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  • il y a 4 heures
Si de plus en plus d’acteurs économiques font de la mesure d’impact et permettent à d’autres de s’y mettre, il n’est pas certain que ce soit fait de manière efficace. Nos invités expliquent qu’il est important d’avoir des personnes dédiées à cette mission dans les entreprises, de démocratiser les outils et de prendre en compte les faits au lieu des perspectives.

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00:12Cette séquence découle naturellement de l'édito de Thomas. Pour ou contre, mesdames, on mesure de
00:19plus en plus l'impact mais on ne mesure pas encore ce qui compte vraiment. D'un mot chacune pour
00:24commencer. Pour ou contre ? Je dirais et pour et contre et je vous expliquerai pourquoi.
00:30C'est assez bien. Plutôt qu'on, ça dépend de qui est du périmètre. Allez on dit contre.
00:38Vous avez dit contre et pour, moi je dirais pour et contre. Et j'expliquerai pourquoi.
00:43Je serai le seul pour cette affirmation comme ça on va en rire sur le point.
00:48Et bien vous pouvez commencer à plaider. Très bien alors je commence ma plaidoirie.
00:54En partant de d'où je viens, à savoir la Fondation FACE évidemment. Puisque pour nous la
01:00mesure dans l'impact elle est au cœur de notre quotidien. Dans l'évaluation de nos activités
01:06au long cours et même également au cœur de notre engagement collectif. Puisqu'on vient tout
01:11juste de contribuer à un rapport intitulé « S'évaluer pour mieux agir sous le pilotage de l'impact tank
01:17» qui
01:18nous permet du coup de contribuer à faire progresser les pratiques dans le secteur de
01:22l'économie sociale et solidaire. Donc je dirais que oui, dans le secteur de l'ESS, les outils sont
01:27là, les méthodes existent. On est en capacité de mesurer l'impact mais on sait très bien mesurer
01:34certaines choses dans le secteur de l'intérêt général et de l'inclusion de manière plus globale.
01:40Mais il y a des angles morts. Alors oui, on sait mesurer à titre d'exemple le nombre de personnes
01:44qu'on accompagne, leur taux de retour à l'emploi, le taux de retour à la formation. C'est évidemment
01:48ça le nerf de la guerre, en tout cas de la nôtre. C'est factuel, c'est essentiel mais ma
01:54conviction
01:54c'est qu'on peut aller encore plus loin mais ça nécessite du temps. On peut aller encore plus loin
02:00pour essayer d'évaluer la manière dont les acteurs de l'intérêt général, tel que FACE, mais on n'est
02:07pas les
02:08transformer des parcours de vie et des trajectoires de vie chez les personnes qu'on accompagne et ça, ça me
02:12semble
02:13essentiel. Quand je parle de contribuer à modifier des parcours de vie, je parle de reprise de confiance
02:18en soi, je parle de retour à l'autonomie dans sa recherche d'emploi, je parle de capacité à se
02:24projeter à nouveau
02:24dans son projet professionnel. Et ça, c'est pas forcément toujours des choses qui rentrent pile poil dans des tableurs
02:29Excel ou qui sont 100% représentées par des indicateurs annuels. Et c'est la raison pour laquelle chez FACE,
02:35alors on fait
02:36la mesure d'impact dans nos programmes depuis évidemment très longtemps, évidemment, mais on a décidé il y a
02:42maintenant deux ans de se lancer dans une démarche de mesure d'impact qui est beaucoup plus holistique et globale
02:46de manière à pouvoir éprouver notre modèle, à savoir essayer de voir si l'intuition qui a permis la création
02:55de FACE il y a maintenant 30 ans, à savoir l'engagement de l'entreprise via ses collaborateurs qui s
03:00'engagent en
03:00mécénat de compétences auprès des publics qu'on accompagne, transforme vraiment la manière dont on
03:06propose un accompagnement social et dont on accompagne les personnes en situation d'exclusion
03:09qui passent chez FACE.
03:10Est-ce que vous mesurez par exemple comment ces personnes qui accompagnent, qui sont issues du monde
03:14de l'entreprise, évoluent dans leur perception à d'autres personnalités qu'ils ont en face, à d'autres
03:19parcours de vie, une forme d'empathie, de tolérance, etc. Vous mesurez ce genre de choses ?
03:23Absolument, c'est ce qu'on tâche de faire depuis maintenant deux ans, de voir dans quelle mesure le fait
03:27d'être accompagné non pas uniquement par un travailleur social, un expert, mais également d'être entouré
03:32par un vivier de collaborateurs d'entreprise qui s'engagent de manière ponctuelle ou sur
03:39le plus long terme via des programmes de mentorat, de coaching auprès des personnes en situation
03:43d'exclusion qu'on accompagne, changent la donne. Et oui, on le voit, on le mesure. Et ce qui est
03:47aussi intéressant de voir, c'est que c'est changeant, évidemment c'est transformant pour
03:51les personnes qu'on accompagne qui sont évidemment le bénéficiaire direct et le plus important pour nous
03:57évidemment, mais il y a aussi un cercle vertueux qui se met en place et qui vient également être très
04:02bénéfique pour le collaborateur d'entreprise qui s'engage. Au final, on ne sait jamais trop qui en
04:07ressort finalement le plus gagnant. Est-ce que c'est le bénéficiaire ? Est-ce que c'est le
04:10collaborateur d'entreprise qui, grâce à son entreprise, a pu prendre du temps pour s'engager ? Et on voit
04:14qu'on va travailler là des notions de fierté, de retour de sens au travail, de fierté d'appartenance à
04:20l'entreprise qui sont vraiment très très fortes et même de développement des compétences ou encore
04:25d'enrichissement de son réseau professionnel. Donc on voit bien que l'engagement crée un cercle qui est
04:30véritablement vertueux et qui produit un impact qu'on n'attendait pas forcément et qui n'était pas celui
04:34qu'on allait chercher en premier lieu. Mon propos du coup, peut-être pour finir, est de dire qu'on
04:40a tout ce qu'il
04:41faut pour le faire aujourd'hui. Il faut qu'on arrive à créer des coalitions entre entreprises qui s'engagent,
04:47entre acteurs qui accompagnent des personnes en situation d'exclusion, qui laissent le temps au temps et qui acceptent
04:52aussi que cette mesure de l'impact, on a l'écume qui est facile à voir, qui est peut-être
04:59celle qui est la plus sexy.
05:00Tu mentionnais Thomas la nécessité de pouvoir faire la distinction entre communication et mesure d'impact.
05:06Oui, la mesure d'impact n'a pas vocation à montrer uniquement ce qu'on veut faire voir, c'est
05:09clair.
05:10Donc il faut être prêt aussi à assumer éventuellement un retour, un revers de médaille qui n'est pas forcément
05:15glorieux vis-à-vis d'une
05:17entreprise partenaire à qui on a envie de montrer qu'on fait bien les choses, c'est évident. Mais je
05:21pense que ça peut
05:22aussi donner lieu à des coalitions et des partenariats qui sont extrêmement vertueux. Et dès lors qu'on parle de
05:27co-construction d'indicateurs avec l'entreprise pour vraiment se mettre d'accord sur ce qu'on va aller évaluer
05:32et être prêt aussi
05:33à en assumer collectivement les conséquences. Et j'aimerais aussi finir en parlant du temps et de la nécessité de
05:39pouvoir
05:39aussi penser des collaborations sur le long terme, d'arrêter ces collaborations qui sont essentielles,
05:46c'est-à-dire des partenariats d'un an, avec énormément de reporting. Pensons le temps plus long,
05:52créons des collaborations pluriannuelles pour laisser le temps au temps et de manière à pouvoir
05:56aussi permettre à des acteurs comme la Fondation Agir contre l'exclusion de pouvoir aller évaluer en dessous
06:03de l'écume les transformations profondes qu'on a capacité de générer.
06:08Merci Marine. Magali ?
06:10Alors moi je disais plutôt contre parce que je pense que depuis un certain nombre d'années maintenant,
06:1510, 15, peut-être 20 ans même, il y a des cadres, des méthodologies qui sont vraiment éprouvées.
06:20On peut parler du bilan carbone qui commence à vraiment se démocratiser, qui mesure des choses
06:25qui comptent vraiment. Comme vous disiez Thomas, ça peut être, je prends l'exemple du bilan carbone
06:30ou des SPTI, mais ça peut être aussi le cas dans l'impact score par exemple. On évoquait les indicateurs
06:34croisés.
06:35C'est vrai que dans l'impact score, typiquement, on demande le ratio entre le chiffre d'affaires
06:39et les émissions carbone, sur les sujets de part du chiffre d'affaires qui produisent un impact
06:48positif direct sur la société. C'est des choses qu'on va questionner, qu'on va évaluer.
06:53Évaluer, pardon. Et pour moi, ça fait partie de ce qui compte vraiment.
06:58Et je pense qu'il y a beaucoup d'entreprises aujourd'hui, et c'est le cas d'Enedis qui
07:02est
07:02autour de la table aussi, sur ces démarches d'aller se questionner sincèrement et en
07:08transparence sur ce qu'on fait et assumer à la fois ce qu'on fait de bien et ce qu
07:14'on
07:14fait de moins bien. Et donc, je pense que cette sincérité, elle sert à évaluer de manière
07:21réelle l'impact. Et après, c'est ce qu'on voit aussi au sein d'Impact France, c'est
07:24que cette mesure de l'impact, elle est de plus en plus démocratisée. Il y a de plus
07:31en plus d'entreprises qui se prêtent à l'exercice parce qu'elles prennent conscience
07:37de comment, de quels sont les enjeux business qui pèsent sur leur entreprise face à l'urgence
07:46climatique et sociale. Et puis, après, bien entendu, il y a encore beaucoup de choses
07:51à améliorer. Moi, je pense que la grande différence, c'est quand on fait de la mesure
07:54d'impact qui est du reporting pur et dur, qui est fait pour rendre compte à des parties
08:00prenantes, on va peut-être moins mesurer ce qui compte vraiment que quand on le fait
08:04pour soi, pour être dans une démarche de progression, d'identifier les leviers d'action.
08:09Et c'est ça qui est important, in fine. Donc, je pense que c'est pour ça que je disais
08:13que ça dépend du périmètre et de qui le fait aussi.
08:16Elisa ?
08:18Alors, je vais avoir un complément d'information par rapport à ce que vous avez dit.
08:25En fait, je trouve que quand on dit qu'on mesure de plus en plus l'impact, ce n'est
08:32pas
08:32tout à fait vrai. Ou alors, on peut aller encore plus loin parce qu'aujourd'hui, je trouve
08:37qu'on mesure, on a des indicateurs de performance, même en RSE, on mesure un résultat, on mesure
08:45moins une conséquence et la raison, c'est une raison temporelle. On ne peut pas, en un
08:52an, voir quelle est la conséquence, quel est l'impact sur des choses très positives
08:56qu'on fait, notamment à Enedis, avec les associations, parce qu'on est partenaire de
09:00face, mais on a d'autres partenariats également. Et donc, on est devenu assez fort, et c'est
09:06très bien sur la performance, la mesure d'un résultat, par exemple le bilan de carbone,
09:13mais si on voulait vraiment mesurer l'impact, et c'est ce qu'on est en train de faire,
09:18c'est de mesurer les émissions évitées, c'est-à-dire l'impact que nos actions ont
09:22sur les autres, sur la planète, sur l'environnement, de dire combien on fait éviter l'émission.
09:32Sur toutes les actions sociales, sociétales, vous avez donné aussi l'exemple du mentorat.
09:39Donc là-dessus, Enedis est engagé dans le mentorat depuis 2022-2023. Aujourd'hui, je pense
09:47qu'on est une des premières entreprises à pouvoir dire que 1% de nos effectifs sont engagés
09:56dans le mentorat externe. Donc, ils accompagnent les jeunes dans leur insertion à l'emploi,
10:04dans leur recherche de l'emploi.
10:05Et quel impact, justement, quel bénéfice pour vos salariés, c'est le sens ?
10:10Alors, pour les salariés, oui, on fait des enquêtes, ils se sentent utiles, etc.
10:17Donc, l'impact interne est très bien et on peut mesurer par des sondages et on le
10:21fait. C'est performant de dire chaque année, on avait commencé à 300 mentors, 300, 400,
10:26410. Mais ce que d'ailleurs, même le comité de mission, parce que comme vous l'avez dit,
10:31on est une entreprise à mission, nous demande de faire et on commence à travailler avec
10:35les associations pour le mesurer en disant, ça donne quoi auprès des jeunes ? Vous avez
10:40accompagné plus de 400 000 jeunes, c'est Enedis, mais c'est quoi alors ? Combien ont
10:48reçu, ont trouvé de l'emploi, etc. Et ça, c'est un travail qu'on fait, ce n'est pas
10:53sur étagère, c'est un travail qu'on fait avec les associations, par exemple, et on a
10:57réussi cette année avec l'association NQT, de dire depuis 2019, on a accompagné plus
11:05de 1 000 jeunes. Parmi les 1 000 jeunes, il y a 850 qui ont trouvé de l'emploi.
11:10Ça, c'est une mesure d'impact, en fait. Et pas la performance de dire, cette année
11:16j'avais 470 mentors, demain peut-être, l'année prochaine, j'aurai 500.
11:19Mais ça, c'est un fait, ce n'est pas un impact.
11:21Exactement, c'est un fait. Ça montre une telle performance, parce qu'il faut aussi
11:28communiquer sur le bienfait du mentorat en interne. Mais quand on parle de l'impact,
11:32en tout cas, la raison d'être d'une entreprise à mission, c'est d'avoir un impact au-delà
11:38de son périmètre d'activité, que ce soit sur la société, sur l'environnement.
11:42Et on voit bien qu'on commence petit à petit, avec, en tout cas, sur des mesures sociales,
11:49à le faire avec les associations. Et voilà, c'est très bien.
11:54Donc, j'avais dit, clairement, ne disons pas qu'on mesure de plus en plus l'impact.
12:01La volonté est là, mais je pense qu'on est encore trop, même en RSE, sur l'indicateur
12:07de performance financier. Évidemment, je n'en parle pas, parce que ça fait partie
12:11de mainstream. Mais même en RSE, attention, ne mesurons pas que la performance,
12:16mesurons aussi l'impact.
12:17Et alors, justement, chez Enedis, vous avez fait le choix de l'impact score.
12:20Qu'est-ce que ça vous apporte de plus que les outils RSE classiques ?
12:24Écoutez, on a commencé à regarder les outils à partir de 2023, quand nous sommes passés
12:31entreprise à mission pour évaluer notre RSE, notre impact. Sachant que déjà, dès 2021,
12:39Enedis avait ancré dans sa politique de responsabilité sociétale et environnementale
12:44sa volonté d'être reconnue comme un service public à impact positif pour la planète,
12:51les femmes, les hommes et les territoires. Avec le passage en entreprise à mission,
12:57on a souhaité voir, en fait, un référentiel, un outil qu'on pouvait avoir à notre disposition
13:05pour explorer les différentes dimensions, en tout cas mesurer l'impact de nos actions
13:09sociales, sociétales, environnementales. Et quand on regarde, en fait, sur le marché,
13:15la plupart des évaluations, ce qu'on appelle extra-financières, pour les entreprises,
13:22sont à destination des investisseurs financiers, les plus crédibles.
13:27Je pourrais vous les nommer, CDP, Sustainalytics, MSCI, SAM, ceux que j'ai traités dans mes anciennes fonctions.
13:35Et la plupart du temps, ils mesurent un risque pour voir les investisseurs
13:39qui veulent investir dans des sociétés cotées, ça soit les actions cotées ou la dette cotée.
13:47Et ce n'est pas vraiment audible pour les parties prenantes d'une entreprise,
13:52en tout cas sur les salariés. Enedis est une entreprise de terrain,
13:56on a des salariés opérationnels et on cherchait, en fait, quelque chose qui soit compréhensible,
14:02compréhensible, une évaluation qui soit compréhensible par nos salariés.
14:06Et on a trouvé que, bon, les autres étaient un peu loin de notre ADN.
14:10Et avec l'Impact de France, on pouvait aussi bien mesurer, alors,
14:15les impacts, évidemment, écologiques et sociaux, mais on parlait aussi de partage de la valeur,
14:21de partage de pouvoir. On est une entreprise qui a une forte dimension sociale.
14:26Le dialogue social, il est présent avec plusieurs accords tous les ans.
14:32Donc, tout ça, ça nous parlait, en fait, et qu'on disait qu'avec l'Impact Score,
14:39on pouvait mieux valoriser aussi nos actions et puis, en fait, avoir trouvé aussi un écho
14:47auprès de nos parties prenantes, à commencer par nos salariés.
14:50Régalie, vous êtes satisfaite avec cette présentation de l'Impact Score ?
14:55Non, mais qu'est-ce qu'il fait, qu'est-ce que vous auriez à ajouter sur la différence
14:57entre les approches RSO classiques et l'Impact Score ?
15:00Je pense que c'est intéressant ce que vous dites, Elisa, sur le fait que ça évalue vraiment
15:05à 360 degrés et qu'on ne s'arrête pas aux actions RSO classiques.
15:08On va vraiment creuser les sujets de partage du pouvoir et de la valeur.
15:11On en a beaucoup travaillé, enfin, le comité d'experts de l'Impact Score a beaucoup travaillé
15:15cette année sur tous ces sujets de gouvernance assez approfondis.
15:17Et donc, on va vraiment aller regarder la représentativité dans les instances de gouvernance
15:22des personnes qui sont peut-être issues de profils moins classiques.
15:27On va aller regarder la manière dont est partagée la valeur avec les parties prenantes.
15:31On va vraiment creuser ces sujets-là de manière assez approfondie.
15:35Et je pense que c'est ce que viennent chercher les entreprises, on l'entend là aussi.
15:39Et ça permet vraiment de se poser les bonnes questions et d'être dans une démarche de passage à l
15:45'action
15:45pour pouvoir, une fois qu'on a identifié les actions prioritaires à mettre en place, pouvoir agir là-dessus.
15:51En revanche, ensuite, il n'y a pas d'audit ou de conseil qui en découle.
15:55C'est vraiment...
15:56Non, l'Impact Score, c'est vraiment...
15:57L'état des lieux.
15:57Voilà, c'est un autodiagnostic qui est complètement gratuit, qui est diffusé très largement.
16:04Toute organisation peut s'en saisir.
16:05Et donc, l'idée, c'est vraiment de remplir un questionnaire en ligne qui reprend ces différents sujets de l
16:13'impact et de l'engagement d'une entreprise, d'une organisation.
16:17Et ensuite, on a un score global sur 100.
16:20Ce qui est intéressant, c'est qu'on a vraiment le détail, une lisibilité importante sur les différents sujets.
16:25À l'inverse, d'avoir juste un résultat global qui ne permet pas forcément d'identifier les sujets prioritaires.
16:31Et ensuite, on a aussi des éléments de benchmark pour se positionner par rapport aux autres structures de son secteur
16:38d'activité, de son territoire.
16:40Et donc, voilà, ça permet d'avoir un certain nombre d'éléments.
16:44Nous, on ne fait pas de conseils directement pour accompagner les entreprises.
16:47Ce n'est pas notre rôle.
16:47Par contre, elles ont une bibliothèque de ressources à disposition avec pas mal d'éléments très concrets pour mettre en
16:54place des actions.
16:56L'outil est intéressant aussi, puisque je l'ai fait aussi côté Narcisse.
16:59Il se trouve qu'aujourd'hui, sur tous les dispositifs de mesure, d'évaluation, RSE, impact qui existent,
17:05Impactcore est le seul à avoir réuni autour de la table tous les metteurs sur le marché pour dire en
17:08fait quel est le socle commun le plus indiscutable.
17:11Quels sont les quelques indicateurs ou thématiques d'impact qui sont incontournables sur le partage du pouvoir et de la
17:16valeur,
17:16la réduction des impacts négatifs, la création d'impact positif.
17:19Et donc, en deux, trois heures, on arrive très facilement à faire ce travail-là,
17:22qui n'est pas possible dans d'autres types de dispositifs qui sont beaucoup plus denses,
17:26parce qu'il faut des choses plus denses qui soient contrôlées.
17:29Ce n'est pas l'objectif de cet outil-là.
17:30Il est beaucoup plus là pour presque vulgariser, sans simple du terme, la mesure d'impact, c'est ça qui
17:34est intéressant.
17:35Pour autant, ça ne suffit pas aujourd'hui à affirmer qu'on mesure déjà assez, ce qui compte vraiment,
17:40parce que Impactcore, Bicorp, les normes RSE, etc., les sociétés à mission, c'est 2500.
17:46L'Impactcore, c'est environ 15 000 impacts scores réalisés.
17:50Et encore, c'était 3000 il y a deux ans, donc c'est exponentiel.
17:55Mais Bicorp, c'est 650 boîtes, on est encore infiniment petits à l'échelle du monde économique.
17:59Donc ça, c'est une première raison pour laquelle je pense qu'on ne peut pas affirmer qu'on mesure
18:02déjà assez, ce qui compte vraiment.
18:03Malgré la qualité des outils, on est trop peu nombreux.
18:05Est-ce qu'il y a un risque aussi de simplifier des réalités très différentes ?
18:08Mais on est obligé de passer par là à un moment donné pour au moins mettre le pied à l
18:11'étrier.
18:11Et je pense que c'est le choix stratégique que fait ImpactFrance, c'est que c'est un bon choix,
18:14parce que c'est complémentaire de tout ce qui existe par ailleurs.
18:17Mais on a un autre problème, c'est que malgré ces mesures, il faut du temps long.
18:20Il faut voir, au-delà du fait, qu'est-ce que ça a généré vraiment comme conséquence ou comme retombée.
18:26Et je vais prendre juste un exemple qui est le plus, je pense, universel possible
18:30pour illustrer à quel point on ne mesure pas encore assez ce qui compte vraiment.
18:33Lorsque l'on achète chacune, chacun en tant que consommateur des produits, des services,
18:36on a un prix facial qui ne restitue pas la réalité du coût qu'a nécessité la fabrication de ce
18:41produit ou de ce service.
18:42Quand demain, on verra la valeur que représente, rapportée, je ne sais pas moi, un paquet de chips,
18:48c'est peut-être pas un bon exemple, mais en tout cas un produit alimentaire.
18:52Quand demain, on intégrera le coût de dépollution des eaux, des sols, etc.
18:55Lorsque ça a été fait avec des pratiques intensives et qui utilisent des produits nocifs pour l'environnement,
18:59le prix va tripler.
19:00Et c'est là qu'on commencera à mesurer ce qui compte vraiment,
19:02parce qu'en tant que consommateur et en tant qu'entreprise, on aura une obligation, un devoir.
19:06C'est que si on veut créer de la valeur financière, il ne faut pas que ça se fasse au
19:09détriment de la valeur sociale et environnementale.
19:10Donc on a deux problèmes, c'est finalement la taille du gâteau qui n'est certainement pas assez grande
19:14et le fait qu'on n'a pas encore vraiment la capacité.
19:17Et je pense qu'à l'heure du big data et du lien, on commence à être capable de le
19:20faire, si on veut le faire,
19:21de créer des chaînes de causalité pour dire en réalité ce que je fabrique, il a un prix en rayon,
19:25mais il a surtout un coût pour la société qui est beaucoup plus large.
19:28Marine, sur le terrain de l'inclusion, vous le disiez tout à l'heure, vous vouliez réagir ?
19:32Oui, enfin, pour l'impact...
19:34Non, non, mais allez-y.
19:35Sur l'impact score, évidemment, Thomas a signalé le comité des parties prenantes,
19:42enfin le comité d'experts.
19:43Oui, c'est Magali qui est.
19:44Magali, voilà, et t'en fais, voilà, tes membres.
19:48Moi, je fais partie du comité des parties prenantes
19:51et en fait, il n'y a pas beaucoup d'évaluations RSE qui font cette coalition
19:59entre les entreprises qui se font évaluer.
20:03C'est une auto-évaluation parce qu'on a aussi notre mot à dire
20:07pour à chaque fois que ce référentiel soit dans une logique d'amélioration continue
20:14et que ça ne soit pas une boîte noire opaque
20:18où on prend un temps infini pour mettre les réponses
20:24et puis il y a un score qui sort.
20:28Évidemment, je suis d'accord, il n'est pas parfait
20:30mais encore une fois, il est opérationnel.
20:34C'est-à-dire que nous, on a fait le travail avec nos salariés
20:37dans un groupe de travail intra- et inter-régional
20:41où on est parti de notre premier score.
20:44Ça fait deux fois qu'on le fait
20:46et en fait, on a dit qu'est-ce qu'on peut faire
20:50pour améliorer un certain nombre de choses
20:52dans le domaine social, dans le domaine écologique.
20:54Il y aura deux ans pour la prochaine séquence.
20:56Mais je rebondirais également sur l'impact score
20:58parce que face à la joie d'être également membre du comité des parties prenantes
21:03nous, si on a fait le choix de l'impact score
21:04c'est précisément pour sa simplicité
21:07parce qu'au sein de notre réseau d'entreprises
21:09on a des entreprises vraiment de toute taille
21:10et ce qui est génial avec cet outil d'évaluation et d'autodiagnostic
21:13c'est qu'il va également à Enedis
21:15tout comme à toutes les TPE qu'on accompagne au quotidien
21:18et du coup, à mon sens, ça devient vraiment une espèce d'une première pierre
21:23une manière de mettre le pied à l'étrier
21:25pour des entreprises qui ne sont pas encore très matures
21:28sur le sujet de leur impact
21:30et du rôle qu'elles peuvent jouer
21:31et surtout des solutions qu'elles peuvent mettre en place.
21:33Donc nous, ça nous sert à pouvoir faire ce premier diagnostic avec elles
21:38des chances sur lesquelles elles ne sont pas encore suffisamment bonnes
21:41de pouvoir se comparer avec les autres entreprises de leur secteur
21:44et ça c'est aussi un enjeu qui est hyper intéressant
21:46et derrière de pouvoir accéder à des solutions pour passer à l'action.
21:51Et donc ça, nous, c'est devenu un outil qui est essentiel
21:53dans la manière dont on anime notre dynamique
21:55avec les entreprises membres du réseau face
21:58et on voit à quel point c'est vertueux.
22:01Et pour en revenir à ce que vous disiez tout à l'heure
22:03que certains effets échappent encore à la mesure de la confiance, l'autonomie
22:07en tout cas sur le terrain de l'inclusion
22:09pourquoi est-ce que ces notions, ces effets restent hors radar ?
22:13Alors, je dirais que c'est un work in progress, en très bon français.
22:17Ce n'est pas complètement sorti des radars,
22:19c'est simplement que parfois, je le disais,
22:22il faut accepter que ça prend du temps
22:23et que dans les temps de reporting
22:25qui nous sont imposés par nos partenaires entreprises,
22:29parfois, ça met un peu plus de temps à sortir de terre.
22:33Mais ça ne nous empêche pas de pouvoir nous mesurer
22:36cet impact sur le temps plus long.
22:38L'enjeu derrière, c'est évidemment de pouvoir bénéficier
22:40de financement qui nous permettent de réaliser ces mesures d'impact
22:43sur le plus long terme,
22:44puisque ça nécessite de mettre en place des ressources
22:46de notre côté
22:47et de pouvoir évaluer à 3, 6, 12 mois
22:51après la sortie d'un programme d'inclusion vers l'emploi
22:53si le retour à l'emploi a été vraiment pérenne,
22:56si la personne est restée en emploi dans l'entreprise
22:59ou si malheureusement, pour une raison X ou Y,
23:02le parcours s'est arrêté là.
23:04et fasse créer cet accompagnement un peu holistique
23:09basé sur vraiment un accompagnement très individuel
23:11qui nous permet de garder le lien
23:12avec les personnes qu'on accompagne sur le long terme.
23:15Donc, on est en capacité de pouvoir prendre ce temps long.
23:18Donc, l'enjeu, c'est de pouvoir aligner la capacité qu'on a
23:22avec aussi les besoins et les attentes des entreprises.
23:25Et la bonne nouvelle, c'est qu'elles sont de plus en plus
23:26à l'écoute de ces notions-là,
23:28puisqu'on a, certes, on est dans un moment de backlash,
23:32je pense qu'on peut se le dire,
23:33sur l'enjeu de l'engagement social, sociétal,
23:36du rôle et de la place que les entreprises doivent avoir
23:39sur ces sujets essentiels.
23:40Mais pour autant, on a la chance, en tout cas chez FAS,
23:43de pouvoir compter sur des partenaires comme Enedis
23:46qui sont présents là dans les territoires
23:48et qui nous soutiennent pour mettre en place des actions
23:50et qui sont aussi à l'écoute.
23:52Parfois, oui, il y a des projets qui fonctionnent
23:54un peu moins bien que d'autres.
23:55Les taux de sortie positifs et dynamiques
23:56ne sont pas au rendez-vous.
23:58La mesure de l'impact, elle nous permet justement
23:59de faire le point, de s'adapter
24:00et de réorienter la manière dont on accompagne les jeunes.
24:04Magali, vous vouliez ajouter quelque chose ?
24:06Non, je suis assez d'accord avec tout ce que vous dites.
24:08Moi, j'avais une question quand même.
24:10Dans quelle mesure est-ce que vous l'ajustez,
24:12l'impact score ?
24:13À quelle fréquence ?
24:14Alors, il y a une mise à jour chaque année.
24:18C'est un processus.
24:19On collecte tout au long de l'année
24:20les retours des entreprises qui s'évaluent directement
24:22pour que ce soit vraiment des retours terrain
24:24et que ce soit concret.
24:25Et ensuite, on va exposer, proposer
24:29ces suggestions d'amélioration au comité d'experts.
24:32Thomas l'évoquait un petit peu tout à l'heure.
24:33On a rassemblé autour de la table
24:35des experts de la mesure d'impact.
24:37Oui, qui compose cette...
24:38Alors, il y a des personnes très différentes.
24:41Il y a les présidents des grands labels français,
24:44donc Bicor, Positive Compagnie, Label Lucie.
24:46On va avoir des personnes de l'AFNOR,
24:49on va avoir des personnes de l'ADEME,
24:51on va avoir différents acteurs
24:54qui composent ce comité d'experts.
24:56Et puis, on va vraiment aller creuser les indicateurs
25:00et voir lesquels doivent être intégrés,
25:02lesquels doivent être éventuellement simplifiés,
25:04s'il y a des fondérations qui doivent être retravaillées.
25:07Et l'idée, c'est vraiment que ce soit un outil utile aux dirigeants.
25:10C'est vraiment notre adage principal,
25:14c'est vraiment que le dirigeant puisse s'en saisir
25:15et que ce soit utile.
25:16Et donc, pour ça, on a besoin de retravailler les indicateurs.
25:19Donc, une fois que ce comité d'experts se rassemble
25:22et puis travaille les indicateurs
25:24et l'évolution de la mise à jour,
25:26elle est mise en ligne une fois par an.
25:28La preuve qu'à l'heure où une partie du monde économique
25:30a asséné qu'il fallait cesser d'alourdir
25:33la vie des entreprises avec des normes
25:35qui sont parfois complexes
25:39et qui les empêchent de bien faire leur boulot,
25:41on peut aussi avoir des outils simples d'accès
25:42qui mettent le pied à l'étrier
25:44de dizaines de milliers d'entreprises.
25:45Et je pense que c'est ce qui se passera.
25:47Ce sera un autre pari d'avenir, Alix.
25:48C'est que dans cinq ans,
25:50je pense qu'on aura plusieurs dizaines de milliers d'entreprises
25:52qui auront réalisé ce type d'exercice.
25:53Merci à tous les quatre.
25:54On passe à notre prochaine séquence,
25:56le retour terrain.
25:57Sous-titrage Société Radio-Canada
26:03Sous-titrage Société Radio-Canada
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