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  • il y a 20 heures
À l'affiche de "Juste une illusion" (en salles), Louis Garrel commente cinq chansons de sa filmographie.
Transcription
00:00On m'avait fait fumer un pétard et on m'avait pas dit, mais évidemment il y avait du vrai
00:02shit dedans.
00:03Donc la première latte que j'ai fait, j'étais un peu surpris, mais ça m'avait fait marrer.
00:10Un massage, le début, c'est le début du film Bertolucci, Dreamers.
00:14Je m'en souviens très bien.
00:15C'est la scène du bain, et c'est vrai que cette scène de la baignoire, elle a pris une
00:19sorte d'importance.
00:20Elle était devenue pas culte, mais un peu iconique du film.
00:23Et je me rendais pas compte sur le moment, c'est marrant, parce que quand on fait un film, c
00:26'est ça qui est drôle,
00:26c'est qu'on se rend pas forcément compte des moments qui vont être les plus marquants pour les spectateurs.
00:30Et donc on était tous les trois, la baignoire avec Eva Green, Michael Pitt.
00:34Je me souviens d'ailleurs qu'on m'avait fait fumer un pétard et on m'avait pas dit, mais
00:37évidemment il y avait du vrai shit dedans.
00:39Donc la première latte que j'ai fait, j'étais un peu surpris, mais ça m'avait fait marrer.
00:44J'adorais les deux acteurs du film, j'adorais toute l'équipe du film.
00:48J'étais jeune, j'avais 19 ans.
00:49Mais de toute façon, j'étais assez fantasmé vachement, ce moment-là, quand j'avais 14-15 ans,
00:52j'avais vu un documentaire qui s'appelait « Grand soir et petit matin » de William Klein,
00:56qui était vraiment un documentaire sur la vie de ces jeunes étudiants qui essayaient de s'organiser pendant la révolte.
01:02Et il y avait un truc qui me faisait fantasmer, donc j'avais été très content de jouer dans le
01:05film de Bernardo.
01:10Ça c'est une scène où Camille danse.
01:12En fait, Eric et Olivier m'ont dit que souvent dans leurs films, ils demandaient aux acteurs,
01:15ils improvisaient une scène où les acteurs se mettaient à danser,
01:18parce qu'ils disaient que c'est vrai que tout d'un coup, il y a comme un espèce de
01:20côté débridé,
01:21où on voit le mouvement d'un personnage tout d'un coup qu'on n'aurait pas pu imaginer.
01:25C'est assez inattendu de voir comment quelqu'un bouge.
01:27Il se trouve que je ne danse pas très bien.
01:29Donc ils m'ont demandé de danser, et pendant trois minutes, je me suis vraiment lâché,
01:33c'était ridicule, mais bon, je crois que c'était plutôt marrant.
01:35Il y avait quelque chose qui d'un coup correspondait au personnage de Yves,
01:38enfin ça lui donnait quelque chose.
01:39Et puis ensuite, ils ont demandé à Camille de faire la même chose,
01:41et elle s'est mise à danser, elle danse vraiment très très très très bien.
01:43Et ensuite, je l'ai rejoint pendant sa danse,
01:46et c'est vrai que la grâce de Camille,
01:49je ne sais pas, son énergie, ça a fait vraiment une super belle scène dans le film.
01:53C'est vrai qu'il n'y a pas beaucoup de sensualité dans ce couple,
01:57entre eux, et c'est vrai que c'est un moment en plus compliqué pour le personnage masculin
02:00et plus facile pour ce personnage féminin qui est en train de trouver sa voie
02:03après l'avoir longtemps cherché, puis après avoir longtemps lutté à l'intérieur de sa maison.
02:08Le moment est très beau parce qu'il n'y a pas de rivalité entre eux,
02:12et c'est un moment où ils se retrouvent et qui est très très tendre.
02:21C'est dans Saint-Laurent de Bonello,
02:22tout de suite c'est le souvenir de Gaspard qui est mort d'ailleurs il y a 4 ans maintenant,
02:27à qui on pense très souvent parce qu'on a été quand même toute une bande.
02:30Alors avec Gaspard, on n'était pas amis depuis très longtemps,
02:33on est amis depuis quelques années, depuis Saint-Laurent en fait,
02:34on s'était rencontrés là et j'avais vraiment découvert,
02:37je l'avais vu évidemment dans les films,
02:39j'admirais comment il jouait,
02:40il était quand même un acteur qui était très mystérieux.
02:43Outre son immense charme et sa voix très incroyable,
02:47enfin qui n'appartenait qu'à lui,
02:49et on avait vraiment joué ensemble dans Saint-Laurent,
02:52et on s'était beaucoup aimés,
02:53on était restés quand même très...
02:56Il n'y avait pas beaucoup d'acteurs comme ça de cinéma
02:58avec qui je parlais intimement,
02:59et Gaspard faisait partie de ces gens-là.
03:01Jacques de Bachère était à la fois l'amant de Karl Lagerfeld
03:03et aussi de Saint-Laurent,
03:05alors que Pierre Berger structurait la vie d'Yves,
03:07et Yves se perdait au contact de Jacques.
03:09Donc Saint-Laurent, de Bonnello,
03:12maintenant il a le souvenir de Gaspard,
03:14Gaspard hante le film d'une manière particulière.
03:20Gérard Blanc,
03:21alors ça c'est une chanson que je ne sais pas comment,
03:24parce qu'elle ne faisait pas partie des chansons
03:25que j'écoutais vraiment dans ma vie privée,
03:27ça c'est donc qu'elle fait partie de la bande originale
03:29de mon film, L'innocent.
03:31C'est une scène de karaoké,
03:32puis ensuite elle bascule sur le moment,
03:34le dernier tiers du film,
03:36et comme c'était genre on démarre une autre histoire,
03:39maintenant il y a une autre histoire qui commence.
03:40Je voulais que le film soit ponctué
03:43de plein de chansons de variété,
03:44parce que je disais tout le temps
03:45il faut qu'on fasse un film de variété,
03:46puis surtout il fallait que la musique du personnage de la mère
03:49inonde tout le film,
03:50il fallait que la mère soit présente partout,
03:52et surtout les musiques.
03:54Et tout d'un coup elle est arrivée,
03:55je me suis dit génial,
03:57elle marchait vraiment super bien au moment,
03:58je voulais la mettre.
04:06Alex Beaupin,
04:07Les yeux au ciel,
04:08pareil,
04:09film qui à un moment est devenu,
04:11ouais,
04:11les gens étaient devenus un peu cultes,
04:13il y a encore des gens qui m'en parlent,
04:14des chansons d'amour,
04:15on tournait en pleine rue,
04:17et c'était un sentiment de honte,
04:18parce que je chantais réellement,
04:20avec la musique qui sortait d'un espèce de haut-parleur
04:22qu'on tirait sur un petit diable,
04:24vous savez, les trucs de travaux,
04:26avec des gens qui nous regardaient dans la rue,
04:27et je me disais,
04:28soit on va faire des scènes ridicules,
04:31parce qu'il y a ça aussi,
04:32il faut prendre le risque d'être un peu ridicule
04:33dans les comédies musicales,
04:34parce que le procédé est tellement artificiel
04:36que ça passe où ça casse,
04:38et là c'est vrai que les chansons d'Alex
04:40étaient quand même tellement bien,
04:41non, on faisait les films d'une manière presque au brouillon,
04:44on n'avait vraiment pas beaucoup de budget,
04:45et surtout c'était un rythme presque de,
04:48je ne sais pas,
04:49il y a un rythme de musical,
04:50on allait vite,
04:51on ne se posait pas trop la question,
04:53je n'étais pas du tout sûr de moi,
04:54je me disais,
04:55oh la la vache,
04:55putain, c'est du enfer.
04:56Au ciel,
04:58ces nuages lents,
05:00dans le bleu des fers,
05:02le soleil inonde...
05:04...
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