- il y a 2 jours
Tous les jours, les informés débattent de l'actualité autour d'Hadrien Bect et Renaud Dély.
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00:04Générique
00:06...
00:06Ravie de vous retrouver pour les informer une demi-heure pour décrypter toute l'actualité politique et pas seulement avec
00:12vous, Renaud Delis.
00:13Bonjour Renaud.
00:14Bonjour Adrien.
00:14Je salue également Hélène Terzian. Bonjour Hélène.
00:17Bonjour Adrien.
00:17Vous êtes journaliste au service politique de France Info et bonjour François-Xavier Bourmeau.
00:22Vous êtes journaliste politique à l'Opinion.
00:25Notre premier débat nous amène à parler, Renaud, de ce que sont les suites des municipales et notamment pour la
00:34droite.
00:35Où va-t-elle ?
00:36Où va la droite ? Voilà.
00:37Quelle est la boussole des Républicains s'ils en ont une au lendemain de ces municipales et dans la perspective
00:41évidemment de l'élection présidentielle de l'année prochaine ?
00:43Comment d'ailleurs désigner un candidat ?
00:45Alors un candidat juste de LR ou un candidat qui serait à la fois un candidat du socle commun, c
00:50'est-à-dire du bloc central et de la droite ?
00:53Il y a donc de multiples propositions de procédures pour désigner ce candidat qui ont été faites.
00:59Bruno Retailleau, le patron de LR, en a retenu trois qu'il va soumettre au vote des adhérents de LR.
01:04Ce sera le 18 avril.
01:05Ils auront le choix entre une primaire dite fermée pour désigner le candidat de LR.
01:09Donc fermée, ça veut dire réservée aux adhérents du parti.
01:12Une primaire dite ouverte, c'est-à-dire qu'elle sera ouverte aussi aux sympathisants LR, aux électeurs LR.
01:18Et puis enfin, un troisième vote qui lui consisterait à désigner directement le président du parti,
01:23comme le candidat à la présidentielle, le président du parti, un certain Bruno Retailleau, justement.
01:28Tiens, ça tombe bien.
01:29Bruno Retailleau qui était l'invité en début de semaine du 20h de France 2
01:33et qui a expliqué que de toute façon, pour sa propre ambition personnelle,
01:37le résultat de ce scrutin ne changeait pas grand-chose.
01:40Je suis, dans tous les cas, candidat.
01:43Moi, je veux porter un projet d'une rupture radicale.
01:46Si on veut donner du pouvoir d'achat, il va falloir travailler un peu plus.
01:49On ne peut pas vivre, si j'ose dire, avec du pouvoir d'achat dans un pays
01:53qui est en train de se tiers-mondiser.
01:55Et puis l'ordre, rétablir l'ordre.
01:57Rétablir l'ordre dans la rue, aux frontières.
01:59Quel que soit donc le vote des adhérents LR le 18 avril,
02:02sur les trois propositions que j'ai énoncées, Bruno Retailleau sera candidat.
02:06Et il est fort possible d'ailleurs que ce soit la troisième proposition
02:09qui soit validée par les adhérents, c'est-à-dire celle que...
02:11Ce vote qui désignerait automatiquement le président du parti
02:14comme le candidat à la présidentielle.
02:15Ce qui a fâché en particulier le maire de Cannes
02:18et président de l'Association des maires de France, David Lysnard,
02:20qui dénonce un vote truqué d'avance
02:22et qui officialisera son départ de LR mardi, justement,
02:26lors d'un entretien avec Bruno Retailleau.
02:28Mais beaucoup d'autres dirigeants de la droite,
02:30Laurent Wauquiez, Xavier Bertrand et bien d'autres,
02:33se sont élevés contre cette procédure.
02:34Et chacun, en quelque sorte, a son idée, son schéma
02:37pour une éventuelle primaire, ou pas de primaire du tout d'ailleurs,
02:39pour Xavier Bertrand.
02:40Alors, à force de se déchirer,
02:42est-ce que la droite va finir, en quelque sorte,
02:46un peu plus émiettée encore ?
02:47Et d'ailleurs, est-ce que le RN et Jordan Bardella
02:49pourraient finir par récupérer, par ramasser ces miettes ?
02:52Alors déjà, peut-être essayons de comprendre,
02:54Hélène Tergent, si vous le voulez bien,
02:56à quoi sert ce vote demandé par Bruno Retailleau.
03:01C'est fait pourquoi ?
03:02Si on est un petit peu cynique,
03:03on peut penser que ça sert tout simplement à Bruno Retailleau.
03:07Bruno Retailleau, il faut le rappeler simplement,
03:10s'est présenté en tant que candidat à la présidentielle
03:12avant même que ce mode de désignation soit acté.
03:17L'idée, en tout cas, officiellement du parti LR,
03:20c'est de dire, il faut qu'on ait d'abord,
03:22dans notre propre écurie,
03:24un candidat à la présidentielle,
03:25un candidat LR qui soit représenté.
03:28Il faut que ce soit une première étape,
03:30quitte à ce que, dans une seconde étape,
03:33eh bien, il y ait un candidat du socle commun,
03:36c'est-à-dire de la droite et du centre,
03:39qui soit désigné.
03:40Voilà.
03:40L'idée, là, de Bruno Retailleau,
03:41c'est de dire, on va choisir entre nous.
03:43J'aimerais bien que ce soit moi.
03:45C'est un peu ce qui...
03:46On l'a compris, je crois.
03:47C'est un peu ce qui se dessine.
03:48Pourquoi est-ce qu'il pense aussi que ce sera lui ?
03:50Pourquoi est-ce qu'on pense que ce sera un plébiscite ?
03:52Parce qu'on a aujourd'hui environ 120 000 adhérents au parti LR.
03:57Ce sont des adhérents qui sont arrivés au moment où Bruno Retailleau
04:01et Laurent Wauquiez se sont présentés à la présidence au printemps dernier.
04:05Et Bruno Retailleau a été plébiscité au moment de cette présidence.
04:09Il a fait presque 75% des voix lorsqu'il a été élu.
04:12Lui, il imagine que ce sera un plébiscite pour lui.
04:14Voilà.
04:15Là, c'est des choses très officielles qui sont en train de se dessiner.
04:17On verra un petit peu comment ça se dessinera pour la deuxième étape.
04:20François-Xavier Bourmeau, là-dessus.
04:21Oui, il y a quelque chose de cassé à droite et chez les Républicains.
04:25Parce que la tradition à droite, c'était quand même plutôt de voir émerger un chef.
04:30Ce qui était le cas de Bruno Retailleau quand il a remporté la présidence des Républicains l'année dernière.
04:36Il s'était imposé largement face à son concurrent Laurent Wauquiez.
04:40Généralement à droite, quand un chef surgit et emporte l'adhésion des militants,
04:44ses concurrents mettent un genou à terre, le reconnaissent comme chef.
04:47C'était le cas de Nicolas Sarkozy notamment.
04:49Et qui avait entamé sa marche vers...
04:52C'est ce qu'on appelait le candidat naturel à l'époque.
04:54Voilà, le candidat naturel.
04:56Or, aujourd'hui, on voit qu'il ne peut pas y avoir de candidat naturel qui émerge au sein des
05:00Républicains
05:01parce qu'ils ne sont pas d'accord sur le fond et sur la stratégie.
05:05Sur la stratégie, on vit en ce moment un peu la réplique du tremblement de terre
05:11qui avait été provoquée par Éric Ciotti quand il avait décidé avant la dissolution
05:14de se rapprocher du Rassemblement national.
05:16Après les élections municipales, Éric Ciotti fait la démonstration à Nice,
05:20même si c'est une démonstration symbolique dans un cadre assez particulier.
05:23Mais il fait la démonstration malgré tout qu'en saignant avec l'ORN, il est victorieux.
05:28Il remporte la ville.
05:29C'est une victoire qui s'inscrit en plus dans le prolongement de celle du député UDR,
05:34Antoine Valentin, qui a largement remporté une législative partielle en janvier en Haute-Savoie.
05:40Et donc, il y a cette tentation à droite de briser le cordon sanitaire
05:44qui avait été érigé notamment par Jacques Chirac,
05:46qui n'était pas d'alliance avec l'ORN.
05:48Et c'est pour ça qu'il n'y a pas de candidats qui peuvent s'imposer à la droite
05:53parce que sur la stratégie, les désaccords sont tels
05:55qu'une primaire ne permettra pas de trancher.
05:59Renaud Daly.
06:00Oui, ça c'est le cœur du problème.
06:01C'est le problème stratégique et le problème identitaire qui se pose à la droite.
06:04Il y a en quelque sorte la mousse ou le folklore, si je veux dire,
06:07c'est ce vote, cette procédure proposée par Bruno Rotailleau
06:09qui est assez cocasse même,
06:11puisqu'il y a un vote proposé aux adhérents de LR juste sur un seul nom, le sien.
06:15Il est probable, c'est ce que disait Alain Tarzion,
06:17au regard du corps électoral, que ce soit la proposition,
06:19puisqu'il y en a trois en plus,
06:21elle n'a pas besoin d'atteindre 50%,
06:22qu'il soit finalement celle qui arrive en tête.
06:24Ça résoudrait tout d'ailleurs.
06:25D'ailleurs, il n'y aurait donc pas de primaire à LR.
06:27Mais de toute façon, même si ce n'était pas cette troisième proposition
06:28qui arrivait en tête,
06:30même si Bruno Rotailleau n'était pas désigné directement candidat,
06:33il précise qu'il sera de toute façon candidat à une primaire extérieure.
06:36Donc en fait, il a deux chances.
06:40On comprend que David Lissnard se soit un peu fâché.
06:42De toute façon, c'est face, je gagne, pile, tu perds.
06:46Mais il est possible que ce soit, entre guillemets, un vote pour du beurre,
06:49puisque le vrai problème, c'est celui que vient d'évoquer François-Xavier Bourmeau.
06:53Derrière, c'est toute la question de l'orientation idéologique
06:55et donc du choix des alliances et de la stratégie au-delà,
06:58qui se pose toujours à la droite.
06:59Et d'ailleurs, ce qui explique que parmi les dirigeants de droite,
07:02il y a une foultitude de contours qui sont évoqués pour une éventuelle primaire.
07:08On sait que Laurent Wauquiez veut que cette primaire aille jusqu'à Saracnafo,
07:11donc jusqu'au parti d'extrême droite reconquête qui est dirigé par Éric Zemmour.
07:15Il n'en est absolument pas question pour Michel Barnier, par exemple, ou Jean-François Copé.
07:21Xavier Bertrand, lui, on sait qu'il ne veut pas du tout de primaire
07:23et que de toute façon, il annonce qu'il sera candidat jusqu'au bout.
07:25Donc la question, elle demeure, est-ce que la droite peut continuer seule ?
07:29LR peut continuer seule ?
07:31Ça paraît peu probable au regard du poids électoral aujourd'hui de LR dans le pays.
07:35Est-ce que LR doit tenter de s'entendre avec les héritiers du bloc central,
07:40notamment Édouard Philippe, évidemment, au premier chef ?
07:43Ou est-ce qu'à l'inverse, LR, une partie de LR, va succomber à la tentation du RN,
07:48surtout si celui-ci est incarné par Jordan Bardella,
07:51et suivre l'exemple d'Éric Ciotti, avant-garde éclairée de ce rapprochement avec l'extrême droite ?
07:57La première précision tient que Sarah Knafo, ce matin même,
08:00se dit justement favorable à une primaire de la droite.
08:03Elle dit que l'idée de Laurent Wauquiez et que l'idée de David Lissard,
08:07donc cette primaire un peu de Gérald Darmanin à elle-même,
08:12est une bonne idée là-dessus.
08:15Ça l'arrange forcément.
08:16Là-dessus, Hélène Terzian, l'idée quand même, malgré tout,
08:21c'est que dans cette primaire, vous n'avez, ou alors peut-être que je me trompe,
08:25mais ni le RN, ni Édouard Philippe.
08:27Ah oui, aujourd'hui, la primaire qui est en train de...
08:30Quel que soit le choix aujourd'hui, parmi les trois choix qui sont sur la table du côté de LR,
08:34il n'y a absolument pas le RN qui est sur la table, ou même le parti Reconquête.
08:38Bruno Retailleau, dans une interview qu'il a donnée au Figaro cette semaine,
08:42redit d'ailleurs que lui n'est pas pour l'union des droites,
08:46que pour lui il est hors de question pour l'instant de faire un accord d'appareil.
08:50Il est davantage favorable, lui, à une alliance dans les urnes,
08:54à ce que les électeurs du RN viennent voter pour lui potentiellement,
08:58si c'est vraiment lui qui est sur la ligne de départ,
09:01plutôt que de faire un accord d'appareil avec le RN.
09:03Aujourd'hui, il en est totalement hors de question.
09:06Petite précision aussi sur cette primaire, c'est un traumatisme quand même à droite, cette primaire.
09:10La dernière, en 2022, c'est Valérie Pécresse qui est sortie gagnante de cette primaire.
09:15Elle n'a même pas fait 5%.
09:17La précédente, c'était une primaire que l'on a dit ouverte,
09:21qui avait créé un vrai engouement.
09:22Et c'est François Fillon.
09:23C'est François Fillon qui en était sorti.
09:24Alors oui, cette primaire avait particulièrement intéressé les Français.
09:27On sait très bien comment ça s'est terminé.
09:29Voilà pourquoi aujourd'hui, Xavier Bertrand, qui a été un candidat malheureux de la dernière primaire,
09:34ne veut pas y participer.
09:36Laurent Wauquiez, lui, aujourd'hui, a boycotté, comme Xavier Bertrand,
09:41le bureau politique de LR pour montrer leur opposition.
09:44Aujourd'hui, la primaire, tout le monde en parle,
09:47mais il n'y en a pas vraiment beaucoup qui veulent y participer tout de même.
09:50En fait, si je suis un peu le raisonnement, François-Xavier Bourmeau,
09:54je parle sous votre contrôle, évidemment.
09:55L'idée, c'est d'arriver à choisir un candidat peut-être le plus tôt possible,
10:01de façon à ensuite pouvoir voir quel sera le paysage,
10:04plutôt qu'une sorte de primaire sauvage au gré des sondages ou que sais-je.
10:09Oui, c'est le seul instrument aujourd'hui qui apparaît capable de trancher la primaire.
10:12Sortir un candidat, le lancer en piste pour qu'il présente son programme.
10:15Mais du coup, c'est peut-être le moment de faire un point sur l'histoire de la primaire.
10:19Parce qu'il se trouve qu'on est en 2026 et on va célébrer ou commémorer,
10:23c'est selon, les 20 ans de la première primaire
10:25qui avait été organisée par le Parti Socialiste en 2006.
10:30Et c'est celle qui avait débouché sur la désignation de Ségolène Royal.
10:33Depuis 2006, il y a eu beaucoup de primaires.
10:36Et il s'est avéré que chacune de ces primaires s'est révélée être une machine à perdre.
10:40Ségolène Royal, d'abord, qui n'a pas remporté l'élection présidentielle.
10:45Je mets de côté le cas de François Hollande.
10:47Je le mets de côté, j'y reviendrai après.
10:50Donc, on l'évoquait tout à l'heure, François Fillon,
10:53qui s'est retrouvé, certes, propulsé par la primaire populaire,
10:58mais totalement enfermé par cette même primaire
11:01quand il s'est agi de changer de candidat.
11:03Quand la question s'est posée, il ne pouvait plus le décrocher.
11:06Et pas forcément soutenu jusque dans son propre temps.
11:09Valérie Pécresse qui a perdu.
11:11Benoît Hamon également, 5,5% à l'élection présidentielle.
11:14Et revenons au cas de François Hollande qui a remporté brillamment la primaire,
11:17mais à l'occasion de laquelle il se retrouvait pied et poing lié avec ses opposants
11:22qui se sont révélés au cours de son mandat devenir défrondeurs
11:25et qui l'ont empêché de se représenter au mandat d'après.
11:27La primaire, sur les 20 dernières années, s'est révélée être une formidable machine à perdre,
11:32totalement inefficace et inutile.
11:34Juste un mot, je ne pense pas du tout que ce soit à cause de la primaire.
11:36Je pense que c'est pour d'autres raisons.
11:38Alors d'abord, la toute première primaire fermée, pour être précis,
11:41qui concernait les adhérents, en fait, il y a eu un hommage national qui lui a été rendu hier.
11:47C'est celle qui avait désigné Lionel Jospin en 1995 face à Emmanuel Macron
11:50comme candidat face à...
11:51Il y a seuls les adhérents du PS à invoter.
11:53Pas Emmanuel Macron.
11:57Jospin était revenu du diable au beau vert, il avait quasiment quitté la vie poétique
12:02et précisément cette primaire où il avait battu Henri Emmanueli,
12:04qui était le premier secrétaire du PS à l'époque, lui avait donné un élan
12:06qui lui avait permis d'atteindre cette fois-ci le second tour de la présidentielle.
12:10Mais ça, c'est une primaire fermée, réservée aux adhérents du PS.
12:13Mais pour ce qui est des primaires ouvertes que vous évoquiez,
12:15je pense que la primaire de 2011 a fait effectivement la victoire de François Hollande en 2012
12:21et que la primaire de 2016, qui avait suscité un vrai engouement,
12:24aurait pu faire celle de François Fillon s'il n'y avait pas eu, j'allais dire,
12:28l'autre face cachée de François Fillon qui s'était révélée au fil de la campagne.
12:32Il y a un problème de casting, mais ce n'est pas le mécanisme qui a causé cette défaite.
12:37C'est le problème qui était inhérent à celui qui l'avait emporté, cette primaire.
12:42Mais la grande différence avec ce qui se passe depuis,
12:45c'est qu'il y avait une cohérence idéologique entre tous les candidats,
12:48une cohérence idéologique minimale, tous les candidats à la primaire socialiste de 2011
12:52comme à la primaire de la droite de 2016.
12:53Et que donc, il s'était rangé, de fait, derrière le vainqueur.
12:57Ce n'était déjà plus le cas en 2017, lorsque Benoît Hamon est désigné,
13:01plutôt que Manuel Valls. Manuel Valls ne se range pas derrière Benoît Hamon.
13:04Et aujourd'hui, on voit bien que le problème, c'est que ce n'est plus le cas ni à
13:07gauche ni à droite.
13:08Il n'y a plus suffisamment de projets communs, en quelque sorte,
13:13pour que, qui imagine que demain, si Édouard Philippe était désigné dans une primaire
13:19qui aille d'Édouard Philippe à Reconquête, par exemple,
13:21que Reconquête soutiendrait Édouard Philippe à l'inverse.
13:24Et l'inverse, c'est évidemment vrai.
13:25Donc on voit bien que, et c'est la même chose à gauche,
13:27on voit bien qu'aujourd'hui, le paysage est tellement disloqué à droite et à gauche
13:30qu'il est très difficile de faire une primaire qui rassemble tout le monde
13:33et qui ensuite entraînerait, en quelque sorte, la discipline et le soutien de tout le monde au même candidat.
13:38Bon, nous allons quitter ces jeux d'appareils assez complexes, reconnaissons-le,
13:42pour évoquer la question d'un réseau social.
13:45Bien sûr, on parle de TikTok, juste après l'info en une minute, il est 9h20, et c'est Diane
13:49Ferschit.
13:5158 millions d'euros de fraude à l'assurance maladie.
13:54Sept personnes sont mises en examen, soupçonnées d'avoir facturé des soins fictifs,
13:58parfois au nom de patients décédés.
13:59Des faits survenus dans 18 structures, un peu partout en France particulière,
14:03des centres de soins dentaires.
14:05Il est en détention provisoire au Portugal, le Français de 42 ans,
14:09suspecté d'avoir tué sa compagne et son ex-conjointe, et d'avoir enlevé ses deux enfants.
14:13Il a été arrêté mardi après plusieurs jours de cavale.
14:16Les corps des femmes ont été retrouvés dans un lieu isolé, dans le nord-est du Portugal.
14:20Les deux enfants, eux, sont sains et saufs.
14:23Le Premier ministre Sébastien Lecornu dit avec prudence vouloir passer sous la barre des 5%
14:29pour ce qui est du déficit public.
14:31En 2026, pour l'an dernier, il est plus bas qu'attendu, à 5,1% selon les chiffres de
14:36l'INSEE publiés ce matin.
14:39Le conflit au Moyen-Orient et les gardiens de la révolution disent avoir attaqué des cibles militaires et énergétiques en
14:45Israël.
14:46Et dans le Golfe, ce matin, attaque de drones, notamment sur le principal port de Koweït.
14:50Israël qui mène des frappes d'ampleur à Téhéran.
14:54Et Donald Trump repousse une nouvelle fois l'ultimatum posé à l'Iran pour qu'il rouvre le détroit d
14:59'Hormos.
14:59Il affirme que le gouvernement iranien lui demande 10 jours de plus avant toute destruction de centrales électriques.
15:07France Info
15:10Les informés, Adrien Beck, Renaud Delis.
15:14Et toujours avec Hélène Terzian, journaliste au service politique de France Info, et François-Xavier Bourmeau, journaliste à l'Opinion.
15:23Notre deuxième débat nous amène à nous poser une question, Renaud Delis.
15:27Le réseau social TikTok incite-t-il les ados à se suicider, avoir des contenus déprimants ?
15:35La question évidemment se pose depuis plusieurs mois, mais le ministre de l'Éducation s'en saisit.
15:40Et oui, les réseaux sociaux en général, et plus particulièrement TikTok, menacent-ils la santé mentale de nos jeunes ?
15:46C'est le constat que fait le ministre de l'Éducation nationale, Edouard Geffray, qui s'est donc attaqué à
15:51TikTok en réalisant une expérience,
15:54une expérience qu'il racontait hier sur France Inter.
15:57Moi j'ai fait le test. On a créé avec mon cabinet un compte en quelques secondes en disant qu
16:01'on avait 14 ans.
16:02En moins de 20 minutes, sans avoir liké quoi que ce soit, et sans avoir fait aucune recherche,
16:07on s'est retrouvé sur des vidéos dépressives, des vidéos de scarification, avec des vidéos d'incitation au suicide.
16:13Il faut qu'on arrête avec ces spirales mortifères qui embarquent des adolescents, notamment, dans des directions qui sont dangereuses
16:20pour leur vie.
16:20Le ministre de l'Éducation nationale a donc saisi le procureur de la République au titre de l'article 40
16:24du Code de procédure pénale
16:25pour provocation au suicide et transfert de données à caractère illicite.
16:29Et donc il vise directement TikTok.
16:32Alors en l'occurrence, le ministre découvre un peu l'eau tiède, passez-moi l'expression,
16:36parce que tout figurait déjà peu ou prou dans le rapport de la commission dirigée par Arthur Delaporte, député socialiste,
16:43qui était l'invité de France Info ce matin,
16:44qui a présidé une commission d'enquête sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs,
16:49et qui soulignait déjà ces dangers.
16:52D'ailleurs, le parquet de Paris avait déjà ouvert une enquête prédiminaire à la suite de signalements effectués par ce
16:59député socialiste Arthur Delaporte.
17:01Alors l'État, le gouvernement a-t-il vraiment les moyens aujourd'hui de s'attaquer aux réseaux sociaux et
17:06en particulier à TikTok ?
17:08Est-ce qu'il faut faire planer même la menace d'une interdiction de TikTok en France pour protéger les
17:14jeunes ?
17:14Hélène Terzian, c'est vrai qu'on a l'impression à ce stade un peu d'une zone grise concernant
17:19ce type de réseaux sociaux.
17:20On a vu, bien sûr, il y a un certain nombre de règlements, notamment européens, qui s'appliquent aux réseaux
17:27sociaux,
17:27mais là, dans ce cas spécifique, on a l'impression que c'est plus compliqué.
17:31Vous pointez du doigt le problème, ou en tout cas la difficulté qui se pose aujourd'hui pour interdire,
17:36ou en tout cas pour modérer ce qui se passe aujourd'hui sur les réseaux sociaux,
17:39et pour les contenus qui sont faits à destination des adolescents.
17:43C'est le droit européen.
17:45En ce moment même, il y a un texte qui est en train d'être examiné, qui est au Sénat,
17:49qui a déjà été adopté par l'Assemblée nationale en janvier,
17:52qui vise à interdire les réseaux sociaux pour les moins de 15 ans.
17:57L'interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans,
17:59elle avait déjà été votée dans une loi il y a deux ans par le député Laurent Marc-Angeli, député
18:04Horizon,
18:05mais ça avait été retoqué, ça avait été retoqué parce que ce n'était pas conforme aux droits européens.
18:10Il y a ce qu'on appelle le DSA, c'est un texte qui réglemente tout ce qui est services
18:14numériques.
18:14– Digital Service Act, et c'est un règlement, voilà.
18:17– Exactement, et qui permet un petit peu de légiférer sur la question numérique en Europe.
18:21La chose qui est en train de changer et qui ouvre une porte pour potentiellement interdire ces réseaux sociaux
18:27au moins de 15 ans, c'est qu'en juillet, la Commission européenne a un petit peu modifié,
18:32a ouvert une petite marge de manœuvre qui est en train de s'ouvrir et qui dit à chaque État,
18:37vous pouvez potentiellement établir un âge légal à partir duquel les jeunes pourront aller sur les réseaux sociaux.
18:44Ce sujet-là, c'est un combat du président de la République, en tout cas il en fait un de
18:49ses sujets prioritaires.
18:51Il a même été question peut-être d'un référendum, on pensait qu'il allait en faire un référendum.
18:55Il a fait une espèce de tournée avec la presse quotidienne régionale pour alerter sur ces sujets-là.
19:01Gabriel Attal, également candidat en embuscade pour 2027, en fait un de ses sujets, voilà.
19:06On a un texte qui est en train d'être examiné, qui arrive au Sénat avec une procédure accélérée,
19:11preuve que la France veut en tout cas particulièrement être en première ligne à dessus.
19:16– François-Xavier Bourmont, on a peut-être des exemples aussi à l'étranger.
19:20Est-ce que ça a pu fonctionner ? Est-ce que véritablement, parce qu'interdire, c'est bien d'interdire,
19:25mais il faut sans doute un contrôle pour interdire, on n'interdit pas en claquant dans les doigts,
19:29est-ce que ça a pu fonctionner ailleurs ?
19:30– Alors ça a été mis en place en Australie, de façon beaucoup plus rapide qu'en France,
19:34puisque ça a pris quasiment deux semaines, alors que nous on voit qu'on est quasiment à deux ans.
19:39Les premières retombées de l'interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans
19:44montrent qu'en réalité les interdictions peuvent être facilement contournées,
19:48que si un jeune de moins de 15 ans veut se connecter, il n'y a pas de problème.
19:52Mais le but de cette interdiction ne vise pas ça précisément.
19:58En fait, c'est une sorte de mâchoire à deux tenailles.
20:05L'interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans,
20:09l'État pose un interdit.
20:12Il ne va pas être derrière chaque enfant pour vérifier qu'il n'est pas le soir en train de
20:16scroller.
20:16Il donne un repère, un interdit, un peu comme l'interdiction de fumée.
20:19Il dit, voilà, vous avez moins de 18 ans.
20:22– Vous voulez dire que l'État responsabilise en fait les citoyens ?
20:25– Si vous passez au feu rouge, vous risquez d'avoir un problème.
20:28L'État pose un interdit, pose un repère.
20:30Et il y a un autre volet de l'action qui, là, porte sur les producteurs de contenus,
20:34les plateformes numériques.
20:36Et c'est là, sans doute, où ce sera plus efficace si ça arrive à aller jusqu'au bout.
20:41Il y a trois choses principales, notamment le contrôle des algorithmes,
20:46qui est extrêmement compliqué.
20:47On l'a dit, on ne sait pas, le ministre de l'Éducation en parlait,
20:50on ne sait pas comment sont organisés les algorithmes,
20:52qui peut voir quoi, à quel moment.
20:54– Donc je rappelle, les algorithmes, c'est l'espèce de logiciel interne
20:58à ces applications qui permet de faire remonter telle vidéo,
21:01telle photo, pour que vous puissiez les voir.
21:02– Voilà, qui détermine ce que vous allez voir sur vos réseaux sociaux.
21:06Ça, c'est extrêmement compliqué.
21:08Mais aux États-Unis, il y a des procès, là, en ce moment.
21:11Il y a des condamnations très récentes de Meta et Google, notamment,
21:16sur ces sujets-là.
21:17– Renaud, pardonnez-moi la question.
21:19Faut-il interdire, suspendre ces réseaux ?
21:22Est-ce que c'est jouable ?
21:23– Ça devient possible, notamment grâce à ce qu'évoquait l'interdiction,
21:27cette décision de la Commission européenne qui change tout,
21:28qui rend quelque sorte une souveraineté nationale, juridique à chacun des États.
21:32Et je pense que c'est une mesure de bon sens.
21:34Je pense que ce que vous évoquiez, la vraie difficulté,
21:37c'est effectivement les algorithmes.
21:39C'est-à-dire, les algorithmes, c'est quoi ?
21:40C'est une mécanique, une machine à desserveler.
21:43Voilà, une machine à rendre idiot.
21:45Et ça peut, effectivement, pousser, dans le cas présent, celui qui était souligné par Édouard Jeffrey ou par Arthur Delaporte,
21:50un certain nombre d'adolescents vers le suicide, vers des tendances dépressives.
21:53Et ça, c'est extrêmement compliqué, justement, à réguler dès lors que les plateformes ne veulent pas le faire.
21:58À partir de là, la législation qui consisterait à interdire,
22:02et en tout cas interdire un certain nombre, enfin, en deçà d'un certain âge, l'accès à certaines plateformes,
22:07voire interdire TikTok en France,
22:09je pense que ce serait une mesure de salubrité publique et donc aussi de salubrité démocratique.
22:14Le regard de Renaud Delis, merci à vous.
22:16Renaud, je remercie également, évidemment, François-Xavier Bourmeau, journaliste à l'Opinion,
22:21ainsi qu'Hélène Tarzion, vous êtes journaliste politique à France Info.
22:24Restez avec nous.
22:25Les informés, bien sûr, reviennent ce soir à 20h.
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