça
31:34c'est une boucle
31:35qui s'active très vite
31:36en période de crise
31:37donc cette note
31:38elle n'est pas complètement
31:39déconnectée de l'actualité
31:40nous ce qu'on dit
31:41c'est la suivante
31:42c'est en fait
31:42il y a trois
31:43grandes choses à faire
31:44pour que l'euro
31:45devienne une monnaie
31:47alternative intéressante
31:48un il faut travailler
31:49sur l'architecture financière
31:50deux il faut travailler
31:51sur l'euroisation
31:52des échanges
31:52notamment des échanges
31:53commerciaux
31:54il faut pousser l'euro
31:54dans les échanges
31:55et trois il faut être
31:56à la frontière
31:57de tout ce qui est
31:57euronumérique
31:58stablecoin et tout ça
31:59qui était
31:59alors maintenant
32:00on en parle moins
32:00parce qu'il y a la guerre
32:01mais l'année dernière
32:02c'était un peu le sujet
32:02je rappelle que Tether
32:03par exemple
32:04la plus grosse boîte
32:05de stablecoin
32:05en dollars aux Etats-Unis
32:06elle détient aujourd'hui
32:08autant de dollars
32:09qu'un gros pays européen
32:10donc c'est pas non plus
32:11enfin c'est assez
32:13ça monte en puissance
32:14donc nous ce qu'on dit
32:15c'est
32:16faisons
32:18augmentons
32:19le volume
32:19d'actifs sûrs
32:21en euros
32:21que ce soit des dettes
32:22pan-européennes
32:23notamment pour financer
32:24la défense
32:24parce que c'est un actif commun
32:26des dettes d'entreprise
32:27et faisons en sorte
32:29que la BCE
32:29fasse des lignes de liquidité
32:31avec les banques centrales
32:31comme le fait la Fed
32:32donc c'est un euro puissance
32:33un euro politique
32:34un euro attractif
32:36euro ils ont les échanges
32:37quand vous allez taper
32:38à la porte de la Commission européenne
32:39pour avoir de l'aide
32:40pour la défense
32:40que vous êtes l'Italie
32:41et que sur chaque euro
32:42que vous dépensez dans la défense
32:43il y en a 75 cents
32:44qui vont aux Etats-Unis
32:45en dollars
32:45ben vous dites
32:46tu n'as accès
32:47à ces aides européennes
32:48que si tu utilises l'euro
32:49grande question
32:50la préférence européenne
32:51exactement
32:51quand vous faites
32:52un accord de libre-échange
32:53avec l'Inde
32:54ben ça sert à rien
32:54ça sert à rien
32:55de faire des accords
32:56de libre-échange
32:56pour aller les faire en dollars
32:57essayer de pousser l'euro
32:58et enfin sur le stable coin
32:59on dit accélérons
33:00accélérons
33:01tout ce qui est
33:01euro numérique
33:02notamment
33:03et la connectivité
33:04l'interopérabilité
33:05entre les pays
33:06qui ont aussi des systèmes
33:07de paiement numérique avancés
33:08notamment les pays émergents
33:09mais aussi entre notre monnaie
33:10de banque centrale de gros
33:11et le fameux euro numérique
33:13de détail
33:13parce que
33:14toutes ces histoires
33:15de dépôts tokenisés
33:16et ça c'est un peu
33:16la partie technique
33:17mais il faut se dire
33:18que c'est la nouvelle frontière
33:19en finances
33:19et qu'en fait
33:20ce qu'on voit aujourd'hui
33:21c'est qu'au moment
33:22où on essaie
33:23de dédollariser l'économie
33:24et d'être un peu moins dépendant
33:25arrive une armada
33:27de stable coins
33:29et autres dépôts tokenisés
33:30des banques américaines
33:31qui vont encore plus
33:32C'est une vraie concurrence ça
33:33Ah ouais
33:34sur les paiements
33:35Sur tout l'univers bitcoin
33:36et la finance non traditionnelle
33:38tout est en dollars
33:39et donc en fait
33:40comme il y a beaucoup de gens
33:41qui ne croient plus vraiment
33:42aux institutions
33:42qui sont un peu plus hétérodoxes
33:44on va dire
33:44en fait il faut capter aussi
33:46au-delà de l'informalité
33:47de la transparence
33:47de la fiscalité
33:48il faut aussi capter
33:49le fait que ça peut être
33:50un gisement
33:51pour les paiements en euros
33:52donc nous on dit
33:53repensons un peu ça
33:54cet euro
33:55comme une arme
33:57monétaire
33:57pour les dépendances
33:58parce qu'en fait
33:59on parle toujours du commerce
34:00de l'énergie
34:01de la technologie
34:02les intrants critiques
34:03mais on ne parle pas
34:04de la monnaie
34:05et la monnaie
34:05je suis désolé
34:06c'est le nerf de la guerre
34:07on est déjà
34:08la deuxième monnaie
34:09de réserve internationale
34:10mais on peut faire plus
34:11une petite monnaie
34:12l'euro
34:13grignotant
34:14et en même temps
34:14qui n'a pas d'influence
34:15grignotant
34:15bah si on a de l'influence
34:16mais grignotant
34:17encore des parts de marché
34:18notamment en Asie
34:19qui est la deuxième zone
34:19dollarisée
34:20dans les pays
34:21avec lesquels
34:21on veut faire
34:21de la diplomatie économique
34:22les américains
34:23font ça
34:24shamelessly
34:25pour parler mal français
34:25c'est-à-dire
34:26ils le font
34:26sans vergogne
34:27quand vous allez
34:32avec la Fed
34:32vous venez avec vos banques
34:33et vous mettez
34:34toute la valise d'offres
34:34nous on ne fait jamais ça
34:35parce que Bruxelles et Francfort
34:37c'est indépendant par dogme
34:38arrêtons avec ce dogme
34:39ça peut être indépendant
34:40mais renforçant
34:41Patrick Bertrand
34:42vive les dogmes
34:44non mais
34:45ce qui était très bien exprimé
34:46en fait
34:47on est une puissance d'épargne
34:48c'est considérable
34:4910 000 milliards
34:51certains chiffres
34:52montent jusqu'à 15 000 milliards
34:54on est une puissance d'épargne
34:55mais pas de financement
34:56et en fait
34:57si on file la métaphore
34:59on a le carburant
35:01l'épargne
35:02on a la voiture
35:03qui est l'euro
35:05mais on n'a pas le moteur
35:07et on n'a pas les autoroutes
35:07et on n'a pas les autoroutes
35:09et donc le sujet est là
35:11la vraie question
35:12et si je reviens
35:13à ce que nous vivons
35:14nous en tant qu'entrepreneurs
35:16la vraie question
35:17c'est qu'il n'y a pas
35:17de marché commun
35:18et on sait
35:19qu'il n'y a déjà pas
35:20de marché commun
35:21en Europe
35:22c'est-à-dire
35:22quand on vend un produit
35:23il y a des réglementations
35:25différentes par pays
35:26etc
35:26mais le marché commun
35:28du financement
35:28ça se saurait
35:30si tout se concentre
35:31et qu'on pouvait
35:32assez naturellement
35:33aller
35:35se faire financer
35:36par des acteurs
35:38comme on peut
35:39le faire aux Etats-Unis
35:40donc
35:41le marché unique
35:43des capitaux
35:43est essentiel
35:44la vraie question
35:45c'est quels sont
35:46les chemins
35:47pour y arriver
35:48et tant qu'on considérera
35:49que c'est un truc
35:50purement technique
35:50ça n'arrivera pas
35:51on va y venir
35:52à l'union des marchés
35:53de capitaux
35:54parce que ça avance
35:54quand même au niveau européen
35:55le dernier conseil
35:56notamment du 19 mars
35:57a posé un agenda
35:58un peu plus tangible
36:00avec vraiment
36:01des objectifs
36:02en fin d'année
36:03simplement
36:03Isabelle Bordry
36:04oui effectivement
36:05le paradoxe
36:06c'est qu'on est
36:06la deuxième monnaie
36:07qu'on représente
36:0820 à 30%
36:09des réserves
36:09effectivement
36:10en 26 ans
36:11puisque l'euro
36:12a 26 ans
36:13ou un petit peu plus
36:13c'est déjà colossal
36:15mais là où on n'est pas
36:16encore effectivement
36:17premier leader
36:18et où on n'arrive pas
36:19à émerger
36:20je pense pour des bonnes raisons
36:21c'est le fait
36:22on n'est pas
36:22une monnaie de transaction
36:25et ce qu'évoquait
36:26effectivement Ludovic
36:27tout à l'heure
36:27est absolument primordial
36:29le simple fait
36:30que les transactions
36:30de pétrole
36:32et sur toutes les matières premières
36:33aujourd'hui
36:34sont réalisées
36:36en dollars
36:36donne de facto
36:37un droit
36:38aux chambres de compensation
36:39américaines
36:40de pouvoir
36:42mettre en place
36:43leurs droits internationaux
36:44je voudrais qu'on explique
36:45le pouvoir
36:47extraterritorial
36:47du dollar
36:48vous utilisez du dollar
36:50vous êtes soumis
36:51aux lois américaines
36:53c'est quand même ça
36:54on l'a vécu en France
36:55ce violemment
36:55les sanctions financières
36:57concret
36:57mais qui fait comprendre
36:58l'intérêt quand même
36:59de la puissance
37:00d'une monnaie
37:01vous pouvez nous rappeler
37:02Ludovic
37:03la puissance d'une monnaie
37:05et notamment du dollar
37:06l'Iran
37:07il y a des boîtes
37:08comme PSA
37:09qui ont dû quitter l'Iran
37:11bien sûr
37:11et d'ailleurs
37:13il y a tellement de choses
37:14à dire
37:14sinon plus le droit
37:15d'utiliser le dollar
37:16le regain d'intérêt
37:17de Donald Trump
37:18pour le Venezuela
37:19comme l'Iran
37:19c'est aussi pour
37:20recycler les pétrodollars
37:22il n'y a pas
37:22d'autre raison
37:23et donc Isabelle
37:24le disait très bien
37:24c'est-à-dire qu'il y a
37:25une question d'extraterritorialité
37:27il y a une question
37:27de dépendance critique
37:28alors sur le
37:30je rappelle aussi
37:31pour la petite anecdote
37:31historique
37:32que Saddam Hussein
37:33voulait dénominer
37:34ses ventes de pétrole
37:36en euros
37:37donc il y a toujours
37:38et qu'en Iran
37:39c'était l'écu peut-être
37:40à l'époque
37:42d'ailleurs
37:42au début des années 90
37:43enfin c'était
37:44non parce que c'était
37:45on parlait déjà
37:45il y avait déjà
37:46une forme d'euro numérique
37:47l'euro monnaie
37:48est arrivé bien après
37:49le moment où on a eu
37:50des échanges en euros
37:51ou un euro qui était numérique
37:52et puis je rappelle aussi
37:54que Téhéran
37:56au bazar de Téhéran
37:57on trouvait tout
37:58en Remibi
37:58c'était parce que
38:00c'était que des produits
38:01importés de Chine
38:01parce qu'ils étaient
38:02justement bloqués
38:02de l'accès au dollar
38:03donc c'est un truc
38:04de géoéconomie
38:05et de géopolitique
38:05c'est quelque chose
38:07qui est à mon avis
38:08au-delà de l'extraterritorialité
38:10vous parlez des sanctions financières
38:11il y a aussi ce truc
38:13qu'on oublie tout le temps
38:14c'est
38:17dans la facturation
38:18dont parlait Isabelle
38:19il y a aussi la Chine
38:21qui monte très très très vite
38:22et on l'a vu dans le détroit
38:23d'enrouze
38:24nous on est la deuxième monnaie
38:25mais demain je ne suis pas sûr
38:26qu'on soit la deuxième monnaie
38:28et donc il faut maintenant
38:29faire l'effort
38:29parce que la Chine
38:30la chance qu'on a
38:30c'est que son compte de capital
38:31n'est pas ouvert
38:32donc ils sont une monnaie de facturation
38:33mais pas une monnaie
38:34qu'est-ce que c'est
38:35alors expliquons
38:36il faut expliquer tout ça
38:36quand même très technique
38:37le compte de capital
38:38qu'est-ce que ça veut dire
38:39le compte courant
38:40les exports
38:41les imports
38:41le tourisme
38:42les trucs comme ça
38:43et puis le pendant de ça
38:44c'est ce qui se passe
38:45sur les transactions
38:45comment on compense les paiements
38:47et donc ça généralement
38:48il faut acheter de la dette
38:50dénominée dans la monnaie
38:51donc les Chinois par exemple
38:52le fait qu'il n'y a pas
38:53d'obligation d'État chinoise
38:56accessible au reste du monde
38:57fait que le yuan
38:58ne reste pas une monnaie financiarisée
38:59c'est une monnaie d'échange réelle
39:02mais si vous voulez avoir
39:03des réserves
39:03et vous voulez les investir
39:04vous avez plein de yuan
39:05si vous voulez les mettre
39:07quelque part
39:07à part les garder
39:08dans un gros coffre-fort
39:09vous êtes obligé
39:10d'acheter des obligations
39:11c'est ce que font
39:11tous les gens
39:12qui ont des réserves en dollars
39:13et les obligations d'État
39:15en yuan chinoise
39:16elles n'existent pas
39:16donc en fait ça ne peut pas être
39:17une vraie monnaie de réserve
39:19même si elle est dans
39:20les paniers de monnaie
39:23du FMI etc
39:23donc ça c'est
39:24la chance qu'on a
39:25c'est qu'il y a une fenêtre d'ouverture
39:26nous on parle d'ailleurs
39:27c'est une référence historique
39:28on parle de Charles Kinderberger
39:30qui était un économiste américain
39:32qui parle du Kinderberger Gap
39:33la fenêtre d'ouverture
39:35de Charles Kinderberger
39:36c'est quoi ?
39:37c'est quand le Royaume-Uni
39:40cesse d'être
39:41cet hégémone bienveillant
39:42qui fournit la sécurité
39:44qui est leader du commerce
39:45et qui donc
39:45a la sterling
39:47comme monnaie de réserve
39:48et d'ailleurs à cette époque-là
39:50elle avait
39:50le Royaume-Uni
39:52avait des excédents courants
39:53il n'avait pas des déficits
39:55juste pour dire
39:55et donc nous on dit
39:56en fait il y a ce moment
39:57de bascule
39:57entre la sterling
40:00l'or
40:00le dollar
40:01et donc nous on dit
40:02peut-être que c'est aussi
40:03la fenêtre de Kinderberger
40:04qui s'ouvre sur le dollar
40:05parce que entre
40:05tout ce que fait
40:06le président Trump
40:07entre la perte de confiance
40:08dans les institutions américaines
40:09si cette fenêtre s'ouvre
40:11prenant un petit peu
40:12des lances
40:13sur ce qu'on a mis
40:15peut-être dans le moyen terme
40:16et qui nécessite
40:17d'être remis
40:18sur le court terme
40:19pour faire avancer
40:21l'euro
40:22et toutes les gammes
40:22de la monnaie de l'euro
40:23dans leur totalité
40:25mais le vrai sujet
40:26c'est que l'économie
40:30a besoin de sécurité
40:31et aujourd'hui
40:32l'Europe
40:33non seulement
40:33n'a pas
40:34des American Bonds
40:36facilement accessibles
40:37ce qu'évoquait tout à l'heure
40:38Ludovic
40:39mais en plus
40:40n'assure pas
40:40une sécurité réelle
40:42de son économie
40:43parce qu'il y a
40:44des très fortes dépendances
40:45et puis il y a une sécurité
40:46en termes de défense
40:48le premier investissement
40:51aujourd'hui
40:52le pays le plus protecteur
40:54au niveau international
40:55c'est quand même
40:55les Américains
40:57et aujourd'hui
40:58l'Europe
40:58n'est pas capable
40:59de démontrer
41:01qu'elle est en capacité
41:02de défendre son économie
41:04de manière spécifique
41:05mais moi je trouve
41:06que c'est justement ça
41:07comme maintenant
41:07on fait plus de dépenses
41:08de défense
41:09il faudrait utiliser ça
41:10on aligne un peu
41:10nos intérêts sécuritaires
41:12et nos intérêts monétaires
41:13donc c'est pour ça
41:14qu'il faut en profiter un peu
41:14et c'est pour ça
41:15nous on dit par exemple
41:16faisons des peace bonds
41:17c'est-à-dire
41:18au lieu d'avoir
41:18l'effort de défense
41:19porté par les Allemands
41:21seuls
41:21parce que c'est les seuls
41:22à avoir un peu
41:22d'espace budgétaire
41:24profitons du fait
41:25qu'on peut
41:25on a doublé
41:26notre plan de programmation
41:27militaire quand même
41:28et puis on est là
41:28sur le nucléaire
41:29ok mais c'est toujours
41:31pareil qui paye
41:31parce que moi je veux bien
41:33qu'on double notre effort
41:34de programmation budgétaire
41:34mais c'est où est-ce
41:35qu'on baisse les dépenses
41:36et qui paye l'impôt
41:37je rappelle qu'historiquement
41:38quand on augmente
41:39les dépenses militaires
41:40il y a toujours
41:40quelqu'un qui paye
41:41donc quand Emmanuel Macron
41:43le 15 mars 2025
41:44nous dit
41:45la Russie
41:45il faut qu'on augmente
41:46les dépenses etc
41:47on n'augmentera pas les impôts
41:48ça ne marche pas
41:49ça ça n'a jamais fonctionné
41:52donc on peut faire croire
41:54jusqu'en mai 2027
41:56mais ça ne marche pas en vrai
41:57donc il y a souvent
41:58soit on rogne
41:59sur la protection sociale
42:00soit on rogne
42:00sur les dépenses
42:01d'infrastructures
42:01autres etc
42:02donc moi je dis
42:03utilisons aussi l'Europe
42:04qui peut émettre
42:05des obligations
42:07pan-européennes
42:08de défense
42:09comme ça il n'y a pas
42:09de passagers clandestins
42:10tout le monde est associé
42:11et avec ça on finance
42:12la technologie européenne
42:14de défense
42:14sauf qu'il n'y a pas
42:14d'industrie européenne
42:15de la défense
42:16vous voyez le SCAF
42:18c'est très national
42:20toute la filière est à rebâtir
42:21toute la filière est à rebâtir
42:22et à repenser
42:23puisqu'on a vécu
42:24pendant 40-50 ans
42:25dans une illusion de paix
42:26et de protection
42:27de la part des Etats-Unis
42:29et aujourd'hui
42:30la filière en fait
42:31n'est absolument pas
42:32concurrentielle
42:32sur le marché européen
42:33et on l'a bien vu
42:34avec l'Ukraine
42:35et sur ça moi je dis
42:36d'ailleurs
42:36on augmente les dépenses
42:37mais
42:38c'est attention à l'oligopole
42:40c'est pour ça que je dis
42:41en tant que citoyen
42:42quand on dit
42:43il faut augmenter
42:43les dépenses de défense
42:44certes il faut augmenter
42:45notre dissuasion
42:46et aussi notre attirail
42:49notre artillerie
42:50mais
42:51attention
42:52parce que s'il n'y a
42:53que quelques entreprises
42:54ça sent la rente
42:55ça sent l'oligopole
42:56et c'est pas de l'argent
42:57bien dépensé
42:58donc c'est sûr qu'il y a
42:58cette notion de compétitivité
43:00aujourd'hui
43:01dans l'écosystème défense
43:03en Europe
43:03n'existe plus
43:04et c'est un vrai sujet
43:06d'efficacité
43:06enfin en France
43:07la base industrielle
43:08de technologie et de défense
43:09c'est l'équipe PME
43:09pardon mais ok
43:10il y a Rheinmetall
43:12en Allemagne
43:13on a des Dassault
43:14c'est l'idée de la note
43:16sur ce que disait Patrick
43:17l'union des marchés de capitaux
43:18juste rapidement
43:19il y a trois
43:20l'union des marchés de capitaux
43:21on va dire
43:22c'est un peu le rêve
43:23entre temps
43:24on peut faire plein de choses
43:24on peut faire des coalitions
43:25de volontaires
43:26on peut faire le 28ème régime
43:27ce fameux régime
43:28qui permet à une entreprise
43:29de ne pas être soumise
43:32à des barrières réglementaires
43:33très nationales
43:33et donc d'être
43:34en chute de compétitivité
43:35on peut
43:35il y a
43:36je ne sais plus
43:37le nombre de rapports
43:37entre l'État
43:38Draghi
43:39Noyer
43:39Cookies
43:40moi j'ai arrêté de les compter
43:41qui nous expliquent
43:42comment on fait
43:42pour financer
43:43des entreprises innovantes
43:44notamment l'accès
43:45on peut parler de dettes
43:46mais on peut parler
43:46en fonds propres
43:47et tout ça encore une fois
43:48au-dessus de 100 millions
43:49quand vous êtes une entreprise
43:50de la défense
43:50vous allez aux États-Unis
43:51vous allez en Angleterre
43:52ça je suis désolé
43:53c'est une perte
43:55majeure
43:56technologique
43:56emploi
43:58compétitivité pour l'Europe
43:58ça je suis désolé
43:59ça ça fait partie de la note
44:01c'est pas technique
44:01c'est juste qu'à un moment donné
44:02il faut se prendre par la main
44:03et se dire
44:04est-ce qu'on veut être sérieux
44:05sur un écosystème
44:06entre nous
44:07et donc européens
44:08qui finance
44:09les entreprises
44:10qui vont être à la pointe
44:11technologique
44:11en usage dual etc
44:13et ça je pense que ça fait partie
44:14à mon avis des choses
44:15qu'il faut faire dès maintenant
44:16parce que sinon
44:17on n'apprend rien
44:17et on continue de nourrir la bête
44:19de l'autre côté de l'Atlantique
44:21et aujourd'hui
44:21l'épargne des Européens
44:23et notamment l'épargne des Français
44:24est principalement fléchée
44:25vers des obligations d'État
44:27et vers les grandes entreprises
44:28mais absolument pas
44:29vers les entreprises
44:30les unités de compte montent
44:31au mois de février
44:31collecte le record
44:32près de 20 milliards
44:33sur l'assurance vie
44:34et les unités de compte
44:36bon fonctionnent un peu mieux
44:37on verra ce que ça peut donner
44:38mais donc
44:39le sujet majeur
44:40ce que je retire
44:41c'est l'union
44:42des marchés
44:43de capitaux
44:44parce que c'est le carburant
44:45c'est le carburant
44:46c'est ce qui a été évoqué
44:47et ce qui est assez frappant
44:49dans nos échanges
44:50c'est qu'on a parlé
44:52d'un premier sujet
44:53pétrole
44:54et donc on est arrivé
44:55sur la notion
44:56de dépendance
44:56et souveraineté
44:57maintenant
44:57nous parlons du sujet
44:59de l'euro
45:00on revient
45:01sur un sujet
45:02de souveraineté
45:03et de dépendance
45:03donc c'est un vrai sujet
45:04et pour revenir
45:06à la question
45:07de l'armement
45:07la vraie question
45:09que soulevait Isabelle
45:11c'était le sujet
45:12de la filière
45:13mais peut-être
45:14devrions-nous préciser
45:15filière au sens
45:17de capacité de production
45:18parce que la filière
45:19au sens des talents
45:21du know-how
45:22et du savoir-faire
45:23et notamment
45:24celui de la France
45:25l'Allemagne
45:26ne veut pas trop
45:28nous aider
45:29à développer
45:30la partie production
45:31est remarquable
45:32c'est-à-dire que nous avons
45:33mais comme toujours
45:34en Europe
45:34nous avons tous les moyens
45:36les moyens intellectuels
45:38c'est d'abord ça
45:39les talents
45:40et le know-how
45:40et
45:44le savoir-faire
45:46le know-how
45:47sur
45:47mais le problème
45:49c'est qu'on n'a pas
45:50ou insuffisamment
45:52de capacité de production
45:53en fait
45:54la gros paradoxe
45:55c'est qu'on a les talents
45:57on n'a les pas
45:58mais aujourd'hui
45:59on n'a pas
46:00les filières
46:01qui permettent
46:01d'investir
46:02les filières de production
46:03et de financement
46:04permettre aux talents
46:06effectivement
46:06de produire
46:07et de créer
46:07de la valeur ajoutée
46:08ça c'est au pouvoir public
46:09de s'en occuper
46:10non
46:11arrête avec les pouvoirs publics
46:13les pouvoirs publics
46:14ils sont là pour mettre le cadre
46:15mais c'est au privé
46:16de pouvoir nourrir
46:17dans le cadre
46:18là aujourd'hui
46:18il faut amorcer
46:19c'est ce qu'on fait
46:20sur la défense
46:21bien sûr
46:21il y a une histoire
46:21d'amorçage
46:22mais là la question
46:23c'est comment on fait
46:24pour faire grossir
46:25l'écosystème
46:25et pour que l'écosystème
46:27grossisse
46:27il faut qu'il ait accès
46:28aux différents
46:29au financement
46:30au talent
46:32au financement
46:33épargne et dette
46:34au talent
46:34à une énergie pas chère
46:35parce que la défense
46:36est très énergivore
46:38et donc ça c'est le cadre
46:39et là dessus
46:40encore une fois
46:40je me dis
46:41c'est trop dommage
46:41de voir
46:42il y a encore une start-up
46:43enfin une start-up
46:43maintenant c'est une licorne
46:44presque
46:44qui a dû partir aux Etats-Unis
46:46alors qu'ils font des drones
46:46super sympas
46:48alors qu'on a un excédent
46:49d'épargne majeur
46:50moi j'avoue que ça
46:51j'ai du mal
46:52je me dis
46:52alors bien sûr
46:53on est dans l'OTAN
46:55et donc c'est pas l'ennemi
46:56les Etats-Unis
46:56mais on peut être
46:57dans l'OTAN
46:58tout en essayant
46:59d'avoir une spécialisation
47:00efficiente qui nous est utile
47:02et puis on voit
47:02qu'on va devoir être
47:03de plus en plus indépendants
47:03de toute façon
47:04les Etats-Unis
47:05l'OTAN ont notre forme
47:06de dépendance
47:07et encore une fois
47:08moi je suis pas contre
47:09je pense que de toute façon
47:10il faut qu'on continue
47:12à travailler avec les Etats-Unis
47:12mais ce qu'on apprend
47:13depuis un an et demi
47:15et encore une fois
47:16c'est un choc pour tout le monde
47:17c'est qu'on doit aussi
47:19avoir une stratégie
47:20qui nous est propre
47:21et c'était Macron
47:22le discours de la Sorbonne
47:22c'est la chance
47:23de l'Union Européenne
47:24bien sûr
47:25et quand on compare
47:27effectivement les Etats-Unis
47:28et l'Europe
47:29en termes de méthode
47:30de financement
47:31les entreprises américaines
47:32se financent à 70%
47:33auprès du marché
47:34alors qu'en France
47:36c'est très peu
47:37c'est 30%
47:38c'est 70% les banques
47:39c'est l'inverse
47:39le ratio est inversé
47:40c'est 70% les banques
47:41avec effectivement
47:42notamment
47:43et les contraintes réglementaires
47:44qui vont avec
47:44mal 3 et solva 2
47:45pour les assureurs
47:46extrêmement strictes
47:47et encore
47:48il y a quelques 2-3 ans
47:50je sais pas si ça existe
47:51encore à la marge
47:52mais vous savez
47:53qu'il y a eu une grosse bagarre
47:55au niveau européen
47:56parce que
47:57financer l'industrie
47:58de l'armement
47:59ne rentrait pas
48:00dans le cadre
48:01de la RSE
48:03absolument
48:04donc heureusement
48:05qu'on est passé
48:06à côté du gouffre
48:08dans ce domaine
48:08parce qu'on aurait été
48:09encore plus
48:10les capitaux patients
48:11ne vont toujours pas
48:12financer
48:12des armes
48:14qui ôtent la vie
48:15des enfants
48:15et encore heureux
48:17je pense
48:18donc c'est pour ça
48:19qu'il faut aussi voir
48:20comment
48:21c'est une histoire
48:22en effet
48:23de responsabilité
48:24devant l'investissement
48:25il y a plein d'autres choses
48:26à financer
48:26nous par exemple
48:27on regarde beaucoup
48:28les infrastructures
48:29de la défense
48:30les infrastructures
48:30critiques de la défense
48:31parce que
48:32les entrepôts logistiques
48:33toute l'électricité
48:37là il y a beaucoup
48:38de choses à faire
48:38après il y a ceux
48:39qui peuvent se permettre
48:40souvent d'ailleurs
48:41c'est le rôle du public
48:42puisque tu en parlais
48:43moi ce qui m'a surpris
48:44beaucoup dans le débat
48:45sur la défense
48:45c'était
48:45il faut faire un livret défense
48:47et ça c'est
48:48prendre le problème
48:48par le mauvais côté
48:50parce qu'en fait
48:51il y a assez d'épargne
48:52c'est pas un sujet
48:53le sujet
48:54c'est la commande publique
48:55ça c'est le sujet public
48:56si tu veux qu'une start-up
48:57de la défense
48:58aux Etats-Unis
48:59comment ils font
49:00ils mettent des carnets
49:01de commandes en place
49:02et donc du coup
49:03et sur le long terme
49:03ce qui rend terriblement
49:05en France notamment
49:06et donc t'es acheteur public
49:07t'es donneur d'ordre comme ça
49:07ça ça permet à la boîte
49:08de voir venir
49:09et après elle trouvera
49:10toujours du capital
49:11après il faut qu'on fasse
49:11la plomberie
49:12c'est la DARPA
49:14la Silicon Valley
49:15est née
49:17entre guillemets
49:18par la commande
49:18du complexe militaro-industriel
49:20mais pas en allant
49:21aux droits du secteur
49:23ça a irrigué
49:24en France on adore
49:25l'état gestionnaire
49:26versus l'état stratège
49:27ouais et puis on adore
49:28aussi les grosses entreprises
49:29qui vont toquer
49:30à la porte de Bercy
49:31il y a aussi un impact
49:33de Faust
49:33un peu organisé
49:34et aujourd'hui
49:35les Ukrainiens
49:37pour leur plus grand malheur
49:38ont acquis
49:39effectivement
49:40des expériences incroyables
49:41notamment sur les drones
49:42se voient racheter
49:43leur société
49:44par les Américains
49:45donc on marche
49:47sur la tête
49:48bon un dernier mot
49:49avant qu'on passe
49:50aux Etats-Unis
49:51justement
49:52on va parler d'Apple
49:52un peu
49:53c'est les 50 ans
49:53bon anniversaire
49:55simplement
49:56cette union
49:56des marchés de capitaux
49:58dont moi
49:58j'entends parler
49:59depuis plus de 15 ans
50:01donc arrête
50:02d'y écouter
50:04oublions
50:05l'union des marchés de capitaux
50:05pourtant on a décidé
50:06d'accélérer
50:06au dernier conseil européen
50:07des chefs d'État
50:08et du gouvernement
50:09titrisation
50:10supervision
50:10pension complémentaire
50:12je pense que
50:12le problème
50:13de l'union des marchés de capitaux
50:14c'est exactement ça
50:14c'est que c'était
50:15un projet
50:18c'est un truc
50:18on en est à 11 ans
50:20et en fait
50:21il faut avancer
50:22par petites étapes
50:23donc en fait
50:23c'est tu vois
50:24le 28ème régime
50:25la titrisation
50:27le rapport
50:28qu'ils noyaient
50:28sur le financement
50:29des entreprises
50:29innovantes
50:30en fonds propres
50:30en Europe
50:31c'est ça en fait
50:32le vrai sujet
50:32et la coalition de volontaires
50:34évitez de faire
50:35tout ça tous ensemble
50:36donc moi
50:36ce que j'essaie de dire
50:37moi j'ai l'impression
50:38qu'on avance
50:38petit à petit
50:39sous les coups de boutoir
50:40des Etats-Unis
50:41mais on avance
50:42parce que sinon
50:42les gens
50:42ils se disent toujours
50:43elle est incomplète
50:45etc
50:45et je trouve que
50:46pour des raisons
50:46un peu psychologiques
50:48ça nous crée
50:49un choc de défiance
50:51on n'y arrivera jamais
50:52moi je dis
50:53en fait
50:53on avance petit à petit
50:54tu vois
50:54ce qui s'est passé
50:55pour Covid
50:55c'est une avancée
50:56on a réussi
50:57à émettre de la dette
50:57ensemble
50:58pour ressortir de la crise
50:59ce qui est en train
50:59de se passer
51:00sur la titrisation
51:00c'est une avancée
51:01si on fait le 28ème régime
51:02c'est une avancée
51:03donc nous ce qu'on dit
51:04dans la note
51:04c'est faisons des petits pas
51:07mais faisons tous
51:08les petits pas
51:08dans la bonne direction
51:09et petit à petit
51:10on va avoir
51:10une forme de complétude
51:11qui nous est propre
51:12mais parce que
51:12ce gros big bang
51:13je pense que c'est
51:14très compliqué à 27
51:15ça c'est sûr
51:16oui ça ne se décrète pas
51:17c'est vieux comme l'Europe
51:18surtout avec une commission
51:20qui est faible
51:21l'Europe sera la solution
51:22des crises
51:23qu'elle aura rencontrées
51:24complètement
51:24c'est ce que disait
51:25Jean Monnet
51:26il y a plus d'un demi-siècle
51:27entre des Etats-Unis
51:29organisés politiquement
51:30de manière fédérale
51:31et l'Europe
51:32qui est en fait
51:33intergouvernementale
51:34et donc c'est extrêmement
51:35compliqué à gérer
51:37allez on va fêter
51:38les 50 ans d'Apple
51:39c'est aujourd'hui
51:40il y a 50 ans
51:41qu'est née
51:42la firme
51:43à la pomme
51:45Apple peut-il encore
51:46nous surprend
51:48Isabelle Bordry
51:48vous êtes une grande
51:49spécialiste de la tech
51:50je rappelle que vous avez
51:50dirigé Yahoo en France
51:52qui a disparu
51:53qui a quasiment disparu
51:55et donc ce qui va
51:56m'intéresser effectivement
51:57c'est que
51:58dans le cimetière
51:59de la tech
52:00il y a plein d'anciens
52:02géants
52:0250 ans
52:03c'est vieux
52:04finalement
52:05quand on parle
52:06des Magnificent Seven
52:08c'est peut-être
52:09la doyenne d'ailleurs
52:10Apple
52:11si je ne dis pas
52:12de bêtises
52:14il y a Microsoft
52:15alors sur
52:16Microsoft
52:17en fait
52:18pas tant que ça
52:19vous avez IBM
52:20qui est aussi
52:22très âgée
52:22alors je ne vais pas
52:23dire de bêtises
52:23mais je crois
52:24qu'il a quasiment
52:25plus de 100 ans
52:26il y a SAP
52:27qui est effectivement
52:29européenne
52:29et qui est aussi
52:30assez âgée
52:31donc vous apercevez
52:32il y a Dassault Systèmes
52:33si on revient
52:34sur le marché européen
52:35qui est aussi
52:37maintenant
52:38alors peut-être
52:38pas 50 ans
52:39mais qui s'y rapproche
52:40dangereusement
52:42mais ce qui est
52:42assez fascinant
52:43avec la société
52:44Apple
52:44c'est la capacité
52:46qu'elle a eu
52:46à peu près
52:47tous les 10 ans
52:48à se réinventer
52:49et c'est un exemple
52:51véritablement
52:51un exemple
52:51c'est-à-dire qu'au départ
52:52on a eu effectivement
52:53l'iMac
52:54qui a révolutionné
52:55le marché
52:56de l'ordinateur
52:57avec une interface
52:58qui a démocratisé
52:59en fait l'accès
52:59à ce qu'on appelait
53:00avant l'informatique
53:02ensuite il y a eu
53:03le départ de Steve Jobs
53:03et son retour
53:04et son retour
53:06a marqué de nouveau
53:07des innovations
53:08extrêmement fortes
53:09qui a complètement
53:09impacté l'usage
53:10d'abord de la musique
53:12on a un peu oublié
53:13mais avec l'iPad
53:14c'était au début
53:15des années 2000
53:16avec l'iPod
53:17à l'époque
53:18l'iPad
53:19pour la musique
53:19et ensuite l'iPad
53:21pardon l'iPod
53:22exactement
53:22et l'iPad ensuite
53:23et puis entre temps
53:24il y a eu l'iPhone
53:25qui a été une révolution
53:26absolument considérable
53:28qui a transformé
53:29l'usage complet
53:30de l'intégralité
53:32de la planète
53:32et qui a eu
53:33un impact
53:33absolument colossal
53:34sur l'économie mondiale
53:36aujourd'hui
53:37il y a à peu près
53:371,6 milliard
53:39d'iPhone
53:40actifs
53:41il y a 2,4 milliards
53:43hardware
53:44ou produits
53:45Apple
53:46qui sont en activité
53:47et avec l'iPhone
53:49en fait
53:49ce qui s'est passé
53:50c'est une réinvention
53:51d'un modèle
53:52en fait
53:52puisqu'effectivement
53:53il y avait la vente
53:54de hardware
53:55mais en plus
53:56les fameuses applications
53:57donc toute cette
53:59gamme de services
54:00qui aujourd'hui
54:02représente
54:02cet écosystème
54:03qui représente
54:04une partie extrêmement
54:05importante
54:05de la marge positive
54:07en fait
54:08d'Apple
54:09et qui ont développé
54:11des services
54:11sur lesquels
54:12on ne pourrait plus
54:13vivre
54:13aujourd'hui
54:14c'est-à-dire
54:15qu'il y a eu
54:16un visage
54:16qui a été
54:17complètement
54:18au niveau
54:19international
54:20pris par tous
54:21et sur lequel
54:22on est devenu
54:22complètement addict
54:23c'est-à-dire
54:24que les autres
54:24ont suivi
54:25ont amélioré
54:27mais n'ont pas
54:28innové
54:28et créé de rupture
54:29voilà
54:30donc ça c'est un point
54:31absolument clé
54:33et donc
54:35c'est une entreprise
54:36absolument surprenante
54:37alors après
54:37certains disent
54:38oui mais l'IA
54:39ils ont pris du retard
54:40sur l'IA
54:41et effectivement
54:41on l'a dit aussi
54:42beaucoup de Google
54:43et puis Google
54:44nous a surpris
54:44avec Gemini 3 Pro
54:46qui est absolument
54:48fascinant
54:48et d'une pertinence
54:49très très forte
54:50et alors effectivement
54:51le choix d'Apple
54:52et ce qui s'explique
54:54par ces deux
54:55plus de 2 milliards
54:56en fait
54:56de produits en activité
54:58c'est de jouer l'IA
54:59locale
55:00c'est-à-dire
55:01de faire en sorte
55:01que l'IA tourne
55:03directement en fait
55:04sur ses propres
55:05hardwares
55:05et ils y travaillent
55:06en réalité
55:07de manière un petit peu
55:08cachée
55:09depuis plusieurs années
55:10avec des puces
55:11très spécifiques
55:12qui vont permettre
55:13de faire tourner
55:14en fait des capacités
55:15de calcul localement
55:16et qui vont permettre
55:18aussi
55:18de préserver
55:19la privacy
55:20des usagers
55:21et puis là
55:22c'est vraiment
55:22un point sur lequel
55:23j'ai énormément de respect
55:24pour Steve Jobs
55:26et Tim Cook
55:26à la différence
55:28d'autres pratiques
55:28C'est certainement
55:29l'environnement
55:29le plus sécurit
55:30aujourd'hui
55:31c'est la privacy
55:32et d'assurer
55:34et en fait
55:35de faire en sorte
55:36que ça soit
55:37un critère différenciant
55:39sur le marché
55:39c'est-à-dire
55:40la protection
55:40des individus
55:41ce sera le mot
55:42de la fin
55:43merci beaucoup
55:43ce soir
55:44ne ratez pas
55:44une spéciale
55:45Tech & Co
55:45pour les 50 ans
55:46d'Apple
55:46avec un des fondateurs
55:49j'ai oublié son nom
55:50mais qui vous racontera
55:51des anecdotes
55:51absolument incroyables
55:52notamment comment
55:53il a fait
55:53il perdre
55:53le premier prototype
55:55de l'iPhone
55:56dans un avion
55:57ne ratez pas ça
55:58c'est ce soir
55:5919h30
56:00avec François Sorel
56:00bien sûr
56:01merci à tous les trois
56:02pour cette émission
56:03passionnante
56:03tout de suite
56:04c'est tout pour investir
56:05avec Guillaume Paul
56:06quant à nous
56:06on se retrouve demain
56:0710h en direct
56:08sur BFM Business
56:09très bonne journée à tous
56:13les experts
56:14débats et controverses
56:16sur BFM Business
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