00:008h45 sur BFM Business et sur RMC Live, on est avec Robin Rivaton pour débriefer l'actualité de la matinée,
00:06notamment ce discours de l'état de l'Union.
00:08Robin, vous avez écouté bien sûr comme tout un chacun avec Donald Trump qui a parlé pendant très longtemps
00:12et qui parle aux consommateurs américains.
00:14On vient de l'entendre avec Limagrin, qu'en a besoin parce qu'en termes de pouvoir d'achat,
00:17le consommateur américain, là il est quand même dans une situation pas facile.
00:21Oui, 1h47 de discours, le discours de l'Union le plus long de l'histoire.
00:25C'est-à-dire, effectivement, avec une attention toute particulière en direction des consommateurs,
00:29en direction des futurs voteurs, des électeurs des midterms,
00:33et qui voient effectivement une partie de leur pouvoir d'achat rogner,
00:38malgré la hausse de l'effet richesse, de l'augmentation des marchés boursiers,
00:43une très bonne stabilité des marchés immobiliers.
00:46On voit quand même que ce consommateur souffre, en partie à cause des droits de douane,
00:50en partie à cause de l'électricité, on en a déjà parlé ici, à cause des data setters.
00:54Il en a parlé d'ailleurs, il dit que ça va baisser.
00:56C'est un très très gros sujet.
00:58Depuis janvier, il y a eu trois grosses annonces avec chacun des hyperscalers,
01:01OpenAI, Microsoft et Anthropik, pour avoir des propositions en faveur de laisser l'électricité aux consommateurs.
01:07Donc c'est un sujet qui va monter tout au long de l'année 2026 pour lui,
01:12avec des marges de manœuvre fiscales qui sont quand même réduites
01:15pour vraiment jouer en faveur du consommateur.
01:18Il voulait faire des droits de douane, un nouvel impôt sur le revenu,
01:21enfin permettre aux droits de douane de supplanter l'impôt sur le revenu, là ça va être compliqué.
01:24Supprimer l'impôt sur le revenu, effectivement, par la génération de recettes liées aux droits de douane,
01:28bon c'est compliqué avec le jugement de la Cour suprême,
01:31mais c'est sûr que ça va être tout le discours de 2026 d'essayer de convaincre le consommateur
01:34que la croissance économique américaine forte lui bénéficie aussi à lui.
01:38En Chine, on rachète du dollar.
01:40Oui, c'est un des sujets assez, vu l'excédent commercial absolument gigantesque de la Chine,
01:46les producteurs chinois, les industriels chinois se retrouvent avec du dollar
01:50puisqu'ils envoient leurs biens partout dans le monde et ils sont payés en dollar.
01:54Et eux, ils voudraient plutôt avoir du yuan, et donc il y a une forte pression contre le dollar.
02:00Donc ça voudrait dire que le yuan s'apprécie puisque ces acteurs chinois, eux, demandent du yuan.
02:05Et pourtant, la courbe, la parité entre le dollar et le yuan reste quand même assez faible.
02:12On est à 1,686, donc on est dans un couloir entre...
02:15Ça, c'est ce que veut la Chine, en fait.
02:16Voilà, c'est ce que veut la Chine.
02:17Et donc ça veut dire que s'il y a une pression du marché privé pour acheter du yuan,
02:21donc pour le renchérir, et que ça ne bouge pas,
02:23ça veut dire qu'il y a une pression des pouvoirs publics de l'autre côté pour acheter du dollar.
02:28Et donc c'est un peu contre-intuitif, parce que depuis des années,
02:30on dit que la Chine essaye de se dédollariser, elle vend ses trésories,
02:34c'est bon du trésor américain.
02:35Mais en réalité, pour qu'il y ait cet équilibre,
02:37ça veut dire qu'il y a une intervention, une contre-intervention.
02:40Donc on ne sait pas trop...
02:41De la part des Chinois ?
02:42De la part des banques centrales et des banques d'État chinoises
02:46qui achèteraient du dollar pour éviter un trop fort renchérissement du yuan.
02:50Pour maintenir le renminbi artificiellement, en fait.
02:53Artificiellement, voilà.
02:54C'est ce qu'on appelle manipulation de cours.
02:55A manipulation de cours et éviter qu'ils se renchérissent trop fortement.
02:59On n'a pas d'élément au tangi, puisque c'est très dur de tracer ces flux.
03:02Maintenant, la Chine a rendu très opaque le bilan de ces banques d'État
03:07et ces banques centrales.
03:08Mais c'est une question que tout le monde se pose.
03:09Il y a un article dans le Financial Times ce matin qui essaie de l'expliquer.
03:12Au moment où l'Europe se pose beaucoup de questions
03:13sur la manière dont elle peut se protéger de la Chine,
03:16des questions des droits de douane américains,
03:19il y a le fondateur de Bolt qui dit qu'il faut fermer l'Europe aux acteurs étrangers.
03:23Fermez.
03:23On commence à avoir un pivot de la pensée stratégique européenne
03:27qui devient assez forte.
03:28et que des acteurs, c'est un Estonien qui a fondé une magnifique entreprise
03:33qui est Bolt, un concurrent du beurre beaucoup plus petit,
03:35mais quand même un concurrent du beurre,
03:37et qui aujourd'hui tient ses propos en disant,
03:39dans Nordic Times, le journal des Pays-Baltes,
03:43il faut effectivement que l'Europe se ferme aujourd'hui aux concurrents étrangers,
03:47face comme la Chine.
03:48C'est toujours un peu résumé, je me méfie de cette méconnaissance
03:51du modèle économique chinois qui n'a pas du tout vécu que sur la fermeture,
03:55loin de là.
03:55Mais c'est intéressant de voir que des entrepreneurs comme ça,
03:58qui peuvent être un peu des icônes,
04:00ou en tout cas des gens avec une voix importante,
04:02prennent ces positions-là dans le débat public.
04:04Sachant qu'aujourd'hui, sur les questions européennes,
04:06on attend un texte sur le contenu local, le contenu européen,
04:10avec potentiellement un contenu imposé de 70% européen,
04:14notamment pour les véhicules électriques.
04:15On n'arrive pas à avoir une seule voix stratégique en Europe.
04:19On a des pressions différentes, notamment sur la question des prix.
04:21On n'y est pas du tout, et je pense que la première marche,
04:25si on n'arrive pas à franchir la préférence pour la préférence européenne,
04:29qui est la marche la plus simple à franchir,
04:30puisqu'il y a une préférence chinoise en Chine,
04:32il y a une préférence américaine aux Etats-Unis.
04:33Donc, qu'il y ait une préférence européenne en Europe,
04:35semble quand même une évidence.
04:37Et le fait qu'on n'arrive pas à s'aligner collectivement sur cette préférence,
04:41montre bien que les idées un peu plus offensives,
04:43que ce soit des barrières douanières ou des barrières non douanières,
04:46restent un peu des chiens.
04:47Mais l'argument, notamment des pays du Nord, c'est de dire,
04:51vous mettez du contenu européen, vous montez les prix.
04:53On a un problème de compétitivité, et là, vous remontez les prix.
04:55Donc, en fait, c'est pire.
04:57Oui, oui, après, c'est une question d'arbitrage
04:59entre le consommateur et le producteur.
05:00Et donc, l'Europe vit dans cette tension depuis maintenant.
05:03L'Europe est débuteuse sur le consommateur.
05:04Depuis 30 ans, presque, à travers à la fois le refus des opérations de fusion-acquisition,
05:08à la fois le refus de la consolidation, à la fois le...
05:10Et donc, on vit dans le chimère que tout ce qui bénéficie aux consommateurs
05:14bénéficiera in fine au pays.
05:15Et je pense que les dernières années ou décennies nous ont montré que ce n'était pas le cas.
05:19Dernier point dans l'actualité, le Danemark allonge la durée des concessions de gaz
05:22de 2042 à 2050.
05:24Ça, qu'est-ce que ça veut dire ?
05:25C'est toujours le principe de réalité.
05:27Vous savez, post-Covid, on est parti dans ces propositions environnementales un peu folles,
05:31entre guillemets, avec des échéances extrêmement courtes du point de vue de la capacité
05:35à faire changer l'économie.
05:36Le Danemark avait dit qu'en 2042, il n'y aurait plus aucune concession de gaz sur le territoire.
05:39Ils exploitent une partie des champs gaziers de la mer du Nord.
05:43Et principe de réalité oblige.
05:45Ils ont dit, en fait, on va les réallonger à 2050 parce qu'on a besoin de gaz pour faire
05:50tourner notre économie.
05:51Le Danemark est un pays qui repose beaucoup sur le gaz.
05:53Mais gaz qu'on dit parfois justement utile dans cette transition écologique, comme une
05:57sorte de...
05:58Enfin, utile entre le pétrole et peut-être autre chose.
06:01Oui, et puis de toute façon, ce n'est pas du gaz qu'on exploite dans la mer du Nord,
06:03c'est du gaz liquéfié qu'on fera venir du bassin perlien mexicain du Intexan.
06:08Donc, il n'y a pas grand-chose qui...
06:10À la fin, ça reste quand même ça qui doit nourrir nos économies.
06:13Mais en tout cas, une fois, c'est ce principe...
06:15Encore une fois, c'est un principe de réalité qui s'impose à tout le monde.
06:17Et on voit peu à peu le recul de ces grandes obligations qu'on s'est fixées post-Covid.
06:22Dernier point, il nous reste une minute.
06:23On a à nouveau un géant contrat dans l'intelligence artificielle.
06:26C'est Meta qui signe avec AMD, qui va potentiellement prendre des parts d'AMD dedans.
06:32Encore, quand même, une illustration de consanguinité.
06:34On avait eu la même chose avec OpenAI et AMD.
06:37Oui, alors là, je pense que pour le coup, le deal semble un peu plus certain.
06:42Mais oui, on est encore dans ces relations croisées,
06:44même si on sent qu'on arrive un peu au bout de ces mécanismes.
06:47Et qu'aujourd'hui, d'une part, ça fait moins envoler les cours que ça ne le faisait il y
06:51a six mois.
06:51AMD a pris quasiment 10%.
06:53Oui, 10%, mais quand il y avait eu le deal, la suite est 30% avec le deal avec OpenAI.
06:56Donc, ça fait un peu moins envoler les cours.
06:58Et puis, on sent bien que, de toute façon,
07:00au moins, il faut bien que ces contrats se concrétisent pour de vrai.
07:02Et qu'on a vu que de nombreux d'entre eux ont été vantés au fil des mois.
07:05Merci beaucoup, Romain Rivaton, d'être venu ce matin dans la matinale de l'économie.
07:08Merci.
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