- il y a 12 heures
Faire comprendre les objectifs de développement durable identifiés par les Nations unies grâce aux émotions : c’est le défi que se lance le festival Cinema For Change. Marc Oberon, son fondateur, revient sur l’importance de véhiculer des histoires qui touchent le public pour sensibiliser aux enjeux de transition environnementale et sociétale. L’événement a lieu du 8 au 11 avril 2026.
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00:04Prêt pour l'impact, c'est la question que je pose chaque jour à une personnalité qui compte dans notre
00:08économie, dans notre société.
00:10Et je reçois aujourd'hui Marco Béron, bonjour.
00:12Bonjour, merci.
00:13Vous êtes le fondateur du festival Cinema for Change.
00:17Et on va commencer par la question la plus simple, c'est quoi Cinema for Change ?
00:20Alors Cinema for Change, c'est un festival qui a deux actions.
00:25Il a une action pendant le festival, donc on est au Grand Rex à Paris.
00:28Et on va projeter des films, donc on se fait plaisir, c'est du cinéma.
00:33Et on invite des personnalités, des experts, des personnalités publiques à la suite du film, à discuter, à échanger avec
00:41le public pour nourrir et utiliser toute l'émotion des films qu'on a eus pour créer un bon moment.
00:50C'est un peu notre agora à nous, c'est un lieu où on va essayer d'éveiller les consciences.
00:57Et puis voilà, on espère, enfin en tout cas c'est ce à quoi on croit, c'est que l
01:03'émotion des films, si le film porte effort et l'émotion va rester, ça peut être un moteur à un
01:11moment donné peut-être pour agir, pour faire un peu, pas forcément beaucoup, mais agir.
01:15Et puis se sentir tous ensemble, voilà, avec des valeurs humaines qu'on partage à ce moment-là.
01:21Alors on s'appuiera dans un instant sur le programme du festival cette année, mais vous l'avez écrit il
01:27y a combien de temps ?
01:29Et qu'est-ce qui vous a amené à vous dire, tiens le cinéma ça va être un levier d
01:35'action, d'engagement sociétal, environnemental ?
01:39Alors le cinéma c'est mon métier, ça fait 40 ans que je le fais, j'ai fait beaucoup de
01:43films publicitaires, puis après j'ai fait effectivement un peu en parallèle,
01:47parce qu'on fait toujours ces métiers un peu en parallèle, j'ai produit trois longs métrages, et puis j
01:52'en ai produit un un peu, pas par hasard,
01:55mais c'est ce sujet qui m'a effectivement, qui a créé, Cinema for Change, c'est un film qui
02:01s'appelle Huit, il y a une campagne des Nations Unies qui s'appelle aujourd'hui
02:06les objectifs de développement durable, il y en a, il y a 17 thématiques, donc c'est pour ceux qui
02:11ne connaissent pas forcément bien ou peu,
02:13c'est une grille de lecture qui a été lancée en 2000 par Kofi Annan, au début il y en
02:18avait huit, alors c'était les OMD, objectifs du millénaire pour le développement,
02:22voilà, moi je m'étais approprié ces huit là, on était plus, ça concernait plus les pays en voie de
02:28développement,
02:29donc on regardait une carte du monde, on tirait un trait, ça concernait que les pays pauvres, c'était tout
02:33ce qui était en bas,
02:34même Asie, Afrique, Amérique du Sud, et tout ce qui était en haut, genre on n'était pas concerné, c
02:39'était pas pour nous, c'était plutôt pour les autres.
02:41Mais bon, c'était déjà, l'idée de Kofi Annan était intéressante, parce qu'il a demandé à tout le
02:45monde, il a mis huit thèmes, il a dit ok,
02:47tout le monde s'engage, les 180 gouvernements, membres des Nations Unies, s'engagent à faire quelque chose.
02:53Et donc vous avez appliqué ça au cinéma ?
02:54Alors j'ai pris les huit sujets, et j'ai invité huit réalisateurs à me raconter une histoire personnelle.
02:59D'accord.
03:00Et donc on a eu la chance d'avoir Jen Campion, Kofan Sainte, Wim Wenders, Abderrahman Sissako, Gaspard Noé,
03:08Yann Koonen, Miraner, et Gaël Garcia Bernal, et chacun s'est approprié un des sujets,
03:14et à raconter un truc très perso en réalité.
03:17Et donc voilà, le film s'est fait.
03:20Quand on a terminé le mot-clé de ce film, c'était en 2009, le mot-clé de ce film,
03:26c'était de dire le monde change.
03:27Donc on était très très très loin d'avoir une accessibilité, une lecture.
03:32En fait, le film a mis sept ans, et donc cette lecture, nous on l'a eue,
03:36parce que tout le monde s'est approprié de Jen Campion, il a dit, attendez, nous on va faire un
03:38truc chez moi,
03:40en Australie, parce que nous, l'eau, ça a été un vrai problème dans les années 70.
03:43Pour vous, en Europe, vous n'avez pas aidé, mais chez nous, ça a été terrible.
03:46Du coup, elle a voulu raconter un truc.
03:47Chacun a pris un de ses sujets, et tout d'un coup, nous, on a été embarqués là-dedans,
03:52et il y a beaucoup d'humanité, en fait, qui est venue avec cette aventure.
03:55À la fin de tout ça, on a dit, mais en fait, voilà, il faut absolument qu'on partage cette
03:58information.
04:00Bref, le film s'est terminé.
04:02On a monté un partenariat avec, à l'époque, YouTube, et donc Google, qui venait d'arriver, ça faisait 4
04:07-5 ans qu'ils étaient là.
04:08Le film a été mis en ligne, et on a fait 2 millions et demi de vues en un mois
04:15et demi, à l'époque, en 2010.
04:17C'était dingue.
04:18Et puis surtout, ce qui était dingue, c'est qu'on découvrait l'interactivité.
04:21Parce que, moi, je viens, entre guillemets, du cinéma classique.
04:25On va au cinéma, on regarde un film, on sort, on en parle à l'extérieur.
04:28Mais l'interactivité immédiate, on ne savait pas ce que c'était.
04:31Et on l'a reçu à travers des centaines de milliers de messages, où les gens disaient,
04:36attendez, là, là, moi, c'est mon histoire, ça, ce que vous racontez là.
04:39Ce que lui raconte, ce qu'elle raconte, là, moi, je le vis là.
04:42Et ça venait du monde entier, et c'était dingue.
04:45Et donc, en sortant de ce film, vous dites, il faut aller encore un peu plus loin, d'où le
04:49festival, c'est ça ?
04:50Exactement.
04:50En se disant, on va inviter les réalisateurs à devenir jury.
04:56Donc, on crée un festival.
04:57Eux, ils ont accepté d'être jury, au début, parce qu'après, ils en sont un peu à la bonne.
05:00Mais ils ont accepté d'être jury.
05:03Et on a invité le public en disant, et vous, comment voyez-vous le monde aujourd'hui ?
05:06How do you see the world of today ?
05:08C'était ouvert, bam !
05:09Et on a reçu, la première année, plus de 550 courts-métrages du monde entier.
05:14Alors, il y avait tout, c'était un peu dramatique, franchement.
05:18Mais, avec ce cheminement qu'il y a eu là, on a lancé le truc.
05:22Et en fait, il y a une bulle dont je n'ai pas encore parlé là, mais on va en
05:26parler.
05:26C'est la jeunesse.
05:28Parce qu'on a créé les Prix Jeunesse à ce moment-là.
05:31Donc, il y a 15 ans, au moment où le truc s'est fait, parce que j'avais projeté des
05:36courts-métrages dans une classe d'un de mes enfants.
05:40Et j'avais vu l'impact, la réactivité, l'envie de s'exprimer sur ces sujets.
05:45Je me suis dit, tiens, c'est dingue, il y a peut-être un truc à faire.
05:48J'en ai parlé autour de moi, puis un copain l'a fait, puis un autre copain l'a fait.
05:51Puis ça s'est propagé, mais vraiment de manière très locale.
05:53Et la Principauté de Monaco, qui était devenue partenaire, qui nous soutenait, nous a dit, mais attendez, nous, on va
05:58vous ouvrir à l'Afrique francophone.
06:00Donc, du jour au lendemain, on est passé de 300 à 5300 élèves qui visionnaient des courts-métrages.
06:08Et le principe, ils visionnent, ils votent, c'est eux les jurys, et ensuite, ils participent à un rendez-vous
06:13citoyen.
06:14Et cette aventure qu'on a construite maintenant avec le temps fait que cette année, on avait 45 000 élèves
06:20qui ont participé dans leur classe.
06:22Donc, de début janvier à fin mars, ils visionnent, ils votent, et ensuite, ils participent à une discussion citoyenne avec
06:28leurs professeurs.
06:29On donne un document, un kit éducatif aux professeurs pour qu'ils puissent discuter.
06:33Et donc, 45 000 élèves étaient jurys cette année à la 15e édition.
06:39On y reviendra. Je vais vous citer sur ce festival Cinema for Change, qui défend une idée simple.
06:44Les histoires que nous racontons façonnent le monde dans lequel nous vivons.
06:48En réunissant films, débats et jeunes générations, le festival veut ouvrir un espace où l'émotion,
06:52suscite la réflexion ou la culture, peut pousser à l'action.
06:56Il y a deux mots sur lesquels je voudrais qu'on revienne.
06:59C'est le mot émotion et le mot action.
07:02Je suis convaincu que, quand on a ressenti une émotion, on se souvient.
07:07On se souvient du lieu, on se souvient de la personne avec qui on a ressenti cette émotion.
07:13Et donc, on passe à l'action ?
07:15Est-ce que vous réussissez, vous voyez ce que je veux dire, à faire le lien entre l'émotion ressentie
07:21en voyant un film, par exemple,
07:23et puis, ah, je vais changer quelque chose à mon petit niveau dans ma vie.
07:27Je vous raconte une anecdote.
07:29Parce que c'est tout ça.
07:31Tout à l'heure, je parlais du film 8.
07:33Jane Campion a accepté de le faire.
07:34Donc moi, j'étais hyper content.
07:36Et il y avait Robert Altman et Wim Benders.
07:38Entre-temps, malheureusement, Robert Altman était décédé.
07:39Mais j'avais trois grands réalisateurs qui avaient accepté.
07:42Je m'étais dit que j'allais trouver facilement les sous pour le faire.
07:44C'était une vraie galère.
07:45Pendant deux ans, je n'ai pas trouvé les sous.
07:47Et au bout de deux ans, Jane Campion m'appelle pour me dire,
07:49j'ai décidé de faire un break dans ma vie professionnelle.
07:52Je veux m'occuper de ma fille Alice.
07:54Donc, je sors du projet.
07:56Voilà, toute l'équipe était malheureuse.
07:58Voilà, on était tous malheureux.
07:59Il se passe huit mois.
08:00Et au bout de huit mois, elle me rappelle un matin en me disant,
08:03il s'est passé un truc hier soir chez moi.
08:05Je reviens au cinéma.
08:07On tourne dans trois mois.
08:08J'écris.
08:10Alors, il faut trouver le financement.
08:11Maintenant, tout de suite, c'est maintenant qu'il faut décider.
08:14Et elle me raconte, c'était en 2003,
08:17pour montrer à quel point tout le monde a un rôle à jouer à un moment donné.
08:20Et la porte de la chambre d'Alice était ouverte.
08:24Jane Campion était dans sa cuisine.
08:26Et elle écoutait les filles en train de discuter.
08:28Donc, c'est les filles avec sa fille et ses copines.
08:31Et l'une d'elles dit, vu l'état dans lequel nos parents sont en train de nous laisser la
08:37planète,
08:37ils peuvent toujours courir pour qu'on s'occupe d'eux plus tard.
08:41Et elle, elle me dit, ça m'a travaillé toute la nuit.
08:45Et ça a fait tilt.
08:46Et je me suis dit, je dois revenir avec ce projet.
08:49Et Marc, il faut qu'on le fasse, il faut le faire.
08:51Alors, à l'époque, je faisais beaucoup de films publicitaires.
08:53Donc, j'avais un flux financier qui me permettait de prendre des risques.
08:57Mais, en fait, toute cette histoire, si Jane Campion n'avait pas entendu Alice dans sa chambre,
09:02ne m'avait pas appelé, ne m'avait pas dit, il faut y aller Marc, il faut le faire ce
09:05truc.
09:07J'aurais peut-être pas fait ce film.
09:09Donc, l'émotion.
09:11Oui, bien sûr.
09:12L'action.
09:13Alors, l'action n'est pas forcément...
09:16L'action, c'est chacun fait un bout de chaîne.
09:19Son bout de chaîne à elle, ça a été de dire, je veux participer.
09:22Parce que moi, je veux parler d'un truc.
09:24Je veux que les gens comprennent que l'eau, c'est pas un cadre.
09:29Tout le monde n'en a pas, de l'eau.
09:31Et c'était en 2003.
09:33Et aujourd'hui, en France, le monde est conscient.
09:35Non, non, clairement.
09:36Donc, je suis convaincu avec cette histoire que l'émotion peut vous emmener plus loin que vous ne pouvez imaginer.
09:47Mais comment vous choisissez, comment vous définissez un film responsable ou un film engagé, finalement ?
09:55C'est difficile de définir ça.
09:57C'est difficile.
09:58Et puis, en même temps, nous, ça fait 15 ans qu'on a les prix jeunesse, qu'on va à
10:01la rencontre des élèves, qu'on leur projette des courts-métrages, qu'on voit.
10:05Si on monte des films qui sont trop, qui vont plomber l'ambiance, on n'a pas de débat, il
10:09n'y a pas de discussion.
10:09Si on a des films qui interrogent, qui peuvent ouvrir la discussion, qui éveillent, qui ne sont pas forcément...
10:16Même drôles, on peut avoir un petit peu de tout, mais pas des trucs noirs, noirs, noirs.
10:20Si on a ça, derrière, on a accès à un débat et une vraie discussion.
10:26Donc, avec Cinema4Change et mon équipe, c'est tout à fait éditorial.
10:30C'est très collégial, je veux dire.
10:32On discute entre nous quel est le sujet dont on veut parler.
10:35Et puis après, par rapport à un film, par rapport à un sujet, quel est le film qu'on aimerait
10:40tous aller voir au cinéma ?
10:42Allez, mon kiff, ça va être de...
10:44Donc, on le fait cette année avec...
10:45Alors, on va rentrer dans le détail, parce que là, c'est là, 9 avril, 8 avril, 11 avril, il
10:51y a un certain nombre de rendez-vous au Grand Rex à Paris.
10:54Mais pour lancer cette séquence, on va rentrer dans le détail des films que vous avez choisis.
11:00Cette question de celle qui était à votre place la semaine dernière, Corinne Wilcombe, directrice du Développement Durable de Valouret,
11:06qu'on l'écoute.
11:07Bonjour Marc. Ma question, c'est de savoir en quoi le cinéma est-il un vecteur de transformation des comportements
11:14?
11:15Alors, vous avez commencé à répondre, mais là, on va prendre un exemple.
11:18Enfin, on va même prendre les trois exemples.
11:209 avril, Grand Rex, Thelma et Louise.
11:23Magnifique film de Ridley Scott.
11:25Pourquoi vous l'avez choisi et en quoi ça peut être un vecteur de changement de comportement, d'après vous
11:30?
11:30Parce que c'est un film qui est resté très moderne.
11:37Le sujet, le débat dont on a envie de parler, parce que le sujet égalité femmes-hommes pour nous est
11:41toujours essentiel,
11:42il y a tellement d'angles d'attaque, entre guillemets.
11:46Là, on voulait parler de l'empowerment féminin.
11:50C'est des femmes qui sont libres, qui tracent leur chemin.
11:54Voilà, exactement.
11:55Juste un truc qui paraît évident pour nous, hommes, entre guillemets,
11:59de pouvoir faire ce qu'on a envie de faire dans notre société,
12:01où qu'on soit, même sur cette planète, qu'on puisse faire ce qu'on a envie de faire.
12:05Et pourquoi est-ce qu'à un moment donné, effectivement, les femmes ont tout d'un coup...
12:11Les chemins peuvent être brouillés, compliqués, moins évidents, moins acceptés.
12:17Et on s'est dit...
12:19Il faudrait qu'on ait un film où les gens passent un bon moment.
12:23Il faudrait qu'on puisse oser.
12:24Un film qui ose.
12:26Il y en a peut-être pas mal.
12:27Mais celui-ci, on s'est dit...
12:30Il est génial.
12:31Parce qu'en fait, si on regarde le film, même que les gens le connaissent ou pas,
12:35c'est deux femmes, deux copines qui sont prises dans un engrenage au début
12:39avec un type qui fait une tentative d'agression sexuelle avec une fille dans un parking.
12:45L'autre vient.
12:46Alors, effectivement, tout d'un coup, elle tue ce type.
12:49Et puis après, il y a un engrenage de situation.
12:52Il n'y a qu'un mec qui comprend, effectivement, qu'il faut calmer le jeu
12:55parce qu'elles ne sont pas dangereuses.
12:58Mais elles-mêmes sont prises dans un truc en disant
13:00on ne va pas revenir en arrière parce que vous n'allez pas nous remettre à une place
13:04où on ne voulait pas être.
13:05Effectivement.
13:05Qu'est-ce qui va en parler de ce film ?
13:08Puisque j'ai bien compris la logique.
13:09On visionne le film et ensuite, il y a un débat, un échange qui vient en parler.
13:14Clairement.
13:14Alors, on a la chance d'avoir Elisabeth Moreno
13:17qui sera présente avec Bruno Solo.
13:20D'accord.
13:20Donc, l'idée, c'était d'avoir une femme, un homme.
13:22Elisabeth Moreno qui a été ministre de l'égalité femmes-hommes.
13:26Tout à fait.
13:27Pendant deux ans, complètement.
13:29Et qui connaît bien le sujet.
13:31Et puis, Bruno Solo, qu'on a eu régulièrement l'occasion d'entendre récemment.
13:37Il vient, et de ce que j'ai entendu, effectivement, de ses interventions,
13:42il parlait du rôle que l'homme doit jouer par rapport à ça.
13:47Et parce qu'encore une fois, nous, dans toutes les projections,
13:50nous, depuis 15 ans, le sujet égalité femmes-hommes, il y est chaque année.
13:53Dans les projections qu'on fait en enfants, collégiens, lycéens,
13:56ils ont tous un court-métrage sur ce sujet.
13:59Parce qu'on veut amener la discussion autour de la table.
14:01Et c'est trop souvent des femmes qui en parlent.
14:03Et c'est trop souvent des femmes qui en parlent.
14:04Et en fait, la meilleure façon de pouvoir aujourd'hui appuyer et mettre en valeur,
14:12et puis montrer le respect qu'on doit avoir par rapport à ça,
14:15je pense que la parole d'un homme n'est pas plus importante,
14:18mais elle est tout aussi importante que celle d'une femme,
14:20parce qu'elle peut appuyer.
14:21Et donc, l'idée, c'est d'avoir des citoyens avec nous sur scène.
14:27Des gens qui se sentent responsables parce qu'ils ont une famille, des enfants,
14:31parce qu'ils ont envie de transmettre des bonnes choses.
14:33Et qu'en éveillant, et en réveillant peut-être la conscience des gens dans la salle,
14:38il y a peut-être des petites choses en plus qui vont rester.
14:40Alors, autre film, Flo, de, je ne sais pas comment on prononce,
14:44Ginz, ou Ginz, Zilbalodis.
14:46Oui.
14:47Il faut, alors, c'est un dessin animé.
14:50Oui, c'est un film d'animation.
14:52Magnifique dessin animé.
14:53Qui a été produit par Ron Diennes, qui est un producteur français,
14:56qui a eu un Oscar et un César l'an dernier.
15:00Donc, bravo.
15:00On est hyper fiers de Ron Diennes.
15:03Venir justement discuter avec le public.
15:06Et pour nous, ce film, il n'y a pas de dialogue.
15:13Il n'y a pas d'humain avec des animaux.
15:16C'est un truc qui est un truc complètement à part.
15:18Puis malgré tout, l'histoire de ce truc, c'est des animaux qui vont...
15:22Ils vont monter à une montée des eaux, c'est ça.
15:24Et ils vont s'unir pour réagir et trouver des solutions.
15:31Seuls, ils n'y seraient pas arrivés.
15:33Mais ensemble, ce qui est totalement improbable, en réalité, dans la vraie vie,
15:37mais tous ces animaux vont se réunir pour y arriver.
15:39Et ce film, pour nous, il était intéressant.
15:43Alors, on se permet de faire des grandes projections comme ça.
15:47Pour nous, ça nous permettait de parler des nouveaux récits.
15:50Parce que les nouveaux récits, c'est un sujet qui est extrêmement riche.
15:56C'est une réponse au défi de l'acceptabilité de la transformation.
16:01Parce que c'est vrai qu'on en parle quasiment tous les jours dans cette émission.
16:06Et d'ailleurs, de temps en temps, avec Fabrice Bonifait,
16:08qui est le directeur du collège des directeurs de développement durable de C3D,
16:12qui était à votre place il y a quelques semaines et qui va participer au débat,
16:18les entreprises, elles doivent inventer ces nouveaux récits,
16:22parfois pour faire accepter la transformation à leurs salariés,
16:26à leurs clients, à leurs partenaires.
16:28C'est un défi collectif majeur.
16:29Oui, c'est majeur.
16:30C'est majeur.
16:31Parce qu'en fait, notre Terre, elle est magnifique.
16:36Elle nous nourrit.
16:38On a une Terre qui a son rythme de vie.
16:41Et on utilise des matières premières, des matières secondaires,
16:46mais on utilise des manières avec cette planète.
16:49et on est arrivé à un niveau où on est dans une certaine inconscience collective,
16:59malgré tout, même si certains le savent ou l'entendent,
17:02mais ils agissent différemment.
17:04On arrive, en fait, notre Terre est limitée.
17:07Elle a des limites par rapport à ce qu'elle nous fournit.
17:10Mais, moi, je me souviens d'un film qui a rempli son rôle,
17:15que Nicolas Hulot avait fait, un long métrage,
17:19qui était, on sortait du film,
17:21waouh, le moral, il était bien plombé dans les chaussettes.
17:27Et donc, ça, c'est la période où le discours était plutôt anxiogène,
17:32culpabilisateur.
17:33Il fallait sans doute faire le constat de la catastrophe en cours.
17:38Mais ce récit-là, il a atteint ses limites, très clairement, aujourd'hui.
17:42Il a atteint ses limites.
17:43Et en fait, l'idée, c'est de dire aux gens,
17:45mais en fait, on est très matériel,
17:48on s'est construit comme ça toutes ces années.
17:50On l'est tous.
17:51Et certains le sont plus que d'autres.
17:53Mais tout le monde a besoin de posséder, d'avoir des trucs.
17:55Et en fait, on rentre à une ère où notre monde,
18:01notre organisation,
18:04entre maintenant et 2050,
18:06il y a des matières premières qui ne sont plus accessibles,
18:10auxquelles on a absolument besoin.
18:12Et on voit tout ce qui se passe en ce moment, en plus.
18:14On est en plein dedans.
18:19Et tout ça, encore, est encore plus fort,
18:21parce que c'est les pays les plus riches qui en ont besoin.
18:24Les pays les moins riches, ils en ont moins besoin,
18:26parce qu'ils n'ont pas accès.
18:28Mais dans la réalité, tout ça, à un moment donné,
18:30on va devoir revoir autrement le modèle.
18:34Et alors, c'est quoi le nouveau récit ?
18:36Alors, le nouveau récit...
18:37Pour sortir de l'anxiogène culpabilisateur.
18:39En fait, justement, c'est de dire qu'on peut être heureux autrement.
18:41Oui.
18:42On peut être heureux différemment.
18:44On peut être heureux en se disant que
18:46je vais réutiliser,
18:48je vais revoir mon mode de vie,
18:50je vais...
18:52Il ne faut pas que ce soit une frustration,
18:54c'est juste une...
18:55Comment être heureux ?
18:57Sans pour autant devoir se projeter en disant
19:01je ne peux être qu'heureux que si j'ai du matériel.
19:05Est-ce qu'on peut être heureux sans ?
19:07Moi, je suis sûr.
19:08Ce n'est pas évident tous les jours,
19:10parce que moi, je suis une génération où on a vécu...
19:13On est consumériste, ça c'est sûr.
19:15Énormément consumériste.
19:17Mais j'ai envie que moi, mes enfants, entendent ce discours.
19:20Et alors, l'autre film, c'est Les Rêveurs,
19:22film d'Isabelle Carré,
19:24où elle sera d'ailleurs présente.
19:26débat avec Marie-Rose Moreau,
19:28qui est psychiatre et co-auteur du film.
19:29Là, on parle de santé mentale,
19:31notamment, en particulier,
19:32chez les enfants et les adolescents.
19:34Mais alors tiens, je vais vous poser une question
19:35à l'organisateur de festivals.
19:38Vous avez dû vous poser la question
19:40du bilan carbone,
19:42de l'impact d'un festival comme le vôtre.
19:45Donc, c'est quoi ?
19:45C'est d'abord le transport des spectateurs,
19:48des équipes ?
19:49Qu'est-ce qui...
19:50Même si votre bilan, il n'est pas énorme, forcément.
19:53Non, non, il n'est pas énorme.
19:54Après, le...
19:55Mais la question, elle est plus générale.
19:57Quand on organise un festival,
20:00que ce soit de cinéma, de musique, de...
20:02En fait, quand on organise un festival,
20:04c'est les discussions principales qui reviennent.
20:08Avant, on faisait un catalogue,
20:08maintenant, on ne fait plus de catalogue.
20:12Qu'est-ce qu'on...
20:13On fait un flyer,
20:14pour que quand même les gens voient le programme.
20:16Mais voilà, on passe d'un petit truc comme ça
20:18à un grand catalogue.
20:21Qu'est-ce qu'on peut faire pour...
20:24On fait attention, effectivement,
20:25à tout ce qui va être consommé.
20:29Plutôt avoir des bouteilles d'eau en verre.
20:30En fait, on est sur des choses, en fait,
20:31assez basiques,
20:32puisque tout le reste, au niveau du transport,
20:35d'abord, on ne le contrôle pas.
20:36Alors, nous, on est au centre de Paris,
20:37dans le Grand Rex.
20:38Oui, donc ça va.
20:39Les gens savent que, franchement,
20:41ceux qui vont y aller en voiture,
20:42ils vont souffrir,
20:43alors qu'y aller en métro...
20:44Pas beaucoup de places de paris.
20:45Non, il n'y a pas beaucoup de places de paris.
20:46C'est une vraie galère.
20:47Alors qu'y aller en métro,
20:48c'est tellement ça.
20:49Mais je vais élargir ma question,
20:51parce que ça concerne le monde de la culture,
20:54ça concerne le monde du sport aussi.
20:55Le modèle des grands événements,
20:57des grands festivals,
20:59ou des grands événements musicaux,
21:00des grands événements sportifs,
21:01on sait que ce qui pèse,
21:05c'est les déplacements des spectateurs.
21:08Oui, bien sûr.
21:09Ils viennent parfois du monde entier
21:10pour assister à un grand événement musical
21:14ou sportif.
21:16On fait quoi ?
21:17On abandonne ce partage,
21:19parce que ce sont des moments de partage collectif,
21:21pour l'humanité,
21:22ou alors...
21:24Vous voyez ce que je veux dire ?
21:25C'est intrinsèque.
21:26Est-ce qu'on doit les abandonner ?
21:28Moi, je ne crois pas.
21:28Alors, moi non plus.
21:29Moi non plus.
21:30Je pense qu'on n'a pas le choix.
21:32Je pense que l'on fait...
21:35Écoprod va intervenir dans le cadre du festival,
21:37à la clôture, justement,
21:38pour dire quelques mots sur...
21:40Alors, non pas ce qui est fait dans le cadre des festivals,
21:43mais ce qui est fait dans le cadre des productions
21:44et des réalisations d'aujourd'hui.
21:45parce que malgré tout,
21:46les tournages ont aussi un impact.
21:48Oui, bien sûr.
21:48En fait, tout a un impact, en réalité.
21:51Donc, à un moment donné,
21:52qu'est-ce qui est fait ?
21:53Quels sont les codes qui sont donnés ?
21:55Voilà.
21:56Et notre métier se doit...
21:58Et il se responsabilise, effectivement,
22:00avec des obligations,
22:02des codes de travail
22:04qui amènent les entreprises de production
22:06à devoir respecter des règles
22:08s'ils veulent être soutenus.
22:10Donc, voilà.
22:11Et on doit être les premiers, effectivement,
22:13à donner l'exemple.
22:14Vous avez parlé tout à l'heure
22:17des jeunes.
22:18Donc, il y a des prix jeunesse, c'est ça ?
22:21Oui.
22:21Qui sont remis chaque année
22:23en France à l'international ?
22:25On l'a bien compris ?
22:26Alors, en fait,
22:27les prix vont être remis
22:28à la clôture du festival.
22:29C'est ça, d'accord.
22:30C'est lié au festival.
22:31C'est lié au festival.
22:31Ça sera lieu le 11 avril.
22:33OK.
22:35Et à la clôture de l'hôpital,
22:36on va remettre un prix d'honneur
22:37à Isabelle Carré
22:39par rapport au film Les Rêveurs
22:40dont vous parliez,
22:41qu'elle a réalisé
22:42parce que son film fait du bien
22:44et je pense qu'il va faire du bien
22:46à des jeunes en doute,
22:49en difficulté,
22:50en recherche de repères.
22:54Et je pense qu'il est tellement important
22:56à un moment donné,
22:57quand on se perd,
22:58de pouvoir se raccrocher
23:00à quelque chose.
23:01Elle a écrit un livre,
23:02qui est un roman,
23:05qui est une oeuvre,
23:07Les Rêveurs,
23:07qui relate quand même son histoire,
23:10qu'elle a adaptée au cinéma.
23:12Donc, elle s'est quand même
23:16énormément découverte au public.
23:17Mais elle l'a fait
23:19parce que je pense qu'il y a
23:20beaucoup de générosité de sa part
23:21pour que ça serve,
23:22pour que ce soit utile.
23:23Donc, les jeunes chez nous
23:24ont une place très importante.
23:28Et donc, c'est comme je disais,
23:29on a des enfants,
23:308 à 11,
23:30collégiens, les C1, 12 à 17,
23:32et les étudiants, 18.
23:34Et en fait,
23:35ça s'est construit avec le temps.
23:36Et aujourd'hui,
23:37c'est plus de 30 pays
23:38qui participent.
23:39Alors, quand je dis 30 pays,
23:40parfois, on a...
23:41Voilà, là,
23:43je découvrais hier
23:44qu'on avait le Qatar
23:45qui a participé
23:46avec une classe.
23:48Et donc, voilà,
23:49c'est un nouveau pays qui vient
23:50et qui réagissait.
23:52Et on demande aux professeurs
23:53de nous faire des comptes rendus.
23:54Donc, de début janvier à fin mars,
23:55ils vont visionner un programme
23:57de 50 minutes à une heure
23:58qui est un groupe de courts-métrages.
24:01Tous les courts-métrages
24:02illustrent les objectifs
24:03de développement durable.
24:04Donc, nous, depuis 15 ans,
24:06d'une certaine manière,
24:06on fait de l'éducation
24:07sur les ODD
24:09auprès des réalisateurs,
24:10producteurs,
24:11distributeurs,
24:11pour qu'ils nous donnent ces films.
24:12Il nous reste moins de deux minutes.
24:13Vous allez en entreprise aussi ?
24:14Alors, on vient, bien sûr,
24:16on va en entreprise.
24:16On a adapté notre outil.
24:20Merci de le préciser.
24:22On a adapté Cinema for Change
24:23en un programme d'une heure.
24:26Ce n'est pas un long-métrage
24:27qu'on va projeter.
24:28C'est un court-métrage.
24:29On en a plein.
24:30On a la chance
24:30d'en avoir aidé beau.
24:31On projette un court-métrage
24:34et je vais animer un débat
24:36avec deux experts
24:38et on va discuter avec le public.
24:39Donc, nous, ce qui nous intéresse
24:41avec les ciné-débats,
24:42c'est la proximité,
24:44le dialogue
24:44et c'est d'expliquer aux gens
24:47les problèmes qu'il y a
24:48mais surtout les solutions
24:49qu'on peut avoir aujourd'hui
24:50dans notre société.
24:51Est-ce que vous voyez,
24:52là aussi,
24:54l'imaginaire,
24:55l'émotion,
24:56l'action ?
24:57Est-ce que vous voyez
24:57des entreprises
25:01qui sont prêtes
25:02à changer de modèle ?
25:03Vous voyez ce que je veux dire ?
25:03Est-ce que ça vous est arrivé
25:05de déclencher quelque chose ?
25:06Je ne sais pas
25:07si on a déclenché quelque chose.
25:08Ce que je sais,
25:08c'est qu'on a déclenché
25:09des réactions dans la salle
25:10où les gens,
25:11j'ai vu dans les regards,
25:12qu'ils apprenaient quelque chose
25:14sur un salarié de la boîte
25:15qu'ils connaissaient
25:16depuis hyper longtemps,
25:17dont ils ne connaissaient pas
25:18l'histoire
25:19mais que la personne
25:19avait envie
25:21de partager son vécu
25:23et qu'à travers ce vécu,
25:25ils le regardaient autrement.
25:26Donc, je pense
25:27qu'on fait évoluer
25:29l'action,
25:30je ne sais pas,
25:30je pense qu'on fait évoluer
25:32en tout cas les consciences
25:32à ce niveau-là.
25:33Merci beaucoup
25:34d'être venu,
25:35Marco Béon,
25:36de parler de ce festival
25:38Cinema 4chan.
25:39Tiens, il y a aussi
25:39un autre festival
25:40qui s'appelle
25:40Cinema 4space
25:41que vous dirigez.
25:43On aura peut-être
25:43d'autres occasions
25:44d'en parler en ce moment.
25:46On est en pleine actu.
25:47Il y a la mission Artemis,
25:48on repart vers la Lune.
25:50Enfin bon,
25:50il y a énormément de choses
25:51à raconter
25:52et ça fait partie
25:53de mes passions.
25:53Merci beaucoup
25:54et à bientôt
25:55sur notre antenne.
25:56On passe tout de suite
25:57à notre rubrique
25:57Startup.
25:58à bientôt.
25:59Sous-titrage Société Radio-Canada
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