00:00Bonjour et bienvenue dans Circo.
00:03Rendre l'éducation à l'alimentation obligatoire à l'école,
00:07c'est le combat d'Olivia Grégoire,
00:09députée dans la 12e circonscription de Paris.
00:12Elle a fait voter une proposition de loi en ce sens,
00:15ici à l'Assemblée, voter à l'unanimité.
00:18Alors pourquoi apprendre à bien manger est-il fondamental ?
00:22Comment donner aux enfants le goût d'une alimentation bonne et équilibrée ?
00:26Marion Becker l'a suivie dans son combat.
00:35Vous êtes en forme aujourd'hui ?
00:36On va réaliser du riz aux épices et des pancakes au chocolat.
00:41Mais il va falloir faire les deux recettes en simultané.
00:43C'est-à-dire qu'il va falloir travailler en équipe,
00:46être cohérent, communiquer pour pouvoir vous partager les tâches.
00:51Sarah M. Thierre est chef, spécialisée en pâtisserie, saine et durable.
00:56Elle s'est engagée avec la tablée des chefs,
00:59l'association propose des ateliers d'éducation culinaire
01:02aux collégiens en réseau d'éducation prioritaire.
01:07Tu fais des petits dés, des petits morceaux, d'accord ?
01:09Je vais te montrer un petit exemple, hop, et tu fais attention à tes doigts, d'accord ?
01:13Ok ? Donc je veux des petits morceaux comme ça.
01:15Toi, ce que tu vas faire, on n'a pas besoin d'épucher la carotte,
01:17parce que sur la peau de la carotte, on a beaucoup de nutriments qui sont intéressants.
01:20Ce serait dommage de les enlever.
01:22Et en plus, c'est comestible.
01:23Donc ce que tu fais, c'est que tu vas émancer la carotte en petits dés comme l'oignon, d
01:28'accord ?
01:29Ces collégiens suivent 10 ateliers pour apprendre à cuisiner des produits bruts,
01:34des fruits et légumes de saison bons pour leur santé.
01:39Tu connais le curcuma comme épice ?
01:41C'est un puissant antioxydant, ça fait excellent pour la santé.
01:44Et il est aussi anti-inflammatoire.
01:47Un petit peu plus.
01:48Allez, on est généreux.
01:49Parfait.
01:50Donc tu mets dedans.
01:51Une fois que c'est bien chaud, on va faire revenir le riz dedans.
01:54Je n'ai pas l'habitude de cuisiner à la maison.
01:56Du coup, c'est une bonne opportunité pour moi, parce que j'aime beaucoup cuisiner.
02:00Et je repars avec un truc à la maison pour le soir.
02:03Donc, c'est bien.
02:06Bonjour.
02:08Oh là là, ça sent bon.
02:11C'est ce type d'initiative que la députée Olivia Grégoire veut généraliser.
02:16Rendre l'éducation à l'alimentation obligatoire de la maternelle au lycée.
02:20Trois séances par an minimum au primaire.
02:23Et un projet annuel conçu autour d'un parcours éducatif de santé au collège.
02:30Bonjour, chère.
02:31Merci de m'accueillir.
02:32Avec grand plaisir.
02:32Vous avez démarré il y a combien de temps ?
02:34On a démarré il y a une petite heure.
02:36Et donc, ça se passe bien.
02:38Où je suis ?
02:38Vous nous montrez.
02:39Allez, venez.
02:39Allez.
02:42Ça sent bon, en tout cas.
02:45Alors là, les filles sont en train de préparer des pancakes au chocolat.
02:48Avec des mangues pour topping au-dessus.
02:51On va ensuite faire fondre le chocolat, qui est un chocolat pure beurre de cacao au bain-marie.
02:57Et donc, elles attendent que leur camarade, qui est juste là-bas, ait fini le curry végétarien.
03:02Exactement.
03:05Donner de nouveaux réflexes en cuisine à ces jeunes, c'est l'objectif de ces ateliers.
03:13Alors, c'est très important parce que dans l'alimentation moderne, on est vraiment sur des produits qui sont ultra
03:19transformés.
03:20La jeunesse aujourd'hui est attirée par tout ce qui est fast-food, produits ultra sucrés, gâteaux industriels.
03:26Et donc, je pense que c'est important de les éduquer pour aussi leur montrer qu'on peut, avec les
03:31fonds de ces placards, réaliser des pleins sains et gourmands à la fois.
03:34Si on est bon, si on est ludique, comme ces acteurs associatifs savent l'être, on peut espérer dans les
03:41années qui viennent que l'enfant te dise,
03:43« Tu vois, viens, regarde, ça c'est un fenouil. »
03:46Alors à l'école, on nous a appris une recette sur le fenouil.
03:50« Ah maman, tu ne veux pas que je te fasse la recette qu'on nous a appris à l
03:52'école ? »
03:53Mais si l'école ne le fait pas et que les parents ne le font pas, qu'est-ce qu
03:57'on dit à cette génération ?
03:58« Continuez, accélérez, continuez comme ça, avec un peu de bol. Dans 10 ans, vous avez une chance d'être
04:04obèse. »
04:08L'obésité a doublé en 25 ans. Elle a même été multipliée par 4 chez les 18-24 ans.
04:16Un enfant sur 5 est en surpoids.
04:19L'éducation à l'alimentation est devenue un enjeu majeur de santé publique face à cette épidémie silencieuse.
04:28Le professeur Daniel Nizry, cancérologue et président du programme national Nutrition Santé,
04:34alerte depuis des années sur l'impact de la nourriture.
04:38« L'alimentation défavorable à la santé est responsable d'un nombre de pathologies très impressionnants.
04:46Par exemple, l'obésité qui elle-même initie ou favorise 18 pathologies différentes.
04:5340% des maladies chroniques sont évitables et une partie d'entre elles, pas toutes,
05:01sont en lien direct avec une alimentation défavorable.
05:05Et donc, en changeant l'alimentation, on diminue l'impact de ces maladies chroniques. »
05:13La proposition qui a été votée pose le principe d'une séance d'éducation à l'alimentation par trimestre
05:22de la première section de maternelle déjà à l'entrée au collège.
05:25Si on compte, ça fait 24 séances, 24 piqûres tout au long de la scolarité sur un enfant
05:34entre ces trois ans et l'entrée en sixième.
05:39Donc, ça permet quand même, comme le disait le professeur Nizri,
05:43de planter quelques repères fondamentaux.
05:45« Ce que nous espérons, c'est que les actions telles que celles que conduit Mme Grégoire
05:53puissent être portées au plus haut niveau de l'État
05:56dans le cadre d'une véritable stratégie sur l'éducation à l'alimentation
06:02au bénéfice, je serais tenté de dire, pas de la santé des uns et des autres,
06:06mais du bien-être de tout le monde. »
06:08« Moi, je crois que la prévention doit vraiment,
06:12et ça tombe bien, on a une échéance l'année prochaine,
06:15devenir non pas l'annexe du programme santé comme à chaque élection présidentielle,
06:21mais le cœur, voire le début, de toute politique de santé. »
06:31Le combat d'Olivia Grégoire est né avec l'arrivée de sa fille,
06:35aujourd'hui âgée de quatre ans et demi.
06:38La députée est elle-même une habituée des marchés depuis son enfance.
06:42Elle y a toujours fait ses courses auprès de producteurs locaux.
06:46« Je vais vous prendre des belles carottes.
06:50Ce n'est pas toujours à la mode, mais c'est extrêmement nutritif et très abordable.
06:53Vous avez les côtes de blettes qui sont d'actualité.
06:56Vous avez les navets.
06:57Elle a des magnifiques navets qu'on appelle boutons d'or,
07:00qu'on peut faire rôtir au miel.
07:02Ce sont des plats extrêmement accessibles.
07:05Vous avez les panais.
07:06Vous avez toute la série des choux.
07:09C'est de façon ludique qu'en tant que maman, j'essaye d'apprendre, en jouant notamment à la marchande.
07:17Ma fille vient avec moi en général au marché une fois par semaine.
07:21Et en l'occurrence, c'est elle qui demande au primeur ce qu'on souhaite,
07:25ce qui lui permet de connaître visuellement et nommément le nom des fruits et des légumes,
07:30avant qu'on les goûte à la maison.
07:32J'essaye de poursuivre l'éducation alimentaire que j'ai reçue lorsque j'étais moi-même petit, par ma grand
07:39-mère.
07:39Ça va ?
07:41Tu pars au boulot ?
07:42Comme quoi on peut et être papa, et faire ses courses, et travailler.
07:48C'est important, justement, l'éducation alimentaire, ce que défend Olivier Grégoire ?
07:51Très, très, oui, bien sûr.
07:53Ça commence dès le plus jeune âge.
07:54Je trouve que c'est plutôt dans le bon sens à l'école, donc il faut qu'on continue à
07:58la maison.
08:00Vous soutenez ce type de mesures ?
08:01Vous aussi, vous venez au marché des fois avec vos enfants ?
08:03Complètement.
08:04Vous voyez, le matin, avant d'aller bosser, j'essaye d'y passer.
08:08Et c'est pas plus cher que dans les supermarchés, je trouve.
08:12Et la qualité est meilleure.
08:15À chaque étale, la députée a ses astuces pour manger sainement, et à petit prix, des bons plans hérités de
08:22sa grand-mère.
08:24Ça, c'est le meilleur ami de votre santé et de votre portefeuille.
08:27Nous, on fait ce qu'on appelle un patouillis, c'est-à-dire qu'on prend des sardines, on les
08:32fait griller,
08:32on y met du beurre ou de la pâte à tartiner au choix, on mélange de la ciboulette, un peu
08:37d'échalote,
08:38et on met ça sur des tartines le soir, avec une petite pomme en dessert, ça fait un dîner.
08:43Et il n'y a rien de plus abordable que les sardines.
08:46C'est un endroit où on peut faire des affaires à petit prix et continuer à bien manger,
08:53versus des produits très transformés, qui augmentent beaucoup,
08:57et dont les fluctuations du prix de l'énergie font que structurellement, ces produits vont rester chers.
09:05Donc un petit radis, cette partie-là, la partie rose, c'est bien la racine, elle est sous la terre.
09:14Dans le radis, on peut tout manger.
09:18Découvrir les légumes dès le plus jeune âge, c'est le crédo de l'école comestible.
09:24Depuis 2019, l'association propose des parcours pédagogiques en milieu scolaire.
09:30Quand on mange des légumes, on peut manger des racines, des tiges, des feuilles, des fleurs et aussi des fruits.
09:36Pourquoi il n'y a pas de tomates aujourd'hui ?
09:38Parce que c'est en été.
09:39Exactement, parce que c'est en été.
09:41C'est l'une des initiatives qui a inspiré la proposition de loi d'Olivia Grégoire.
09:47Ce matin, Mélanie fait goûter des légumes de saison à cette classe de CE2.
09:53C'est comme dans le Louis.
09:57Est-ce que tu veux goûter le chou rave ?
10:01Oui.
10:02Oui ? Allez, vas-y, prends un petit bout.
10:03Prends pas celui-ci, parce que là, il y a le...
10:05Oui, bien sûr, tu peux.
10:06J'ai coupé pour vous.
10:07Alors ?
10:09C'était trop bon.
10:12Vous l'aimez aussi ?
10:13Il est croquant, hein ?
10:17Si c'est piquant, on ne fait pas des morceaux comme ça.
10:19On va juste utiliser des tout petits petits morceaux, d'accord ?
10:30Moi, j'ai préféré les radis.
10:33Moi aussi, j'ai préféré les radis.
10:34C'est trop bon, parce que j'adore les radis.
10:38Cet atelier repose sur l'association,
10:41ainsi que sur l'engagement de l'enseignante et du directeur de l'école.
10:45Tous voient d'un bon oeil la généralisation de l'éducation à l'alimentation.
10:50À l'école comestible, on fait des parcours dans les classes.
10:53Donc, on ne vient pas qu'une fois.
10:54On se rend compte qu'une fois, ce n'est pas suffisant.
10:56On a besoin de venir minimum quatre fois.
10:59Et au-delà, ça serait encore plus intéressant.
11:01Donc, oui, on aimerait que ce soit quelque chose qui soit pérenne
11:05et qui soit systématisé.
11:06et que ce ne soit pas qu'à nous, l'association, d'aller à la rencontre des élèves
11:10et que ça soit vraiment inscrit et mis en œuvre dans les parcours scolaires.
11:15J'y suis extrêmement favorable.
11:17C'est le genre d'atelier qu'on aimerait faire soi-même,
11:19mais qu'il est compliqué de mettre en place,
11:23parce que tout seul dans sa classe, c'est compliqué.
11:25Il faut évidemment acheter les produits.
11:29Ce n'est pas évident, ça coûte cher.
11:32Si on pouvait bénéficier de ce genre d'atelier dans toutes les écoles,
11:36ce serait extrêmement enrichissant pour nos élèves.
11:39C'est évident.
11:43C'est trop bon !
11:54Moi, j'ai trouvé que c'était bon
11:57parce qu'on a travaillé en équipe
11:59et c'était bien pour moi.
12:01J'avais plusieurs sortes de radis.
12:04Moi, j'ai trouvé que c'était trop bon,
12:08mais il y en a que c'était amer.
12:12Si la proposition de loi sur l'éducation à l'alimentation
12:15a fait l'unanimité à l'Assemblée,
12:17la députée Olivia Grégoire doit encore convaincre
12:21pour que ses ateliers se pérennisent
12:23au-delà de l'expérimentation adoptée.
12:31Merci.
12:45Sous-titrage Société Radio-Canada
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