- il y a 23 heures
Tous les jours, les informés débattent de l'actualité autour de Hadrien Bect et Renaud Dély.
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00:05Et bienvenue dans les informés de France Info, 25 minutes de débat de décryptage autour de l'actualité du moment.
00:13Nous allons parler dans une dizaine de minutes de cette crise autour de l'éditeur Grasset et des répercussions politiques
00:20qu'elle peut avoir.
00:20Mais avant cela, nous allons évoquer la crise, la guerre même au Proche et Moyen-Orient avec le cessez-le
00:28-feu au Liban.
00:30Avec nos informés, bonjour Renaud Delis et je salue Valérie Gasse.
00:34Bonjour Valérie, vous êtes chef du service politique de RFI.
00:37Je salue également Henri Vernet, bonjour Henri, éditorialiste à Radio-Orient, France 24 et France Info TV.
00:43Et bonjour Nicolas Théa, rédaction internationale de Radio France.
00:48Nous commençons donc Renaud par le Liban.
00:49Un cessez-le-feu conclu depuis hier soir entre le Liban et Israël.
00:53Au Liban donc, sous l'égide du président américain Donald Trump, qui s'en est félicité évidemment,
00:58qui a maintenant chargé son vice-président Jay Evans et le secrétaire d'État Marco Rubio,
01:02de travailler à l'instauration d'une paix durable, dit-il.
01:05Mais un cessez-le-feu très fragile.
01:07D'ailleurs, la nuit dernière, il y a continué à y avoir des échanges de tirs.
01:11Le Liban a accusé Israël de violer le cessez-le-feu tout juste en vigueur.
01:16Emmanuel Macron a exprimé d'ailleurs, d'une part, sa satisfaction sur cette heureuse nouvelle à propos du cessez-le
01:21-feu,
01:21mais aussi sa préoccupation parce qu'il est, selon lui, d'ores et déjà fragilisé par la poursuite d'un
01:26certain nombre d'opérations militaires.
01:28Alors, peut-il être durable ?
01:29Pourquoi y a-t-il toujours des échanges de tirs, des opérations militaires après la conclusion de ce cessez-le
01:34-feu ?
01:34Voici ce qu'on disait ce matin sur l'antenne de France Info, le général François Chauvency.
01:40Dans tous les cessez-le-feu que nous constatons maintenant depuis des années,
01:43il y a des ruptures de cessez-le-feu localisées pour différentes raisons,
01:47légitime défense, ordres qui ne sont pas arrivés,
01:51extrémistes aussi d'ailleurs dans les factions ou dans l'armée israélienne.
01:54Pourquoi pas ? Maintenant, quel est l'objectif ?
01:56L'objectif, c'est que le Liban retrouve sa souveraineté sur l'ensemble de son territoire.
02:01Cela signifie d'une part que le Hezbollah accepte d'arrêter d'utiliser les armes et d'attaquer Israël,
02:06et que d'autre part, dans ces conditions-là, Israël quitte le Liban.
02:09Alors ce cessez-le-feu fragile, peut-il te dire ?
02:12Durer ? Pourquoi les belligérances y sont-ils résolues ?
02:15Et peut-il, à terme, déboucher sur une paix durable ?
02:17Je commence avec vous, Henri Vernet.
02:19Votre avis peut-être déjà sur ce que disait à l'instant le général,
02:23c'est-à-dire que finalement, ces affrontements qu'on a pu voir,
02:28en tout cas pas vraiment des affrontements,
02:30mais le Hezbollah qui cible des soldats israéliens,
02:34Israël qui a continué quelques bombardements dans la nuit,
02:37finalement, ça ne veut pas forcément dire que le cessez-le-feu est fragilisé.
02:40Est-ce que vous partagez ?
02:41Alors, il est fragilisé parce qu'il est fragile par nature.
02:43Il y avait déjà eu un cessez-le-feu, un premier cessez-le-feu en 2024,
02:46qui avait été obtenu, alors pour le coup, justement, grâce aux Américains,
02:50mais également, là, il y avait eu un rôle de la France important,
02:54mais ce cessez-le-feu, dont justement les Français étaient parmi les surveillants,
02:57en quelque sorte, notamment via la finule,
02:59étaient violés, mais quasi quotidiennement, voire pluriquotidiennement.
03:02Il faut s'attendre à ça.
03:03Il faut s'attendre à ça, mais...
03:04Il y a eu une violation en 15 mois.
03:06C'est ça, donc ça fait plus de fois par jour, en moyenne.
03:09Alors, pourquoi il faut s'y attendre ?
03:11Oui, parce qu'en réalité, les deux protagonistes réels sur le terrain,
03:14c'est Israël qui est partie prenante à l'accord,
03:16mais le Hezbollah, qui lui n'est pas partie prenante,
03:18et c'est eux, en quelque sorte, qui détiennent les armes.
03:21Or, l'un comme l'autre se font, en quelque sorte, tordre le bras.
03:25Israël, par Donald Trump,
03:26la seule raison pour laquelle Netanyahou a accepté ce cessez-le-feu,
03:29c'est parce que Trump le lui a demandé.
03:30Tant au Hezbollah, lui, il se fait tordre le bras, en quelque sorte,
03:33par l'Iran, qui veut avancer sur les négociations avec les États-Unis,
03:37et donc, sur le terrain, ça reste fragile,
03:40parce que l'un comme l'autre, et puis surtout,
03:41Netanyahou, dernière chose,
03:42il estime qu'il n'a pas fini ce qu'il appelle finir le travail,
03:45c'est-à-dire, année entière, le Hezbollah.
03:47Restons, justement, sur le Hezbollah, Nicolas Teilhard.
03:49Est-ce qu'il faut s'attendre à ce que le Hezbollah respecte ce cessez-le-feu ?
03:53Est-ce que le Hezbollah y a intérêt ?
03:55Alors, il pourrait y avoir intérêt, tout simplement,
03:58sous la pression de Téhéran,
03:59parce que, évidemment, le dossier libanais est intimement lié
04:03à ce qui se passe entre l'Iran et les États-Unis.
04:06Le Hezbollah, c'est une forme de création iranienne en termes d'influence.
04:11Et évidemment, qu'au moment où on continue en coulisses
04:15de discuter entre Américains, Iraniens,
04:17où on évoque la possibilité d'un accord
04:20qui aboutirait avec une médiation pakistanaise,
04:24comme ça a été le cas déjà la semaine dernière,
04:26il peut y avoir un intérêt iranien
04:28à ce qu'au moins, pendant quelques jours,
04:31on ait un calme relatif au Liban.
04:35Ensuite, si on passe à l'étape suivante,
04:37l'idée pour le mouvement chiite libanais d'être totalement désarmé,
04:42de perdre, d'une certaine manière, son influence,
04:45qui est à la fois politique, mais qui est aussi militaire,
04:47le Hezbollah dispose de moyens militaires bien supérieurs
04:50à ceux de l'armée libanaise, ce serait un affaiblissement
04:54et on n'imagine pas un intérêt à plus long terme.
04:56– Justement, Valérie Gass, désarmer le Hezbollah,
05:01ça paraît être à la fois souhaitable,
05:06en tout cas du point de vue, y compris du gouvernement libanais,
05:08du point de vue du gouvernement israélien,
05:10mais en pratique quasi impossible, en tout cas très difficile.
05:14– C'est tout l'enjeu de la situation actuellement au Liban
05:17et c'est vrai que comme le disait Henri,
05:19c'était l'objectif de Benjamin Netanyahou,
05:21c'est le désarmement du Hezbollah
05:23et de faire en sorte que l'armée libanaise,
05:26le gouvernement libanais, y arrive, mais ça n'était pas le cas.
05:29Et sur le terrain, on voit bien que, comme on le disait,
05:32ça va être très difficile, ils n'ont pas intérêt à être désarmés
05:36et l'armée libanaise n'a à ce stade, je crois,
05:38pas les moyens d'arriver à ce désarmement.
05:41C'est pour ça que ça justifiait l'offensive de Netanyahou
05:44qui disait qu'il voulait en effet terminer le travail
05:46et arriver jusqu'à ce désarmement qui est, selon lui,
05:49la seule possibilité pour Israël
05:52de sécuriser les choses sur ce front-là.
05:55C'est Nicolas Teilhard.
05:56Une vraie divergence de stratégie aussi.
05:58Pour Netanyahou, c'est la paix par la force.
06:00C'est-à-dire que la seule manière d'obtenir
06:02le désarmement du Hezbollah,
06:03c'est de lui imposer une telle pression militaire
06:05et on l'a vu ces dernières semaines
06:07de raser quasiment certains villages du sud du Liban
06:10où étaient ses installations.
06:13Il n'y a que comme ça qu'on peut y arriver.
06:15Du point de vue libanais, faire accepter au Hezbollah
06:19un désarmement, ça ne peut passer que par une solution politique,
06:23par un dialogue qui prendra du temps
06:25et ça ne peut pas se faire sous occupation israélienne
06:28parce qu'on est quand même aujourd'hui
06:29sur une partie du territoire libanais
06:32qui est occupée par des chars et des soldats israéliens.
06:34Une bande de 10 km à partir de la frontière israélienne
06:39qui reste occupée, y compris pendant ce cessez-le-feu
06:41par les troupes israéliennes.
06:42Et coupée du reste du pays.
06:43Et coupée parce que les ponts ont été détruits,
06:45effectivement, Nicolas.
06:46Renaud Delis.
06:47Avec le double problème, évidemment,
06:48c'est que cette solution politique,
06:50cette longue discussion qui pourrait aboutir à terme
06:52au désarmement du Hezbollah,
06:54d'abord c'est un serpent de mer,
06:56ça fait des années que ce sujet-là est au cœur
06:58justement de ce conflit, y compris...
07:00Le désarmement, ça fait réellement deux ans qu'il est...
07:03Ça fait deux ans qu'il est supposé être programmé,
07:05justement, qu'il est demandé,
07:06et que d'ailleurs le gouvernement libanais,
07:07mais qui n'en a pas les moyens,
07:09devait agir dans cette direction-là.
07:11Et qu'il est aussi évidemment soumis,
07:12vous le disiez, à la situation en Iran.
07:14C'est-à-dire qu'il faut aussi que l'Iran,
07:17d'une façon ou d'une autre,
07:19laisse faire, ou en tout cas participe,
07:21de ce désarmement.
07:22Que l'Iran soit inclus de façon directe ou indirecte
07:25dans cette discussion,
07:26tant le Hezbollah est aussi un proxy du régime iranien.
07:29Et d'ailleurs, c'est le feu actuel,
07:31évidemment, au Liban.
07:33Il dépend aussi de ce qui va se passer
07:35dans les jours et dans les heures qui viennent,
07:36et dans les semaines qui viennent en Iran,
07:38puisque Donald Trump n'écarte pas l'hypothèse
07:40au gré de ses déclarations
07:42que de recourir de nouveau
07:44au bombardement sur l'Iran,
07:46si jamais le détroit d'Harmouz,
07:48la circulation n'était pas rétablie
07:51de façon parfaite, etc.
07:52Donc on voit bien que, dans ce cas-là,
07:54si les États-Unis reprenaient
07:55les hostilités à l'endroit de l'Iran,
07:57il est probable que, évidemment,
07:58le Hezbollah de nouveau attaque Israël.
08:01– Henri, malgré tout,
08:02il y a ces négociations
08:03qui vont se poursuivre
08:05à Washington, en tout cas,
08:08entre le Liban et Israël.
08:11Vu ce que vous venez
08:12tous les quatre de dire,
08:15on se demande un peu,
08:16finalement, à quoi ça sert.
08:17– Ça sert, bon, déjà,
08:18quand même, à avoir l'apaisement.
08:20– Un partage du temps, j'allais dire.
08:21– Oui, mais ça, c'est quand même considérable,
08:22parce que quand on voit le désastre,
08:24mais réellement,
08:25quand le désastre humain
08:26auquel a été confronté le Liban,
08:28c'est pendant ce mois et demi de guerre,
08:30c'est vraiment déjà de faire taire les armes,
08:32c'est quand même déjà un acquis
08:33qui est important.
08:34Mais en effet, maintenant,
08:34il faudra vraiment rentrer
08:35dans le dur du sujet.
08:36Là, les limites de cet accord,
08:38c'est qu'on en revient, en effet,
08:40au débat principal
08:41qui se passe entre l'Iran
08:43et les États-Unis,
08:43et que le Liban, une fois de plus,
08:45est un peu un acteur secondaire
08:47et malgré lui, dans cette guerre.
08:48Donc, réellement,
08:49pour avoir un accord
08:50qui soit durable,
08:52d'abord, il faudrait que ça avance
08:53entre le Liban et Israël.
08:55Pour l'instant,
08:56ces deux pays sont en guerre.
08:57La dernière rencontre officielle directe
08:59remonte à 83
08:59pour des discussions sérieuses
09:00et 93 de manière
09:02plus informelle, disons.
09:05Donc, pour régler ça,
09:06c'est évident qu'il faut
09:07des discussions de fond.
09:08La question du Hezbollah,
09:09on l'a vu.
09:10Alors, ce désarmement,
09:11il était prévu dans les accords
09:12de cessez le feu de 2024,
09:13mais il ne pourra intervenir
09:14qu'avec un accord tacite
09:15comme ça a été rappelé de l'Iran.
09:16Donc, il y a son rôle à jouer.
09:17Mais en revanche,
09:18surtout pas dans le désarmement lui-même.
09:20Ça, il faut que ce soit des acteurs...
09:21D'abord, l'État libanais lui-même,
09:23mais pas par la force.
09:24Le président Aoun l'a dit.
09:26Il n'est pas question
09:26d'abord parce que l'armée libanaise
09:27est plus faible.
09:28Ensuite, ce serait rallumé
09:29à une guerre civile.
09:30Le risque, il est là, tout simplement.
09:31D'aller à un désarmement par la force.
09:33Et donc, d'avoir des grands acteurs extérieurs.
09:35La France y était,
09:36il devait y avoir une réunion
09:37à Paris là-dessus
09:38avec des grands parrains internationaux.
09:41Les Américains, évidemment.
09:42C'est eux qui auront le dernier mot.
09:44Mais une réconciliation plus globale.
09:45Par exemple, quand Trump rêve
09:47de réunir le président libanais
09:48et le Premier ministre israélien
09:49à la façon dont Clinton
09:50avait fait Rabin Arafat.
09:524 à 5 jours, paraît-il.
09:53Dans 4 ou 5 jours.
09:54On se demande vraiment
09:54d'où il sort ça.
09:55Il y a son rêve
09:56de prix Nobel de la paix.
09:57Mais en dehors de ça,
09:58on ne voit pas sur quel élément
09:59ça peut reposer.
10:00Ça semble un miracle.
10:00Pour Aoun, c'est tout simplement
10:01impossible aujourd'hui.
10:02Un mot, Valérie Gass,
10:04parce qu'Henri l'a évoqué
10:05sur le rôle de la France.
10:06Emmanuel Macron
10:07qui s'est très rapidement
10:10félicité d'une excellente nouvelle.
10:12Est-ce que la France
10:13dont Israël ne voulait pas
10:14qu'elle participe aux discussions ?
10:16En tout cas, c'est ce qu'avait dit
10:17un ambassadeur à Washington.
10:18Est-ce que la France
10:19a joué un rôle là-dedans ?
10:21Ou qu'elle peut jouer un rôle ?
10:23La France, le dossier libanais
10:25pour Emmanuel Macron
10:25et pour la France traditionnellement,
10:26c'est vraiment un dossier prioritaire.
10:28Donc la France prend toujours position,
10:30défend toujours les intérêts du Liban.
10:32Et c'est vrai qu'Emmanuel Macron
10:33est monté très vite
10:35après le déclenchement de la guerre
10:36pour essayer de dire
10:37mais attention,
10:38il faudra aussi se préoccuper
10:39de la question libanaise.
10:40Maintenant, comme on l'a dit,
10:41les vrais intervenants,
10:42les vrais interlocuteurs,
10:43ce ne sont pas les Français.
10:45En effet, Israël ne veut plus
10:46entendre parler de la France.
10:47Ce sont les Américains
10:48qui donnent un peu le là.
10:49Bien sûr que la France
10:51essaye d'influer maintenant
10:53avec une capacité d'action limitée.
10:55Je voulais qu'on dise un mot
10:56également Nicolas Teilhard
10:58de la manière dont cet accord
11:00s'est noué côté israélien.
11:02puisque vous parliez,
11:03Henri Vernet,
11:04de Benyamin Netanyahou
11:06qui dit qu'on n'a pas fini le travail
11:07et c'était il y a deux ou trois jours
11:08et finalement,
11:09il y a un cessez-le-feu.
11:11Que s'est-il passé ?
11:12On lui a imposé.
11:13C'est la Maison Blanche
11:13qui a décidé
11:14et là, on en revient
11:16au décor de fond
11:17qui est la discussion
11:18en cours avec l'Iran.
11:20Pour Donald Trump,
11:21c'était un moment
11:22où l'arrêt des hostilités au Liban
11:25peut être une étape de plus
11:27dans les discussions avec l'Iran.
11:29Et donc, il a pris son téléphone
11:30et il n'a pas demandé
11:32à Benyamin Netanyahou.
11:33Il lui a annoncé
11:34qu'il y aurait un cessez-le-feu.
11:35D'ailleurs, l'annonce officielle,
11:37je crois que le message
11:37de Donald Trump
11:38est sorti au moment
11:39où Benyamin Netanyahou
11:41sortait lui son téléphone
11:42pour prévenir
11:43les ministres
11:43les plus importants
11:44de son gouvernement
11:45et son cabinet de sécurité
11:46qui a exprimé sa colère
11:48de découvrir
11:49le cessez-le-feu comme ça.
11:50C'est peut-être
11:51un premier signal
11:52depuis quelques semaines
11:54d'une véritable influence américaine,
11:56en tout cas même
11:56d'une décision américaine
11:58sur le gouvernement israélien.
12:01Maintenant, il a encore
12:02des atouts dans sa manche,
12:03à commencer par la présence
12:04de ses forces militaires
12:06dans le sud du pays
12:07parce qu'il va pouvoir dire
12:08aujourd'hui, moi,
12:09je ne retire pas mes troupes
12:11du sud du Liban
12:11s'il n'y a pas de désarmement
12:13et on rentre à nouveau
12:14dans des discussions
12:15qui seront forcément compliquées.
12:17Un mot quand même
12:18de la population libanaise
12:19parce qu'il ne faut jamais
12:20l'oublier
12:21comme on n'oubliera pas
12:22la population iranienne
12:23depuis six semaines.
12:25Il y a évidemment
12:25un soulagement considérable
12:27de passer une nuit
12:28sans entendre
12:29le bruit des bombes.
12:31Il y a aussi
12:31une colère
12:32vis-à-vis d'Israël
12:34et le mot est faible.
12:35Il y a huit jours à peine,
12:37Beyrouth était
12:38sous un déluge de bombes
12:39avec des centaines
12:40de victimes civiles
12:41même s'il y avait
12:43des cibles du Hezbollah
12:44au départ
12:45des frappes israéliennes.
12:47Et tout ça,
12:47ça pèsera
12:48dans les discussions
12:48des prochains jours.
12:49On ne va pas pouvoir
12:50enterrer la hache de guerre
12:51en quelques jours
12:52après ce qui s'est passé
12:53depuis six semaines.
12:54Avec évidemment
12:54les conséquences politiques
12:55aussi de l'intervention israélienne
12:56qui font qu'il y avait
12:57une colère libanaise
12:58qui existe quand même encore
12:59dans une partie de la population
13:00à l'endroit du Hezbollah
13:01mais qui s'est considérablement réduit
13:03dès lors qu'il y a même
13:04une forme de solidarité
13:05qui s'est renforcée
13:06sans aucun doute
13:07à cause justement
13:08de l'agression israélienne
13:10dont la population libanaise
13:11a été victime.
13:12Avant de passer
13:12à notre deuxième sujet,
13:13juste un dernier mot,
13:14Henri Vernet.
13:14D'ailleurs peut-être
13:15que je peux poser la question
13:16à tous si vous avez
13:17des informations.
13:18Est-ce qu'on sait
13:19où en sont les négociations
13:20entre les Etats-Unis
13:21et l'Iran
13:22à l'heure où l'on se parle ?
13:23Henri ?
13:23Non, à part le fait
13:25qu'elles devraient reprendre
13:26d'une manière ou d'une autre
13:27parce que c'est leur intérêt
13:28à tous les deux.
13:28Non, on ne sait pas vraiment.
13:29Alors si on a quand même appris
13:30qu'il y aurait eu un message
13:31mais ça, ça vient de la Maison Blanche
13:33qui aurait quand même
13:34un effort considérable
13:35sur l'histoire, vous savez,
13:36de ces 440 kilos d'uranium
13:38enrichis, vraiment enrichis
13:39c'est-à-dire à 70%
13:40alors que c'est de l'ordre de 97
13:42pour avoir la bombe nucléaire
13:44donc c'est vraiment crucial
13:45on n'est pas loin
13:45et donc les Iraniens
13:47pour l'instant
13:47ne voulaient pas parler de cela
13:48il semblerait que là
13:50il y ait quelque chose
13:51qui pourrait se dénouer
13:52mais c'est très au conditionnel
13:53Un mot Nicolas ?
13:54Il y a un trafic
13:54qui a quand même repris
13:56progressivement
13:57dans le détroit d'Hormuz
13:57on a des signaux
13:58on va dire
13:59et on constate bien
14:01que la Maison Blanche
14:01est à la recherche
14:03d'une sortie de la guerre
14:04tout simplement
14:05il faudra une concession
14:06suffisamment importante
14:07pour pouvoir créer victoire
14:08mais on sent que c'est
14:09ce que cherche
14:10Donald Trump aujourd'hui
14:11Merci beaucoup Nicolas Théa
14:12rédaction internationale
14:13de Radio France
14:14d'être passée nous voir
14:15ce matin
14:16nous allons revenir
14:17à la politique française
14:18et l'onde de choc
14:20chez l'éditeur Grasset
14:22qui prend un tour politique
14:23c'est juste après l'info
14:24en une minute
14:25il est 9h20
14:26voici Philippine Thibodeau
14:28Aide des stations
14:29services fermés
14:30sur l'autoroute
14:30en sous-jour de départ
14:31en vacances
14:32Arjeudis
14:33filiale du groupe
14:34Total Energy
14:34appelle à la grève
14:35la CGT réclame
14:37une revalorisation
14:38des primes carburants
14:39jugées trop faibles
14:40alors que les prix explosent
14:41selon le syndicat
14:42près de 10%
14:43des stations
14:44sont impactées
14:454% selon la direction
14:46de Total
14:48augmentation des prix
14:49depuis la paralysie
14:50du détroit d'Ormuz
14:50et à ce sujet
14:51Emmanuel Macron
14:52préside une conférence
14:54à Paris
14:54objectif
14:55une fois
14:56cessé le feu
14:56avec l'Iran
14:57consolidé
14:58sécurisé
14:59ce passage stratégique
15:00du pétrole mondial
15:01le cessé le feu
15:02lui entre Israël
15:03et le Liban
15:03est entré en vigueur
15:04cette nuit
15:05mais d'ores et déjà
15:06des violations
15:06sont signalées
15:07l'armée libanaise
15:08accuse Israël
15:09de bombardements
15:10et d'actes d'agression
15:12représailles du Hezbollah
15:13qui annonce avoir attaqué
15:15des soldats israéliens
15:16dans ce contexte
15:17les bourses européennes
15:18ouvrent ce matin
15:19en quasi équilibre
15:20une nouvelle offre
15:21déposée par Bruttelecom
15:23Free et Orange
15:2420 milliards et demi d'euros
15:25pour acheter SFR
15:26les trois opérateurs
15:27entrent en négociation
15:29exclusive
15:29avec Altice France
15:30et puis 7 ans
15:31après la loi
15:32anti-fessé
15:33un quart des parents
15:34continuent de pratiquer
15:35ce geste
15:35dans un but éducatif
15:37selon un baromètre
15:38sur les violences
15:38éducatives ordinaires
15:40publié aujourd'hui
15:41par la Fondation
15:42pour l'enfance
15:45France Info
15:48Les informés
15:49Adrien Beck
15:50Renaud Delis
15:52Et toujours avec
15:53Valérie Gasse
15:54chef du service politique
15:55de RFI
15:56Henri Vernet
15:57éditorialiste
15:58à France Info
15:59Télé
15:59Renaud
16:00notre deuxième sujet
16:01nous amène à parler
16:02littérature
16:03et politique
16:04et surtout
16:05Et oui
16:05alors que s'ouvre aujourd'hui
16:06le festival du livre
16:07à Paris
16:07c'est pas vraiment la fête
16:09dans le monde de l'édition
16:10l'émotion est toujours aussi vive
16:11après le limogège brutal
16:13du PDG de Grasset
16:14Olivier Nora
16:15qui dirigeait la maison
16:16depuis 26 ans
16:17par Vincent Bolloré
16:19le propriétaire
16:19d'Achète Livre
16:20le premier groupe
16:21d'édition français
16:23170 auteurs
16:24ont annoncé
16:25leur départ
16:25de la maison Grasset
16:27en dénonçant
16:27donc une atteinte
16:28inacceptable
16:29à l'indépendance éditoriale
16:30de nombreux éditeurs aussi
16:32dont par exemple
16:33Antoine Gallimard
16:33ou Françoise Nissen
16:34ont signé une pétition
16:35qui dénonce une atteinte
16:37aussi à la diversité
16:39pardon éditoriale
16:39un bouleversement inédit
16:41dans ce monde de l'édition
16:43parmi ces éditeurs
16:44il y a l'un d'autre
16:45un autre a donc fait part
16:46de son émotion
16:47d'ailleurs c'est
16:48Jean-Luc Barret
16:49qui dirige les éditions
16:50plomb
16:51et qui souligne
16:52ce qui à ses yeux
16:53change avec les modes
16:54d'intervention
16:55de Vincent Bolloré
16:56dans le monde de l'édition
16:57ce qui se passe aujourd'hui
16:59est quelque chose
16:59totalement inédit
17:00dans l'histoire
17:01de l'édition française
17:01il y a aujourd'hui
17:02ce genre de prédateurs
17:03dans ce milieu
17:04qui sont des gens
17:05qui arrivent
17:05qui débarquent
17:06et qui essaient
17:07de vous imposer
17:07leurs convictions
17:08et donc rien ne justifie
17:10cette action là
17:11sinon la volonté
17:12d'une main de mise
17:13politique et idéologique
17:15sur l'édition française
17:16comme on a tenté
17:17de le faire
17:17d'ailleurs sur la presse
17:18sur les médias
17:18etc.
17:19Alors les méthodes
17:20de Vincent Bolloré
17:21un objectif politique
17:22voire idéologique
17:23dans le monde de l'édition
17:24comme dans la presse
17:25et puis donc évidemment
17:26des réactions de politique
17:27qui s'indignent
17:28à gauche en particulier
17:29Jean-Luc Mélenchon
17:30Olivier Faure
17:31Dominique de Villepin
17:32également d'ailleurs
17:33ou encore Bernard Cazeneuve
17:34l'ancien Premier ministre socialiste
17:36qui lui demande
17:37de renforcer par la loi
17:38justement
17:39de garantir davantage
17:40par la loi
17:40le pluralisme
17:41dans le monde de l'édition
17:42mais aussi dans la presse
17:44et puis il n'y a pas seulement
17:45des élus de gauche d'ailleurs
17:46il y a un eurodéputé
17:48Les Républicains
17:50donc marqué à droite
17:51François-Xavier Bellamy
17:52qui est aussi philosophe
17:53et édité par Grasset
17:55qui fait part de son malaise
17:56J'ai en publiant
17:58de la philosophie
17:59eu la grande chance
18:00d'être accueilli
18:01chez Grasset
18:01avec un vrai sens
18:02de la liberté
18:03j'ai le sentiment
18:04d'un grand gâchis
18:05que le livre
18:05devrait échapper
18:07aux catégories politiques
18:08Alors Valérie Gass
18:10déjà on entend
18:11effectivement
18:11cet extrait
18:13de François-Xavier Bellamy
18:15qui effectivement
18:15interroge
18:17parce que
18:18François-Xavier Bellamy
18:19est quand même
18:19effectivement plutôt
18:20étiqueté à droite
18:21De droite et conservateur
18:22Et conservateur
18:23Est-ce qu'aujourd'hui
18:24elle se ressent
18:26cette mainmise
18:27de Vincent Bolloré
18:28dans le milieu
18:28de l'édition ?
18:30Au niveau des médias
18:30c'est assez clair
18:32mais au niveau de l'édition ?
18:33Bah visiblement
18:33c'est en train
18:34de commencer
18:37ce limogé
18:38a fait en fait
18:39sortir
18:40cette problématique
18:42qui en effet
18:43jusque-là
18:44ne touchait pas
18:45le domaine
18:45de l'édition
18:46on a parlé beaucoup
18:46du groupe Bolloré
18:47et des médias
18:48mais
18:49l'intensité
18:51de la réaction
18:52des 170 auteurs
18:54qui tout à coup
18:54de tout bord politique
18:56se révoltent contre ça
18:58et veulent quitter Grasset
19:00ça signifie
19:02qu'il y a quand même
19:02une grosse crainte
19:03et qu'en effet
19:04l'édition
19:05est peut-être
19:06le nouveau champ de bataille
19:07Henri Vernet
19:07certains disent
19:09voilà
19:09il faudrait peut-être
19:10aller plus loin
19:11garantir
19:12une forme de pluralité
19:13par la loi
19:14dans les maisons d'édition
19:16ou à minima
19:17que les auteurs
19:18aient une forme
19:19de clause de conscience
19:19et puissent
19:21effectivement partir
19:22récupérer leurs droits
19:23facilement
19:23lors d'un changement
19:25d'actionnaire
19:25est-ce que
19:26ça peut être pertinent
19:27est-ce que c'est
19:28c'est un sujet
19:29qui est porté
19:30aujourd'hui
19:30dans le débat public
19:31alors sur le deuxième point
19:32oui c'est à dire
19:33des espèces de clause de conscience
19:34un petit peu à l'image
19:35des journalistes
19:35de nous dans les médias
19:37ce qu'on peut faire
19:38quand on fait face
19:38à un changement d'actionnaire
19:40oui ça ce serait assez logique
19:41je crois d'ailleurs
19:42qu'il y a une réflexion
19:42qui est engagée
19:43parce qu'il y avait
19:44une tribune
19:44qui était assez ancienne
19:45qui remontait
19:45à la reprise de contrôle
19:46de Fayard
19:47qui est également
19:48dans le même groupe
19:49mais de l'éditeur Fayard
19:50et c'est là
19:51que comment dire
19:51un groupe d'auteurs
19:52s'était mobilisé
19:53sur ce thème là
19:54que les auteurs
19:55en quelque sorte
19:56conservent leurs droits
19:57de propriété intellectuelle
19:59donc ça oui
20:00alors après
20:01légiférer plus globalement
20:03sur la presse
20:04et l'édition
20:05attention
20:05les lois existent déjà
20:07moi je suis un peu surpris
20:07quand j'entends
20:08certains commentaires
20:08il y a bien sûr
20:09en France
20:10la loi Léotard
20:11de 1986
20:12qui est censée
20:13quand même justement
20:13contrôler
20:14avoir
20:14comment dire
20:15une espèce de maîtrise
20:17sur ces concentrations
20:17mais il y a surtout
20:18une réglementation européenne
20:20qui est très précise
20:21en ce domaine
20:21mais qui en France
20:22n'est pas appliquée
20:23c'est-à-dire qu'on voit
20:24des concentrations se faire
20:25y compris
20:26ces derniers mois
20:27ces dernières années
20:28sans qu'une autorité indépendante
20:30telle qu'elle est envisagée
20:31par la réglementation européenne
20:33n'ait son mot à dire
20:35donc ça c'est quand même
20:36un point important
20:36alors il se trouve
20:37qu'aujourd'hui
20:38Emmanuel Macron
20:39va au salon du livre
20:41alors sans doute
20:41peut-être
20:42il y aura-t-il
20:42une prise de parole
20:43et qui serait
20:44comment dire
20:45qui serait en phase
20:47avec cette actualité
20:48on sait qu'il s'intéresse
20:49de près à cela
20:50moi je viens d'un journal
20:51le parisien
20:52où il y a quelques mois
20:53l'automne dernier
20:54il était question justement
20:55enfin il y avait
20:55d'énormes rumeurs
20:56dans Paris
20:57sur une reprise possible
20:58par Vincent Bolloré
21:00de ce média
21:01et on sait très bien
21:02que c'était un petit peu
21:03remonté à l'Elysée
21:04non pas que ce soit
21:04il faudrait surtout pas ça
21:06que l'Elysée contrôle ça
21:06mais il y avait quand même
21:08une espèce
21:09un intérêt
21:09d'attention portée
21:11ce qu'il faut bien comprendre
21:12en quelques mots
21:13c'est que
21:13c'est pas simplement
21:14une affaire
21:15qui émeut
21:16le petit monde
21:16germano-pratin
21:18comme quand il y a
21:19des problèmes
21:19dans la presse
21:20ça ne concerne pas
21:21simplement les journalistes
21:22parce qu'il y a
21:23la question de la loi
21:23qu'évoquait Henri Vernet
21:24qui peut être modifiée
21:25peut être renforcée
21:26pour garantir le pluralisme
21:27et puis qui peut être
21:28mieux appliquée
21:29y compris au niveau
21:30y compris les lois
21:30les directives
21:31inspirées de l'Union Européenne
21:32mais la pratique
21:34de Vincent Bolloré
21:35outre le fait
21:36qu'elle a évidemment
21:36un but idéologique
21:37et politique évident
21:38vous évoquez le cas de Fayard
21:39Fayard qui est une maison
21:40jusque-là extrêmement réputée
21:42en matière de publication
21:42de livres d'histoire
21:43est devenue
21:44une maison d'édition
21:45c'est ce qui peut être sensible
21:46non mais aujourd'hui
21:48Fayard publie à tour de bras
21:51Jordan Bardella
21:51Marion Maréchal
21:52et bien d'autres
21:54mais le problème
21:56c'est qu'au-delà des lois
21:56Vincent Bolloré
21:57il bouscule
21:58il bouleverse
21:58il chamboule
21:59les usages
22:00parce que jusqu'à présent
22:01les groupes
22:02les maisons d'édition
22:03et j'en ai fini dans un instant
22:04grand public et généraliste
22:06quel que soit leur propriétaire
22:08elles pratiquaient le pluralisme
22:09jusque-là
22:10Hachette c'était
22:10la maison Lagardère
22:11Jean-Luc Lagardère
22:13comme Arnaud Lagardère
22:14sont plutôt marqués à droite
22:15proches de Nicolas Sarkozy
22:16mais ils respectaient
22:17totalement ce pluralisme
22:19ça n'est plus le cas
22:20aujourd'hui
22:20merci Renaud Delis
22:22c'est terminé
22:22Valérie Gasse
22:23chef du service politique
22:24de RFI
22:25merci Henri Vernet
22:26éditorialiste
22:27France Info Télé
22:28restez sur France Info
22:29les informés reviennent
22:30ce soir 20h
22:31merci Renaud
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