00:00On est avec Robin Rivaton, bonjour, on a plusieurs sujets d'actualité à regarder ensemble.
00:04Et d'abord, comme je sais que vous suivez bien les sujets d'intelligence artificielle,
00:07une nouvelle valorisation pour Anthropik, 800 milliards de dollars.
00:10Ils ont fait x2 en deux mois.
00:13Oui, c'est des chiffres absolument stupéfiants.
00:15Après, ce n'est pas une allocation réelle, c'est des fonds qui envoient des offres, sollicitent.
00:21Donc, on est toujours un petit peu...
00:23Et puis, il ne faut pas oublier que toutes ces boîtes Anthropik et OpenAI
00:25cherchent la cotation en bourse dans quelques mois.
00:28Donc, ils sont obligés de faire monter la sauce.
00:31C'est pour ça que vous voyez l'accumulation de nouvelles sur...
00:33On a dépassé le chiffre d'affaires d'OpenAI, on sort le nouveau modèle Mythos avec toute sa puissance et
00:39haute.
00:39Donc, il faut faire monter la sauce pour obtenir la plus grosse valorisation possible lors de l'entrée en bourse.
00:46La réalité, derrière aussi, il y a quand même des challenges et des défis.
00:48Au-delà de ces bonnes nouvelles, la réalité, c'est qu'il y a un gros shortage.
00:52En tout cas, on manque de capacité de calcul.
00:54Et donc, vous voyez quand même un rétrécissement des offres et de la capacité.
00:59Après, ils engrangent le chiffre d'affaires comme à main.
01:01Oui, bien sûr.
01:01Mais derrière, la machine qui suit pour les data centers, qui suivent pour...
01:06Il n'y en a pas assez.
01:07Et Anthropik est en retard par rapport à OpenAI là-dessus.
01:10Donc, il manque de capacité.
01:11Donc, on voit plutôt depuis quelques semaines, on constate un rétrécissement des offres et de la capacité à les utiliser.
01:18Parce qu'il n'y a pas assez de puissance de calcul.
01:20Donc, de toute façon, leurs limites, même s'ils croisent beaucoup au chiffre d'affaires,
01:24il y aura une petite asymptote liée à cette capacité à produire derrière des tokens.
01:28Avec des réflexions chez le patron, chez Amodei, chez Anthropik.
01:33Il a fait venir des prêtres récemment pour réfléchir à un modèle moral d'intelligence artificielle.
01:39Anthropik se place dans une sorte de...
01:41On est lié à des gentils.
01:42Après, c'est difficile de voir quelle est la dimension marketing de cet exercice, de la réalité.
01:48Il y a effectivement ce côté, on est les gentils.
01:50Et de l'autre côté, c'est les méchants.
01:54Et OpenAI a sorti aussi ces choses sur le revenu universel.
01:57En disant, de toute façon, dans 5 ans, il n'y aura plus d'emplois.
02:00De mon point de vue, on va dire de l'économie,
02:04ça ressemble beaucoup à faire monter la sauce pour préparer l'introduction en bourse.
02:09On était avec Thomas Bourbeur d'AXA tout à l'heure à 7h45.
02:14Il nous a dit deux choses.
02:15Un, qu'il avait bien dîné avec le Rassemblement National cette semaine
02:18et qu'il pense qu'il faut parler à l'ensemble des partis politiques.
02:21Et deux, il était très inquiet sur les questions de crédit privé
02:24où il pense qu'il y a un risque, qu'il y a un risque peut-être sur les questions
02:27de liquidité.
02:29Moi, c'est la première fois que j'entends sur ce plateau un discours qui est plutôt pessimiste
02:32parce que souvent, c'est plutôt rassurant.
02:34AXA a sorti son exposition sur le crédit privé.
02:36Bon, elle est relativement mineure, c'est 15%, mais il est inquiet quand même.
02:40C'est intéressant parce qu'effectivement, c'est un peu un son de cloche dissonant de ce qu'on entend.
02:45Tout le monde nous dit, effectivement, il y a des risques, c'est certain,
02:48mais la poche est circonscrite, elle est de petite taille.
02:52La contagion serait plus limitée.
02:55Et donc, c'est intéressant d'entendre ce son de cloche.
02:57Pour venir à l'appui de ça, ce qu'on peut se dire,
02:59c'est qu'effectivement, le crédit privé, c'est 15 années d'injection de liquidité.
03:04Quand même, c'est un début qui remonte.
03:07Et on a du mal à calculer la réalité des ramifications de ce crédit privé.
03:14C'est vraiment un mode qui est né après la grande crise financière.
03:16Les banques ont coupé une partie du financement de l'économie.
03:19Ce crédit privé a débordé sur les côtés.
03:22Et il n'y a pas eu de crise jusqu'à présent.
03:24Or, l'économie, vous le savez comme moi, est très cyclique.
03:27Et donc, il est impossible qu'on ait passé des périodes d'euphorie
03:30comme les taux zéro, la bulle de la tech, la bulle de machin,
03:34sans qu'il y ait de la casse derrière.
03:35Donc, il y aura forcément de la casse.
03:37Je n'ai pas plus d'informations.
03:39Il faut arrêter de dire que c'est un sujet américain.
03:41Les investissements sont tellement entrecoupés.
03:44Il n'y a pas de sujet américain ou européen.
03:46En tout cas, l'idée que c'est un sujet américain ou européen,
03:50la crise des subprimes nous a montré qu'il n'y avait pas de...
03:53Malheureusement, la finance mondiale était mondialisée.
03:55À moins que vous ayez une économie insularisée du reste du monde
03:57sur la finance, type la Chine.
03:59Mais sinon, si vous avez des économies hors de cette zone-là,
04:02vous avez des pays qui sont intriqués, tout simplement,
04:05parce que les flux d'investissement sont très liés.
04:07On vient de passer une semaine à discuter du 1er mai,
04:09de l'ouverture des boulangeries.
04:10On a même chanté l'Assemblée nationale cette semaine.
04:14Une journée entière de débats, quand même,
04:15avec que des questions au gouvernement sur la question.
04:17Est-ce que ça ne vous inquiète pas sur la capacité de la France,
04:20un, à parler des sujets importants, et deux, à se réformer ?
04:22Non mais c'est ridicule, risible, et très très inquiétant.
04:27À moins d'un an, à 300...
04:30Pas trop loin du... 360 ans.
04:31Ouais, on y est, quoi. Un an, quoi.
04:33Il faut que c'est entre le 14 et le 1er mai, l'élection l'année prochaine.
04:35En tout cas, pour l'instant, la date.
04:37Donc, on est à un an de l'élection présidentielle.
04:39On a des défis, mais qui sont absolument gigantesques.
04:42La démographie, où on a tous les systèmes de protection sociaux de ce pays,
04:45qui sont basés sur des projections démographiques,
04:47qui ne valent plus un rond.
04:49Du coup, voilà.
04:50On a un deuxième enjeu, qui est une compétitivité,
04:52qui est stagnante depuis 10 ans, 15 ans bientôt.
04:55Ça ne choque personne.
04:57On a une dette publique qui est énorme,
04:59et on a des enjeux qui sont en train de s'accumuler devant nous,
05:01et on est en train de parler de sujets vraiment picro-collins,
05:06microscopiques, qui n'ont aucun intérêt.
05:08Donc oui, moi, je suis très inquiet,
05:10parce qu'encore une fois, l'élection présidentielle,
05:12ce n'est pas seulement un jeu démocratique,
05:14c'est donner un mandat à quelqu'un pour faire quelque chose.
05:17Quelqu'un qui n'arrive sans mandat, on l'a vu en 2022,
05:19quelqu'un qui arrive sans mandat à l'élection présidentielle,
05:21il ne fait rien derrière, parce qu'il n'a pas la majorité,
05:24il n'a pas cet assentiment populaire.
05:26Et donc, moi, je suis très inquiet, je le redis,
05:28et ça fait plusieurs mois, même années,
05:29on n'a parfois l'impression de prêcher dans le désert,
05:31qu'à un moment ou à un autre, ça ne tiendra pas,
05:34et le choc sera violent.
05:35Et ça peut être cet effet, faire la liaison entre les deux sujets,
05:38on parlait d'une crise de la dette privée,
05:40ça peut tout d'un coup avoir des effets sur le budget français.
05:43Donc il faut arriver à l'élection présidentielle
05:45avec un programme, proposer un changement,
05:48mais si on ne veut pas dire que les Français ne veulent pas de changement.
05:49Au moins du débat sur des...
05:51Regardez les retraites.
05:52Non, mais peut-être que les Français ne veulent pas,
05:53mais si on n'est pas capable de poser ces grands débats
05:55en se disant, aujourd'hui, on a un système de protection,
05:58ce n'est même pas la question de savoir quelle est la protection,
06:00est-ce que c'est capitalisation, répartition ?
06:01Mais les hypothèses, les sous-bassements de ce système,
06:05ils sont viciés, puisqu'on est encore à 1,8 enfant par femme,
06:09on se dirige vers 1,4,
06:11donc en fait, on n'a aucun intérêt.
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