Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 8 heures
Un spectacle qui réunit des experts du climat, des lanceurs d’alerte et des artistes engagés pour sensibiliser à la transition écologique, c’est l’idée qu’a lancée Fabrice Bonnifet, président du C3D et de Genact. Le groupe TF1, Accor et le Crédit Coopératif accompagnent le projet.

Catégorie

🗞
News
Transcription
02:19On voit déjà que le CO2 sur 800 000 ans, il a toujours changé.
02:25Il y avait des moments où naturellement il y avait beaucoup de CO2 dans l'atmosphère et donc il faisait
02:30très chaud.
02:31Il y avait des moments où l'inverse aussi se produisait naturellement.
02:34On n'avait pas beaucoup de CO2 dans l'atmosphère donc il faisait un peu plus froid.
02:38Et c'est là où on avait les fameux âges de glace.
02:42Donc Claude et ses équipes ont démontré que en fait notre climat naturellement il a toujours changé mais dans une
02:47certaine enveloppe climatique.
02:50Sur les 800 000 ans on est resté dans ce couloir de la vie auquel on s'est adapté.
02:56Aujourd'hui en fait on a découvert qu'en brûlant du charbon, du gaz et du pétrole qu'on pouvait
03:01faire fonctionner des grosses machines, qu'on pouvait faire la fameuse révolution industrielle.
03:06Mais très vite on est devenu complètement addict à ces énergies fossiles.
03:11Aujourd'hui voilà où on en est en termes de l'augmentation du CO2 sur Terre.
03:15On n'a pas vu ça depuis des millions d'années. On n'a jamais vu ça à cette vitesse.
03:22Saviez-vous que selon le World Economic Forum, 50% du PIB mondial dépend directement de la bonne santé des
03:31écosystèmes.
03:32Mais seulement 0,25% de ce PIB est consacré à leur protection.
03:40On peut donc dire avec une absolue certitude, je pense que la théorie du ruissellement ne fonctionne pas du tout
03:46avec la nature.
03:48C'est un déséquilibre qui est absurde en réalité.
03:51Chaque geste, chaque souffle, chaque activité et 100% de ce que nous entreprenons est directement conditionné par l'habitabilité
04:01de cette planète
04:01est le produit de plus de 3 milliards d'années d'évolution qui nous relient à chaque créature embarquée sur
04:09ce vaisseau spatial Terre à nos côtés.
04:12Vous l'avez en fait certainement déjà ressenti ce déséquilibre inquiétant et pourtant aveuglé par les urgences du quotidien,
04:20les pressions du monde économique dans les entreprises.
04:23Là où se prennent toutes les décisions qui façonnent notre avenir, nous n'entendons pas résonner la voix de la
04:32nature.
04:33Pas un siège, pas un vote et rarement un mot pour ses intérêts vitaux dans les conseils d'administration par
04:42exemple.
04:43Alors pourquoi ?
04:45Et bien parce que depuis trop longtemps, nous considérons la nature comme un stock de marchandises, un stock de matières
04:54premières, un flux de biens, de services écosystémiques gratuits à notre disposition.
05:01Et cette vision profondément utilitariste, elle a certes permis l'essor d'une économie extractive,
05:08mais fondée sur la maximisation du profit à court terme et au détruiment des intérêts et des équilibres écologiques de
05:16long terme.
05:18Et donc à quel prix ?
05:20La perte massive de la biodiversité, on en a parlé, le dérèglement climatique, on en a parlé, la destruction des
05:26écosystèmes qui soutiennent nos sociétés.
05:30Sauf que demain, aucune entreprise ne peut créer de la valeur sur une planète morte.
05:47Sous-titrage Société Radio-Canada
06:35Qu'est-ce que c'est que l'économie ?
06:37C'est une convention qui ignore superbement les bactéries, qui ignore superbement la flore intestinale dont vous a parlé Gilles
06:44Boeuf tout à l'heure,
06:45qui ignore superbement le Svalbard dont vous a parlé Heidi Seves.
06:48Tout ça, ça n'existe pas dans l'économie, puisque comme vous le savez très bien, l'économie considère comme
06:53gratuite tout ce qui nous entoure sur Terre.
06:55Donc finalement, ce qui est indispensable à notre vie est gratuit dans cette convention qui est utilisée par les décideurs
07:00au quotidien.
07:01Et la seule chose, le seul indicateur agrégé, même que vous et moi, nous utilisons tous les jours, c'est
07:07l'argent.
07:07C'est le seul indicateur agrégé vraiment qu'on utilise. L'argent qu'on utilise pour aller acheter notre baguette,
07:12pour payer notre carte de transport, ou pour aller acheter des vêtements.
07:17C'est de l'argent qu'on utilise, c'est vraiment ça l'indicateur qu'on utilise tous les jours.
07:21Ce monde physique dans lequel nous sommes plongés, et auquel le système climatique appartient, on va dire, il est inexistant,
07:28en fait, dans nos têtes, et donc il est inexistant dans nos cœurs.
07:31La technique, c'est vachement bien, sauf que pour le moment, ça fait deux siècles qu'on fait du progrès
07:36technique, et ça fait deux siècles que les problèmes environnementaux augmentent.
07:39Donc si le simple fait de faire de la technique, si le simple fait d'augmenter les budgets de R
07:43&D, ça sauvait l'environnement, je pense que ça serait déjà vu.
07:46Pour le moment, manifestement, c'est pas ça qui se passe.
07:48Peut-être qu'on peut apprendre du vivant. Alors en fait, ce qui est surtout embarrassant, c'est notre obsession
07:53pour la performance.
07:56Alors, je vais bien la définir, la performance, c'est la somme de l'efficacité et de l'efficience.
08:02Efficacité atteint de son objectif, efficience avec le moins de moyens possibles.
08:07Bon ben ça, c'est une valeur cardinale, qui nous habite du matin au soir, le trajet domicile-travail, la
08:13séparation des fourchettes et des couteaux.
08:15Voilà, on fait de la performance, mais du matin au soir, la planification des vacances, c'est encore de la
08:20performance.
08:21Et donc on peut se dire, pourquoi est-ce qu'on fait de la performance ? Est-ce que c
08:25'est quelque chose qui est nécessairement positif ?
08:27Ben vraiment, je vous invite à regarder dans les textes des sites web, etc.
08:31Vous verrez, la performance en général, c'est toujours quelque chose de positif.
08:34La performance énergétique, la performance pédagogique, la performance économique, c'est toujours positif.
08:39Alors je voudrais quand même vous donner quelques arguments pour dérailler.
08:45Et je dis bien dérailler, parce que nous sommes sur des rails.
08:49Je pense que tous les intervenants précédents vous l'ont dit, nous sommes sur des rails.
08:53Donc il va falloir dérailler.
08:55Alors c'est quoi les arguments qu'on peut avoir contre la performance ?
08:58Alors il y a un premier mot qui vient, c'est l'optimisation.
09:03Quand on optimise, on fragilise.
09:07Et ça, ça ne dépend pas du système.
09:10C'est toujours vrai.
09:11Il y a une deuxième critique, c'est le cerveau humain qui regarde un indicateur de performance.
09:16C'est-à-dire que quand on regarde un indicateur de performance,
09:18en fait ça nous pousse à la pensée réductionniste.
09:21On ne voit plus que l'indicateur de performance et on oublie tout le reste.
09:25Il y a un adage zen pour ça, qui est très clair.
09:28Celui qui a atteint son objectif a manqué tous les autres.
09:32L'autre critique qu'on peut faire de la performance, c'est le résultat de notre performance.
09:36Qu'est-ce que ça a donné, notre performance ?
09:38Une dévastation planétaire.
09:40Le burn-out des humains, c'est la partie émergée d'un burn-out planétaire.
09:47Nous sommes tous épuisés.
09:50Et comme le disait Marine, c'est tous humains comme non-humains.
09:54On est tous épuisés.
09:56Donc comment on fait avec ce monde-là qui est obsédé par la performance
10:00et qui, c'est un peu contre-intuitif,
10:02mais on augmente les performances pour ajouter du contrôle,
10:06pour se sentir en sécurité.
10:08Et plus on augmente la performance, plus on rend le monde en insécurité.
10:13On est en train de générer une polycrise.
10:16La polycrise, la permacrise, le monde vu-cas, le monde banni,
10:20tout ça, c'est le produit de notre performance.
10:22On n'a pas envie de choisir rien, ni mauvais film, ni mauvais rôle.
10:29On veut milliards de milliards, milliards d'euros,
10:33milliards d'euros.
10:36On n'a pas envie de choisir rien, ni mauvais film, ni mauvais rôle.
10:42On veut milliards de milliards, milliards d'euros, milliards d'euros.
10:58Je regarde le monde qui tombe et tourne autour.
11:03Un milliard de roses, faire de l'argent comme on fait l'amour.
11:10Un milliard de roses, le bonheur se monnaie,
11:13des grands et merveilleux.
11:15On se paye un milliard de choses,
11:18je voudrais débier vers vous, écrire des poèmes.
11:22Écrire un milliard de roses,
11:25puisque les banquiers deviennent rois.
11:27Chez moi, il faut voir comme on nous parle.
11:30Chez moi, il y a du pétrole sur les pétales.
11:32Chez moi, il y a du pétrole sur les pétales.
12:06Chez moi, il y a du pétrole sur les pétales.
12:11Chez moi, il y a du pétrole sur les pétales.
12:18Chez moi, il y a du pétrole sur les pétales.
12:20Chez moi, il y a du pétrole sur les pétales.
12:21Chez moi, il y a du pétrole sur les pétales.
12:22Chez moi, il y a du pétrole sur les pétales.
12:23Chez moi, il y a du pétrole sur les pétales.
12:23Chez moi, il y a du pétrole sur les pétales.
12:23Chez moi, il y a du pétrole sur les pétales.
12:24Chez moi, il y a du pétrole sur les pétales.
12:30Chez moi, il y a du pétrole sur les pétales.
12:41La nature est une communauté vivante, avec des droits intrinsèques et une valeur propre.
12:49Une valeur qui n'est pas dépendante de son utilité pour nous ou du profit que nous pouvons en tirer.
12:55Et si nous avons besoin de reconnaître les droits de la nature, c'est parce que le droit de l
13:00'environnement tel qu'il existe aujourd'hui,
13:02alors certes, il protège déjà certains usages, il encadre déjà certains projets,
13:08mais en réalité, il a beaucoup de mal à reconnaître et à garantir l'intégrité du vivant,
13:12son droit d'existence et les interdépendances vitales entre nous, les êtres humains, et nos milieux de vie.
13:22Et c'est pour ça que partout dans le monde, des initiatives se développent pour sortir de cette impasse juridique.
13:28L'Équateur a reconnu les droits de la nature dans sa constitution déjà depuis 2008.
13:33L'Espagne a reconnu les droits de la lagune Marménor.
13:37Et désormais, la Nouvelle-Zélande a accordé une personnalité juridique pour le fleuve Vanganui.
13:44Désormais, il a des tuteurs légaux ce fleuve, qui sont aux yeux de la loi les visages humains du fleuve.
13:51Qu'est-ce qui peut éventuellement se passer pour que les choses aillent mieux ?
13:54Il faut qu'on réinvente d'une certaine manière notre rapport à la limite.
13:58C'est ça notre problème.
13:59En fait, c'est qu'on ne sait pas gérer notre rapport à la limite.
14:02Et la solution au changement climatique est beaucoup plus là-dedans
14:06que dans le fait de faire encore des petits réacteurs modulaires nucléaires.
14:10J'adore le nucléaire, mais ça ne va pas changer grand-chose finalement,
14:13tant qu'on n'aura pas changé notre rapport à la limite.
14:16Quand vous regardez l'histoire humaine, et elle est particulièrement emblématique aux Etats-Unis,
14:21qui est le pays au monde qui ignore le plus la limite culturellement,
14:25vous vous rendez compte que tout ce que nous avons cherché à faire tout le temps, partout,
14:30c'était de transgresser les limites.
14:32Regardez, pour qui est-ce que vous avez de l'admiration ?
14:34Pour qui est-ce que vous avez de l'émerveillement ?
14:36Pour le sportif qui va sauter plus haut que ce qu'il avait sauté la dernière fois ?
14:39Pour le navigateur qui va aller plus loin que là où il était allé la dernière fois ?
14:43Que pour l'astronaute qui va sortir dans l'espace plus longtemps que la dernière fois ?
14:47Et pour le plongeur océanique qui sera descendu plus bas que là où il est descendu la dernière fois ?
14:52Quand on regarde les êtres vivants, ils nous donnent une recette, une loi, un principe essentiel.
14:58Et ce principe, c'est la robustesse.
15:00Les êtres vivants, tous les êtres vivants, sont robustes.
15:05Donc la définition de la robustesse, un système qui est robuste,
15:07c'est un système qui est stable et viable malgré les fluctuations.
15:13Pensez à un arbre dans le vent.
15:16Un arbre dans le vent, il est stable malgré les fluctuations.
15:19Et c'est même mieux que ça.
15:20L'arbre va utiliser le vent pour faire son architecture.
15:24C'est le vent qui sculpte l'arbre.
15:26Mais l'arbre, il est aussi viable malgré les fluctuations.
15:29Il est capable de résister à des sécheresses estivales, à des gelées hivernales, à la foudre même.
15:33Donc il est quand même capable de résister à des fluctuations très très fortes.
15:37Il a un espace de viabilité énorme.
15:40C'est ça, les êtres vivants.
15:41Ils sont robustes.
15:43Alors comment font-ils pour être robustes ?
15:44C'est finalement ça le cœur du problème.
15:47Les êtres vivants sont robustes parce qu'ils ne sont pas performants.
15:53Voilà que d'un coup, notre regard sur le monde change.
15:57Voilà que d'un coup, nous ne vivons plus uniquement de la nature ou dans la nature.
16:04Voilà que nous vivons avec la nature.
16:08Voilà que s'installent des nouvelles logiques de partage, de cohabitation, de respect.
16:15Voilà que nos institutions se transforment pour penser le temps long.
16:20Et en France, ce mouvement progresse.
16:22De Garonne jusqu'ici, sur la Seine, des réserves naturelles à des zones en libre évolution.
16:28Des collectifs citoyens, des villes, des associations portent l'idée que les fleuves, que les forêts, que les montagnes devraient
16:35avoir voix au chapitre.
16:37Et si tu n'existais pas, dis-moi pourquoi j'existerais ?
16:46Pour traîner dans un monde sans toi, sans espoir et sans regret.
16:59Et si tu n'existais pas, j'essaierais d'inventer l'amour.
17:09Comme un peintre qui voit sous ses dents naître les couleurs du jour.
17:18Et qui n'en revient pas, si tu n'existais pas ?
17:31Et si tu n'existais pas, dis-moi pourquoi j'existerais ?
17:40Des poissons endormis dans tes bras, que je m'aimerais jamais.
17:54Et si tu n'existais pas, je ne serais qu'un point de plus.
18:03Dans ce monde qui va et qui va, je me sentirais perdue.
18:15J'aurais besoin de toi, si tu n'existais pas.
18:38Sous-titrage Société Radio-Canada
18:52Et si tu n'existais pas, dis-moi comment j'existerais ?
19:02Je pourrais faire semblant d'être mort, mais je ne serais pas vrai.
19:15Et si tu n'existais pas, je crois que je l'aurais trouvé.
19:25Les secrets de la vie de ton fort, simplement pour te prier.
19:36Et pour te regarder, si tu n'existais pas.
19:47On sait que les activités humaines sont responsables du changement climatique.
19:52C'est implacable aujourd'hui, c'est indiscutable.
19:55Mais le problème, c'est que nous, les écosystèmes que nous étudions,
20:00ils sont en train de réagir extrêmement rapidement à cette augmentation de température.
20:05Prenons par exemple ce qui se passe au niveau de nos glaciers de montagne.
20:10Ce que l'on observe aujourd'hui, c'est que nos montagnes sont en train de s'effondrer,
20:15sous le coup du changement climatique,
20:18parfois en s'effondrant comme en Suisse dernièrement.
20:21Quand les montagnes s'effondrent, parfois elles s'effondrent sur des glaciers,
20:25et parfois même ces glaciers s'effondrent sur des villages.
20:29Aujourd'hui, n'oublions jamais le lien entre ces émissions de gaz à effet de serre et les glaciers,
20:35comme ce qui s'est passé en Suisse.
20:37Pour chaque tonne de CO2 que nous émettons, c'est 16 tonnes de glace qui fondent.
20:46Donc aujourd'hui, à nous de décider ce qui va se passer dans nos montagnes.
20:51À nous de décider à quel point on veut faire face à ces risques aujourd'hui.
20:58On a tous le souvenir de ce qui s'est passé à Blatton, en Suisse, avec l'effondrement du glacier.
21:05Mais tout ça, on est en train de le voir absolument partout sur terre aujourd'hui.
21:12Nos glaciers de montagne, on est en train de les perdre.
21:15Et si on ne réagit pas très vite, chez nous dans les Alpes, on risque de perdre 90% de
21:22ces glaciers d'ici la fin du siècle.
21:24Donc à nous de décider jusqu'où on veut faire face à ces risques.
21:30Les tout petits points jaunes, ce sont des milliards de virus dans une goutte d'eau.
21:35Les moyens points jaunes, ce sont des bactéries.
21:37Et les gros points jaunes, ce sont des protistes.
21:40Les protistes, ce sont de grosses cellules, plus grosses qu'une bactérie avec un noyau.
21:43Par exemple, les micro-algues, le phytoplankton, les levures.
21:49Alors on me dit, le levure, on s'en fout.
21:50Attendez, sans levure, pas de pain, pas de vin, pas de bière, pas de fromage, pas de français.
21:59Alors là, je vois les hommes politiques ou les entrepreneurs.
22:01Ah bah oui, peut-être que votre biodiversité, c'est autre chose que des éléphants et des girafes, effectivement.
22:05Donc les micro-agranisses sont essentiels.
22:07Un corps humain, tous ici dans la salle, vous êtes beau, intelligent.
22:10Vous êtes remplis de trucs partout, les trous de nez, les oreilles, un tube digestif, un vagin féminin.
22:17C'est rempli de bactéries, mille espèces.
22:20Ce qui veut dire que...
22:21Et on sait maintenant que le moindre désordre de relations entre ces micro-organismes dans nous et sur nous,
22:27ben, ce sont des pathologies comme l'obésité,
22:30le diabète de type 2, l'hypertension artérielle,
22:33des relations avec l'autisme, avec Alzheimer.
22:36Peut-être que, effectivement, c'est important.
22:38Il n'y a pas que les glaciers de montagne qui sont en train de changer aujourd'hui,
22:41il y a aussi la banquise au niveau du pôle Nord.
22:45Je voulais vous parler de la banquise du pôle Nord aujourd'hui
22:48parce que, finalement, ce qui se passe au niveau du pôle Nord nous impacte directement.
22:55Cette banquise, c'est vraiment de la glace qui flotte sur l'océan glacial Arctique.
23:03Et pourquoi est-ce qu'elle est importante, cette banquise ?
23:06Parce que, dans l'Arctique, ce grand couvercle blanc qui recouvre cet océan nous permet de stabiliser le climat global.
23:17Cette banquise, en fait, on n'y pense peut-être pas tous les jours, mais on en a énormément besoin.
23:23Parce que, dans l'Arctique, figurez-vous que pendant l'été, il fait jour 24 heures sur 24.
23:30Donc, le fait d'avoir un couvercle blanc qui recouvre un océan qui est très foncé,
23:36eh bien, ça nous permet d'avoir comme un climatiseur naturel au niveau du pôle Nord.
23:43Cette banquise, malheureusement, en 40 ans, cette banquise, elle a énormément changé.
23:50Les dernières images satellites nous montrent qu'en 40 ans, on a perdu la moitié de la superficie de banquise
23:56sur Terre
23:57et qu'on a perdu les trois quarts de son volume.
24:00Donc, plus cette banquise, elle fond, plus ce couvercle blanc qui renvoie les rayons du Soleil dans l'espace fond,
24:07plus, à la place, on a un océan qui, lui, est très foncé, qui, lui, absorbe les rayons du Soleil
24:13et catalyse le réchauffement au niveau du pôle Nord, au niveau de l'Arctique.
24:19Et aujourd'hui, on est en train de réaliser que plus cette banquise, on la perd,
24:22et bien, plus cela, chez nous, va causer des phénomènes météorologiques extrêmes.
24:27Et on en a tous vécu ces derniers temps.
24:30Autant on peut avoir des grandes masses d'air froide qui vont descendre très loin vers le Sud
24:35et causer chez nous des précipitations très, très intenses, des événements très coûteux, très destructeurs.
24:41Mais à l'inverse, plus cette banquise se destabilise, plus, chez nous, on risque d'avoir aussi
24:46des grandes masses d'air chaudes qui remontent vers le Nord, créant plus de canicules,
24:52des sécheresses, voire carrément des feux de forêt.
24:56Un océan. Il n'y a pas des océans.
24:59Mes amis du Vendée Globe, quand ils font le tour de la planète,
25:01ne rencontrent pas de barrières sur les géographes qui ont mis des pointillés sur des cartes.
25:05Un seul océan. Tout se communique. Connectivité de l'océan.
25:10Stabilité. Il est beaucoup plus stable que les milieux continentaux, aériens, l'océan.
25:14Depuis 100 millions d'années, il a à peu près la même composition.
25:17Et il est salé. Ça, c'est super intéressant.
25:21Regardez avec tendresse notre prochaine prise de sang. Promettez-le-moi.
25:24Vous allez voir le ionogramme.
25:28142 millimoles de sodium. Dans votre sang, en ce moment-là. Tous, hein.
25:33105 millimoles de chlorure. 3-4 millimoles de potassium. C'est quoi ?
25:38Ben, c'est l'histoire de la vie qui est née dans l'océan ancestral sur la Terre.
25:42Il y a un peu moins de 4 000 millions d'années, en fait.
25:45Vous racontez l'histoire de l'évolution du vivant.
25:48La pression osmotique, on mesure comme ça, elle est celle de l'océan.
25:51L'océan, c'est 1050 partout.
25:53À 400 mètres de fond, c'est le même.
25:55Un humain, c'est 302.
25:57Vous avez tous un petit océan au sein de chacun d'entre vous.
26:00Trois fois moins salé que le grand frère.
26:02Donc, on est fait d'eau, on est un petit océan, on est rempli de bactéries.
26:07C'est pas mal.
26:08C'est quoi l'humain par rapport à tout ça ?
26:10Un animal.
26:12Pas n'importe lequel, hein.
26:14Mais par exemple, je vais vous surprendre.
26:16Vous avez la même glande thyroïde qu'une truite.
26:19Voilà.
26:19Que ça plaise vous pas, c'est comme ça.
26:21Ah !
26:22Et la truite, sa glande thyroïde, vous donne les hormones thyroïdiennes fabuleuses
26:28que le vivant invente il y a 800 millions d'années sur un petit acide aminé.
26:32Un atome diode, deux atomes diode, trois atomes diode, quatre atomes diode, la thyroxine.
26:39Et c'est pour ça que vous êtes développé depuis tout petit.
26:41Durant la grossesse de votre maman, l'embryon s'est développé.
26:46Vous avez grandi et puis vous êtes reproduit pour certains d'entre vous.
26:49Ça ne marche pas sans ces molécules.
26:51L'iode, c'est un atome qui vient de l'océan.
26:53Vous voyez que les relations entre l'océan et l'humain sont absolument essentielles.
26:56L'océan aujourd'hui, ces micro-organismes que j'évoquais tout à l'heure là,
27:01virus, bactéries, protistes, c'est 98% de la biomasse.
27:05On ne parle que des poissons et des baleines.
27:06Mais qui ne sont que 2% dans toutes ces histoires-là.
27:09Donc premier écosystème, l'océan.
27:11Et vous avez tous un petit océan au sein de chacun d'entre vous.
27:15Projetons-nous.
27:16Pensons par exemple à ces territoires en Europe
27:19qui sont à relativement basse altitude.
27:23Pensez par exemple aux Pays-Bas.
27:27Pensez par exemple à l'Allemagne, la Belgique.
27:30Pensez aussi à nos littoraux chez nous en France.
27:34Le nord de la France est très touché déjà par l'élévation du niveau des mers.
27:38Si on ne réagit pas très vite, on risque d'avoir plus d'un mètre d'élévation du niveau des
27:45mers.
27:45D'ici la fin du siècle et début du siècle prochain.
27:49A nous de déplacer le curseur.
27:52A nous de faire en sorte que tout cela arrive le plus tard possible.
27:55Un sol, c'est génial.
27:57On connaît deux fois plus d'espèces vivantes décrites dans les sols que dans tout l'océan.
28:042,5 tonnes de bactéries à l'hectare.
28:06Vous imaginez la masse d'une bactérie ?
28:083,5 tonnes de micro-champignons dans un sol vivant.
28:13On a tué les moitié des sols de France.
28:15Il n'y a pas que la France, tous les pays, parce qu'on les a mal utilisés.
28:18On a des engins trop lourds, des laborages trop profonds, et une chimie de synthèse terriblement destructrice.
28:26C'est là qu'il faut qu'on se batte, effectivement, parce que tout le système est basé là-dessus.
28:32Un sol vivant, ce sont des bactéries qui font des micro-trous partout en doute de mucus, comme dans vos
28:37poumons en ce moment.
28:40Et ces micro-trous, lorsque la pluie rare arrive, elles s'infiltrent là.
28:44Elle ne va pas faire une inondation à côté.
28:47C'est la meilleure résistante au changement climatique, un sol rempli de bactéries.
28:52C'est aussi, bien évidemment, d'empêcher les envahisseurs d'ailleurs d'arriver.
28:58Et c'est la meilleure productivité.
29:00Et dans un sol, des bactéries, des micro-champignons, des vers de terre, des tardigrades, des colamboles, des agariens.
29:09C'est absolument essentiel.
29:11Et si on détruit ce vivant, on ne pourra jamais alimenter 8 milliards d'humains.
29:16Avec des sols qui sont morts.
29:18Relation encore avec le vivant.
29:20Regardez, on a séquencé nos micro-algues de l'océan.
29:22Vous avez vu en bleu, ça c'est des gènes de micro-algues.
29:26En rouge, l'intestin de mon bébé.
29:28Vous avez vu, quand il est né mon bébé, il est là, on voit l'intestin quasi vide de bactéries.
29:33En gris, nous avons tous ici un bon tiers d'ADN qui est le même entre le plancton de l
29:39'océan et nous-mêmes.
29:41Les deux tiers avec une mouche, avec une banane.
29:44Pourquoi la banane, vous me foudrez bien quand vous la mangez ?
29:46On vient du même monde.
29:48Donc, si vous vous rappelez, je suis vivant, je suis vivant, j'appartiens au même monde, ça changera beaucoup, beaucoup
29:53de choses.
29:53Sous-titrage Société Radio-Canada
30:18Sous-titrage Société Radio-Canada
30:53Sous-titrage Société Radio
30:56...
30:57...
31:26...
31:57...
32:27...
32:29...
32:44La robustesse, c'est un potentiel. La performance, c'est quand on dissipe le potentiel.
32:51Alors, vous voyez bien que ça, ça doit nous éclairer, nous, société humaine, entreprise. Parce que pendant très longtemps, on
32:59a cru qu'une entreprise se mettait en capacité quand elle augmentait ses performances.
33:04Et bien non. Si vous voulez, le contraire de la robustesse, c'est pas vraiment la fragilité. C'est la
33:12performance.
33:13Quand on fait de la performance, quand on s'optimise, on se canalise. Efficacité, efficience, on devient très spécialisé, très
33:22optimisé, très adapté et donc très peu adaptable.
33:26Quand on est très adapté, dans un monde fluctuant, c'est suicidaire. Donc, évidemment que dans un monde qui va
33:33devenir de plus en plus fluctuant, il faudrait être de plus en plus adaptable.
33:36Donc, il va falloir basculer de la performance à la robustesse. Alors, ce qui est très joyeux là-dedans, c
33:45'est que le monde de la robustesse est nettement plus intéressant.
33:48Il faut quand même réaliser que le monde de la performance, et je pense qu'on est très nombreux à
33:51le réaliser ici, le monde de la performance, c'est le monde de l'autoroute.
33:56On arrive très vite à destination et on a rencontré absolument personne sur la route. Le monde de la performance,
34:02c'est un monde qui est très triste.
34:04Le monde de la robustesse, c'est un monde où on interagit, où on prend plus de temps. Si vous
34:08voulez, le monde de la performance, c'est on veut arriver à destination plus vite.
34:11Comme disait Pierre Desproges, il n'y aura pas de survivants. Je ne sais pas s'il faut vraiment arriver
34:17plus vite à destination.
34:18La vie, c'est le chemin, ce n'est pas la destination.
34:21Alors, cette robustesse, comment ça peut se décliner dans l'entreprise, les deux minutes qui me restent ?
34:25En fait, il y a plein de choses à imaginer, mais surtout, il faut réaliser que quand on bascule de
34:30la performance à la robustesse, l'impossible devient possible.
34:38C'est ça qui est incroyable, c'est que l'impossible reste impossible quand on reste sur les rails de
34:44la performance.
34:44Aujourd'hui, c'est vraiment à nous de se poser la question, est-ce qu'on veut que notre avenir
34:49à tous, il soit écrit par les mains de quelques-uns pour leur propre intérêt ?
34:56Ou est-ce qu'on veut peut-être reprendre les rênes de tout ça et écrire notre avenir tous ensemble
35:03?
35:04Parce que c'est vraiment ce dont on a besoin aujourd'hui.
35:07Le changement climatique, c'est l'affaire de tous.
35:11Le changement climatique, ce n'est pas que des glaciers qui fondent.
35:15C'est quoi ? C'est de lutter contre les inégalités, lutter contre le changement climatique.
35:21C'est de lutter pour notre agriculture, c'est lutter pour notre biodiversité, c'est lutter pour notre santé, c
35:29'est lutter pour notre économie aussi, lutter contre le changement climatique.
35:32C'est lutter pour notre bien-être.
35:35Si on n'a pas compris ça aujourd'hui, clairement c'est qu'on n'a rien compris.
35:42Le moment pour agir, évidemment le meilleur c'était il y a 50 ans, je pense qu'on est tous
35:47d'accord.
35:48Le deuxième meilleur moment pour agir, il est maintenant.
35:51Le moment est sérieux, la pire des actions, ça serait l'inaction.
35:57Qu'est-ce qui nous apporte ce vivant ? Il nous apporte la régulation du climat.
36:01On s'habille du cuir, de la soie, de la laine, tout ce que vous voulez, du coton.
36:09On se nourrit, on se soigne, il y en a moins que des médicaments devant une pharmacie, c'est d
36:13'origine naturelle.
36:15On se protège, on s'abrite, regardez le toit ici par exemple.
36:19Et puis surtout, on s'inspire et enfin on s'émerveille.
36:23Et je pense que l'émerveillement est une clé absolument indispensable vis-à-vis de ce vivant.
36:28Une libellule, elle vole à 90 km avec quelques watts.
36:35Comment fait-elle ?
36:37Elle voit 300 images à la seconde, à 360 degrés.
36:42Et le plus fabuleux festival, c'est l'accélération.
36:45Un pilote de rafale à 8G, il crache son rafale, ça coûte cher pour le contribuable.
36:52Ma libellule, elle prend 30G tous les jours depuis 345 millions d'années.
36:58Qu'est-ce qu'on attend pour aller regarder, admirer, s'émerveiller ?
37:03Il s'agit désormais de faire entrer la nature dans la gouvernance de nos entreprises.
37:09De mettre fin à son invisibilisation pour sortir d'une relation qui est à la fois très dégradée, mais aussi
37:16profondément dégradante avec le vivant.
37:18Et j'ai besoin de tout le monde pour terminer.
37:21J'ai besoin de la science qui n'est pas une opinion.
37:25J'ai besoin de la politique.
37:31Ceux qui pensent que ce n'est pas uniquement l'apanage des écologistes, ils ont leur rôle bien évidemment.
37:36Mais chaque parti politique, s'il veut harmoniser l'humain avec sa planète, doit faire de l'écologie scientifique.
37:41C'est bien sûr aussi tout ce qui est le monde des ONG, des citoyens, des sciences participatives et enfin
37:47les entreprises.
37:49Et c'est pourquoi je suis là ce soir avec vous.
37:51On a vraiment besoin de vous.
37:53Aujourd'hui, je travaille avec des entreprises à mission à l'heure actuelle.
37:55Notre monde sera inassurable demain si on laisse dériver le système au niveau climat et au niveau de l'effondrement
38:00du vivant.
38:02On aime ce vivant, on l'admire, on a envie de l'imiter, on a envie de se faire imiter,
38:08et on a envie de travailler mieux sur des solutions liées à ce vivant.
38:11Et puis on se prépare un avenir un peu plus sympa que ce qu'on vit aujourd'hui.
38:16Et chacune de ces victoires, obtenues pour remédier à l'invisibilisation de certaines catégories d'êtres,
38:23qui sont pourtant absolument indispensables à la bonne santé de l'entreprise,
38:27ont induit une plus grande richesse dans la gouvernance du monde des affaires,
38:32mais en fait surtout profondément changer notre société.
38:37Alors, pensons à l'avenir.
38:39Après les travailleurs, les femmes, il est temps de faire à la nature une place dans les décisions économiques.
38:47Et ce n'est absolument pas une utopie.
38:50Au Royaume-Uni, l'entreprise Face in Nature a nommé un administrateur gardien de la nature dans son board.
38:59Patagonia, vous en avez certainement entendu parler, a placé la totalité de ses actions sous la responsabilité d'un trust
39:05à vocation environnementale.
39:06Désormais, la terre est son unique actionnaire.
39:10Et en France, Narcisse a choisi de confier à la nature la présidence de sa fondation actionnaire, mais aussi de
39:17lui faire une place dans son conseil d'éthique, son comité de mission et son comité social et économique.
39:23Et ces exemples, ils prouvent tout simplement qu'un autre modèle est possible, que c'est possible, mais que c
39:28'est aussi cohérent et que c'est innovant.
39:30Et c'est exactement ce que nous portons avec Wild Legal.
39:33...
39:39...
39:40...
39:43...
39:44...
39:47...
39:49...
39:51...
39:52...
39:55...
39:59...
40:03...
40:06...
40:07...
40:07...
40:08...
40:08...
40:35...
40:36...
40:36...
40:36...
40:36...
40:37...
40:38...
40:38...
40:39...
41:07...
41:09...
41:11...
41:12...
41:15...
41:16...
41:45...
41:46...
42:15...
42:16...
42:16...
42:18...
42:46...
42:47...
43:16...
43:18...
43:46...
43:46...
44:16...
44:17...
44:18...
44:46...
44:46...
44:46...
44:47...
44:48...
44:48...
45:16...
45:17...
45:18...
45:19...
45:49...
45:52...
46:20...
46:20...
46:20...
46:47...
46:48...
46:50...
47:19...
47:19...
47:19...
47:19...
47:21...
47:22...
47:52...
47:52...
47:53...
47:53...
47:59...
48:00...
48:00...
48:02...
48:04...
48:04...
48:04...
48:09...
48:41...
48:44...
48:45...
48:46...
Commentaires

Recommandations