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  • il y a 6 jours
Tous les matins, les informés débattent de l'actualité autour de Pierrick Bonno et Renaud Dély

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00:05Générique
00:09Et bienvenue si vous nous rejoignez sur France Info, les informés du matin à la radio et sur le canal
00:1316 de la TNT.
00:14Bonjour Renaud Delis.
00:15Bonjour Pierre-Éric.
00:16Au programme ce matin, la guerre au Moyen-Orient.
00:18La tension est remontée d'un cran ces dernières heures.
00:21Et les primaires en France sont-elles devenues maudites ces primaires ?
00:24On verra ça dans la deuxième partie.
00:26Je salue nos informés du jour, Roelie Herbemont, chef adjointe du service politique de France Info.
00:31Étienne Girard, directeur adjoint de la rédaction de l'Express.
00:33C'est Nicolas Teilhard de la rédaction internationale de Radio France.
00:36Bonjour à vous trois.
00:38Notre premier débat ce matin nous ramène au Moyen-Orient.
00:41Renaud, avec cette question, y aura-t-il une reprise des discussions entre les Etats-Unis et l'Iran ?
00:46On sait en tout cas que le cessez-le-feu qui a été conclu s'achèvera normalement demain soir.
00:53Et à l'approche de cette échéance, la tension monte dans le détroit d'Hormuz ce week-end,
00:58avec d'une part un porte-conteneur de l'armateur français CMA-CGM,
01:02qui a été ciblé par l'Iran par des tirs de saumonce avant finalement de devoir faire demi-tour.
01:09Il n'y a pas de blessés.
01:10Donald Trump a évoqué le fait qu'un cargo britannique, selon lui, a également été visé.
01:15Et puis le président américain a surtout affirmé que l'armée américaine avait arraisonné un cargo iranien
01:20qui tentait, selon lui, de forcer le blocus américain dans le golfe d'Omane.
01:24Résultat, Téhéran menace de riposter bientôt à la saisie de ce cargo,
01:28que Téhéran qualifie d'acte de piraterie armée.
01:31Bref, on le voit, la tension monte.
01:33Est-ce que Téhéran peut en effet riposter ou pas ?
01:36Voici ce qu'on disait ce matin sur l'antenne de France Info.
01:39L'un de nos invités, Jonathan Piron, historien spécialiste de l'Iran.
01:44C'est une déclaration qui est habituelle finalement du côté du régime iranien,
01:47mais il n'y a pas encore de rupture complète des négociations.
01:50On ne sait pas à ce stade si elles vont avoir lieu,
01:53mais il n'y a pas encore de retrait unilatéral dans les deux acteurs sur les négociations.
01:59On sait qu'il y a eu aussi des visites des représentants du Pakistan en Iran
02:03pour essayer de négocier sur certains points.
02:05Il semblerait que sur certains éléments, il y ait des accords.
02:08Sauf que Donald Trump avait annoncé hier que les discussions reprendraient aujourd'hui au Pakistan
02:13entre une délégation américaine et une délégation iranienne.
02:15Mais l'Iran fait savoir à ce stade qu'elle n'y participera pas à ces discussions.
02:21Donc sur quoi peut déboucher cette impasse ?
02:23Doit-on redouter une nouvelle escalade ?
02:24Déjà dans le détroit d'Ormuz, dans les heures qui viennent,
02:27et puis au-delà, lorsque le cessez-le-feu arrivera à échéance demain en fin de journée.
02:33Nicolas Taillard, est-ce qu'on peut dire adieu ce matin à la reprise des discussions entre l'Iran et
02:37les Etats-Unis ?
02:37Elles sont très incertaines et ce qu'on constate, c'est la défiance qui est encore montée d'un cran.
02:43On a pu penser vendredi qu'on se dirigeait vers des discussions,
02:49qu'il y avait des gestes qui avaient été faits,
02:50notamment par les gardiens de la Révolution,
02:53avec l'ouverture pendant quelques heures du Détroit des premiers passages de bateaux.
02:56Manifestement, on attendait un geste américain peut-être en retour.
03:00Il n'est pas arrivé et ça a donné ce qu'on a vu ce week-end.
03:05C'est-à-dire une tension qui remonte, des bateaux menacés, si ce n'est attaqués,
03:10et des déclarations qui augurent mal d'une reprise des discussions.
03:14Et quand bien même elles finiraient par avoir lieu,
03:16on a du mal à voir ce qui a changé dans la position américaine depuis.
03:21Il y a une vraie différence d'approche aussi dans ces discussions.
03:25On l'a remarqué quelques jours après le premier round qui a eu lieu à Islamabad la semaine dernière,
03:30c'est que les Américains sont arrivés avec une proposition qui était à prendre ou à laisser.
03:34Ce n'était pas vraiment une discussion dans la manière dont ça a été présenté.
03:38Et on a un choc des cultures un petit peu aussi entre la partie américaine et la partie iranienne
03:44sur la manière d'aborder ce rendez-vous.
03:46Et on sent bien qu'on est là aujourd'hui plus dans l'idée de montrer les muscles
03:50et de faire monter les enchères avant une éventuelle reprise de discussion.
03:54Est-ce qu'on sait d'ailleurs Nicolas si J.D. Vence, le vice-président américain, est en route ou
03:58pas ?
03:58Pas du tout. On ne sait pas si l'Iran va y participer.
04:01On ne sait pas si J.D. Vence va prendre l'avion et finalement s'y rendre.
04:04On l'imagine mal faire le voyage si finalement c'était annulé.
04:08Et puis je parlais de défiance, il y a aussi un souvenir douloureux pour les Iraniens.
04:12Les deux dernières fois où ils ont été attaqués et où il y a eu des frappes massives israéliennes et
04:16américaines,
04:17c'était pendant des négociations.
04:18Et vu les dégâts déjà causés par les six premières semaines de guerre,
04:23peut-être qu'il y a aussi la crainte d'une reprise d'opérations militaires de grande envergure
04:28comme Donald Trump l'a laissé imaginer au moment où des figures du régime se trouveraient à l'étranger.
04:35Ça peut jouer aussi.
04:36Et tiens, Girard, est-ce qu'on doit prendre les menaces de Donald Trump au sérieux ?
04:39Est-ce qu'il peut vraiment s'en prendre aux infrastructures énergétiques ?
04:42Ou au pont en cas d'échec des discussions ?
04:44La difficulté avec Donald Trump, c'est qu'il dit beaucoup de choses.
04:48et il menace beaucoup.
04:49Si on fait le compte des menaces avérées à exécution de Donald Trump,
04:54il y en a assez peu en réalité.
04:56Mais il arrive, quelquefois, que Donald Trump fasse vraiment faire ce qu'il a dit.
05:02C'est un peu la force de son positionnement.
05:05C'est la force de l'outrance.
05:06C'est-à-dire qu'au bout d'un moment, on aurait tendance à ne plus croire l'outrance.
05:11Mais il arrive que Donald Trump le fasse vraiment.
05:17De toute façon, Donald Trump va être obligé à un moment de se dévoiler un peu plus.
05:24C'est-à-dire que sa stratégie de toujours mettre la pression sur l'adversaire
05:29trouvera à un moment un essoufflement.
05:32Et à ce moment-là, Donald Trump aura le choix soit de reprendre un conflit à plus haute intensité,
05:41soit de faire une ouverture un peu plus forte en direction de l'Iran,
05:46peut-être pour que ces négociations aillent vraiment à leur terme.
05:50Aurélie Herbemont, on connaît les conséquences de ce conflit sur l'économie mondiale.
05:53Qui aurait en fait intérêt à ce que ces discussions échouent ?
05:57Personne en réalité n'a intérêt à ce que ces discussions échouent.
06:01Évidemment, ça a des conséquences en Europe, en France particulièrement aussi,
06:05sur les prix du carburant.
06:06Donc tout le monde aurait intérêt à ce que ça s'arrête.
06:08Et même Donald Trump en premier lieu, puisque Donald Trump,
06:11il a quand même des élections de mi-mandat qui vont arriver à l'automne.
06:15Je pense que pour son électorat, ce serait bien vu que la guerre en Iran,
06:20puisqu'on est sur un président qui avait promis qu'il n'allait pas déclencher des guerres partout dans le
06:24monde,
06:25il se voulait le chantre de la paix.
06:27Cette guerre en Iran n'est pas très populaire, c'est le moins qu'on puisse dire aux Etats-Unis.
06:32Donc personne en réalité n'a intérêt à ce que cette guerre continue.
06:35Sauf qu'on est allé tellement loin que comment on s'arrête ?
06:38Le problème, c'est que dès le départ, on ne voit pas bien quels sont les buts de guerre de
06:41Donald Trump.
06:42Alors oui, il voudrait que l'Iran cesse son programme nucléaire militaire.
06:48Sauf qu'on est quand même dans un grand flou.
06:50On ne sait pas dans quel état précisément sont les infrastructures nucléaires iraniennes.
06:55Donald Trump dit que ce serait facile, il faudrait des grosses pelleteuses
06:58pour aller chercher les stocks d'uranium enrichis qui sont toujours détenus par l'Iran.
07:03Ce n'est peut-être pas aussi simple que ça.
07:05Donc en réalité, personne n'a intérêt à ce que ça continue.
07:08Sauf que là, on est tellement loin dans l'engrenage que personne ne veut accepter d'avoir perdu.
07:14Donald Trump, pour sortir de cette guerre, il faut qu'il ait des gains à afficher
07:17pour ne pas que ça passe pour une guerre pour rien.
07:19Renaud Delis.
07:19Et on voit que ce contexte d'incertitude diplomatique, politique, économique aussi, c'est le pire en fait.
07:25Si on repasse un petit peu le film de ces dernières semaines,
07:28on sait par ça qu'on en est toujours au même point.
07:29C'est-à-dire qu'on a du mal à comprendre, à cerner les buts de guerre précis de Donald
07:33Trump.
07:34Si ce n'est la disparition de la menace nucléaire iranienne.
07:37Mais on voit bien qu'à ce stade, ça ne peut pas fonctionner sans discussion, sans négociation.
07:43Et aujourd'hui, ces négociations, ces discussions sont dans l'impasse.
07:46Notamment parce que, comme l'a rappelé Nicolas Teilhard,
07:48lorsque les Américains discutent avec les Iraniens,
07:51ils ont aussi parfois tendance à frapper assez vite, y compris pendant qu'ils sont en train de discuter.
07:56Ces incertitudes, elles sont terribles sur le plan économique.
07:59Le détroit d'Hormuz, bloqué, rouvert quelques heures,
08:02rebloqué avec un blocus dans le blocus.
08:04Les Américains qui font un blocus sur les Iraniens et qui eux-mêmes font un blocus.
08:08Les Iraniens qui commencent à arraisonner des cargos avec tout le risque d'engrenage qu'il peut y avoir.
08:13Les Américains qui font d'eux-mêmes.
08:15Donc on voit que l'incertitude est totale, heure par heure, y compris sur la journée qui vient.
08:20Les bourses, évidemment, la situation boursière est catastrophique.
08:23La situation, pour ce qui est des conséquences directes pour l'économie mondiale
08:27et notamment pour les consommateurs français,
08:30notamment en matière de carburant et pas seulement,
08:32parce que l'inflation va croître aussi pour le reste des produits.
08:37Cette incertitude-là est terrible.
08:38Et on voit simplement des échéances, c'est-à-dire des comptes à rebours.
08:42En l'occurrence, la prochaine, c'est l'expiration de se cesser le feu demain en fin de journée.
08:47Des échéances qui sont parfois repoussées, parfois brouillées, etc.
08:50Mais pas de ligne stratégique claire, en tout cas du côté des Américains.
08:54Nicolas Taillard, est-ce que c'est l'échec du modèle Trump, finalement ?
08:56Je pense notamment aux élections de mi-mandat qui arrivent aux Etats-Unis.
09:00Ça confirme en tout cas que l'Iran a toujours une capacité de nuisance.
09:03Il a suffi ce week-end de quelques tirs de semence,
09:07notamment contre un navire d'un groupe français, l'armateur CMA-CGM.
09:12Il a suffi d'une attaque d'un pétrolier pour que ça rebloque quasiment instantanément le trafic.
09:17Et on voit les effets sur les cours pétroliers aujourd'hui.
09:20Donc, d'une certaine manière, c'est offrir aux gardiens de la révolution iranien
09:24la preuve qu'ils ont bien des leviers à activer et une capacité de nuisance.
09:29Est-ce que ça poussera Donald Trump davantage à négocier
09:32ou à durcir encore son action avec des opérations militaires au sol,
09:36c'est-à-dire en allant plus loin que ce qui a été fait lors des six premières semaines ?
09:40Ça, c'est ce qu'on verra.
09:41Mais dans son camp aux Etats-Unis, Nicolas, est-ce qu'on commence à douter de Donald Trump ?
09:45On a exprimé déjà des doutes.
09:47Alors, il y a toujours une forme de respect vis-à-vis du chef
09:50et notamment vis-à-vis des réussites passées de Donald Trump.
09:54On a bien vu, même dans la décision même, de s'engager dans ce conflit,
09:58qu'il y avait des doutes exprimés dès les premières heures,
10:00mais qu'en gros, on s'était plié à la décision du patron
10:04et qu'aujourd'hui, c'est compliqué de passer pour le traître
10:07qui lâche le président en cours de route.
10:10Donc, ça ne s'exprime pas très très fort,
10:11mais ces doutes, ils existent depuis le début de l'opération.
10:14Avec ces nouvelles tensions, c'est la perspective d'une baisse des carburants en France
10:17qui s'éloigne, Aurélie Herbemont ?
10:19Là, clairement, on voit bien que le baril de pétrole va continuer à faire du yo-yo
10:25et que donc, par répercussion, les prix à la pompe ne vont pas redescendre tout de suite.
10:31Alors, le gouvernement, effectivement, va revoir les distributeurs,
10:35ne cesse de dire qu'il faut répercuter les baisses du prix à la pompe.
10:38Quand c'est monté très vite, les répercussions étaient très rapides sur le prix à la pompe.
10:43Ça a baissé, il faut que ça se répercute.
10:44Sauf que là, ça a l'air de remonter un petit peu.
10:46Donc, c'est compliqué pour le gouvernement qui, évidemment, suit ça,
10:50qui n'exclut pas de nouvelles mesures d'aide ciblées
10:53parce qu'on va quand même gentiment s'approcher de la fin du mois d'avril.
10:56Et le premier pack de mesures pour les transporteurs, les pêcheurs et les agriculteurs,
11:00ça va se tarir à la fin du mois d'avril.
11:03Donc, le gouvernement est obligé de réfléchir à potentiellement prolonger ses aides.
11:09Il y avait donc ce paquet d'aides de 70 millions.
11:12Est-ce qu'il va falloir aider d'autres secteurs qui attendent,
11:14qui n'ont toujours pas eu d'aide ?
11:15Le gouvernement suit ça comme le lait sur le feu,
11:19mais sans perspective de sortie de cette crise des carburants à très court terme.
11:24Pas seulement en France, d'ailleurs.
11:26On regarde ça de très près à Bruxelles, par exemple.
11:28Aujourd'hui, au Parlement européen également.
11:31Et on réfléchit à des solutions globales sur des Européens
11:35qui, depuis le début, font tout pour ne pas être engagés dans ce conflit,
11:39qui n'ont pas compris la stratégie,
11:40qui n'ont pas été prévenus non plus d'ailleurs par leur habituel allié américain,
11:44qui sont critiqués depuis pour leur manque de solidarité,
11:48mais qui en payent les conséquences.
11:49Merci Nicolas Taillard d'être venu nous éclairer sur ce regain de tension
11:52ces dernières heures autour du Détroit d'Hormouz.
11:54On vous retrouve tous les matins dans France Info, Monde à la radio.
11:57Restez avec nous dans un instant.
11:58Les primaires en France, à droite comme à gauche, plus personne n'en veut.
12:02Mais d'abord, il est 9h18.
12:04C'est l'Info en une minute avec Philippine Thibodeau.
12:07Le prix des carburants ne baissera pas de si tôt,
12:09estime Michel-Edouard Leclerc, patron des supermarchés Leclerc.
12:13Il table sur au moins six mois ou jusqu'à l'hiver prochain
12:15pour passer la crise énergétique créée par la guerre au Moyen-Orient.
12:19Le gouvernement demande aux distributeurs de faire baisser les prix.
12:22Ils sont reçus à 11h à Bercy.
12:23La tension est montée d'un cran dans le Détroit d'Hormouz.
12:26Un bateau de l'armateur CMA-CGM, armateur français,
12:30visé par des tirs iraniens ce week-end.
12:32La marine américaine, à elle, ouvert le feu sur un cargo de Téhéran dans le Golfe d'Oman.
12:37Il tentait de forcer le blocus imposé par les Etats-Unis sur les ports iraniens.
12:41L'Iran a promis une riposte.
12:43Le Rassemblement national veut se rapprocher du patronat.
12:46Marine Le Pen et Jordan Bardella ont écrit une lettre au chef d'entreprise
12:50pour, je cite, lever les verrous normatifs qui freinent le développement économique.
12:54Le président du RN est reçu ce midi pour la première fois par le MEDEF.
12:58Et puis les Lyonnais remontent provisoirement sur le podium de la Ligue 1 de foot.
13:01Ils ont battu hier les Parisiens de but 1.
13:04Le PSG reste premier, mais talonné de près par l'Anse d'un tout petit point.
13:10France Info
13:19La suite des informés avec ce matin Aurélie Herbemont, chef adjoint du service politique de France Info,
13:24Étienne Girard, directeur adjoint de la rédaction de L'Express.
13:27Et Renaud Deli, Renaud, la droite et la gauche face au cactus des primaires.
13:32Et oui, officiellement, tout le monde trouve ça formidable, les primaires.
13:35Et puis en fait, personne n'en veut vraiment et s'efforce de les enterrer.
13:37Par exemple, à LR. Hier, Bruno Retailleau a donc été largement désigné par les militants LR
13:42comme le candidat de la droite, enfin en tout cas du parti LR à la prochaine présidentielle.
13:47Alors, un corps électoral assez restreint.
13:5046 000 votants sur 77 000 membres du parti.
13:53C'est d'ailleurs 50 000 adhérents de moins qu'il y a un an tout juste lors du duel
13:56entre Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez pour la présidence du parti.
14:01Mais un plébiscite en faveur de Bruno Retailleau,
14:03qui était aussi le seul nom soumis au vote des militants.
14:05Forcément, ça aide plus de 73% des voix.
14:08Les deux autres hypothèses, justement primaires dites fermées,
14:11aux seuls adhérents LR ou primaires ouvertes, ont été écartées.
14:15Est-ce que tout est résolu ?
14:16Donc, à droite, par exemple ?
14:18Pas complètement.
14:19Pas l'impression.
14:20Écoutez, par exemple, l'ancien Premier ministre Michel Barnier, vous vous souvenez ?
14:23Il était hier l'invité de France 3.
14:25Et il a l'air plutôt tenté par le job.
14:27Merci.
14:28La question consiste à dire,
14:29Michel Barnier, est-ce que vous êtes capable d'être président de la République ?
14:31Réponse est oui.
14:32Oui, j'ai été Premier ministre, j'étais bien dans ma peau, je n'ai pas tremblé.
14:36Je peux exercer d'autres fonctions.
14:38Je ne veux pas qu'on personnalise aujourd'hui.
14:39Aujourd'hui, je voudrais la priorité de débattre d'idées.
14:42Et ce n'est pas le seul.
14:43LR, Xavier Bertrand, on ne peut plus que jamais candidat.
14:46Alors, David Lysnard, lui, le maire de Cannes, a claqué la porte de LR,
14:48mais pour lancer de fait sa campagne.
14:50Laurent Wauquiez reste en embuscade.
14:52Toujours au sein de ce fameux socle commun,
14:54il y a évidemment l'influence dominante d'Edouard Philippe au centre-droit,
14:58Gabriel Attal qui lui se lance au centre,
15:00et puis à gauche, c'est un peu le même chaos,
15:01avec une foultitude de prétendants,
15:03et toujours pas de règles de départage,
15:05notamment ces fameuses primaires.
15:07Alors, est-ce que les primaires, à droite comme à gauche,
15:09en tout cas au sein du socle commun comme à gauche,
15:10ce serait une bonne idée,
15:11ou est-ce qu'en fait, c'est une procédure
15:14qui ne peut pas être efficace pour trancher ses ambitions rivales ?
15:18Je vais laisser Etienne Gérard répondre.
15:20Il y a plusieurs éléments.
15:21Déjà, le premier élément, c'est que les primaires font perdre,
15:24depuis 15 ans.
15:25Il y a une seule primaire qui a permis de faire élire...
15:27C'est une bonne raison de ne pas en organiser, finalement.
15:29Il y a une seule primaire qui a permis de faire élire
15:31un président de la République,
15:32la primaire du Parti Socialiste,
15:34et de la gauche, il y avait aussi le Parti Radical de Gauche,
15:36en novembre 2011.
15:38Depuis, toutes les primaires font perdre.
15:41Premier élément qui explique les choses.
15:42Deuxième élément...
15:43C'était pour François Hollande à l'époque.
15:44Voilà.
15:44Il faut un fond d'idées en commun,
15:47dans ces deux camps,
15:48la gauche de gouvernement,
15:50la droite de gouvernement.
15:51On sent bien qu'il y a des tiraillements
15:53et parfois des détestations
15:54qui vont plus loin que les sujets d'accord.
15:58Là, je pense plus particulièrement à la gauche.
16:00Et puis, il faut un intérêt commun.
16:03Et il y a un homme, en réalité,
16:05qui a tué les primaires par sa posture.
16:08C'est Jean-Luc Mélenchon.
16:09Pour avoir un intérêt en commun,
16:11il faut penser que ce qu'on va gagner,
16:13en s'alliant,
16:14va être plus fort que ce qu'on perd.
16:15Donc, souvent,
16:16ceux qui sont pour les primaires,
16:17c'est les outsiders.
16:18Parce qu'ils se disent,
16:19moi, je vais convaincre pendant les primaires
16:21et ensuite, tout le monde se ralliera à moi.
16:23Je pourrais mener ma campagne
16:24beaucoup plus facilement.
16:26Or, on s'est rendu compte
16:27que les primaires font parfois gagner
16:28des candidats très polarisés,
16:30qui ne correspondent pas aux candidats
16:32qui ont le plus de potentiel
16:33dans l'électorat global.
16:35Et puis, Jean-Luc Mélenchon
16:36a montré qu'on pouvait partir tout seul
16:38et, à la fin,
16:40avoir un effet
16:41qui est l'effet sondage
16:42et qu'il y en ait une forme de primaire
16:44qui ne dit pas son nom,
16:45où les gens,
16:46les électeurs,
16:47se disent,
16:48à la toute fin,
16:49moi, je vais faire comme dans une primaire,
16:51je vote pour le candidat de mon camp
16:52le mieux placé.
16:53Tout le monde veut faire
16:54Jean-Luc Mélenchon
16:54à gauche comme à droite
16:56et espère qu'un mois,
16:58deux semaines
16:58avant l'élection,
17:01les électeurs
17:01se rallieront à eux
17:02parce qu'ils seront
17:03les mieux placés
17:03dans les sondages.
17:04Effet sondage
17:05ou primaire sauvage.
17:05Aurélie Herbemont,
17:06c'est ça la nouvelle manière
17:07de désigner un candidat
17:08à la présidentielle ?
17:09Attendre que les sondages
17:10décident finalement ?
17:12C'est une sensation très très forte
17:14de la primaire sauvage,
17:15effectivement,
17:16parce que la primaire,
17:17c'est très intéressant
17:18ce concept de primaire
17:19parce que quand vous en parlez
17:20avec des personnalités de droite,
17:22après la primaire de 2016,
17:24qui fait un triomphe
17:25pour François Fillon
17:26qui ne sera pas
17:27président de la République
17:28en 2017,
17:29tout le monde à droite
17:30vous dit,
17:30les primaires,
17:31plus jamais,
17:32c'est horrible,
17:33plus jamais,
17:34c'est abominable.
17:34Tout le monde déteste ça.
17:36Résultat,
17:37pour la présidentielle suivante,
17:38qu'est-ce qu'ils ont fait ?
17:39Ils ont fait une primaire,
17:40certes, fermée,
17:41réservée aux adhérents,
17:42mais Valérie Pécresse
17:43est aussi la candidate
17:44issue d'une primaire interne.
17:46Bon,
17:46elle a fait moins de 5% à la fin.
17:49Et puis,
17:49ces derniers mois,
17:50on a senti un petit goût
17:52de reviens-y
17:52à finalement,
17:53la primaire,
17:54c'est le pire des systèmes,
17:55mais à l'exception
17:56de tous les autres
17:57parce que ça permet
17:58de faire un grand débat.
18:00À la fin,
18:00vous avez un candidat,
18:01sauf qu'il y a des limites
18:01à la primaire.
18:03C'est qu'à la fin,
18:04il faudrait que tous les candidats
18:05qui participent à la primaire
18:06s'engagent
18:07à soutenir le vainqueur.
18:09On a vu que ça pouvait
18:09parfois être
18:10à géométrie variable.
18:11Je pense à la primaire
18:12de 2017
18:14au Parti Socialiste
18:16où c'est Benoît Hamon
18:17qui remporte la primaire.
18:18Manuel Valls,
18:19à la fin,
18:19finit par soutenir
18:20Emmanuel Macron.
18:21Et même François de Rugy,
18:23qui à l'époque
18:23était candidat
18:24des écologistes
18:24dans cette primaire,
18:25lui aussi,
18:25va soutenir Emmanuel Macron.
18:27Donc,
18:27ça casse un peu
18:28le concept
18:29de grands moyens
18:29de rassemblement.
18:30Donc,
18:30personne n'en veut.
18:31Donc,
18:32au final,
18:32surtout que là,
18:33ce seraient des primaires
18:34entre différents partis.
18:36Donc,
18:36je pense qu'il n'y aura
18:37pas de primaire.
18:38Et donc,
18:38la primaire est morte,
18:39vive la primaire sauvage.
18:40Et les sondages décideront.
18:41Mais sauf que ça a un vrai problème,
18:43les primaires sauvages.
18:44C'est qu'à partir de quand
18:45vous mettez le point,
18:47la deadline
18:47pour dire
18:48il faut que là,
18:48la primaire sauvage
18:49ait choisi
18:51les candidats.
18:52Sachant que
18:53les campagnes présidentielles,
18:54ça peut bouger
18:55jusqu'à très tard.
18:56Si on s'arrête en décembre,
18:57l'histoire n'est pas la même
18:58en 2017,
18:59par exemple,
19:00que si on s'arrête
19:01en février.
19:02Donc,
19:03c'est très dangereux aussi
19:04la primaire sauvage.
19:05Tout est dangereux
19:06pour la présidentielle,
19:06de toute façon.
19:07Je pense que la primaire,
19:08ça ne peut fonctionner
19:10qu'à deux conditions.
19:12D'abord,
19:13si la victoire
19:14semblait trop boue,
19:15la victoire à l'élection présidentielle,
19:16et s'il y a
19:17au sein des partis
19:19ou des formations
19:20qui partissent passer de primaire
19:21un parti dominant.
19:22Quitte à ce que
19:23des petits partis
19:23s'y grèvent
19:25pour avoir
19:25en quelque sorte
19:27leur quart d'heure
19:28de célébrité
19:28pendant le débat de la primaire.
19:30Mais ensuite,
19:31pour se ranger
19:31derrière le vainqueur.
19:32Un petit bémol sur 2016,
19:33je ne pense pas
19:34que ce soit la primaire
19:34qui fasse perdre la droite.
19:35Je pense que c'est
19:36François Fillon,
19:36c'est-à-dire que je pense
19:37qu'il y a erreur
19:38en quelque sorte
19:38sur la marchandise,
19:39j'allais dire.
19:41Les électeurs de droite
19:42qui ont plébiscité
19:43François Fillon
19:43à l'automne 2016
19:44se sont aperçus,
19:46on se souvient de l'affaire
19:47évidemment,
19:48dans le courant de l'hiver
19:49que ce n'était pas
19:49le candidat
19:50pour lequel ils avaient cru voter.
19:51Ce qui explique
19:51qu'il y avait probablement
19:52un élément
19:53qui manquait
19:54dans la primaire,
19:55c'était dans le règlement
19:56en quelque sorte
19:57que faire
19:58pour désigner le plan B.
19:59Est-ce que celui
20:00qui arrive en deuxième position,
20:01en l'occurrence
20:01c'était Alain Juppé
20:02devient légitimement
20:04le candidat de remplacement
20:05si le candidat
20:05par exemple
20:06qui a été désigné
20:06est mis en examen
20:07ce qui est arrivé
20:08à François Fillon
20:08pendant la campagne.
20:09Mais le problème
20:10c'est qu'aujourd'hui
20:12au sein de la gauche
20:13hors LFI
20:13comme LR
20:15ne sont pas des partis
20:16dominants
20:16dans leurs espaces respectifs.
20:18Donc ils peuvent
20:18réclamer autant de primaires
20:20qu'ils veulent.
20:20On n'imagine pas demain
20:22que l'ensemble
20:22des candidats du socle commun
20:23que j'ai cité tout à l'heure
20:24et j'en ai sûrement
20:25oublié quelques-uns
20:25se rangeront naturellement
20:27derrière Bruno Rotaillot
20:28parce qu'il a été
20:28plébiscité hier
20:29par son fan club.
20:30Etienne Girard
20:30justement
20:31il y a une primaire
20:31qui n'est pas encore
20:32complètement enterrée
20:32à gauche
20:33c'est la primaire
20:33dite de Bagneux
20:34portée par François Ruffin
20:36Marine Tondelier
20:36et Clémentine Autain
20:37est-ce qu'elle a une chance
20:38de voir le jour un jour ?
20:39Voir le jour
20:41possiblement
20:42c'est pas ça
20:43vraiment la question
20:44c'est est-ce qu'elle a
20:45une chance
20:46de faire gagner
20:47un candidat
20:48qui fera un très gros score
20:49à la présidentielle
20:50là ça dépend du casting
20:52Jean-Luc Mélenchon
20:52n'en veut pas
20:53il n'y a pas
20:54Jean-Luc Mélenchon
20:57On a quasiment répondu
20:58à 80% de la question
21:00en disant ça
21:02c'est tout le problème
21:03c'est que
21:04depuis qu'on s'est rendu compte
21:05qu'on n'est pas obligé
21:06de passer par une primaire
21:07pour faire un gros score
21:07les candidats
21:08qui ont très confiance en eux
21:09et qui ont parfois
21:10déjà fait des gros scores
21:11ne veulent plus faire
21:12les primaires
21:12et le candidat
21:13qui vient après la primaire
21:15se retrouve
21:16à devoir refaire
21:17une primaire sauvage
21:18avec son concurrent
21:21en clair
21:21si Marine Tondelier
21:23ou François Ruffin
21:24gagne ce qu'on appelle
21:25parfois la petite primaire
21:27de la gauche
21:28il devra convaincre
21:28qu'il est un meilleur candidat
21:30que Jean-Luc Mélenchon
21:31et sur cette question
21:32de la primaire sauvage
21:33et des accords
21:34post-élection interne
21:36il y a un gros problème
21:37quand même
21:37c'est celui de l'argent
21:38parce que vous savez
21:40une élection présidentielle
21:42vous ne pouvez pas dépasser
21:43un certain seuil
21:43quand on a dépensé
21:44trop d'argent
21:45on ne peut plus s'allier
21:46en réalité
21:46Merci à nos deux informés
21:48merci Renaud Dely
21:49on se retrouve demain
21:49même lieu
21:50même heure
21:51et puis ce soir
21:51vous retrouverez
21:52Victor Maté
21:53pour les informés
21:54du soir à 20h
21:55Sous-titrage Société Radio-Canada
21:57Merci à mes Tipeurs
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