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Retrouvez le débrief de l'actu du mardi 24 février dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00La matinale de l'économie, on est avec Jean-François Robin, directeur de la recherche de Natixis, CAB.
00:04Jean-François Robin, pour y voir clair, dans les droits de douane, il faut quand même être sérieusement accroché à
00:09l'actualité.
00:10Ce matin, Donald Trump nous dit, il y a un décret, ce qui est publié, c'est 10% de
00:15droits de douane qui vont être appliqués.
00:16On n'est pas sur les 15 dont il avait parlé, on est sur 10.
00:18On a été avec un avocat de Baker McKenzie à 8h qui nous dit, ça sera donc 15% plus
00:2210%.
00:23Vous vous dites non ?
00:24Non, on a beau se lever tôt, on ne comprend quand même pas grand chose à ce qui se passe.
00:28Je ne suis pas sûr que quelqu'un comprenne quoi que ce soit ça.
00:31Nous, notre compréhension quand même, c'est que ça reste un droit de 10%, parce que là, c'est signé,
00:36il a parlé de 10, plus de 15, et là, ce serait 10.
00:39Donc, il ne me semble pas que ça s'additionne aux 15 précédemment, et surtout, ça ne s'additionnerait pas
00:44forcément aux accords bilatéraux dans notre compréhension des choses.
00:47Cela étant, attention, cet accord de 10 ou 15, mais à priori, 10, c'est ce qui a été signé,
00:52ce n'est valable que 150 jours, ce n'est valable qu'avec l'aval du Congrès,
00:55et ça, on est à peu près tous d'accord pour se dire que ça, ça ne tiendra pas le
00:58Congrès.
00:58Et donc, en fait, ce truc-là est un truc temporaire qui va, dans les 150 jours, être remplacé par
01:04des tarifs, des droits de douane, à la fois sectoriels et par pays.
01:08Et là, il a déjà demandé à Gréir de travailler là-dessus, donc on va avoir de nouveaux tarifs qui
01:14vont venir se substituer à ce 10%.
01:17Mais pour ceux qui ont négocié des accords bilatéraux, type nous, type le Royaume-Uni, type le Japon, c'est
01:24donc ce qu'on a négocié qui s'applique ?
01:26Alors nous, c'est ce que je suis en train de demander, ce qui est très intéressant, parce que c
01:29'est que l'Europe qui disait que cet accord était mauvais,
01:31moi j'ai eu des discussions avec des gens, j'interprète tantôt à la Commission européenne et au Parlement européen,
01:37je peux vous dire que là-bas, le Parlement n'était pas du tout disposé à voter l'accord de
01:43juillet dernier en disant
01:43c'est n'importe quoi cet accord, puisque c'était 15%, 50% sur l'acier d'aluminium, et en
01:48plus, ça, ça a été étendu à d'autres métaux, etc.
01:50Donc nous, on ne veut déjà pas trop voter ce truc-là.
01:53Alors cet accord-là, avec ce qui se passe, évidemment, c'est wait and see, on attend tout de renégocier.
01:59Donc on va avoir énormément d'attentisme, et c'est sûr que l'Europe, avec ses 15% aujourd'hui,
02:03c'est une des perdantes, je crois.
02:0515% ou 10% pour l'Europe, ces 15% ne sont pas bons.
02:09Ils ne sont pas bons parce que les énormes, les grands, grands gagnants de tout ça,
02:12c'est évidemment eux qui ne vont pas vouloir renégocier ou garder leur accord bilatéral.
02:15C'est les Chinois, c'est les Indiens, c'est l'Inde, c'est le Brésil, tous ceux que voulaient
02:21saquer, entre guillemets, c'est les grands gagnants.
02:24Donc ceux qui n'avaient pas négocié.
02:25Voilà. Mais regardez, un pays comme l'Inde, finalement, qui est à 50%, puis il l'a fait passer à
02:3018% de droits de douane,
02:31si jamais vous avez 500 milliards d'investissement et que vous arrêtez d'acheter du pétrole russe.
02:35Aujourd'hui, les Indiens, ils doivent se dire, mais moi, je n'ai pas du tout intérêt à faire toutes
02:38ces concessions-là.
02:39En fait, si je ne fais rien, si je n'achète rien aux US, parait la Corée, parait un certain
02:44nombre de pays,
02:44si je ne fais rien, j'ai 10%.
02:46Donc tous ces pays-là doivent se dire, je ne fais absolument rien de l'accord que j'ai signé
02:51précédemment.
02:51Donc on a une espèce de chaos total qui, je pense, va durer jusqu'à ce qu'on ait les...
02:55Parce que tout le monde sait que ces accords de 10, de 15, ça ne durera pas 150 jours,
02:59puisqu'il n'aura pas le Congrès, surtout dans un moment d'affaiblissement.
03:02D'affaiblissement de Donald Trump, qui est en train de préparer ses élections de mi-mandat qu'il est en
03:06train de perdre.
03:07On a vu la croissance américaine qui est ralentie.
03:09On est passé à 2 de croissance, on était à 2 de 8 l'année d'avant, 2 de 9
03:13en 2023, etc.
03:14Donc 2024, on a un ralentissement de la croissance américaine, du pouvoir d'achat qui est impacté.
03:19On a un affaiblissement de Donald Trump qui va devoir renégocier des accords avec des gens qui sont plus tendus.
03:24Moi, je pense aussi à l'Europe.
03:25L'Europe, aujourd'hui, est-ce qu'elle va donner les mêmes concessions aux États-Unis,
03:30sachant qu'elle sent Donald Trump un peu affaibli,
03:32que l'Ukraine, en fait, c'était un des gros leviers de négociation des États-Unis,
03:35c'est-à-dire, si vous ne signez pas un accord, moi, je laisse tomber l'Ukraine.
03:38Mais la réalité, c'est qu'ils ont laissé tomber l'Ukraine.
03:4099% de l'aide, c'est désormais seulement l'Europe.
03:42Il n'y a plus d'aide américaine depuis que Trump arrive au pouvoir.
03:45Donc, il y a pas mal de leviers de négociations, je trouve, qui sont en train de tomber un peu.
03:48Et puis, surtout, on est dans un moment où je trouve que l'Europe,
03:51les contacts que j'ai, soit à la Commission européenne, soit au Parlement européen,
03:55on est plutôt sur une ligne un peu plus dure de l'Europe.
03:57Ce truc-là qui vient se rajouter, il va falloir renégocier des trucs.
04:00Je pense que l'Europe va être un peu plus assertive dans sa négociation avec Trump.
04:03Donc, très, très compliqué, chaotique.
04:05Et je crois que vraiment, ce qu'il faut conclure de tout ça, on va avoir de l'attentisme, moins
04:09d'investissement.
04:10On va avoir des boîtes qui vont attendre le tarif définitif, qui vont attendre les élections de mi-mandat.
04:14Et donc, l'investissement qu'on a vu aux États-Unis l'année dernière se ralentir,
04:19à mon avis, cette année, ça ne va pas être un boom d'investissement tant qu'on n'est pas
04:21un peu plus clair sur la situation.
04:23Et on ne l'est pas.
04:24Autre actualité, IBM, moins 13% hier.
04:26Pire séance de la bulle Internet.
04:28Il y a eu le secteur des logiciels qui a été envoyé au tapis, la cybersécurité,
04:32et tout ça à cause, à chaque fois, d'Antropique qui fait des annonces.
04:35Il y a la tornadia qui arrive.
04:37Ça fait peur à certains analystes.
04:39On a eu une note de Citrini Research, que je ne connaissais pas avant de m'y intéresser ce matin,
04:45qui dit qu'on va avoir des faillites en série, des pertes d'emploi,
04:48des gens qui n'arriveront plus à rembourser leurs prêts,
04:50et qui annoncent, en gros, une crise économique massive.
04:52Est-ce que c'est pour vous de la destruction créatrice, l'IA,
04:55ou est-ce qu'on est clairement vers de la destruction tout court ?
04:57Là, on est passé dans la dérivée seconde d'IA.
05:00On ne questionne plus le fait que ça va avoir des impacts sur la productivité, sur les économies.
05:06Là, la réflexion est de se dire que ça va tellement avoir du succès
05:09qu'on va effectivement remplacer des boîtes, on va tuer de l'emploi.
05:13On se rappelle du rapport du FMI,
05:15que 40% des emplois allaient être concernés par l'IA.
05:19Ça ne voulait pas dire qu'ils allaient être supprimés, mais en tout cas être concernés.
05:22Donc, il y avait finalement une petite concurrence.
05:24Et donc, on se dit que si jamais les gens perdent leurs emplois,
05:27ils ont moins de pouvoir d'achat, moins de consommation.
05:29Des boîtes qui font défaut, c'est des événements de crédit.
05:31C'est les banques qui, du coup, vont devoir restreindre leur canal de distribution du crédit.
05:35Et donc, on a cette espèce d'effet en chaîne qui pourrait être toujours une crise.
05:38Maintenant, moi, ça me rappelle quand même un petit peu tout ce qu'on a dit
05:40sur les révolutions industrielles, Internet, etc.
05:42Que, voilà, 1960, Time Magazine...
05:46C'est juste un trou, quoi.
05:46Voilà, non, mais entre guillemets, toute révolution est attendue
05:49comme étant une révolution très négative sur l'emploi.
05:52Ce qu'on voit aujourd'hui, c'est que les boîtes qui créent de l'emploi,
05:54c'est celles qui utilisent de l'IA.
05:56Et d'ailleurs, voilà, Jamie Dimon, il dit qu'il voit des dangers,
06:00mais il investit sur l'IA.
06:01On parle de...
06:02Je ne vais pas faire la pub, mais des Salesforce.
06:04On dit qu'il va être très, très impacté, anthropique, etc.
06:07Mais en même temps, Salesforce, c'est de l'IA, quoi.
06:09Donc, on est aussi en train un petit peu de raisonner de façon trop binaire,
06:13je crois, dans cette chose-là.
06:15On cherche les gagnants et les perdants.
06:17Attention, je pense que l'IA est partout.
06:20Et justement, ça veut dire qu'il n'y a pas forcément des gagnants et des perdants.
06:23Mais Jamie Dimon, il finit par s'inquiéter quand même
06:26sur le comportement du secteur bancaire,
06:28avec des sorties qui sont difficiles sur certains fonds.
06:31Il commence à quand même à...
06:32Bon, alors, ce n'est pas le plus optimiste du secteur,
06:34mais il était un peu inquiétant quand même hier.
06:37Là où il a un point, c'est que je pense qu'on sent bien
06:39qu'on est dans une espèce d'euphorie.
06:42Alors, on parlait de la tech, mais pas seulement.
06:44On est un peu sur le marché du crédit, qui a des spreads, des écarts de taux
06:47entre les entreprises et les États qui se sont resserrés à des niveaux records.
06:51Normalement, je pense qu'on appelle le high yield, donc le crédit le plus risqué.
06:54On a certaines choses qui peuvent un petit peu faire penser qu'il y a un peu des excès ici
06:59ou là.
07:00De l'autre côté, Jamie Dimon met en garde sur le secteur bancaire.
07:03Ce qu'on remarque, c'est quand même que Jamie Dimon, dans le même temps,
07:05il annonce 105 milliards de résultats, que toutes les banques, y compris la mienne...
07:08C'est des résultats records, parce que justement, les banques ont réussi à naviguer dans ces environnements-là.
07:13C'est leur job de faire du crédit et qu'il n'y a pas beaucoup d'événements de crédit.
07:17Alors après, encore une fois, il faut dissocier ce qui se passe aux États-Unis de ce qui se passe
07:20en Europe.
07:20C'est exactement précisément ce que font les marchés actions aujourd'hui.
07:24Il n'y a jamais eu un tel écart négatif entre les États-Unis et le reste du monde.
07:28Le reste du monde fait beaucoup mieux que les États-Unis sur les actions.
07:31Et sur le crédit, il y a peut-être un peu de divergence à regarder.
07:33Merci beaucoup Jean-François Robin.
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