- il y a 3 mois
Fair-Play For Planet est le premier label écologique consacré au sport. Il permet de mesurer l’efficacité des actions prises par les événements ou clubs sportifs pour limiter leur impact environnemental – alors que, par exemple, 40 % de la consommation électrique des infrastructures sportives est gaspillée en déperdition de chaleur. Julien Pierre, président de Fair-Play For Planet, nous fait part des évolutions du secteur sur les questions écologiques.
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00:00C'est le grand entretien de ce Smart Impact 26 minutes avec une personnalité qui compte dans notre économie et j'accueille Julien Pierre, bonjour.
00:12Bonjour.
00:12Heureux de vous retrouver sur ce plateau, vous avez déjà participé à l'émission Ancienne Internationale de Rugby, je ne peux pas faire toute la liste de vos titres,
00:20mais vous avez été champion de France avec Clermont, vainqueur du Grand Chelem avec l'équipe de France et donc aujourd'hui vous présidez Fairplay Fort Planet que vous avez créé il y a 5 ans.
00:28Déjà on va remonter à l'origine, pourquoi vous l'avez créé ?
00:31Voilà, tout d'abord j'ai toujours été sensibilisé à la protection de l'environnement et des espèces menacées notamment,
00:41et puis j'avais confiance que le sport a un véritable pouvoir sur la société, comme disait Nelson Mandela, le sport a le pouvoir de changer le monde
00:50et je suis persuadé que le sport a ce pouvoir-là, son rôle pédagogique du sport amateur et le devoir d'exemplarité du monde.
00:58Pro, qu'aujourd'hui 50% des personnalités les plus influentes au monde sont des sportifs ou des anciens sportifs,
01:06c'est des chiffres qui sont sortis.
01:10Et puis cet engagement, ma carrière de sportif, j'avais envie d'aller beaucoup plus loin,
01:16et fait un constat également que le sport était très engagé sur les sujets sociaux, sociétaux, par nature, par essence même,
01:22mais c'est vrai que sur les sujets de transition oncologique, un petit peu moins facile pour eux à aborder aussi également,
01:28parce que ce n'est pas leur cœur de métier, tout simplement,
01:31et qu'il existait plein d'outils pour mesurer, valoriser l'ensemble des actions qui sont menées au sein de ces structures sportives,
01:42mais qu'il n'existait pas d'outils universels qui permettent d'identifier, structurer, mesurer et valoriser l'ensemble des actions.
01:49Et donc c'est pour ça que j'ai créé un label.
01:50Donc c'est un label en fait, c'est ça, voilà, on en vient au label Fair Play for Planet,
01:55qui fonctionne comment ?
01:57C'est-à-dire, vous prenez, ça peut être un événement, ça peut être un club, ça peut, et vous avez quoi ? Calculer son impact, c'est ça ?
02:05Alors on a, nos cibles c'est les clubs pro ou amateurs, les événements sportifs, les établissements sportifs,
02:11piscines, patinoires, hippodromes, et dernièrement les fédés, ligues, fédérations.
02:16Donc on a créé un référentiel avec l'ADEME, l'Agence de la transition écologique.
02:21Alors évidemment, chaque référentiel s'adapte par rapport à la cible.
02:25Oui, ça ne va pas être le même référentiel pour une fédération ou pour une patinoire.
02:29Exactement, mais il y a une base commune.
02:32Et on va, à travers des indicateurs, des thématiques, mesurer toutes les actions qui sont mises en place sur le transport.
02:39Est-ce que vous avez sensibilisé le public à une mobilité douce, partagée ?
02:44Est-ce que vous avez supprimé la viande dans les restaurants ?
02:47Est-ce que vous avez mis des poubelles de tri ? Est-ce que vous avez fait votre bilan carbone ?
02:50Est-ce que la gouvernance est impactée aussi, est engagée dans ces sujets-là ?
02:54Parce qu'on sait souvent que ça part aussi de là-haut.
02:57Donc un référentiel qui est une sorte d'auto-diagnostic pour les structures, qui répond à toutes les questions qu'ils ont mis en place.
03:04Un audit, parce que pour nous l'audit est important, la vérification.
03:08Savoir d'où on parle.
03:09Exactement, on est capable de mesurer.
03:12Et puis après, c'est une démarche de progrès pendant deux ans, le temps de la labellisation, avec différentes pistes de progrès qu'on va amener,
03:20différentes solutions qu'on va apporter aussi à travers des webinaires, des catalogues de solutions, une veille normative,
03:26toute une communauté aussi qu'on essaye d'engager autour de ce mouvement.
03:31Vous avez commencé avec qui ? On va parler des nouveautés, parce qu'il y a plein de nouveaux partenariats, de nouveaux contrats.
03:36Mais vous avez commencé avec qui ?
03:37Avec la section paloise.
03:38Section paloise, donc le rugby.
03:41Logiquement, quand même.
03:42J'ai fini de jouer à la section en 2018.
03:462018-2020, je suis resté à la section.
03:48Et j'avais commencé à mettre ça en place.
03:51Et quand je suis parti, j'ai dit...
03:52C'est bien, parce qu'il y a moyen de faire un bilan.
03:55Qu'est-ce que le label Fair Play for Planet a permis d'améliorer à la dimension d'un club de rugby ?
04:01Déjà, ça a permis de structurer toute la démarche.
04:05De faire prendre conscience à l'ensemble des collaborateurs qu'il y avait une vraie démarche RSE au sein de la structure.
04:14Et je me suis encore de la première réunion en disant que j'ai envie de lancer ça à la section paloise.
04:19Et tout le monde m'a dit, mais Julien, on ne fait rien.
04:21Et puis, en fait, quand j'ai fait le tour de toutes les structures, je me suis rendu compte qu'il y avait plein de petites actions qui étaient menées.
04:27Il a fallu les coordonner.
04:28Et aujourd'hui, il y a une vraie prise de conscience du club dans cet engagement.
04:35Qu'est-ce qu'ils ont mis en place ?
04:37Ils ont travaillé sur tout ce qui est alimentation, travaillé sur le terroir, sur la mise en valeur du Béarn aussi au sein du club.
04:47Je sais qu'ils travaillent beaucoup sur tout ce qui est mobilité, avec la collectivité, pour tout ce qui est covoiturage, navettes gratuits le jour du match.
04:58Parce que dans le bilan d'un événement sportif, évidemment, c'est le transport des spectateurs.
05:01On y reviendra en détail.
05:03Je vais vous citer à chaque fois qu'on fait le grand entretien.
05:06On prend une citation d'un de nos invités.
05:08Ça m'intéressait parce que vous faites un lien.
05:10En tant qu'entien sportif de haut niveau, je sais à quel point les valeurs du sport, le respect, le dépassement, la solidarité, résonnent avec celles de l'écologie.
05:19Il y a le mot « fair play » dans le nom de ce label.
05:25Qu'est-ce que ça signifie pour vous, au-delà du sport et pour la planète, d'une certaine façon ?
05:31« Fair play », c'est marrant, c'est un mot anglais.
05:33On est allé chercher un mot anglais, on n'a pas de mot français.
05:37Oui, on n'a pas de mot français.
05:39Pourtant, en tant qu'ancien ou d'humain...
05:42On est souvent plus fair play que les anglais ?
05:44Je ne sais pas.
05:45Je ne sais pas, je ne sais pas.
05:47Oui, bon, allez, on ne va pas répondre à ça.
05:49Mais ça veut dire quoi ?
05:50Le fair play appliqué à, finalement, l'engagement environnemental ?
05:54Nous, on a une vision, c'est de faire du sport un levier majeur de la transition écologique, véritablement.
06:01Et j'ai une ambition, peut-être encore plus lointaine,
06:05c'est de me dire qu'aujourd'hui, dans les valeurs universelles du sport,
06:08on parle de l'inclusion, on parle de solidarité, on parle d'indirectement de santé,
06:12mais la protection de l'environnement n'est pas écrite dans les valeurs...
06:14Pour l'instant, ça n'y est pas.
06:16Pour l'instant, ça n'y est pas.
06:17Alors que, pour faire du sport, on a besoin d'un environnement enceint,
06:21partout où on se conçoit, dans la montagne ou sur un terrain de rugby,
06:25ou à la mer, ou n'importe.
06:27Et je pense que les valeurs universelles du sport, on devrait écrire la préservation de l'environnement,
06:34ou de la nature, je ne sais pas sous quelle forme,
06:35mais je pense que le sport a cette véritable force pour accélérer cette transition et cette prise de conscience.
06:44Et comme je disais au début, le sport, c'est des jeunes qu'on forme,
06:47et ce qu'on apprend à l'école de rugby, de danse, de basket, on le garde toute la vie,
06:55c'est un devoir d'exemplarité,
06:58parce que quand un sportif s'engage sur telle ou telle cause,
07:02ça résonne beaucoup plus fort qu'un politique, qu'une entreprise ou autre.
07:06Alors, j'ai été surpris, d'ailleurs, vous disiez que finalement,
07:09dans les personnalités les plus influentes de la planète, il y a 50% de sportifs, c'est ça,
07:13donc, au niveau mondial.
07:15Est-ce que vous, vous avez parfois du mal à les convaincre,
07:20ou est-ce qu'au contraire, ils se disent, mais oui, bien sûr, il faut y aller ?
07:22Parce que vous prenez, j'imagine aussi, votre bâton de pèlerin,
07:25pour aller voir soit d'anciens collègues de Bumen, soit d'anciens sportifs de haut niveau,
07:29ou des sportifs en exercice, en disant, toi, tu as un levier, vas-y.
07:34Oui, et en même temps, je reviens au point de départ,
07:39c'est qu'en fait, dans les valeurs universelles du sport, il n'y a pas la protection de l'environnement.
07:42Donc, spontanément, ils vont peut-être vous dire,
07:45oui, ok, c'est bien gentil, Julien, mais ce n'est pas là-dessus que je vais y aller.
07:49Et aujourd'hui, c'est compliqué de...
07:52Les sportifs sont déjà engagés sur les causes sociales, sociétales,
07:57et j'en connais qui sont très, très engagés,
08:00que ce soit financièrement ou juste de leur temps et de leur image.
08:04Et c'est vrai que, parfois, de dire, moi, je vais m'engager dans la protection de l'environnement
08:11ou la réduction d'empreintes carbone ou qu'au caisse,
08:15et en même temps, je prends l'avion toutes les semaines, parce que c'est mon quotidien,
08:18et ça a été mon quotidien quand je jouais à Clermont, c'est plus complexe.
08:25Ils se disent, je vais être incohérent.
08:27Je vais être incohérent, et j'ai été le premier,
08:29moi, j'ai créé une fondation pour leur protection de l'environnement et de se menacer il y a plus de dix ans.
08:34Mais pendant huit ans, je n'en ai pas parlé.
08:37Alors, pour différentes raisons,
08:40peut-être que je ne me sentais pas légitime, peut-être plein de choses,
08:44mais c'était quelque chose que j'avais envie de construire aussi.
08:48Donc, je n'ai pas la réponse véritablement.
08:51Et on voit qu'il y a des sportifs qui commencent à prendre la parole,
08:53les Ney Korson, Nikola Kabatic, ou Djokovic, je sais,
08:57qui prennent la parole sur ce sujet-là.
09:00Alors, on va parler d'inclusion, parce que c'est la question.
09:03Alors, chaque semaine, chaque jour d'ailleurs,
09:06l'invité du Grand Entretien pose une question à l'un des invités de la semaine précédente.
09:11Et donc, c'est Arnaud Brun, qui est le président du Conseil de surveillance d'Adéquate,
09:14qui vous pose une question. On l'écoute.
09:17Bonjour Julien.
09:18Moi, je trouve que le sport, pour nous, est un très bon vecteur d'inclusion pour le recrutement.
09:22Donc, nous en servons beaucoup pour casser un peu les codes.
09:24Moi, je serais ravi de comprendre et de voir comment le sport peut être un moyen d'inclusion
09:33et un moyen de transformation écologique.
09:37Alors, ça, c'est ce que vous disiez tout à l'heure.
09:39C'est-à-dire qu'un peu spontanément, le sport est un vecteur d'inclusion.
09:43Oui.
09:44Ça, c'est vrai.
09:45C'est vrai.
09:45Est-ce que c'est vrai ?
09:46Alors, je pense, par exemple, à l'ascenseur social que ça peut représenter.
09:50Mais est-ce que c'est vrai pour les personnes qui sont en situation de handicap ?
09:54Et on va parler un peu des JO.
09:55Est-ce qu'il y a eu un effet JO ou pas ?
09:58Parce que, j'ai trouvé ce chiffre en préparant l'émission,
10:01une structure sportive sur trois n'est pas adaptée pour les personnes en situation de handicap en France.
10:06Oui, il y a encore du travail.
10:07Il y a encore du travail.
10:08Et ces grands événements, on parlait de Paris 24, les JOP.
10:14Oui, Jeux Olympiques et Paralympiques.
10:17Je pense qu'ils sont aussi une prise de conscience.
10:20Mais ça a changé vraiment la donne ?
10:23Les changements sont longs.
10:25Moi, à titre personnel, ça m'a changé.
10:27Moi, j'ai été voir des compétitions paralympiques.
10:31Je pense que je n'y aurais jamais été s'il n'y avait pas eu JO.
10:33Je suis très honnête.
10:35Mais ça m'a changé et j'ai vu quelque chose de différent.
10:42Je vais prendre un petit exemple qui est à Canona.
10:45C'est ma petite fille de 5 ans qui a été une arrivée du Vendée Globe.
10:50Et qui me dit, papa, papa, super, on a toujours une arrivée du Vendée Globe.
10:55Et c'est le chinois qui a un cambra.
10:58Et je trouve que dans cette phrase, il y a tout.
11:01Parce que c'est une petite fille de 5 ans, d'accord ?
11:03Mais elle, elle n'a pas fait la différence.
11:05Qui, quoi, qu'est-ce ?
11:06Ce n'est pas grave, non ?
11:07Mais il a fait le tour du monde sur un bateau.
11:09Et je trouve que les enfants, pour ça, ont cette force-là.
11:13Nous, on va voir la différence.
11:14Elle, elle va voir le navigateur, point final.
11:18Et le bateau, point final.
11:19Et je pense qu'on devrait aussi s'aspirer de la jeunesse, parfois, de cette innocence.
11:23Et je trouve que les JO, pour ça, ont fait cette prise de conscience.
11:28Il y a encore du boulot, évidemment.
11:30Il y a des problèmes, mais il y a aussi des choses qui avancent.
11:32On va parler des partenariats les plus récents que vous avez pu signer
11:39pour essayer de comprendre, justement, comment vous agissez
11:42et puis à quel point ça peut faire évoluer le bilan des événements sportifs.
11:47Notamment un partenariat avec la marque Intersport.
11:49Alors, ça consiste en quoi, là ?
11:51Alors, on a signé un partenariat avec Intersport il y a peu de temps.
11:56On avait rencontré des équipes RSE, d'un premier temps.
12:00C'est là la porte d'entrée, il y a plus d'un an ou deux.
12:05Et on a commencé à discuter.
12:08Intersport est une marque engagée, engagée pour le sport.
12:11D'ailleurs, c'est dans leur signature.
12:13Et évidemment, Intersport est un acteur majeur du sport français.
12:19Et ils ont cette responsabilité d'inclusion et d'apporter des solutions nouvelles
12:25aux acteurs du monde du sport.
12:29Intersport souhaite justement proposer aux clubs, aux ligues, aux fédérations
12:34qui les accompagnent, des solutions novatrices.
12:38Et dans le cadre de ce partenariat, nous, on a eu la chance de former
12:41les 200 commerciaux Intersport au label Fair Play en Planète.
12:45Alors, l'objectif, ce n'est pas que ces commerciaux deviennent...
12:49Vos commerciaux.
12:50Nos commerciaux.
12:52Mais qu'ils puissent dire aux clients, aux clubs, aux fédérations
12:57qui les accompagnent, dire qu'en fait, il y a une solution qui s'appelle
13:00Fair Play en Planète.
13:01Et grâce à cette solution, vous allez pouvoir structurer votre démarche
13:08de RSE, développement durable, éco-responsable, vous l'appellerez
13:12comme vous le souhaitez.
13:14Vous allez pouvoir la valoriser au point de vue de différentes parties prenantes
13:17qui va vous permettre demain d'aller chercher de nouvelles subventions
13:21parce que les subventions publiques sont de plus en plus éco-conditionnalisées.
13:25Vous permettre d'aller chercher de nouveaux partenaires privés
13:28parce que les partenaires, aujourd'hui, ont besoin d'indicateurs
13:31dans leur sponsoring sportif.
13:32Ça va vous permettre de fidéliser des bénévoles ou des éducateurs
13:38parce que c'est un retour qu'on a eu aujourd'hui.
13:40En fait, les structures qui s'engagent avec nous,
13:43ça leur permet de fidéliser les bénévoles
13:45parce que, justement, il y a cet engagement
13:46qui est un peu plus que uniquement le sportif.
13:49Et puis, chercher de la visibilité
13:52parce qu'aujourd'hui, on a différents partenariats
13:55dont un partenariat aussi avec le groupe L'Équipe
13:57où on a tous les ans le palmarès Ferble Européenne
13:59qui paraît dans l'équipe.
14:01Toutes les structures sportives ne paraissent pas dans l'équipe tous les ans.
14:03Donc, c'est aussi un moyen.
14:04– Mais est-ce que vous diriez que, alors pas aujourd'hui,
14:08mais à terme, par exemple, un club qui n'a pas fait cette démarche
14:16aurait plus de mal à trouver un sponsor ?
14:18Parce que là, on parle d'intersport,
14:20le sponsoring, c'est quand même l'un des piliers économiques du sport aujourd'hui.
14:28Est-ce que vous diriez que ce label, ça ouvre la possibilité
14:32de toucher peut-être plus de sponsors potentiels ?
14:34– On a aussi signé un partenariat avec l'AMGN
14:36qui nous a intégrés dans sa stratégie climat.
14:39On est en discussion avec d'autres grands groupes.
14:42Il n'y aura pas que nous, mais clairement,
14:45tous les grands groupes nous le disent.
14:46Demain, il y aura besoin d'indicateurs.
14:48Et en réalité, ils sont déjà là.
14:50Parce qu'aujourd'hui, quand un club, un événement sportif
14:54va voir un partenaire, le partenaire va demander tout de suite
14:59qu'est-ce que vous mettez en place.
15:01en lien avec sa politique RSE ?
15:04On parle d'inclusion, on parle de sport féminin,
15:07on parle de…
15:09Est-ce que vous faites ça en place ?
15:10Est-ce que vous le mettez en place ?
15:11Et si vous le mettez en place, du coup, oui,
15:14on peut parler de partenariat,
15:16mais qui n'est pas uniquement axé sur le sportif,
15:18mais qui est axé aussi sur le rôle social,
15:20social, social, du sport.
15:21– Ok, mais je repose la question.
15:23Est-ce que c'est forcément ce que vont chercher les sponsors ?
15:26Est-ce que je veux dire ?
15:27Ils vont chercher le rayonnement de leurs marques,
15:30quelle cible le club va toucher, etc.
15:33Enfin, vous voyez, ce n'est pas forcément
15:34l'engagement environnemental du club qui va les faire venir.
15:37– Évidemment, il y a d'autres indicateurs, évidemment.
15:39– Évidemment, mais de plus en plus de marques
15:42rattachent le pôle sponsoring au pôle RSE.
15:48Donc, il y a aussi un lien.
15:50Et aujourd'hui, quand une marque dit
15:52« a une feuille de route à 2030 sur la décarbonation,
15:56sur les engagements, sur son activité même,
15:59une feuille de route, sur ses collaborateurs,
16:01comment les engager, sur le sponsoring où il est le plus visible,
16:05c'est compliqué de dire « on ne va mettre aucun indicateur
16:07et on va demander absolument juste un ROI économique ou de visibilité ».
16:12– Effectivement.
16:13Vous avez des fédérations ou des ligues de sports pro
16:18qui se sont engagées ?
16:19– Pas encore, parce qu'on a sorti la référentielle
16:22il y a peu de temps, là, sur les ligues et les fédérations,
16:25mais ça devrait tarder.
16:26– C'est quasiment au moment de l'annonce.
16:32– Une vraie question, vous l'avez évoquée tout à l'heure
16:33sur les déplacements, parce qu'on va là s'intéresser
16:38aux grands événements sportifs et à leur impact,
16:40on a ce chiffre qui nous dit que les transports
16:42correspondent à environ 80%, c'est énorme,
16:46du bilan carbone d'une manifestation sportive.
16:49Intuitivement, on se doutait que c'était les transports
16:50qui pesaient le plus, mais c'est 80% du bilan carbone
16:53d'une manifestation sportive.
16:55Est-ce que ça met en cause l'existence même
16:59de ces événements ?
17:00Vous voyez ce que je veux dire ?
17:01Parce qu'on va faire plein d'efforts sur l'alimentation,
17:05sur les emballages, sur les plastiques à usage unique, etc.,
17:07mais il n'empêche qu'on va faire venir
17:09des spectateurs du monde entier.
17:11– Oui, et c'est une vraie question.
17:13Là, vous prenez l'exemple d'un événement international.
17:17On était en discussion hier avec un club de basket.
17:20On me dit qu'en fait, nous, dans notre ville,
17:22il n'y a pas de bouchons, il n'y a pas de problème de parking.
17:24Demander à des spectateurs de venir en covoiturage
17:28ou en vélo quand il pleut, arrêter, ça ne se fera pas.
17:34Ou ça sera très très long de changer ses habitudes.
17:38Donc, oui, c'est une problématique.
17:40On parle de 80%, mais c'est entre 70 et 90,
17:43même parfois un peu plus, l'impact des transports.
17:46– En fonction des événements, quoi.
17:47– En fonction des événements.
17:48Donc, il y a un vrai impact.
17:50Comment on réduit,
17:54on arrive à réduire au maximum cet impact ?
17:57Il y a des solutions qui sont en train d'être réfléchies
17:59au niveau mondial.
18:01Déjà, peut-être la première solution,
18:02c'est d'arrêter de les multiplier.
18:04– Les événements en question ?
18:05– Ces événements, peut-être.
18:08– Alors là, on va parler foot.
18:10Si vous me cherchez, on va y aller.
18:12Parce que la Coupe du Monde des clubs
18:13qui a été organisée par la Fédération internationale…
18:15– Non, on peut parler de rugby aussi,
18:16ça me dérange pas, il n'y a pas de souci.
18:17– Non, mais on va parler de rugby aussi, si vous voulez.
18:20Mais c'est vrai que…
18:21Ou alors la prochaine Coupe du Monde de football
18:23qui va se dérouler dans trois pays en même temps.
18:26Enfin, on est quand même dans l'antithèse, quoi.
18:29On est dans l'aberration écologique.
18:30– On est dans l'aberration écologique,
18:35dans l'aberration pour la santé des joueurs.
18:36parce que quand on joue à des joueurs
18:39qui font des matchs de foot,
18:41qui font 60-80 matchs par an,
18:43on met en danger la santé des joueurs.
18:48– C'est vrai aussi au rugby.
18:48– Et c'est vrai aussi au rugby.
18:50Et dans tous les sports, en réalité.
18:53Donc, à toujours vouloir faire plus,
18:55est-ce qu'on y gagne vraiment ?
18:57Est-ce qu'un France-Brésil ou un France-Nouvelle-Zélande,
19:00ce n'est pas du charme ?
19:01Parce que justement, on le voit tous les quatre ans.
19:03On ne le voit pas tous les six mois.
19:04C'est ça aussi la magie du sport.
19:07Les JO, si on le voit tous les six mois,
19:09Paris-1994, c'était beau
19:10parce que peut-être que ça faisait 100 ans
19:12qu'on ne l'avait pas vu.
19:12– Oui, aussi, oui.
19:13Aussi.
19:14Mais donc, c'est une question presque existentielle.
19:17Moi, je suis passionné de sport
19:18et des grands événements sportifs.
19:19– Moi aussi, moi aussi.
19:20– Et donc, j'ai envie de les voir.
19:22J'ai envie de continuer de regarder
19:23les Coupes du Monde de rugby
19:24ou des beaux France All Black
19:27ou France Afrique du Sud.
19:29Mais en fait, j'ai l'impression
19:31que ce que vous, vous portez,
19:33il y a un niveau international
19:36où finalement, l'argument ne pèse pas.
19:40Est-ce que c'est ce que vous ressentez aussi ?
19:42Alors là, peut-être, par exemple,
19:44la Fédération internationale de rugby,
19:45je ne sais pas si vous avez essayé
19:47de les convaincre
19:48et si oui, comment vous avez été reçue ?
19:51– Alors, la Fédération World Rugby
19:53a diminué, je sais, par exemple,
19:56le nombre de matchs,
19:57de tournois de rugby à 7.
19:59Elle avait enlevé une date.
20:00Elle avait optimisé aussi les déplacements.
20:02– Oui, on peut parler des circuits, effectivement.
20:04– Des circuits qui sont de plus en plus optimisés.
20:07Mais oui, on est dans la contradiction permanente.
20:11Je sais que World Rugby réfléchit
20:13pour les prochaines Coupes du Monde
20:15à, ce ne sera peut-être pas le bon terme,
20:18à régionaliser l'accès au stade
20:21et à l'imiter.
20:24Mais la beauté de ces grands événements,
20:25c'est aussi de se rencontrer.
20:28On est des êtres humains
20:29et on a besoin de se rencontrer, d'échanger.
20:34J'ai le même problématique en interne.
20:37– Moi, je n'ai pas résolu ma contradiction
20:39parce qu'encore une fois,
20:40j'ai envie de regarder ces événements.
20:42Vous étiez au Congrès mondial de la nature
20:45il y a peu de temps,
20:46avec un projet de livre blanc, c'est ça ?
20:50– Alors, j'étais au Congrès mondial de la nature.
20:53Moi, j'ai créé une fondation
20:54pour la protection de l'environnement, notamment.
20:56Et on a présenté un livre blanc
20:57avec l'AFD, mon partenaire,
20:59et l'UCN,
21:00qui est l'Union internationale de la conservation de la nature.
21:02et justement sur l'utilisation du sport
21:06dans la protection de la biodiversité et de la nature.
21:09Comment les ONG de conservation
21:11peuvent utiliser le sport
21:12comme moyen de sensibilisation de protection de la nature ?
21:15Et comment le sport peut justement
21:16intégrer ces notions de protection de la nature ?
21:20Vous voyez venir le prochain step, quoi.
21:23C'est justement que demain,
21:26on puisse intégrer cette protection de la nature
21:29dans les valeurs universelles du sport.
21:31Et je pense que c'est un combat qu'il faut mener.
21:32– Il y a des ONG qui s'en emparent d'ores et déjà ?
21:36– On va le faire.
21:37– On va s'en empêler.
21:38– Donc ça, c'est un cap supplémentaire.
21:42Votre entreprise, elle est agréée,
21:44ESUS, donc économie solidaire,
21:47économie sociale et solidaire.
21:48Pourquoi vous avez fait ce choix ?
21:50– Pourquoi avoir fait le choix
21:51d'une entreprise de l'ESS, agréée ESUS ?
21:55On a regardé différents modèles.
21:57Est-ce qu'on partait sur une ONG ?
21:59Est-ce qu'on partait sur une entreprise à mission ?
22:00Et le modèle qui nous plaisait le plus,
22:03qui avait pour nous le plus d'impact,
22:04c'était l'entreprise de l'ESS, agréée ESUS,
22:07qui demande quand même quelques contraintes
22:09sur les salaires, sur les engagements de l'entreprise,
22:13sur les capitaux, etc.
22:15Et on avait vraiment envie d'aller dans cette voie-là.
22:18C'était un choix collectif.
22:22– Et ça, ça vous ouvre des portes ?
22:25Ou c'est simplement en interne,
22:28c'est dans une forme de cohérence avec votre engagement ?
22:31– C'est une forme de cohérence avec notre engagement.
22:33On n'a pas cherché, c'est nous ouvrir des portes aujourd'hui.
22:36C'est vrai qu'on est focalisé sur le développement même
22:38de Fairplay.
22:40mais non, c'est en cohérence avec nos engagements
22:44et peut-être avec l'entreprise de demain.
22:47– Je voudrais qu'on revienne,
22:49on a parlé des grands événements sportifs,
22:51on a parlé des clubs,
22:53on a parlé de fédérations ou des ligues.
22:55Et puis vous nous avez dit tout à l'heure
22:56qu'il y avait la question des équipements
22:58et de la consommation énergétique des équipements.
23:00Avec ce chiffre sur la consommation électrique
23:04des enceintes sportives,
23:0540% de cette consommation électrique,
23:08gymnase, de jeu, piscine, patinoise, etc.,
23:10elle est gaspillée en déperdition de chaleur.
23:14Est-ce que déjà la prise de conscience existe ?
23:16Vous expliquez tout à l'heure que ça commençait par là,
23:18souvent le label Fairplay for Planet.
23:21– La prise de conscience existe,
23:23elle a été pointée du doigt lors de la crise énergétique
23:28avec le plan de sobriété justement
23:30qui a été déployé par le ministère des Sports.
23:34Donc il y a eu une vraie prise de conscience.
23:38Et en effet, 40% d'énergie produite est perdue.
23:43– Alors qu'on pourrait la récupérer, la réutiliser,
23:47la réintégrer à des réseaux de chaleur, etc.
23:48– Exactement.
23:50Et en même temps, il y a une étude qui a été faite
23:53sur un bâtiment neuf, je crois que c'est en Allemagne,
23:55neuf, donc tout bien équipé,
24:00je n'ai pas tous les détails.
24:02Et en été, à la fin, les personnes qui utilisaient cet équipement
24:07faisaient beaucoup moins attention à la clim, au chauffage, à l'eau.
24:11– Ça, ça arrive aussi.
24:13– Et donc, c'est pour ça qu'il y a rénovation
24:15et en même temps sensibilisation.
24:17Moi, c'est important parce qu'on est tous pareils
24:18quand on sort d'un match de foot ou d'un gymnase
24:21et qu'il fait un peu froid et que l'eau coule,
24:24on l'a tous vécu, il y a un petit peu d'eau,
24:27on va vite, on se dépêche, on ferme vite les portes,
24:29on éteint les lumières.
24:30Dès qu'il y a un peu plus de confort…
24:32– On en profite, la douche dure beaucoup plus longtemps.
24:34– Et on ne fait pas attention si la fenêtre est ouverte,
24:36s'il y a le chauffage à fond.
24:37– Donc, il y a un double enjeu de sensibilisation,
24:41d'éducation et je pense que c'est la répétition.
24:45Et en même temps, en effet, il y a besoin aussi
24:47de rénover, de meilleurs équipements demain.
24:50– Merci beaucoup Julien Pierre
24:52et à bientôt sur Be Smart for Change.
24:54On passe tout de suite à notre rubrique Startup.
24:56– Sous-titrage Société Radio-Canada
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