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  • il y a 2 jours
Tous les jours, les informés débattent de l'actualité autour de Renaud Dély.

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00:01Générique
00:06Bonjour à tous et soyez les bienvenus pour notre rendez-vous d'une demi-heure d'actualité,
00:11les informés du matin, rendez-vous de décryptage sur la radio France Info et puis sur France Info Télé,
00:17le canal 16 de la TNT, avec au menu ce matin deux sujets, les mesures annoncées hier par Sébastien Lecornu
00:23pour faire face à la crise des carburants sont-elles suffisantes et jusqu'à quand ?
00:26Et puis la prolongation du cessez-le-feu en Iran annoncée par Donald Trump, le président américain.
00:30A-t-il une stratégie ? Pour en parler ce matin, à mes côtés, Alexandra Saviana.
00:35Bonjour Alexandra.
00:36Bonjour.
00:36Bienvenue à vous, vous êtes rédactrice en chef adjointe de l'Express.
00:40Henri Vernet, bonjour Henri.
00:41Bonjour.
00:42Éditorialiste à Radio-Orient France 24 et France Info Télé.
00:45Et puis Emmanuel Cuny, bonjour Emmanuel.
00:47Bonjour.
00:48Éditorialiste économie à France Info.
00:50Tout de suite, on va donc commencer avec ces nouvelles mesures annoncées hier par Sébastien Lecornu.
00:55Des nouvelles mesures pour soutenir d'une part les secteurs frappés par l'envol des prix des carburants.
01:00Et puis une aide aussi pour ceux qu'il qualifie de grands rouleurs.
01:04Des mesures détaillées hier soir au journal de 20h de France 2 par le ministre de l'Économie et des
01:08Finances, Roland Descure.
01:10Ce sont des Français qui travaillent, qui utilisent leur voiture pour travailler et qui sont dans ce qu'on appelle
01:15sous la médiane du revenu imposable.
01:18On a calibré ça de manière à ce que pour ces gens-là, en moyenne, sur la base d'un
01:21plein habituel, ça représente 20 centimes par litre d'essence au plein.
01:26On va vous demander de déclarer votre kilomètre.
01:28C'est un site de 16 ans puisque c'est impo.gouv.fr.
01:31On va développer une application particulière qui sera sur ce site.
01:34On va dire d'ici la fin du mois de mai, j'espère qu'on aura le site.
01:38Espérons qu'on ait le site d'une part, qui fonctionne aussi évidemment.
01:41Emmanuel Cuny, il y a donc cette mesure dite pour les grands rouleurs.
01:44Et puis il y a d'autres mesures sectorielles qui ont parfois été prolongées, d'autres ajoutées.
01:48Est-ce que vous pouvez nous le détailler ?
01:50Et puis au total, combien ça coûte ? Combien ça va coûter aux finances de l'État ?
01:54Alors si on regarde, on ne va peut-être pas être exhaustif parce que les chiffres sont assez nombreux.
01:59Il y a les grands rouleurs dont on vient de parler.
02:01Il y a aussi les pêcheurs.
02:02On va passer de 20 centimes à 30, 35 centimes le litre.
02:06Les agriculteurs, là il y a un vrai geste parce que le Premier ministre a annoncé une aide multipliée par
02:124
02:12pour atteindre 15 centimes par litre de gasoil non routier.
02:16Donc pour les agriculteurs, on voit qu'il y a un effort effectivement conséquent.
02:21Combien tout cela va coûter par rapport à ce qui avait déjà été déployé le mois dernier ?
02:26On passe de 70 millions d'euros, ce qui était le montant des premiers mois d'avril, à 170 millions
02:34cette fois-ci.
02:36Donc si on ajoute tout cela, ça fait quand même des sommes assez importantes.
02:39Et on imagine que ces mesures risquent fortes d'être prolongées.
02:44Donc si prolongation il y a, évidemment sur l'ensemble de l'année, on dépassera, on approchera, on dépassera très
02:49probablement le milliard d'euros.
02:51Et est-ce qu'on a les moyens, Emmanuel Cuny ?
02:53Dans le même temps, Sébastien Lecornu envisage de geler des crédits, d'annuler un certain nombre de crédits pour faire
02:59face au coup de la guerre.
03:00Alors ça, il faut voir où on va pouvoir geler certains crédits.
03:05Parce que pour l'instant, on n'a aucun détail.
03:06On sait que certains ministères régaliens ne seront pas touchés.
03:09Évidemment, la défense en priorité, l'éducation nationale.
03:13Pour les autres, quelles sont les marges de manœuvre ?
03:15On ne sait pas trop.
03:16Donc voilà, on est face à un mur qui est logique d'ailleurs.
03:20Heureusement, parce que les 3 millions de Français qui sont concernés ont besoin de ces aides de très court terme.
03:26Mais voilà, il va falloir retrouver l'argent nécessaire.
03:28Alexandre Saviana, est-ce que ces aides répondent déjà à la situation d'urgence de près de 3 millions de
03:33Français ?
03:33Est-ce qu'elles sont suffisantes à vos yeux ?
03:35Et comment vous analysez la stratégie de Sébastien Lecornu ?
03:37Alors, ce sont des aides, on a envie de dire quelque part, c'est mieux que rien,
03:42à la mesure où elles étaient déjà demandées par les gros rouleurs depuis de nombreuses semaines.
03:48Le gouvernement a une marge de manœuvre réduite et ils veulent maintenir leur trajectoire vis-à-vis du déficit.
03:55Ils veulent le ramener au-dessous des 3% en 2029.
03:59Donc ils font tout pour composer avec ça.
04:00En fait, c'est une réponse aussi à une pression globale, à une crise qui s'éternise.
04:05Et au fait que les voisins européens, y compris ceux qui sont pourtant habitués
04:10à être plus rigoureux sur leurs dépenses publiques, ont, eux, distribué massivement des aides,
04:16je pense, relativement massivement, je pense à l'Allemagne, je pense à l'Espagne, à l'Italie,
04:21je pense au blocage des prix qu'on a vu en Hongrie et en Croatie.
04:24Donc là, Sébastien Lecornu, en fait, joue la montre et tente d'avoir le plus de mesures les plus restreintes
04:32possibles
04:33pour maintenir les finances publiques dans le vert, tout en sachant...
04:37Qui sont déjà dans le rouge, quand même.
04:38Qui sont déjà dans le rouge, effectivement.
04:39De corriger la trajectoire, plutôt, effectivement, vous avez raison.
04:42Tout en sachant qu'ils ne veulent pas, en fait, reproduire l'erreur qui a été faite en 2022
04:48où ils avaient distribué des aides conséquentes pour les carburants
04:52et où, finalement, ça s'était chiffré par d'énormes dépenses publiques
04:57qui avaient bénéficié aux plus aisés.
04:59Parce qu'en 2023, il y avait une étude de l'INSEE
05:01qui montrait que ces ristournes à la pompe avaient finalement bénéficié aux très gros rouleurs
05:06qui se trouvent aussi être les plus aisés.
05:08Et c'était les 25% de la population en question qui vivaient confortablement
05:13qui en avaient bénéficié.
05:14Donc là, ils essaient justement de mieux cibler.
05:16Mais la question, c'est est-ce qu'ils vont arriver ?
05:17Est-ce que le site sera prêt à temps ?
05:19Et est-ce que les travailleurs seront contents de cette ristourne de quelques euros sur leur plein ?
05:23Oui, d'autant que ce qui est important de préciser,
05:26c'est que certaines aides qui sont consenties, notamment celles aux pêcheurs,
05:30devront passer devant la Commission européenne.
05:33Bon, on imagine mal vu le contexte, on voit mal Bruxelles s'opposer à ces mesures.
05:38Mais il y a quand même un passage par Bruxelles que le Premier ministre n'évoque pas.
05:42Maude Bréjean, la porte-parole du gouvernement,
05:44confirme ce matin cette estimation de 6 milliards d'euros
05:46de coûts de la crise pour les finances de l'État.
05:50Et elle explique d'ailleurs que tous les ministères devront y passer, en quelque sorte.
05:55Est-ce que c'est envisageable ? Et comment faire, Henri Vernet ?
05:57Comment faire, justement ? Ça, c'est vraiment l'équation aujourd'hui du gouvernement.
06:01C'est envisageable, oui, dans la mesure où, quand on prend les proportions
06:05par rapport au budget de manière générale et encore plus au PIB,
06:09ce n'est pas non plus énormissime.
06:10Néanmoins, c'est vrai que...
06:11Même si, évidemment, un ministère comme la Défense, lui, ne sera pas touché.
06:13Alors moi, c'est là, franchement, que j'ai un vrai étonnement.
06:17Si c'est vrai, si réellement ce ministère est sanctuarisé,
06:21ce qui est le cas actuellement, je ne remets pas du tout en doute la parole.
06:24Non, mais bien sûr, je ne remets pas ça en doute. Je parle simplement de la durée.
06:27Ça fait 30 ou 40 ans que, dans ce pays, la Défense est vraiment la variable d'ajustement
06:33sous tous les gouvernements qui ont précédé l'équipe, le gouvernement Macron.
06:38Alors, cette fois, c'est vrai qu'il y a un effort, allez, j'allais dire, un peu louable,
06:41quand on voit le contexte international où c'est vraiment crise sur crise,
06:44et c'est évidemment, singulièrement, depuis l'Ukraine,
06:46et donc la guerre en Europe pour faire vite depuis 2022.
06:49C'est vrai qu'il y a un effort qui est massif, qui est considérable,
06:52pas d'ailleurs qu'en France, mais en Europe en général.
06:56Néanmoins, est-ce que c'est soutenable dans la durée ?
06:59Quand on voit, en effet, d'abord cet État, mais vraiment désastreux de l'Ontario publique,
07:03là, on a rappelé que d'autres pays, y compris l'Italie, l'Espagne,
07:06prennent des mesures beaucoup plus massives en faveur de leurs citoyens,
07:09en faveur des consommateurs, parce qu'elles en ont les moyens.
07:11Pourquoi ? Parce qu'elles ont fait des réformes que la France n'a pas faites.
07:13Mais bref, est-ce que réellement, la défense sur le long terme,
07:17c'est-à-dire, parce que cette crise va durer,
07:19quand je dis long terme, c'est pas dans 10 ans,
07:21c'est vraiment, donnez-moi à voir, dans l'année qui vient,
07:23est-ce que vraiment, ça restera sanctuarisé ?
07:26Tant mieux si c'est le cas,
07:29mais c'est vrai que ce serait vraiment une première dans notre histoire.
07:31Cela dit, on n'en manque pas.
07:32Il y a beaucoup de révolutions culturelles,
07:34enfin, de petites révolutions culturelles qui sont faites,
07:36parce que, comme vous l'avez souligné,
07:37c'est vrai que cet effort, qui est 70 millions,
07:40puis aujourd'hui, 170 à 180 millions d'aides,
07:43c'est vraiment sans commune mesure,
07:44avec le quoi qu'il en coûte du Covid.
07:46Et, en effet, avec la période 2022-2023,
07:48on était à 8 milliards pour les carburants,
07:50et sur la période en tout, on était à 70 milliards.
07:52Donc, il y a vraiment cette idée que, désormais,
07:55l'État, la politique de l'aide n'est plus systématique,
07:58qu'en effet, il faut chercher l'équivalent d'économie
08:01dans les dépenses de l'État.
08:03Donc, il y a, en effet, des changements profonds.
08:05Il faut voir s'il s'installe réellement face à cette crise qui peut durer.
08:08Avec cette sanctuarisation des dépenses de la défense
08:11qu'évoquait Henri Vernet à l'instant,
08:13Emmanuel Cuny, est-ce qu'elle est tenable durablement ?
08:16Est-ce qu'il y a des missions qui pourraient être au revoir ?
08:17Quelle est la position de l'exécutif ?
08:19Alors, il y a le très court terme qui est nécessaire,
08:23on l'a vu, pour ces millions de Français concernés.
08:26Mais, Henri Vernet parlait du long terme à horizon 1 an.
08:29Moi, je vois le long terme à horizon 5-10 ans.
08:32Je reconnais bien là, Emmanuel Cuny.
08:33Non, mais ce qui est réel, en fait, le réel problème,
08:36ce sont les réformes structurelles,
08:38dont les réformes liées à la transition énergétique,
08:41la transition écologique,
08:42qui ne peut pas se faire du jour au lendemain.
08:43Ce n'est même pas la durée d'un quinquennat.
08:45Il faut que les politiques se mettent d'accord,
08:48travaillent dans la continuité.
08:49Ça ne se fait pas sur 5 ans, ça se fait sur 10-15 ans.
08:52Et surtout, il y a un mot dont on parle beaucoup en ce moment,
08:55c'est la sobriété énergétique.
08:57Attention au mot sobriété.
08:59Quelle sobriété ?
09:00Si la sobriété est de faire de la décroissance pour dire de consommer moins,
09:06on va droit dans le mur.
09:07Parce que la décroissance, qu'est-ce que ça veut dire ?
09:09Ça veut dire moins d'économie, moins de rentrée fiscale,
09:12donc moins de marge de manœuvre pour investir dans la transition énergétique.
09:17Donc attention au mot valise très politique.
09:20On aurait pu s'y attaquer déjà depuis un bout de temps,
09:22mais on voit force et de constater que de nombreux gouvernements,
09:25pour des raisons purement idéologiques et d'équilibre politique,
09:30se sont éloignés de ces véritables objectifs.
09:32– Alexandra, ça vient à vous qui regardez à au moins aussi long terme
09:35que votre voisin, Emmanuel Cuny.
09:37On voit que le gouvernement à la fois évoque la nécessité d'un plan d'électrification
09:41qui soit plus massif à terme, justement à long terme.
09:43Et en même temps, les mesures annoncées par Sébastien Lecornu,
09:46semaine après semaine, c'est plutôt, j'allais dire,
09:49presque une gestion à la petite semaine.
09:50Et d'ailleurs, Sébastien Cornu hier lui-même disait
09:53qu'une nouvelle salve d'annonce était envisageable si la crise durait.
09:56– Résultat, ça donne un peu l'impression d'un gouvernement
09:59qui gouverne effectivement au fil de l'eau.
10:01La réalité, c'est qu'ils essaient de composer
10:03avec une situation internationale très instable,
10:06c'est peu de le dire,
10:08et un partenaire américain qui est tout aussi imprévisible
10:14que... enfin en fait, qui n'a d'égal que Donald Trump en réalité.
10:17Et donc du coup, aujourd'hui, ils doivent composer
10:20entre deux injonctions,
10:22qui est cette situation qui a un périmètre très variable
10:25et qui peut d'un jour sur l'autre changer,
10:27on l'a vu ce week-end avec l'ouverture et la fermeture
10:29du détroit d'Hormuz,
10:30et aussi l'échéance à venir du budget 2027
10:33qui est déjà en train d'être préparé, discuté.
10:37Le gouvernement sait que ça va être très compliqué,
10:40on se souvient à quel point le budget 2026 a été douloureux.
10:43On se souvient. Et là, en plus, ça va être juste à proximité
10:47de la campagne présidentielle.
10:47On sera en pleine campagne présidentielle.
10:49Injonction supplémentaire.
10:50Il y a aussi une volonté d'Emmanuel Macron
10:53de laisser une trace et de ne pas être le président
10:56qui aura laissé justement les finances publiques dans le rouge.
10:59Donc une volonté de se montrer raisonnable.
11:01Et c'est toutes ces injonctions avec lesquelles il va falloir composer.
11:05D'où la volonté de se montrer toujours très raisonnable
11:07et de gouverner un peu à la petite semaine.
11:09– Un dernier mot, Emmanuel Cuny, ça veut dire que la facture pour l'État
11:12peut enfler dans les semaines qui viennent si jamais la crise s'aggrave.
11:17– Encore une fois, on est à 170 millions d'euros pour le mois de mai
11:21par rapport aux 70 millions, on le disait tout à l'heure.
11:24Si ça continue comme ça, on pourra frôler, voire peut-être dépasser le milliard d'euros.
11:28Donc voilà, c'est pas de la raison.
11:29– Ce qui restera très très inférieur aux crises précédentes.
11:32Il y a quand même un vrai changement.
11:33Simplement, ce changement est-il durable, est-il tenable ?
11:36Parce qu'il y aura la pression de la rue à un moment, s'il y en a encore la
11:39crise sûre.
11:40Et donc, les prix de l'énergie restent élevés.
11:42– Et est-ce que la logique politique sera aussi de se mettre d'accord
11:44sur les moyens d'assumer à long terme la transition énergétique
11:48que les Français sont prêts à assumer ?
11:50On est prêts à baisser toujours le thermostat à la maison,
11:52on achète plus de voitures électriques, etc.
11:54Mais il faut que les politiques aillent de l'avant et soient proactifs.
11:57– Quelque chose me dit qu'on aura l'occasion d'en débattre de nouveau sur ce plateau prochainement.
12:01– Merci en tout cas Emmanuel Kini d'être passé par le plateau des informés du matin.
12:05Vous connaissez la maison, vous repassez quand vous voulez bien sûr.
12:07La situation au Moyen-Orient justement qui est à l'origine de cette crise,
12:10la prolongation des cessez-le-feu annoncées finalement hier soir par Donald Trump,
12:13on en parle dans un instant, juste après l'info en une minute avec Laura Dillieu.
12:17– Israël frappe à nouveau le Liban ce matin, notamment la vallée de la Beka dans l'est du pays.
12:23Une personne a été tuée, deux autres blessés alors que le Liban réclame le retrait total
12:28des forces israéliennes dans le sud du pays.
12:31Un porte-conteneur visé par des tirs iraniens au large d'Omane
12:34alors que Donald Trump prolonge le cessez-le-feu en Iran
12:37mais maintient aussi le blocus sur les ports iraniens.
12:40Les négociations directes, elles, sont au point mort.
12:43J.D. Vance, le vice-président américain, ne s'est pas rendu au Pakistan hier soir.
12:47Les Français continuent de bouder le Libre A qui connaît son pire mois de mars depuis 2009.
12:52Les épargnants ont retiré près de 500 millions de plus qu'ils n'en ont déposé.
12:57La faute, entre autres, à un taux abaissé à 1,5%.
13:00Et la grosse chute de Victor Wanbenyama l'a sorti sur un protocole commotion hier soir
13:06lors d'un match des Spurs à domicile contre Portland.
13:09Le Français est tombé lourdement vers l'avant sur la tête après une faute d'un adversaire.
13:16France Info
13:19Les informés
13:21Renaud Dely
13:24Et voilà donc que Donald Trump a changé d'avis.
13:28Et oui, le cessez-le-feu qui est en vigueur en Iran depuis le 8 avril
13:31était supposé s'arrêter lors de la nuit dernière.
13:35Finalement, le président américain annonçait hier qu'il avait décidé de le prolonger.
13:38Le prolonger d'ailleurs jusqu'à ce que l'Iran lui fasse une proposition, dit-il.
13:43Dans le même temps, il maintient le blocus des ports iraniens
13:46et la situation est toujours aussi tendue dans le détroit d'Hormuz.
13:49Alors, Donald Trump sait-il où il va ?
13:50A-t-il une stratégie ?
13:51La réponse ce matin du général Dominique Trinquant,
13:54ancien chef de la mission militaire française auprès de l'ONU,
13:56qui était l'invité de France Info.
13:58Il a envie d'avoir un accord.
14:00Les informations que nous avons et que les Pakistanis transmettent en particulier,
14:04c'est qu'il y a une dissension au sein du pouvoir en Iran
14:07entre le président du Parlement, Khalifa Baf, et les gardiens de la Révolution.
14:12Les gardiens de la Révolution sont des justes-koboutistes,
14:15alors que M. Khalifa Baf est prêt à négocier.
14:18Et donc, le président Trump à la fois maintient sa pression en maintenant le blocus,
14:22mais laisse une chance à ces dissensions de voir apparaître enfin une proposition iranienne pour négocier.
14:30Alexandre Saviana, c'est ça la vraie raison, d'après vous, du nouveau changement de pied de Donald Trump ?
14:35L'hypothétique apparition de dissensions au sein du pouvoir iranien,
14:39c'est ça qui le fait prolonger ce cessez-le-feu ?
14:41En partie.
14:42En fait, c'est clairement la ligne et l'explication avancées par l'administration Trump.
14:48De fait, c'est une explication qui paraît logique, qui paraît probable,
14:53parce qu'on a un régime iranien qui a été décimé par les premiers jours de la guerre,
14:58où effectivement, on a quelques restants de l'ancien régime.
15:04Je pense qu'il y a une idée d'âge derrière cette explication,
15:08dans la mesure où, quand les Américains et Israël ont frappé l'Iran,
15:13ils ont tué un certain nombre de cadres du régime,
15:16qui étaient les moins radicaux, qui étaient aussi beaucoup, souvent les plus âgés,
15:19c'est-à-dire ceux qui avaient connu l'Iran avant 1979,
15:22avant de se transformer en cette république théocratique
15:24qui est clairement isolée dans le Moyen-Orient et dans le monde entier.
15:30Et aujourd'hui, on a les plus radicaux et les plus jeunes
15:33qui commencent aussi à prendre le pouvoir.
15:34Donc, effectivement, de fait, il y a une tension interne à Téhéran
15:38sur peut-être la position à adopter face aux États-Unis.
15:41Maintenant, elle reste assez limitée.
15:44Je vous rappelle qu'aucune équipe n'est allée au Pakistan
15:48négocier avec les États-Unis.
15:50C'est bien le signe qu'effectivement,
15:52Téhéran peut avoir des dissensions, mais tient aussi sa ligne.
15:55Et de notre côté, on a les Américains,
15:57où on a probablement vu un symptôme de ce qu'on connaît déjà beaucoup,
16:01c'est-à-dire Trump taco, Trump always chicken out.
16:04Ce fameux sigle qui montre que Trump, à chaque fois, montre ses gros bras
16:09a souvent une posture très guerrière et finalement finit par reculer.
16:15On l'a vu parfois sur les tarifs, on l'a vu sur certaines décisions militaires.
16:18C'est aussi le cas.
16:19Là, après avoir décidé de, soi-disant, bombarder l'Iran à la fin du cessez-le-feu,
16:25il recule pour donner une chance à la diplomatie.
16:28Henri Vernais, il recule pour donner une chance à la diplomatie.
16:31Et puis, on se souvient que lorsque de premières discussions ont eu lieu
16:34et qui ont échoué au Pakistan il y a quelques jours,
16:36les Américains étaient venus avec une liste de revendications très précise,
16:39un plan quasiment à imposer aux Iraniens.
16:41Là, Donald Trump repousse le cessez-le-feu, prolonge le cessez-le-feu.
16:44Et c'est lui qui attend une proposition iranienne.
16:47Oui, mais enfin, on voit bien là qu'il est aussi un peu pris de court.
16:50La première question, c'était est-ce qu'il a une stratégie ?
16:52Mais la stratégie, on la cherche.
16:53Moi, je veux bien qu'il y ait des dissensions.
16:54Encore que le régime iranien est extrêmement difficile à lire.
16:58On a du mal et souvent, on est démenti dans les analyses.
17:00Quand je dis « on », c'est les gouvernements.
17:02Ça a commencé par le gouvernement américain et les experts un peu partout.
17:06On est souvent démenti.
17:07Regardez par exemple au début, lui comme Netanyahou, d'ailleurs comme les Israéliens,
17:11tablé sur un effondrement du régime après avoir tué le guide suprême Khamenei
17:15qui lui-même était quand même assez radical.
17:17On ne peut pas dire aujourd'hui qu'il soit débordé par une base qui le sera encore plus.
17:22Peut-être ce qui a changé, c'est que les mots-là ont laissé la place contre un forcée
17:26tout simplement par élimination, disons, au Pazaran, au côté militaire du régime.
17:31Néanmoins, fondamentalement, ça n'a pas changé.
17:33Bon, ça, ça n'a pas marché.
17:34Ce pari-là, il n'a pas marché.
17:36Le pari du soulèvement du peuple, malheureusement, il n'a pas marché.
17:40Et il ne peut pas marcher, évidemment.
17:41Sous les bombes, il n'en est pas question.
17:43Et ça, c'est vraiment le grand malheur aujourd'hui des Iraniens.
17:46Et ce sont aujourd'hui les dissensions.
17:48Pourquoi pas ?
17:48Mais enfin, ce qu'on voit surtout, c'est que qu'est-ce qui l'attend en réalité de Trump
17:51?
17:52En fait, il a quand même donné une arme aux Iraniens qui est tout simplement de jouer sur les détroits
17:56d'Hormuz.
17:57Ouverture ou fermeture, blocage ou pas blocage.
17:59Parce que, bien sûr, il y a ce blocus américain.
18:01Mais il y a quand même surtout des passes d'Aran iraniens par ce qu'on appelle leur flotte moustique.
18:07Donc, tous ces petits bateaux qui peuvent nuire gravement à la circulation dans le Golfe,
18:13ce qu'ils le font, et vers le Détroit.
18:16Le mouillage possible de mines, on n'en sait rien non plus.
18:18Mais enfin, bref, ils ont une carte énorme.
18:20Et cette carte, quand je dis que assez cyniquement, Trump leur a donné,
18:24c'est que tout simplement, avant la guerre, ils ne l'avaient pas.
18:26Le Détroit était ouvert.
18:27Donc, quelque part, il s'est quand même un peu piégé.
18:30Alors certes, on voit que des deux côtés, on ne sait pas très bien où on va vers ces négociations.
18:33Néanmoins, ce qu'on comprend bien, c'est que les Iraniens,
18:35quelle que soit aujourd'hui la nature et la réalité du régime qui a vraiment les commandes,
18:41il a plus de temps que Trump, qui lui est de plus en plus pressé par son temps,
18:45parce qu'il a des Américains qui ne comprennent vraiment de moins en moins ce qui se passe,
18:48qui baissent en popularité.
18:49Je crois qu'il est à 40%.
18:50Alors, évidemment, pour un président français, c'est stratosphérique.
18:52Mais pour un Américain, ce n'est pas terrible.
18:54Et qu'il a des élections en quelques mois.
18:56Et il a le temps, enfin, le pouvoir iranien a le temps.
18:59Les passes d'Aran ont le temps, alors que Donald Trump a, d'une part, ces contraintes-là.
19:03Et puis, d'autre part, même des contraintes parlementaires assez rapides,
19:06puisque la semaine prochaine, dès le 28 avril, une commission du Congrès doit se prononcer
19:09sur la prolongation des opérations armées des États-Unis.
19:12Donc, est-ce que ça, ça explique aussi, peut-être, une forme de fébrilité du côté de Donald Trump ?
19:18Ça peut l'expliquer.
19:19Maintenant, ça...
19:21Et effectivement, on a vu qu'au sein même de la base MAGA, il y a des divisions.
19:26On l'a vu avec les prises de paroles de figures comme l'animateur Tucker Carlson, par exemple,
19:31qui critique vertement Donald Trump, qui a même dit qu'il s'était trompé en le soutenant,
19:36parce que Donald Trump a fait campagne en disant qu'il ne se lancerait pas dans les fameuses guerres éternelles
19:41que les États-Unis ont pu avoir au début des années 2000, l'Irak, l'Afghanistan.
19:47Donc, Trump sait que sa base se morcelle.
19:50Maintenant, il ne faut pas se faire d'illusions.
19:51Non, le Congrès n'est encore un Congrès républicain, qui est encore dirigé par des...
19:58Il sera suivi.
19:59Il sera probablement suivi, sauf gros accident.
20:02La question, c'est vraiment les élections de novembre à venir, les fameux mid-terms.
20:07Et effectivement, là, aujourd'hui, Donald Trump est confronté à un régime iranien.
20:11Je voulais y revenir, je voulais réagir à ce que vous disiez.
20:14Je suis d'accord avec vous, qui est difficilement lisible.
20:16Et c'est un peu lire dans le Marc du Café que de savoir ce qui se passe précisément à
20:21Téhéran aujourd'hui.
20:22Néanmoins, il y a un élément qui est important, je pense, c'est l'année dernière, la guerre des 12
20:27jours.
20:29Quand Israël et les États-Unis ont frappé Téhéran, il y a beaucoup de cadres du régime iranien
20:35qui ont pensé que les Mollahs avaient cédé trop vite et que le cessez-le-feu était arrivé beaucoup trop
20:42rapidement.
20:42Et donc aujourd'hui, on a les tenants de cette ligne qui disent qu'il faut tenir le plus longtemps
20:47possible
20:47pour éviter de céder et de faire des négociations sous la pression américaine.
20:52Ça explique, Henri Werner, que pour l'instant, en tout cas, les Iraniens disent
20:54« Non, pas question de retourner à Islamabad, discuter avec les Américains.
20:57J.D. Vance est toujours au pied de son avion, prêt à embarquer pour retourner au Pakistan.
21:01Mais ce n'est pas le cas. Est-ce qu'on peut imaginer que ces négociations,
21:03ce nouveau ordre de négociations s'engage dans les heures ou dans les jours qui viennent ? »
21:06« Les heures, ça paraît improbable. Mais pourquoi pas ? Les deux ont intérêt à négocier.
21:11Ne serait-ce que parce que pendant que vous négociez, les armes ne parlent pas.
21:14Encore que les Iraniens, à deux reprises, justement, ont bien souligné qu'ils avaient été frappés
21:18au moment où il y avait des négociations sur Terre, avant la guerre des 12 jours en juin.
21:23Et là, l'élimination, la décompétation du régime par la frappe sur Téhéran avait eu lieu
21:28alors qu'il y avait des négociations entre Américains et Iraniens.
21:31Mais néanmoins, c'est vrai que ça pose quand même un cadre.
21:33En plus, là, c'est à Islamabad, donc avec un go-between, un gouvernement et notamment un Premier ministre,
21:38un ancien maréchal pakistanais en qui Trump a une étrange confiance assez importante et donc qui est là.
21:46Donc ne serait-ce que pour ces raisons-là, on peut penser qu'en effet, des négociations,
21:50c'est l'édition, vont reprendre.
21:52En plus, ce serait la moindre des choses.
21:53Rappelons-nous, le premier round, il a duré 20 heures ou 21 heures, je crois,
21:57pour deux pays qui sont en conflit depuis 47 ans.
22:00Je veux dire, c'est...
22:00C'est des retrouvailles.
22:01Voilà. Non, non, mais de quoi vous parlez en 21 heures ?
22:04Là, les sujets sont énormes.
22:05Vous parlez de liste de...
22:06Mais chacun a sa liste de revendications.
22:08C'est 10 points pour les Iraniens qui sont extrêmes, 15 points pour les Américains qui sont extrêmement importants aussi.
22:13Donc, attendez, tout ça, forcément, ça prend du temps.
22:15Merci.
22:15Oui, on peut penser que ça reprendra, oui.
22:17Merci Henri Verne.
22:17C'est le mot de la fin, en tout cas, pour ce matin.
22:19Merci Henri Verne, éditorialiste à Radio-Orient, France 24 et France Info TV.
22:22Merci à Alexandra Saviana, rédactrice en chef adjointe Société Al'Express.
22:26Un mot de la une de l'Express, Alexandra ?
22:28Eh bien, justement, sortir de la dépendance militaire américaine,
22:30comment l'Europe peut se prendre en main et d'état des lieux.
22:33Eh bien, merci à tous les deux.
22:35Les informés reviennent ce soir à 20 heures.
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