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  • il y a 5 mois
Ce vendredi 24 avril, dans sa chronique USA Today, John Plassard, associé et responsable de la stratégie d'investissement de Cité Gestion, s'est penché sur le redressement d'Intel après sa publication, les licenciements à venir chez Meta et Microsoft, la suppression de 1 400 postes chez Nike, et les craintes d'un choc majeur dans le secteur de l'aluminium. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer sur BFM Business.



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Transcription
00:02Soit prêt à atterrir dès ce soir à Islamabad pour discuter avec les Américains, ça demande encore confirmation parce qu
00:06'il y a une semaine on avait exactement le même genre de rumeurs et finalement il n'y a pas
00:09eu de discussion.
00:10Mais enfin là, comme vendredi dernier, même effet, les cours du pétrole se dégonflent, c'est un peu bis répétita.
00:14On va en parler d'autant que Wall Street, vous entendez la cloche là, vient d'ouvrir à l'instant,
00:18c'est le début de cette séance aux Etats-Unis.
00:20John Plassard est avec nous pour Cité Gestion. Bonjour John, ravi de vous retrouver.
00:24Bonjour Kio.
00:24Et Aude Kersulek, bonjour Aude.
00:26Bonjour.
00:27Comment Wall Street ouvre-t-il à l'instant même Aude ?
00:29Eh bien après une séance de rouge hier, une semaine quand même mitigée, on ouvre dans le vert pour cette
00:36dernière séance de la semaine.
00:37Alors un vert très allégé pour le Dow Jones, plus 0,08%, 49 349 points, un peu plus prononcé pour
00:44le S&P et le Nasdaq, plus 0,3%, 7 130 points, ça c'est le S&P et le
00:49Nasdaq, plus 0,6%, 24 590 points.
00:54Donc on essaie d'avoir du vert, le Dow Jones, cela dit là il vient de se retourner dans le
00:58rouge.
00:59Donc ça reste très incertain.
01:01Oui, très très instable, équilibre instable là sur les marchés financiers, mais quand même un pétrole qui recule, comme vendredi
01:05dernier.
01:06C'est le genre de scénario auquel on ne va pas apporter crédit particulier.
01:09Mais voilà, sur l'instant, on a un pétrole qui recule.
01:11On en est où de ces possibles discussions entre Américains, Iraniens ? Le temps qui passe aussi, John, au Moyen
01:16-Orient ?
01:18Écoutez, Guillaume, on parlait de flou.
01:20Ces dernières semaines, c'est toujours le flou.
01:22Mais on a quand même un Donald Trump qui durcit le ton.
01:26On sait qu'il y a un troisième porte-avions qui devrait arriver dans les jours, voire les heures dans
01:32la région.
01:33Donc il y a un petit peu plus de pression.
01:35Et puis, ce qui est assez intéressant, c'est qu'il a affirmé, et c'est contraire à ce qu
01:40'il avait dit avant,
01:41avoir tout le temps du monde pour mettre fin à la guerre avec l'Iran.
01:45Et il a indiqué, n'oubliez surtout pas, les Américains étaient au Vietnam durant 18 ans.
01:53Vous avez bien entendu, ce n'est pas 18 semaines, ce n'est pas 18 mois, c'est 18 ans.
01:58Donc on est dans une situation où, effectivement, il a changé un peu.
02:01Mais c'est un peu un paradoxe géopolitique, parce qu'il y a quand même eu un cessez-le-feu
02:06qui a été prolongé de trois semaines au Liban.
02:09Et d'un autre côté, on n'a pas réellement une désescalade sur le front iranien,
02:15avec des tensions qui sont maximales.
02:16Mais vous l'avez dit, on a des espoirs que les Iraniens se rendent au Pakistan
02:22et que les Américains, et notamment J.D. Vance, pourquoi pas, arrivent au Pakistan aussi ce week-end.
02:30Alors évidemment, on est toujours dans l'escalade militaire, que ce soit d'un côté ou de l'autre.
02:35On a des ordres qui ont été donnés à la marine américaine de tirer sur tout bateau iranien suspect
02:42dans le détroit d'Hormuz.
02:44Et puis, on est dans une situation où, évidemment, le détroit d'Hormuz est toujours paralysé.
02:49Donc on est dans un statu quo, mais avec un léger espoir.
02:54Pour faire attention, tout peut changer du jour au lendemain.
02:57Mais avec un léger espoir qu'il y ait des discussions, finalement, qui arrivent durant ce week-end.
03:04D'où ce soudain repli des cours du pétrole, donc à 96, 17 dollars sur le Brent.
03:09Aude ?
03:09Oui, on est à 98 dollars le baril de Brent.
03:12Le léger espoir, c'est le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Arachie,
03:16qui lui n'a pas été tué, et qui serait attendu ce vendredi soir à Islamabad.
03:21Et à Islamabad, il y a des préparations, effectivement, des équipes de sécurité qui commencent à arriver.
03:26Mais on n'a rien encore comme confirmation côté américain.
03:29Vous savez, on regardait Air Force 2, qui était toujours sur le tarmac.
03:32Les Américains n'ont pas l'air de se mettre, de préparer leur valise.
03:38Oui, et c'est un peu comme vendredi dernier.
03:39Donc voilà, on va rester hyper prudents, les amis, effectivement.
03:42Du côté des publications, ah tiens, incroyable rebond d'Intel.
03:46Alors le rebond, ça fait 2-3 semaines qui est dur, mais aujourd'hui, 25% sur la séance-là.
03:51Rien qu'à l'ouverture à l'instant, 9h33 à New York, on a un titre Intel en hausse à
03:54l'instant de 23%,
03:5625% même après la publication.
03:58Elle mérite une telle hausse de 25% cette publication d'Intel, John ?
04:03Oui, on a l'impression, lorsqu'on lit les résultats des entreprises,
04:09qu'elles sont toutes au-delà des attentes.
04:11Si on regarde Intel, il y a un chiffre d'affaires qui est au-dessus des attentes,
04:15à 13,8 milliards de dollars, et on attendait 13 milliards de dollars.
04:21On a un titre qui est porté par un regain de confiance dans le changement du groupe.
04:27Il ne faut pas oublier que le groupe menait un changement stratégique depuis plusieurs trimestres.
04:32Et puis, évidemment, je le dis, je dis le fameux mot, Guillaume, l'intelligence artificielle,
04:39qui est le moteur à forte demande pour les processeurs-serveurs Xeon de Intel,
04:46qui sont utilisés dans les data centers et l'infrastructure d'intelligence artificielle.
04:50On a des revenus trimestriels qui sont aussi forts, avec plus 7%.
04:56On a des bénéfices ajustés qui sont largement au-dessus des attentes.
05:01Et puis, on a aussi Intel qui accélère les investissements industriels
05:06pour répondre à une demande qu'elle ne parvient toujours pas pleinement à satisfaire.
05:11Donc, on est toujours, Guillaume, dans la situation où on a plus de demandes que d'offres.
05:17Et donc, quand on est dans cette situation, et notamment dans les semi-conducteurs,
05:21eh bien, qu'est-ce qui se passe ?
05:22On arrive dans une situation où on va connaître la 18e séance de hausse consécutive
05:30pour le SOX, l'indice des semi-conducteurs.
05:33Alors, ça paraît assez fou, c'est évidemment un nouveau record historique,
05:37mais on a l'impression que les investisseurs se rendent compte
05:42qu'il n'y a pas assez de données, il n'y a pas assez d'offres,
05:46il y a beaucoup de demandes.
05:47Et voilà, ce qui se passe, c'est que Intel est en hausse, AMD est en hausse,
05:52Applied Material est en hausse, et toute cette sphère qui entoure les semi-conducteurs,
05:58eh bien, sont en hausse aujourd'hui aux États-Unis et en Europe aussi.
06:01C'est vrai, c'est très très impressionnant, et vous nous livriez le chiffre à l'instant,
06:05le secteur des semi-conducteurs en bourse est en train de signer sa 18e séance de hausse d'affilée.
06:11Ça fait une semaine qu'on est effaré par l'enchaînement des hausses,
06:14eh bien, depuis une semaine, ça ne s'est pas démenti,
06:16donc on est à 18 hausses d'affilée avec cette nouvelle hausse du secteur des semi-conducteurs,
06:19aujourd'hui portée par Intel.
06:21On y reviendra plus en détail encore dans TechStocks,
06:23c'est chaque vendredi, 16h30, TechStocks, avec deux gérants PureTech
06:27pour aller jusqu'au tréfonds de la tech.
06:29La tech où, alors, tout ne va pas bien, enfin, je ne sais pas,
06:32ce n'est pas forcément un super signe, ou finalement, ce n'est pas si grave que ça ?
06:35Meta et Microsoft vont quand même licencier à tour de bras,
06:37c'est une des annonces des dernières heures.
06:39Est-ce qu'on doit y voir les premiers effets de l'IA,
06:41ou au contraire des difficultés ?
06:42Meta et Microsoft ne vont pas y aller par le dos de la cuillère,
06:44ils vont supprimer jusqu'à 10% de leurs effectifs, là, John ?
06:48Oui, Meta, 8 000 personnes, vous l'avez dit, 10%,
06:526 000 postes vacants éliminés,
06:54alors, Microsoft, c'est un petit peu moins,
06:56mais c'est un plan qui pourrait toucher jusqu'à 7% des effectifs,
07:00c'est quand même énorme, c'est près de 9 000 personnes.
07:03Alors, vous l'avez dit, l'intelligence artificielle, oui,
07:06mais il y a deux impacts.
07:08Le premier impact, je dirais, il est indirect.
07:10Pourquoi ? Parce qu'il faut financer l'intelligence artificielle,
07:14donc lorsqu'on réduit les charges, entre guillemets,
07:17qui sont les charges du personnel,
07:19ça vise à compenser les investissements colossaux
07:22dans l'intelligence artificielle.
07:24Vous vous rappelez, Meta prévoit d'investir
07:27entre 115 et 135 milliards de CAPEX en 2026,
07:32et puis, de l'autre côté, on a les effets directs.
07:36Selon Mark Zuckerberg, le patron de Meta, bien évidemment,
07:41on a des projets qui nécessitaient avant des larges équipes
07:45peuvent désormais être réalisés, selon lui,
07:48par une seule personne.
07:50Donc, on a des gains de productivité qui sont liés à l'IA.
07:54Alors, c'est positif pour la productivité,
07:56moins pour les personnes, bien évidemment,
07:58qui subissent ces contre-coûts.
08:00Et puis, on a ces deux groupes, donc Microsoft et puis Meta,
08:05qui réduisent les effectifs traditionnels
08:07pour essayer de rediriger les ressources vers les puces,
08:12les data centers, les infrastructures.
08:13Et on sait qu'on est dans une situation où, effectivement,
08:19l'intelligence artificielle a des effets visibles sur l'emploi.
08:23Mais on ne le voit pas encore sur l'emploi américain.
08:26On le verra peut-être dans les prochains trimestres.
08:30Mais pour l'instant, effectivement, c'est une amélioration de la productivité
08:34et de l'autre côté, une réallocation des emplois.
08:38Impressionnant.
08:38Donc, ces suppressions d'emplois annoncées chez Meta comme Microsoft,
08:41c'est le signe de cette productivité,
08:43cette surproductivité peut-être liée à l'intelligence artificielle qui arrive.
08:46C'est le pari du futur patron de la Fed.
08:48Kevin Walsh qui estime que l'IA va apporter un tel gain,
08:52de tel gain de productivité que la Fed pourra sans doute à l'avenir
08:55baisser plus facilement ses taux.
08:56C'est son pari au futur patron de la réserve fédérale américaine.
08:59En tout cas, en attendant, ce sont plutôt des suppressions d'emplois
09:01qu'on voit chez ces géants de la tech.
09:02Wall Street vient d'ouvrir sur une note plutôt favorable.
09:05Le S&P gagne 0,26%.
09:07Le Nasdaq gagne 0,8%.
09:08Et ces géants de la tech, on va les surveiller la semaine prochaine
09:10puisqu'ils vont presque tous publier leurs résultats.
09:13Les GAFAM vont publier.
09:14Il ne manquera plus ensuite qu'NVIDIA qui publiera un peu plus tard,
09:16comme toujours, ce sera le 20 mai.
09:18Pour regarder l'état plus global de l'économie américaine,
09:21il y a une autre publication intéressante aujourd'hui,
09:23Procter & Gamble, que vous avez repéré.
09:24Oui, dans la consommation, Procter & Gamble,
09:26qui a légèrement battu les attentes en matière de chiffre d'affaires
09:30et de bénéfices par action,
09:33et qui maintient les perspectives pour 2026.
09:37C'est un autre géant de la consommation, effectivement,
09:39qui confirme bien que la consommation est toujours au rendez-vous aux États-Unis.
09:43Parce qu'évidemment, c'est un géant américain,
09:45mais globalement aussi dans le monde,
09:47puisqu'il vend évidemment partout.
09:49L'action, elle, réagit positivement d'ailleurs à cette publication,
09:55puisqu'on est sur une hausse de 4%.
09:58Et plus 0,4, c'est un peu plus modeste,
10:00mais enfin, c'est pas mal de voir cette valeur-là progresser,
10:02Naï, qu'on en avait perdu d'habitude.
10:03Plus 0,4%, on les prend quand même, les plus 0,4,
10:06même si c'est sur une news pas terrible.
10:07Naï va continuer de supprimer les emplois, John.
10:10Oui, 1 400 emplois, c'est 2% des effectifs,
10:13et c'est principalement dans la technologie et les opérations de Nike.
10:19Évidemment, la question pour eux, c'est les gains d'efficacité,
10:22simplifier les processus, accélérer l'automatisation,
10:27recentrer les équipes sur certains hubs stratégiques,
10:30qui sont les États-Unis et l'Inde.
10:32Et on le rappelle depuis plusieurs trimestres, Guillaume,
10:35mais évidemment, il y a plus de concurrence.
10:38Il y a ON, il y a Oka, il y a ANTA aux États-Unis,
10:41et donc Nike, comme on l'appelle aux États-Unis,
10:44est moins, un petit peu moins, la valeur phare qu'on connaissait avant.
10:50Et puis, Nike a recouru à des promotions de plus en plus importantes
10:54pour essayer de découler les stocks,
10:55parce qu'ils avaient beaucoup trop de stocks,
10:57et évidemment, ça a un impact sur les marges.
11:01Chose un petit peu plus inquiétante,
11:03c'est que le groupe anticipe une baisse des ventes de 2 à 4%,
11:07avec une chute d'environ 20% en Chine.
11:12Qu'est-ce que ça veut dire ?
11:13Ça veut dire que le redressement va rester très très long,
11:16et incertain, et notamment en Chine,
11:18puisque c'était en fait la marque phare,
11:21la marque qui représentait les États-Unis,
11:24c'était Nike, et aujourd'hui, il y a plus de concurrence,
11:26et même des acteurs chinois,
11:28donc c'est un peu inquiétant pour Nike.
11:30En hausse, malgré tout, petite hausse,
11:32mais un titre vraiment boudé désormais par Wall Street,
11:34qui fait partie des valeurs mal aimées du S&P 500 depuis maintenant.
11:38Plusieurs trimestres, les trimestres s'enchaînent pour Nike,
11:41et le titre toujours plus bas,
11:43même si aujourd'hui, c'est une petite hausse.
11:44Du côté des matières premières,
11:45alors on disait un mot du pétrole tout à l'heure,
11:47qui tente de se détendre aujourd'hui,
11:49l'aluminium, il se trouve que plusieurs acteurs,
11:51et pas des moindres,
11:52prévoient un choc majeur sur le marché de l'aluminium,
11:54c'est-à-dire, John ?
11:57– Oui, d'abord, il faut rappeler quelque chose,
11:59c'est que 9% de l'offre mondiale est en risque,
12:02puisque la région du Golfe représente environ 10% de la production globale,
12:07avec des fonderies qui sont à l'arrêt,
12:10ce qu'on appelle des quatre forces majeures,
12:12et puis le détroit d'Ormou, je ne le répète pas,
12:14mais qui est largement bloqué.
12:17Et vous avez Mercuria qui évoque notamment
12:20le choc d'offres sur l'aluminium le plus important depuis 2000,
12:25qualifié de véritable signe noir,
12:28le black swan qui est lié aux perturbations dans le Golfe.
12:33Et puis Mercuria toujours anticipe un manque
12:35d'au moins 2 millions de tonnes d'ici 2026,
12:39face à des stocks qui sont extrêmement limités.
12:43Vous avez JP Morgan qui parle, je les cite,
12:45d'un point de non-retour avec une pénurie prolongée,
12:50tandis que Goldman Sachs évoque l'un des plus grands chocs d'offres
12:54jamais observés sur les métaux.
12:57Donc on voit ici que vraiment,
12:59vous savez, on parle souvent des engrais,
13:01évidemment, on parle de l'énergie,
13:04on parle de la pétrochimie,
13:06et bien là, l'aluminium est aussi frappé de plein fouet
13:09par la crise que nous avons au Moyen-Orient.
13:12John, merci beaucoup, John Passard avec nous,
13:14cité et gestion pour cette ouverture des marchés américains.
13:17Bon week-end, on vous l'espère aussi ensoleillé
13:19chez vous en Suisse,
13:19qu'il s'y fait beau en Suisse en ce moment, John ?
13:23Extraordinaire, on a l'impression d'être en été,
13:25ça paraît bizarre.
13:26Oui, c'est fou, merci beaucoup.
13:27Merci.
13:27Merci.
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