00:02Soit prêt à atterrir dès ce soir à Islamabad pour discuter avec les Américains, ça demande encore confirmation parce qu
00:06'il y a une semaine on avait exactement le même genre de rumeurs et finalement il n'y a pas
00:09eu de discussion.
00:10Mais enfin là, comme vendredi dernier, même effet, les cours du pétrole se dégonflent, c'est un peu bis répétita.
00:14On va en parler d'autant que Wall Street, vous entendez la cloche là, vient d'ouvrir à l'instant,
00:18c'est le début de cette séance aux Etats-Unis.
00:20John Plassard est avec nous pour Cité Gestion. Bonjour John, ravi de vous retrouver.
00:24Bonjour Kio.
00:24Et Aude Kersulek, bonjour Aude.
00:26Bonjour.
00:27Comment Wall Street ouvre-t-il à l'instant même Aude ?
00:29Eh bien après une séance de rouge hier, une semaine quand même mitigée, on ouvre dans le vert pour cette
00:36dernière séance de la semaine.
00:37Alors un vert très allégé pour le Dow Jones, plus 0,08%, 49 349 points, un peu plus prononcé pour
00:44le S&P et le Nasdaq, plus 0,3%, 7 130 points, ça c'est le S&P et le
00:49Nasdaq, plus 0,6%, 24 590 points.
00:54Donc on essaie d'avoir du vert, le Dow Jones, cela dit là il vient de se retourner dans le
00:58rouge.
00:59Donc ça reste très incertain.
01:01Oui, très très instable, équilibre instable là sur les marchés financiers, mais quand même un pétrole qui recule, comme vendredi
01:05dernier.
01:06C'est le genre de scénario auquel on ne va pas apporter crédit particulier.
01:09Mais voilà, sur l'instant, on a un pétrole qui recule.
01:11On en est où de ces possibles discussions entre Américains, Iraniens ? Le temps qui passe aussi, John, au Moyen
01:16-Orient ?
01:18Écoutez, Guillaume, on parlait de flou.
01:20Ces dernières semaines, c'est toujours le flou.
01:22Mais on a quand même un Donald Trump qui durcit le ton.
01:26On sait qu'il y a un troisième porte-avions qui devrait arriver dans les jours, voire les heures dans
01:32la région.
01:33Donc il y a un petit peu plus de pression.
01:35Et puis, ce qui est assez intéressant, c'est qu'il a affirmé, et c'est contraire à ce qu
01:40'il avait dit avant,
01:41avoir tout le temps du monde pour mettre fin à la guerre avec l'Iran.
01:45Et il a indiqué, n'oubliez surtout pas, les Américains étaient au Vietnam durant 18 ans.
01:53Vous avez bien entendu, ce n'est pas 18 semaines, ce n'est pas 18 mois, c'est 18 ans.
01:58Donc on est dans une situation où, effectivement, il a changé un peu.
02:01Mais c'est un peu un paradoxe géopolitique, parce qu'il y a quand même eu un cessez-le-feu
02:06qui a été prolongé de trois semaines au Liban.
02:09Et d'un autre côté, on n'a pas réellement une désescalade sur le front iranien,
02:15avec des tensions qui sont maximales.
02:16Mais vous l'avez dit, on a des espoirs que les Iraniens se rendent au Pakistan
02:22et que les Américains, et notamment J.D. Vance, pourquoi pas, arrivent au Pakistan aussi ce week-end.
02:30Alors évidemment, on est toujours dans l'escalade militaire, que ce soit d'un côté ou de l'autre.
02:35On a des ordres qui ont été donnés à la marine américaine de tirer sur tout bateau iranien suspect
02:42dans le détroit d'Hormuz.
02:44Et puis, on est dans une situation où, évidemment, le détroit d'Hormuz est toujours paralysé.
02:49Donc on est dans un statu quo, mais avec un léger espoir.
02:54Pour faire attention, tout peut changer du jour au lendemain.
02:57Mais avec un léger espoir qu'il y ait des discussions, finalement, qui arrivent durant ce week-end.
03:04D'où ce soudain repli des cours du pétrole, donc à 96, 17 dollars sur le Brent.
03:09Aude ?
03:09Oui, on est à 98 dollars le baril de Brent.
03:12Le léger espoir, c'est le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Arachie,
03:16qui lui n'a pas été tué, et qui serait attendu ce vendredi soir à Islamabad.
03:21Et à Islamabad, il y a des préparations, effectivement, des équipes de sécurité qui commencent à arriver.
03:26Mais on n'a rien encore comme confirmation côté américain.
03:29Vous savez, on regardait Air Force 2, qui était toujours sur le tarmac.
03:32Les Américains n'ont pas l'air de se mettre, de préparer leur valise.
03:38Oui, et c'est un peu comme vendredi dernier.
03:39Donc voilà, on va rester hyper prudents, les amis, effectivement.
03:42Du côté des publications, ah tiens, incroyable rebond d'Intel.
03:46Alors le rebond, ça fait 2-3 semaines qui est dur, mais aujourd'hui, 25% sur la séance-là.
03:51Rien qu'à l'ouverture à l'instant, 9h33 à New York, on a un titre Intel en hausse à
03:54l'instant de 23%,
03:5625% même après la publication.
03:58Elle mérite une telle hausse de 25% cette publication d'Intel, John ?
04:03Oui, on a l'impression, lorsqu'on lit les résultats des entreprises,
04:09qu'elles sont toutes au-delà des attentes.
04:11Si on regarde Intel, il y a un chiffre d'affaires qui est au-dessus des attentes,
04:15à 13,8 milliards de dollars, et on attendait 13 milliards de dollars.
04:21On a un titre qui est porté par un regain de confiance dans le changement du groupe.
04:27Il ne faut pas oublier que le groupe menait un changement stratégique depuis plusieurs trimestres.
04:32Et puis, évidemment, je le dis, je dis le fameux mot, Guillaume, l'intelligence artificielle,
04:39qui est le moteur à forte demande pour les processeurs-serveurs Xeon de Intel,
04:46qui sont utilisés dans les data centers et l'infrastructure d'intelligence artificielle.
04:50On a des revenus trimestriels qui sont aussi forts, avec plus 7%.
04:56On a des bénéfices ajustés qui sont largement au-dessus des attentes.
05:01Et puis, on a aussi Intel qui accélère les investissements industriels
05:06pour répondre à une demande qu'elle ne parvient toujours pas pleinement à satisfaire.
05:11Donc, on est toujours, Guillaume, dans la situation où on a plus de demandes que d'offres.
05:17Et donc, quand on est dans cette situation, et notamment dans les semi-conducteurs,
05:21eh bien, qu'est-ce qui se passe ?
05:22On arrive dans une situation où on va connaître la 18e séance de hausse consécutive
05:30pour le SOX, l'indice des semi-conducteurs.
05:33Alors, ça paraît assez fou, c'est évidemment un nouveau record historique,
05:37mais on a l'impression que les investisseurs se rendent compte
05:42qu'il n'y a pas assez de données, il n'y a pas assez d'offres,
05:46il y a beaucoup de demandes.
05:47Et voilà, ce qui se passe, c'est que Intel est en hausse, AMD est en hausse,
05:52Applied Material est en hausse, et toute cette sphère qui entoure les semi-conducteurs,
05:58eh bien, sont en hausse aujourd'hui aux États-Unis et en Europe aussi.
06:01C'est vrai, c'est très très impressionnant, et vous nous livriez le chiffre à l'instant,
06:05le secteur des semi-conducteurs en bourse est en train de signer sa 18e séance de hausse d'affilée.
06:11Ça fait une semaine qu'on est effaré par l'enchaînement des hausses,
06:14eh bien, depuis une semaine, ça ne s'est pas démenti,
06:16donc on est à 18 hausses d'affilée avec cette nouvelle hausse du secteur des semi-conducteurs,
06:19aujourd'hui portée par Intel.
06:21On y reviendra plus en détail encore dans TechStocks,
06:23c'est chaque vendredi, 16h30, TechStocks, avec deux gérants PureTech
06:27pour aller jusqu'au tréfonds de la tech.
06:29La tech où, alors, tout ne va pas bien, enfin, je ne sais pas,
06:32ce n'est pas forcément un super signe, ou finalement, ce n'est pas si grave que ça ?
06:35Meta et Microsoft vont quand même licencier à tour de bras,
06:37c'est une des annonces des dernières heures.
06:39Est-ce qu'on doit y voir les premiers effets de l'IA,
06:41ou au contraire des difficultés ?
06:42Meta et Microsoft ne vont pas y aller par le dos de la cuillère,
06:44ils vont supprimer jusqu'à 10% de leurs effectifs, là, John ?
06:48Oui, Meta, 8 000 personnes, vous l'avez dit, 10%,
06:526 000 postes vacants éliminés,
06:54alors, Microsoft, c'est un petit peu moins,
06:56mais c'est un plan qui pourrait toucher jusqu'à 7% des effectifs,
07:00c'est quand même énorme, c'est près de 9 000 personnes.
07:03Alors, vous l'avez dit, l'intelligence artificielle, oui,
07:06mais il y a deux impacts.
07:08Le premier impact, je dirais, il est indirect.
07:10Pourquoi ? Parce qu'il faut financer l'intelligence artificielle,
07:14donc lorsqu'on réduit les charges, entre guillemets,
07:17qui sont les charges du personnel,
07:19ça vise à compenser les investissements colossaux
07:22dans l'intelligence artificielle.
07:24Vous vous rappelez, Meta prévoit d'investir
07:27entre 115 et 135 milliards de CAPEX en 2026,
07:32et puis, de l'autre côté, on a les effets directs.
07:36Selon Mark Zuckerberg, le patron de Meta, bien évidemment,
07:41on a des projets qui nécessitaient avant des larges équipes
07:45peuvent désormais être réalisés, selon lui,
07:48par une seule personne.
07:50Donc, on a des gains de productivité qui sont liés à l'IA.
07:54Alors, c'est positif pour la productivité,
07:56moins pour les personnes, bien évidemment,
07:58qui subissent ces contre-coûts.
08:00Et puis, on a ces deux groupes, donc Microsoft et puis Meta,
08:05qui réduisent les effectifs traditionnels
08:07pour essayer de rediriger les ressources vers les puces,
08:12les data centers, les infrastructures.
08:13Et on sait qu'on est dans une situation où, effectivement,
08:19l'intelligence artificielle a des effets visibles sur l'emploi.
08:23Mais on ne le voit pas encore sur l'emploi américain.
08:26On le verra peut-être dans les prochains trimestres.
08:30Mais pour l'instant, effectivement, c'est une amélioration de la productivité
08:34et de l'autre côté, une réallocation des emplois.
08:38Impressionnant.
08:38Donc, ces suppressions d'emplois annoncées chez Meta comme Microsoft,
08:41c'est le signe de cette productivité,
08:43cette surproductivité peut-être liée à l'intelligence artificielle qui arrive.
08:46C'est le pari du futur patron de la Fed.
08:48Kevin Walsh qui estime que l'IA va apporter un tel gain,
08:52de tel gain de productivité que la Fed pourra sans doute à l'avenir
08:55baisser plus facilement ses taux.
08:56C'est son pari au futur patron de la réserve fédérale américaine.
08:59En tout cas, en attendant, ce sont plutôt des suppressions d'emplois
09:01qu'on voit chez ces géants de la tech.
09:02Wall Street vient d'ouvrir sur une note plutôt favorable.
09:05Le S&P gagne 0,26%.
09:07Le Nasdaq gagne 0,8%.
09:08Et ces géants de la tech, on va les surveiller la semaine prochaine
09:10puisqu'ils vont presque tous publier leurs résultats.
09:13Les GAFAM vont publier.
09:14Il ne manquera plus ensuite qu'NVIDIA qui publiera un peu plus tard,
09:16comme toujours, ce sera le 20 mai.
09:18Pour regarder l'état plus global de l'économie américaine,
09:21il y a une autre publication intéressante aujourd'hui,
09:23Procter & Gamble, que vous avez repéré.
09:24Oui, dans la consommation, Procter & Gamble,
09:26qui a légèrement battu les attentes en matière de chiffre d'affaires
09:30et de bénéfices par action,
09:33et qui maintient les perspectives pour 2026.
09:37C'est un autre géant de la consommation, effectivement,
09:39qui confirme bien que la consommation est toujours au rendez-vous aux États-Unis.
09:43Parce qu'évidemment, c'est un géant américain,
09:45mais globalement aussi dans le monde,
09:47puisqu'il vend évidemment partout.
09:49L'action, elle, réagit positivement d'ailleurs à cette publication,
09:55puisqu'on est sur une hausse de 4%.
09:58Et plus 0,4, c'est un peu plus modeste,
10:00mais enfin, c'est pas mal de voir cette valeur-là progresser,
10:02Naï, qu'on en avait perdu d'habitude.
10:03Plus 0,4%, on les prend quand même, les plus 0,4,
10:06même si c'est sur une news pas terrible.
10:07Naï va continuer de supprimer les emplois, John.
10:10Oui, 1 400 emplois, c'est 2% des effectifs,
10:13et c'est principalement dans la technologie et les opérations de Nike.
10:19Évidemment, la question pour eux, c'est les gains d'efficacité,
10:22simplifier les processus, accélérer l'automatisation,
10:27recentrer les équipes sur certains hubs stratégiques,
10:30qui sont les États-Unis et l'Inde.
10:32Et on le rappelle depuis plusieurs trimestres, Guillaume,
10:35mais évidemment, il y a plus de concurrence.
10:38Il y a ON, il y a Oka, il y a ANTA aux États-Unis,
10:41et donc Nike, comme on l'appelle aux États-Unis,
10:44est moins, un petit peu moins, la valeur phare qu'on connaissait avant.
10:50Et puis, Nike a recouru à des promotions de plus en plus importantes
10:54pour essayer de découler les stocks,
10:55parce qu'ils avaient beaucoup trop de stocks,
10:57et évidemment, ça a un impact sur les marges.
11:01Chose un petit peu plus inquiétante,
11:03c'est que le groupe anticipe une baisse des ventes de 2 à 4%,
11:07avec une chute d'environ 20% en Chine.
11:12Qu'est-ce que ça veut dire ?
11:13Ça veut dire que le redressement va rester très très long,
11:16et incertain, et notamment en Chine,
11:18puisque c'était en fait la marque phare,
11:21la marque qui représentait les États-Unis,
11:24c'était Nike, et aujourd'hui, il y a plus de concurrence,
11:26et même des acteurs chinois,
11:28donc c'est un peu inquiétant pour Nike.
11:30En hausse, malgré tout, petite hausse,
11:32mais un titre vraiment boudé désormais par Wall Street,
11:34qui fait partie des valeurs mal aimées du S&P 500 depuis maintenant.
11:38Plusieurs trimestres, les trimestres s'enchaînent pour Nike,
11:41et le titre toujours plus bas,
11:43même si aujourd'hui, c'est une petite hausse.
11:44Du côté des matières premières,
11:45alors on disait un mot du pétrole tout à l'heure,
11:47qui tente de se détendre aujourd'hui,
11:49l'aluminium, il se trouve que plusieurs acteurs,
11:51et pas des moindres,
11:52prévoient un choc majeur sur le marché de l'aluminium,
11:54c'est-à-dire, John ?
11:57– Oui, d'abord, il faut rappeler quelque chose,
11:59c'est que 9% de l'offre mondiale est en risque,
12:02puisque la région du Golfe représente environ 10% de la production globale,
12:07avec des fonderies qui sont à l'arrêt,
12:10ce qu'on appelle des quatre forces majeures,
12:12et puis le détroit d'Ormou, je ne le répète pas,
12:14mais qui est largement bloqué.
12:17Et vous avez Mercuria qui évoque notamment
12:20le choc d'offres sur l'aluminium le plus important depuis 2000,
12:25qualifié de véritable signe noir,
12:28le black swan qui est lié aux perturbations dans le Golfe.
12:33Et puis Mercuria toujours anticipe un manque
12:35d'au moins 2 millions de tonnes d'ici 2026,
12:39face à des stocks qui sont extrêmement limités.
12:43Vous avez JP Morgan qui parle, je les cite,
12:45d'un point de non-retour avec une pénurie prolongée,
12:50tandis que Goldman Sachs évoque l'un des plus grands chocs d'offres
12:54jamais observés sur les métaux.
12:57Donc on voit ici que vraiment,
12:59vous savez, on parle souvent des engrais,
13:01évidemment, on parle de l'énergie,
13:04on parle de la pétrochimie,
13:06et bien là, l'aluminium est aussi frappé de plein fouet
13:09par la crise que nous avons au Moyen-Orient.
13:12John, merci beaucoup, John Passard avec nous,
13:14cité et gestion pour cette ouverture des marchés américains.
13:17Bon week-end, on vous l'espère aussi ensoleillé
13:19chez vous en Suisse,
13:19qu'il s'y fait beau en Suisse en ce moment, John ?
13:23Extraordinaire, on a l'impression d'être en été,
13:25ça paraît bizarre.
13:26Oui, c'est fou, merci beaucoup.
13:27Merci.
13:27Merci.
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