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  • il y a 9 mois
Permettre à la musique de s’engager autrement que de manière artistique, c’est ce que souhaite faire le label Mangroove Music. L’organisme reverse les revenus générés par les titres lancés à des associations environnementales. Il permet aussi à la culture de devenir un réel levier d’acceptabilité de la transition écologique.

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Transcription
00:00L'invité de ce Smart Impact c'est Olivier Covo, bonjour.
00:10Bonjour.
00:10Bienvenue, vous êtes le fondateur de Magroove Music, vous l'avez créé, lancé en novembre 2022.
00:16Pourquoi vous avez créé ce label ?
00:18Alors c'est Magroove Music, comme la mangrove, et en fait on a créé ça parce que la musique est, je dirais, un langage universel.
00:26C'est un impact cognitif, émotionnel, physiologique, ça génère des réponses affectives et ça permet en fait de développer des récits, d'éveiller les consciences, d'engager les gens à agir et surtout de chanter le mental, c'est-à-dire de planter le réel dans le cœur des gens.
00:42C'est-à-dire de passer d'abord par le sensible pour pouvoir prendre conscience d'un certain nombre de choses et ensuite, je dis toujours qu'avec la musique on peut créer des âmes-son pour faire de la pédagogie sans donner de son.
00:55Oui, Magroove, parce que la Magroove c'est un espace très important, un capteur de carbone, ça fait partie des poumons de la planète la Magroove.
01:04Oui absolument, c'est 1% des forêts équatoriales, c'est un lien entre la terre et la mer.
01:08Effectivement, ça se plante dans le sable, ça permet de fixer les terres, ça empêche les sacs plastiques d'aller dans la mer.
01:16Et d'ailleurs, le nom Mangroove Musique est né dans la Magroove.
01:19Pourquoi ?
01:20Parce que je faisais une première mission au Brésil et on travaillait sur la troisième étape du championnat du monde de kitesurf.
01:27J'étais avec des amis belges et en fait, ça se passait près de la Mangroove.
01:33Et donc, on a mis en place un dispositif pour que ça ne se passe pas dans la Mangroove et surtout pour aider les populations locales à nettoyer les plages et enlever les sacs plastiques.
01:42Ça a duré pendant trois ans et c'est vrai que ça m'a donné un petit peu, j'étais en même temps producteur au studio Ferber, ça m'a donné l'idée d'utiliser justement le son pour réveiller les consciences.
01:54Et étant donné qu'avant, j'ai dirigé un centre de recherche sur l'impact du son, je me suis dit tiens, il y a quelque chose à faire dans ce domaine.
02:01C'est quoi le modèle économique de votre label ?
02:03Alors, le modèle économique, c'est un modèle assez innovant. C'est une société de production à but non lucratif.
02:08Donc, vous voyez, dans le monde du business, moi je viens du monde du business, j'étais directeur marketing chez Apple avant, enfin il y a longtemps,
02:15mais en fait, on est dans un monde plutôt philanthropique, c'est-à-dire qu'on est financé par des fondations, par des fonds, par des institutions.
02:25Et l'idée, c'est quoi ? C'est qu'on va développer des titres à travers des programmes.
02:30Donc, on a un certain nombre de programmes, One Song, One Forest pour les forêts, One Song, One Ocean pour les océans, One Song, One Earth pour la biodiversité.
02:36On détaillera les trois.
02:37Voilà, on va détailler ça après.
02:38Et en fait, si vous voulez, quand on lance les titres, ils génèrent des revenus, d'accord ?
02:44Mais en même temps, on est aidé par des organisations qui nous permettent en fait de payer tout le monde, de générer des revenus et de financer des associations.
02:53Mais on ne fait pas de bénéfices, c'est-à-dire qu'on est une société.
02:57Parce que dans, je dirais, le monde musical et l'environnement fiscal lié au monde musical, c'est plus facile pour développer un certain nombre de projets.
03:07Mais en même temps, je dirais, on n'a pas de velléité à générer des bénéfices.
03:11On ne paye pas des actionnaires.
03:12Mes actionnaires, c'est Manu Katché, Eric Bellamy qui a lancé beaucoup de rappeurs.
03:18Ça pourrait être la nature.
03:20Il y a des entreprises qui ont mis ça, qui ont symbolisé dans leur conseil d'administration une personne de l'extérieur qui symbolise la nature.
03:29Absolument.
03:30Ça pourrait être votre actionnaire.
03:31Oui, ça pourrait être notre actionnaire.
03:32Et d'ailleurs, ça existe.
03:33Moi, je fais partie d'une organisation qui s'appelle Musique Declares Emergency, dont j'étais membre du conseil d'administration.
03:38Et donc, en Angleterre, avec Brian Inno, avec le musée de l'UNESCO, ils ont développé, si vous voulez, un hashtag qui permet pour chaque artiste, quand il le fait, hashtag nature.
03:48En fait, ils ont réédité un album de Bowie, par exemple.
03:52Et tous les droits, en fait, quand on utilise des sons liés à la nature, tous les droits reviennent, en fait, dans une organisation qui permet de financer des associations pour protéger les écosystèmes.
04:04On est, et c'est vraiment un thème de plus en plus récurrent dans Smart Impact, à la fois la question de l'acceptabilité, parce qu'on est en plein backlash aux États-Unis, en Europe, avec le résultat des élections.
04:15Donc, on s'est bien rendu compte que nous, collectivement, et j'en prends ma part comme journaliste, c'est un truc qu'on a raté dans la façon de faire, de rendre cette transition environnementale et sociétale plus acceptable, plus désirable.
04:27Le pouvoir de la musique, là-dedans, comment vous... Vous avez commencé à en parler, mais je veux bien détailler ça.
04:32Quelle place vous lui donnez dans ce défi qui est un défi majeur ?
04:35Écoutez, la musique, en fait, d'abord, du point de vue, nous, de l'humanité, le cerveau est musical.
04:42C'est-à-dire qu'en fait, la musique, c'est de l'énergie, c'est des vibrations.
04:46Je ne vais pas rentrer dans quelque chose de trop, je dirais, perché ou spirituel, mais je dirais, c'est ça.
04:52Et en fait, on ressent la musique, c'est-à-dire que c'est quelque chose qui nous touche.
04:55Alors, il y a plein, plein d'études qui montrent ça.
04:57Je ne vais peut-être pas rentrer dans mon détail, mais pour ceux que ça intéresse, il y a un institut qui dépend de McGill, en fait, qui permet...
05:05Grande université québécoise.
05:06Oui, au Canada, absolument, qui est l'Institut Brahms, en fait, avec Daniel Levittin, qui travaille beaucoup sur ces choses-là.
05:13Par exemple, la musique, on utilise des stimuli musicaux pour remplacer les addictions.
05:18Vous voyez ? On utilise la musique pour rechercher des maladies dans le corps humain.
05:21Et on utilise la musique, évidemment, pour des problèmes, je dirais, émotionnels, pour gérer les émotions.
05:29Rythme rapide, rythme lent, suite musicale, type d'harmonie.
05:34Et en fait, c'est assez intéressant de voir comment la musique a quelque chose qui nous réunit, qui nous fédère.
05:40On le voit dans les concerts, par exemple.
05:42Quand on est dans un concert, on ressent ça.
05:44Et en fait, la musique, ça permet vraiment, à travers, je dirais, des suites harmoniques, à travers...
05:50Alors, évidemment, il y a aussi l'émetteur, il y a aussi l'artiste.
05:52Vous savez, il y a une vraie relation, une corrélation entre l'artiste et les fans.
05:56D'ailleurs, nous, on dit toujours la voix des artistes, l'écho des fans.
05:59C'est pour ça qu'on crée des...
06:00Avec la musique, non seulement on touche le sensible, mais en même temps, on fédère des communautés.
06:04Mais comment on intègre une cause ?
06:06On va prendre un exemple.
06:08C'est l'année de la mer, il va y avoir le grand sommet mondial de l'océan, là, dans quelques jours, à Nice.
06:13Et donc, vous avez, vous l'avez cité tout à l'heure, One Song, One Ocean.
06:16Qu'est-ce que vous avez, là, imaginé, créé comme album, téléchargé sur une plateforme, pour se dire, tiens, en plus, je participe à cette cause ?
06:29Très bonne question.
06:30Alors, le 6 juin, on sort effectivement quelque chose.
06:33Donc, d'abord, on a travaillé avec la Sorbonne, le CNRS, sur...
06:37Il y a un métier qui existe, qui s'appelle la bioacoustique.
06:40Donc, la bioacoustique, c'est écouter des sons à l'aune des interactions sociales.
06:42Aujourd'hui, on est capable de comprendre...
06:44Vous savez, l'océan, c'est quelque chose de très...
06:46On ne sait pas trop ce qui se passe en dessous.
06:48On a beaucoup de mal.
06:49Enfin, c'est étrange pour nous.
06:51Mais il se passe plein de choses en bas.
06:53Il y a beaucoup de choses.
06:54Il y a beaucoup plus d'hommes qui sont allés là-haut, dans l'espace, que tout en bas, dans les abysses.
07:00Et donc, si vous voulez, ces sons à l'aune des interactions sociales,
07:02donc la mégaphone, par exemple, les baleines, les cachalots, etc., émettent des sons.
07:07Et on commence à comprendre, en fait, qu'il y a une intelligence cognitive extrêmement puissante.
07:10Et puis, ça nous touche.
07:11Eux, ils n'écoutent pas le son.
07:12Leur perception sensorielle est très différente de la nôtre.
07:15Ils entendent le son par leur corps.
07:17Ils ne l'entendent pas par les oreilles.
07:18Sachant que nous, on entend aussi le son par nos corps.
07:21Mais il n'y a que certaines fréquences qu'on sent par nos oreilles.
07:24Et donc, on a travaillé, en fait, avec des chercheurs sur ces sons.
07:28Et en fait, on a créé un morceau, par exemple, avec Paul Watson et un rappeur qui s'appelle L'Hémophile,
07:33qu'on va sortir là bientôt.
07:35Alors, L'Hémophile, il vient d'avoir une pleine page dans le Figaro.
07:37C'est un peu le nouveau Brel.
07:38Moi, je l'ai repéré.
07:40Il est absolument magnifique.
07:42Et donc, il faut savoir que Paul Watson...
07:44Paul Watson, c'est...
07:45Alors, Paul Watson, il y a l'activiste.
07:47Il y a l'activiste.
07:48Mais Paul Watson, il y a aussi le poète.
07:50Ah bon ?
07:50Oui.
07:51Il a sorti trois bouquins au Canada.
07:54C'est un poète anglo-saxon au Canada et aux États-Unis.
07:57Et en fait, quand j'ai écouté ses poèmes, il y a un poème qui raconte, en fait, sa première rencontre.
08:02Il allait, il était chez Greenpeace, il allait avec son bateau pour empêcher, en fait, des Russes de tuer des baleines,
08:09qui étaient en train de chasser des cachalots.
08:11Un cachalot est harponné.
08:13Le cachalot fonce sur le bateau de Paul.
08:16Il se rend compte, il se regarde.
08:18Il se rend compte que ce n'est pas Paul qui essaye de le tuer.
08:19Il passe au-dessus et il tombe dans l'eau.
08:22Paul saute dans l'eau et leurs regards se croisent.
08:23Ça change la vie de Paul.
08:25Il quitte Greenpeace et il crée, je dirais, St. Schaeffer à ce moment-là.
08:30Et donc, il raconte cette histoire dans un poème.
08:32J'ai repris ce poème.
08:33Et vous en avez fait une chanson ?
08:34Et j'en ai fait un duo avec un rappeur et avec plusieurs niveaux de narration.
08:38Donc, un premier niveau de narration qui est le poème.
08:40Deuxième niveau de narration, le rappeur.
08:42Troisième niveau de narration, la musique.
08:44Et quatrième niveau de narration, on a raconté une histoire avec les sons des baleines et les sons des cachalots.
08:49Et en fait, quand vous écoutez le morceau, vous n'écouteriez que le son des baleines et des cachalots.
08:54À un moment, par exemple, on entend des cachalots qui pleurent ou des baleines qui pleurent.
08:58On a les larmes aux yeux.
09:00En fait, on ressent les émotions de cette mégaphone.
09:04Vous voyez ce que je veux dire ?
09:05Oui, bien sûr.
09:05Et donc, le morceau va sortir.
09:07On a commencé à le tester.
09:08Il a été envoyé à plusieurs personnes.
09:12Et ça fait le job.
09:13Ça veut dire qu'on va se concentrer là-dessus parce qu'on ne va pas avoir le temps de parler de forêt, etc., de diversité.
09:20Mais ça veut dire que c'est plusieurs contenus.
09:24Ce n'est pas seulement de la musique.
09:26Ce n'est pas seulement un album.
09:27C'est un concept créatif musical avec un titre.
09:31Et derrière, en fait, il y a énormément de choses.
09:34Il y a un clip qui va être très innovant.
09:36On a travaillé avec des gens.
09:38Bon, on le sort.
09:39Donc, le titre sort le 6.
09:40Le clip sort le 13.
09:41Le 13 juin, pendant l'UNOC.
09:42Pendant l'UNOC, Paul prend la parole devant les chefs d'État.
09:47Voilà.
09:48On a un dispositif éditorial complet avec un documentaire, un mini-documentaire de l'histoire de la rencontre entre le rappeur et Paul.
09:54On a un podcast.
09:57Chaque élément, en fait, de ce dispositif éditorial va être une mosaïque, je dirais, d'informations et de contenus qui va aborder, en fait, les sujets sous des angles différents.
10:05Par exemple, la Sorbonne avec Olivier Adam, qui est un spécialiste mondial des baleines, parle du point de vue scientifique.
10:10Paul parle du point de vue écologique.
10:14Le rappeur parle du point de vue artistique.
10:18Et on fait se rencontrer tout ça.
10:19Donc, pour ça, on crée une résidence, une mini-résidence, où, en fait, on acculture, d'une certaine manière, les artistes pour qu'ils puissent développer leur récit.
10:27D'accord ?
10:28Et derrière, on développe ce dispositif éditorial.
10:30Et ça va durer pendant un mois, derrière le titre.
10:33Ah, et ça démarre avec la sortie du titre le 6 juin.
10:36Le 6 juin.
10:36Et les fonds, en fait...
10:37Tout dernier mot.
10:37Merci.
10:38Les fonds récupérés par ce titre vont aller financer, évidemment, une association sur le terrain, qui est ici Schaeffer de France.
10:43Et voilà, c'est logique.
10:44La bouclée.
10:45Et bouclée.
10:46Merci beaucoup, Olivier Covo.
10:47Et bonjour à Mangrove Musique.
10:49On passe tout de suite à notre débat des circuits courts dans nos assiettes.
10:52Merci.
10:52Sous-titrage FR ?
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